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interviewBFMTV· 7 juin 2024 21 min

Valérie Hayer, Ukraine, éoliennes...L'interview en intégralité de Jordan Bardella

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Jordan Bardella. Bonjour Madame de Ballard. Merci de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes tête de liste du Rassemblement National aux élections européennes. Vous êtes également président du Rassemblement National. Vous êtes le grand favori de ces élections puisque sondage après sondage, y compris les derniers sondages aujourd'hui, puisqu'à partir de minuit ce soir c'est terminé, vous donne à près du double, parfois même plus du double que la personne qui est derrière vous, en l'occurrence Valérie Ayet de la candidate, la candidate macroniste. Vous connaissez le principe.

Vous allez répondre non seulement à mes questions mais aussi aux questions des auditeurs qui nous appellent au 3216 et qui nous ont envoyé aussi leurs questions. Je voudrais d'abord qu'on revienne sur les propos d'Emmanuel Macron hier soir, le président de la République, qui a appelé à faire barrage contre l'extrême droite, barrage contre vous, appelle à un sursaut patriote et il a d'ailleurs assumé que c'était son objectif. Je suis en train de poursuivre cet objectif en vous parlant, en essayant de convaincre les Français. On l'écoute.

0:57
Invité

L'Europe n'a jamais été autant menacée. Et l'importance de voter pour l'Europe, de donner de la force à la France, de donner la force à la voix que par leur choix je porte et de ne pas laisser l'extrême droite ainsi monter parce qu'elle peut bloquer l'Europe et parce qu'elle affaiblira la France. Et je le dis aussi par patriotisme. Et c'est très important.

1:19
Présentateur

Par patriotisme, il appelle à ne pas voter pour vous.

1:23
Jordan Bardella

Les Français savent donc ce qu'il leur reste à faire dimanche. C'est d'aller voter et d'aller voter contre Emmanuel Macron. Emmanuel Macron a eu le mérite dans son intervention de clarifier les choses. Il dit si dimanche, la France devait envoyer la plus grosse délégation de parlementaires issus du Rassemblement national. Ils pourraient, les députés du Rassemblement national à Bruxelles et à Strasbourg, bloquer un certain nombre de politiques.

Donc moi j'appelle effectivement les Français à aller voter dimanche parce que dimanche nous pouvons mettre en minorité l'Europe de Macron et ainsi faire entrer au Parlement européen massivement des eurodéputés qui protégeront le pouvoir d'achat des Français, qui agiront contre la submersion migratoire, qui agiront contre l'écologie punitive, qui protégeront nos emplois, notre industrie et qui évidemment ouvriront la voie de l'après-Macron et de l'alternance. En réalité, l'après-Macron commence dimanche. Et moi je veux dire aux Français qu'Emmanuel Macron, il regardera une seule chose dimanche soir. C'est l'écart entre sa candidate et la liste du Rassemblement national.

Par conséquent, cette élection de mi-mandat doit être saisie par l'ensemble des Français pour évidemment exprimer à la fois une colère mais aussi une espérance et un espoir pour la suite en votant pour le Rassemblement national.

2:34
Présentateur

Donc vous dites comme lui qu'au fond il y a effectivement deux camps pour l'Europe voter Emmanuel Macron, contre l'Europe voter Jordan Bardella.

2:42
Jordan Bardella

Je dis comme lui à une différence près, c'est que je ne suis pas président de la République et lui il est le garant de la Constitution. Quand on est le président de tous les Français, on ne sort pas de sa réserve pour jouer le chef de clan et appeler à voter contre les uns ou pour les autres. Quand on est le président de la République, on respecte les sensibilités, on respecte la démocratie et on reste au-dessus de la mêlée.

Celui qui doit rentrer dans l'arène, c'est naturellement le Premier ministre parce qu'il est le chef de la majorité et c'est accessoirement la candidate de la majorité présidentielle que vous avez reçue hier et à qui on a essayé de retirer le micro tout au long de cette campagne. On a encore vu il y a quelques jours sur un plateau du service public Gabriel Adal rentrer sur un plateau de télé, rentrer sur un plateau de radio, prendre le micro des mains de Valérie Ayet et répondre lui-même aux questions à la place de Madame Ayet.

