Élections 2022 - Entretien avec M. Fabien Roussel
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Mesdames, Messieurs, bienvenue. Monsieur le candidat du Parti communiste français, cher Fabien Roussel, chers camarades de Sciences Po Paris. Ce soir, c'est avec un grand plaisir que nous vous souhaitons la bienvenue au sein de l'amphithéâtre Emile Boutmy, qui porte le nom du fondateur de notre institut Sciences Po et que nous sommes heureux de faire découvrir aux quelques invités externes. Bienvenue.
Après un premier semestre marqué par la création de ce projet présidentiel, qui fait vivre la campagne électorale au cœur de Sciences Po et la venue de 12 candidates et candidats à l'investiture de leur parti ou à cette élection, c'est un plaisir pour nous de continuer avec vous ce cycle présidentiel jusqu'à fin mars, avant la soirée électorale du 1er tour le 10 avril prochain. Vous l'aurez compris, notre but est de vous inviter à venir découvrir les programmes présidentiels pour lutter contre l'abstention, notamment celle des jeunes. Nous nous devons de donner l'exemple et d'aller voter, sinon ne donnons pas de leçon à ceux qui n'ont plus la motivation de se rendre aux urnes.
Comme vous le savez très bien, au premier tour des dernières élections régionales et départementales, seulement un Français sur trois inscrit sur les listes est allé voter. Nous vous encourageons donc à venir échanger dans cet amphithéâtre avec les candidats, car nous nous devons d'écouter leurs propositions pour pouvoir ensuite choisir parmi les différentes offres politiques le moment venu. Enfin, nous vous invitons également à vous exprimer pendant le temps des questions du public et à partager vos convictions avec les autres, car nous devons dialoguer, discuter, débattre, vibrer, s'agiter, crier, soit, et parvenir à de nouvelles idées pour notre génération.
Ce soir, en votre présence, mais aussi celle du Parlement des étudiants, la Conférence au Livin, Sciences Po TV, mais aussi Radio Germaine et La Péniche, vous êtes, cher Fabien Roussiel, notre 13e candidat invité pour l'élection présidentielle, et c'est un plaisir pour nous d'être avec vous. Merci à vous. Dans les semaines et mois qui viendront, nous aurons également l'honneur de recevoir Mme Christiane Taubira, Mme Anne Hidalgo et M. Yannick Jadot début mars, et plein d'autres surprises encore. Restez patients, gardez vos questions, ils y répondront.
Maintenant, ce qui concerne la rencontre de ce soir, elle durera jusqu'à 21h10 et se déroulera en direct pour les nombreux étudiants qui nous suivent sur nos réseaux sociaux à distance. Tout d'abord, mon camarade de la Conférence au Livin va tenter de dresser au mieux votre portrait, afin que nous puissions mieux vous connaître. Ensuite, les associations étudiantes vont se succéder tour à tour une quinzaine de minutes, chacune en commençant par le Parlement des étudiants, puis la Conférence au Livin, et enfin Sciences Po TV avec l'interview politique, pour échanger avec vous sur votre programme présidentiel et vos points de différence avec les autres candidats, notamment de gauche.
« Pourquoi vous et pas un autre ? » ou plutôt « Pourquoi vous et personne d'autre ? » Enfin, nous consacrerons 20 minutes aux questions du public, vos questions, avant de laisser la parole pour une mise en perspective avec Xavier Thimbault, directeur principal à l'Observatoire français des conjonctures économiques, l'OFCE à Sciences Po, qui est un centre de recherche en économie de Sciences Po, avant de clôturer avec le mot de fin. Cher Fabien Roussel, chers camarades, bonne conférence, et encore une fois, merci M. le candidat d'être avec nous ce soir.
Je vais prendre.
M. Roussel, bonsoir, et merci évidemment d'avoir répondu présent à notre invitation. Je dois vous avouer que ce soir, ce n'est pas anodin pour moi, puisque par calendrier du hasard, il se trouve que c'est la troisième année consécutive que je loupe un match du PSG en Ligue des Champions. Ça fait deux ans que c'était le 14 février, donc évidemment on ne pouvait pas pour les raisons romantiques qu'on imagine tous. Et là, je me suis dit que cette année, c'est bon, c'est le 15 février, donc je vais pouvoir regarder le foot, mais comme par hasard, conférence avec M. Roussel. Désolé. Bon, ce n'est pas de votre faute, mais bon.
Néanmoins, de ce malheur, on peut tirer deux conclusions plutôt positives. C'est que d'une part, le public n'est pas composé uniquement de célibataires endurcis, ce qui est une bonne chose pour vous, vu que vous avez une femme et cinq enfants. Globalement, le vote des célibataires, c'est... C'est de vous l'apprendre. Et puis également, le public n'est pas composé de foutix, de footeux et autres foutaises, ce qui est plutôt bien, même si nous ne nous félicitons pas trop vite, il est composé à l'extrême majorité de science-piste, ce qui n'est pas forcément mieux. Alors, M. Roussel, parlons de vous, c'est quand même le but de mon intervention.
Vous êtes un homme du Nord, vous avez grandi à Béthune, dans le Pas-de-Calais, puis vous êtes remonté à Paris pour devenir coursier à Humanité, et vous êtes devenu ensuite journaliste à France Télévisions, ce qui vous a permis de voyager notamment en Afrique et au Vietnam. En 97, vous avez 28 ans et vous devenez secrétaire d'État au tourisme, chargé de la communication. Puis, vous devenez attaché parlementaire de deux députés communistes successifs, députés du Nord, du département du Nord. Et début des années 2000, vous devenez élu du département du Nord, puisque vous devenez député, puis président du groupe communiste à l'Assemblée nationale.
Faisons un bond en avant, et en octobre 2018, vous êtes élu par les militants comme le président, le premier secrétaire national du Parti communiste français. Et entre-temps, avant de vous présenter aux élections présidentielles, vous remportez un bras de fer juridique avec M. Bernard Arnault. Chapeau bas, beau parcours. Mais, en toute franchise, je vous dois au moins bien ça, M. Roussel, jusqu'à il y a quelques mois, je pensais que le Parti communiste, c'était un parti qui était tombé en pleine désuétude, et que c'était un parti réservé à quelques retraités, et surtout aux étudiants de Tolbiac et de Nanterre.
Ça va chambrer.
Et pour être encore plus franc, je vous ai découvert sur l'application Elysée. Je ne sais pas si vous voyez ce que c'est. C'est une application, voilà, vous voyez ce que c'est. Et donc je réponds à quelques questions, on me dit, vous pouvez voir pour qui vous allez voter. Alors je clique, et là je vois Fabien Roussel, et je me dis, mais qui est-ce ? Et ensuite, deuxième surprise, communiste. Voilà, vous l'avez dit. Je me suis dit, mais qu'est-ce qui se passe ? Et s'il y a probablement une morale à retirer de tout ça, c'est qu'on a très certainement, en soi, chacun, un communiste qui sommeille. Mais en même temps, je ne suis pas complètement coupable.
Parce que vous êtes communiste, mais vous n'êtes pas n'importe quel communiste. Vous n'avez pas l'apparence classique des communistes, ni son odeur, ni son goût. D'un côté, vous nous dites, je vais nationaliser AXA, donc là on dit, bah oui, c'est communiste. Et puis de l'autre côté, vous nous dites, je vais créer 30 000 postes de policiers de proximité. On se dit, mais on est à droite, on est à gauche, vous êtes très clairement un caméléon politique. Et c'est tout à votre honneur. Mais vous non plus, vous n'avez pas votre langue dans votre poche. Et vous savez de quoi je vais parler. Je vais parler du Gastronomigate. Parlons-en. Bah oui.
Parce que quand en France, en 2022, on dit, j'aime le vin, j'aime la viande et j'aime le fromage. Moi je crois que vous avez raison. Je vous soutiens. Mais en 2022, en France, on ne peut pas se faire mettre ça. Enfin, ça ne va pas quand même.
Je ne le ferai plus.
Mais en même temps, je vous comprends. Vous êtes communiste et vous aimez la France. Vous aimez ses arts culinaires. Vous aimez tous les arts d'ailleurs de la France. Probablement que vous aimez la musique française, non ? Si je vous parle de thal, par exemple. Vous aimez bien. Vous êtes donc proprement un communiste aimant thal. Et puis, vous naissez et vous montez dans les sondages comme une nouvelle référence. Vous êtes vraiment un roc fort de sa notoriété naissance. Et puis, vous êtes peut-être finalement une solution miracle pour la France. Grâce à vous, peut-être qu'on n'aura pas besoin de Médoc. On arrête là, les jeux de mauvaise œufs.
Vous aurez compris qu'on a fait tout un fromage de cette affaire, alors que c'est une crème. Il l'est. Vraiment. Alors, pour vous simplifier tout ça, si je devais m'adresser à des enfants, normalement, je m'adresse à Sciences Po, donc c'est la même chose. On va résumer ça par une petite comptine sympathique. Il y a eu un régiment de militants qui a fait la guerre aux populaires. Mélenchus n'en a pas voulu, car Rousselor était trop fort. Vous avez compris ? Monsieur Roussel, si jamais vous voulez prendre cette comptine pour convaincre des enfants, je vous la donne. Je ne reconnaîtrai jamais la paternité de cette comptine. Ah, c'est filmé en direct. Ah, ok. Bon, retour au sérieux.
On vous critique également comme une personne qui a empêché cette union un peu fantasmée de toute la gauche. On a dit que c'était de votre faute, si jamais ce n'était pas possible. Et c'est vrai qu'en y réfléchissant, quand même, on a les primaires populaires, Écolo-les-Verts, Lutte ouvrière, les Insoumis, les communistes. Enfin, on pourrait tous les mettre dans une salle. On ferme la porte à clé, on glisse des feuilles sous la porte et des stylos, on leur donne un peu d'eau et des snackings, parce qu'on n'est pas des animaux. On les enferme. Et vous réfléchissez tous ensemble. Et dès que la fumée devient blanche, hop, vous sortez, vous nous dites, ok, c'est lui qui va représenter la gauche.
Moi, je trouve que ça devrait être une bonne solution. Mais je trouve aussi que, quand même, la critique de dire que c'est les communistes, que c'est de leur faute, on est en 2022. Ce n'est pas toujours aux communistes d'avoir le mauvais rôle. En conclusion, M. Roussel, je vous écoutais ce matin sur France Inter, et je me suis surpris à me dire que ça me faisait du bien de vous écouter. Vous avez ces prises de parole un peu bonhommes et ce physique qui accompagne, vous êtes sympathiques, vous avez des idées cohérentes, logiques. Finalement, M. Roussel, vous nous donnez envie d'y croire, à votre slogan, vous nous donnez envie de croire que c'est possible, une France des jours heureux.
Mesdames, Messieurs, un tonnerre d'applaudissements pour M. Roussel. Merci.
Je réponds d'ici ? Oui, alors, je viens près du micro. D'accord, d'accord, d'accord.
