Parcoursup, 7 ans après : le bilan
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[musique] Bonjour à tous, bienvenue dans Droit de Suite, votre nouvelle émission qui s'intéresse à la manière dont les grandes lois ont changé notre société. Depuis leur application, n'y a-t-il que du bon ou est-ce au contraire nécessaire de les adapter et de les perfectionner ? Nous voici sur le campus de l'université Paris Saclet.
Autour de moi, 65000 étudiants qui travaillent à la pointe de la recherche et de la science. Tous ces jeunes sont passés par la plateforme Parcours parcours sup. Donc vous en entendez parler de cette réforme au combien ?
Mais a-t-elle véritablement amélioré l'orientation et l'avenir de nos adolescents ? a-telle induit au contraire chez eux trop d'anxiété, trop de stress face à des résultats en demi-te. Nous allons les entendre mais j'accueille l'une de nos invités qui a porté cette réforme parcours supré en vigueur il y a 7 ans maintenant.
Bonjour Frédéric Vidal. Vous allez réagir évidemment dans cette émission droite suite sur les évolutions et l'application de parcours sup. Mais suivons d'abord deux étudiants, deux d'entre eux qui suivent en ce moment la formation qu'ils ont obtenu grâce à cette plateforme.
L'une à Exlébain, l'autre à Rennes. C'est un reportage de Fabien RER. Ici, on est à l'université Saamont-Blanc.
C'est ici que je fais mes études. Je suis en première année, je suis arrivée en septembre. À 18 ans, Manon Veas découvre les études supérieures.
Tu as fait le truc pour le droit ? Ouais. Tu as eu toutes les annexes ?
Toutes les annexes ? Oui. Oui.
Très très long. [rires] Manon entame ses études de gestion et d'administration à l'IUT de Savoie Montblanc à Exlébain. On est très bien accompagné, les profs sont super.
Les deuxè années nous aident beaucoup. Pour l'instant, je suis heureuse de me lancer. Après, on verra dans les mois à venir comment ça va comment ça va avancer.
Un cursus en 3 ans avec une sélection à l'entrée. C'était aussi le premier choix formulé par la jeune étudiante sur la plateforme Parcours Sup. Notre thème du jour, c'est la capacité juridique.
Qu'est-ce que c'est une personne physique ? Déjà, c'est un sujet de droit. Oui, exactement.
On a dit que l'être humain, une fois qu'il existait, donc une fois qu'il est né, une fois qu'il vit jusqu'à son décès, il a une capacité juridique. En plus des enseignements, c'est le cadre de vie qui a guidé le choix de Manon. Pour moi, je trouve c'est important d'avoir un un cadre où on se sent bien, un cadre plutôt accueillant parce que je me voyais mal faire mes études dans une ville où je suis pas à l'aise déjà mentalement ou même je me sens pas très bien.
Parcours sup, ça met quand même un peu la pression, on va pas se mentir. Moi, je sais que personnellement, je l'ai pas très bien vécu, même si j'ai eu mon premier choix. Le système bah en fait, on a l'impression d'être en compétition, on a l'impression on joue notre vie.
Finalement, je me sens bien où je suis. la formation plaît. Donc euh c'est on permet de déstresser et les profs sont bien.
Enfin maintenant ça va mieux. Pour David en revanche, les choses ne se sont pas aussi bien passées. Le jeune étudiant René a passé son bac en 2023 avec une idée en tête : étudier les sciences politiques.
J'ai mon bac. Les résultats parcours sup arrivent vers début juillet ou je me semble fin juin et je vois que les propositions que j'avais vraiment à cœur où je j'avais vraiment bossé sur sur ça sur les dossiers et cetera, bah je vois qu'elle me refuse toutes. David doit alors se rabattre sur un choix par défaut.
Une première année en licence de droit, son dernier vœu sur parcours sup. En fait, je me rends compte que que le droit c'est c'est pas du tout ce que je veux faire, quoi. Et euh mais au bout des premiers TD et du coup, je me force, je me force, ça crée un stress, une anxiété immense.
