L’exploitation au travail au XXIe siècle | #AMFIS2024
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
cette conférence si vous le voulez bien toutes et tous sur les nouvelles formes d'exploitation au au travail au 21e siècle moi je suis extrêmement content de d'être avec vous et et de pouvoir participer à à à son animation juste sur la forme vous dire comment on va on va fonctionner je vais d'avoir vous présenter nos intervenants et et on est extrêmement heureux de les avoir à nos côtés ensuite ils interviendront tous les deux 20 25 minutes sur sur le sujet et puis je reprendrai la parole une petite dizaine de minutes autour de d'illustration euh de de l'inspection du travail parce qu'avant d'être député européen j'ai une vie comme inspecteur du travail pendant plus d'une quinzaine d'années sur le sur le terrain et après comme le veut la la la tradition insoumise on échangera ensemble dans un question-réponse pour pour continuer et et approfondir la discussion alors d'abord Carlotta Carlotta benvenu he tu es sociologue j'ai répété avant merci tu es sociologue du travail maîtresse de de conférence en sociologie du travail tu as produit plusieurs plusieurs travaux notamment un dossier co coordonné dans la revue travail et emploi sur la logistique et tu vas justement nous parler du travail dans le secteur des entrepôts dans le secteur de la logisque à partir notamment d'une illustration d'un projet en scène SaintDenis dans le 8 non non non non pas pas le projet ben non tu vois il y a une sur non c'est pas ça c'est le projet non bon c'est pas grave et et notamment en tout cas le travail dans la logistique et les nouvelles formes d'exploitation dans ce secteur là et dans le secteur des entrepôs Tristan haute tu es maître de conférence en sciences politiques à l'Université de Lille tu es coauteur en 2022 d'un ouvrage extinction de vote point d'interrogation et tu nous parleras notamment pas seulement mais notamment des effets de l'exploitation au travail sur les formes d'engagement dans l'entreprise et en dehors de l'entreprise un sujet sur lequel tu travailles deux mots avant de de leur céder de leur donner la parole pour dire que les nouvelles formes d'exploitation au travail elles sont évidemment modifié depuis que l'aair industrielle a donné naissance au salariat et on en trouve de de nombreux exemples qui se sont qui se sont développés que ce soit la segmentation l'individualisation du travail salarié que ce soit la la coexistence sur les lieux mêmees de travail de plusieurs formes de de travail de contrat et et et de de lien de subordination au travail que ce soit les formes de sous-traitan en cascade qui se sont multiplié dans toute une série de secteurs et pas seulement que dans le bâtiment les travaux publics j'en diraiis peut-être deux mots si j'ai le temps dans le secteur agricole et dans le secteur des vendanges et puis évidemment des sujets sur lesquels on a vu ces nouvelles formes d'exploitation à travers l'ubérisation du travail à travers l'auto-entrepreneuriat à travers le précariat généralisé notamment dans la jeunesse autant de formes qui dans cette introduction nous font dire que le capitalisme est doté d'une capacité créative extrêmement forte il se renouvelle dans sa capacité à exploiter à dominer et à soumettre dans les relations de travail et qu'il est d'autant plus important de prendre le temps collectivement d'avoir ces échanges pour le comprendre et se faisant pour construire ensemble les moyens de le combattre donc voilà je cède tout de suite la parole à Carlotta pour son intervention merci à toi donc merci beaucoup et merci beaucoup aussi pour avoir organisé cette table ronde et nous avoir invité euh du coup bah effectivement je vais parler euh à partir des mes travaux mais aussi de travaux d'autres collègues en fait qui qui travaillent sur le sujet euh des conditions de travail dans les inentrepôts de logistique euh et après bah si tu veux je pourrais parler aussi de cet exemple un effet qui existe de projet d'entrepôt mais d'abord je vais peut-être plus faire un panorama on va dire général de ce qui se passe dans ce secteur qui est euh il me semble et on le verra un secteur qui est largement représentatif voir emblématique des transformations du travail des formes d'exploitation que tu as mentionné en introduction euh donc il est d'abord emblématique parce que euh représente euh un bon point d'observation non seulement de la précarité de la fragmentation et de la segmentation des collectifs de travail mais aussi d'un déplacement qui a eu disons des emplois ouvriers euh dansun d'autres secteur que le secteur industriel le secteur classique et notamment vers des secteurs qui se situent dans le secteur des services enfin dans dans tertière quoi euh il est représentatif aussi et intéressant à disc parce que il emploie beaucoup de monde juste pour se faire une idée on parle de entre 800000 et 900000 personnes qui travaillent seulement dans les intropôts parce qu'après quand on parle de logistique on pourit parler d'autres choses du transport routier voir du transport maritime et cetera et il représente aussi aujourd'hui 22 % de l'emploi ouvrier dans son ensemble du coup quelle est la situation quelle est la situation dans les entreopôts aujourd'hui je vais essayer de la décrire dans un premier temps en exposant trois chiffres clés qui résume il me semble à elle seule la situation de des travailleurs des entreopôts qui sont très majoritairement des ouvriers mais aussi des ouvriers peu ou pas qualifiés du tout donc le premier chiffre est un chiffre qui concerne l'emploi euh parce que actuellement la logistique en France le secteur qui a le plus recours à l'intérim on travail intérimaire euh avec un quart de la main d'œuvre qui est concerné et donc il y a des chercheurs qui s'occupent plus vraiment des questions d'emploi qui parlent pour ce qui est de la logistique d'interrime de masse donc pourquoi de masse euh parce qu'il y a beaucoup d'interm mais aussi parce que quasiment tous les nouveaux emplois qui sont créés dans la logistique d'entreopôt ces dernières 40 années euh sont des contrats précaires et euh intérimaires et donc euh les emplois ouvrés de la logistique sont responsables euh à eux seuls de la création d'un prê de prêt d'un emploi ouvrier précaire sur 7 depuis le début des années 80 donc précarité euh usage massif de l'intérime mais euh qu'est-ce qu'elles nous disent de plus euh ces chiffres elles nous disent aussi que euh non seulement une large majorité des emplois qui sont générés par le secteur sont euh précaires mais aussi que l'intterrime est la voix principale voire exclusive euh de recrutement et donc aussi de sélection dans le secteur aujourd'hui dit autrement on rentre la plupart de temps du temps dans un entreopôt par intérim pour être ensuite éventuellement stabiliser un CDI ce qui n'est pas et j'y reviendrai sans conséquence sur les conditions de travail et notamment sur la santé au travail j'essaie de pas faire voler mes notes voilà donc ement le deième chiffre que je voulais vous exposer concerne donc la santé au travail parce que le secteur est un tête des classements en terme de maladie professionnelle et accident du travail avec des taux de sinistralité qui sont deux fois supérieures au à la moyenne nationale pour être un peu plus précis les enquêtes de l'Institut national de recherche et de sécurité donc l'INRS montre l'émerg de pathologie et notamment de TMS c'est-à-dire de troubles mouscosquélétique à partir de 4 ou 5 ans de travail pour pour les préparateurs de commande en sachant que les préparateurs de commande sont constituent la majorité de la main d'œuvre dans les entrepôts par exemple dans la grande distribution 60 % des ouvrers sont des préparateurs de commande donc en fait ce que les recherches montrent aussi notamment par cette hégémonie des TH m c'est que euh disons cet impact sur le corps est notamment le fait de un travail répétitif taylorisé on pourrait dire c'est-à-dire un travail qui rassemble presque à celui-là classique de l'usine tayloriste ou fordiste à des rythmes très élevés et aussi lié quand même à une organisation du travail en flux tendu euh donc c'est ce sont des maladies professionnelles qui sont liées au gestes répétitifs donc elles comment dire elles mettent que c'est une organisation du travail qui repose sur la répétition du même geste mais qu'est-ce qu'elles disent de plus ces chiffres sur la santé elles disent aussi qu'il s'agit donc d'une main d'œuvre qui va certes passer par l'entrepôt travailler pendant un moment dans l'entrepôt mais qui va aussi devoir rapidement en sortir elles expliquent donc ce qu'on appelle le taux de rotation de la main d'œuvre dans les entreopôts et les difficultés de recrutement qui sont rencontré actuellement dans le secteur logistique c'est quelque chose dont y compris les patron parle discute c'est un problème euh et elle pose aussi par ailleurs en terme de disons politique publique et cetera la question des reconversions professionnelles qui qu'il faut accompagner donc 3è et dernier chiffre la syndicalisation sans surprise le taux de syndicalisation est très bas particulièrement bas parce que on est autour du 4 % contre le 10 % de moyenne dans le reste du monde ouvrier or évidemment ces trois aspects donc précarité réours massif à l'intérime euh santé au travail euh et syndicalisation sont lié euh sont un lien entre eux en effet évidemment si la le taux de syndicalisation si la syndicalisation est faible dans le secteur c'est aussi à cause de l'usage massif de l'intérim les recherches le montrent mais c'est assez intuitif quand on travaille en intérim et qu'on est qu' on espère d'être embauché en CDI ou tout simplement voir sa mission d'intérim renouvelé on est moins inclin à se syndquer et à revendiquer plus généralement des meilleures conditions de travail mais euh c'est c'est un point disons qui qui est assez évident intuitif mais qui est important parce que généralement pour expliquer cet usage massif de l'intérim dans la logistique