Bonsoir, M. Roussel, bonsoir à toutes et à tous. Je me présente très rapidement, je m'appelle Samir, je suis responsable du pôle présidentiel du Parlement des étudiants. Donc, avec Théo, on va animer cette première séquence. Bonjour, Fabien Roussel. J'aimerais, pour introduire, vous demander votre vision concernant la situation actuelle. Je m'explique, donc vous arrivez avec un programme social, la retraite à 60 ans, le SMIC à 1 500, la semaine de 32 heures, une proportionnelle, alors que de nombreux candidats nous expliquent qu'il va falloir travailler plus dur, plus longtemps, avec le même système. Comment expliquez-vous que vos idées n'arrivent pas à s'imposer ?
Bon, c'est une vaste question, quand même, que vous posez, mais je pense que, justement, nous avons fait le choix, nous, de dire que, demander encore des efforts aux Français, aux retraités, à la jeunesse, en leur disant, ça va être dur encore dans les années qui viennent, et même en disant, vous allez payer, vous allez travailler plus longtemps, et ça va être comme ça, parce qu'il n'y a pas d'autre choix. Ils arrivent même à nous faire mettre dans la tête que cette génération devrait forcément moins bien vivre que les précédentes. Et il faut arrêter avec ça. Et c'est pour ça qu'on a fait le choix assumé de dire, eh bien, on veut avoir droit au bonheur. Avoir droit au bonheur.
Et des fois, on me dit, vous êtes vachement naïf, quand même, de dire qu'on peut revendiquer le droit au bonheur. Mais non, j'assume, c'est même un projet de société de revendiquer le droit au bonheur pour tous. C'est même contagieux, le bonheur. Donc, tant mieux. L'espoir nourrit l'espoir. Il faut y croire. Et c'est pour ça qu'on a fait le choix de parler des jours heureux, du programme des jours heureux. C'est un petit clin d'œil au Conseil national de la résistance que vous avez dû travailler, approfondir, que vous connaissez par cœur, forcément, et qui a construit le modèle social et la France dans laquelle on vit. mais c'est surtout une envie de jours heureux.
On a envie de réformes heureuses. Et j'assume, oui, le plaisir, c'est de gauche, jouir, c'est de gauche. Eh bien moi, je veux incarner tout ça.
Vous allez devoir tourner.
Alors, moi, ma question, elle est sur... Est-ce que... Alors, vous voyez que vous êtes très inspiré par le Conseil national de la résistance, peut-être un peu par la quatrième République aussi, parce que sur votre programme, il est écrit que vous voulez remettre en place la proportionnelle intégrale aux élections législatives. Alors, ma question, elle est très simple. C'est que, historiquement, en France, ça a toujours été un facteur d'une certaine instabilité. Comment assurer que ça n'arrive pas, qu'on puisse mener des politiques ambitieuses, ce que vous voulez faire, avec des majorités qui sont un peu fébriles, et ça sera difficile.
Et donc, voilà, comment éviter, mettre en place cette proportionnelle et éviter l'instabilité gouvernementale ? Voilà ma question.
Bon, d'abord, il faut redonner le pouvoir au Parlement, redonner, rendre le pouvoir au peuple et faire en sorte que le pouvoir s'exerce à l'Assemblée nationale et au Sénat, faire en sorte que les parlementaires, les députés, les sénateurs, les sénatrices soient véritablement là où s'exerce le pouvoir démocratique de la France et donc réduire le pouvoir au président de la République. rendre le pouvoir au Parlement et faire en sorte que l'on ait une Assemblée nationale plus à l'image de la France, de ses sensibilités politiques, mais aussi de ses classes sociales différentes, de ses territoires.
C'est pour ça qu'on défend la proportionnelle mais aussi, et c'est ce qui nous permettra aussi d'atteindre vraiment la parité parmi les représentants à l'Assemblée nationale. Et donc la proportionnelle que nous présents, que nous proposons, c'est une proportionnelle qui pourrait se faire par département ou par région, c'est à construire, mais faire en sorte que l'on puisse quand même élire sur des listes des députés, hommes et femmes, mais à l'échelle de territoires petits, pas à l'échelle de la France, sur le territoire national. Parce que cette proportionnelle-là, en revanche, risque d'éloigner les élus de leur territoire.
Parce que ça voudrait dire qu'en somme, on présente le premier de chaque parti ou les plus connus et puis derrière, on fait élire tous ceux qu'on a et qu'on a besoin de recaser parfois. Ce n'est pas forcément les meilleurs, mais il a rendu service, donc on va le faire élire. Ça, ce n'est pas terrible. Moi, ce que j'aimerais bien, c'est conserver un lien entre les députés et un ancrage local et leur territoire. Donc qu'ils puissent être élus sur une circonscription qui peut être le département ou la région, mais que les gens puissent les connaître, les toucher, les engueuler, aller les voir.
Mais du coup, vous êtes partisan de la 6e République parce qu'en soi, la 6e République, on peut la garder et on peut modifier le mode de scrutin sans forcément passer par une révision constitutionnelle et on pourrait mettre en place cette proportionnelle en gardant le régime de la 5e République qui a quand même fait ses preuves au niveau de tenir l'État.
Mais quand on parle de 6e République ou de construire une nouvelle République et d'avoir une démocratie, un pouvoir plus partagé avec les citoyens, c'est plusieurs leviers et ce n'est pas que la proportionnelle. Ça ne peut pas reposer que là-dessus. D'ailleurs, d'abord, dans les démocraties de plusieurs pays de l'Union européenne comme en Allemagne, personne ne connaît le président de la République en Allemagne. Pourtant, il y en a un. Donc, ils élisent leurs députés avec deux modes de scrutin d'ailleurs et quand ils sont élus, ils se réunissent en assemblée et en leur sein, ils désignent leur président de la République.
Moi, je suis prêt à revenir à ce système-là et qu'on désigne le président de la République qui, demain, ira représenter la France pour inaugurer tel ou tel nouvel établissement. Voilà, bouquet de fleurs, couper le ruban, affaire réglée. Mais le pouvoir politique, je souhaite qu'il se concentre dans les mains de l'Assemblée. La Nouvelle République, c'est aussi celle qui doit donner des nouveaux pouvoirs aux salariés. C'est ça qui est important pour nous, plus qu'autre chose, plus même que la présidentielle, parce que nous voulons profondément révolutionner nos modes de production et faire avec le monde du travail. Les salariés, c'est souvent présenté comme un problème.
C'est ceux qui font grève, c'est ceux qui posent problème, qui ne viennent pas travailler, qui ne veulent pas travailler plus pour gagner plus. Vous vous rendez compte ? Quel scandale ! Eh bien, non, moi, je voudrais que les salariés puissent décider des modes de production, des modes de gestion, qu'ils se réapproprient l'outil de travail. Je souhaite que l'on se réapproprie notre outil de travail. Justement,
Théo a peut-être une question sur tout ce qui touche à ça, et notamment sur la souveraineté. Alors, vous dites vouloir mettre fin aux règles économiques des traités européens, la règle des 3% de déficit, les obligations d'austérité. Comment est-ce que vous comptez négocier cela à 27 ? Et qu'est-ce que vous comptez faire en cas d'échec ? S'il y a des divergences d'opinion, si les différents dirigeants qui sont en place sont en opposition avec vos idées ?
Alors, c'est une excellente question. Elle est centrale sur la manière dont la France doit pouvoir se reconstruire et avec cette Europe à laquelle nous sommes attachés. D'abord, on vit ensemble, les uns à côté des autres, et on doit créer toutes les coopérations entre nous pour pouvoir relever les immenses défis qu'on a face à nous. Et je ne veux pas utiliser des grands mots quand je dis ça, mais la pandémie, pour y faire face, on ne va pas le faire chacun dans son coin. Le défi climatique, on ne va pas non plus le relever chacun dans son coin. On doit donc travailler ensemble. C'est ce que nous, nous proposons. On ne le fera pas donc par le Brexit, par une rupture nette, sans retour, etc.
Ce n'est pas ce que nous proposons. Nous, ce que nous voulons, c'est pouvoir à chaque fois établir des liens, des coopérations avec les pays avec qui nous travaillons et avec qui nous avons des intérêts communs pour progresser ensemble. Je donne un exemple, par exemple, la question de l'électricité et de l'énergie. Il y a un débat en ce moment. Et il y a un débat parce que la facture, elle augmente vachement pour certains pays. Le marché de l'électricité a été complètement dérégulé par le biais de ces traités européens. Eh bien, travaillons ensemble avec tous les pays qui le souhaitent et qui veulent retrouver la maîtrise de la tarification de l'énergie.
travaillons ensemble à un rapport de force pour sortir l'électricité du marché. Et ça, on peut le faire. Donc, ce n'est pas une stratégie de rupture, c'est une stratégie de rapport de force. Il nous faut créer à chaque fois des rapports de force avec des pays et construire une Europe de nations souveraines mais qui coopère entre elles. C'est ça, nous, notre définition de l'Europe des peuples que nous voulons construire. des nations souveraines et qui coopèrent entre elles. Et s'il y a refus des autres pays qui ne souhaitent pas sortir des traités de l'Union européenne ? C'est un rapport de force, c'est un combat qu'on doit amener.
Mais je prends cet exemple de l'électricité parce qu'il est révélateur qui aujourd'hui peut continuer d'accepter cette dérégulation totale du marché qui fait que le prix de l'électricité est indexé sur la dernière production, là, le gaz. Et entre nous, et avec un prix du gaz qui augmente parce qu'il y a une menace de guerre en Ukraine, c'est honteux. Mais c'est scandaleux même qu'ils osent mettre à la bourse et spéculer sur la hausse du prix du gaz parce qu'il y a des bruits de bottes en Ukraine et que du coup, notre facture d'électricité, elle augmente.
Et je suis convaincu que demain, si j'arrive aux responsabilités à la tête de la France, je m'adresserai à d'autres chefs d'État avec qui nous serons d'accord pour former ensemble un rapport de force, une majorité et peser sur ceux qui ne voudraient pas en entendre parler en disant non, non, plus question. Nous, on veut reprendre la maîtrise de l'électricité. Et donc, c'est comme ça que je le vois. Et enfin, nous, ce que nous proposons, et Yann Brossal avait fait quand il avait dirigé la tête de liste que nous avons présentée aux élections européennes, nous, nous voulons construire une Europe qui prenne à chaque fois le meilleur de chaque pays. On ne peut pas poser ça comme principe.
Le meilleur en termes de droit social, en termes d'égalité entre les hommes et les femmes, en termes de droit du travail, en termes de fiscalité, prenons le meilleur. Or là, on a une Europe qui ne se base que sur la concurrence entre les peuples et qui nous tire par le bas. Eh bien, cette Europe qui nous tire par le bas, basta, ayons une Europe qui nous tire par le haut et avec le meilleur dans tous les droits possibles.
