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Podcast / conversationFrance Inter — L'invité du week-end (sur Site radio)· 28 septembre 2025 22 minContradictoireDivertissementCulture, médias & sport

La comédie musicale "Les demoiselles de Rochefort" arrive au Lido

Source d'origine 4 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 100 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:39OuverteRéponse directe

    En quelques mots, pourquoi ce film est-il si marquant ?

  • 2:18OuverteRéponse directe

    Pourquoi cette capacité euphorisante ?

  • 3:10OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui vous a donné envie de reprendre ce film sur scène ?

  • 6:35OuverteRéponse directe

    Quelle est votre scène préférée du film ou de l'œuvre ?

  • 7:36OuverteRéponse directe

    Comment avez-vous abordé les défis de la transposition sur scène ?

  • 9:18RelanceRéponse directe

    La chorégraphie n'est pas ce qu'on retient d'abord du film. Pourquoi la mettre en avant ici ?

Temps de parole

  • Présentateur28 %
  • Invité24 %
  • Invité 222 %
  • Invité 312 %
  • Invité 49 %
  • Auditeur4 %

4,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Présentateur

Grand entretien ce matin, un grand entretien consacré à une oeuvre culte à l'occasion de l'adaptation au théâtre du Lido des Demoiselles de Rochefort. Nous sommes deux sœurs jumelles, c'est le titre de l'adaptation au théâtre du Lido sur les Champs-Elysées avec Marion Lourd. Nous vous proposons de nous arrêter sur ce grand classique du cinéma, de la comédie musicale réalisée par Jacques Demi en 1967 et qui connaît aujourd'hui une nouvelle interprétation, la musique originale de l'immense Michel Legrand. Une oeuvre culte et qu'il est resté depuis 1967 jusqu'à La La Land ou à Barbie.

Vos réactions, vos émotions et même en chanson, chers auditeurs, au 01 45 24 7000 ou l'application Radio France. Vous n'arriverez jamais à vous retenir Marion Lourd puisque vous êtes la première fan des Demoiselles de Rochefort. Et c'est la preuve que cette oeuvre continue de vivre et de faire vibrer aujourd'hui. Trois invités avec nous pour en parler. Ils ont évidemment tous vu le spectacle Jean-Luc Choplin, évidemment, puisque vous êtes président et directeur artistique du théâtre du Lido. Bonjour ! Bonjour, bonjour ! Et bienvenue Nathalie Dessé, bonjour ! Bonjour ! Quantatrice, soprano, comédienne, vous avez vu le spectacle au Lido et vous avez chanté.

Et qu'est-ce que vous avez magnifiquement chanté avec Michel Legrand et Laurent Delmas, monsieur cinéma sur France Inter. Vous aussi, vous étiez au théâtre du Lido hier soir. Et comment ? Avant de parler du spectacle Jean-Luc Choplin, j'aimerais qu'on fasse un premier tour de table. En quelques mots, quelques mots seulement, les Demoiselles de Rochefort pour chacun. Pourquoi est-ce que c'est si marquant, si euphorisant ? Jean-Luc Choplin ?

1:49
Invité

Une grande comédie musicale possible, à partir du film, si on l'adapte, un peu l'équivalent du West Side Story. Enfin, c'est West Side Story à la française. Donc, c'est vraiment une oeuvre tout à fait exceptionnelle que je tenais à mettre en scène. Nathalie Dessé ? Moi, c'est mon enfance, mon adolescence, la découverte de la comédie musicale française, puisque c'est quand même un de nos grands chefs-d'oeuvre français. Et puis aussi, tous les souvenirs que j'ai avec Michel Legrand.

2:18
Présentateur

Et alors, justement, pourquoi cette capacité euphorisante, Laurent Delmas ?