et et dans d'autres secteurs euh on met l'accent sur l'aspect économique c'est-à-dire on va dire c'est la saisonalité de l'activité le besoin de flexibilité qui justifie ce recours massif là euh or comme au contraire les recherches le montre C système de recrutement qui repose aussi il faut le dire et je pense que tu le sais mieux que moi sur un contournement systématique de la loi he qui ou plutôt sur un jeu on va dire des sur les zones grises de la loi qui encadre le recour à l'intérime euh sert aussi euh à à opérer une sélection euh de la main d'œuvre sur la base de sa docilité euh c'est-à-dire sur la base de son acceptation sa disponibilité à euh consentir accepter certaines conditions de travail on va mett là euh comment je peux euh signifie donc que quand on travaille en intérim on est poussé à travailler plus et plus vite notamment du coup c'est un tableau qui est au final assez noir sans surprise des conditions de travail dans le secteur mais par ailleurs je pense qu'il est important aussi de souligner qui c'est pas une exception française si on observe le secteur dans tous les autres pays alors moi j'ai travaillé un peu sur l'Italie parce que je suis italienne mais je veux dire les enquêtes dans d'autres pays d'Europe et au-delà montre partout les mêmes tendances dans la logistique au recours à des contrats précaires à l'intérrim des problèmes de santé au travail et CETA et cetera donc ce qui montre enfin ce qui met en évidence je pense le fait que il y a un caractère structurel du problème c'est-à-dire que on est face à une activité qui a tendance à produire un certain type de qualité condition de travail sauf que en France comme ailleurs on a un peu tendance à présenter la logique logistique comme la solution face à la désindustrialisation la solution face à la fermeture de sites productif comme donc une solution de réindustrialisation des territoires qui sont qui ont été touchés par dynamique des dynamiques de désindustrialisation et donc par des taux de chômage particulièrement élevés euh du coup sur ça euh trois considérations euh tout d'abord euh les recherches encore une fois montrent que contrairement à l'industrie parce qu'on dit on voilà on désindustrialise on réindustrialise par la logistique contrairement à l'industrie à proprement parlé euh la plupart du temps euh les entreprises logistiques recrute en dehors du Bassin d' le poid euh pour le dans lequel elle s'implante euh dans nos enquêtes de terrain en tant que sociologue on constate très rapidement que les ouvriers qu'on rencontrre dans les entropôts c'est de plac beaucoup pour venir sur les lieux de travail alors par exemple Nicolas Rambo qui est chercheur en N l'a démontré dans un article paru dans le dossier que tu évoqué publié par l'adress à partir d'une exploitation des données Inc il montre que contrairement à ce qui se passe dans l'industrie seulement petite partie des uvrers de la logistique et notamment de ceux des entrepôts habit une commune où ils sont suceptibles de travailler il y en a très peu qui habitent là où il travaillent et donc lui par exemple il parle à cet égard de ségrégation dissocié euh qui a une traduction d'un terme anglais SPAL mismatch c'està-dire que notamment en Banon parisienne parce que son inquête elle porte là-dessus euh la logistique produit des espaces ouvriers fragmenté entre lieu de travail et lieu de vie donc on retrouve cette dimension de la fragmentation qui a été évoquée quant à l'emploi on la retrouve aussi dans la disons dans cette dimension spatiale euh et donc euh et donc deuxème considération quant à cette question de la réindustrialisation par la logistique c'est que évidemment le type d'emplois qui sont produits par le secteur n'est pas du tout comparable aux emplois ouvriers de l'industrie qu'il est censé remplacer il s'agit d'emplois qui sont en la vu plus précaires plus pénibles mais aussi moins bien payé il faut le dire car les salaires sont généralement les minimas conventionnels et le plus souvent proche et surtout et ça c'est le point qui m'intéresse peut-être le plus il s'agit d'emplois qui ont très peu de possibilité de mobilité d'évolution de carrière pourquoi parce que dans dans le secteur il y a plus de 80 % de la main d'œuvre des ouvriers qui sont peu ou pas qualifiés alors que par exemple dans l'industrie manufacturière un peu moins de la moitié des effectifs sont ouvriers qualifiés non qualifié pardon du coup quelle est la conséquence à cela c'est que si très peu de gens ont cette opportunité de mobilité interne ça veut dire que la majorité des gens sont enfermés sur le long terme sur des postes physiques et pénibles ce qui produit d'un côté évidemment plus de attente au corps plus fréquente et plus précoce comme on l'a vu euh qui sont aussi moins comment dire atténoués par la possibilité de mettre en place des ilité aménagé mais aussi ça produit une volonté de départ euh très largement partagé et des formes de résistance au travail peut-être qu'on pourra en débattre qui sont donc plus individuels voilà notamment des formes come on dit d'Exit ou de mobilité intra seectoriel en alternance entre période de chômage et période de travail euh un des facteurs qui est explique cette situation c'est que contrairement à ce qui a pu être observé dans les secteurs industriels classiques comme par exemple l'automobile les vagues de rationalisation c'est-à-dire par exemple l'introduction de nouvelles technologies la robotisation l'automatisation la mécanisation n'ont pas fait apparaître des postes qualifiés ou très peu elles ont même tendance à renforcer dans les entrepôts C ces technologies là ces dispositifs organisationnels là à renforcer l'égémonie des postes ouvrier avec la disparition par exemple de fonctions administratives qui apparemment pouvaient constituer des endroits ou des petites mobilités internes pouvait se faire sur cette question de l'impact des technologies sur le travail je renvoie par exemple au travaux de David gaborio qui a étudié la mise en place de la commande vocale dans les entrepôts de la grande distribution qui est donc pour ceux qui qui nous sont pas familiers donc c'est un casque audio euh c'est avec lesquel en fait les les les les préparateurs de commande qui travaillent sous commande vocale travaillent avec un casque qui leur donne des ordres auquel ils doivent répondre par des réponses standardisées ok oui non et toute la journée il travaillent sous commande vocale donc c'est la commande vocale qui leur indique tout tous les gestes et toutes les choses qu'il doivent faire euh donc ce n'est pas évidemment pas du tout un travail plus qualifié c'est le travail qui est produit par la nouvelle technologie mais au contraire plus répétitif euh plus contraignnant donc c'est-à-dire qu'il produit une intensification du travail une accélération du rythme de travail parce qu'on doit suivre euh l'algorithme la machine le priciel et sous contrôle aussi et bien entendu plus contrôlé euh par ailleurs par exemple dans les tropôts où euh il y a introduction de la commande vocale on estime une hausse de la productivité euh de euh de 15 % la les entrepôs où on introduit euh cette commande vocaleis ok euh du coup sur cette question de la santé juste euh bah du coup je vais pas développer parce que j'ai que 5 minutes mais en fait généralement il y a deux types de solutions qui sont proposées soit des solutions techniques c'est-à-dire l'introduction de dispositif du type cobotique c'est-à-dire des robots qui devra collaborer avec le humain mais en fait on est face à des en gros à des machines qui sont censé euh permettre au corps de suivre le rythme industriel l'accélération du rythme industriel un rythme que les corps visiblement ne supportent plus mais qui du coup ne remett pas du tout en question l'organisation du travail en tant que tel quoi l'autre type de solution qui est proposée en général c'est la formation la sensibilisation et là aussi c'est une euh il y a une autre dimension qui qui est problématique est celle non seulement de pas remettre en cause les fondements de l'organisation du travail mais aussi euh dans une certaine mesure de faire réposer quelque part la responsabilité on va dire de la pénbilité sur ceux qui travaillent parce que quand il tombent malade quand ils se blessent ils auraient pas respectter les normes mais on peut y revenir parce que c'est un peu long euh enfin dernier point ce discours sur la réindustrialisation par la logistique est quelque part un peu paradox sal si vous voulez euh parce que de facto la logistique en tant que secteur du transport et de la logistique c'est le secteur qui a qui a permis et qui soutient encore aujourd'hui les dynamiques de mondialisation de délocalisation de globalisation c'est-à-dire c'est il s'agit de toutes cette ces activités qui qui permettent qu'aujourd'hui on produit à l'échelle globale autour de ce qu'on appelle les chaînes de production globale ou les chaînes de la valeur parce que on a une logistique et un transport hyper développé euh et cetera donc c'est un peu euh on peut considérer la logistique comme infrastructure matérielle de la mondialisation et on peut se demander si c'est logique euh de euh comment dire euh parler de réindustrialisation quand on parle d'un secteur qui était euh un facteur de désindustrialisation pour le coup pour des pays comme la France euh du coup euh on voit bien euh disons en conclusion on va on voit bien qu'il y a une dimension de fragmentation de segmentation qui traverse toutes les dimensions du travail et de la sociabilité aussi dans le secteur euh et que donc on est face un travail précaire fragmenté et cetera euh mais de ce côté-là la logistique elle incarne aussi un deuxième paradoxe alors j'aime bien les paradoxes aujourd'hui je sais pas trop pourquoi euh et ce paradoxe tient en fait que le en fait de plus en plus euh on présente les travailleurs de la logistique comme un nouveau prolétariat occupant ce qui est vrai une fonction stratégique dans l'économie et dans les chaînes de production au