Je termine l'année en me disant bah c'est pas ce que je veux faire, je repasse parcours sup et là tout est refusé. Je me retrouve à redevoir faire une année en en brit. Après un deuxième échec, David parvient finalement à intégrer une licence d'histoire.
Il estime avoir perdu de années à cause de Parcours Sup. Déjà, moi, j'aurais aimé être accompagné d'un lycée euh voire même avant sur mon orientation, sur euh sans de grandes questions comme qu'est-ce que tu veux faire plus tard, mais juste que on remarque pas ce dans quoi je suis plus fort, mais ce que j'aime cette année comme beaucoup d'étudiants, je travaille à côté de mes études du coup en service civique. Je suis chargé de la vise associative à R 2.
Je suis affecté à l'association pirate. Salut ! Oh y !
Bon, il faut que je te fasse signer des papiers. Ah bah tiens, bah fais-moi signer maintenant. À l'Union pirate, un syndicat étudiant, on n' pas oublié la mobilisation contre la réforme parcours sup.
La discussion avec parcours sup, c'était pas l'histoire du blocage des fax. C'est bien genre qu'est-ce que c'est comme machine, comment ça a détruit des avenirs d'étudiants qui avaient plein de trucs en tête. Ils ont dit que c'est une plateforme super avec plein d'outils et cetera et juste alors que derrière en fait tu as plus d'orientation.
Bah du coup, ça fait des étudiants qui euh qui se retrouvent dans des licences qu'ils aiment pas. Aujourd'hui, il faut prendre un virage à 180° pour reprendre la route vers une université gratuite ouverte à toutes et tous. Pour David, cette troisième tentative pour valider sa L1 doit impérativement être la bonne au [musique] risque de perdre sa bourse à la clé, la possibilité d'étudier les sciences politiques en 3e année. [musique] Frédéric Vidal, ces deux étudiants que que nous venons de voir illustrent assez bien finalement la problématique parcours suple.
Il y en a une qui est assez satisfaite au fond, l'autre qui se cherche encore. Est-ce que vous diriez que ces portraits sont symboliques, emblématiques de ce que parcours supuit finalement aussi dans la tête et dans le quotidien de nos adolescents ? E bien oui, je pense que c'est euh représentatif au moins de ce qu'ont vécu euh ces ces deux étudiants.
Ce que je remarque, c'est que euh c'est plus le résultat qu'ils ont obtenu, c'est-à-dire la possibilité ou pas de suivre les filières qu'ils avaient demandées qui dans les deux cas étaient des filières sélectives que le parcours qui est qui est questionné. Quand on postule sur les formations sélectives, on peut s'attendre à obtenir un nom. On essaie de suivre le le parcours de parcours sub, si j'ose dire, pour bien comprendre pourquoi cette réforme a eu lieu, ce qu' ça a changé en bien ou en mal dans la vie de nos étudiants et on va y venir tout au long de cette émission dans droit de suite.
La principale motivation de ce changement euh euh de curseur, de logiciel, si j'ose dire, dans l'orientation, euh ce se fut motivé par quoi ? Ce fut quelle raison Frédéric Vidal ? La principale vraiment, c'est le fait qu'on tirait au sort les étudiants.
En fait, on se rappelle peut-être pas très bien le système d'APB. APB ont classé ses choix. Oui.
Et on obtenait la réponse sur son premier choix et lorsque la réponse était négative et bien on passait sur son deuxième choix et souvent on se retrouvait donc sur des listes d'attentes et si des places se libéraient, on était tiré au sort et ça c'était profondément injuste et d'ailleurs toutes les universités, toutes les écoles trouvaient ce système totalement injuste. Mais la la deuxième raison qui est tout aussi fondamentale, c'est ce que je disais, c'est la possibilité d'élargir le champ des possibles. parcours sub, c'est finalement la cartographie complète de tout ce qui est possible dans notre pays en terme d'enseignement supérieur.
Et ça c'est très important. Ça c'est la vertu sur le papier, comment ça fonctionne justement parce que c'est un mécano cette plateforme parcours sup. Petit cours en image.
