On a des locaux, la Picardie conquiert Paris !
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Merci. Merci pourquoi ? Merci parce que là on est dans les nouveaux locaux de Picardie Debout à Paris. Et moi je suis très content que la Picardie conquiert Paris. Je suis un pan Picard, je suis pour l'expansionnisme Picard et voilà que grâce à vos dons, grâce à vos dons enregistrés par Pierre, notre nouveau trésorier qui lui habite dans l'Hérault, donc vous voyez l'expansionnisme Picard, il va jusque Montpellier. C'est grâce à vos dons qu'on a ces locaux maintenant à Paris.
Je sais que je dois faire gaffe à tout ce que je raconte dans cette vidéo, parce que quand je parle de mal travail, que je dis que ça crée 100 000 inaptitudes par an, que ça a un coût qui se chiffre aux alentours de 100 milliards d'euros, les médias ils s'en fichent. Ils n'en ont rien à se couper de ce que je raconte. Mais là, si je parle de nouveaux locaux, si je parle des dons, si je parle de tout ça, on est sûr que ma vidéo elle va à quotidien, elle va à BFM, elle va dans le Huffington Post, elle va je sais pas trop où avec les nouvelles ambitions de François Ruffin, est-il passé en première division et ainsi de suite, qui arrivent. Essayez de mettre les virgules au bon endroit.
Moi j'ai jamais été trop fan des locaux. Je crains toujours que quand on a des locaux, on se renferme dans ces locaux, qu'on se replie entre nous, dans un espèce d'entre-soi bien confortable, de militants qui pensent tous pareil, plutôt que d'aller se projeter vers l'extérieur. À Fakir, les seuls locaux qu'on a eus pendant des années, peut-être pendant 10 ans, ça a été chez moi une chambre servée de bureau, de rédaction, de tout ça. Du coup, on donnait rendez-vous dans les bistrots. Quand tu donnes rendez-vous dans les bistrots, tu rencontres les patrons de bistrots, il y a un client qui passe, il y a un mec qui joue au loto, t'entends des trucs et ça te fait des sujets.
Maintenant, on a des locaux. Et d'ailleurs, tu sais qui était dans ces locaux-ci ? C'était une start-up. C'était une start-up qui faisait de la location de jets privés. Le premier truc qui est supprimé dans les 24 heures où on arrive, c'est les jets et leur location. Donc bon, ils sont partis. Ils nous ont même laissé les meubles, quand même. C'est sympa. On n'a pas vu acheter les meubles. Ça, ça nous a été fourni par le locataire d'avant. Mais ce qui est le plus important, ce n'est pas les meubles, c'est ce qu'il y a autour des meubles. Et c'est pour ça que les locaux, c'est une chose. Mais ce qui compte, c'est les gens qui l'animent.
Mais donc, il y a Camille qui est coordinatrice générale de Picardie Debout. Coucou Camille. Elle tourne la tête. Elle veut bosser. Elle ne peut pas être vue à l'écran et tout ça. C'est comme ça. Et il y a Robin qui bossait déjà à Picardie Debout, mais qui n'avait pas de bureau. On dirait un SBF sans bureau fixe. Et bien maintenant, il a un bureau fixe qui lui permet de se poser, qui lui permet de se concentrer et qui permet aussi qu'ici, on reçoive des gens qui nous aident à penser, à réfléchir ensemble, comment se structurer, comment s'organiser. Ça y est, si je dis comment se structurer et comment s'organiser, on voit les sous-titres de Quotidien et du Huffington Post.
On a besoin de tout ça parce qu'il y a une disproportion qui est évidente entre toutes les bonnes volontés de militants, d'étudiants, de syndicalistes, mais aussi, bizarrement des fois on se dit, de hauts fonctionnaires, d'ambassadeurs qui veulent nous aider, qui veulent nous apporter notre capacité à structurer ça, à organiser ça, à accueillir toutes ces bonnes volontés. Et donc c'est bien ça l'enjeu. Le but, il est simple et il est toujours le même quasiment depuis 20 ans, il s'agit de vaincre la résignation.