sein du Cap capitalisme contemporain on a par exemple toute une littérature qui parle de checkpint c'est-à-dire les goulots de tringlement et qui identifie ces travailleurs comme les nouveaux acteurs stratégiques de la conflictualité au travail car positionné dans des n n clés des chaînes de distribution et donc d'un des points sensibles du capitalisme contemporain queon pourrait utiliser pour bloquer les flux et cetera et cetera ce qui est vrai mais de l'autre côté c'est là le paradoxe ils sont aussi on l'a vu inséré dans des univers dans des contextes de travail qui sont euh à juste titre considérés par les sociologues mais aussi par les syndicalistes comme peu propice à la mobilisation collective à la revendication de meilleures conditions de travail parce que marqué par la précarité la sous-traitance le turnover la fragmentation des collectifs de travail les stratégies patronales antiyndicat dont j'ai pas parlé mais qui sont très fortes dans le secteur aussi euh du coup il y a cette tension voilà quand on parle de logistique soit on en parle pour dire bah voilà c'est le nouveau secteur sur lequel on peut faire réposer desespoirs parce que il y a cette position stratégique qu'il occupe et de l'autre côté on en parle pour décrire voilà toute toutes les raisons qui font qu'il est très difficile de syndquer de faire mobiliser tous ces travailleurs là et donc il me semble et ça c'est vraiment la conclusion que une piste de réflexion possible euh sur cette question de la syndicalisation de la mobilisation serait peut-être de valoriser davantage d'autres formes de sociabilité et d'autres formes de solidarité qui existe dans le secteur et qui sont parfois voire souvent extra professionnels ou en tout cas euh positionné en dehors du lieu du travail en tant que tel euh car des formes d'incrage dans le secteur existent mais euh elles se font beaucoup sur à partir de cette mobilité dont je parlais d'vrier intérimaire qui passe d'entrepôt en entrepôt dans la même zone logistique souvent alternant encore une fois période de travail période de chômage mais qui se connaissent qui vivent les mêmes conditions de travail qui partagent les mêmes conditions de vie euh souvent aussi et d'ailleurs on a un peu vu tout ça en œuvre pendant les gilets jaunes c'est-à-dire que il y a quand même beaucoup de blocage de zone logistique avec de formes de alliance entre syndicaliste gilets jaunes dé blocages dans des zones périphériques euh voilà donc il me semble que pour le dire plus simplement le cas de la logistique peut inviter à une réflexion peut-être s l'échelle de la syndicalisation qui est pertinente aujourd'hui en tout cas dans des contextes si marqués par la mobilité et la précarité or le cadre en France en tout cas le cadre syndical il est toujours très construit autour du syndicat d'entreprise voire de sit mais est-ce que face à des univers professionnels si marqué par la précarité et la mobilité et cetera il serait pas intéressant d'ouvrir une réflexion sur un renouveau possible à partir d'autres échelles alors dans le casadre de la logistique pourquoi pas l'échelle de la zone logistique mais plus généralement euh réouvrir réflexion sur l'échelle du territoire comme échelle pertinente pour penser euh la construction on va dire de mobilisation collective face à ces conditions de travail que j'ai décrit voilà merci beaucoup merci Carlotta sans plus tarder on réagira après évidemment sur toutes toutes les pistes que tu ouvres à travers ton ton intervention et on t'en remercie tout de suite on passe la la parole à à Tristan alors merci de m'avoir c'est bon mon temps ouais ouais donc merci de m'avoir non ça marche pas c'est mieux là bon euh ouais c'est bon super parce qu'en fait il descend descend il redescend à chaque fois non mais je vais me baisser c'est pas grave sa je vais comme ça attends attends attends j'essaie de le bloquer onoquer redescends ouis c'est pas grave je vais descendre comme ça non non non mais t'en fais pas j'ai descendre c'est B c'est bon je va je vais rester comme ça ton fais pas t fais pas sinon on va perdre du tempsincoute ça l'air bon ok euh donc merci de m'avoir sollicité merci à tous d'être venu à cette conférence moi ce que je vous propose de de faire c'est un panorama alors sans doute assez incomplet étant donné la le le temps imparti et la la complexité la question mais de la question des effets politiques de l'exploitation au travail en évant en évoquant de manière croisée à la fois les conséquences en matière d'engagement collectif au travail comme l'a déjà fait Carlotta à propos du secteur de la logistique mais aussi les conséquences en matière de comportement et d'attitude politique hors du travail et notamment sur sur les questions électorales alors pensez ensemble ces deux dimensions ça peut paraître assez étonnant mais ça a du sens ça a du sens parce que bah dès les années 70 fin allemement des chercheuses et des chercheurs notamment aux États-Unis mais pas seulement ont fait l'hypothèse que participer au travail dans son travail quelle que soit la forme de participation favoriser le fait de participer politiquement hors du travail en augmentant l'intérêt pour la politique le sentiment de compétence politique des citoyennes et des citoyens avec une hypothèse qui a même été élargie en fait aux attitudes politiques et donc notamment au choix de vote avec l'idée que bah participer dans le travail s'engager dans le travail ça se traduirait en dehors par un vote euh plus favorable à la gauche et par des attitudes euh politiques euh plus redistributive sur le plan économique voire plus tolérante à l'égard de l'immigration euh ou à l'égard des minorités sexuelles et de genre par exemple bon cette hypothèse elle est séduisante elle mérite toutefois d'être nuancée parce que évidemment la relation elle peut pas être univoque on peut très bien imaginer une relation inverse euh on s'engage d'autant plus au travail ben qu'on se sent déjà compétent et compétent politiquement et qu'on a déjà des attitudes politiques redistributives tolérantes favorable à la gauche en gros on peut toutefois considérer que bah finalement la politisation au travail et la politisation hors du travail vont de perd d'où aussi l'intérêt de s'intéresser aux conditions de travail et aux formes de mobilisation au travail pour donner un exemple très récent on a vu au législatif à partir des premières enquêtes postélectorales qu'on a réalisé que les syndiquéss se sont surmobilisés très fortement dans les urnes et ont voté très massivement pour le nouveau front populaire alors ça peut paraître un résultat assez logique c'est une différence qui est quand même significative par rapport au précédent scrutin on avait pas ce double phénomène et on peut y voir un effet sans doute à la fois de la dynamique du nouveau front populaire et puis un effet retraite pas oublier le mouvement social du de de 2023 alors la question du lien entre travail et politique elle a été centrale en sociologie politique jusqu'en les années 70 not notamment parce qu'on avait une interpénétration des liens entre syndicat et partis politique on avait une certaine homogénéité qui a parfois été exagérée j'y reviendrai du groupe ouvrier et puis cette idée que l'exploitation au travail constituait un vecteur de politisation d'engagement syndical d'attitude redistributive de vote pour la gauche avec quand même l'idée que bah finalement c'était pas tant le fait d'être exploité dans son travail mais le fait d'être intégré dans le monde ouvrier qui favorisait le vote à gauche et inversement d'ailleurs dans la la même à la même période des travaux montrent que l'intégration au monde des indépendants hein traduit une mobilisation tout aussi structurée et massive en faveur des partis de droite alors la question des liens entre travail et politique elle a toutefois perdu sa centralité à partir des années 80 pour plusieurs raisons la sociologie du syndicalisme ou là c'est le vent je pense la sociologie du syndicalisme elle s'est finalement concentré sur les transformations et surtout sur le déclin du syndicalisme ah ouais carrément on en est là en insistant sur le recul des adhésions syndicales sur le recul des mobilisations professionnelles sur le déclin des liens entre partis et syndicat et du coup en soulignant les dynamiques de de déclin parallèlement la sociologie électorale bah elle s'est elle a été confronté d'un côté à la concurrence d'approche économique du vote rationnelle euh et puis d'un autre côté à l'idée que la profession expliquait beaucoup moins les les comportements électoraux que par le passé et que d'autres variables était beaucoup plus structurante le diplôme le genre le niveau de patrimoine mais bref plus la prof plus du tout la profession et notamment avec cette idée hein il y avait un désalignement des ouvrières et des ouvriers vis-àvis de la gauche dans de nombreux pays dont la France à partir de 95 il y a plus de survote des ouvrières et des ouvriers pour la gauche en France bon cette remise en cause de la pertinence de la question du lien entre travail et politique elle est en partie aveugle aux transformations du monde du travail et notamment aux hétérogénéités du groupe ouvrier d'abord bah les travaux des années 70 ils conçoivent principalement la question de l'exploitation à partir de l'opposition assez simpliste entre ouvrier ouvrière et non ouvrier non ouvrière et notamment le le vocable de vote de classe dont vous entendez parfois parler puisque puisquil y a plus de vote de classe donc on vous en parle tout le temps euh en fait il est défini dans les années 60 par celui qu' théorise que par la différence de vote pour la gauche entre les travailleurs en col bleu donc les les ouvriers ouvrières et le reste du salariat donc finalement c'est une mesure assez assez peu robuste hein euh or bah finalement l'exploitation est est loin d'être est loin d'être consubstantielle d'abord au statut de salarié on voit aujourd'hui que avec le le le la transformation du statut d'indép de travailleur et