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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 21 octobre 2015 10 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéImmigration & asileTravail & emploiRetraites

François Bayrou

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:14OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il y a quelque chose de violent ou d'explosif dans le climat ou l'humeur du pays ?

  • 1:49OuverteRéponse directe

    Calais où la population de migrants est passée de 3000 à 6000 en quelques semaines.

  • 2:50OuverteRéponse directe

    L'UNEDIC montre qu'il devrait y avoir une inversion en fin de la courbe du chômage l'an prochain.

  • 3:30OuverteRéponse partielle

    Qu'est-ce qu'on fait sur un plan sécuritaire et sur le plan du règlement de Calais ?

  • 3:54OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qu'il faudrait faire de plus, selon vous, pour rester sur cet exemple de Calais ?

  • 5:30RelanceRéponse directe

    Qu'il faut traiter sur un plan européen.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:23Invité politiqueFait
    « Je pense que c'est pire que ce que vous dites. »
  • 0:26Invité politiqueFait
    « Ce que je ressens c'est une ambiance de décomposition de la société française, elle n'est pas la seule. »
  • 0:44Invité politiqueFait
    « il y a des symptômes de décomposition absolue, et si l'on veut prendre la France, la décomposition la plus lourde, c'est celle de l'État. »
  • 1:43Invité politiqueFait
    « Alors ça n'est pas d'aujourd'hui que ça dure, c'est une décomposition continue, qui vient de loin, »
  • 1:55Invité politiqueFait
    « C'est vrai que c'est un camp où les conditions de vie sont absolument épouvantables »
  • 2:44Invité politiqueChiffre
    « les chiffres que vous égrenez tous les jours, les uns après les autres, sur les antennes, ceux de l'UNEDIC hier soir, »
  • 3:00Invité politiqueChiffre
    « que les chiffres précédents qui étaient optimistes ne sont pas justifiés. Et qu'on va avoir une situation pire que celle qu'on anticipait. »
  • 3:43Invité politiqueFait
    « il y a eu des ministres avant 2012, il y a eu des camps avant 2012, il y a eu des jungles avant 2012. »
  • 4:10Invité politiqueFait
    « C'est pourtant le principe qui est revenu depuis des années. Oui, mais la Grande-Bretagne qui dit qu'on ne veut pas être en Europe. »
  • 4:31Invité politiqueFait
    « il n'y a qu'une action possible. C'est celle que décideraient ensemble des gouvernements agissants, de la Grande-Bretagne, de la France, de l'Allemagne, de l'Italie, »
  • 5:36Invité politiqueFait
    « Je ne sais pas si vous avez vu les images terrifiantes hier soir à la frontière de Slovénie où vous aviez d'immenses foules ininterrompues de milliers et milliers de personnes avec des enfants en bas âge qui pataugeaient dans la boue, dans le froid. »
  • 6:16Invité politiqueFait
    « en créant des zones protégées, sécurisées et avec un début d'économie viable dans les pays d'où viennent les réfugiés en question. »
  • 7:07Invité politiqueFait
    « Il ne s'agit pas d'une voie libérale. Il s'agit d'une voie civique. »
  • 7:11Invité politiqueFait
    « C'est-à-dire le principe qu'un salarié ou un chef de petite entreprise, un artisan, puisse comprendre ce qui est écrit dans le code du travail. »
  • 8:41Invité politiqueFait
    « M. Cohen, est-ce qu'il y a un seul de ceux qui nous écoutent qui ignorent que l'âge de la retraite va avancer dans la vie des travailleurs ? »
  • 9:19Invité politiqueFait
    « Et c'est pourquoi j'ai depuis longtemps proposé une retraite par point, c'est-à-dire un système d'équilibre constant où on fixe, au fur et à mesure que cet équilibre doit se trouver et doit être modifié, les conditions même du départ à la retraite. »

Temps de parole

  • François Bayrou76 %
  • Présentateur24 %

2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour François Bayrou, des violences hier soir près de Grenoble, des émeutes liées à une décision de justice, des violences sociales comme Air France, la violence du débat public parfois avec ses marques d'hostilité dans le sillage du Président de la République, on l'a vu hier à la Courneuve. Est-ce qu'il y a quelque chose de violent ou d'explosif dans le climat ou l'humeur du pays ou est-ce qu'on exagère ces signes ?

0:21
François Bayrou

Je pense que c'est pire que ce que vous dites. Ce que je ressens c'est une ambiance de décomposition de la société française, elle n'est pas la seule. Ce que Bernard Guetta vient de dire de ce qui se passe au Moyen-Orient, ce qui se passe dans des sociétés voisines, plus lointaines, en tout cas il y a des symptômes de décomposition absolue, et si l'on veut prendre la France, la décomposition la plus lourde, c'est celle de l'État. Enfin, l'incapacité de l'État à agir, à faire respecter y compris sa propre loi.