Concernant la monnaie unique, est-ce que vous pensez que la monnaie unique, comme elle l'est actuellement, permettra une réindustrialisation et une baisse du déficit commercial ? Alors, je m'explique, est-ce que l'euro, il est compatible avec les différentes situations des pays européens et est-ce que la France peut-elle être vraiment souveraine sans avoir le contrôle de sa monnaie ? Alors,
le problème, pour nous, on a le droit de ne pas être d'accord avec ça, le problème, ce n'est pas l'euro en tant que tel et il ne s'agit pas de revenir au franc. Le problème, c'est la politique monétaire que l'on met en oeuvre et comment on utilise cette monnaie. Aujourd'hui, le pouvoir de création monétaire de l'euro, il est entre les mains de la Banque Centrale Européenne. Et dans cette crise, on a vu que toutes les règles et dictées avaient sauté. D'ailleurs, vous me parliez des traités européens, vous avez dû apprendre que le pacte de stabilité, aujourd'hui, il est en sommeil. Il est rendu caduque par la crise. Toutes les règles qui étaient écrites dedans ont explosé.
Et donc, d'ici la fin de l'année 2022, il faut décider de nouvelles règles économiques entre nous. Donc, la Banque Centrale Européenne, dans cette crise, elle a fait tourner la planche à billets et elle a prêté énormément. Et surtout, et d'abord, aux marchés financiers, aux banques et aux entreprises. Elle a prêté à taux négatif pour relancer l'économie. Et nous, nous disons, mais ce n'est pas possible, ça. Cet argent a été mal utilisé.
Nous, nous voulons que la Banque Centrale Européenne et avec son pouvoir de création de monnaie, de planche à billets, finance à taux négatif directement les États pour investir dans des services publics, pour construire des hôpitaux, construire des écoles, construire des places dans les universités, des logements pour les étudiants, parce que ça vous concerne.
Mais utilisons l'argent de la Banque Centrale Européenne pour répondre aux besoins des pays et pas pour alimenter de grands groupes qui, derrière, nous disent « Bon, on va vous racheter de la dette ou on va vous prêter, mais il faut accepter de réformer les retraites, il faut travailler plus longtemps, est-ce que vous pouvez nous vendre un petit peu plus, la EDF ? Est-ce que vous pouvez nous mettre... » Non. Il faut reprendre le pouvoir sur l'économie. C'est aux politiques de reprendre le pouvoir sur l'économie et sur une politique monétaire au service des peuples et du défi climatique. C'est pour ça que nous proposons la création d'un fonds européen pour le climat et pour l'emploi.
Et ça, c'est respectueux des traités dans lesquels la BCE pourrait mettre de l'argent à taux négatif et ce fonds prêterait directement aux États pour répondre à nos besoins. C'est possible et ça, on peut le mettre tout de suite et c'est ce que je proposerai justement à défaut d'avoir des dirigeants communistes dans tous les pays de l'Union européenne. Nous ferons une proposition concrète de possibilités pour la BCE de financer directement les besoins de chaque pays.
Merci beaucoup, M. Roussel. On va laisser la parole à nos camarades de la conférence au vivant.
Merci.
Bonjour. C'est pas très parité à tous, ça, quand même. Bonjour à tous. Bonjour à toutes et à tous. Bonjour, M. Roussel. Bonsoir, pardon, M. Roussel. Je me présente William Tinogus et je suis avec mon cher collègue Elie de Montéti. Nous allons vous poser des questions sur les relations internationales et l'économie. Je vais commencer tout simplement avec une question de l'ordre des relations internationales. Alors, à l'heure où le monde est secoué par la crise ukrainienne, vous indiquez dans votre programme votre volonté de quitter le commandement intégré de l'OTAN et surtout de renoncer à l'arme nucléaire. M.
Roussel, dans votre souhait de garantir la sécurité de la France et sa place sur la place internationale, en quoi ces propositions ne sont-elles pas contre-productives ? Bon, alors là, dans votre question, il y a votre avis déjà que je respecte tout à fait. Je vais préciser, par contre, notre programme. Je suis pour l'énergie nucléaire mais je ne suis pas pour l'arme nucléaire. Voilà, ça, c'est clair. Mais concernant la dissuasion nucléaire, ce que nous disons, nous, c'est qu'il faut construire un désengagement multilatéral de l'ensemble des puissances nucléaires. Il faut que nous le fassions ensemble.
C'est la seule condition pour y parvenir, pour pouvoir sortir de ce qu'ils ont inventé avec la dissuasion nucléaire. C'est terrible, quand même. La planète devient un véritable baril de poudre. Donc, je dis que demain, président de la République, je prendrai la tête de ce combat pour que l'ensemble des puissances nucléaires ratifient le traité d'interdiction de l'arme nucléaire et que nous nous engagions ensemble dans un désarmement multilatéral de l'arme nucléaire. Ça, c'est la première chose. Et concernant l'OTAN, je dis, nous disons, nous proposons, et c'est dans le débat, de sortir d'abord du commandement intégré de l'OTAN.
C'est une chose que nous pouvons faire tout de suite et qui était le cas avant que Nicolas Sarkozy nous réintègre dans le commandement intégré. Je vais vous donner un exemple. C'est que, à l'époque où Bush, c'était Bush, les Américains disaient qu'ils avaient des preuves certaines d'armes toxiques en Irak, Jacques Chirac et Dominique de Villepin ont décidé en 2003 de ne pas suivre les Etats-Unis et de ne pas aller faire la guerre là-bas en Irak. Ils ont pris une bonne décision. Ils n'auraient pas pu prendre cette décision si la France avait été intégrée dans le commandement armé de l'OTAN.
Donc, sortir d'abord tout de suite du commandement intégré de l'OTAN, c'est retrouver notre souveraineté en matière d'engagement sur des terrains extérieurs et de ne pas être obligés de suivre systématiquement les Etats-Unis qui sont aujourd'hui engagés dans des conflits, dans une guerre économique, que ce soit avec la Chine, que ce soit avec la Russie et nous ne sommes pas obligés de les suivre sur ces terrains. mais très concrètement, vous, Président de la République, quelle sera la place finalement de la France sur cette scène internationale ?
Prenez-vous, comme Nathalie Arthaud, peut-être une non-intervention totale de la France, c'est-à-dire un arrêt de toutes les interventions militaires françaises ? Pas du tout.
D'ailleurs, nous avons un programme très détaillé sur l'industrie d'armement qui doit être respecté, notamment parce que nous avons des ressortissants à l'étranger qui travaillent et parfois, il y a besoin d'avoir des interventions de nos armées pour aller les protéger, pour aller les évacuer et donc, nous avons besoin d'avoir une armée qui peut agir en terrain extérieur, notamment, et ça, je le rappelle, notamment pour participer à des opérations de l'ONU qui est appelée à intervenir quand l'ONU le décide et nous, nous voulons d'abord redonner toute sa place au droit international et tout son pouvoir à l'ONU et pour que les résolutions de l'ONU soient appliquées et pour cela, il peut y avoir des missions de l'ONU et de casques bleus de l'ONU dans lesquelles la France doit pouvoir participer et donc, je ne suis pas un pacifiste fleur bleue qui dit c'est terminé, pas du tout, au contraire, je pense que c'est un sujet extrêmement important que nous avons toute notre place et tout notre rôle à jouer pour à chaque fois faire gagner la paix, pour à chaque fois faire en sorte que l'ONU prenne ses décisions et qu'elles soient respectées et sincèrement, je préfère moi nourrir aussi que la France participe beaucoup plus dans le développement et la coopération avec tous les pays du monde parce que je préfère nourrir les têtes et les ventres plutôt que nourrir la guerre.
Vous avez vu que les ventes d'armes dans le monde sont passées de 1 000 milliards en 2001 à 1 900 milliards en 2018-2019. Ça a quasiment doublé et donc nous vivons sur une véritable poudrière et donc il faut aussi pouvoir se désengager collectivement de l'armement. Merci. Et pour finir avec les questions internationales et je laisserai Elie continuer avec les questions économiques, votre proximité avec le régime chinois a été soulignée par certains médias. Alors du fait aussi peut-être de votre participation à la célébration du centième anniversaire du régime. Monsieur, votre, vous président, quelles seront les relations, nos relations avec la Chine ? Qu'est-ce qu'il faut que je fasse ?
Je ne sais plus quoi dire. Mais pourquoi vous, est-ce que vous allez recevoir le candidat Macron ici ? On espère. Ben écoutez, demandez-lui de venir, demandez-lui pourquoi il a envoyé une équipe représentant l'Elysée, la France, la République il y a quelques semaines qui ont fait le tour de la Chine et des dirigeants chinois. Mais vous très concrètement. Non mais moi, je veux bien être à chaque fois accusé de complicité avec la Chine. Ce n'est pas une accusation. Ce n'est pas une accusation.
Alors qu'on a affaire à des gouvernements là, actuels, et à des forces politiques qui font régulièrement des séminaires là-bas, qui travaillent là-bas, qui délocalisent notre industrie, qui vendent nos ports, nos aéroports aux Chinois. ça, ça ne gêne personne. Ils font des grandes leçons de droits de l'homme, mais derrière, ils bradent notre industrie qui est dégagée là-bas. Moi, je dis stop, stop, stop à cette hypocrisie. Et quand je suis allé en Chine, je suis allé en Chine. C'est grave ? Ça va ? Pas trop grave ? Bon. Je suis allé en Chine. Et quand je suis allé en Chine, j'ai discuté avec les dirigeants chinois que j'ai rencontrés.
Et je leur ai discuté les yeux dans les yeux, comme je vous parle. D'abord, je leur ai dit que le régime du parti unique, ce n'est pas notre conception de la démocratie. Nous sommes totalement différents là-dessus. Et donc, ce n'est pas notre conception de la démocratie. De un. De deux, je leur ai dit achetez nos usines, achetez nos ports, achetez nos aéroports avec moi, président de la République. C'est terminé. En plus, ça tourne là-bas avec des centrales à charbon. C'est polluant. Et donc, la Dacia Spring électrique que Renault veut lancer en France, elle sera produite en Chine avec des centrales à charbon. L'achetez jamais, malheureux.
Elle ne sera pas chère, mais avec un bilan carbone pourri. C'est ça, la réalité. Pourquoi on ne la produit pas en France ? Et donc, ça, je l'ai dit aux Chinois. Mais il n'y a que moi qui le dis. En revanche, Macron, Pécresse et tous les autres, allez-y, pas de problème. Les Chinois, c'est notre ennemi systémique, comme ils disent. Mais par contre, on va continuer de produire là-bas ce que l'on vend ici. Eh bien, moi, je dis stop. L'industrie, elle sera française. J'aurai des relations cordiales avec mes camarades chinois. Voilà, parce que c'est des camarades aussi. Donc, j'aurai dit salut camarades. Mais c'est fini. La France n'est plus en vente. Merci, M. Roussel, pour votre réponse.