Et aujourd'hui, on est dans un tel état de dépression qu'on sent dans le pays, mais aussi de dépression à gauche qui étale ses rancœurs sur Twitter, que, tu vois, c'est un peu Hercule qui doit négocier les écuries d'Ogia, cette impression. Notre adversaire, c'est toujours, toujours, toujours la finance, mais c'est surtout l'indifférence. Et c'est contre ça qu'il s'agit de se bagarrer, parce qu'on sait qu'il y a pire que Macron, il y a pire que Le Pen, il y a pire que tout ça, quand on discute avec les collègues, c'est quoi ? C'est le C comme ça, en fait. C'est une tautologie. Un chat est un chat, un sou est un sou.
C'est un univers qui est fermé et qui fait que les gens se disent ça n'a jamais été autrement, ça ne sera pas autrement, ça n'est pas ailleurs autrement. Et il faut, quelque part, casser ce C comme ça, rouvrir de l'imaginaire, qu'il y ait de l'air qui se remette comme on ouvre une fenêtre à l'intérieur de ce C comme ça. C'est un combat contre la dépression, contre la résignation qu'il s'agit de poursuivre, parce que je ne vais pas faire comme si je le commençais aujourd'hui. Plus concrètement, ça veut dire quoi comme idée ? Moi, je suis assez pour avoir un budget fanfare, parce que je pense que rien ne doit se faire sans fanfare, sans la musique qui fait changer les cœurs.
À quoi sert la gauche si elle ne fait pas danser ? À quoi sert la gauche si elle ne fait pas espérer ? À quoi sert la gauche si elle ne fait pas rêver ? À quoi sert la gauche si elle ne rouvre pas l'imaginaire ? À quoi sert la gauche si elle s'enferme dans des guéguerres ? Voilà ce qu'on doit porter. Alors concrètement, ça veut dire quoi ? Je pense qu'on doit recommencer une campagne sur les auxiliaires de vie, puisque Born nous a dit que peut-être, sans doute, au deuxième semestre, machin bidule, il y aurait une loi grand âge. Oui, on doit recommencer ça pour que ce métier populaire se sente défendu, incarné.
Autre campagne, combat, c'est comment mettre de la démocratie dans l'entreprise, comment faire pour qu'on lutte contre ce fléau, le mal-travail des 100 000 inaptitudes et des 100 milliards d'euros par an, d'après Xavier Bertrand, ministre du Travail, et mener des campagnes qui raniment, qui ravivent le pays. Je le redis, disproportion entre les moyens que nous avons, deux salariés ici, nos petits locaux à Paris, et la mission qui est la nôtre, qui est d'allumer une lumière au bout du tunnel, et de la maintenir allumée, et que ça serve de point de repère dans les temps présents, qui, on va le dire, dehors, sont pas forcément joyeux, joyeux. Et donc, voilà, remettre de la joie dans tout ça.
Donc un grand merci à ceux qui ont donné, et un grand merci aussi à ceux qui vont donner, parce que, bon, c'est la fin d'année. Je rappelle que les dons sont défiscalisés au deux tiers. Ça y est, c'est la page de promo des niches fiscales. On verra bien si on supprime ça, mais pour l'instant, on est condamné à jouer le jeu avec les règles du jeu d'aujourd'hui. Et donc, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que si vous donnez 150 euros, ben, en vérité, ça ne vous coûte que 50 euros. Macron, par les McKinsey, General Electric et compagnie, il avait des énormes dons. Tu sais, il donnait hommes et femmes, et puis les enfants, toute la famille s'y mettait.
Donc ça faisait que, dans une même famille, tu pouvais avoir 15 000, 30 000 euros qui étaient donnés. Bon, s'ils veulent donner, ceux qui ont 15 000, 30 000 euros à donner, on prend. Bon, mais on va plutôt la faire à... Vous avez 10 euros, ben, vous les donnez, et ça ne vous coûte que 3,33 euros. C'est ça, hein ? Bon, tu vois, vous pouvez mensualiser aussi. Non, je ne sais pas trop. Tu mettras le lien en dessous de la vidéo. Tu n'oublieras pas, parce que sinon, il y a encore Usul qui va sous de notre tronche. Tu n'oublieras pas, Sylvain, de mettre le lien en bas de la vidéo pour toutes les infos sur les dons et tout ça. À nouveau, un grand merci à tous ceux qui nous permettent d'être ici.
Et puis, quoi ? Et puis, à la fin, c'est nous qu'on va... On va... On va quoi ? On va gagner. Voilà.