2:22
Invité

Parce que ça devrait être remboursé par la Sécurité sociale. Ah, vraiment ? Mais pourquoi ce film est-il aussi grand, aussi génial et aussi culte ? Parce que je pense que c'est effectivement un bain de jouvence incroyable, et que toutes les fées se sont penchées sur le berceau. C'est-à-dire les paroles, la musique, la chorégraphie, les acteurs, enfin bref. Les dialogues ? Il y a tout. C'est-à-dire que c'est rare, ça. C'est un sans-faute. Pour moi, c'est un absolu sans-faute. Oui, oui, oui, c'est une perfection totale, vraiment.

2:53
Présentateur

Non, mais je vous pose la question à vous aussi, Marion.

2:56
Invité

Ce n'est même pas seulement un bain de jouvence, parce que moi, je l'aime depuis toute petite. Donc, vraiment, c'est ce que dit Laurent. C'est tout est parfait. Il n'y a rien qui ne va pas. Le casting est génial. Les chansons sont géniales. La musique est extraordinaire. Il y a tout.

3:08
Présentateur

Des couleurs. Des couleurs. Alors, qu'est-ce qui vous a donné envie, Jean-Luc Choplin, de, malgré tout, reprendre ce film qui est donc l'une des grandes comédies musicales, qui n'est pas un genre particulièrement prisé ou réussi dans l'histoire du cinéma français, mais de le reprendre sur scène, au Lido. C'est un endroit gai, festif, énergique.

3:32
Invité

Vous l'avez dit, c'est tous les mots que vous venez d'employer. Donc, voilà, il s'agissait pour moi de faire une adaptation, comme je l'ai fait avec toute une série de films, de prendre le film et de le transformer à la scène. Ce n'est pas du tout la même chose. Il ne faut pas faire une photocopie, il ne faut pas refaire une copie du film. Il faut inventer une forme propre, si vous voulez, au travail scénique. Et comme on le dit, il y a tout. Il y a un ensemble, ce qui permet de faire des danses extraordinaires. Il y a une musique absolument époustouflante. Enfin, je veux dire, une très belle et très grande musique. Des airs que l'on mémorise immédiatement, même s'ils ne sont pas possibles.

4:18
Présentateur

Oui, nous sommes deux sœurs jumelles, il suffit de prononcer ces quelques mots et on a la chanson en tête pendant toute la journée.

4:24
Invité

Oui, simplement, vous avez le refrain en tête, mais après, pour arriver à le chanter, c'est absolument... Oui, c'est autre chose, Nathalie de Sey. C'est difficile à chanter beaucoup de mots. C'est difficile à chanter, Nathalie. C'est toujours difficile à chanter, Michel. C'est difficile parce qu'il y a beaucoup de...

4:39
Présentateur

Michel, Michel Legrand. Michel Legrand, oui. Et il faut dire que Jacques Demis, c'est aussi un très bon parolier. Oui, oui, oui. On le sait peu, mais il a écrit le livret. C'est vrai qu'il a aussi ce talent-là. C'est une collaboration exceptionnelle.

4:50
Invité

C'est une poésie très simple, mais très porteuse, en fait, et qui rentre tout de suite dans la tête. Et tellement pleine d'humour, tellement pleine d'humour. On a des jeux de beaux, le marin va en permanent, Monsieur Dame, c'est quand même Monsieur Dame. Et qui dit qu'on peut quand même se séparer parce qu'on n'a pas envie de s'appeler Madame Dame. On peut se séparer de l'homme de sa vie, ça c'est quand même assez incroyable. Toutes les chansons ont été écrites d'abord par Jacques Demis, les textes, et c'est Legrand qui est arrivé pour mettre les musiques en disant mais c'est une folie, on ne va jamais y arriver. Il a obligé, du coup, Michel Legrand à parler en alexandrin pendant...

Il a obligé Jacques Demis à parler en alexandrin quelque temps. Tout est en alexandrin. Oui, oui, voilà, pour lui faire payer en quelque sorte. Oui, oui, mais c'est l'aboutissement aussi d'une complicité extraordinaire entre les deux.

5:42
Présentateur

Entre ces deux. Et c'est vrai que Jacques Demis, c'est un auteur-compositeur, on l'oublie, on voit souvent le réalisateur. Mais on va écouter un peu de cette musique. Puisqu'on en parle, on en parle.