Donc ils vont devoir répondre à un certain nombre de politiques, accuser un bilan dimanche dans les urnes et voir le président de la République sortir de sa réserve, c'est extrêmement choquant.

3:43
Présentateur

– Mais vous dites, et j'aimerais bien que vous puissiez lever une ambiguïté, vous dites qu'on va avec vous rester dans l'Europe mais en même temps pas la bloquer complètement ou la bloquer mais tout en restant dans l'Union européenne. Et c'est une question d'ailleurs que Stanislas aimerait vous poser le plus directement possible, il est par Skype avec nous. Bonjour Stanislas. Stanislas, vous habitez à Coventry en Angleterre, vous avez 58 ans. Votre question à Jordan Bardella.

4:08
Auditeur

– Eh bien bonjour M. Bardella. Ma question elle est très simple, c'est comment comptez-vous faire pour que la France ne perde aucune souveraineté tout en restant intégrée à l'Union européenne ?

4:20
Présentateur

– Comment on fait pour être dedans et dehors en fait ? Est-ce qu'il ne faut pas être plus cohérent ? D'ailleurs j'imagine que nous appelons d'Angleterre et vivons donc l'ayant vécu le Brexit, c'est aussi cette question-là. Est-ce que vous ne manquez pas un peu de cohérence ?

4:32
Jordan Bardella

– Madame, je conteste la politique d'Emmanuel Macron en France, ce n'est pas pour ça que je veux quitter la France. Avec l'Union européenne c'est pareil. Il y a un sondage qui a été publié il y a quelques jours par Cluster 17 qui révèle qu'il n'y a que 3% des Français qui sont satisfaits du fonctionnement de l'Union européenne. L'Union européenne aujourd'hui agit trop souvent comme un accélérateur du déclin de la France. Elle organise l'Union européenne, la concurrence déloyale, avec des accords de libre-échange sans aucune clause de réciprocité qui je vous le rappelle ont mis des milliers d'agriculteurs dans les rues du pays il y a quelques semaines.

Elle accélère la submersion migratoire et elle crée aujourd'hui les conditions d'un décrochage économique de la France sur la scène à la fois européenne mais aussi internationale. Donc je souhaite moi changer le fonctionnement de l'Union européenne. Moi je veux bâtir l'Europe du XXIe siècle sur des réalités. Je souhaite une Europe qui permette notamment de redonner du pouvoir d'achat à nos concitoyens aux Français par la baisse des tarifs de l'énergie. Il y a un enjeu très clair dimanche, c'est le pouvoir d'achat des Français. Donc je souhaite pour répondre changer le fonctionnement de l'Union européenne sans en sortir, mais c'est deux visions qui s'affrontent.

5:32
Présentateur

Dans les faits, au fond, quand vous étiez pour la sortie de la France de l'Union européenne, enfin quand le parti auquel vous appartenez était pour la sortie de la France de l'Union européenne, c'était plus cohérent.

5:41
Jordan Bardella

Mais pourquoi on était pour la sortie de l'Union européenne ? Parce qu'il y a dix ans, le courant d'idées que nous représentions en Europe était isolé sur la scène européenne. On nageait dans l'Europe de Mme Merkel, de M. Hollande, de Matteo Renzi. Aujourd'hui, le courant d'idées que je porte dans cette élection européenne, que nous portons avec Marine Le Pen en France, et que je porte devant vous ce matin, sera-t-il applicable ? Est en train d'émerger sur tout le continent européen.

6:02
Présentateur

Ce programme sera-t-il applicable sans sortir de l'Union européenne ?