Et cette incapacité de l'État, elle est si lourde que, j'écoutais sur France Info ce matin, c'était juste avant vous, un ministre, un membre du gouvernement, qui disait mais oui c'est inacceptable et ça ne doit pas se reproduire. C'est-à-dire exactement ce que nous entendons, chaque fois qu'il y a des événements de cet ordre, et ce que l'auditeur entend, c'est l'impuissance absolue de ceux qui sont au pouvoir. Alors ça n'est pas d'aujourd'hui que ça dure, c'est une décomposition continue, qui vient de loin, et qui doit appeler des réponses qui, pour l'instant, sont totalement absentes. Alors vous parlez quoi de réponse d'ordre sécuritaire de Calais ? On parle de Calais.

1:49
Présentateur

Calais où, je rappelle, la population de migrants est passée de 3000 à 6000 en quelques semaines.

1:55
François Bayrou

C'est vrai que c'est un camp où les conditions de vie sont absolument épouvantables, mais les conditions de vie c'est quoi ? Pardon d'être simple et même trivial, les conditions de vie ce sont des toilettes qui soient accessibles, et c'est que le camp, les chemins, les routes à l'intérieur du camp sont accessibles. Eh bien, sur tous ces plans, l'État du XXIe siècle est en vérité incapable de décider, trancher, aller vite, faire appliquer un certain nombre de choses. Et c'est vrai pour l'ordre, c'est vrai pour la sécurité, c'est vrai pour l'ensemble des décisions de l'État.

Et il ne faut pas s'étonner que tous les chiffres que vous égrenez tous les jours, les uns après les autres, sur les antennes, ceux de l'UNEDIC hier soir, soient toujours aussi mauvais, et chaque jour plus mauvais que le précédent.

2:50
Présentateur

Ce l'UNEDIC montre qu'il devrait y avoir une inversion en fin de la courbe du chômage l'an prochain.

2:56
François Bayrou

Ceux que l'UNEDIC a annoncé hier soir disent, que les chiffres précédents qui étaient optimistes ne sont pas justifiés. Et qu'on va avoir une situation pire que celle qu'on anticipait. Alors on vous dit, peut-être à la fin de l'année, il se passera des petites inflexions. Mais enfin, vous voyez bien que le constat que l'on fait, c'est que la dégradation est ininterrompue.

3:20
Présentateur

Une fois qu'on a fait ce constat, François Bayrou, d'une impuissance face à des problèmes dont on voudrait bien admettre qu'ils ne sont pas simples à résoudre et à traiter. Qu'est-ce qu'on fait ? Sur un plan sécuritaire et sur le plan du règlement de Calais, on en est à la septième visite du ministre de l'Intérieur. Aujourd'hui, Bernard Cazeneuve, il se rend sur place.

3:41
François Bayrou

Il y a eu des ministres avant 2012, il y a eu des camps avant 2012, il y a eu des jungles avant 2012.

3:47
Présentateur

Et des discussions avec la Grande-Bretagne, qui est quand même le premier pays concerné. Un accord encore récent conclu avec l'Angleterre. Qu'est-ce qu'il faudrait faire de plus, selon vous, pour rester sur cet exemple de Calais ? Et puis ensuite, on ira sur le terrain social qui me semble important, auquel vous venez de faire allusion. Social et économique.

4:04
François Bayrou

Qui dit la même chose. Bon, il est impossible que la Grande-Bretagne s'en remette à la France pour faire assurer sa propre frontière. C'est pourtant le principe qui est revenu depuis des années. Oui, mais la Grande-Bretagne qui dit qu'on ne veut pas être en Europe. On veut s'éloigner de l'Europe. Ils ne sont pas dans l'espace Schengen. On ne veut pas être à Schengen. Mais c'est exactement la même chose que nous faisons avec l'Italie. Et donc, il n'y a qu'une action possible. C'est celle que décideraient ensemble des gouvernements agissants, de la Grande-Bretagne, de la France, de l'Allemagne, de l'Italie, pour ne prendre que le secteur immédiat dans lequel nous sommes.

