Parapluie nucléaire : Emmanuel Macron prêt à bouger ?|LCI
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Immédiatement sur ces toutes dernières déclarations d'Emmanuel Macron qui a parlé à la presse allemande, précisément au Frankfurter Algemanet Saitung. Il dit la chose suivante, c'est très énigmatique. Il dit "Le parapluie nucléaire français est en place.
Je travaille actuellement à la mise à jour de notre doctrine et souhaite approfondir le dialogue stratégique avec les Européens qui le souhaitent. Est-ce que est-ce que euh messieurs dames est-ce qu'il est question là de partager encore davantage la bombe atomique puisque nous sommes les seuls aujourd'hui en Europe avec bien sûr le Royaume-Uni mais on va voir que c'est un peu différent parce qu'il dépend des États-Unis. Est-ce qu'on est prêt aujourd'hui à le partager davantage ?
La question n'est pas facile de Doline de Bonot surtout on le partage pas et ça c'est quelque chose qui changera jamais. Il y aura jamais de partage de la dissuasion. Il y a un parapluie qui peut quand même euh, j'allais dire rentrer dans le cadre de l'Europe.
On peut euh c'est c'est ce qu'avait dit déjà Emmanuel Macron, le ministre des armées, c'est-à-dire proposer une discussion stratégique. Il l'avait déjà dit, pour étendre la dissuasion, sachant que presque tous les présidents euh ont dit qu'il y avait une dimension européenne au aux intérêts vitaux de la France, les intérêts vitaux que seul le président définit hein, personne d'autre. Donc ça c'est une réflexion qui est engagée.
Il y a des discussions entre États là-dessus. Il y a des vraies pistes hein par ailleurs qui sont envisagées euh pour voilà discuter de ce que l'un peut apporter à l'autre mais jamais dans le cadre d'un partage de la dissuasion qui ça n'existe. Le président, il dit il existe tout de toute façon une dimension européenne depuis 1962.
Oui bien sûr. Et avant lui François Hollande l'avait dit François Mitteran l'avait dit lui l'a répété. Il y a eu un un discours à l'école de gar, il y en a eu plusieurs.
Il y a de toute façon une dimension européenne aux interhabitaux de la France puisqu'elle est en Europe, puisqu'on a le même marché, il y a le marché intérieur et cetera et cetera. Donc ça c'est un constat. À partir de là, comment on peut intégrer des États alliés pour soutenir nos forces nucléaires, les protéger ?
Qu'est-ce que nous on peut leur apporter ? Tout ça, c'est évidemment une discussion qui est possible mais qui j'insiste là-dessus parce que souvent il y a il y a il y a c cette confusion, il y aura jamais de de partage de la dissuasion. Ça veut dire que c'est voilà la France qui fabrique ses moyens nucléaires et c'est la France qui peut prendre seule la décision d'utiliser ou par l'arme nucléaire.
Enfin pas la France d' seul le président de la République. Et ça c'est quelque chose qui bougera jamais queles que soient les discussions qui peuvent être longues sur plusieurs choses intéressantes par ailleurs. Le général Patrick Dutartre nous a rejoint sur ce plateau.
Bonjour général. Vous êtes donc général de l'armée de l'air, ancien pilote de chasse. Quand on vous parle aujourd'hui de dissuasion nucléaire, en précisant à l'instant qu'on va réfléchir à l'actualisation d'une doctrine.
Qu'est-ce que ça peut vouloir dire dans la tête d'Emmanuel Macron et de toute façon dans le jargon ? Alors moi je reprends ce que dit Gwendoline partage la diffusion enfin oui oui et non parce que vous pouvez étendre en fait ce parapluie entre guillemets nucléaire. Là ce qui ne se partage pas c'est l'appui sur le bouton.
La décision. La décision. Par contre, la dissuasion, elle peut être globale, elle peut être enfin, elle peut être agrandie euh des intérêts vitaux de la France ou des intérêts vitaux de l'Europe.
C'est c'est dans ce cas là, faisons un point concret sur aujourd'hui ce fameux parapluie, il englobe quoi ? Qui est-ce qui en profite ? Dans quelle mesure ?
Tout ça est un peu flou, je crois justement. Ah mais c'est c'est fait exprès d'ailleurs. Les seuls qui ont pas de doute, c'est c'est la France.
Mais après, est-ce que ça concerne l'Allemagne ? Concerne l'Italie, est-ce que ça concerne les Pays-Bas ? On peut se poser la question jusqu'où on peut aller ?
Est-ce que ça les Pays-Bal ? Je suis pas sûr. Est-ce qu'on va jusqu'à la Pologne ?