Regardez. [musique] Passage obligé vers les études supérieures. Parcours Supface entre les lycéens d'un côté et les formations postback de l'autre.
Parcours sub, c'est 25000 formations qui sont postbac dont à peu près un peu moins de la moitié qui sont proposées en apprentissage. Ça va du BTS au diplôme du travail social en passant par les formations d'études de santé et les écoles d'ingénieur et l'ensemble des formations d'université. En 2025, la plateforme a vu transiter près d'un million de candidats, une hausse de 10 % depuis sa création en 2018.
Contrairement à une idée reçue, ce n'est pas Parcours SUP qui sélectionne les dossiers des candidats, mais bien les organismes de formation eux-mêmes. À partir des informations centralisées sur Parcours Sup, notes et bulletins scolairies, avis des enseignants, éventuell lettre de motivation des élèves. C'est pas Parcours Sup qui va décider de vos études.
Parcours sup n'est qu'une boîte en fait, n'est que le facteur entre les candidats et les établissements derrière. Vous pouvez surtout beaucoup vous informer sur Parcours Sup. C'est pas seulement euh une plateforme de candidature.
Vous pouvez trouver énormément d'infos sur les établissements, sur les formations qui vous intéressent ou même celles que vous connaîtriez pas. Après cette première phase d'information, les lycéens doivent formuler leur vœux et valider leur candidature cette année au plus tard avant le 1er avril 2026. S'ouvre alors la phase de sélection des dossiers par les organismes de formation.
Parcours sub, c'est un outil de mise à disposition de l'information sur les candidats qui postulent chez nous. Ça donne accès aux aspects académiques, bulletin, appréciation des équipes pédagogiques précédentes sur les candidats. Ça donne des éléments sur leur motivation lorsqu'ils postulent chez nous pour que les équipes pédagogiques fassent leur choix.
Il leur faut des informations et c'est un outil donc qui met à disposition cette information là, le plus d'informations possible. Chaque candidat va voir par formation qu'est-ce qu'on va regarder dans son dossier, le poids qui va être mis sur les différents éléments. Est-ce que dans les résultats académiques ou compétences académiques, est-ce qu'on va plutôt aller regarder les matières scientifiques, les matières littéraires ?
Le candidat sait déjà qu'est-ce que la commission d'examen des vœux regarde dans son dossier. Début juin vient le moment fatidique, la phase d'admission. Les candidats reçoivent des réponses en fonction desquelles ils doivent se prononcer par oui, non ou peut-être quand un candidat accepté dans l'université A préfère attendre qu'une place se libère dans l'université B pour laquelle il est placé sur liste d'attente.
C'est pour ça qu'on voit souvent sur les réseaux sociaux à ce moment-là e tous les gens qui bloquent la licence à ES de Tel fac s'il vous plaît laissez la place si vous en voulez pas. Bon, c'est un jeu de chaise musicale où ceux qui se désistent laissent la place à d'autres qui sont en liste d'attente et qui vont pouvoir remonter et peut-être avoir la formation de leur choix. Depuis 2018, on a beaucoup évolué.
La procédure durait 108 jours la première année. Elle dure en moyenne 39 jours euh aujourd'hui. Les candidats qui n'ont reçu aucune réponse positive ou qui changent d'avis peuvent encore se reporter sur une phase complémentaire pour espérer intégrer les formations dans lesquelles il restera de la place.
Pour la session en cours, celle-ci prendra fin le 10 septembre 2026. Il nous rejoint sur ce plateau le temps d'un échange. À vos côtés Frédéric Vidal, j'accueille le vice-président du Sénat, sénateur des Hautes Scèes.
Bonjour Pierreolia. Bonjour à vous. Vous qui êtes toujours chercheur au CNRS et fin connaisseur aussi des arcanes, si j'ose dire, de cette plateforme dont vous suivez l'amélioration et le perfectionnement régulièrement si j'ose dire.
D'abord peut-être un un point positif. En quoi depuis 7 ans les choses ont-elles changé en mieux pour les étudiants grâce à Parcours sup ? Pour vous ?
