Haute-Saône : cet agriculteur rencontre Macron pour lui dire "ses vérités"
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Le grand [musique] matin Sud Radio 7h10h, Patrick Rochet, il est 7h14, c'est à la une ce matin le déplacement d'Emmanuel Macron, notamment en haute zone pour rencontrer des agriculteurs. Nous sommes avec Guillaume Faucognier, exploitant laitier à Cubri les favernets, hein, c'est en haute zone. Bonjour Guillaume Faucognier.
Bonjour. Bonjour. Vous avez prévu de rencontrer donc Emmanuel Macron aujourd'hui ?
Oui oui, en fin de matinée, on a rendez-vous avec lui. Oui. Qui qui a organisé cela ?
Comment comment ça se ça se prépare une telle rencontre ? Guillaume Faucogier ? Ben l'Élysée annonce, le préfet après passe par nous et puis euh aujourd'hui pour essayer de ben de trouver une ferme et puis et puis d'organiser cette rencontre au mieux avec la profession.
Ouais. Voilà, c'est ça. Donc mais il sera sur votre ferme ou à côté ?
Non, non, non, il est dans une ferme qui a qui a une demi-heure de chez nous. D'accord. Euh nous, c'est nos responsabilités qui nous ont fait gérer ça.
Voilà. Ouais. Voilà.
Bon, alors vous allez le rencontrer le président de la République. Qu'est-ce que vous allez lui dire ? Euh je rappelle que vous vous êtes un producteur de lait, hein.
C'est ça. Vous avez Tiens B. D'ailleurs, euh précisez-nous votre exploitation.
C'est c'est combien de vaches et combien de litres de lait ? On trait 160 vaches aujourd'hui, 2 million de litres de lait. Ah oui, c'est 160 vaches.
Oui, effectivement la traite qui va avoir lieu là où tout à l'heure. Non, on est en cours. Vous êtes en cours.
Alors qu'est-ce que vous allez lui dire quoi à Emmanuel Macron ? Bon, on a on a plusieurs choses amené sur le terrain déjà. Est-ce que est-ce que l'État français veut encore d'une France de production aide ses agriculteurs ?
J'ai bien dit l'État français, j'ai pas dit la France parce que on se rend compte aujourd'hui c'est vraiment bah l'État qui qui nous met un peu des bâtons dans les roues. Euh aujourd'hui nous sur le prix du lait qui est en train de dégringoler à une vitesse assez assez décente depuis depuis 4 5 mois. Euh on se rend compte que nos voisins allemands suit les 12 derniers mois euh c'est 21000 € de chiffre d'affaires en plus sur une fermée moyenne de France.
Euh qui aujourd'hui euh quel chef d'entreprise serait capable de se passer de 20000 € de chiffre d'affaires euh aujourd'hui sur une année par rapport à à nos voisins européens quoi. Ouais. Pourquoi les prix pourquoi les les prix du lait baissent ?
Et ben parce qu'aujourd'hui le prix du beurre et de la poudre sur les marchés euh sont en train de s'effondrer. Euh nous, on avait mis des lois égalim en place euh pour euh éviter qu'on soit sur ce marché-là au niveau français, donc pour éviter qu'on ait des fortes hausses. Mais par contre, quand on est à la baisse, ben que ces baisses-là sont un petit peu atténuées.
Et aujourd'hui, ben preuve que certaines entreprises dont l'actalis aujourd'hui ne souhaitent pas les respecter quoi. Ouais. Ouais.
Mais alors l'actalis euh c'est parce qu'ils sont sur le le marché probablement quoi où ils écoulent le beurre la enfin et tout ce qui vient des de du du lait quoi, des produits laitiers. Euh ouais mais aujourd'hui nous l'actalistes par exemple dans le département on a un IGP qui s'appelle l'IGP Concoyot d'ailleurs que je je j'appelle j'appelle j'appelle tous les Français à goûter ce produit. C'est un produit qui est nutrice corore A, donc est plutôt plutôt très bon pour la santé et ce produitl aujourd'hui n'est pas valorisé à sa juste valeur parce que on est sur des marché européens alors que nous l'actalis aujourd'hui dans notre secteur on fait de l'IGP conquyote.
Donc l'IGP conquoyote pour moi il devrait être valorisé et ça l'actaliste ne veulent pas l'entendre aujourd'hui. Ouais mais euh c'est la grande difficulté c'est-à-dire que vous êtes un marché où les prix sont très instables quoi. Bah c'est très volatile et on est sur des marchés aujourd'hui qui sont européens voir mondiaux.