Enfin voilà, c'est toutes des questions à mon avis qui sont intéressantes. Ce qui pourrait être intéressant de manière globale, c'est que les Européens nous aident parce que ça coûte cher quand même cette dissuasion nucléaire. Donc euh un parapluie où euh le bouton resterait euh à la France, mais qu'on puisse élargir en fait la préparation euh l'effort que ça représente.
Ce serait une chose intéressante en fait. Ça veut dire que par exemple euh pour ça, on pourrait imaginer qu'il y a une contribution financière de la part des États et qu'on échange de ça assez simplement, on puisse bah du coup prolonger comme ça. Admettons, on prenait l'exemple de l'Italie.
Aujourd'hui, s'il arrive quoi que ce soit sur l'Italie, la France n'est absolument pas tenue de réagir avec sa propre arme atomique. On est d'accord ? Non, évidemment, parce que c'est euh comme ça a été très bien dit, un dogme absolu, c'est-à-dire la dissuasion nucléaire française, elle n'appartient qu'au président de la République.
Et donc si on peut étendre ce parapluie nucléaire, c'est-à-dire géographiquement à certains pays, ça c'est une possibilité, on peut effectivement imaginer que on demande une contribution parce que naturellement nos deux vecteurs de qui servent à à porter cette dissuasion nucléaire, c'est-à-dire les sous-marins de l'île longue et puis la la composante aérienne, tout ça effectivement nécessite des financements très importants. Mais il y a aussi autre chose quand même qui est fondamentale et consubstantiel à la dissuasion nucléaire, c'est le secret et l'incertitude stratégique. C'est-à-dire dans la mesure où vous dites voilà, je j'étends mon parapluie nucléaire à l'Italie, à la Pologne, à l'Allemagne, que sais-je, au Pays-Baltte, vous vous privez de cette composante justement qui est celle de la surprise, celle de l'incertitude.
Et ça, il faut pas y toucher. Et d'ailleurs, Emmanuel Macron avait été très critiqué il y a quelques années déjà, vous vous en souvenez sans doute, parce que il avait parler un peu trop. On lui avait dit, on lui avait reproché d'avoir été trop précis sur ce qu'il pourrait advenir de la dissuasion nucléaire.
Or, qu'il fasse contribuer un certain nombre de pays à au moyen à la mise en œuvre, pourquoi pas ? dire on va protéger tel pays et pas tel autre. Je pense que ça serait extrêmement hasardeux voire imprudent.
Wendoline rappelons quand même que le Royaume-Uni aussi dispose de la bombe atomique mais n'a pas les mêmes largesses pour l'utiliser que la France puisque elle ne dispose pas de tout de manière comment pour dire souveraine. Exactement. Absolument.
Elle fabrique pas tout. Et mais en juillet dernier d'ailleurs, les Français et les Britanniques avaient dit "On a on est des forces nucléaire indépendante mais on peut se coordonner." Ça aussi c'est intéressant parce que quand on parle de d'extension de la dissuasion, donc il y a deux puissances nucléaires sur qui sont effectivement le la Grande-Bretagne et la France, il y a vraiment plein de choses à imaginer autour de cette dissuasion.
Bon, je je parle sous votre contrôle, mais on peut imaginer et et ce sont des idées qui ressortent régulièrement entre États européens euh euh de protéger cette dissuasion que d'autres États mettent leur capacité euh par exemple si les Russes veulent traquer les sous les les les sous-marins, les SNLE, d'aider à protéger via des capacités sous-marines pour protéger autour de de ces sous-marins, même si on ne connaît pas exactement le le chemin, mais en tout cas voilà, de mettre à disposition des capacités pour rendre cette dissuasion encore plus crédible et justement ne pas arriver à cette dissuasion. Ça c'est des choses qui sont qui sont possibles. Général, il parle de 2026 Emmanuel Macron, il dit qu'il s'exprimera sur ce sujet en 2026.
Pourquoi un tel délai ? Un tel délai parce que c'est c'est évidemment des questions éminemment compliquées et qu'il faut se coordonner avec des tas de chefs d'état là-dessus. Oui, parce que je pense que il y a pas d'urgence ce Ducun vous dirait qu'il y a une une urgence russe.
Pardon ? Ducun vous dirait qu'il y a une urgence russe ? Euh non, aujourd'hui je je pense qu'aujourd'hui le l'OTAN, de MIR globale et l'Europe ne sont pas menacés par euh par le nucléaire euh ce qui est pas forcément le cas de l'Ukraine euh pour une diffuation entre une attaque nucléaire tactique.
C'est des choses que que qu'on peut envisager déjà dès le premier jour, mais aujourd'hui il y a pas de menace à ce niveau-là. Pour rebondir ce que disait Kendoline, c'est que il y a des réflexions qui sont intéressantes. La coordination aussi franco-britannique là-dedans, qu'est-ce que ça veut dire ?