Je pense qu'il faut il faut remettre parcours supéral qui est celui des moyens que la France souhaite donner à l'enseignement supérieur, à la recherche et à la connaissance. Et aujourd'hui, malheureusement la France est en retard par rapport à à nos voisins. Euh l'Allemagne consacre 3,5 % de son PIB, la France, on est en dessous de de de 2,5 et ça ça a pas changé.
Et ça, je trouve que c'est un drame pour notre pays parce que l'investissement dans la jeunesse, l'investissement dans la connaissance est quelque chose de fondamental. Donc c'est structurel. On n pas mis les moyens à la hauteur de l'ambition par su déjà.
C'est structurel, politique et depuis longtemps et quels que soient les gouvernements de gauche comme de droite, il y a une forme de désintérêt pour l'université, pour l'enseignement supérieur et la recherche que je ne comprends pas. Alors que l'ambition c'était d'aider les étudiants à mieux faire leur choix, à mieux être orientés, à mieux se structurer, se se façonner. Vous avez eu beaucoup d'échanges évidemment sur ce sur ce parcours sup.
Vous revendiquiez davantage toujours de transparence. Perzouia, ça c'est resté un maître mot. Tout à fait.
Euh le problème de cette réforme, c'est que elle a été votée avant la réforme du bacalauréat. Oui. Et je pense que euh madame la ministre euh si on avait pu voter d'abord la réforme du bac et ensuite parcours sup, on s'y serait pas pris de la même façon.
Pourquoi ? parce que le bac je suis un républicain, je suis très très attaché à ce diplôme parce que c'est un diplôme national et anonyme. Et là, on a remplacé la sélection dont on peut discuter de de l'intérêt sur le bac par la sélection sur les notes du contrôle continu, hein.
Euh contrôle continu, il est pas anonyme parce qu'on sait dans quel dans quel lycée vous avez fait vos études et puis il est pas homogène par rapport à tout ce qui se passe en France. Et là, dès le départ quelque chose est faossait. Les candidats ont le sentiment et je suis d'accord avec eux que parfois c'est leur lycée d'origine qui est sélectionné et pas tellement leur dossier.
Fréri Vidal, je crois que de toutes les façons, y compris dans les systèmes antérieurs, lorsque vous candidatiez pour une classe préparatoire, lorsque vous candidatie pour une filière sélective, un BTS, un IUT, un tout se passait avant le bac aussi. Mais quoi qu'il en soit, parcours supé de donner le champ des possibles. Vous savez, les jeunes quand ils se projettent dans leur avenir, ils se projettent sur les métiers que qu'ils voient autour d'eux, leur famille, euh les amis et cetera.
Ils n'ont pas aidé de métiers qui sont très loin d'eux et pourtant parfois c'est cela qu'ils auraient envie d'exercer. Donc c'est pour ça que j'insiste toujours sur la question de l'orientation. Et je pense qu'on n'y est pas.
Je pense qu'il faut encore l'améliorer et euh et il faut le faire aussi sans pression euh parce qu'une fois de plus, c'est pas parce que on n pas exactement ce qu'on veut à 18 ans. Je peux vous en parler en connaissance de cause que derrière tout est fichu en terme d'enseignement supérieur. Pierre, est-ce que vous diriez que qu'il y a quelque chose d'inérent à parcours sup qui fragilise encore aujourd'hui le quotidien de nos leéens ?
Je vais vous donner une image. Si vous chaussez du 43 et que vous avez les moyens pour vous offrir une uniquement une chaussure qui qui fait du 41, mais vous avez un chausepied qui fait mal au pied. Parcours sub, c'est un peu ça, c'est faire rentrer un trop plan d'étudiants dans un manque de place à l'université.
Donc évidemment, c'est un peu douloureux mais il y a une possibilité de se rattraper qui n'existait pas auparavant. Donc on a gagné quand même en flexibilité par rapport au système de la guerre. Je suis pas sûr, on oublie quand même quelque chose, c'est que entre la réforme de de madame Vidal et aujourd'hui, l'enseignement privé lucratif lucratif aujourd'hui c'est 20 % des étudiants.