5:54
Invité

Écoutons l'ironie, écoutons la joie, écoutons la musique.

5:56
Présentateur

Marion, qu'est-ce que vous avez choisi d'abord ?

5:58
Invité

C'est un extrait de la scène des rencontres où les personnages se croisent, presque tous, mais jamais, évidemment, la personne à laquelle ils seraient destinés. Et c'est dans les rues de Rochefort.

6:05
Auditeur

Bonjour, mon chichou, qu'est-ce que tu t'es fait là ? C'est rien, c'est un trou. C'est mon danse.

6:17
Présentateur

Vous pouvez fredonner, Nathalie Lecay ?

6:18
Auditeur

C'est coquin, c'est coquin.

6:24
Locuteur non identifié

Ah tiens, c'est drôle, mais je ne sais pas. Il a osé.

6:34
Présentateur

Il a osé. Quelle est votre scène préférée du film ou de l'œuvre, en tout cas, Laurent ?

6:41
Invité

Ah, moi, c'est une question extrêmement compliquée. Mais je pense finalement que le ballet inaugural, en quelque sorte, c'est-à-dire celui qui nous plonge dedans et avec quel allant, que d'ailleurs Chazelle, pour la Lalande, a parfaitement compris et adapté, en quelque sorte, l'importance de l'entrée, l'importance de comment ça commence. Et le pont transbordeur, qui est magnifié, il faut le dire, au Lido. La façon dont le pont transbordeur est traité sur la scène du Lido, c'est une magie pure, parce que ça fait partie des défis de la transposition sur scène. On a un peu peur, à vrai dire, quand on est, comme moi, un fan du film par rapport à ce genre d'enjeux.

C'est-à-dire, on frémit, mon Dieu, qu'est-ce que ça va donner ? Eh bien, le transbordeur sur la scène du Lido, je ne vous en dis pas plus. Mais qu'est-ce qu'on l'a ? Jean-Luc Chopin, c'est vrai qu'il y a des défis assez incroyables à relever, parce que c'est une œuvre culte. Comment est-ce que vous l'avez abordé ? Il y a effectivement la question du décor. Les costumes, vous avez été très fidèles au film. Les interprètes, comment trouver quelqu'un pour succéder à Deneuve et d'Orléac ?

Il a fallu réunir une équipe complètement magique, que ce soit Gilles Rico, le metteur en scène, que ce soit Bruno Laverder, le scénographe, que ce soit Alexis Mabille, qui est le vidéaste, qui est tout à fait exceptionnel, Etienne Giolle. Donc, il a fallu réunir cette équipe, travailler en commun, et décider comment on allait pouvoir transposer cet extérieur en intérieur. Et en même temps, donner le sentiment qu'on est à l'extérieur, alors que c'est très compliqué. Oui, parce qu'il y a la magie et les couleurs du film.

8:18
Présentateur

Comment est-ce qu'on les transmet sur une scène, alors que ça se passe en extérieur, justement ?

8:22
Invité

Il faut arriver à en tirer l'ADN, c'est-à-dire qu'il faut arriver à trouver la grâce, la légèreté, la poésie, l'humour. Il faut réunir tous ces éléments à travers tous les éléments sédiques, les costumes et la danse. Nathalie Dossé, vous étiez aux répétitions aussi avec nous. Vous avez retrouvé vos petits, les demoiselles n'ont pas été trahies ? J'ai adoré parce que c'est tout ce que j'aime, c'est-à-dire que c'est un hymne à la joie, à la jeunesse et à l'amour. Parce qu'il faut dire aussi que l'équipe que Jean-Luc Choplin a réunie est formidable et c'est vraiment une équipe de jeunes gens. Et ça, ça fait aussi plaisir. Très polyvalent, parce qu'il faut chanter et danser.

Bien sûr, ça c'est le secret. Ce qui n'était pas le cas dans le film, je veux dire. Dorléa qui est de Neuve. Dorléa qui était un peu danseuse quand même.