travailleusees indépendante bah en fait euh on a des relations de travail qui sont des relations d'emploi qui sont sansé être d'indépendante mais qui se font plus du tout euh qui se font plus du tout sur une base du du du du seul cadre de du seul cadre salarial et puis bah on a vu le développement de conditions de travail en dehors du groupe ouvoyer au-delà du groupe ouvyer qui favorise l'exploitation la précarité de l'emploi la dégradation des conditions de travail notamment dans le groupe des employés mais pas seulement euh ensuite bah le monde du travail s'est transformé il y a eu la désindustrialisation donc le groupe ouvrier s'est réduit il s'est éparpié dans de nombreux secteurs dans de nombreuses entreprises plus petites affaiblissant par la même occasion l'encadrement syndical du groupe ouvrier et puis au-delà du seul groupe ouvrier on a un recours à la sous-traitance un recours au contrat précaire à des statuts différenciés à une individualisation aussi des carrières et des rémunérations hein euh qui touche évidemment l'ensemble du salariat et euh qui touche particulièrement certains groupes de salariés les moins qualifiés mais aussi en raison de discrimination structurelle cet affaiblissement des solidarités cette montée des processus d'individualisation au travail va toucher les populations qui sont potentiellement discriminées au travail les femmes les populations issu de l'immigration les personneles gbtq a plus et cetera et cetera et dernier élément qui va affaiblir aussi l'encadrement collectif du travail et la perspective d'engagement collectif c'est finalement la difficulté à faire émerger de plus en plus des compromis salariux favorable au salariés et notamment la difficulté à faire aboutir des négociations collectives qui finalement soit favorable au salariés ce qui va délégitimer les stratégies collectives au profit strég individuelle d'Exit qui vont être parfois orientés y compris vers des perspectives patronales c'est je par de la petite entreprise je suis pas satisfait je crée ma propre boîte euh donc dès lors si les ouvrières et les ouvriers se syndiquent moins ne votent moins pour la vote moins pour la gauche est-ce que c'est parce qu'ils s'en sont détournés alors premier élément c'est bah oui en même temps ils font toujours preuve d'une demande de protection sociale par rapport au reste du salariat mais ça sera du P par un vote pour la gauche donc oui en effet il y a eu cette déconnexion mais ce qu'on sait aussi c'est qu'il y a pas non plus de désouvriérisation massive des effectifs syndicaux hein par rapport au reste du salariat je dirais il y a moins d'ouvriers dans les syndicats par le passé mais c'est normal il y a moins d'ouvriers tout court euh et puis sur le plan électoral bah souvent on on parle d'une volatilité hein de travailleurs et travailleuses qui auraient basculé d'un vote de gauche vers l'extrême droite bon cette volatilité elle se fait sur le temps long elle se fait de de proche en proche donc le passage du vote de gauche vers l'extrême droite il est rare où il se fait sur un temps extrêmement long et notamment il se fait beaucoup plus sur les dynamiques générationnelles les enfants de celles et ceux qui votaient pour la gauche peuvent éventuellement à un moment voter pour l'extrême droite mais on est sur des dynamiques qui sont sur un Tran très long et l'hypothèse qu'on fait aujourd'hui c'est que la plus faible mobilisation qu'on observe dans les segments qui sont victimes d'exploitation au travail dans le salariat et leur moindre vote pour la gauche même si on va revenir sur sur ces constats euh bah c'est aussi c'est aussi lié à des transformation du monde salarial et notamment à la difficulté bah de tout simplement cette dichotomie ouvrier d'un ouvrier à saisir ces ces transformations et donc à partir des années 2000 il y a un certain nombre de travaux qui ont remis au goût du jour cette question des liens entre travail et politique et notamment des conséquences politiques de l'exploitation au travail d'abord parce que bah en sociologie politique du syndicalisme on a commencé à se demander qui qui étaient les syndiqués qui faisaent grève mais aussi qui voter aux élections professionnelles BRF qui participait au forme de démocratie et d'engagement collectif au travail et puis on s'est rendu compte que bah certes les fractions les plus précarisées les moins qualifié du salarial c'était plutôt en retrait de ces formes d'engagement mais que c'était aussi le cas des fractions les plus qualifié notamment dans le secteur privé et que les fractions les plus mobilisées du salariat qui recourent le plus notamment à la grève mais aussi au votes professionnel ben ce sont les classes moyennes et populaires stabilisé ce sont les ouvriers ouvrières qualifiés ce sont les techniciennes et techniciens ce sont les employés qualifiés de même il faut aussi dépasser l'idée d'un lien assez mécanique entre dégradation des conditions de travail et d'emploi et des des engagements alors certes la précarité elle éloigne des syndicats et les Loig des urnes évidemment parfois notamment quand la grève est possible ben les préc peuvent faire grève même si c'est beaucoup plus risqué et puis on voit aussi que bah la pénibilité du travail le fait de pas être de pas se considérer aussi reconnu dans son travail peuvent constituer des victoires de résistance collective dans le monde du travail et euh voire même en dehors du monde du travail je vais je vais y revenir et puis euh ce qu'on constate aussi c'est que les formes épanouies du travail teles qu'elles sont parfois venté de manière un peu idylique par certains et certaines B souvent leurs effets politiques se limitent à des pratiques participatives qui sont extrêmement consensuelles notamment comme le vote professionnel parce que souvent tel qu'elles sont mises en place ces formes épanouies du travail elles sont finalement assez peu collectives donc le sens collectif derrière il est il est relativement faible pu ça remet rarement en cause la verticalité de la relation de la relation d'emploi parallèlement les travaux sur les comportements électoraux bah ils ont commencé à souligner que bah finalement l'exploitation au travail elle pouvait avoir des liens avec les comportements électoraux et notamment avec un phénomène qu'on a vu émerger à la fin des années 80 la question de l'abstention avec un constat c'est que la précarité de l'emploi elle éloigne des syndicats dans l'entreprise mais elle éloigne aussi des urnes quelle que soit l'élection considérée y compris les présidentielles y compris les élections qui mobilisent beaucoup législative de 2024 c'est 40 % des salariés précaires qui se sont abstenus contre 25 % des salariés en contrat stable la différence est énorme et elle est même plus importante qu'entre les cadres et les ouvriers hein les cadres c'est à peu près 24 % de de de d'abstention les ouvriers c'est 37 % donc il y a une différence plus importante entre précaire et non précaire qu'entre ouvrier et cadre et puis ce qui a été démontré notamment par un économiste qui s'appelle Thomas cout TR c'est que la perte d'autonomie au travail que Carlotta a évoqué d'ailleurs dans le secteur de la logistique euh en apprenant au salariés finalement une forme de passivité au travail en limitant leur capacité d'apprentissage d'initiative et cetera ben ça favoriserait euh selon selon Thomas coutre le retrait du jeu politique et notamment du jeu électoral parce que finalement quand on apprend la passivité au travail bah ça se décline aussi dans euh la euh perception du champ politique comme inefficace alors il faut toutefois pas avoir un lien mécanique entre dégradation des conditions de travail et retrait électoral c'est pas parce que les salariés EXR c'est un travail pénible mal mal reconnu qui s'abstiennent plus c'est vraiment des mécaniques de précarité ou de perte d'autonomie dans le travail spécifique qui favorise le le retrait électoral alors en matière de vote de choix de vote et d'attitude politique certains et certaines ont fait l'hypothèse d'un lien entre dégradation de la relation de travail et vote pour l'extrême droite avec notamment ça s'articulerait avec des attitudes plus hostiles à l'immigration plus moins to et cetera et cetera alors on constate certes que la déclaration notamment chez des personnes qui sont notamment non issue de l'immigration d'une exposition à la concurrence internationale sentiment d'exposition à la concurrence internationale ou d'une crainte de perdre son emploi s'articule avec un vote d'extrême droite beaucoup plus important c'est vrai c'est vrai aussi que la pénibilité du travail dans les enquêtes elle se traduit souvent par certes un peu plus de demande de protection sociale mais un peu plus d'hostilité à l'immigration et un vote extrême droite un peu plus important mais ce qu'on constate aussi bah c'est que la précarité de l'emploi la précarité de l'emploi et notamment le fait d'être en contrat précaire va de paire avec un vote pour la gauche plus important et avec des attitudes notamment moins méritocratique sur le plan économique et ça c'est un élément très important on parlait tout à l'heure dans une autre conférence du fait que l'un des ressorts du vote d'extrême droite c'est les attitudes à l'égard de l'immigration mais l'un l'autre facteur structurant de plus en en plus ce sont les attitudes méritocratiques pensez que finalement la protection sociale c'est bien mais pas pour tout le monde notamment pas pour bah c'est le qui ne le mériterait pas évidemment derrière cette catégorie bah il y a les personnes racisées les autres globalement évidemment les minorités sexuelles et de Gen enfin voilà et puis ce qu'on constate aussi qui va un rebour un peu de cette idée de améliorer la relation de travail c'est juste comme M d'ordre c'est combattre l'extrême droite et sans réfléchir à la manière de l'améliorer bah ça pose question parce qu'on voit que par exemple le sentiment de reconnaissance au travail qui a un mot d'ordre néolibéral qui est parfois assez assez