6:06
Jordan Bardella

Mais bien sûr qu'il sera applicable, parce que je veux changer le fonctionnement de l'Union européenne. Regardez autour de nous. Il y a quelques mois, nos alliés aux Pays-Bas ont gagné les élections législatives. Ils ont constitué une coalition avec l'ambition aux Pays-Bas de reprendre le contrôle de la politique d'immigration. Il y a l'Italie de Mme Mélanie, la Suède des démocrates suédois, et puis tous les alliés de mon groupe actuel aujourd'hui au sein du Parlement européen, que ce soit en Flandre, en Autriche, en France évidemment, sont donnés en tête de ces élections européennes dans leurs pays respectifs.

Donc nous avons aujourd'hui une opportunité de changer l'Union européenne de l'intérieur avec des alliés, ce qui n'était évidemment pas possible il y a 10 ans. Et puis plus largement, moi je veux que la France défende ses intérêts en Europe. Les Français qui nous écoutent doivent savoir que nous sommes aujourd'hui le deuxième contributeur net au budget de l'Union européenne. Donc la France doit défendre ses intérêts.

Et je souhaite notamment sur les tarifs de l'électricité, parce que la grande angoisse de ceux qui nous écoutent ce matin, c'est l'augmentation depuis deux ans de 45% des factures d'électricité, que la France retrouve sa souveraineté énergétique, qu'on sorte des règles européennes de tarification des prix, qu'on puisse profiter du nucléaire et retrouver un prix français de l'électricité. Donc on peut défendre nos intérêts en Europe et avoir une coopération sur les grands projets de l'Union européenne.

7:16
Présentateur

Sur l'électricité, Marine Le Pen a été très loin il y a quelques jours en disant qu'on arrête purement et simplement toutes les énergies renouvelables.

7:23
Jordan Bardella

Mais les énergies renouvelables, elles sont intermittentes. Donc elles ne peuvent pas constituer l'élément central du mix énergétique. On a besoin des panneaux solaires, on a besoin de nos barrages hydroélectriques.

7:38
Présentateur

Alors si on en a besoin et que vous ne les faites plus, on va faire comment ?

7:40
Jordan Bardella

Non, ce n'est pas moi qui les fais plus. Si on ne fait plus aujourd'hui de panneaux solaires en France, c'est parce qu'on a refusé de faire ce que font toutes les grandes puissances du monde depuis 15 ans, c'est-à-dire mettre des droits de douane lorsque nous sommes mis en concurrence, notamment avec l'Inde ou avec la Chine. Résultat, les derniers fabricants de panneaux photovoltaïques en France sont en train de mettre la clé sous la porte à cause du libre-échange total et du refus de faire le patriotisme économique sur les barrages hydroélectriques. C'est pareil, moi je défends des barrages hydroélectriques français.

Aujourd'hui, la Commission européenne fait pression sur la France pour que ces barrages soient ouverts à la concurrence.

8:08
Présentateur

Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on arrête les panneaux solaires ou on arrête les panneaux solaires pas français ?

8:13
Jordan Bardella

On essaie de recréer évidemment les conditions d'une filière de panneaux solaires en France.

8:18
Présentateur

Mais donc quand on arrête les énergies renouvelables, ce n'est pas vrai, vous voulez continuer ?

8:22
Jordan Bardella

On arrête les éoliennes, madame, parce que les éoliennes, 25% du temps, on le sait, elles tournent à vide, l'énergie ne se stocke pas, on est obligé de la brader à l'étranger et ce sont par définition des énergies intermittentes. La politique énergétique qu'a menée à la fois Emmanuel Macron, qui a abouti à l'affaiblissement de la filière nucléaire avec le soutien de l'Union européenne, a créé les conditions d'une dépendance énergétique de la France.

Donc moi je souhaite investir massivement sur le nucléaire, je veux refaire de la France un paradis énergétique et permettez-moi de vous rappeler que du général de Gaulle à Nicolas Sarkozy, il y a toujours eu un consensus sur cette question du nucléaire qui nous permettait non seulement d'avoir de faibles émissions, d'avoir une énergie pas chère pour les Français et surtout de soutenir l'industrie parce que l'affaiblissement du nucléaire par Emmanuel Macron dont il s'est rendu coupable depuis 2017 a évidemment rétréci l'industrie en France.