9:15
Présentateur

Oui, c'est vrai que la chorégraphie, allez, je peux me faire l'avocat du diable, mais c'est vrai que la chorégraphie n'est pas forcément ce qu'on retient d'abord et avant tout du film.

9:24
Invité

Oui, mais là, vous allez le retenir. Là, on va le retenir, justement. En allant voir le spectacle. Moi, j'ai toujours trouvé que dans ce film, il y avait un hommage à Jérôme Robbins. C'est-à-dire que vraiment, tout le monde essayait de... Et là, ils ont réussi à faire cet hommage absolument incroyable. Donc, j'ai pris, comme pour le film, chorégraphes anglo-saxons et des danseurs anglo-saxons. On a des danseurs anglo-saxons et français, mais j'ai tenu à garder cette espèce de force, de dynamisme, si vous voulez.

9:52
Présentateur

Il y avait l'envie de rivaliser avec les Américains parce qu'on se dit que c'est forcément une idée qu'avait Jacques Demi en tête quand il fait venir, et Marion le disait à l'instant, Gene Kelly pour jouer dans le film. Gene Kelly, bon, un peu vieillissant, mais en l'occurrence, c'est vrai que ce n'est pas une tradition française au cinéma ni sur scène, la comédie musicale. Vous, vous avez l'ambition de rivaliser avec les productions de Broadway, les productions anglaises, éventuellement ?

10:20
Invité

Bien sûr, je pense qu'il faut faire, si vous voulez, le répertoire et de la création. Là, je dis qu'avec ça, on a fait une véritable création. Et comme je le disais au début, je veux dire, c'est West Side Story à la française. On n'a pas les meurtres, comme dans West Side Story. Oui, c'est plus joyeux. C'est beaucoup plus joyeux. C'est plus joyeux encore. West Side Story, c'est à fond. Si vous voulez, les forains, c'est les jets qui arrivent. D'ailleurs, c'est très bien fait aussi dans La La Lande, où c'est un hommage aussi à ce film. Et là, on a tout à fait ce dynamisme.

C'était, pour eux, je crois, l'idée de, pas de rivaliser, mais de faire quelque chose en hommage à Hollywood, et en hommage à Broadway. Donc, je crois qu'il y avait ça. Il y a quand même, chez Demi, une double influence. Oui, parce que c'est un influenceur, comme on dirait aujourd'hui.

11:06
Présentateur

Non, mais jusqu'à La La Lande, c'est intéressant

11:07
Invité

qu'on prononce tous ce film-là. Mais bien entendu, non, non, l'aura de Demi et Legrand, elle continue, elle continuera longtemps, mais les influences...

11:14
Présentateur

Oui, mais c'est très rare, les réalisateurs français qui ont eu cette influence jusqu'à aujourd'hui. C'est vrai, mais les influences...

11:19
Invité

Melville, dont vous nous parliez, est Demi. Demi, on peut, pour résiter, Renoir, il y en a quelques-uns, mais pas beaucoup. Mais surtout, moi, les influences de Demi, proprement dit, c'est vrai qu'elles sont américaines, mais elles sont aussi, il faut le rappeler, françaises. Parce que c'était un grand amateur de l'opérette, des opérettes françaises, qui, dit-il, n'étaient pas de très bonne qualité, mais qui étaient dans toutes les villes moyennes françaises. On ne sait plus, ça. Mais dans la jeunesse de Demi, il voyait ces spectacles-là, qui étaient effectivement brinque-ballant. Et d'ailleurs, quand il fait des jeux de mots un peu à deux balles, ça vient de l'opérette française.

C'est vrai, c'est un hommage à l'opérette française. Et c'est réjouissant, c'est tout à fait réjouissant. Mais on la dépasse. Mais on la dépasse, on la sublime. Grâce justement à cette qualité absolument magique entre Demi et Legrand. On y met tout ce qui lui manque. Et là, on a une grande musique. Et à propos de musique, Nathalie Decey, ce qui est fort, c'est aussi dans la mise en scène de Jean-Luc Choplin, c'est la présence de l'orchestre, d'un orchestre qui est absolument impeccable pour mettre la musique dans la comédie musicale. Oui, c'est-à-dire que Patrice Pereira, c'est lui qui a fait les arrangements et qui a travaillé lui aussi avec Michel Legrand.