prononcé bah souvent va te perd avec des attitudes beaucoup plus libérales économiquement al le fait de qu' aujourd'hui que tout va bien dans son travail ça va perve des attitudes plus libéral économiquement donc plus méritocratique voire même plus hétérosexistes notamment alors deux éléments de de conclusion et je vais m'arrêter là d'abord les formes les plus avancées d'exploitation au travail sans faire disparaître sous forme sous forme de résistance elle elle génère du retrait retrait de l'engagement au travail retrait électoral mais pas nécessairement un vote et des attitudes d'extrême droite comme on pourrait le penser et notamment la précarité de l'emploi voire la pénibilité psychique au travail peuvent se traduire par des attitudes progressistes par un vote de gauche il y a un enjeu je a continuer à politiser cette question de la précarité et de la pénibilité notamment de la pénibilité psychique au travail euh parce que il y a une importance à mobiliser les salariés précaires d'abord parce que il vote déjà significativement pour la gauche mais parce qu'elles s'abstiennent aussi encore énormément et enfin parce qu'elles sont moins susceptibles d'être mobilisé dans des cadres professionnel faut pas oublier que le cadre professionnel c'est un cadre de mobilisation électorale notamment parce que bah les organisations syndicales et notamment les militantes et militants syndicaux qui jouent un rôle de médiation en entreprise en discutant avec les collègues bah ils sont moins en contact pour des raisons structurelles et pas seulement organisationnelles pas seulement syndical ils sont moins en contact avec ses salariés précaires donc ça c'est un premier enjeu mais par contre le deuxième enjeu ben c'est de constater que aujourd'hui la faiblesse du syndicalisme de la gauche dans certaines fractions du salariat tiens-moi à une pure question de conditions de travail et d'emploi qu'au contexte de travail et notamment constater que bah finalement la relation aujourd'hui qu'on connaît dans les entreprise qui est individualisée verticalisée qui peut être de proximité mais qui est très peu participative et bien elle est pas du tout favorable au développement de pratiques participativ en dehors du travail au développement du vote de gauche en développement d'attitude progressiste et évidemment en appel conjoncturellement à meilleure reconnaissance du travail sans qualifier cette reconnaissance sans modifier le contexte de travail bah ça revient c'est risqué une mesure assez illusoire certes il faut améliorer les relations de travail mais il faut aussi les rendre plus collectives pour que finalement ce diffuse des attitudes progressistes dans le monde du travail et en dehors merci merci alors vous m'entendez ou pas bah sou vent c'est assez tu tu peux venir à ma place ouais c'est bon c'est bon ça va là c'est bien nickel on est bon alors on reprend merci vraiment Carlotta et Tristan pour vos intervention je pense que c'est c'est central de nous donner de nous donner ses clés et je pense qu'on aura à discuter quand j'entendais Carlotta mais on en débattra mais la question de la réindustrialisation sans poser la question des conditions général de travail dans la logistique et ailleurs c'est évidemment quelque chose d'essentiel où la question des cadres de syndicalisation et des espaces de syndicalisation et et donc de la question du lieu de travail ou de sa dissociation sont aussi des des questions centrales de même que cette description de l'évolution des engagements de l'engagement qui sont utiles pour les militants de gauche pour les militants qui entendent porter la transformation radicale de cette société afin de comprendre aussi comment les contextes de travail dont tu parlais Tristant évolue mais bon je garde tout ça pour pour le débat d'après moi je quand on m'a dit Anthony tu veux intervenir sur la conférence exploitation au 21e siècle je me suis dit mais alors comment je vais faire parce que mes plus de 15 ans d'année à l'inspection du travail c'est 15 ans où j'ai vu l'exploitation au travail sous des dizaines de formes et d'illustrations se multiplie ah j'ai oublié de de mettre en route pour moi aussi le chrono vous voyez comment c'est terrible donc je je mets en route comme ça je m'autocontrôle avec avec le chronomètre et et donc je me suis dit qu'en fait j'allais prendre deux exemples deux illustrations qui moi m'ont en tant qu'inspecteur du travail profondément impacté je veux dire dans mon quotidien professionnel et en même temps dans dans ce que je voyais du travail le la la première illustration sur C cette évolution des dominations du capital dans dans les entreprises ça a été l'individualisation la segmentation dont vous avez dont vous avez aussi parlé qui isole qui isole le travailleur à l'intérieur de l'entreprise et qui lorsqu'elle est ajouté à à des à des évolutions des relations de travail est assez dramatiquei je l'ai vu par exemple avec la question des souffrances au travail tu as parlé de de pénibilité psychique par exemple on peut le mettre dans dans différents termes mais ces souffrances au travail lorsque vous les ajoutez alors je parle en tant que souffrance à la fois des souffrances physiques que tu as pu décrire des troubles musculosquelétiques qu'on retrouve dans euh dans euh dans la logistique ou euh ou ou lorsqu'on imagine une travailleuse dans un ou un travailleur dans un supermarché qui pendant 20 ans 25 ans on va devoir mettre en rayon en levant avec les épaules des charges de façon répétée récurrente qui vont abîmer le corps de façon définitive pour souvent mais aussi euh les les souffrances psychologiques tu as décrit la souffrance euh du travailleur moi j'avais été choqué dans dans un anthropologistique de de voir ce travailleur qui durant tout son poste du travail n'était lié qu'à la machine qui lui a ordonné d'aller chercher dans tel rayon pour composer tel ensemble et qui n'avait plus de relation interpersonnelle de travail avec ses collègues de travail et encore moins d'organisation donc ces souffrances de harcèlement également moral sexuel de tout ce qu'on appelle aujourd'hui les risques psychos-ociaux qui lorsqu'on est dans des situations de travail totalement individualisé et bien ne sont plus traités par les collectifs de travail ne sont plus traités par les rapports de forces sociaux au travail qui étaient construits notamment par le biais des organisations syndicales qui étaient capable de cesser collectivement le travail face à un manager un chef de service de rayon qui était défaillant qui était déviant qui était harcelant dans ces pratiques et qui aujourd'hui sont plus traités et sont plus doublement traités parce que tant les collectifs de travail ont été abîmés et donc son son le le le capital construit des modes de management et d'organisation qui lui permettent de peser de cette façonlà sur les corps les esprits des travailleurs qui l'exploit mais en même temps le service public de l'inspection du travail dans lequel moi j'ai eu à travailler a vu ses effectifs diminué de 20 % en 10 an il reste 1700 inspectrices à inspecteur du travail pour 20 millions de salariés et 2 millions de d'entreprise dans le pays il ne répond pas à la demande sociale et au traitement collectif qu'il pourrait porter dans ces situations là parce qu'il a été littéralement désarmé par le macronisme avant lui le hollandisme évidemment donc cette question de l'individualisation elle est elle est pour moi un des des des phénomènes segmentation individualisation du du travail et elle s'ajoute par ailleurs à à à autre chose elle a été corrélée à l'intensification du travail tu parlais des travaux de coup trop tout à l'heure mais on a toute une série de processus le raccourcissement des délais les logiques cantophréniques les logiques du chiffre celles qui vont en PER manence peser sur les organisations et sur les logiques sur fait de toujours aller plus vite tu parlais tout à l'heure d'aller plus vite au travail on va parler de l'explosion des TMS et on pourrait parler évidemment des accidents du travail de cette écat tombe invisible dont a parlé Mathieu l'épine dans son ouvrage qui évidemment est en lien avec cette intensification du travail vous savez eurond la l'agence européenne la Fondation européenne pour l'amélioration des conditions de travail disait dans dans une une étude de 2022 que la France figurait avec la Pologne et la Slovaquie parmi les trois pays où la proportion de travailleurs et de travailleus ayant de bonnes conditions de travail et la plus faible en Europe quoi et ça c'est c'est une donnée qui est fondamentale et je pense que qu'il faut revenir à la politique mais que l'avenir en commun le programme comporte moi comme inspecteur de travail quand j'ai ouvert l'avenir en commun je veux dire j'ai rejoint la campagne de Jean-Luc en 2021 sur ça la question du doublement des effectifs de l'inspection du travail je l'avais vu nulle part ailleurs à aucun moment et dans le programme dans le programme c'est la même chose sur la question de la médecine du travail c'est la même chose sur la question de la reconnaissance du burnout des élargissement du tableau des maladies professionnelles d'un compte de prévention de la pénibilité qui préviennent réellement la pénibilité qui permettent aux travailleuses et au travailleurs de partir plutôt à la retraite non pas comme aujourd'hui il a été totalement vidé de son contenu les critères de sélection dans les marchés publics à travers le nombre d'accidents du travail dans les entreprises toutes ces mesures là qui viennent nous armer aussi lorsqu'on reprend la discussion avec avec les travailleurs et le deuxième exemple que je voulais évoquer parce qu' il est aussi le fruit d'un d'un constat professionnel c'est que un des enjeux pour lutter face à l'exploitation au travail dans ce premier quart du 21e siècle c'est certainement au moment où la question de la démocratie institutionnelle est extrêmement preignante dans le pays on le voit avec le débat qui nous occupe sur la non désignation de