3h28... Macron promulgue la loi ! #cdanslair 15.04.2023
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Pas de temps à perdre. Le président va vite, très vite. Hier soir, à l'abri des regards, Emmanuel Macron promulgue la réforme des retraites à 3h28. Fini l'époque des premiers textes où la presse était invitée à immortaliser la signature du président. Sa grande réforme du quinquennat n'aura pas ses honneurs. Dehors à Paris, la colère se fait entendre.
Un rassemblement statique, c'est important, mais c'est aussi bien de bouger dans les rues, de récupérer des gens qui sont peut-être d'accord avec la mobilisation et de les amener aussi, de montrer que le mouvement n'est pas éteint.
À Rennes, un commissariat est incendié. Quelques heures plus tôt, à 18h exactement, les sages de la rue Cambon ont tranché. Ils valident le passage de l'âge de départ légal à la retraite de 62 à 64 ans, rejettent le RIP, l'index et le CDI senior. Pour Elisabeth Borne, il est à présent temps de tourner la page. Le texte arrive à la fin de son processus démocratique. Ce soir, il n'y a ni vainqueur ni vaincu. Ce midi, le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, appelle les syndicats à renouer le dialogue.
Je crois, je suis même convaincu qu'il y a une volonté, un besoin d'apaisement dans le pays. Et cette volonté d'apaiser, nous le partageons. Et c'est pourquoi d'ailleurs, la loi a été promulguée après sa validation par le Conseil constitutionnel, et que le président de la République tend immédiatement la main aux syndicats pour leur proposer de les rencontrer.
Hors de question pour les représentants syndicaux d'accepter l'invitation d'Emmanuel Macron. Ils n'iront donc pas à l'Elysée mardi. Jusqu'au bout, hier, ils ont demandé au président de ne pas promulguer cette réforme.
Nous, nous avons un message. L'ensemble des organisations syndicales, nous appelons le président de la République à retrouver la sagesse, à faire preuve d'écoute et à comprendre ce qui se passe dans le pays, et à ne pas promulguer cette loi. Il doit tirer les leçons de la censure du Conseil constitutionnel, et renvoyer la loi devant l'Assemblée nationale, pour que les députés puissent délibérer sur ce projet de loi, et puissent entendre la volonté populaire.
L'intersyndical sonné, mais loin d'être démobilisé, ne s'avoue pas vaincu. La lutte continue.
Nous, notre arme pacifique, c'est la grève. Donc on va mobiliser pour la grève, et on fera du 1er mai, un 1er mai historique, y compris en nombre de travailleurs mobilisés.
Même le patron du MEDEF appelle le président à se remettre en question.
Il va devoir changer de méthode, et je pense qu'il doit s'appuyer davantage sur la démocratie sociale, s'il veut réussir à réformer.
L'opposition, elle, n'est autre que vent debout.
Macron a voulu intimider toute la France dans la nuit. Voleur de vie, absurde affichage d'arrogance, la lutte pour le retrait de la loi engage à présent une certaine idée de la dignité. Cette décision du Conseil constitutionnel et ce qui se passe maintenant, cette promulgation de la loi, acte, je veux dire, la rupture définitive du peuple français avec Emmanuel Macron. Tout a été brutalité dans cette histoire, vous le savez bien, le véhicule législatif. Nous étions contraints à la fois dans le temps, à la fois dans la forme.
Le Conseil constitutionnel n'en a pas fini. Il doit à présent statuer le 3 mai sur la nouvelle demande de référendum d'initiative partagée, déposée par la gauche.
J'espère que cette fois-ci, il entendra et qu'il permettra un référendum, parce que pour l'impasse dans laquelle nous sommes, la seule façon de parvenir à en sortir, c'est de retourner vers le peuple.
Le feuilleton des retraites continue. Emmanuel Macron donne rendez-vous aux Français lundi à 20h. Une allocution dans l'espoir de pouvoir rétablir la communication.
Emmanuel Macron