Merci, M. Roussel. Moi, je vais aborder rapidement votre programme économique. Vous avez un programme économique qui est assez cohérent avec les thèmes traditionnels du Parti communiste français, axé notamment sur la valeur travail et sur le pouvoir d'achat des Français. Ma première question, c'est une question assez générale. Je pense que tout le monde ici a entendu parler de la théorie libérale du ruissellement qui est chère à Macron. vous vous opposez à celle-ci avec l'ironie qu'on vous connaît, la théorie du ruissellement. Autrement dit, augmenter les salaires et les retraites en rendant du pouvoir d'achat aux Français, un thème que tous les candidats ont fait leur.
Fabien Roussel, en quoi le programme du Parti communiste français sur ce sujet serait-il le plus crédible ?
Le plus crédible, c'est aux Français d'en juger lors de cette élection, mais nous voulons faire des propositions très crédibles sur la manière dont nous allons augmenter le budget de l'État. Nous, on en a marre qu'on nous donne les miettes du gâteau et qu'on est à se partager les miettes. Moi, non seulement, je veux augmenter la taille du gâteau, mais en plus, je veux changer sa composition parce que la potion amère qu'il y a au fond du gâteau, là, je commence à en avoir jusque là, et donc, ça sera un gâteau léger, light, pas trop sucré, mais on va changer la recette.
Et donc, effectivement, on veut transformer l'économie pour avoir une industrie, des services publics qui répondent aux besoins du pays et qui tiennent compte de ce défi climatique qu'il y a devant nous parce que nous sommes dans la décennie où tout est encore possible de changer pour réussir à inverser cette courbe terrible du réchauffement des températures. Il faut inverser cette courbe, il faut réussir au moins à la ralentir, à la ramener à 1,5 degré. Et donc, c'est maintenant qu'il faut agir. Donc, il faut arrêter de tergiverser, il faut arrêter de parler du capitalisme vert. C'est une horreur le capitalisme vert. Le problème d'un dent, ce n'est pas le vert, c'est le capitalisme.
Et donc, il faut le remettre en cause directement. Donc, augmenter la taille du gâteau, c'est aller chercher l'argent là où il est. Il n'est plus chez nous, l'argent. Il n'est pas chez vous, il n'est pas... Après, je ne connais pas tout le monde, mais a priori, voilà, on sait où il est parti quand même. C'est la théorie du ruissellement des premiers de cordée. Ça a été expliqué. Les premiers de cordée, ils sont en haut de la montagne. Si on les aide, ils vont tirer tout le monde. Ben, ben Dieu, on n'a pas été tiré haut quand même. Et il y en a même une paire qui se restait en bas, comme on dit chez moi.
Non, mais vous avez vu le prix de l'essence, le prix de la nourriture, le prix de l'électricité, le prix du gaz. Merci. Non, mais ce n'est pas possible. Et donc, ils se sont foutus de nous. Donc, j'inverse la théorie. On va attaquer par la base. On va redonner de l'argent aux Français, aux travailleurs, aux retraités. Parce que quand un Français, un salarié, une fonctionnaire, une enseignante gagnent 200 à 300 euros de plus, ils ne vont pas les planquer dans les paradis fiscaux, eux. Ils vont le dépenser ici. Ça fera du bien à tout le monde. Très bien.
Très bien. Vous prenez justement un moratoire sur les plans sociaux et sur les licenciements. Et vous voulez interdire qu'ils amènent à la suppression effective de postes. N'y a-t-il pas là un risque de figer tout d'abord l'économie ? Est-ce que vous ne pensez pas que le chômage vienne moins du fait que les entreprises licencient, mais plutôt qu'elles n'embauchent pas assez ? Et est-ce que verrouiller de cette manière le marché du travail est le meilleur moyen qu'elles embauchent justement ?
Ah, mais non, mais je ne veux pas le verrouiller, moi. Je veux le libérer. Le libérer, libérer le marché du travail du poids du capital. Vous savez ce qu'il m'a répondu Geoffroy Roux-de-Bézieux quand je lui ai dit qu'il fallait qu'on participe un peu plus au choix des entreprises et qu'il fallait quand même, quand même, si Geoffroy Roux-de-Bézieux que je lui ai dit. Mais enfin, regardez, Total qui fait 17 milliards d'euros de bénéfices. C'est anormal quand même en pleine pandémie. Les banques, BNP, Société Générale, etc. Ils refusent d'ouvrir des guichets dans les villages. Ils ferment des guichets partout et ils distribuent des dizaines de milliards d'euros de dividendes.
Ils réalisent beaucoup de bénéfices. Ce n'est pas normal quand même. Si Geoffroy vous joue de Bézieux, je lui ai dit quand même. Qu'est-ce qu'il faut faire ? Il me dit, mais M. Roussel, on ne peut pas faire autrement. Vous savez pourquoi ? Parce qu'il y a un loyer du capital à payer. Il faut payer le loyer du capital, il m'a dit. Le loyer, il devient cher lui aussi. Parce que quand il nous impose des marges, à deux chiffres, sur tout ce qu'on vend, Danone, le pot de yaourt au soja, 20% de marge dessus, ça va, oui. En plus, ce n'est pas bon. Donc, ils se font des grosses marges.
Ils veulent se faire des grosses marges sur des produits à haute valeur ajoutée qui vont vendre en plus petit nombre. Donc, c'est ça, la théorie. C'est se faire des grosses marges sur des produits à haute valeur ajoutée. Et du coup, ils produisent moins. Et ceux qui ont une petite valeur ajoutée, ils le produisent à l'extérieur. Donc, je veux faire confiance aux travailleurs. C'est ce que je disais tout à l'heure. Et je veux qu'on décide avec le capital. Je ne veux pas le mettre dehors, le capital. On en a besoin. D'ailleurs, je suis bienveillant. Et je veux travailler avec lui. Et on va juste demander à baisser le loyer du capital. Un petit peu.
Et puis nous, les salariés, les ouvriers, on va faire avec. Et on va décider ensemble. Et tout va bien se passer. Il faut avoir confiance. On n'a plus le poteau entre les dents. On ne mange plus les enfants. Merci beaucoup, M. Roussel. Merci pour votre réponse. Nous allons maintenant laisser la place à nos camarades de Sciences Po TV pour vous poser des questions également.
Merci à vous. Bonne soirée. Merci.
Bonsoir, M. Roussel. Enchanté. Enchanté également. Dans le programme des Jours Heureux, vous avez des mesures fortes qui concernent le droit des femmes et la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, dont la création d'un ministère entièrement consacré à ces questions. Doit-on comprendre que c'est là la grande cause du quinquennat Roussel ? Concrètement, qu'est-ce qui sera fait ?
La grande cause du quinquennat Roussel ? Vous avouerez quand même qu'il y a encore des inégalités et aujourd'hui insupportables en ce XXIe siècle quand même. Et notamment les inégalités salariales entre les femmes et les hommes, les inégalités professionnelles, tout simplement l'évolution de carrière. Et qu'on vient là, on va finir un quinquennat avec Macron qui nous a dit, comme tous les autres précédemment, que les inégalités salariales, c'est terminé, on allait y résoudre et que c'est toujours pas résolu. Depuis Yvette Roudy qui a fait la première loi pour l'égalité salariale femmes-hommes, il y a eu 14 lois pour l'égalité professionnelle.
Et il y a toujours, aujourd'hui, dans notre pays, des femmes, nombreuses, qui vivent avec, en moyenne, un salaire de 15% inférieur à celui des hommes. Mais qu'est-ce qui frappe ? Les femmes, pour qu'elles touchent 15% de moins ? C'est parfaitement injuste. Donc moi, je prends les choses en main et je dis ça, c'est terminé. D'abord, dans la fonction publique, c'est pas la pire par rapport au privé. Mais dans la fonction publique, là où il y a encore cette injustice, ce sera fait tout de suite et ordre sera donné au directeur des administrations centrales de le mettre en oeuvre. C'est pas fait au bout de 6 mois, virer, on en met un autre, mais il le fera. Voilà. C'est tout.
Ce sera un objectif en 6 mois, dans le public. Et dans le privé, dans le privé, là encore, comme je le disais tout à l'heure, je fais confiance aux salariés. Ce sont les salariés qui mènent des opérations, notamment des actions de groupe, comme ils disent, pour faire respecter l'égalité salariale et qui dénoncent que c'est toujours pas le cas, y compris avec la loi mise en place, avec cet index qui, en fait, a des critères qui fait que ça change rien, au final.
Et donc, je demanderai à ces salariés et à ces directions, à ces entreprises de mettre en oeuvre l'égalité salariale et si, au bout d'un an, ce n'est pas fait, si les syndicats disent que c'est toujours pas fait, je nommerai l'État, nommera un administrateur judiciaire, comme aujourd'hui, on nomme un administrateur judiciaire quand une entreprise est en RG, en redressement judiciaire ou en liquidation, eh bien, l'administrateur sera nommé pour mettre en oeuvre l'égalité salariale femmes-hommes. Bien sûr, tout de suite, Geoffroy Roux de Bézieux me dit, oh là là, c'est pas possible, ça va coûter cher.
Ben oui, il faudra payer, c'est quand même de l'argent pour respecter l'égalité entre les salaires à les femmes et les hommes. Enfin, quand même, ils vont quand même pas nous dire que ça coûte de l'argent. C'est une question de justice. Nous disons que les grandes entreprises, toutes celles que j'ai citées tout à l'heure, qui font des bénéfices, eh bien, elles n'ont pas de bénéfices à réaliser si l'égalité salariale, elle n'est pas faite. Donc la moindre des choses, c'est d'abord de respecter l'égalité et on verra s'il reste des bénéfices. Et dans les entreprises qui n'ont pas les ressources, qui pourraient avoir des difficultés financières, nous les accompagnerons.
Je suis un candidat communiste, un président communiste à l'élection présidentielle qui dit qu'avec l'argent public, nous accompagnerons les entreprises, mais au service de cette politique, pas pour autre chose, pour augmenter les salaires, pour faire respecter l'égalité salariale, pour respecter l'environnement. Et il y aura là de l'argent public pour les aider. D'accord, merci.
Un autre problème auquel vous vous attaquez est la concentration des médias dans de grands groupes. On peut citer notamment Libération, qui a parti en groupe Altice, ou encore Le Figaro, qui a parti en groupe Dassault, comme exemple. Vous dites vouloir les démocratiser, mais concrètement, comment ça se passe ?
Les démocratiser par d'abord un biais, encore une fois, c'est la matrice, moi, de mon programme, vous l'aurez compris, c'est de donner plus de poids aux salariés dans ces groupes et faire en sorte que les salariés participent beaucoup plus à l'avis de leur rédaction, de leurs médias, pour que ce ne soit pas dans les mains d'un actionnaire et qui décide. Et enfin, peut-être en faisant en sorte que l'État participe au capital de quelques-uns de ces groupes, pour qu'on y ait une participation qui fait que tout n'est pas entre les mains d'un seul.