C'estàd qu'il y a une bonne partie des candidats qui ne se dirigent plus vers parcours supers vers l'enseignement supérieur public mais qui sont partis vers le privé. C'était pas le cas avant. Non non, avec un argument commercial qui fonctionne très bien, notamment dans les quartiers populaires.
Ce qu'on peut vous garantir, c'est d'avoir une place à l'université. Vous avez pas besoin de parcours si vous payez. Nous, on vous donne une place dans l'enseignement supérieur lucratif.
Donc il y a un système parallèle qui se développe. Il a un système parallèle qui se développe. J'irais pas jusqu'à dire que c'était l'objectif de parcours sup, mais la réalité c'est que nous sommes en train aujourd'hui de rattraper un système anglo-saxon dans lequel il peut y avoir concurrence entre un système privé et public.
Aujourd'hui, je trouve que le système privé prend de l'importance dans des conditions qui sont pas satisfaisantes pour les familles et les et les et les étudiants parce qu'il y a pas de garantie de diplôme derrière. Oui. Qu'est-ce que vous avez à répondre à ça ?
Alors là, moi j'adhère complètement à ce qui vient d'être dit. Euh et je pense que le sujet quelque part est double. Euh d'abord, je pense qu'il faut absolument réguler le supérieur privé lucréf.
On a moi, ce que j'appelle et j'ai toujours appelé ça des officines qui se sont servies des angoisses et des de l'anxiété qui peut être générée par l'accès à l'enseignement supérieur. Il surf là-dessus. Il n'offre pas de diplôme et je crois qu'il est vraiment temps que cette régulation se se mette en place.
Et je sais que à la fois Sylvie Retaillot et Philippe Baptiste ont vraiment essayé de faire des choses. Bon après, il faut un petit peu de temps pour arriver à à mettre en place cette régulation. Je partage ça complètement.
On ne peut pas mentir comme ça à la jeunesse. Pierreouia, que fait que peut faire le législateur, que fait le sénateur par exemple que vous êtes dans le suivi et dans l'amélioration de ce système ? Alors, sur euh sur l'enseignement privé euh lucratif, euh le ministre avait euh l'intention de réguler de réguler les choses avec un projet de loi hm qui était prêt à arriver euh au Sénard euh qui ne le sera pas et je crains qu'il soit pas tout à fait dans l'agenda euh politique du nouveau gouvernement.
Je le regrette. Merci beaucoup Frédéric Vidal. Merci d'avoir réagi, d'avoir suivi aussi le parcours de parcours sup.
Pierre, vous restez avec nous parce que c'est important aussi de rassurer les les étudiants et leurs parents qui peut-être en ce moment déambule aussi dans les allées des salons de l'étudiant. On essaie de voir l'école de journalisme, la conférence sur Parcours Sup. C'est bon ?
Ouais. Tu es prêt ? [musique] Tu es sûr ?
Go. Allez. Ce dimanche matin, Nathalie et son fils Sacha ont mis le réveil.
Direction un salon d'orientation postback à Paris. Sacha 16 ans est en terminale. C'est bientôt l'heure des choix sur Parcours Sup.
En fait, les parents qui sont passés par là nous disent "Oh là là, Parcours sup, mon dieu, tu es dans l'année de tous les dangers." Moi, je suis un peu perdu. Sacha aussi, quand on n pas une idée bien définie, c'est vrai que c'est compliqué de savoir.
On va aller voir un peu les conférences et et les écoles euh voir un petit peu ce qui pourrait ce qui pourrait plaire à Sacha. J'aimerais plus aller vers du littéraire dans l'idée. Après ça peut aller de la politique à de l'économie en passant par le journalisme.
On a même pas encore 18 ans et on nous demande déjà de choisir complètement notre avenir. On cherche beaucoup de réponses parce que on nous en pose beaucoup des questions et on nous demande qu'est-ce qu'on va faire ? Est-ce qu'on travaille suffisamment ?