Chacun garde son bouton. Sachant que le bouton britannique est différent du bouton français. Un bouton français est totalement autonome.
Là, il y a une contribution américaine qui est extrêmement importante pour la composante britannique. Mais on peut dire qu'on se partage une zone. Par exemple, en dessous de tel parallèle, c'est les Français.
Au-dessus de tel parallèle, ce sont les Britanniques. De manière à ne pas forcément voguer dans les mêmes eaux. Ouais.
Donc ça, on peut aussi se mettre d'accord en disant bah quand on a trois à la mer, moi j'en mets deux tout ça et et même faire des annonces simultané. On on peut euh non pas jouer parce que le le terme est mal choisi, mais on peut euh il y a il y a un terme pour ça. Euh mais si c'est ça, ça veut dire que du côté des Britanniques, on est obligé de demander l'aval des Américains.
Alors ça ça ça c'est une chose effectivement pour euh pour pour l'appuyer sur le bouton, mais on peut se coordonner en fait de manière beaucoup plus intéressante en faisant des même des exercices. Par exemple, les Français dit ben écoutez, nous on met en alerte nos moyens aériens euh des des déjà c'est absolument pas discret. hein, on l'annonce, on fait un exercice particulier ou au contraire, on commence à sortir les vecteurs, je peux vous dire que ça commence à chauffer euh sérieusement, on peut mettre des ravitailleurs en vol, on peut faire des choses et puis les sous-marins, on peut en mettre 1 2 3, enfin mettre plus à la mer en fonction euh et de manière coordonnée au cul britannique.
Donc, il y a tas de choses à faire. Ça c'est pour l'action, ceux qui disposent des des des vecteurs et des moyens de dissuasion. Et puis avec des autres pays, bon, on pense tout de suite évidemment à l'Allemagne, à la Belgique, euh à l'Italie, euh l'Espagne aussi évidemment, même si leur menace est quand même un peu plus un peu différente, plus éloignée et donc euh voilà, si les Allemands veulent contribuer avec nous, bah tant mieux.
Ce serait bienvenu surtout pendant dans l'état actuel de nos de nos finances. Donc je pense qu'il y a des choses à faire. Mais voilà, autre déclaration intéressante d'Emmanuel Macron dans ce Frankfurter Algamine Saitung.
Il dit "Nous avons répété à plusieurs reprises à Moscou ce que nous ne ferons pas. C'est un signe de faiblesse. Nous devons endormir Poutine dans l'incertitude." Franchement, quand on lit ça, on a quand même aussi un peu l'impression que on est très loin du "Il faut dialoguer avec Poutine.
Là, le dialogue est complètement rompu. Il veut passer, j'allais dire la seconde dans le dialogue avec Vladimir Poutine. Il faut être plus ferme." C'est ce que disent tous les Européens.
Mais personne n'arrive à le faire. Bah ce virage à 180° du côté d'Emmanuel Macron, il a été fait déjà depuis longtemps, même s'il a été le dernier chef d'état ou de gouvernement occidental à essayer de continuer le dialogue avec Poutine en le poussant jusqu'à l'extrême et avec les rebuffades que l'on sait et finalement le résultat qui a été cette rupture puisque désormais la Russie, le cremelin est désigné comme l'ennemi. Donc c'est déjà au moins comme l'adversaire en tout cas potentiel.
Donc c'est déjà une conversion qui a été faite maintenant sur le fait que on n' pas été suffisamment justement ambigu et on revient à la question de la dissuasion nucléaire. euh quand il dit "Nous avons euh déjà posé des limites à ce que nous ne ferions pas", je pense que ça a été naturellement une erreur. Ce qui a été pas seulement celle de la France, pas seulement celle de l'Europe, mais aussi celle des États-Unis et notamment sous le mandat de Joe Biden qui avait euh euh dès le départ ce que les États-Unis se refuseraient à faire face à la Russie.
Et à partir du moment où vous donnez des indications de cet ordre à votre adversaire potentiel, vous vous mettez en position de faiblesse parce que ça lui donne euh des éléments de réflexion pour sa propre stratégie et c'est très négatif, c'est très néfaste dans un affrontement avec une puissance nucléaire. Le terme d'affrontement est intéressant parce que justement Emmanuel Macron, il dit ceci : "Nous avons sous-estimé la menace. On ne peut plus passer d'un état de paix à un état de guerre du jour au lendemain.