9:07
Présentateur

Jordan Bardella, il y a la mine qui a justement une question pour vous, elle a 36 ans, elle est gestionnaire en assurance et elle vient de l'Ile-de-France.

9:13
Jordan Bardella

Bonjour monsieur Jordan Bardella, que comptez-vous faire pour accélérer la transition écologique ?

9:18
Présentateur

Qu'est-ce que vous répondez à la mine ?

9:20
Jordan Bardella

La transition écologique aujourd'hui telle qu'elle est mise en oeuvre par la commission de Bruxelles...

9:25
Présentateur

Oui, il demande, vous l'avez entendu dans sa question, accélérer, comment vous faites pour accélérer ?

9:29
Jordan Bardella

C'est irréaliste.

9:30
Présentateur

C'est irréaliste.

9:31
Jordan Bardella

On dit aujourd'hui, l'enfer est pavé de bonnes intentions, je partage les intentions mais je n'en partage pas les moyens. Quand on dit aujourd'hui qu'à l'horizon 2035, ça m'a été confirmé par Gabriel Attal lorsque nous avons débattu ensemble, on va interdire la vente de véhicules neufs, de véhicules thermiques en France et partout en Europe, alors qu'on sait qu'aujourd'hui il y a des millions de Français qui n'arrivent plus à se chauffer, qui n'arrivent plus à se soigner, qui n'arrivent plus à se déplacer parce que le carburant est trop cher et qu'il y a 60% de taxes sur l'essence.

On sait qu'un véhicule électrique, ça coûte beaucoup plus cher, que le coût de réparation est 30% plus élevé qu'un véhicule thermique. Je me dis que cette transition énergétique telle qu'elle est mise en oeuvre dans le calendrier qui a été choisi est irréaliste et c'est surtout un coup dur pour le pouvoir d'achat des Français qui se traduit aussi par l'augmentation des émissions.

10:19
Présentateur

Mais Jordan Bardella, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que c'est irréaliste la date de 2035 ou c'est irréaliste de se fixer un objectif pour malgré tout, comme le demande la mine, accélérer sur la transition écologique ?

10:30
Jordan Bardella

On peut se fixer des objectifs, mais qui ne soient pas des objectifs dogmatiques, qui soient basés sur la science, sur la raison. Je vous donne un exemple très simple. Nos partenaires américains, à l'horizon 2040, dans leur volonté de réduire la part des moteurs thermiques, ils intègrent les véhicules hybrides. Résultat, en France, ça désorganise totalement la filière automobile et cette filière automobile, elle est déjà en très grande difficulté. Nous en produisions pour 1 million au début des années 2000.

10:53
Présentateur

La filière automobile, il faut être honnête, Jordan Bardella, vous le savez, en effet, il y a deux ans, elle disait comme vous, mais depuis que la loi est passée et que cet objectif de 2035 a été gravé dans le marbre, ils disent, pitié, ne changez plus.

11:04
Jordan Bardella

Depuis qu'un certain nombre de patrons ont fait affaire avec la Chine, je ne vais pas mentionner de nom, mais évidemment que ça a un petit peu évolué. Mais enfin, il n'en reste pas moins que l'agenda qui a été choisi est contre-productif. Je vous donne un autre exemple.

11:13
Présentateur

Ça veut dire quoi, ça, Jordan Bardella ?

11:14
Jordan Bardella

Je vous donne un autre exemple.

11:15
Présentateur

Non, mais ça veut dire quoi, ça ? Ça veut dire qu'en fait, ils ont trahi l'esprit, ils vont acheter des voitures chinoises.

11:22
Jordan Bardella

Non, ça veut dire que les gens qui nous dirigent sont des dogmatiques, ce sont des fanatiques, et que l'écologie qui se fait sans les gens, l'écologie qui se fait sans le peuple et qui pèse sur le pouvoir d'achat de millions de Français qui aujourd'hui n'arrivent même plus à se déplacer dans les campagnes parce que le carburant est trop cher, je n'en veux pas.

11:37
Présentateur

Le bonus écologique, vous le savez, a été modifié en Europe pour que désormais, il privilégie les voitures françaises ou européennes.