Donc, il connaît parfaitement cette musique. Il sait parfaitement comment recréer cette impression d'opulence qu'il y avait dans le film. Je crois qu'il faut le dire. La musique live, comme on dit en français, c'est là, là, ça crée la différence avec le film. C'est-à-dire, ces instruments qu'on entend dans une salle de cinéma, ça n'est que de la reproduction. Sur une scène, c'est de la musique jouée par des gens qui sont des vrais instruments. ça change beaucoup. Ça change beaucoup. Il y a des gens qui chantent vraiment. Nathalie Dessé,

13:00
Présentateur

vous venez d'ailleurs du lyrique. Vous venez du lyrique. Vous aviez sorti un disque de reprise formidable avec Michel Legrand. Comment est-ce qu'on passe justement du lyrique à la chanson ?

13:10
Invité

C'est un vrai travail.

13:11
Présentateur

C'est un vrai travail, ça on l'imagine.

13:13
Invité

Toujours en train d'accomplir, figurez-vous. Ça fait plusieurs années que je prends des cours et où j'essaye d'oublier tout ce que j'ai appris en lyrique pour réapprendre à chanter de zéro. Expliquez-nous ça. Parce qu'en lyrique, c'est qu'on n'a pas de micro. Donc, on doit projeter la voix, on doit ouvrir la gorge et passer en voix de tête dès qu'on va dans l'aigu. Pour chanter les chansons, c'est à peu près l'inverse. Puisqu'on a un micro, donc on n'a pas besoin de projeter la voix, on chante plus grave. Et l'idée, c'est pas de faire « Oh, oh, oh, oh ! » mais qu'on va dans l'aigu. Précisément, là, ça ne marche plus. Les interprètes ne le font pas d'ailleurs.

Et d'ailleurs, on ne le fait pas. On ne le fait pas. Et là, nous avons quatre pour les jumelles, nous avons deux pères. Dans l'exemple, deux pères du jumelle. Deux pères du jumelle. Jeux de mots, jeux de mots, jeux de jacques de mi. Mais avant d'écouter... Comme ça, on voit plus loin, évidemment. Et qu'ils sont issus du monde du lyrique. Et j'ai beaucoup aimé l'autre soir, quand Nathalie est venue pour une des répétitions, c'était absolument formidable ce qu'elle leur a dit. J'aime bien en disant... Parce qu'elles sont venues toutes lui parler, je raconte un peu. Oui, oui, bah oui. Toutes les interprètes sont venues lui demander des conseils, etc.

Oui, oui, elles sont venues et Nathalie leur a dit « Vous allez d'abord apprendre plusieurs choses. D'abord, un, vous allez chanter tous les jours. Ça change un peu par rapport au lyrique. On chante une fois tous les trois jours. » Deuxièmement, ça va vous apprendre énormément sur votre voix pour votre future carrière lyrique. Donc, effectivement, c'est ce que vient de dire Nathalie. Ça va ouvrir complètement des tas de possibilités. Et c'était une leçon de la grande maître. Non, mais parce qu'elles s'étonnaient, les jeunes filles s'étonnaient que ce soit aussi difficile, en fait. Et je leur ai dit « Mais c'est normal, parce que c'est une autre façon de chanter. »

14:59
Présentateur

Une autre façon de chanter, et avant d'entendre justement des chansons, un mot, celui de Sandra sur l'application Radio France, mais qui rejoint la tonalité de la plupart des messages qu'on reçoit ce matin. « Oh, mais oui ! » écrit Sandra. « Une merveille ! » Trois points d'exclamation. « Avec ma fille, nous connaissons toutes les paroles par cœur. Dès que j'ai besoin de réconfort, que l'angoisse est là, j'écoute au moins la bande son. Tout est parfait. Oui, oui, oui ! » Trois points d'exclamation. On dirait du Marion Lour. « Et Olivier qui dit

15:30
Invité

« Ça fait entrer en trans, ma femme, elle l'a vue au moins une vingtaine de fois. » « Brigitte qui dit qu'elle l'a offert à ses quatre enfants lorsqu'ils étaient petits. » Enfin voilà, tout est à l'avenant.

