L'invité politique Sud Radio - Avec Franck Allisio, député RN des Bouches du Rhône
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Sud Radio, l'invité politique, Jean-François Aquili. Il est 8h18 sur Sud Radio et votre invité politique ce matin est Franck Alizio. Bonjour Franck Alizio. Bonjour. Les Etats-Unis et l'Iran qui parviennent à un accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, c'est l'information de la nuit. Franck Alizio, vous dites quoi ce matin ? Merci Trump ou tout ça pour ça ?
Je dis tant mieux. Je dis tant mieux qu'il y ait la paix, tant mieux qu'il y ait un retour, ça fera du bien, y compris à notre économie, y compris au porte-monnaie des Français. Ensuite, je suis prudent. Ce n'est pas la première fois qu'on nous annonce un accord de paix. Celui-ci semble plus stable et plus officiel que les autres. Je sais que nous ne sommes pas si loin que ça des élections militaires aux Etats-Unis, donc j'attends que tout cela se stabilise et ne soit pas un effet d'annonce.
Pour le Rassemblement National, Franck Alizio, je rappelle que vous êtes député RN des Bouches-du-Rhône. Donald Trump sort vainqueur ou bien, à vos yeux, quelque peu humilié de ce conflit qui aura duré 108 jours ?
Écoutez, je laisse les chroniqueurs, je laisse les géopolitologues tirer les conclusions. Je pense que ce n'est pas à chaud que l'on peut tirer les conséquences, savoir s'il y a un gagnant ou un perdant. Le gagnant, c'est les vies qui vont être épargnées. Le gagnant, c'est une économie qui va mieux se porter. Donc, je ne cherche pas un bon accord de paix. C'est là où il n'y a ni grand gagnant ni grand perdant.
Le perdant est le peuple iranien au passage, Franck Alizio.
Bien évidemment. Il y a une dictature qui ne s'est pas écroulée. Mais au moins, le danger nucléaire semble avoir reculé.
Pour vous, Franck Alizio, l'Amérique reste une alliée aujourd'hui. Il y aura le 250e anniversaire de la Fondation des États-Unis. Est-ce que Trump est un modèle ?
Trump n'est pas un modèle. Il n'y a pas de modèle. Le modèle pour la France, il ne peut être que français. Mon modèle à moi est de beaucoup de... Comment dire ? Beaucoup des miens, c'est le général de Gaulle, c'est ceux qui ont fait la France, c'est le cardinal Richelieu. Le modèle, il ne peut être que français pour un Français. Pour le reste, je pense qu'on accueille dans quelques jours en France le président Trump. Historiquement, depuis 250 ans, les États-Unis sont un petit peu l'enfant de la France. Nous avons contribué, nous avons contribué à son émancipation. Ça fait 250 ans que nous sommes des alliés. Ça me semble être toujours d'actualité.
Emmanuel Macron, a-t-il raison, malgré les humiliations, souvenez-vous, de l'année dernière, de recevoir Donald Trump mercredi en grande pompe à dîner à Versailles ?
C'est de la diplomatie. C'est de la diplomatie. On ne reçoit pas Donald Trump, on ne reçoit pas l'homme politique. On ne reçoit pas... On reçoit les États-Unis. On reçoit le président des États-Unis. La France reçoit les États-Unis, comme nous recevons toute une quantité de chefs d'État. C'est de la diplomatie.
Franck Alizio, encore un mot là-dessus. Est-ce que ce sera ce G7 ? Un sommet, disons, du protectionnisme, avec des États-Unis qui ont remonté leur barrière douanière, et une Europe qui a durci, vous l'avez vu, ces règles en matière d'immigration. Est-ce que ça va dans le bon sens du point de vue européen ?
Ah oui, mais non, il faut que ça se suivit des faits. C'est le pacte d'asile-immigration qui durcit les règles en question. Que l'Europe commence à se réveiller en matière d'immigration après 20 ans, 30 ans, non seulement d'aveuglement, mais de politique pro-immigration, une idéologie pro-immigration. J'ai été conseiller ministériel il y a maintenant plus d'une dizaine d'années sous Nicolas Sarkozy, je l'ai vu, nous étions avec Pierre Lelouch au ministère des Affaires européennes, nous l'avons vu, cette idéologie à l'œuvre, et elle a fait beaucoup de mal.