Quels sont nos engagements associatifs et voilà, c'est quelque chose qui quand même met de la pression. En octobre, la saison des salons d'orientation bass son plein. C'est déjà le deuxè pour Sacha et Nathalie.
Prendre un plan déjà et euh comprendre un petit peu comment ça fonctionne, comment c'est organisé. Alors tout ce que vous allez avoir derrière en fait c'est un parcours un petit peu initiatif donc c'est vraiment pour apprendre à se connaître. Il y a c'est quoi ça déjà ?
De commerce pas mal. Université privée. Ah il y a catholique de Lille.
C'est les stands 129 et 131. L'adolescent et sa maman finissent par trouver l'allée qui regroupe les stands des écoles de journalisme. Ça pour se renseigner sur la formation actuellement tu es plutôt tu es en quelle classe un terminal.
On a un qui est reconnu par l'état mais on a fait le choix de pas faire partie par consu. En 10 jours maximum, tu as la réponse entre le moment où tu candidates et le moment où tu as la réponse. Est-ce que vous voulez un petit tot bag ?
Ouais, je veux bien. Ouais, je veux bien. Après si tu veux voir d'autres écoles.
Ouais. Euh peut-être Chp et cetera. Et alors Chp est pas là. tellement de salons, il y a tellement de de stands différents que des fois ça donne un peu le tourni et que on peut s'y perdre.
Pas évident pour Sacha entre les différentes offres de formation. Nathalie quant à elle veut en apprendre plus sur le calendrier à respecter pour l'inscription sur Parcours Sup. D'ici à fin janvier, ce qu'on appelle la deuxième phase de l'orientation, vous allez affiner ce projet professionnel.
Évidemment, la plateforme Parcours sera ouverte depuis décembre. Vous avez commencé à regarder un peu vos vœux. J'ai appris quand même deux trois petites choses.
Je pense que le bilan, c'est que c'est pas fini. Les portes ouverte, voilà, on va pas pouvoir s'en passer surtout quand on a en fait un enfant qui sait pas exactement ce qu'il veut faire. Plus on en fait, plus ça va être limpide, je pense.
Et puis ça permet un peu de déstresser. Le stress des familles face à Parcours Sup se nourrit d'abord de la difficulté de faire des choix pour des adolescents souvent en mal d'orientation. C'est ce qu'observe la psychologue Sylvie Amici dans ses consultations.
Parcours sup. Ce que ça propose, c'est l'idée que euh attention, faut faire des choix rationnels et si vous faites des choix, bah ça sera à vous d'emporter les conséquences. C'est pas parce qu'on a toutes les informations rationnelles que ça nous permet de choisir et de décider tranquillement.
Cansé simplifier l'accès aux études supérieures, la plateforme génère pourtant des situations qui peuvent être vécues comme des échec. Les jeunes vont recevoir des réponses à toutes leurs demandes. Donc ça, on peut se dire super, mais ce que ça fait c'est que sont servis en premier les meilleurs dossiers.
Beaucoup de jeunes et de familles qui se sentent en difficulté avec parcours supou que voilà qu'on qu'on qu' qu'on senti de la difficulté. C'est des jeunes qui ont beaucoup travaillé leur projet, qui sont donc à peu près sûrs de leur choix et qui se rendent compte qu'ils vont qu'ils vont quand même connaître des difficultés, de l'attente, de l'incertitude. Objet d'angoisse pour les jeunes et leurs parents, Parcours Supme d'abord avec l'obligation de définir de plus en plus tôt un projet professionnel.
Bonjour Carole Derb, bonjour. Merci d'être avec nous qu proviseur du lycée Nicolas Louis Vain à Paris dans le 13e. Une réaction quand même à ces images que l'on vient de voir dans les allées dans les traversées de ces salons étudiants.
C'est bien mais il y a pas que ça pour aider les jeunes à s'orienter pour parcours suivre. Oui, tout à fait. Il y a aussi l'accompagnement qui va être mis en œuvre dans les établissements scolaires avec les enseignants, avec les psychologues de l'éducation nationale, hein, les conseillers d'orientation.