11:45
Jordan Bardella

Oui, sur la stratégie de la ferme à la fourchette, qui est la déclinaison agricole de cette transition énergétique du Green Deal au niveau européen. Elle va aboutir à quoi ? C'est une multiplication de normes qui pèsent sur nos agriculteurs, qui ont été des milliers à dénoncer ces normes dans les rues du pays il y a quelques semaines, il faut s'en souvenir. Résultat de cette inflation de normes, nos agriculteurs vont moins produire, ça va créer les conditions d'une décroissance agricole, de la baisse du nombre de cheptels, ça a été confirmé, avéré par des études publiques européennes, américaines et résultat, on va se rendre dépendant des importations. Or moi je dis une chose sur l'écologie.

L'écologie est l'un des plus grands défis que va devoir affronter notre génération à cause du réchauffement climatique. Un tiers des émissions carbone de l'Union Européenne et la moitié des émissions de CO2 de la France sont liées à nos importations. Donc si on veut faire du bien à l'environnement, si on veut faire du bien à la planète, il faut relocaliser, il faut réindustrialiser et il faut libérer en France toutes les contraintes qui pèsent sur la croissance. Moi je ne me résous pas à ce que la France et l'Europe soient le supermarché du monde, qu'on soit uniquement un continent de consommateurs.

Je pense qu'on a des talents, on a une industrie qui est formidable, il faut refaire de la France un pays de producteurs et pour cela il faut évidemment une énergie pas chère et décarbonée, c'est le nucléaire. Il faut un agenda environnemental qui soit un agenda réaliste, il faut simplifier l'économie française, arrêter cette surtransposition de normes européennes qui aujourd'hui empêche nos entreprises, nos agriculteurs de travailler et il faut surtout respecter les Français. Et je défends aussi une chose très simple, c'est le patriotisme économique.

Je pense que tous ceux qui produisent sur le sol français, toutes les entreprises qui produisent sur le sol français avec de l'emploi français, doivent être prioritaires dans les marchés publics.

13:21
Présentateur

Emmanuel Macron dit que si vous arrivez au pouvoir au Parlement européen, vous et vos alliés, nous ne serons pas soignés. Si demain la France envoie une très grande délégation d'extrême droite et si d'autres pays le font, alors nous n'aurons pas les vaccins comme nous avons pu les avoir. – Je crois que c'est sérieux. – Non, vous n'y croyez pas à ça, c'est-à-dire ?

13:40
Jordan Bardella

– Non, mais quand on est le président de la 6 ou 7e puissance économique mondiale, qu'on a eu des milliers d'agriculteurs dans les rues du pays, qu'il y a de plus en plus de Français qui sont en colère, inquiets de la politique du gouvernement.

13:54
Invité

– Mais vous vous souvenez, c'était le Far West, c'était à qui aller mettre plus d'argent

13:58
Jordan Bardella

si on n'est pas avec l'Europe. – Que la sécurité n'est plus assurée en France. Est-ce que vous croyez qu'il est sérieux qu'un président de la République prenne la parole aux 20h de TF1 et de France 2, la veille d'une élection historique comme les élections européennes, pour aller lui-même donner à 15%, accuser son opposition, qui est aujourd'hui donnée à 33% dans les sondages ce matin, et d'expliquer que s'ils arrivent au Parlement européen, on va vacciner les gens avec de la chloroquine ? Est-ce que c'est sérieux ?

14:24
Présentateur

– Mais est-ce que vous auriez été en mesure d'acheter, de peser sur le marché des vaccins si en effet il n'y avait pas une grande force européenne ?

14:33
Jordan Bardella

– Mais on a produit des vaccins en France ? – Non mais Europe, je vous dis d'Europe. – Mais on a commandé, Madame, on a commandé des vaccins d'abord…

14:38
Présentateur

– Si on ne se mettait pas tous ensemble pour les acheter, vous pensez qu'on aurait réussi ?