Lucy casté depuis plus de 37 38 jours aujourd'hui et bien la question de la démocratie à l'intérieur des entreprises est certainement une question centrale pour poser moi aussi ça s'envole la question de de de la lutte et du combat contre contre l'exploitation et c'est d'autant plus important que si le 20e siècle avait à travers 36 les délégués du personnel 45 les comités d'entreprise la marche générale de l'entreprise 80 2 les CHSCT les comités d'hygiène de sécurité des conditions de travail construit une armature som toutes assez fragile on en débattait tout à l'heure lorsqu'on préparait avec Tristan et avec Carlotta en disant que des millions de travailleurs sont exclus de toute forme et de tout cadre de représentation collective que ça aussi ça doit nous interroger hein je veux dire de façon de façon extrêmement importante et on a pu le porter on a pu en débattre avec le faux entrepr auto-entrepreneuriat avec la question des travailleurs uérisés notamment et tout le travail qui a été fait par nos camarades au Parlement européen mais vous connaissez ça par cœur et c'est d'autant plus important de poser la question de la démocratie en entreprise que le reflus est terrible que la question des ordonnances Macron de 2017 de ses effets systémiques dans les entreprises du de l'absence de toute représentation du personnel en matière de santé de sécurité dans toutes les entreprises de 50 à 299 salariés par exemple avec la suppression des CHS et l'existence seulement d'une commission spécialisée dans les plus de 300 et et bien et de nature à avoir des effets concrets et sur l'engagement des travailleurs et sur la santé et sur la sécurité des travailleurs d'ailleurs le fait que la France soit aujourd'hui en pole position des morts au travail dans l'Union européenne avec plus de de morts par jour évidemment est une conséquence je le pense de cette situation et c'est là aussi que nous sommes nous les députés de la France insoumise mais chaque militant chaque camarade chaque sympathisant du mouvement et est essentiel dans le combat qui est le nôtre à la fois pour être au côté des luttes sociales mais aussi pour porter les revendications et là-dessus moi j'ai fait campagne pendant les européennes notamment à Besançon au lieu de l'autogestion ouvrière et de l'histoire ouvrière sur la question alors certains diront du pouvoir ouvrier dans l'entreprise mais sans aller jusque là puisqu'on est bien dans une démarche qui est à ce moment de notre histoire transitoire sur la question de moyens effectivement comme par exemple la revendication de l'avenir en commun qui est repris dans le programme de l'anupes de droit de vetau suspensif à l'intérieur des entreprises face à des décisions patronales qui seraient contestées par les travailleurs lors des plans de restructuration et donc toute une armature de propositions visant à augmenter la représentation et le pouvoir les contrepouvoirs des travailleurs dans les entreprises sans évidemment s'illusionner sur les capacités à le faire jusqu'au bout dans le cadre du système qui est le nôtre premier axe et 2è axe et j'en terminerai dessus sur cet exemple là je disais soutien aux lutte c'est un c'est un soutien concret c'est celui non pas de parler à la place de ceux qui lutent bien au contraire mais c'est de répondre systématiquement à l'appel qui se face à l'exploitation dans les entreprises résiste et ils le font de façon aussi diverse que varié de la chapelle d'herblé jusqu'à l'affaire dur ralex cet été vous avez vu que au côté des travailleurs ayant repris en société coopérative leur entreprise les députés de la France insoumise et Luce casté sont allés à leur rencontre et je pense qu'il y a des prolongements évidemment possible de ces formes d'organisation et nous devons être extrêmement vigilants moi je vais vous dire pour conclure je pense que et ça sera peut-être un point de débat un insoumis ce devrait être un syndiqué dans chacune des entreprises voà je le dis aussi pour aller au débat et je vous remercie de de de votre participation à à cet échange écoutez on a maintenant et on s'est donné le temps comme on l'avait prévu d'avoir une demi-heure de de débat et d'échang entre nous donc je vous propose de prendre les les interventions on va faire tourner le micro on va faire tourner le micro on va auto gérer le le tour de micro au maximum alors il y avait au fond une première question du camarade qui avait levé la main le premier et puis ensuite j'ai pu regarder qui a levé la main dans l'ordre donc d'abord il y a un camarade une femme un H effectivement on alterne ça marche pas si attends 2 secondes ouais donc une femme un homme hein qu'on soit bien d'accord moi la première moi la première merci pour cet éclairage de tous les trois sur le monde du travail au 21e siècle moi je voulais rebondir avec une question pour ce que vous avez dit Monsieur de de euh comment oh merde je je perds mes mots là qu'est-ce que je voulais dire je sais plus ce que je voulais dire oui non oui c'est ça que les les travailleurs précaires ont trouvé un vote plus important un engagement plus important dans le vote politique de gauche chez certains travailleurs précaires et alors moi je lis ça si je me suis pas trompée hein si je vous ai bien entendu et je lis ça à une une table une conférence à laquelle j'ai assisté hier concernant l'agriculture où il y a eu une question de travailleurs précaires employés dans le le milieu agricole pour ramasser les fruits pour les vendanges pour toutes ces choses-là et qui disait qui déplorait le fait de ne pas avoir de de visite de gens représentant des syndicats pour que les travailleurs précaires dans le milieu agricole puissent se syndquer parce qu'il y a d'après le le ce type qui a pris la parole il y a une forte demande voilà merci euh du coup la la question elle est complètement dans le prolongement moi je travaille dans l'agriculture et dans la restauration et la question des travailleurs saisonniers c'est une question qui est très importante je trouve d'autant plus que c'est des travailleurs qui par leur mode de vie sont plus au contact avec l'altérité et donc sont souvent plus politisé à gauche et pour ce qui est des des des saisonniers agricoles notamment qui sont souvent en première ligne des combats pour l'écologie et qui du coup sont exploités très durement dans des secteurs qui sont exportateurs qui sont stratégique en fait pour l'économie nationale aussi bien en terme de autonomie alimentaire que par rapport au tourisme qui est aujourd'hui quand même un secteur important de de l'économie française et du coup la question c'est après la destruction de des droits qui étai des droits au chômage en fait la réforme de l'assurance chômage ne garantit plus la continuité du revenu donc dès en fait la capacité de vivre dignement du travail saisonnier et donc je pense que cette question la question de la continuité du revenu et aussi la constitué la question du logement qui se pose différemment dans l'agriculture avec des logements pour les saisonniers qui sont vraiment indigne et dans la question de la saison en restauration où les logements dans les villégiatures sont beaucoup trop chers pour les travailleurs saisonniers donc du coup la question que je me pose c'est quel statut pour le travailleur la travailleuse saisonnière qui soit propice justement à une syndicalisation et qui intègre aussi les question de logement la question de la dignité du logement et de la l'alimentation pour les travailleurs bonjour et merci pour vos interventions euh par rapport au monde de l'industrie peut-être plus que la logistique ou le milieu agricole parce qu'on est obligé de les travailleurs sont obligés d'être localisés en France mais dans le monde de l'industrie il y a quand même aussi toujours le chantage à la délocalisation qui fait qu'il y a une moindre mobilisation et par rapport aux ressources ben aussi pour se mobiliser c'est que c'est plus simple quand on a un interlocuteur en face et quand on est dans des sociétés qui sont multinationales en fait tout le monde est précarisé même les soi-disant responsables locaux qui prennent des décisions qui finalement subissent ce qu'on leur impose autant que que les salariés donc on a on a pas de recours et quelque chose que j'ai pas vu mais qui en France en tout cas dans les proposition mais qui existe à l'étranger c'est pour pouvoir ouvrir une société en France où la conserver il faut qu'il y a au moins 51 % de de la détention de l'entreprise qui soit sur le territoire national par quelqu'un du territoire national est-ce que ça ce serait pas ben c'est une mesure de protectionnisme est-ce que ça serait pas une solution pour continuer à avoir des interlocuteurs localement qu'on puisse aller voir et que les revendications et du poids dans les négociations parce qu'aujourd'hui on est en fait on est face à à personne quand on est détenu par des mul multinationales détenu elles même par des fonds de pension qui sont je sais pas où on n pas d'interlocuteur voilà et le deuxième point que je voulais aborder c'était aussi sur l'introduction des sociétés de consulting je sais pas si ça parle à tout le monde mais de plus en plus les postes à responsabilité ne sont pas couverts en interne dans les entreprise on fait appel à des sociétés c'est c'est l'intérimaire du cadre en gros euh et donc là aussi ces gens-là ben n'ont plus le même attachement à l'entreprise euh n'ont pas de collègues finalement parce que leurs collègues sont eux-mêmes éparpillés dans plein d'autres sociétés ils ne se croise jamais euh et donc ça rend toute forme de mobilisation un beaucoup plus complexe et et encore une fois pour les salariés des sociétés avec personne en face pour répondre merci là bonsoir à toutes et tous merci pour vos intervention du coup ma question c'est moi je suis représentant syndicale dans mon université je suis militant LFI à Montpellier et du coup la le les problématiques auxquelles on est confronté sont doubles c'est d'une part comment nous on arrive à représenter comme tu le disais Anthony