L'invité d'Apolline Matin : Arnaud Robinet - 15/04
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Défensif 40 %
Questions et réponses
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- 0:57OuverteRéponse directe
Donc la situation s'aggrave, est-ce que l'hôpital face à cela a les moyens de faire face ?
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Les CMP, redites-le.
- 1:52OuverteRéponse directe
Parce qu'aujourd'hui, non seulement ça s'aggrave, mais ça s'aggrave aussi pour une autre raison.
- 2:26OuverteRéponse directe
Vous dites qu'il faut plus de formation, qu'il faut davantage de psychiatres dans les écoles de médecine, si je résume ainsi.
- 2:32FerméeRéponse directe
Mais il faut aussi un plan d'urgence ?
- 3:04OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'on commence à avoir le début d'une explication ? Pourquoi les filles ? Pourquoi les jeunes ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:30Invité politiqueChiffre
« Vous l'avez dit, plus de 118% d'hospitalisation pour tentative de suicide chez les jeunes femmes entre 12 et 14 ans. »
- 0:41Invité politiqueChiffre
« Nous avons plus de 200 000 hospitalisations de plus à l'hôpital public depuis 6 ans. »
- 1:08Invité politiqueChiffre
« Il manque 40% de postes vacants chez les psychiatres à l'hôpital public. »
- 1:15Invité politiqueFait
« 40% de postes vacants, c'est considérable. »
- 1:15Invité politiqueChiffre
« Et un tiers de pédopsychiatres en moins à l'hôpital public. »
- 5:00Invité politiqueChiffre
« Un Français sur deux annonce avoir renoncé à des soins. »
- 5:03Invité politiqueChiffre
« Il y a 10% de la population qui n'a pas de médecin traitant. »
Temps de parole
- Arnaud Robinet67 %
- Présentateur33 %
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Vous écoutez RMC.
Vous l'avez dit, plus de 118% d'hospitalisation pour tentative de suicide chez les jeunes femmes entre 12 et 14 ans. Nous avons plus de 200 000 hospitalisations de plus à l'hôpital public depuis 6 ans. La situation s'aggrave et on a l'impression que l'on ne fait rien. C'est vraiment un enjeu de santé publique majeur et il faut donc véritablement agir aujourd'hui. Il est temps d'agir.
Donc la situation s'aggrave, est-ce que l'hôpital face à cela a les moyens de faire face ?
L'hôpital public fait face à accueillir plus de 200 000 patients supplémentaires. Mais la situation est laquelle ? La situation est la suivante. Il manque 40% de postes vacants chez les psychiatres à l'hôpital public. 40% ? 40% de postes vacants, c'est considérable. Et un tiers de pédopsychiatres en moins à l'hôpital public.
Donc on se retrouve avec 200 000 patients supplémentaires d'un côté, 40% de postes non pourvus en face.
C'est ça, la réalité elle est là. Alors donc ce que nous demandons, nous à la FHF, au pouvoir public, notamment dans la formation des médecins, c'est accentuer la formation de psychiatres. C'est aussi accompagner les CMP.
Les CMP, redites-le.
Les CMP, les centres médicaux psychologiques que l'on a sur nos territoires. C'est véritablement mettre les moyens sur la santé mentale, la psychiatrie et la santé mentale de manière générale.
Parce qu'aujourd'hui, non seulement ça s'aggrave, mais ça s'aggrave aussi pour une autre raison. C'est qu'au fond, on n'a pas le suivi avant que ça ne soit trop grave. On manque de rendez-vous avant. Les délais sont trop longs. Difficile d'obtenir des rendez-vous pour les jeunes, notamment les pédopsychiatres. C'est extrêmement compliqué aujourd'hui.
Vous savez, il faut jouer sur la prévention et l'accompagnement. Vous avez entièrement raison. Chez les jeunes, on voit la difficulté aussi de la médecine scolaire aujourd'hui. Avec un membre de médecin scolaire, d'infirmière scolaire. Ce qui fait que nos jeunes sont laissés dans la nature sans accompagnement. On ne détecte pas, je dirais, les signes précurseurs de mal-être.
Vous dites qu'il faut plus de formation, qu'il faut davantage de psychiatres dans les écoles de médecine, si je résume ainsi. Mais il faut aussi un plan d'urgence ?