L'action solitaire, individuelle, d'un pays qui laisse à l'extérieur de ses décisions les autres pays européens est impossible. C'est pourquoi il y a tant de mensonges qui circulent. Parce qu'on fait croire qu'il suffirait de reprendre notre décision d'état personnel, individuel. Mais évidemment, on s'aperçoit, ne serait-ce qu'à aller, que plus vous allez vers l'ignorance ou en tout cas les pays voisins qui décident seuls sans vous et vous sans eux, plus vous êtes dans l'impuissance. Ce sont de vastes mouvements mondiaux

5:30
Présentateur

qu'il faut traiter sur un plan européen

5:32
François Bayrou

et qu'il faut traiter sur un plan européen et à mon avis qu'il faut traiter à la source. Je ne sais pas si vous avez vu les images terrifiantes hier soir à la frontière de Slovénie où vous aviez d'immenses foules ininterrompues de milliers et milliers de personnes avec des enfants en bas âge qui pataugeaient dans la boue, dans le froid. C'est évident que la France ne peut pas résoudre toute seule ce qui se passe à la frontière slovéne, vous comprenez. Et donc, l'action, elle doit être une action partagée avec des États voisins, frontaliers, avec qui on décide qu'on va agir.

Et on ne pourra agir qu'à la source et selon moi, en créant des zones protégées, sécurisées et avec un début d'économie viable dans les pays d'où viennent les réfugiés en question. Et vous voyez bien que ce n'est pas une action nationale. Ça ne peut être qu'une action partagée, coopérative, pour employer des mots simples.

6:34
Présentateur

Sur le plan social et économique, je voulais vous faire réagir aux annonces de la conférence sociale de lundi, notamment sur le plan dans un domaine qui devrait vous plaire, vous contenter, l'idée qu'il y aura un nouveau code du travail d'ici l'été. Je me souviens de votre apparition à France 2 à l'émission des paroles et des actes avec le code du travail français et puis le code suisse. C'est ça, vous aviez apporté le code suisse. Bon, on va vers un allègement du code du travail. Le gouvernement qui s'engage dans une voie plutôt libérale, comme dit ce traiteur de gauche.

7:07
François Bayrou

Il ne s'agit pas d'une voie libérale. Il s'agit d'une voie civique. C'est-à-dire le principe qu'un salarié ou un chef de petite entreprise, un artisan, puisse comprendre ce qui est écrit dans le code du travail. Je ne demande pas plus. Mais vous voyez à quel point on perd du temps. La scène que vous indiquiez, elle est déjà ancienne. Il y a six mois à peu près. Beaucoup plus que ça, je crois. Enfin bon, je n'ai pas la date en tête. Et quand j'ai montré ce code du travail, toute la gauche m'est tombée dessus en disant « Mais ce n'est pas possible. Il veut s'attaquer aux acquis. C'est un homme de réaction et de régression.

» Et il a fallu des mois et des mois pour qu'on en arrive à poser ce principe simple qu'un code s'est fait pour être compris. Que nul n'étant censé ignorer la loi, ce qui est le grand précepte, eh bien il faut que la loi soit lisible. Et quand la loi est lisible, c'est la faute de ceux qui l'ont rédigé. Et donc, on voit là que, dans ce domaine, mais il y en a beaucoup d'autres, aujourd'hui, il y a une incapacité de traiter simplement des problèmes qui exigent des réponses rapides.

8:11
Présentateur

Bon, ben là, ce sera traité. Oui. On verra le résultat. On verra le résultat. Un mot de commentaire sur le caland de Grec. Enfin, écoutez, projet de loi en décembre, début 2016. Et vote d'ici l'été prochain. Un mot de commentaire aussi sur le préaccord des partenaires sociaux concernant les retraites complémentaires et qui acte le fait que la retraite, pour toucher une retraite à taux plein, l'âge est reculé d'un an, de 62 à 63 ans.

8:41
François Bayrou

M. Cohen, est-ce qu'il y a un seul de ceux qui nous écoutent qui ignorent que l'âge de la retraite va avancer dans la vie des travailleurs ? Est-ce qu'il y en a un seul ? Ah ben, certains le contestent. Si, oui, ils le contestent parce que c'est le jeu de rôle. Mais la vérité de tous ceux qui nous écoutent, c'est qu'ils savent que l'âge moyen de la vie avançant, le nombre de personnes qui sont à la retraite augmentant, il faudra un mouvement qui soit un mouvement de fixation de l'âge de la retraite progressivement vers des âges où l'équilibre puisse se trouver entre cotisants et pensionnés. Tout le monde le sait.

Et c'est pourquoi j'ai depuis longtemps proposé une retraite par point, c'est-à-dire un système d'équilibre constant où on fixe, au fur et à mesure que cet équilibre doit se trouver et doit être modifié, les conditions même du départ à la retraite. Vous partez plus tôt, vous touchez moins. Vous partez plus tard, vous touchez plus.

9:44
Présentateur

C'est le principe qui a été retenu vendredi dernier.

9:47
François Bayrou

Oui, c'est le principe qui a été retenu, mais vous voyez bien à quel point les mois passent et les années passent et on a l'impression constamment de perdre du temps.

9:56
Présentateur

François Bayrou, invité de France Inter.