Et enfin, je pense que le meilleur moyen aussi de concurrencer, on va dire, ces grands groupes, c'est de permettre à ceux qui veulent construire un média indépendant de pouvoir le faire en étant véritablement accompagnés par des aides publiques. Je pense au journal L'Humanité, que je vous invite à lire, qui est vraiment différent des autres, mais dont les seuls actionnaires sont ses lecteurs. Oui, mais vous riez. Mais c'est quand même un vrai sujet. Parce que quand on veut faire vivre un journal différent comme L'Humanité, qui a toute sa place aujourd'hui, tout le monde le dit d'ailleurs, mais il n'a que ses lecteurs pour vivre. Et quelques pubs.
Tandis que quand le Parisien, il a besoin de blé, eh bien, il y a Bernard Arnault derrière qui vous balance 20 millions d'euros. Et c'est comme ça. L'Humanité, il n'a pas 20 millions d'euros pour faire une nouvelle formule. Il fait un appel à souscription. Et ça nous fait pester parce que le nouveau directeur Fabien Gué, sénateur, se bat pour que le journal L'Humanité, comme c'est un journal à faibles ressources publicitaires, puisse avoir une aide publique conséquente pour compenser cette faible... Ah ben, ça, c'est terminé. Les mecs, ils se font plein de beurre. Et en plus, ils demandent de l'argent public. Et ils concentrent tous les médias.
Donc il faut pouvoir permettre l'émergence d'autres médias indépendants et qui ne soient pas sous la coupe de groupes privés ou dépendants de ressources publicitaires. Et c'est comme ça que l'on garantira véritablement le pluralisme de la presse. Merci pour votre réponse.
Je vais maintenant passer à des questions qui portent plus sur la conjoncture politique et votre position au sein de l'un gauche. Vous avez évoqué à plusieurs reprises un mot de vie précis. Le terroir, qui vous a valu d'ailleurs le gastronomie guet, dont on parlait tout à l'heure à la conférence au divan. Ou encore le nucléaire. Est-ce que c'est là un moyen pour vous de vous différencier d'une gauche que beaucoup qualifient de déconnectée ?
Je n'ai pas cherché à me différencier spécifiquement. J'ai défendu ce que je pense important, sincère, naturel. Sur l'alimentation, j'y suis pour rien. Moi, ce que j'ai dit, c'est bidon ce que j'ai dit. La gastronomie, tout le monde y a droit et tout le monde doit avoir accès à une bonne viande, à un bon vin, à un bon fromage. Et c'est parce que je me suis fait attaquer que ça a fait du bruit. Mais sinon, ça passait à l'as. J'ai fait une conférence sur le droit à l'alimentation, manger sain et à sa faim, au mois d'octobre, à côté de Clermont-Ferrand, à l'issue du sommet de l'élevage. Et on était dans une petite commune, à Billon, et j'avais déjà dit tout ça. Et ça n'a pas fait de bruit.
Et donc, nous, nous disons que permettre à chacun de manger sain, une bonne alimentation, équilibrée, manger de la viande, mais en manger moins, mais en manger de la bonne. Et manger à sa faim, les deux, manger sain et à sa faim, c'est un projet révolutionnaire. Parce qu'aujourd'hui, il y en a plein qui n'ont pas accès à une alimentation saine. Et je n'impose à personne de manger de la viande. Par contre, je ne suis pas d'accord avec ceux qui disent qu'il ne faut plus manger de viande. Ça, c'est terminé chez nous. Moi, je n'impose pas mon projet de société. Je veux simplement offrir le choix et permettre à chacun d'avoir accès à cinq fruits et légumes, pas chers, mais produits en France.
que chacun puisse manger une bonne viande accessible à son porte-monnaie et issu d'élevages en plein air, herbagés, et pas des fermes-usines. Moi, je défends la ferme, je défends les usines, mais je suis contre les fermes-usines. Et donc, je suis pour une agriculture respectueuse et des animaux et des êtres humains et de la terre. Et donc, c'est un vrai projet révolutionnaire. Et donc, j'ai été attaqué là-dessus. C'est un truc de dingue, d'ailleurs.
Je ne comprends pas, moi, une partie de cette gauche donneuse de leçons qui nous dit qu'il ne faut plus manger de viande, qu'il ne faut plus utiliser la voiture, qu'il ne faut plus construire, qu'il ne faut plus vivre dans un pavillon à la campagne parce que ça émet beaucoup de gaz à effet de serre, qu'il ne faut plus faire barbecue bientôt. Non, mais où on vit, là ? Moi, je veux que chacun ait le droit au bonheur, le droit à la mobilité, le droit à manger, ce qui fait tout, toute la gastronomie de notre pays. Et puis, c'est tout. Et ceux qui ne veulent manger qu'aux gens, ils ne mangent qu'aux gens, mais c'est leur affaire.
Une question un peu plus générale. Qu'est-ce qui vous convainc que l'électorat populaire peut toujours revenir à gauche et qu'il n'est pas définitivement perdu à l'extrême droite ? Quel est votre diagnostic sur la situation et quels moyens mettre en œuvre pour organiser cette reconquête ?
C'est une question très compliquée que vous posez là. Si on avait la réponse, on n'en serait pas là aujourd'hui. La France est menacée par l'extrême droite. La République est toujours menacée par l'extrême droite. Moi, je ne me satisfais pas de dire qu'ils sont divisés, il y a Zemmour d'un côté et Le Pen de l'autre. C'est une catastrophe. Le poids de l'extrême droite en France est fort. Et derrière ça, ça veut dire beaucoup de racisme, beaucoup d'antisémitisme, beaucoup de conflits liés aux différences des uns et des autres, de sa religion, de son origine, de sa couleur de peau et même de son prénom.
Aujourd'hui, vous vous rendez compte, ils ont réussi à installer un débat là-dessus, mais c'est tellement grave, affligeant, terrible. Et derrière, quand même, et malgré qu'on table dessus, qu'on dénonce, j'ai même défendu un texte de loi, une résolution, disant que les responsables politiques ont des propos racistes et antisémites et qui sont condamnés pour ça, qu'ils puissent avoir une peine d'inéligibilité pour que ces débats-là n'aient pas lieu dans notre République. J'ai même pas été suivi là-dessus. Rendez-vous compte un petit peu. Et donc, on se bat et malgré ça, malgré ça, ils vous font entre 15, 15, 14, 15 % chacun. Ça fait 30 %. C'est grave.
Et donc, ça m'inquiète, je vous le dis, et c'est pour ça que je souhaite le plus sincèrement du monde, avec mon cœur, de pouvoir convaincre tous ceux qui pourraient encore s'égarer dans ces vêtres-là, dans ces votes-là. Je ne les insulte pas. Je veux pouvoir leur parler et leur dire vous vous trompez de colère. Je comprends, je partage votre colère sur la vie chère, sur les difficultés d'avoir un rendez-vous chez le médecin, sur tout ce qui fait rager parce que les services publics reculent, parce que l'usine a fermé, parce que le gamin, il n'a pas de boulot. Je partage cette colère. Mais je veux leur dire que si c'est comme ça, ce n'est pas de la faute des immigrés.
Si Bridgestone a fermé, ce n'est pas de la faute des immigrés. Si nos hôpitaux n'ont pas assez de lits, ce n'est pas de la faute des immigrés. Et donc, il faut le dire, ça. C'est à cause du capitalisme. C'est lui, notre ennemi. Et c'est à lui qu'il faut s'attaquer et pour qu'on vive tous heureux ensemble. Et donc, il faut le faire, il faut parler comme ça.
Ma dernière question amène la suivante. Est-ce que vous êtes convaincus que la gauche parviendra à arriver au second tour de l'élection présidentielle ? Et comment comptez-vous imposer vos idées et vos thèmes dans le débat public ?
En continuant de faire ce que nous faisons depuis le début avec Yann comme directeur de campagne et qui est là et on travaille bien ensemble avec toute l'équipe, avec Olivier Marché qui est là aussi. Voilà, il y en a plusieurs. Ils sont là. On travaille ensemble. On est heureux, épanouis. On défend nos idées avec sincérité. Je pense aussi que la gauche aujourd'hui, quand elle pèse 25% tout mouillée, elle n'est pas à la hauteur pour conquérir la majorité des cœurs de nos concitoyens. Et donc, il nous reste 55 jours. 55 jours pour aller en convaincre parmi les abstentionnistes, parmi ceux qui ne se retrouvent pas chez Pécresse, parmi ceux qui votent à l'extrême droite. C'est ça mon objectif.
Moi, je ne veux pas en enlever aux autres à gauche. Surtout pas. Ils n'en ont déjà pas beaucoup. Il va falloir en enlever. Moi, je veux aller en conquérir des nouveaux. C'est ça qui fera la différence. Et si chacun faisait ça, mais si chacun allait gagner 5, 10 points, mais là, on va les dépasser, les 50%. Donc, c'est ça que je souhaite. Alors, je ne vais pas dire aux autres comment faire. Déjà, on va s'occuper de nous et puis faire au mieux et aller en conquérir le plus possible pour augmenter, justement, ce score à gauche. C'est la meilleure chose
que l'on puisse faire. Pour augmenter ce score à gauche, est-ce que vous êtes actuellement en discussion avec d'autres parties en plus dans l'inventuel rapprochement à l'approche des élections ? Après tout, vous avez une position assez confortable dans les sondages.
Nous avons toujours discuté avec tout le monde et nous continuons de discuter avec tout le monde comme nous l'avons toujours fait pendant la mandature. D'ailleurs, je le dis souvent, nous, on est fiers d'être un parti qui parle à tout le monde, qui parle aux écologistes, qui parle aux socialistes, qui parle aux insoumis, sans jamais dire « Toi, je ne te parle plus ce que tu m'as fait ici, toi, tu as... » Non, nous, on parle avec tout le monde, sans sectarisme, parce que, d'abord, je dis que personne ne gagnera tout seul. Personne ne gagnera tout seul. Et donc, on va devoir, de toute façon, demain, si on arrive à l'emporter, il faudra que demain, on gouverne ensemble.
Il faudra construire une majorité à l'Assemblée nationale. Il faudra s'additionner l'enjeu ici à l'élection présidentielle, où c'est chaque candidat qui doit les convaincre. L'enjeu, c'est de faire en sorte qu'il y en ait un ou une parmi nous qui arrive à percer, à convaincre, et puis à accéder au second tour. Et quand je vous dis que s'il y en a un parmi nous qui arrive, mais qu'il n'a aucune réserve de voix, qu'il n'a rien derrière, on ne l'emportera pas. L'objectif, c'est de gagner. C'est donc d'aller convaincre bien au-delà des 25% qui aujourd'hui font le total des voix de gauche. C'est tout l'enjeu.
Il y a tellement de gens qui ont été déçus, déçus par Hollande, déçus par la gauche quand elle a été au pouvoir, déçus par cette gauche qui a trahi et renoncé. Donc il faut l'assumer, ça, et aller chercher tout cela. Et puis il y a tous ceux qui se trompent de colère et qui votent encore à l'extrême droite et qu'il faut aller regagner. Eh bien, on ne va pas aller les regagner. Moi, je veux aller les regagner en étant sincère, authentique, en parlant vrai. Je sais d'où je viens. Je viens du Nord, je suis un ch'ti. Et chez moi, je sais ce qu'elle a fait aussi Marine Le Pen et tout ce qu'elle n'a pas fait.