Il faut un plan d'urgence. Il nous faut d'emblée la nomination d'un délégué interministériel. Vous savez, le gouvernement a relancé cette année sur la santé mentale, cette grande cause nationale. Elle avait été lancée par Michel Barnier. Mais au-delà des mots, il y a quoi ? Il y a des mots, mais derrière, il n'y a pas les moyens, il n'y a pas d'action. Nous sommes aujourd'hui au mois de mai. Rien ne s'est passé depuis quasi un an et demi, depuis la dernière grande cause nationale lancée par Michel Barnier. Aujourd'hui, il y a des mots, nous attendons des actes. Il n'est plus temps d'attendre, il faut agir immédiatement.
Est-ce qu'on commence à avoir le début d'une explication ? Pourquoi les filles ? Pourquoi les jeunes ?
Aujourd'hui, on n'a pas trop d'explications. Alors, on peut mettre ça aussi sur la crise encore de la Covid, bien évidemment. Vous savez, cette jeunesse qui a été perturbée, qui a fait les frais, je dirais, de cette crise sanitaire. Après, est-ce qu'on peut mettre ça aussi sur le sujet des réseaux sociaux ? Enfin, il y a vraiment ce mal-être que l'on sent dans la jeunesse. Et malheureusement, j'ai l'impression que nos pouvoirs publics, on parle beaucoup, bien évidemment, de nos seniors, ce qui est très bien. Mais on parle très peu de la jeunesse. On ne donne pas d'espoir à la jeunesse. On est assez anxiogène vis-à-vis de notre jeunesse et on ne les accompagne pas.
On a évoqué des maisons d'adolescents, des maisons de l'adolescence. Est-ce que ça, ça fonctionne ? Et est-ce que vous en avez les moyens ?
Il faut les développer sur l'ensemble des territoires. Dans chaque département, il faut des maisons des adolescents. Dans mon territoire, dans la Marne, nous y travaillons. D'ailleurs, les pouvoirs publics locaux, les communes ont un rôle à jouer majeur aussi dans ce domaine de la santé mentale pour les jeunes. Il faut que l'on agisse de façon, dans un continuum, je dirais, de prise en charge des collectivités jusqu'à l'État. Les maisons des adolescents fonctionnent, il en faut plus sur notre territoire.
10-14 ans, c'est cette classe d'âge dont vous évoquez qu'elle a ces tentatives de suicide qui ont doublé, plus que doublé en 5 ans, et des hospitalisations. 10-14 ans, c'est extrêmement jeune.
C'est extrêmement jeune, c'est ce qui est inquiétant, parce que les 10-14 ans, c'est l'avenir de notre pays, c'est la France de demain. Et si on ne les accompagne pas, si on ne prend pas en compte véritablement ce sujet, c'est une crise majeure qui nous attend dans les années à venir. C'est un véritable défi aujourd'hui. Vous savez, on parle d'un défi du vieillissement de la population. Moi, je dis que l'autre défi majeur, c'est notre jeunesse et la prise en charge de notre jeunesse.
Un dernier mot, Arnaud Robinet, parce que plus globalement, au-delà de la seule question de la santé mentale, on a compris dans les différentes études qu'au fond, la préservation de notre système de santé était au cœur des préoccupations des Français. Est-ce que notre système de santé est aujourd'hui fragile ?
Il est fragile, bien évidemment. Un Français sur deux annonce avoir renoncé à des soins. Il y a 10% de la population qui n'a pas de médecin traitant. Notre système de santé est fragile. L'hôpital public fait face, bien évidemment. Et je tiens à saluer l'ensemble des agents hospitaliers. Mais l'ensemble des acteurs du monde de la santé essayent de faire face avec les moyens qu'ils ont. Mais c'est un enjeu principal, notamment dans le débat de 2027. Les Français le demandent. Et j'espère que les candidats à la présidentielle vont en prendre en compte.
Préserver notre système de santé est l'une des priorités des Français. C'est ce que révèle notamment l'enquête Ipsos BVA pour Le Monde. Il a été publié lundi, une enquête vraiment de fond sur les priorités des Français. Merci Arnaud Robinet d'avoir révélé ces chiffres ce matin particulièrement inquiétants. Arnaud Robinet, vous êtes le président de la Fédération hospitalière de France. Et ce chiffre très inquiétant, 17% de tentatives de suicide chez les jeunes en plus depuis 2019.
Arnaud Robinet