tout à l'heure à représenter enfin à faire remonter les problématiques du terrain mais aussi à impliquer concrètement les personnes dans la résolution de des problématiques avec toutes les solutions possibles comment faire ça avec le peu de temps qu'on a puisqu'on travaille par ailleurs c'est-à-dire é en fonctionnaire moi par ailleurs je suis pas un fonctionnaire comme le présentent certains feignant et je fais je fais mon travail j'ai mes étudiants et mes enseignants auquel je dois répondre et que je je je m'occupe d'eux enfin j'essaie de les aider dans leur travail et du coup ben il y a tout ça à gérer en même temps et souvent il y a cette vision un peu de service donc comment on fait face à cette vision de service d'un côté et de et de vraiment représenter les gens mais aussi de les impliquer comment gérer toutes ces dialectiques et cette dynamique là merci je continue à faire tourner ou on prend d'abord cette série de questionsou ça faire beaucoup euhist tu veux tu veux répondes euh ouais je je peux donner quelques éléments de réponse euh parce que j'étais en train d'écrire des trucs euh alors sur sur la dernière question qui a été posée à partir du moment où il y a une attente en terme de service des des autres salariés ça veut dire qu'il y a déjà un lien existant donc déjà c'est plutôt positif c'est qu'il y a une visibilité des militants militantes syndical et cetera par contre c'est vrai que on le voit dans les enquêtes et notamment Anthony parlait des ordonnances travail elles ont parachevé un mouvement d'augmentation des charges institutionnelles des représentantes et représentantes du personnel de charges institutionnelles extrêmement importante qui dlors limite la possibilité de faire un travail qui est pas valorisé par la entre guillemets démocratie sociale telle qu'elle est conçue par ses ordonnances mais qui a un travail de contact avec les salariés et d'implication collective des salariés et donc on a un isolement progressif des représentants et représentants du personnel et d'ailleurs c'est sans doute un stratagème c'estd que c'est pas c'est pas une conséquence c'est pas que un problème de moyen c'est aussi une stratégie politique d'isoler une poignée de représentants sur la question des travailleurs saisonniers oui alors ça vaut aussi pour les ouvriers agricoles il y a les difficultés à organiser ces fraction du salariat des fractions qui sont mobiles qui évoluent dans des petits collectifs de travail qui sont aussi difficiles à mobiliser politiquement par exemple l'un des élément sur les travailleuses et travailleurs saisonniers bah c'est la question de la malinscription est-ce que les personnes elles vivent elles sont inscrites sur leur lieu de vie au moment des élections parce que le lieu de vie bah il change donc ça c'est un élément qu'il faut avoir en tête alors pourquoi le vote quand il est possible il s'oriente à gauche bah parce que dans ces fractions du salarié qui sont confronté à des formes de précarité et qui en sont très clairement conscientes qui le politisent beaucoup il y a une question d'hostilité à des Artitude méritocratique notamment elle constate que bah finalement c'est finalement la gauche qui par parle des contrats précaires aujourd'hui et qui parle de de cette question de la la précarité de l'emploi extrêmement importante sur la la question de la sous-traitance alors la sous-traitance elle limite les stratégies collectives moi je suis pas sûr que ce soit le le caractère plus ou moins éloigné de l'actionnariat je vais donner un autre exemple de limite en effet le système actionnarial il introduit un nouveau billet dans le compromis salarial c'estàd qu'il faut contenter bah la santé économique de l'entreprise la rémunértion et les conditions de travail des salariés mais aussi les actionnaires sauf qu'un autre exemple de limite des compromis salariaux qui se traduit aussi par un affaiblissement des stratégies collectives et de de de l'efficacité syndicale perçu par les salés bah c'est par exemple la dépendance aux subventions publiques pas mal d'acteurs associatifs non lucratif dépendent de subventions publiqu qui se réduisent et donc finalement les directions de ces acteurs non lucratifs Ben se retrouve à renier sur les salaires et ou les conditions de travail le compromis salarial n'est pas possible l'engagement syndical ne produit plus d'effet et donc ça produit des stratégies individuelles ou d' et là on est dans une configuration au finalement euh il y a en effet une institution financeur qui est éloignée mais qui est tout à fait située en France donc je suis pas sûr que la ce soit la la la la nationalité des capitaux qui soit le qui soit le problème voilà tu veux je ben vas-y tu peux direok ok ouais euh moi je je comment dire pour pour la question des des saisonniers moi j'ai pas mal bossé sur la question des saisonniers agricoes et c'est vrai que il y a il y a toute une série de de difficultés qui qui en fait sont construites par le le capital mais à tous les niveaux les formes de contrat des saisonniers sont des formes anormales en soi de la relation de travail les lieux d'exercice des travailleurs saisonniers sont des lieux qui sont des lieux souvent temporaires où on va avoir des Algéco comme mode d'accès au lavabo ou ou aux règles de base d'hygiène les les rythme de travail des personnels saisonniers vont être des rythmes qui vont être des rythmes accélérés he dans le tourisme l'été dans les stations de remontée mécanique l'hiver dans les vendanges lorsque on est en Champagne comme chez moi on va avoir des niveaux de pénibilité qui vis-à-vis des travailleurs saisonniers vont être les élevés extrêmement élevés puisqu'on va recruter des travailleurs saisonniers précaires jeunes sans papier ne comprenant pas la langue par exemple et donc acceptant un niveau de pénibilité qui est extrêmement dur donc et et et pour pour reprendre ta question quand tu rajoutes la question du logement de ces travailleurs saisonniers par exemple dans des logements sousente qui vont très peu permettre de reconstruire la force de travail pour pouvoir repartir le lendemain au travail tu te retrouves non seulement avec des gens qui ne se posent pas la question de l'organisation collective et des moyens de lutter collectivement par qu'il sont abattus par le travail mais ils y sont ils sont abattus au sens premier l'année dernière dans la Marne dans le département de la Marne sont quatre travailleurs des vendanges qui sont morts en une semaine dans le même département pour la même activité et le patronat n'avait comme réponse que la question de petit-déjeuner le matin et de mettre une casquette pour travailler face aux fortes chaleurs et tu posais la question de de la question de la présence à l'intérieur de ces lieux-là notamment des organisations syndicales dans mon département pour la première année tu as eu une caravane syndicale qui sillonnait le vignoble c'est la première fois FA imaginez ce que ça suppose nous il y a trois collègues inspecteur du travail dans la Marne pour 100000 travailleurs supplémentaires sur une période de 3 semaines lors des vendanges lorsque tu cherches un vendangeur c'est comme si tu cherches parce que y a on parle des vendanges mais on a d'autres secteurs va trouver dans une forêt le travailleur Bulgar roumain ou parce que je dis Bulgar roumain parce qu'il y a énormément de travailleurs détachés ou pas détachés mais employés par des sociétés françaises installées à l'intérieur de de de départements qui ont beaucoup de forêts qui exploité à l'intérieur de forêt et qui ne connaissent par exemple pour se rendre sur des lieux qu'un point GPS donc c'est des lieux de travail quand on parlait des lieux de travail quand on parlait des espace de syndicalisation on est vraiment aussi dans cette question là c'est-à-dire que la la façon de syndiquer d'organiser les trilleurs au plus près elle extrêmement difficile l'autre sujet que que vous posiez moi il est évidemment passion parce que tout de suite il fait écho c'était toi qui en parlit la question de où est le patron et et moi toutes les luttes sociales que j'ai notamment sur des plans socials pourrais en parler pendant des heures mais j'ai vu des travailleurs faire venir des patrons en avion euh pour pouvoir négocier la signature du plan social j'ai vu des travailleurs avoir fait venir des groupes euh frontaliers d'un autre pays pour les garder plusieurs jours à l'intérieur de l'entreprise le temps de pouvoir signer réellement et moi j'étais négociateur en en en en conflit collectif pour le ministère du travail pendant 10 ans et la première question qu'on posait à des partis lorsqu'on négociait ou lorsqu'il y avait une négociation collective lors d'un conflit collectif c'est êtes-vous en capacité de signer un protocole de fin de conflit êtes-vous en capacité de vous engager parce que évidemment le capital s'est organisé de façon à ne pas répondre à cette question et tout comme la sous-traitance ou l'externalisation aage des entreprises ou les rage de transition à l'intérieur des entreprises qui viennent le temps d'un plan social par exemple ou dans son livre sur Orpa je sais plus comment il s'appelle mais vous Victor castag Victor castag qui décrit comment le siège d'orpa ordonne au au siège social RH d'orpa de ne pas échanger de ne pas discuter avec les structures locales afin de ne pas être eux-mêmes touchés par les difficultés qui sont rencontré afin de les gérer le plus le plus basiquement possible ça montre que le capital lui trouve des façons de mettre à distance les travailleurs qui l'exploit dans ce dans ce premier quart de 21e siècle pour surtout ne pas traiter la question des souffrances ne pas traiter la question des pénibilités auquel ils sont exploités comment on gagne sur ces sur ces sujets là et comment on organise je pense que évidemment à Amien lors d'un me des des européennes moi j'ai dit qu'il fallait réinterroger la charte Damien et la question de la relation entre les partis et les syndicats dans ce pays l'histoire sociale nous a rattrapé