H et la concurrence est complètement déloyale. Aujourd'hui, on a des normes franco-françaises. Alors, il y a pas que pour l'agriculture, il y a aussi pour toutes les PME, que ça soit sur le plan euh fisal, enfin fiscal, social, euh écologiste ou que c'est qu'on a des normes en France euh que nous nous coûtent sur toutes nos entreprises et on est sur des marchés aujourd'hui rémunérateurs qui sont qui sont européens voir mondiaux.
Donc la concurrence est plus que des loyales aujourd'hui. Ouais. Euh donc vous allez euh dire à Emmanuel Macron que euh il faut que l'État intervienne différemment, mieux parce que on a du mal à comprendre comment effectivement on pour on pourrait faire pour améliorer et surtout maintenir des agriculteurs sur de tout le territoire et notre souveraineté alimentaire, quoi.
Ah ben moi clairement aujourd'hui ce que je vais ce qu'on veut demander à l'État et moi c'est mon point de vue, c'est qu'on veut pas de on veut pas d'aide. Tout le monde dit "Ouais, vous allez t'aider." Non, moi je veux pas des aides, j'ai pas besoin de de l'argent des contribuables pour vivre.
Je veux juste des prix qui soient rémunérateurs. Ouais. Et sur les cinq dernières années aujourd'hui, nous dans le lait, on fait tr années à perte, une année à l'équilibre et l'année dernière donc c'est qu'on fait plutôt une bonne année dans le lait, donc c'est qu'on fait une année qui est positive.
Mais combien d'entreprises aujourd'hui sur 5 ans sur une année positive s'en sortirait ? Alors n nous ce qu'on fait ben ça peut être nos salaires, c'est une chose, on va essayer de faire plus de volume, de faire différemment. On est toujours en train de s'adapter.
Moi, j'ai 38 ans, je suis installé depuis 2009. On est toujours en train de s'adapter, d'essayer de changer nos façons de faire. Bah, pour essayer d'être au plus économique possible.
Mais aujourd'hui, c'est plus tenable. Si on veut installer les nouvelles générations et puis que nos nos jeunes aujourd'hui se sentent impliqués, on peut plus dire aux jeunes aujourd'hui, "Écoutez, ben vous allez pendant 3 4 ans pas trop prendre de vacances, bosser tous les weekends pour essayer de vous en sortir." Ça aujourd'hui, c'est plus tenable.
Oui, c'est plus tenable. Et et alors bon, un dernier mot, ce que vous reprochez aussi souvent ce sont des des normes qui changent en plus en permanence et qui vous demandent de l'adaptation et des coûts quoi. Bien sûr.
Ben aujourd'hui quand on voit la nomination de la présidente à l'OFB, l'Office de la biodiversité comme une militante écologiste. Oui. Anne le ou et ben quand on quand nous on voit ça, bah en gros c'est on nous cherche enfin on met une militante écologiste à la tête de l'office de la biodiversité.
Comment vous voulez que nous aujourd'hui agriculteur on accepte ça ? Vous savez le terrain, nous on y vient avec tous les jours. La terre, on sait ce que c'est.
On on l'exploite moi, depuis depuis mon arrière-gr-père qu'on exploite des terrains. L'écologie, on la connaît par cœur, certainement mieux que ces gens-là. Et il faut arrêter de vouloir nous expliquer notre métier alors que alors que certains l'ont jamais fait, quoi.
Ouais. Ouais. Alors, vous vous allez demander justement à Emmanuel Macron qu'il éventuellement qu'il intervienne pour changer de de délégué de de l'OFB.
Bon, par contre, j'ai vu qu'il y avait une grosse colère quand même dans le monde agricole hein, sur cette nomination. a changé. Alors, on a toujours des problèmes avec l'OFB.
Vous savez quand nous on arrive sur du terrain et puis qu'on a les gens de l'OFB qui arrivent avec le revolver au comment à la ceinture, nous vraiment on n'est pas habitué à avoir des contrôles de ce type là. Et alors déjà des explications pourquoi nommer cette personnelà à la tête d'un office comme ça alors que c'est quand même un office qui appartient à l'État. Ouais.
Donc bah c'est toutes des choses aujourd'hui queon n'est plus capable d'accepter. Ouais. Merci beaucoup Guillaume Faucon.
Je vais vous laisser aller reprendre la la traite en fait des vaches hein 160 quand même. Mais avant de rencontrer Emmanuel Macron, vous auriez dû l'inviter dès le matin en fait à 6h30 7h pour aller traire les vaches hein. Je pense que ce serait he Non, vous croyez pas ?
Vous vous savez quand quand monsieur Macron descend euh on n pas les tenants et les aboutissants des horaires de où et de comment parce que c'est quand même très très encadré. On on pensait pas que c'était à ce pointl. Ouais.
Non, ben ça ça je j'imagine.
Emmanuel Macron