Qu'aujourd'hui, l'Europe commence à ouvrir les yeux, et donc peut-être que demain, lorsque nous serons aux affaires en France, il sera plus facile de réorienter de manière radicale cette politique d'immigration. Non, non, non, c'est plutôt l'Europe qui doit dire Merci au Rassemblement National de défendre des thèses depuis 20 ans, qu'elle a mis 20 ans à comprendre et à appliquer. Franck Alizio, parlons de l'IANA,
Emmanuel Macron s'est entretenu avec la famille de cette fillette assassinée. Chacun y est allé de sa proposition, aligner le traitement des pédocriminels sur celui des terroristes, a proposé Gabriel Attaille, il l'a redit dans le Figaro. L'ancien Premier ministre veut une sorte de fichieste des auteurs des violences en question sur les enfants. Est-ce que vous validez ?
Écoutez, on ne va pas valider le concours l'épine de chacun. Toutes les propositions qui vont dans le sens d'un tour de vis, encore une fois, d'ouvrir les yeux sur ce sujet, d'enfin avoir un véritable tour de vis pénal, de regarder les choses en face, est une bonne chose. Mais la vérité, c'est que tant qu'il n'y aura pas des symboles, comme par exemple, on y milite depuis des années et des années avec Marine Le Pen, avec Jordan Bardella, pour une perpétuité réelle, une véritable perpétuité réelle dans ce pays qui fait que quand vous entrez en prison pour des faits aussi graves, vous n'en sortez plus. C'est ce que propose le Premier ministre Sébastien Lecornu, Franck Alizio.
Oui, il est Premier ministre. Pourquoi il ne le fait pas ? Vous savez, nous, on voterait une telle proposition. Donc, s'il tient sa majorité, nous plus sa majorité, ça fait une majorité absolue à l'Assemblée Nationale. Eh bien, il n'y a plus qu'à.
Marine Le Pen, nous l'avons entendu hier sur France 3, veut augmenter les moyens de la justice, dit-elle, embaucher des magistrats, spécialiser un parquet dans les mineurs victimes, numériser la justice. Tout le monde dit la même chose, Franck Alizio. Qu'est-ce qui vous différencie ? Parce que c'est un sujet qui, aujourd'hui, fait consensus. Elle dit ce que disent les autres, notamment le candidat à la présidentielle.
Oui, le problème, c'est que depuis une dizaine d'années dans ce pays, tout le monde parle à peu près comme Marine Le Pen. C'est la marinisation des esprits. Mais personne n'agit encore comme Marine Le Pen. Marinisation des esprits, vous dites. Oui, vous le dites, tout le monde parle comme nous. On ne s'est pas tous mis à parler pareil. Ce sont les autres qui se sont mis à parler comme Marine Le Pen. Parce que la réalité les a rattrapés. Maintenant, pour passer du « on parle comme Marine Le Pen » à « on agit comme Marine Le Pen », il faut que ce soit Marine Le Pen qui arrive aux affaires. Ce sera le cas dans un an.
Vous savez, le constat que notre justice est le parent pauvre de ces 1 600 milliards de dépenses publiques, ça fait longtemps comparé aux autres pays européens. Nous sommes ceux qui investissons le moins dans la justice. Moins de 5% de l'ensemble de nos dépenses publiques vont à la justice et à la police. Alors qu'on est sous le quinquennat Macron. C'est l'état régalien. Tellement peu a été fait.
Franck Alizio, dans un autre registre, est-ce que vous saluez l'annonce faite par Sébastien Lecornu hier soir sur X ? En réponse au casseur en marche du PSG, le gouvernement présente en juillet en Conseil des ministres un projet de loi visant à faire assumer directement aux auteurs le coût des dégradations commises dans l'espace public, explique Sébastien Lecornu. Si cette loi arrive sur la table, est-ce que vous la voterez ?
Evidemment, mais encore une fois, vous allez dire décidément, c'est factuel, vous pourrez vérifier à chaque fois. Cette proposition, elle est faite depuis plusieurs années par Marine Le Pen. Lors des dernières émeutes, elle avait dit à un moment donné le casseur-payeur doit être une réalité. On le défend depuis des années. Pourquoi n'ont-ils pas appliqué ? Alors Eureka, ça arrive au mois de juillet. Évidemment, comme toujours, depuis que nous sommes dans toutes les enceintes d'ailleurs où nous siégeons, lorsque ça va dans le bon sens, nous votons pour dans l'intérêt de la France et des Français, nous votons pour. Et lorsqu'on n'a pas dans le bon sens, nous dénonçons et nous votons contre.