puisque le NFP a été très concrètement une mise en œuvre de cette situation là avec des organisations syndicales et associatifs qui ont pris position dès l'élection en faveur du nouveau front populaire donc la question de ces liens à reconstruire entre syndicat parti des relations que nous entretenons moi je pense que c'est une un moyen de de de poser ces questionsl c'est-à-dire d'avoir des organisations politiques qui organisent des dizaines des dizaines de milliers de personnes qui posent la question de la syndicalisation et inversement des organisations syndicales qui comprennent que les que le programme du nouveau front populaire que le programme comporte l' parce que le programme de l'avenir en commun sont des moyens de réaliser par les conférences sociales ou par d'autres biais et bien des améliorations sur le champ des conditions de travail sur le champ de nos vies au quotidien au travail et également on n'oublie pas que le syndicaliste mais le camarade le sait c'est la double besogne c'est évidemment l'émancipation mais c'est aussi les toutes petites victoires du quotidien qui faut que celui qui est venu voir le syndicat pour un service et bien le la fois il aura obtenu la satisfaction de ce qu'il voulait il peut par ce B aussi comprendre ce qu'est l'engagement collectif mais ça c'est la mission des organisations syndicales sur le terrain il est 48 Carl bah non du coup je pense ououais on refait un petit tour vas-y allez faç son première pour les suivant par contre alors une femme un homme j'arrive oui bonsoir du coup ça parlait pas du tout du service public moi je suis syndicaliste enseignante mais j'ai trouvé plein de parallèles quand même en fait je suis un Stite même he et on voit j'ai j'ai retrouvé plein de trucs notamment le le fait de d'isoler les gens les collègues ils ont plus le temps de se retrouver il y a toujours des des nouvelles tâches à faire des livrets pour les pour les enfants machin qui leur prennent tout leur temps ils ont à peine le temps de manger mais du coup ils mangent vite fait tout seul et tout ils discutent plus il y a même des techniques parce que bon tout ça c'est volontaire on le sait de la part du capital pour les entreprises privées super bien copié par l'État pour les le service public d'éducation notamment c'est volontaire tout ça de restreindre les possibilités d'action collective donc nous dans le gare il y a un ou deux endroits comme ça avant on avait 3 heur d'information syndical qui était possible de prendre sur les formations délivrées par par par par l'employeur qui des formations complètement bidon et de plus en plus bidon surtout qui sont plutôt du formatage et en fait ils ont trouvé un truc de rajouter comme quoi c'est pas possible de faire l'information syndicale sur ce temps-là donc donc du coup les collègues sont obligés d'aller se taper ces ces formations là qui sont vraiment nuls et en plus ils ont qu' ils sont pris tout le temps et tout enfin moi je leur en veux Pasin ils ont pas le temps de venir à nos réunions qu'on leur propose surtout qu'en plus c'est tout le temps pour leur apprendre des mauvaises nouvelles donc en fait tout ça pour aboutir au fait que il y a une grosse désaffection des collègues pour le syndicat voilà malgré le mouvement des retraites où il paraît que on a explosé tous les scorses mais moi mon syndicat je dois avoué que c'est pas vraiment le cas euh pourtant bon ben quand ils sont en galère ils nous appellent mais euh bref euh et et et donc aussi donc des syndical mais aussi politique enfin je veux dire ils viennent pas tant que ça tout le mouvement les 15 journées pour la retraite ouais il y avait quelques enseignants mais il y en avait pas beaucoup franchement euh et et et tout ce qui est mouvement et même la politique enfin on les on le on les informe sur Gaza et tout mais il y a très très peu d'écho et pourtant je veux dire c'est des cadres je crois on est des cadres nous les enseignants et donc malgré la enfin je sais pas si si ça c'est le lien avec la passivité dont tu nous parlais tout à l'heure Tristan qui fait qu'en fait il s'engage plus quoi bref comment on fait pour réveiller tout ça s'il vous [Applaudissements] plaît moi j'ai une question pour Carlotta tout à l'heure Anthony évoquait la disparition des CHSCT qui n'est pas un hasard puisque c'est c'est la seule institution qui permettait de de d'aller en justice envers le patron maintenant c'est simple il y a plus rien pour les emmerder non la question c'était plus plus simplement est-ce que depuis la disparition des CCT tu as senti en étudiant que il y avait plus plus de de de de mal au travail de mal au travail ou pas tu me dis au niveau du timing on 5 minutes on va [Musique] répond ça va être rapide parce que du coup j'ai pas bossé là-dessus depuis qu'il a eu la réforme après il y a des collègues justement qui là arriv au bout d'un projet sur qui arrive à la fin d'un projet sur les CSE quoi alors porait pas spécialement sur la logistique mais euh j'imagine que ce qu'on va voir euh c'est un peu les mêmes choses quoi ce qu'on sait quoi c'est que ça a été une réduction fondamentale des ressources euh et des dispositifs consacrés à ça donc ça ne peut que avoir euh euh des effets négatifs par contre ce qu'on il y a un autre truc parce que tout à l'heure on évoquait la réforme du chômage et ben ça euh ça a déjà commencé à avoir des impacts dans le secteur logistique parce que comme je le disais bah c'est un des secteurs où une des stratégies en tout cas nous on l'interprète comme une stratégie de résistance notamment vis-à-vis de la pébilité physique était celle de pouvoir alterner au moins des périodes de travail avec des périodes de chômage pour repéoser le corps pour voilà et ben évidemment réforme comme celle-ci elle va attaquer euh et euh a un impact terrible dans un secteur comme celui de la logistique et juste puisque j'ai pris le micro je finir mais c'était autre chose c'est la question des délocalisations parce que en réalité il y a des délocalisations dans la logistique aussi mais elles sont elles se font à l'intérieur du territoire national mais le chantage à la délocalisation existe bien dans la logistique aussi est utilisé de manière assez effective par les directions d'entreprises qui sont de plus en plus d'ailleurs des directions d'entreprises multinational parce qu'il y a une dynamique de concentration de capitaux là aussi donc il y a les deux choses que tu disais sont tout à fait présentes aussi à la fois le changeage à la délocalisation parce qu'en fait délocalis enfin comment dire changer de place un entrepôt c'est assez simple par ailleurs les entreprises logistiques ne possèdent pas physiquement le bâtiment mais il Louin des promoteurs immobiliers logistiqu donc ça arrive très souvent qu'on utilise cette stratégie pour mettre la pression ou suite un conflit et cetera et cetera et puis et puis il y a aussi la question de la distance des lieux de pouvoir des lieux de décisionnaire dans les entreprises qui impactent là aussi comme je pense effectivement dans le reste du monde du travail le sentiment de pouvoir agir de pouvoir en fait faire quelque chose quand on sait que alors là les entrepô où j'allais moi c'était surtout les Hollandais mais ces hollandais revenaient quand même hyper fréquemment dans les discussions pour dire de toute façon on ne peut rien faire donc voilà c'était juste pour aller dans ton sens mais ouais juste sur la question des CHSCT non seulement bah en fait ça a disparu mais en fait il y a plein d'entreprises qui en étaient déjà dépourvu ou qui en était pourvu mais de manière très factice enfin avec des des CHCT on en discutait avant la conférence qui existent mais qui sont parfois pas du tout investis par les représentants et représentants du personnel pas toujours syndiqués d'ailleurs qui sont pas toujours formés aux enjeux et notamment au pouvoir qui était à leur disposition et dès lors bah c'est des instances qui sont pas toujours appropriées et on peut supposer qu'avec l'augmentation des tâches qui incombe aujourd'hui aux élus du CSE même quand une commission spécialisée existe bah les élus ils aient moins de temps de qu' s'y consacrent et donc moins de capacité de se s'en approprier euh juste sur le service public en fait la la dynamique de de précarité d'individualisation elle concerne aussi le service public l'essort de la rémunération au mérite qui était voulu par Guerini euh et qui qui existe déjà dans certains secteurs du service public moi je travaille dans l'enseignement supérieur je suis syndicaliste on a des systèmes de rémunération mérite maintenant des enseignants chercheurs euh alors voilà donc c'est des travailleurs qui par ont des salaires relativement corrects donc voilà mais ça pose quand même question d'avoir un système d'individualisation du des des rémunérations et des carrières avec parallèlement un affaiblissement du pouvoir syndical dans les instances paritaires dans la fonction publique ce qui du coup limite aussi le sens donné à l'action syndicale et notamment les services que peuvent dispenser les syndicats et donc les liens qui peuvent entretenir aussi avec les agents et agentes et donc je je sais pas s'il y a des réponses miracles mais en fait reconstruire du sens collectif reconstruire l'action syndicale c'est sans doute ce qu'il y a de mieux à faire après le problème c'est qu' évidemment c'est c'est extrêmement difficile et moi je le vis aussi syndicalement où on a l'impression de parfois de ramer dans le vide et de de de d'avoir des difficultés à mobiliser les collègues notamment les collègues qui ont les contrats les plus pourris merci Tristan merci Carlotta juste un mot en en guise de conclusion reconstruire effectivement tu posais la question c'est aussi tout ce qu'on fait aux amphis et tout ce qu'on fait en ce moment même c'est cette éducation populaire elle nous appartient on s'en saisit il faut qu'on continue ça c'est notre richesse encore merci à vous et on l' rien les camarades et on est à la rentrée sociale à 200 %
Anthony Smith