14:41
Jordan Bardella

– Moi je ne suis pas là pour faire de la politique dans le rétroviseur, mais on a acheté des vaccins… – Un peu, c'est quand même important de se dire,

14:45
Invité

voilà, face à une situation comme celle-là…

14:47
Jordan Bardella

– Enfin, l'Europe a commandé des doses en quantité innombrable, dont certains, on n'a pas su quoi en faire, et on les a payés beaucoup plus cher. Il y a des plus petits pays, comme Israël par exemple, qui sont des États-nations, et qui ont réussi à avoir des vaccins moins chers et les avoir beaucoup plus vite. Mais enfin, je ne vais pas refaire l'histoire.

15:07
Présentateur

Votre campagne, ce serait impossible de maîtriser les flux migratoires. Il dit, si vous avez demain l'extrême droite, qui a une minorité de blocage en Europe face à l'immigration clandestine que nous subissons, vous n'aurez plus les textes qui nous protègent, parce qu'ils croient à la réponse nationaliste et pas européenne.

15:23
Jordan Bardella

– Quels textes qui nous protègent ? Mais attendez, M. Macron, il a les pires résultats migratoires de toute la Vème République. Il n'y a jamais eu autant de gens qui sont rentrés dans notre pays. Et il devrait s'intéresser, M. Macron, plutôt que de faire de la pop-all aux souffrances qu'inflige la politique d'immigration aujourd'hui à nos concitoyens dans d'innombrables territoires.

Il y a des millions de Français, madame, dans notre pays, qui ne reconnaissent plus la France, qui parfois ont le sentiment de se sentir étrangers dans leur propre pays et qui ne comprennent pas qu'alors qu'ils ont plus en plus de mal à se soigner, à se chauffer, à se loger, on fasse venir des milliers de personnes chaque année dans notre pays à qui on offre, par exemple, toute la palette de soins gratuite avec l'aide médicale. – Oui, mais aurez-vous les outils ? – C'est ça que les Français ne comprennent pas. Mais non seulement nous aurons les outils, nous nous en doterons, mais en plus nous en avons la volonté.

Et je veux dire aux Français qui nous écoutent que ce qu'a organisé Emmanuel Macron au niveau européen, ce pacte migratoire pour les migrations, il prévoit, le pacte européen pour les migrations, pardon, il prévoit précisément la répartition obligatoire des migrants qui arrivent. – C'est pas un pacte pour l'immigration ? – C'est un pacte pour l'immigration.

16:22
Présentateur

– C'est un pacte asile-immigration.

16:24
Jordan Bardella

– Alors un pacte pour l'asile et pour l'immigration. Permettez-moi d'en faire cette réinterprétation parce que précisément, il prévoit que les gens qui arrivent aux portes de l'Union européenne soient répartis de manière obligatoire dans les États membres et pour les États membres qui refusent cette immigration obligatoire du fait accompli, ces États membres se voient infligés des sanctions financières. Donc je suis en désaccord avec cette immigration obligatoire. Moi, je veux arrêter l'immigration. Je veux que dimanche, les Français votent pour des eurodéputés qui arrêteront les flux migratoires parce que nous n'avons plus aujourd'hui

16:53
Présentateur

les moyens d'accueil et l'immigration supplémentaire.

16:55
Jordan Bardella

Donc j'aurai non seulement les outils, la volonté, je défends la double frontière, c'est-à-dire la possibilité de contrôler l'immigration non plus seulement en France mais aussi au niveau européen en refoulant de manière systématique les bateaux de migrants qui arrivent sur nos côtes. Je souhaite traiter l'asile dans les ambassades et consulats des pays de départ et je souhaite que notre pays cesse d'être un guichet social pour les peuples du monde entier considérant qu'aujourd'hui, notre système social est une pompe aspirante pour l'immigration du monde entier.

17:19
Présentateur

L'Ukraine, Jordan Bardella, on a bien compris que vous étiez défavorable à tout élargissement de l'Union européenne, y compris à l'Ukraine. Emmanuel Macron qui annonce la cession de Mirage 2000 à l'Ukraine qui lui permettront, je cite, de protéger son sol et son espace aérien. Est-ce que vous y êtes favorable ?