15:38
Présentateur

« Quelle beauté virevoltante de couleurs ! » Mais c'est formidable parce que c'est rare qu'on reçoive des messages aussi lyriques de la part de nos auditeurs. « Ça dépend des sujets. »

15:47
Invité

« Mais c'est ça que l'association Jacques Demi Michel Legrand a créé. » Oui, c'est vrai. On va entendre justement un nouvel extrait. C'est l'extrait d'une chanson que les jumelles chantent aux forains pour qui elles vont faire un numéro assez glamour.

15:59
Auditeur

« Pourquoi toujours es-tu pressée ? Toujours des amours brèves ? Toujours au jour laissée quand l'aurore se lève au fond. »

16:09
Présentateur

« Nathalie ? »

16:10
Auditeur

« S'il vous plaît. »

16:12
Invité

« Il est 8h du matin. »

16:14
Présentateur

« Non, il est 8h37. »

16:17
Invité

Ce qui est intéressant...

16:17
Présentateur

Non, mais laissez-la. Laissez-la.

16:19
Auditeur

Vous dites-les vraiment. Oui. « Pour terminer la fête,

16:35
Invité

peut-on vous embrasser ? » Je l'ai chantée, celle-là. « Marion, je vous engage. » J'arrive. Non, mais ce qui est intéressant, Laurent Delmas, peut-être en écoutant cette chanson, c'est que c'est en 1967. On est avant mai 68. Donc en fait, on n'est pas que dans un film rose-bonbon, tout est joli, tout est sympa, tout est amour. Il y a aussi des questions de société. Il y a ces femmes qui, finalement, préfèrent courir après leur carrière qu'après l'homme de leur vie, presque. Il y a ça. Il y a à chaque fois qu'on ouvre un journal, il est question de guerre dans le film. Et de meurtre. Et de meurtre. Avec Dutroux. Tout à fait. Avec le bien-nommé Dutroux. Qui a découpé...

Et qui a découpé une femme en morceaux, qui s'appelait Lola. La fameuse Lola. La fameuse Lola. Donc, à nous qu'aimer. Exactement. Le film de l'autre film de Jacques Demy. Lola, parce qu'elle prenait trop de place dans sa vie, c'est quand même absolument... C'est ça. Non, mais il y a une vraie dimension, je dirais, mélancolique ou dépressive chez Demy et chez Legrand. D'ailleurs, les deux, depuis le départ, on ne peut pas dire que les parapluies de Cherbourg, ça respire la gaieté. Non. Et que Demy lui-même disait que les deux moisettes de Rochefort, c'est un mélo gay. Un mélo joyeux. Un mélo gay. Oui, absolument. Il revendiquait cette façon de voir les choses.

Et il y a une anecdote qui dit que... Mais qui est vrai, que le soir de la première au cinéma, sur les Champs-Elysées d'ailleurs, au Normandie, c'est-à-dire à côté du Lido. Au-dessus de notre tête. Exactement. Ça, c'est très étonnant de voir... Ça, le métier qui va malheureusement fermer. La conjonction est fermée, malheureusement. Mais en tout cas, il y a une conjonction. Donc, à l'avant-première, Jean Marais se précipite vers Jacques Demy et lui dit c'est formidable, c'est gay, c'est joyeux, etc. Et Paul Vecchiali passe à côté et il est presque baigné dans les larmes. Il passe comme ça et Demy l'appellera. Mais ça t'a pas plu, quoi. Tu n'as pas aimé ce film.

Et Vecchiali dit si, mais moi, contrairement à tous les autres, je pense que c'est un drame. Ce que j'ai vu, c'est une chose qui m'a fait pleurer. Et Demy lui a dit bah, écoute, tu n'as pas tout à fait tort. Tu n'as pas tout à fait tort. Parce que, par exemple, la fin, on a été à deux doigts de la changer. Et que ce soit une fin triste qu'il ne se rencontre pas. Et ça, c'est une dimension qui traverse tout le film, effectivement.