Donc là, si ça se concrétise, évidemment, nous voterons pour.
Alors, il y a eu un séminaire du Rassemblement National, c'était vendredi, organisé dans l'Essonne. J'imagine que vous y étiez, Franck Alizio.
Pour le coup, c'était un séminaire entre les deux équipes. D'abord, on n'a pas à dire à qui il n'y était pas. D'accord, c'est secret. Oui, exactement.
Est-ce qu'il a permis de fixer une ligne et une seule ? Je vous prends des exemples. On va parler des retraites, mais ne serait-ce qu'en nous évoquant l'IANA à l'instant. Jordan Bardella a estimé, c'était encore sur BFM TV, il l'a redit hier, que le garde des Sceaux aurait pu démissionner par honneur. C'est ce qu'a dit votre président. Alors que Marine Le Pen, elle estime que ça ne servirait pas à grand-chose. Vous êtes sur quelle ligne vous-même ?
Là, franchement, c'est vraiment couper les cheveux.
Non, ce sont des déclarations publiques sur des sujets importants de la part de...
Non, ce sont des minuscules polémiques. Ils n'ont pas encore une oreillette, tous les deux. Il n'y a pas une feuille de papier à cigarette entre les deux. Mais ils n'ont pas encore une oreillette en permanence. On a dû leur poser la question simultanément. Je pense que c'est interchangeable. Les deux réponses sont vraiment très, très... Enfin, ce sont les mêmes.
C'est comme tout et son contraire, c'est interchangeable.
Non, ce n'est pas tout et son contraire. D'un côté, il y a Jordan qui explique que, à titre personnel, il pense que le ministre aurait dû démissionner. Mais c'est vraiment, comment dire, il n'appelle pas à la démission. Il dit, si j'étais, M. Darmanin, voilà. Parlons des retraites. Aucun des deux n'appelle à la démission. Mais les deux pensent qu'à la place de Gérald Darmanin, ils auraient démissionné. Il n'y a pas de...
Parlons des retraites. De division là-dedans. Notre réforme permettra à ceux qui ont travaillé avant 20 ans de partir à partir de 60 ans avec 40 annuités. C'est ce qu'a dit Marine Le Pen. Elle l'a rappelé hier sur France 3. Après, elle évoque peut-être un progressif avec un âge légal à 62 ans. Alors que, vous le savez, Jordan Bardella a ouvert une porte. C'était dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung. C'était en mai dernier, il y a un mois. En disant, nous sommes en train, sur un report de l'âge légal, donc vraiment réouvrir le sujet, nous sommes en train d'examiner la question. Chacun pointe quand même une différence d'appréciation sur le sujet. Vous la niez ?
Oui, parce qu'elle n'existe pas. Ah bon ? Parce que Jordan n'a jamais remis en cause la ligne aujourd'hui, qui est celle du parti sur les retraites. Il la défend depuis des années et des années. Il la défend chaque jour sur tous vos plateaux.
Donc, s'il fait campagne demain, si Marine ne peut pas être empêchée, le 7 juillet, il fera une campagne sur les 60 ans.
Oui, enfin, je ne parle pas pour lui dans le sens où un projet présidentiel, c'est avant tout le projet d'un homme ou d'une femme. Mais sur ce point, il n'y a pas, comme sur tous les autres points d'ailleurs, il n'y a pas, je sais que ça fait des années et des années, qu'on cherche les divergences et divisions. Ce serait tellement confortable pour l'adversaire qu'il y ait une division entre Jordan et Marine. Il n'y a pas l'ombre du début d'une division entre Jordan et Marine sur quelques sujets que ce soit.
Donc, si c'est lui, si il est candidat, il fera campagne sur les 60, voire 62 ans, s'il y a les annuités au rendez-vous. Mais pas de report, pas de réflexion sur ce que veut la droite traditionnelle.
Les 60 ans et les 40 annuités, c'est pour ceux qui sont entrés sur le marché du travail avant 20 ans. La vraie question qui se pose d'ailleurs, c'est bien gentil de parler sans arrêt, les formes des retraites comme nos adversaires en parlent, mais ne font jamais rien. Mais le vrai problème, c'est l'emploi des jeunes et l'emploi des seniors, qui est 10 à 15 points inférieur à celui dans les pays voisins. Parce qu'aujourd'hui, l'âge moyen pour avoir un CDI définitif et commencer véritablement à cotiser en France, c'est 27 ans, alors qu'en Allemagne, c'est 23 ans. C'est là que nous avons la solution pour les retraites. Ce n'est pas dans des batailles de chiffres et d'annuités.
