Retrouvez l'intervention de Jordan Bardella lors du séminaire de rentrée parlementaire
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bien, mesdames, messieurs, bonjour à tous. Mesdames, messieurs les parlementaires, les députés, députés européens, sénateurs, madame la présidente de groupe, ma chère Marine, monsieur le président de délégation, mon cher Jean-Paul Garraud, mesdames, messieurs, chers amis. Permettez-moi tout d'abord de vous souhaiter la bienvenue à ces rentrées parlementaires, de vous réitérer mes chaleureuses félicitations pour votre élection, votre réélection très largement méritée et de vous adresser plus personnellement mes voeux de réussite pour cette nouvelle mandature qui démarre pour la première fois conjointement au Parlement européen et désormais dans la nouvelle Assemblée nationale.
Être parlementaire est une tâche exigeante. C'est un engagement de tous les jours qui nécessite d'être à la hauteur, à la hauteur des incertitudes du moment que traverse le pays, à la hauteur de la confiance placée en vous par les millions de Français qui ont voté pour le Rassemblement national et ses alliés au cours de l'été. Chaque électeur patriote, par son vote, vous a confié un pouvoir éminent, celui de décider, de débattre, de légiférer pour la France et pour l'avenir des Français. C'est un acte de confiance inestimable que nous devons respecter et honorer à chaque minute de notre mandat.
Nous ne siègerons pas pour nous-mêmes, mais pour eux, pour chaque Française et pour chaque Français. À compter de cette rentrée, vous devenez les dépositaires des espoirs de changement, des attentes, parfois des colères qui se sont exprimés ces derniers mois dans tout le pays. Je veux vous mettre en garde. Contrairement à nos adversaires, aucune mensuétude, aucune forme de tolérance, aucun droit à l'erreur ne nous sera accordé. Nous nous devons donc d'être irréprochables et dès aujourd'hui au travail pour bâtir l'après-Macron. Au premier abord, il y a une image qui ne trompe pas et dont nous pouvons être très fiers ce matin devant le regard de la presse.
Cette image, c'est la vôtre, ici rassemblée dans cette salle et vous êtes deux fois plus nombreux qu'il y a deux ans. En juin 2022, je me souviens ici même avoir pris le temps avec Marine de dire à quel point ce résultat était historique à l'époque et à quel point la responsabilité qui était sur nos épaules était grande. Nous étions 89 députés. Aujourd'hui, vous êtes 126, auxquels s'ajoutent 16 députés alliés, nos amis du groupe à droite, présidé par Éric Ciotti, à qui je veux redire mon amitié, qui a eu le courage de briser un tabou et d'assumer le choix du pays plutôt que celui du parti.
Cette force parlementaire nouvelle est complétée par notre délégation au Parlement européen, dont le nombre est lui aussi sans précédent grâce au nombre de voix records obtenus lors des élections européennes. Nous voici désormais au centre du jeu à Strasbourg et à Bruxelles, où le groupe des Patriotes pour l'Europe est désormais le troisième du Parlement européen. Avec 31 eurodéputés, nous sommes la délégation la plus importante du continent devant les conservateurs de la CDU et de la CSU allemande. Nous sommes parvenus à constituer un groupe important qui compte 12 nationalités et 15 partis politiques, dont des partis actuellement au pouvoir.
Je pense au Fides du Premier ministre Orban, à la Lega de Matteo Salvini, qui participe du gouvernement italien, au PVV, le principal parti de la coalition de gouvernement aux Pays-Bas, et au FPO, qui est bien placé pour remporter les élections législatives en Autriche dans quelques jours. Jamais dans son histoire, le Rassemblement national n'a compté autant de parlementaires dans autant d'assemblées différentes, autant de moyens humains pour agir et convaincre, et cette richesse, la vôtre, doit être le socle sur lequel bâtir les victoires de demain.
Si nous avons certes échoué à obtenir une majorité absolue à l'Assemblée nationale pour cette fois, en raison d'alliances politiciennes entre la Macronie et l'extrême-gauche, très souvent contre-nature, les Français ont fait de nous le premier parti en nombre de députés, mais aussi le premier parti en nombre de voix. Avec près de 11 millions d'électeurs patriotes, le Rassemblement national et ses alliés ont obtenu plus de suffrage que n'importe quelle autre formation politique. Dans un système électoral à l'américaine, on dirait de nous que nous avons remporté le vote populaire.
Notre nombre de députés progresse de plus de 40% alors que la gauche stagne et que le camp présidentiel reflue de façon significative. Le vote RN s'étend désormais sur l'ensemble du territoire, avec des confirmations de dynamique et des rattrapages, comme dans ces terres de l'Ouest ou dans les grands centres urbains, qui apparaissent de moins en moins comme des terres de mission et de plus en plus comme des terres de conquête. En 2024, le vote RN s'est affirmé comme étant celui de la France du travail. Nous sommes majoritaires chez les ouvriers, chez les employés, chez les forces de sécurité.
Nous sommes au plus haut chez les artisans, chez les commerçants et nous progressons également chez les agriculteurs. C'est aussi de plus en plus, nous l'avons vu cette année, le vote de la France qui a travaillé, avec plus de 30% chez les retraités, un record, un point qui nous tient particulièrement à cœur. Les femmes votent désormais autant pour le Rassemblement national que les hommes. 2024 aura également montré que le RN est aussi un vote de conviction, comme l'a encore confirmé une étude de la Fondation Jean Jaurès qui est parue il y a quelques jours. Votre mouvement est celui dont l'électorat affirme le plus avoir voté par adhésion.