17:39
Jordan Bardella

Je pense que c'est un peu plus complexe que cela. Pour une raison très simple, c'est que moi, j'ai une ligne rouge. Cette ligne rouge, c'est l'envoi de matériel militaire à l'Ukraine qui pourrait permettre de frapper directement, directement, le territoire russe. Pourquoi ? Parce que la Russie est une puissance nucléaire et que je suis convaincu que le jeu dangereux auquel est en train de se livrer Emmanuel Macron pour instrumentaliser le conflit russo-ukrainien pour sa campagne électorale à des fins électorales

18:07
Présentateur

nous fait peser un risque parce qu'il y aura aussi des avions, notamment américains et des avions américains qui étaient jusqu'à présent sur d'autres pays.

18:17
Jordan Bardella

On va rentrer dans l'intimité du matériau qui est envoyé, mais les F-16 pour l'instant ne sont pas opérationnels. Donc moi, je pense qu'il utilise ses annonces pour instrumentaliser le conflit à quelques heures de la fin de la campagne. Moi, j'ai toujours une position extrêmement claire. Soutenir l'Ukraine, éviter l'escalade. Ce que je veux simplement dire, Jordan Bardella,

18:36
Présentateur

c'est que quand la Pologne envoie aussi des avions à l'Ukraine, vous ne l'accusez pas, elle, de faire de la campagne politique.

18:42
Jordan Bardella

Eh bien, écoutez, allons au bout. J'ai entendu le président de la République, il ne l'a pas répondu d'ailleurs sur ce point, c'est la raison pour laquelle je vous réponds que c'est beaucoup plus complexe que là et que ça n'est pas clair, émettre l'hypothèse d'envoyer des soldats de l'armée française ou des instructeurs sur le territoire ukrainien. Si demain, et je ne le souhaite évidemment pas, l'un de ses instructeurs ou l'un de ses soldats de l'armée française devait être ciblé, voire abattu par la Russie. Que se passerait-il ?

Est-ce que la France resterait sans voix et ne répondrait pas ou est-ce que la France entrerait en conflit direct armé avec une puissance nucléaire comme la Russie ? Est-ce que ça veut dire, Jordan Bardella,

19:17
Présentateur

que vous estimez qu'au fond, c'est une manière de rentrer en guerre ? Ou que demain, si un de nos soldats était tué par la Russie sur le sol ukrainien, il faudrait que la France automatiquement rentre en guerre ?

19:30
Jordan Bardella

Emmanuel Macron prend ce risque. Moi, je ne le prends pas. Marine Le Pen ne le prend pas. Et je crois qu'il y a des millions de Français qui sont extrêmement inquiets d'entendre un président de la République vouloir être le chef de guerre de l'Europe et émettre l'hypothèse d'envoyer des soldats de l'armée française combattre en Ukraine contre la Russie. Il y a des millions de Français, madame, qui sont extrêmement inquiets d'entendre le président de la République émettre l'hypothèse dans le cadre d'une Europe fédérale, d'une armée européenne de défense et d'un partage de notre arme nucléaire avec nos partenaires européens.

Donc, le soutien à l'Ukraine, oui, bien sûr, mais de grâce, nous sommes européens, nous savons de par l'histoire ce que veut dire le terme escalade sur notre continent et soyons extrêmement prudents avec toute tentative d'escalade. La guerre est un sujet sérieux qui nécessite de la raison et une très grande maîtrise.

20:18
Présentateur

Je précise que Volodymyr Zelensky sera tout à l'heure face aux députés français depuis l'Assemblée nationale. Merci, Jordan Bardella, d'avoir répondu à mes questions ce matin. Je rappelle que vous êtes tête de liste Rassemblement national aux élections européennes. Les élections, c'est dimanche. Rendez-vous pour la soirée électorale à vivre dès 18h sur BFM TV aux côtés de Maxime Switek. 18h22h et sur RMC. Ça se passera de 19h45 à 20h45. Il est 8h53. pour la soirée électorale.

20:48
Locuteur

Sous-titrage Société Radio-Canada