Nous avons une réforme. Cette réforme, elle ne coûtera pas plus cher que les autres. Et nous, nous saurons la financer parce que c'est un choix politique. Et nous saurons où faire des économies.
Marie Le Pen a évoqué hier, de façon très claire, une ouverture à la capitalisation, une dose, dit-elle, de capitalisation, pour ouvrir, on va dire, la réforme des retraites. Elle le propose, sauf que ça existe déjà, Franck Alizio, il y a à peu près 13 millions de Français qui sont sur des plans d'épargne-retraite, sans parler de ce qui se passe dans les entreprises. Quelle est l'idée, finalement, de dire capitalisation qui existe déjà ?
Il faut l'intensifier. Il faut la favoriser. Elle a expliqué aussi que ce n'était pas la panacée. Parce que si vous passez d'un système de répartition à un système de capitalisation, lorsque le système par répartition est déficitaire, c'est déjà pas possible. Et ensuite, ça mettra des années et des années à être mises en place. Donc, il faut continuer à renforcer la capitalisation sur les retraites complémentaires. C'est le cas depuis les années 90 dans la fonction publique. Ça a mis des dizaines d'années à arriver dans le privé. Il faut continuer à l'intensifier. Ça fait partie de la solution. Ce n'est pas l'alpha et l'oméga. Marine Le Pen n'a fait que le rappeler.
Le 7 juillet, c'est dans trois semaines, à peu près. J'imagine qu'il y a une forme de pression en interne au Rassemblement national. C'est ma dernière question. Franck Alizio, vous souhaitez ardemment que Marine Le Pen, nous verrons bien ce que décideront les magistrats, puisse se présenter. Elle est la candidate à vos yeux.
Je souhaite ardemment que Marine Le Pen puisse se présenter, évidemment. Je souhaite ardemment ce tandem que l'on a construit depuis des années. Marine à l'Elysée, Jordan à Matignon. Maintenant, on se bat. Vous l'avez vu avec cette réunion. Vous l'avez vu au quotidien. On se bat sur le terrain. On se bat sur vos plateaux. On se bat de partout. On a le calme des vieilles troupes.
Et si l'inverse arrive, c'est-à-dire Jordan Bardella candidat, ce sera Marine Le Pen à Matignon ? C'est de l'ordre du possible ? C'est une vraie question ? Non.
Marine Le Pen a toujours répondu qu'elle ne serait pas candidate pour aller à Matignon. Marine, elle est faite pour être présidente de la République. Si jamais quelque chose d'autre se décidait le 7 juillet, elle apportera tout son soutien. Et elle sera le plus fidèle et le plus solide surtout des soutiens pour le futur président Jordan Bardella.
Merci à vous, Franck Alizio. Merci. Merci beaucoup, Franck Alizio, d'être passé ce matin dans le studio de Sud Radio. Député des Bouges-du-Rhône, on le rappelle, président du groupe RN à la région PACA, mais également président du groupe Marseille en ordre. Au Conseil municipal, il est 8h32 et dans un instant sur Sud Radio. On va avec vous, amis auditeurs, ainsi qu'avec Françoise Degoy et le camarade Éric Revelle s'interroger sur le G7 à Evian en France avec, vous l'avez vu et vous l'avez entendu, une réception organisée sur mesure pour Donald Trump à Versailles. Ce sera mercredi soir. Ce que j'ai envie de vous poser comme question ce matin, c'est ce qu'on doit dire. Merci, M.
le Président, pour la place de la France à l'international. Et puis on va revenir, bien sûr, à ce qui se préoccupe beaucoup de Français, parce qu'ils vont se réunir nombreux devant les tribunaux de France ce soir, également place Vendôme, doit-on se préparer avec ces rassemblements spontanés suite, bien sûr, au meurtre de la petite Liana, au gilet jaune de la Justine, d'une certaine manière. Est-ce que ça vous touche ? Est-ce que ça vous intéresse ? Faites-vous partie des Français que ce meurtre a provoqué, avec la vive émotion qu'il a provoqué ? Est-ce que vous craignez un rassemblement beaucoup plus large ou est-ce que vous l'envisagez ? Pas le craignez.
Venez en discuter avec nous au 0826 300 300. A tout de suite.
Franck Allisio