Cet élément, mes chers amis, est central et doit alerter nos gouvernants. Les manœuvres visant au barrage systématique contre le RN et ses électeurs ne constitueront jamais un horizon politique viable pour la France et pour les Français. Mettre à l'écart des millions de Français dans une forme de discrimination autorisée n'est pas sain, elle constitue une atteinte grave à la bonne santé démocratique du pays. Ces alliances contre nature ont conduit à la situation que nous redoutions.
Une démocratie abîmée où le parti qui a fait 5% aux dernières élections européennes, 4% à la dernière élection présidentielle, 6% aux dernières élections législatives, a en quelque sorte gagné au loto et chargé de constituer le nouveau gouvernement français. Cette situation en dit long sur le délabrement de la démocratie. La France est désormais dans l'impasse en majorité claire alors que les urgences et les menaces demeurent. Ces urgences, nous les avons portées et elles restent plus que jamais les chevaux de bataille de ce nouveau mandat en cette rentrée. Ce sont celles du désordre sécuritaire, migratoire, dont nous voyons chaque jour les manifestations les plus inquiétantes.
Celles de la fin du mois, avec un pouvoir d'achat fragilisé par les rafages de l'inflation, par la pression fiscale et par la faiblesse des salaires, celle de la pérennité de notre modèle agricole, qui n'est toujours pas sortie de la crise malgré les promesses et les paroles. Les dossiers restent, l'a dit l'ancien premier, sur le bureau, entre guillemets. Celles du budget, alors que le pays affronte le mur de la dette et des déficits. Celles de la compétitivité des entreprises qui attendent beaucoup de la simplification comme de la baisse des prix de l'énergie. Sur tous ces sujets, la France ne peut se payer le luxe d'attendre encore.
Nous continuerons au Parlement européen, comme à l'Assemblée, à porter notre projet pour reprendre le contrôle de la politique migratoire, pour rendre leur argent aux Français, notamment par la baisse des dépenses contraintes, par l'augmentation des salaires, pour une réforme en profondeur du marché de l'énergie, afin de rendre notre pays son avantage, permise par sa filière nucléaire, pour protéger notre agriculture face à la concurrence déloyale et à la surenchère de normes, pour en finir avec les gaspillages d'argent public et l'inefficacité de la dépense publique qui révolte nos compatriotes.
Pour faire face à ces périls, l'Assemblée nationale doit redevenir la maison du peuple, le lieu où se fabrique la loi, sans sectarisme, sans exclusif, dans le travail collectif, le compromis et le dialogue. Puisqu'il n'y a pas de majorité établie, il faudra, disent-ils, créer des majorités de sujets et de projets. Dans ce contexte, nous l'avons dit avec Marine, rien ne peut désormais se faire sans le Rassemblement national, ou contre le Rassemblement national, rien ne peut se faire sans vous, mesdames, messieurs, les députés.
Puisque notre place est centrale, notre responsabilité est donc majeure, par conséquent, laissons à Jean-Luc Mélenchon et ses amis les hurlements, les outrances, qui démontrent avant tout une forme de faiblesse, un goût pour la violence, et en réalité, un isolement et une marginalité politique. Lorsque l'on est faible, impuissant, tout nous semble menaçant et tout nous pousse à l'agressivité. Nous devons, je le crois au contraire, montrer le visage de la raison et le visage de la compétence. Nous devons nous battre pour obtenir, comme nous l'avons fait jusqu'à présent, le maximum de ce que l'on peut obtenir pour les Français.
Si le Rassemblement national a su convaincre le cœur de millions de Français cette année, je le dis devant la presse, c'est aussi grâce au travail réalisé par nos 88 députés élus en juin 2022, parce que ces résultats sont aussi le fruit de leurs efforts. Je veux les en remercier. Nous devons rester une opposition constructive, dont la seule boussole est l'intérêt du pays, et l'intérêt des Français, capables de voter des textes de bon sens, même s'ils adviennent d'autres formations politiques. Mais nous devons aussi, je le crois maintenant, franchir un nouveau cap et devenir une opposition influente.
Votre rôle est d'être incontournable, présent sur tous les sujets qui importent nos compatriotes, d'arracher partout des victoires, pour le quotidien, aussi bien que pour le régalien. Comme je l'ai dit il y a quelques jours, le Premier ministre Michel Barnier est sous notre surveillance démocratique, comme il est sous la surveillance démocratique de tous les électeurs français. S'il n'est que le prêtre nom du macronisme, s'il n'est que le continuateur zélé d'une politique rejetée par une grande majorité du pays, s'il reste le collaborateur du président de la République, alors ce gouvernement tombera. Revenons à l'esprit des textes. Le véritable patron de M.
Barnier n'est pas Emmanuel Macron, c'est le Parlement, et il doit en tenir compte s'il veut allonger l'espérance de vie en bonne santé de son gouvernement. Même si je sais que nos électeurs comprennent notre démarche, qu'ils ont bien conscience que nous allons peser, je le dis, de toutes nos forces avec les cartes dont nous disposons, je tiens à les rassurer sur un point pour conclure. Nous n'avons pas changé d'objectif et nous n'avons pas changé d'ambition. Nous préparons l'alternance dont le pays a besoin. Nous préparons le sursaut qui sortira le pays du déclin et du désordre.