18:48
Présentateur

Et on a des récits d'Agnès Varda, d'ailleurs, qui racontent la collaboration entre Demy et Legrand et ses discussions, ses dialogues.

18:54
Invité

allez-vous tous les deux essayer plusieurs mélodies pour notamment les jumelles. Les jumelles, c'est merveilleux. Oui, oui, ça tâtonne. Et Michel, qui est une fontaine en mélodies, lui joue plusieurs thèmes. Et il y a Jacques Demy à côté. Non, pas celle-là. Non, pas celle-là. Ah, celle-là, celle-là, le bien. Oui, c'est très étonnant.

19:12
Locuteur non identifié

Allez-y, Jean-Luc Chaplin,

19:20
Présentateur

imaginez que vous dirigeiez vos... Faire tous les auditeurs. Ben alors, justement.

19:26
Invité

Non, mais le rêve de Jean-Luc, c'est d'interpréter une des jumelles. Moi, je le sais. Allez-y, laquelle ? Solange. Allez, Solange. Ah oui. Solphie, etc.

19:34
Présentateur

Il y a Aurélie qui vous demande sur l'appli d'Inter. Elle vous demande si les demoiselles théâtralisées seront jouées dans des salles ailleurs qu'à Paris. Et merci, trois points d'exclamation de nouveau. Ce serait bien de faire une tournée.

19:47
Invité

Oui, oui, d'abord. Enfin, j'invite quand même toutes les personnes de venir voir et de venir entendre au Lido, bien sûr. Mais oui, oui, on va essayer d'organiser l'année prochaine une tournée dans les grandes villes françaises.

20:00
Présentateur

Laurent Delmas, il y a une énigme. Pourquoi est-ce que ce film est un prototype ? Parce que c'est vrai qu'il aurait pu donner lieu à toute une tradition française, mais c'est resté un prototype, quelque chose d'unique.

20:13
Invité

Je vais vous faire une réponse qui ne va pas vous plaire forcément, mais tous les films sont des prototypes. Chaque film est un prototype dont le moule est cassé le jour de sa sortie. Ah si, si, mais pourquoi ?

20:22
Présentateur

Mais quand vous regardez les franchises Marvel, Laurent Delmas, comment pouvez-vous dire ça ?

20:26
Invité

Mais je vous dis ça parce qu'elles ne marchent pas de façon identique l'une comparée à l'autre. Et si c'était le cas, eh bien les producteurs de cinéma qui ne sont pas des philanthropes, enfin pas seulement, referaient le même film, eh bien ils ne savent pas le refaire précisément parce qu'une fois qu'elles demoiselles sont sorties en salle, on ne peut pas refaire la même chose. Ce n'est pas possible. Donc on ne peut pas refaire le même succès. Eh bien oui, vous en avez vu d'autres, vous ? Non, moi non plus. Donc voilà, c'est bien pareil. Jean-Luc Choplin, est-ce qu'on arrive ces derniers temps quand même à une tradition de la comédie musicale en France ?

Parce que là, vous ressortez Les Demoiselles de Rochefort, il y a des comédies musicales à Mogador, à la scène musicale. ça y est, enfin, on est devenu anglo-saxon de ce point de vue-là. Non, pas du tout anglo-saxon, on aime la comédie musicale, ça n'appartient pas à un territoire nécessairement.

21:13
Présentateur

Non, mais en tout cas, nous sommes deux sœurs jumelles. C'est donc le titre de l'adaptation au théâtre du Lido sur les Champs-Elysées à Paris de ce film. Comment le qualifier ? Culte ? Génial ? Génial. Parfait. Parfait ? Ben voilà, le dernier mot à Marion Lourdes. Merci infiniment à tous les trois. Merci Nathalie Dessay, merci Jean-Luc Chaplin, merci Maître Delmas.