Eh bien, en partant de là, je me dis que c'est possible et qu'on peut aller regagner ces cœurs et ces têtes-là.
Je vous remercie, M. Oshkal, d'avoir répondu à mes questions pour Science.co.tv. Je vais maintenant laisser la parole à Samir du Parlement des étudiants pour introduire les questions du public.
Merci.
Alors, on va passer aux questions du public. Je vous invite à aller vers les micros. On avait un là, un là. Et je ne sais pas s'il marche, celui d'en haut, mais il faudrait essayer.
Vous m'entendez ?
Oui. Oui.
Bonsoir, M. Roussel.
M. Roussel, vous préférez question par question ou plusieurs questions en même temps ?
Moi,
je peux, je peux, je... comme vous voulez. On va prendre trois questions. Si c'est question par question, il faut que je fasse des réponses courtes, quoi, pour... Je vais essayer. OK, on fait question par question. Mais il ne faut pas poser des questions compliquées non plus, alors. Voilà. OK.
Non, ce ne sera pas très compliqué. Bonsoir, M. Roussel. Bonsoir. Je voulais d'abord vous remercier parce qu'on m'a toujours dit, en fait, dans cette école, que mes idées politiques n'étaient pas cohérentes. On m'a toujours dit qu'on ne pouvait pas à la fois défendre l'ordre et la sécurité et être de gauche. On m'a toujours dit qu'on ne pouvait pas à la fois lutter contre le terrorisme islamiste et être de gauche. On m'a toujours dit qu'on ne pouvait pas défendre, être aimé la France et aimer notre art de vivre et être de gauche. Eh bien, vous, non, vous défendez ces idées. Donc, mes idées sont cohérentes.
Et c'est parce que vous parlez aux classes populaires et vous vous occupez vraiment des sujets qui touchent les Français. Et je voulais vous remercier parce qu'il y a une gauche qui sont un peu dans les conflits identitaires. Et ce n'est pas top. Donc, ma question portait sur les TPE, PME parce qu'elles ont beaucoup souffert pendant la crise sanitaire. Et je voulais savoir ce que vous proposez pour justement les remonter, les faire revivre parce qu'elles ont beaucoup souffert. Voilà. Merci beaucoup.
Merci. Alors, les TPE, les PME sont souvent exploités par les donneurs d'ordre, par des entreprises au-dessus qui leur demandent toujours de produire plus et à moindre coût. J'en rencontre tellement dans l'industrie. Et donc, je souhaite, moi, faire en sorte que les donneurs d'ordre ne se comportent plus comme ceux-là, d'une part, et permettre, dans un grand nombre d'industries, dans l'automobile, dans le ferroviaire, dans la chimie, dans la papeterie, faire en sorte que ces PME travaillent au sein de filières où la valeur ajoutée est mieux partagée.
Et c'est valable d'ailleurs dans l'agriculture aussi parce que les exploitations agricoles sont autant de PME, d'entreprises qui subissent aussi ça. Enfin, nous proposons d'alléger certaines charges et quand je parle de charges, je ne parle pas des cotisations sociales pour ces entreprises en baissant leurs factures de gaz, d'électricité, en nationalisant AXA, une compagnie d'assurance, nous baisserons leurs cotisations d'assurance.
Tout ça, ce sont des charges qui pèsent sur ces entreprises et enfin, nous leur permettrons d'accéder à des prêts bonifiés, c'est-à-dire que quand ces entreprises emprunteront 100, elles rembourseront 80, ce qui leur permettra de faire les investissements nécessaires pour se transformer et répondre aux besoins du pays. Voilà comment nous comptons accompagner les PME et les TPE.
Merci, M. Roussel. On va prendre la question sur le micro de gauche. Bonsoir, M. Roussel.
Vous n'ignorez pas que vous arrivez aujourd'hui à Sciences Po, dans une institution qui, il y a un an, a été touchée par une crise profonde mettant en lumière notamment et en particulier les violences sexistes et sexuelles. J'aimerais vous faire réagir sur un récent article de Mediapart qui met en cause des élus de Paris qui sont issus de votre formation. Il y a un an, Guillaume a mis en cause ses élus avant de mettre fin à ses jours et depuis, le parti a annoncé avoir mis à l'écart les personnes mises en cause. Pourtant, ces derniers revendiquent toujours sur leurs réseaux sociaux une activité militante relative au Parti communiste le français, notamment du tractage sans réaction du parti.
L'article fait également état de pression exercée sur des proches de la victime ainsi qu'une altercation avec d'autres élus communistes de la ville. En tant que candidat, vous êtes engagé notamment ici à ardemment lutter contre les violences sexistes et sexuelles. Ma question s'adresse plutôt au chef de votre formation politique. Comment vous réagissez à la lumière de ces nouveaux éléments ?
D'abord,
vous dire que c'est un drame effroyable et quand on est responsable d'un parti et qu'on a un jeune militant de son parti qui se suicide à 20 ans et que ce suicide serait la conséquence d'un viol commis par d'autres militants, c'est effroyable. Et ça vous tombe dessus comme le ciel vous tombe sur la tête et c'est terrible. Et toujours, toujours, je douterai, toujours, je m'interrogerai sur ce qu'il aurait fallu que l'on fasse de plus, ce que nous aurions dû faire, pu faire pour éviter ça. Toujours. Parce que je ne je ne conçois pas dans ma conception de la politique, je ne conçois pas que des jeunes qui s'engagent en politique puissent finir ainsi. Voilà, c'est inconcevable.
Et tout doit être fait pour que ça n'arrive plus. Alors, je m'interroge toujours sur ce qu'on aurait dû faire, pu faire, parce que, justement, on a mis en place un processus, enfin, c'est pas un processus, on a mis en place une association indépendante avec des gens formés qui sont là pour recueillir les témoignages, les plaintes, mais pas les plaintes au commissariat, les signalements de prédateurs sexuels qui pourraient exister au sein de nos rangs.
Et donc, quand il a eu ce premier tweet de Guillaume, nous avons tout de suite pris contact avec lui, pour lui, d'abord, l'inviter à porter plainte, mais on sait bien que, dans beaucoup de cas, malheureusement, les victimes ne font pas le choix de porter plainte. Et il faut respecter ce choix. C'est comme ça. Mais donc, comment on fait ? Et donc, nous, nous avons mis en place une cellule d'écoute. Et justement, ce ne sont pas des militants du Parti communiste derrière, contrairement à d'autres formations politiques. On a fait appel à une association avec des professionnels qui sont là pour recueillir la parole de ceux qui font état d'un tel signalement. On a formé tous nos militants à ça.
Et donc, on a invité Guillaume à se rapprocher de cette cellule. Et ensuite, au moins, cette cellule, elle peut conseiller, elle peut encadrer, et puis elle nous informe. Et ça ne s'est pas produit. Il n'a pas fait ce choix-là. Et il s'est suicidé. Et donc, qu'est-ce que l'on aurait dû faire de plus ? Et moi, je suis responsable de Parti. Je ne suis pas juge. Je dois prendre une décision. On prend une décision dans les heures qui suivent. Dès le lendemain, le mis en cause, mis en cause par Guillaume et démis de ses fonctions, suspendu de son activité, et c'est toujours le cas aujourd'hui. Et donc, nous avons pris ces dispositions.
Et en même temps, lui, lui, il a fait le choix de porter plainte pour diffamation. Et ça, lui, c'est son droit. Mais nous, nous décidons de le mettre à l'écart. Et à chaque fois qu'il y a un signalement de ce type, à chaque fois, on fait le choix de les mettre à l'écart. Mais avec les personnes qui disent, mais ce n'est pas vrai. Et donc, si ce n'est pas vrai, tu portes plainte pour diffamation. Mais nous, on ne peut pas prendre le risque. C'est tout. Et donc, on met à l'écart à chaque fois qu'il y a une personne qui est mise en cause. Et il faut le faire. Et nous continuerons de le faire. Voilà. Et donc, c'est extrêmement dur. extrêmement dur.
Parce qu'on doit prendre des décisions difficiles et pour d'abord faire en sorte de mettre de côté des prédateurs, d'éventuels prédateurs, sans être en capacité de pouvoir juger. Et donc, de le faire comme ça, tout seul, avec une commission qui se réunit. Et donc, voilà, je suis effondré par ce drame. Je souhaite tout faire pour que ça ne se reproduise plus. nous formons régulièrement les cadres de mon parti à ceux-là pour que nous soyons très, très, très à l'écoute du moindre signe et de la moindre alerte pour que tout de suite, on crée les conditions et de protéger et de mettre à l'écart.
Merci, M. Roussel. On va alterner. Donc, je vous vais prendre à droite cette fois.
Bonsoir, M. Roussel. Alors, déjà, merci pour cette conférence et vos propos très pertinents. J'aurais voulu revenir sur l'aspect plutôt environnemental de votre programme. Vous disiez tout à l'heure vouloir maintenir le réchauffement climatique à 1,5 degré. Or, le dernier rapport du GIEC explique justement que même les scénarios les plus optimistes ne permettront pas de limiter le réchauffement à 1,5 degré. Alors, du coup, j'aurais voulu savoir concrètement quelles actions vous comptez mettre en place au niveau national et mondial pour limiter ce réchauffement climatique à 1,5 degré. Bon, j'en ai déjà dit un mot tout à l'heure.
Il faut modifier profondément nos modes de production, de consommation, de déplacement, notre agriculture. Ce que je n'ai pas dit et pas fini de développer, c'est qu'il faudra faire un vaste plan de rénovation de nos logements, de nos bâtiments et notamment tous ceux qui sont de véritables passoires thermiques. Ça coûte excessivement cher, mais il faut le faire. C'est estimé à 10 milliards d'euros par les associations qui travaillent dans ce domaine. Mais nous voulons, nous, une France décarbonée en 2050, une France décarbonée qui prend l'engagement de se priver des énergies fossiles, le charbon, le gaz et le fioul.
Et pour sortir de l'air, du fossile, pour sortir des énergies fossiles, il va falloir donc augmenter la production d'électricité dans notre pays parce que toutes les mesures que nous prendrons pour la sobriété énergétique, pour consommer moins, elles seront importantes et il faudra le faire. Mais toutes ces mesures de sobriété énergétique n'empêcheront pas d'augmenter la production d'électricité dans notre pays. Nous allons avoir besoin de produire beaucoup plus d'électricité. Ce que dit le GIEC pour la France, c'est qu'aujourd'hui, on consomme 100 d'énergie. Dans les 100 d'énergie, il y a 60 de fossiles. Gaz, charbon, gaz, charbon, fioul. Il y en a 60. Et il y a 40 d'électricité.
