Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewFrançois Ruffin· 13 janvier 2026 6 min

On se moque de nous !

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

On se moque de nous. Madame Van Derley nous fait un bras d'honneur. Nous sommes plus seulement le paillasson des États-Unis de Donald Trump, mais maintenant le paillasson de l'Europe allemande de madame Van Derleyen.

Et bien, il faut dire non. Pourquoi je vais voter la censure du gouvernement et en vérité du président de la République sur le Mercosur ? À cause de ça, c'est quoi ça ?

C'est le journal officiel du mardi 6 janvier de cette année et qui note résolution adoptée en application de l'article 884 de la Constitution, résolution européenne visant à empêcher la ratification de l'accord entre l'Union européenne et le Mercosour en demandant à l'État français la saisine de la Cour de justice de l'Union européenne pour cause d'incompatibilité de l'accord avec les traités européens. C'est la résolution que nous avions portée signée par plus de 100 députés, adopté à l'unanimité en commission et donc désormais publié au journal officiel. La demande de l'Assemblée nationale que le chef de l'État ou le premier ministre saisisse la Cour de justice de l'Union européenne.

Ils ne l'ont pas fait. Ils ne le font pas. Je le dis avec clarté.

Si jamais Emmanuel Macron ou Sébastien Lornu saisissent là aujourd'hui, demain où en font la promesse de saisir la Cour de justice de l'Union européenne, je ne voterai pas la censure ce mercredi. Mais c'est mal parti parce qu'on a une déclaration de Jean- Noël Barreau, ministre des affaires étrangères, qui dit ceci : "La balle est désormais dans le camp du Parlement européen." Il dit, "C'est pas nous qui allons saisir la cour de justice, c'est le Parlement européen.

Mais l'un n'empêche pas l'autre. On pourrait très bien voir une saisine par l'État français et une saisine par le Parlement européen même ça viendrait la renforcer, l'appuyer. C'est finalement à l'image d'un président de la République qui euh depuis des années maintenant sur le Mercoû fait des zigzag.

Quand il est loin, c'est oui. Quand il revient ici, c'est non. Quand il va voir Loua, c'est on aime le libre échange et quand il va voir les agriculteurs, on veut des protections.

Et le fait d'avoir zigzaguillé comme ça pendant des années, ça fait qu'il y a rien eu de clair et donc on a perdu la bataille sans même franchement la mener. Pourquoi ? parce que au fond, on a un président de la République dont la conviction est mondialiste, dont la conviction est libre échangiste.

Nous le disions dans notre résolution, évidemment le Mercur pose la question agricole puisque ça met en concurrence des fermes familiales ici avec une agriculture industrielle, des latif fondia qui font des dizaines de milliers d'hectares là-bas. Ça pose une question sociale puisque là-bas les travailleurs sont payés 250 à 350 € par mois. Ça pose des questions environnementales puisque ce sont des centaines de molécules qui sont autorisées au Brésil, en Argentine et qui sont interdites ici.

Mais ça pose avant tout pour moi la question démocratique. Quand tous les députés français, tous les partis politiques, tous les syndicats agricoles, pas seulement de France mais d'Europe, quand toutes les associations environnementales, pas seulement de France mais d'Europe disent non et qu'à la fin on a Ursula Van Derleen qui dit oui. Mais c'est pas tout, c'est que madame Vanerleen a triché avec la démocratie à toutes les étapes du processus.

Normalement, c'est un accord d'association qui est un accord total qui suppose donc de passer devant tous les parlements nationaux et d'obtenir l'unanimité. Qu'est-ce qu'elle a fait ? Elle a découpé l'accord en deux pour que le volet commercial échappe à ça et qu'on est juste la majorité à la place de l'unanimité.

Première tricherie. 2e tricherie, une saisine de la Cour de justice de l'Union européenne était prévue par les députés européens et la présidente du Parlement en lien avec la Commission s'y est opposée cet automne dernier. 3e tricherie, normalement l'accord ne devait pas s'appliquer avant d'être voté par le Parlement européen.

Et là, l'Allemagne, madame Van Derleyen, en liaison avec la présidente du Conseil européen, Chipriote, vient de décider que bah l'accord s'appliquera de manière provisoire, même s'il n'a pas été voté par le Parlement européen. Et finalement, c'est un classique que les accords de libre échange contournent ainsi les peuples. Un peuple français qui, on s'en rappelle il y a 20 ans maintenant a voté à 55 % contre la libre circulation des capitaux et des marchandises, y compris avec les pays tiers et c'était 80 % parmi les ouvriers.

C'est le peuple français mais d'autres peuples avec lui qui depuis des années disent non à ce grand déménagement du monde et on se bagarre contre le mercur mais à travers lui pour mettre un point d'arrêt à ce libre échange mondialisé. Alors qu'est-ce qu'on peut faire ? Nous maintenons que la France doit saisir la Cour de justice de l'Union européenne pour montrer l'incompatibilité entre cet accord et les traités européens sur l'environnement, sur le climat, sur la santé.

De on se moque de nous. Madame Van Derleyen nous fait un bras d'honneur. Nous sommes plus seulement le paillasson des États-Unis de Donald Trump, mais maintenant le paillasson de l'Europe allemande de madame Van Derleyen.

Et bien, il faut dire non. Or, il se trouve que la France est une contributrice au budget de l'Union européenne. Nous donnons 9 milliards de plus que nous n'en recevons.

Et bien, nous devons geler ça tant que au moins les règles démocratiques ne sont pas respectées. 3. Nous sommes favorables à un grand plan douane.

Oui, vivent les douaniers et vivent des douaniers aux frontières espagnoles, vivent des douaniers aux frontières belges et qui contrôlent le contenu des camions, notamment alimentaires qui franchissent la frontière. Enfin, il faudra essayer la politique de la chaise vide, ne plus se rendre en réunion à Bruxelles et certain que ça ne portera pas les mêmes résultat que du temps du général de Gaul parce que entre-temps notre poids s'est affaibli, affessé en Europe. Mais néanmoins il s'agit de marquer le coût et de marquer notre profond désaccord concernant le Mercosour.

Mais au-delà concernant toute la politique de libre échange de madame Van Derleyen qui va signer des traités tous azimutes avec l'Inde, avec l'Indonésie, avec l'Australie et bien sûr on s'en souvient l'été dernier, ce traitait scandaleux, complètement inégal, déséquilibré avec les États-Unis de Donald Trump. No.

On se moque de nous ! — François Ruffin · Pourquijevote