🇺🇦 Aide militaire à l'Ukraine, oui. Entrée dans l'UE, non. 🇪🇺
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
La manière de faire dans ce texte, moi, ne me convient pas, monsieur le rapporteur. C'est-à-dire qu'on allie du court terme et du long terme. On allie un appui, oui, aujourd'hui, à l'Ukraine. On appuie les conditions de sécurité, le rappel de l'agression russe, la condamnation des crimes commis. Mais derrière, il faudrait qu'on soit automatiquement d'accord sur l'Europe de la défense ou sur l'adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne. Or, là, on fait du pêle-mêle. Et ce pêle-mêle empêche qu'il y ait un consensus large dans cette Assemblée. Et possiblement, ce pêle-mêle va venir briser le consensus à terme qui existe dans le pays.
Parce que maintenir notre appui militaire à l'Ukraine, oui, et je dirais, moi, plus que jamais. Plus que jamais alors que débutent des pourparlers, alors que les négociations ne doivent pas tourner à la capitulation. Le front ne doit pas être percé, Odessa ne doit pas tomber, que Kiev, lors des discussions, soit en position de défendre avec fermeté sa souveraineté. C'est plus utile que jamais, alors qu'on a une offre de trêve, de cesser le feu, possiblement un plan de paix, et que pendant ce temps-là, les Russes bombardent et en profitent pour gagner du terrain. En revanche, vous y ajoutez l'entrée de l'Ukraine dans l'Union européenne.
Et je vous dis, moi, j'y suis farouchement aujourd'hui opposé. C'est une conscience sociale, d'économie et non de solidarité dans un conflit. Avec des salaires dix fois moins élevés, des fermes cent fois plus grandes, la libre circulation des marchandises conduirait au désastre, notre agriculture et aussi notre industrie. Les allergissements à l'Est opérés il y a vingt ans ne sont toujours pas digérés, engendrent encore la délocalisation de nos usines. Nous ne pouvons pas éternellement produire les mêmes erreurs. Ce serait à terme la garantie d'un rejet dans notre pays de l'Europe.
D'autres chemins de coopération, d'entraide existent que le libre-échange, qu'une concurrence libre est complètement faussée. Je regrette que la résolution proposée ce soir mélange dans la confusion les deux questions et tous les enjeux.
François Ruffin