Euh voilà, il y a aussi ce qui va être fait au sein de l'établissement qui est qui est important. On revient justement à ce que Pierre Zulia décrivait tout à l'heure, c'est le manque de moyens. Ces conseillers d'orientation, ces psychologues, ils sont indispensables dans ce processus en tout cas pour lutter justement contre ce stress. euh parfois augmenté et ne sont pas suffisants.
Tout à fait. Il faudrait absolument qu'il y ait davantage de conseiller d'orientation dans les établissements scolaires. Généralement, ils se répartissent dans plusieurs établissements et ne sont dans un établissement qu'une demi-journée par semaine, ce qui est vraiment très très insuffisant.
Il faut que les jeunes soient mieux accompagnés, ce qui permettra peut-être de diminuer ce stress qu'ils ressentent. Il faut s'y prendre tôt euh pour parcours sup. On voyait cette maman accompagner euh son fils euh dès dès le collège, pas dès la maternelle, dirait Ellisabeth Borne, rassurez-moi.
Euh mais dès le collège peut-être, peut-être pas dès le collège. Le la classe de seconde euh est quand même un un moment où on s'interroge sur l'orientation avec le choix en lycée général des des spécialités, en lycée professionnel, on est dans une filière qui est une famille des métiers et on doit se on doit se spécialiser dans une dans une filière. Donc la fin de déjà dès la classe de seconde, on s'interroge, on commence à s'interroger en première, on poursuit ça ce parcours.
Euh encore un mot Carolerbip sur votre quotidien avec parcours sup avec ses étudiants euh hérités de de cette plateforme aussi. Euh est-ce que les choses se sont améliorées euh en 7 ans depuis l'entrée en virgure de de cette réforme ? Oui, il y a des il y a des choses qui qui se sont améliorées, mais la question et vous le disiez euh euh tout à l'heure, quelle est notre capacité à absorber le flux euh des élèves qui demandent à poursuivre en étude euh supérieure ?
Y a-t-il suffisamment de place à l'université ? Pierre Ouselia, une baste question mais c'est la question aussi centrale de de la Bien sûr, elle est elle est fondamentale deux choses. Bon, il faut que notre pays se lance dans l'économie de la connaissance.
Pour ça, il faut que une classe d'âge la plus nombreuse possible aille le plus loin possible dans les études. Je dirais avec une formule que le prolot de demain, il est bac + 2 parce qu'il devra commander des machines par l'intelligence artificielle. Ça c'est la première chose.
Deuxième chose, dans un monde où nous ne nous ne connaissons pas aujourd'hui les métiers de demain, il faut pas former des gens trop tôt à des métiers dont on sait qu'ils vont disparaître. Donc c'est contreintuitif, mais je pense que plus on est à un niveau technologique élevé, plus on a besoin d'une formation très généraliste hein, parce que c'est la formation généraliste qui vous permettra ensuite de changer de branche professionnelle facilement et de pas être laissé sur le côté du chemin par la révolution technologique. Donc il faut surtout pas que la la sélection commence au collège voire plus voir avant. au contraire, il faut la pousser le plus loin possible et euh si possible jusqu'au bac.
Donc moi, je serais plutôt partisan de supprimer euh une partie de la réforme des classes de terminal pour refaire des trons communs dans lesquels notamment tout le monde puisse avoir euh des mathématiques, des sciences, ce qui est plus le cas aujourd'hui. Ouais. ce qui est plus le cas.
Comment on peut penser que dans un monde où l'intelligence artificielle a une place fondamentale, vous avez des élèves qui n'ont plus de mathématiques en terminale ? C'est impossible. Merci à tous les deux.
Merci infiniment. Merci à vous chers téléspectateurs. On se retrouve très bientôt dans un nouveau numéro de droit de suite, votre nouvelle émission [musique] qui dossier après dossier regarde en quoi l'application de la loi a changé le quotidien des Français.
Pierre Ouzoulias