Nous sommes en situation de confrontation permanente. Le terme de confrontation est intéressant parce qu'il a été utilisé justement par ce même président de la République quelques heures avant depuis Copenhag. Écoutez, nous sommes dans une confrontation avec la Russie qui depuis plusieurs années est un acteur très agressif dans notre espace informationnel.
On l'a vu dans le cadre des élections comme ailleurs qui multiplie les attaques cybernes qui évidemment a lancé une guerre d'agression en Ukraine qui utilise la menace nucléaire et qui aujourd'hui on le voit bien provoque dans des espaces aériens. Tout ça est un ensemble hybride qui est dans le champ de la confrontation. Ce sont pas tes déclarations faites au hasard Gwendeline ?
Parce que quand on martelle comme ça un mot dans plusieurs médias et dans plusieurs déclarations, ça s'appelle des éléments de langage. On veut envoyer un message clair. Oui.
Oui. Qui a une confrontation. On est sous le seuil d'un conflit armé clairement.
Mais il faut voir aussi, et c'est pour ça je je pense qu'il le rappelle toute la liste de de de ce qu'a fait la Russie dans cette guerre hybride, dans ces actions hybrides. C'est quand même voilà un pays qui qui fait des actions de sabotage. Enfin en France faut rappeler qu'il y en a quand même eu plusieurs.
Il y a eu un projet d'attentat déjouet tout de même dans le nord de Paris. Il y a eu euh des actions faites euh pour disons miner un peu la cohésion sociale à la fois sur les réseaux sociaux mais les mains rouges euh qui était tagué euh euh sur le le mémorial de la CHOA. Il y a eu les cercueils sous la tour Effel plus maintenant des actions qui vont un peu plus dans le champ conventionnel.
C'est pour ça aussi que là on monte d'un cran avec ses drones dans les espaces aériens et ça c'est effectivement des actions qui sont régulières, c'est tous les jours. Donc il y a effectivement une confrontation qui est sous le seuil du conflit armé mais qui est vraiment réel et la nécessité et puis là c'est le sommet Copenhague je pense du pour les opinions publiques d'une prise de conscience mais qui existe. Est-ce que vous le trouvez bien choisi général ce terme de confrontation ?
En effet, on va pas totalement dans le conflit, mais on nous dit qu'on est au-delà d'une simple divergence de point de vue ou d'un désaccord. Je dirais moi une confrontation indirecte. Alors, c'est direct mais c'est pas affiché comme tel.
Tout tout toutes les actions de déstabilisation intérieure ce que vous évoquez Guendoline à l'instant plus à des informations, c'est indirect, c'est pas affiché la Russie, on a fait ça. Euh c'est toujours par des proxis. Euh c'est pas direct.
En revanche, en Afrique, ce qui a été fait euh par euh Wagner et Enco euh notamment dans les pays Sahel d'une désinformation active, euh ça c'était quand même limite de confrontation euh directe, même si le même s'ils attaquaient pas au aux troupes françaises. Donc oui, il y a une confrontation. Bon, direct ou indirect, on on peut en parler, mais c'est vrai qu'il faut se mettre dans un état de vigilance accrue et puis bah laisser pas laisser passer grand-chose, même s'il faut faire preuve de discernement.
Euh même le président de la République à l'ONU a dit "Oui, mais attention, il faut qu'on reste mesuré dans nos actions, notamment en manière de en matière d'interception aérienne. Euh, c'est des choses qu'on connaît assez bien, hein. Euh et même le chef d'état-major américain euh de Sakure euh parlait aussi dans ces termes-là, lui-même qui qui a qui a fait ce genre de de d'opération en vol.
Bertrand Galich, quand on voit Emmanuel Macron qui parle en effet de revoir cette doctrine nucléaire puis là parle de confrontation permanente, est-ce qu'il est suivi par les autres chefs d'état dans cette rhthorique déjà qui dit "Attention Moscou, on n'est pas très loin et on commence à s'agacer". C'est en train de monter clairement, il y a une prise de conscience et les propos du président de la République qui sont évidemment à l'adresse du Kremelin en priorité sont aussi pour faciliter cet effet d'entraînement. qui a déjà bien cranté parce que on le voit avec les déclarations de la première ministre danoise que nous évoquions tout à l'heure, mais aussi avec celle d'autres dirigeants européens.
Cette prise de conscience, elle monte en puissance et elle se généralise quasiment avec la nécessité et ça a été rappelé justement par le président de la République notamment aux Nations-Unies cette nécessité d'une riposte graduée et qui donc permet de ne pas tomber dans le piège du Kremelin qui est de pousser les Européens à la faute pour justifier une escalade. là en fait, quelle est la stratégie de la France et qui paraît dans les conditions actuelles au point où nous en sommes assez raisonnable et assez pertinente.
Emmanuel Macron