Eh bien, en 2050, il faut qu'il y ait 100 d'électricité. Voilà. Parce qu'on va se priver des 60 de fossiles. Et donc, quand on veut produire 100 d'électricité, il faut envoyer. Et je dis que ce ne sera pas que des éoliennes et des énergies solaires. Il faudra investir dans l'éolien investir dans le solaire, investir dans la géothermie, investir dans l'hydraulique, mais investir aussi dans le nucléaire. C'est incontournable parce que nous avons besoin d'une énergie dénucléarisée, nucléaire et hydraulique. Ce sont les deux sources d'énergie électrique dénucléarisées. Euh, dénucléarisées. Décarbonées, excusez-moi. On a besoin de produire une électricité décarbonée.
C'est le nucléaire et c'est l'hydraulique. Mais surtout, on a besoin d'une énergie pilotable. C'est-à-dire que quand il y a une forte consommation, quand tous les soirs, là, tout le monde va brancher sa voiture électrique, hein, et que ça va... Il va falloir envoyer, là. Et s'il n'y a pas de vent, s'il n'y a pas de soleil parce que c'est le soir, c'est le blackout. Donc, il nous faut, aujourd'hui, investir dans l'énergie nucléaire et je veux construire un pôle public de l'électricité et de l'énergie avec EDF, entreprise publique, et investir dans la construction de réacteurs nucléaires pour répondre à ses besoins. Merci. On prend une question à gauche. Bonsoir à toutes et tous.
Bonsoir, Fabien. La première dame. Bravo. Quel parcours ! C'était la première phrase que j'allais faire, ravie, après toutes ces interventions, d'être la première femme à prendre la parole. Alors, moi, je suis étudiante, pas à Sciences Po, dans une fac à Paris 3. Aujourd'hui, dans notre fac, on a de la miante, on attend une nouvelle faculté depuis 5 ans et je n'ai pas les moyens de me payer de la viande tous les jours et encore moins de bonne qualité.
Moi, je connais bien votre programme en réalité, mais je pense que dans une université, même à Sciences Po, on a aussi envie d'entendre vos revendications sur les questions de jeunesse et étudiante, notamment sur la question du revenu étudiant, de la construction de nouvelles universités, etc. Merci. Alors, je vais aller rapide là-dessus. Merci pour votre question. C'est vrai que c'est important de connaître le pacte pour la jeunesse que j'ai proposé. Ce pacte pour la jeunesse repose sur plusieurs piliers, mais je vais aller très très vite.
Pour ce qui vous concerne, c'est bien sûr de pouvoir vous garantir tout de suite un revenu étudiant, un revenu d'autonomie qui vous permettra de pouvoir étudier sans être obligé de travailler. Je l'ai dit dès le premier jour de mon investiture en mai 2021. Ma priorité, c'est l'emploi, le pouvoir d'achat et la jeunesse. Et je dis à chaque fois quelles sont les premières mesures que vous mettrez en œuvre dès que vous êtes élu au mois d'avril. D'abord, j'attendrai que le Parlement soit élu au mois de juin. Les premières mesures, ce sera la hausse des salaires, la hausse des retraites et la mise en place pour septembre 2022 du revenu étudiant. Il s'élèvera à 850 euros minimum.
Il pourra aller jusqu'à 1 000 euros en fonction de la situation de l'étudiant, s'il a un logement ou pas de logement. C'est universel. Ce ne sera pas sous condition de ressources. Oui, même les riches y auront droit. Mais les parents des riches vont payer l'ISF. Et ça, ben oui, mais ça sera un peu... Il y aura de la justice sociale. Je ne sais pas ce qu'ils vont préférer, la situation actuelle ou la mienne. Et donc ça, nous le mettrons tout de suite en place avec un financement à parité entre les cotisations et le budget de l'État. Et ça coûte entre 20 à 23 milliards d'euros.
Nous proposons aussi tout de suite de supprimer Parcoursup qui brisent les rêves de chaque bachelier dans tout ce qu'il veut faire. Il faut supprimer Parcoursup. Mais supprimer Parcoursup sans créer des places dans les universités et dans l'enseignement supérieur ne résoudra rien. Il manque 90 000 places pour chaque bachelier qui veut suivre des études supérieures. Or, on sait que ceux qui ont un diplôme, un bac plus 3, un master, un master 2 a beaucoup plus de chance que celui qui n'a qu'un simple bac. Donc, je veux inciter les jeunes à faire des études supérieures et il faudra pour cela ouvrir des places.
Et je vais augmenter le budget de l'enseignement supérieur et le porter à l'augmenter de 45 % en 5 ans pour ouvrir des places dans nos universités. Et pour le secondaire le primaire et le secondaire les collèges et les lycées la grande mesure c'est les devoirs à l'école. Fini les devoirs à la maison parce que ça c'est source d'inégalité. Tous les enfants n'ont pas la chance d'avoir une chambre et un bureau. Tous les enfants n'ont pas la chance d'avoir des parents qui payent des cours privés ou qui filent un coup de main. La plus grande inégalité ce sont les devoirs à la maison. Et bien avec moi c'est terminé. Tous les devoirs seront faits. à l'école.
Merci beaucoup M. Roussel. Alors on va passer à la dernière partie de l'événement donc la mise en perspective scientifique. Je suis désolé pour ceux qui n'ont pas eu le temps de poser leurs questions.
Moi c'est difficile de répondre en deux minutes sur mon programme pour l'école sinon je suis désolé. Bonsoir. Bonsoir monsieur.
Je suis très content d'être là et de pouvoir parler avec vous. On m'a donné une règle c'est de vous mettre en perspective. Je ne sais pas trop ce que ça veut dire. Mais il y a plein de questions qui vous ont été posées il y a plein de choses qui ont été dites il y a des choses assez intéressantes. Moi j'aimerais bien échanger un peu avec vous si vous êtes d'accord c'était pas ce qui était prévu mais il n'y a pas de piège. Je suis tout terrain je m'adapte. Ok. Alors vous avez un programme avec un nom fantastique. Fabien un roussel. Non le programme. Ah le programme Les jours heureux. Les jours heureux. Les jours heureux. C'est un beau nom. C'est un beau nom. C'est un beau nom. Merveilleux.
C'est un beau nom. Plein de références et puis c'est un beau nom. Alors c'est un beau nom et en même temps il y a des petites choses derrière que j'aimerais pointer. Alors bon d'abord vous avez je trouve ça extraordinaire le rousselement. Donc le rousselement je vais un peu essayer d'expliquer ce que ça veut dire. C'est vous allez mettre dans l'économie énormément d'argent. Vous êtes une sorte de keynésien. Je me trompe ?
Ça ne suffira pas. Non ça ne suffira pas. Je veux créer des emplois à côté. Ok. Relancés par la consommation ça c'est effectivement keynésien et moi je suis marxiste. Et donc je veux créer des emplois dans l'industrie dans les services publics pour que ça aille de pair. Sinon il y aura de l'inflation. Donc je veux tenir les deux. On va parler un peu
de l'inflation.
Mais ok.
Donc vous nous mettez 300 milliards dans l'économie. Au moins. Au moins. Alors 300 milliards c'est beaucoup quand même. Emmanuel Macron avec le quoi qu'il en coûte a mis moins quand même.
Il a mis moins et ce qu'il a mis est allé pour les deux tiers aux grandes entreprises aux multinationales. Donc il l'a mal dépensé. Et ensuite comme je le disais tout à l'heure il y a tout l'argent de la BCE qui lui est allé irriguer les marchés financiers et qui aurait dû servir l'économie nationale. Donc je dis que l'argent il y en a.
Et puis les 358 000 foyers fiscaux qui payaient l'ISF jusqu'en 2017 358 000 foyers fiscaux j'ai reçu le dernier rapport quand j'étais à la commission des finances patrimoine taxable des 358 000 foyers les plus riches 1028 milliards d'euros même quand j'ai vu le chiffre j'ai même pas compris quand j'ai vu j'ai dit c'est quoi ça 1028 milliards d'euros de patrimoine taxable pour 358 000 foyers et il n'y a pas de blé ben enfin moi je vais leur en prendre moi et ça va contribuer à l'économie c'est toujours nous qui payons vous voulez quand même mettre 300 milliards chaque année dans l'économie non on commencera le budget de l'état commencera dès 2023 par une augmentation de 120 milliards d'euros on commence le début du quinquennat avec un budget d'état qui augmente de 120 milliards d'euros et qui finira avec 250 milliards d'euros de plus à la fin
oui parce que vous mettez 120 milliards d'euros dans le budget d'état mais vous faites aussi un choc important sur les salaires oui on augmente
le SMIC les salaires et les pensions
les retraites à 60 ans cette idée enfin vous l'avez dit mais je pense qu'il faut quand même le redire de l'égalité des salaires entre les femmes et les hommes c'est un coût c'est un coût 140 milliards d'euros donc enfin c'est un chiffre qui est vertigineux en fait et qui aussi nous indique ce qui se passe alors on aurait pu couper la proie en deux on aurait pu dire on baisse le salaire des hommes de 70 milliards on augmente celui des femmes de 70 milliards mais voilà
voilà ce qu'on vous propose vous allez entendre ça mesdames on peut pas augmenter vos salaires ça coûte trop cher mais enfin mais il faut la faire cette révolution bordel de mer c'est pas possible ça mais enfin mais vous vous rendez compte ça y est même vos professeurs le disent arrêtez tout 300 milliards d'euros c'est pas possible ça vous vous rendez compte c'est chaque année ou alors il faut baisser le salaire des hommes mais on va vivre comment c'est même plus 5 fruits et légumes qu'on va manger on va manger des racines des pissenlits c'est pas possible ça c'est chaque année non mais le PDG total il gagne 4 millions d'euros par an
monsieur Rosset j'ai juste rappelé c'est pas de la contradiction ah oui mais non mais ah oui mais ça me met hors de mire je comprends mais ça y est en ferré s'il vous plaît donc 2-3 fois quoi qu'il en coûte chaque année votre ancien collègue de France Télévisions François Langlais doit tousser ah oui bah qu'ils toussent ouais il tousse qu'ils toussent ça me dérange pas moi ils peuvent tousser
ils peuvent tous tousser
ok donc ça c'est le rousselement mais le résultat du rousselement c'est en fait vous augmentez le PIB de la France par cette par cette cette choc phénoménal de 20% le vous ramenez le chômage à 0% oui et donc on se retrouve avec une économie qui fonctionne à plein régime oui on est d'accord c'est beau c'est beau
et tout ça sans inflation 5 millions d'emplois 5 millions de créations d'emplois 5 millions d'emplois supplémentaires c'est un PIB qui augmente de 650 milliards d'euros alors on va en reparler tout ça c'est sans inflation donc non mais c'est de la richesse ouais ouais c'est de la richesse mais nous créons de la richesse pas d'inflation et nous combattons l'inflation en faisant en sorte que si on augmente les salaires on me dit oui mais si vous augmentez les salaires les gens vont acheter ils vont dépenser plus mais ils vont acheter des produits importés venant de l'étranger et donc ça sert pas l'économie c'est ça qu'on me dit
je voulais déjà parler de l'inflation
donc je réponds je réponds mais non mais on va lutter on va lutter comme ça contre l'inflation et pour servir l'économie c'est qu'en même temps que nous augmentons les salaires en même temps nous créons des emplois dans les services publics et nous relocalisons l'industrie déjà il y a toutes ces entreprises dans l'industrie qui sont menacées de fermeture elles vont mais il va falloir aller vite quand même
parce que
mais oui qu'il va falloir aller vite il va falloir aller très très vite mais il y a urgence il y a urgence dans nos hôpitaux il y a urgence dans l'automobile il y a urgence dans l'aérien il y a urgence il y a énormément de besoins et on a besoin de soudeurs d'ingénieurs on a besoin d'électriciens on a besoin de toute la richesse du pays c'est tous ces jeunes qui sont là donc ça c'est le ruissellement
oui ensuite il y a mettre fin au capitalisme alors là en fait
on change de système économique l'objectif c'est pas vous avalez les profits l'objectif c'est pas les profits à tout prix l'objectif c'est l'être humain et la planète on change de logique le bonheur de l'être humain c'est toi à chaque fois l'objectif c'est ça on met l'être humain son bonheur la planète le défi climatique au coeur de toutes les politiques au coeur de toutes les politiques il n'y a que ça qui doit commander et zéro profit on peut faire des profits parce que vous nous avez dit je vais baisser un petit peu le loyer du capital moi je fais confiance aux salariés dans les scopes dans les scopes que j'ai rencontrés les scopes que j'ai rencontrés et notamment même dans l'industrie même dans l'aéronautique j'en ai vu dans ces scopes ce sont les salariés qui décident entre eux comment ils produisent les richesses et comment ils répartissent ces richesses est-ce qu'ils s'augmentent est-ce qu'ils embauchent est-ce qu'ils mettent de côté au cas où pour avoir une petite poire pour la fin c'est eux qui décident mais il n'y a rien de plus merveilleux que décider ensemble de comment on produit les richesses et comment on les redistribue et donc de décider ensemble on va faire des bénéfices et on pourra peut-être se distribuer un petit plus mais je suis à fond pour ça si ça respecte chaque salarié si ça permet d'embaucher de fermer de partir à 60 ans de faire l'égalité salariale femme-homme il n'y a pas de problème
ok et dans ce formidable développement de l'économie française de cette espèce de stimulation énorme que vous faites mangeant les profits en compressant les profits en augmentant les salaires en créant des nouveaux services publics en augmentant la sécurité sociale en ayant des fonctionnaires embauchés massivement tout ça génère énormément d'activités dans votre programme c'est écrit 500 milliards d'activités en plus et comment on arrive à rendre ça complètement compatible avec la transition environnementale alors deux questions dans tout ça vous avez à gauche des partis voisins qui nous parlent de décroissance vous là vous nous parlez de beaucoup de croissance donc comment vous voyez l'articulation de ça et ensuite dans le respect de la contrainte environnementale alors j'ai entendu ce que vous avez dit vous avez dit on va décarboner l'énergie on va mettre en place un certain on va réduire la consommation énergétique dans les bâtiments mais vous avez dit aussi chacun doit avoir le droit à se déplacer comme il veut à habiter à la campagne s'il a envie dans beaucoup de plans de transition vers une économie neutre en carbone il faut beaucoup peser sur les comportements pour arriver à ce que chacun réduise ses consommations oui il faut décarboner l'énergie oui il faut changer les modes de production mais il faut aussi beaucoup changer les modes de consommation et là dans votre programme c'est un peu contradictoire mettre d'un côté 20% d'activité en plus un formidable choc et de l'autre côté ne pas être très disère sur comment on fait pour pour peser sur ces comportements pour faire en sorte que les modes de consommation changent véritablement et que la sobriété soit aussi un des éléments qui va participer à cette transition neutre en carbone
alors c'est quoi la question
bah c'est ça la question c'est comment vous faites
comment vous faites je suis vous parliez de décroissance je suis pour une croissance décarbonée je suis pour une croissance qui réponde aux besoins du pays je suis pas pour la décroissance dans le sens où si on veut répondre aux besoins du pays nous allons devoir ouvrir des usines mais les usines que je souhaite ouvrir ce sera pas les usines que l'on a connues avant celles qui polluent et exploitent on peut imaginer une industrie décarbonée humaine avec l'égalité salariale entre les femmes et les hommes qui fait autant appel au bac pro qu'aux ingénieurs qu'aux cadres et qu'aux intellectuels et aux chercheurs non mais ça j'entends oui mais non non oui mais c'est important relocaliser notre industrie reconquérir notre industrie et notre souveraineté économique mais on va donc pour cela investir massivement avoir besoin de beaucoup plus de production d'électricité décarbonée et donc ça va nécessiter mais les comportements pour la sobriété comment vous faites mais les comportements pour la sobriété écoutez arrêtez tout le monde fait des efforts tout le monde arrête de faire tourner le robinet quand on se brosse les dents certains pissent sous la douche il faut aller plus loin que ça quand même tout le monde fait des efforts tout le monde fait des efforts vous allez interdire l'avion pour partir en vacances de trier ses déchets etc mais aujourd'hui j'ai parfois l'impression qu'on veut le faire en punissant les classes populaires par exemple les ZFE vous connaissez les ZFE très bien les ZFE c'est dans 45 grandes métropoles de France dont l'île de France interdire les automobiles de critères 3, 4, 5 les véhicules polluants et donc de n'autoriser à rentrer dans la capitale dans les grandes villes que les critères 1 et 2 les véhicules propres et 0 et 0 mais ça aujourd'hui ça fait hurler dans les campagnes parce que ceux qui n'ont pas d'autre le choix que de prendre leur véhicule se disent mais avec ce régime là je suis assigné à résidence je ne pourrai plus sortir de mon village et il y a des villages en Ile-de-France il y en a aussi autour de Lyon il y en a aussi autour de Toulouse et donc comment on fait ?
ce que je dis ce que je dis moi ce n'est pas de revenir sur cet objectif de zone à faible émission je veux lutter contre la pollution de l'air je veux lutter contre la pollution de l'air qui fait 40 000 morts par an mais je ne veux pas le faire en tapant sur les classes populaires c'est pour ça que je propose une prime de 10 000 euros pour que les gens qui ont un véhicule polluant puissent acheter un véhicule propre et qu'ils puissent donc retrouver le droit à la mobilité je pense aux retraités qui veulent aller voir leurs petits-enfants et qui puissent donc se déplacer je pense aux salariés qui se déplacent la nuit où il n'y a pas de transport collectif permettons à ceux-là d'avoir accès à un véhicule propre en les accompagnant en leur donnant la possibilité d'acheter un véhicule propre d'occasion avec une prime à 10 000 euros c'est concret c'est clair et ça s'accompagne en même temps de la gratuité des transports publics je milite pour la gratuité des transports publics partout c'est possible s'il y a le feu sur la planète arrêtons de mégoter sur quelques milliards parce que ça coûterait encore cher moi je veux que tout le monde puisse prendre le train le TER le tram le métro le plus possible et qu'on laisse la voiture à la maison rendons les transports collectifs gratuits ça c'est une mesure offensive
je peux vous poser une dernière question allez-y une dernière question alors imaginons que Fabien Roussel soit le candidat de l'union de la gauche qu'est-ce que vous prenez dans le programme de vos compétiteurs à gauche qui n'est pas dans votre programme et que vous trouvez intéressant et qu'est-ce que vous êtes prêt à enlever dans votre programme si l'union de la gauche le demande
d'abord c'est pas comme ça que ça se passe parce que si on devait se retrouver dans cette situation-là c'est eux qui diraient moi je tiens à tout prix à ça comme moi je dis moi je tiens à tout prix à certains aspects de mon programme et donc ce sera une discussion et donc je suis moi pour que l'on puisse y travailler et d'ailleurs aux élections législatives dans toutes ces circonscriptions où la gauche est majoritaire ce qui n'est pas le cas de la France mais il y a un tas de circonscriptions où la gauche est majoritaire je suis pour qu'on travaille à un pacte d'engagement et que l'on puisse écrire ensemble tout ce qui nous rassemble et qui nous permet dans ces circonscriptions ou de faire élire un député de gauche ou de créer les conditions d'en gagner un et donc je travaille à ça j'y travaille ardemment sur les propositions les idées on sait à peu près les idées qui nous sont communes par exemple le revenu étudiant je suis très content que le revenu étudiant soit dans toutes les propositions des candidats de gauche parce qu'ils montrent qu'il y a une gauche en France et il y a une droite et on défend ça tous ensemble c'est une bonne chose c'est important pour la suite mais c'est pour ça qu'il faut que la gauche elle soit plus forte pour qu'elle pèse et pour que ça même si la gauche ne l'emporte pas on arrive à l'imposer par le rapport de force issu des urnes donc sur la réforme des retraites j'ai fait moi tout un travail avec les autres forces de gauche pendant la réforme des retraites sur une réforme progressiste des retraites de gauche c'est pas la réforme des retraites que je propose dans mon programme mais je sais ce sur quoi nous sommes d'accord ensemble et donc nous pourrons le défendre ensemble je suis un fervent défenseur du rassemblement et je suis bienveillant avec tout le monde faites-moi confiance on trouvera des solutions
merci à vous merci beaucoup monsieur Thimbaud vous avez le droit à un mot de conclusion de deux minutes à peu près j'ai le droit à quoi ? à un mot de conclusion d'à peu près deux minutes donc c'est bien
c'est bien c'est comme une QAG deux minutes c'est court mais efficace ouais mais je vais juste utiliser ces deux minutes pour vous remercier vous remercier de votre accueil chaleureux de votre question de vos questions de votre travail pour préparer cette rencontre je voulais vous dire que l'exercice que vous décidez de réaliser il est très important parce que je suis effectivement inquiet du taux d'abstention qui peut exister chez les jeunes chez les étudiants il est très élevé et tout ce qui peut contribuer concourir à ce que vous vous intéressiez au programme des uns et des autres est extrêmement salutaire je vais participer le plus possible à ces rencontres et faire en sorte que vous ayez la meilleure connaissance de mon programme mais que vous puissiez bien sûr connaître le programme des autres en tout cas le programme des jours heureux celui que je défends et qui met l'être humain et la planète au coeur de son projet de société vous savez je le défendrai jusqu'au bout avec coeur avec pension avec passion avec sincérité et je compte sur vous pour lui donner le plus de force possible parce que ça comptera quel que soit le résultat ça comptera beaucoup pour la suite merci à vous
je vois que des gens partent déjà je voulais juste conclure merci à toutes et à tous d'être venus je vous remercie énormément monsieur Roussel merci beaucoup merci aux autres associations je pense à la conférence au livreur je pense à la science pot tv je pense à la péniche je pense à la radio germaine et donc nous on se retrouve le mardi 8 mars à 19h30 en bout de mi avec madame christiane taubira merci beaucoup merci à la télé
Fabien Roussel