Canicule : la fréquentation des cinémas en hausse de 50 à 70% depuis la vague de chaleur selon l'institut Rentrak France
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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
France Inter, Alibadou, Marion Lourd, le 6-9. Et votre invité, Marion, est un spécialiste du box-office.
Oui, directeur de Rentrac France, c'est l'entreprise leader mondiale dans le calcul des entrées au cinéma. Ils ont chaque jour les chiffres sur les entrées par salle et par film. Et ça nous intéresse particulièrement en période de canicule, évidemment, où on est tenté de chercher refuge dans les salles obscures. Bonjour, Éric Marti. Bonjour. Alors, est-ce qu'il y a vraiment un effet canicule sur la fréquentation des cinémas ? Oui, cette année, on voit assez clairement un effet canicule. On l'avait déjà vu par le passé, mais cette année, c'est un peu plus net et surtout plus rapide.
En général, il y a toujours quelques jours d'attente avant que le public rejoigne les salles quand il y a un changement climatique assez fort. Cette année, dès les premiers jours, dès jeudi ou vendredi de la semaine dernière, on a vu la fréquentation augmenter de manière sensible. Alors, justement, augmenter, oui, mais de combien ? Alors, les premiers jours, je vais parler de jeudi et vendredi, on a eu une augmentation de plus de 20% par rapport à la semaine précédente, ce qui est déjà assez net et assez rare en cette période de juin. Et ensuite, on a eu des fréquentations à partir du samedi qui étaient à plus de 50%, plus 70% le dimanche, alors qu'il y avait la fête de la musique.
Oui, plus 70% le dimanche par rapport au dimanche précédent. Alors qu'en général, la fête de la musique a un impact et la fréquentation fait un petit creux de moins 15, moins 20%. Là, elle a fait un bond de plus 70%. Donc là, on a eu vraiment un phénomène et depuis, ça continue. J'ai regardé les chiffres d'hier et de ce matin. On est encore à plus 35, plus 50% selon les endroits et c'est vraiment significatif. Oui, c'est vraiment impressionnant. Est-ce qu'on sait quel est le public ? Est-ce qu'il y a moyen de savoir qui est concerné ? À ce niveau-là, c'est à peu près tous les publics, parce qu'on regarde un peu le profil des films. Et il y a deux films d'animation qui sont en tête.
Donc c'est un public plutôt familial. Et je pense qu'il y a eu une... Là, on parle de Toy Story, notamment. De Toy Story et puis depuis hier, Les Mignons, enfin depuis avant-hier. Donc on a deux films familiaux. Et on imagine que des familles ont trouvé un peu de fraisseur et deux fois de la fraisseur. La fraisseur sur l'écran et puis fraisseur aussi dans la salle pour les enfants. Et puis on a également des films comme Backroom ou Obsession qui s'arrêtent plutôt à un public de jeunes adultes. Des films de genre, comme on dit. Et qui sont des vrais succès.
Et puis on a une grande fresque historique qui est De Gaulle, qui est l'autre moteur de la fréquentation actuellement, qui a démarré de manière un petit peu moyenne, mais qui est en train de progresser chaque jour depuis. Il a un profil totalement atypique. C'est un succès qui se construit jour après jour. Déjà ce qui est atypique c'est qu'il sort le vendredi, puisque le deuxième volet de De Gaulle sort aujourd'hui. Mais on a plutôt entendu parler justement d'un démarrage un peu en demi-teinte de De Gaulle. Là vous nous dites que ce n'est pas aussi clair que ça en fait. Non, en fait il a démarré à un moment où le marché globalement s'est un peu essoufflé, tout début juin, fin mai.
Il a eu donc une première semaine un peu moyenne. Mais pour vous donner une indication, la semaine dernière, donc de mercredi à mardi dernier, il a fait plus de 17%. Là il passe le million d'entrées aujourd'hui. Il a encore progressé sur les deux dernières journées. Jour après jour on le voit progresser. Donc c'est un film qui je pense parle à un très large public. Il a fallu qu'il s'installe et qu'il ait le temps du bouteau à oreille qui fonctionne. Plus un petit effet refuge, c'est un film qui fait plus de deux heures. Donc on se dit deux heures de fraîcheur, ce n'est pas négligeable. Et aujourd'hui je crois qu'il a deux arguments.
Un argument de qualité du film et un argument de durée de fraîcheur. Il faut dire que ces hausses assez impressionnantes dont vous nous parlez, ça confirme quand même une tendance depuis le début de l'année. Parce qu'il y avait eu un ralentissement l'an dernier de la fréquentation des cinémas. Et là ça rebondit vraiment. Alors ça c'est vrai. Dans le milieu on pensait que 2026 ça a été un peu une année test. Parce que 2025 avait marqué une pause dans la reprise. On avait eu une progression en 2023, une progression en 2024. Et puis 2023 il y avait eu un retrait. On avait perdu une quinzaine de millions d'entrées. Vous voulez dire 2025 ? Oui. Oui 2025.
Et puis là 2026 il y avait eu beaucoup d'espoir. Parce qu'en fait ça tient souvent à l'offre. Il faut qu'il y ait une offre solide à la fois en film français et en film américain. 2026 a commencé très très fort avec des films américains de la fin de l'année qui avaient passé avec Avatar, Zootopie, La femme de ménage. Et puis des films français comme L'affaire Bosanski ou L'appel de la forêt qui ont bien démarré l'année. Et puis depuis on est resté sur cette dynamique. Il y a eu un petit creux court en mars où il y a eu deux semaines où la fréquentation s'est un peu échoufflée. Et puis c'est reparti. Et puis on a eu donc à nouveau ce petit creux fin mai début juin.
Donc il y a toujours une inquiétude. Et puis ça repart. Donc pour l'instant la dynamique depuis le début de l'année est tout à fait excellente. A signalé qu'il y a toujours effectivement ce binôme de films français et de films américains. et cette diversité de genres qui fait que ça fonctionne très bien. Alors excellente, ça veut dire quand même 21% de plus de fréquentation depuis le début de l'année par rapport à l'an dernier. Oui ça, on est à peu près à 20% de plus selon les semaines dont on a 20% de plus. On est à 9% de plus que 2024. On n'est pas encore tout à fait au niveau de 2023 qui avait fait un début d'année absolument tonitruant. On est juste à 4% en dessous.
Mais 2023, la deuxième partie de l'année avait été un peu moins bonne. Alors que là on a une programmation qui s'annonce qui est assez alléchante. Donc on pense que ça peut durer. Et puis ce qui est important, parce qu'on regarde toujours un petit peu ce qui se passait avant la crise sanitaire, c'est qu'on est juste en dessous, on est à 12% en dessous de la période 2017-2019. Donc on reste en dessous de la période pré-Covid, c'est ça que vous nous dites ? Oui, encore un peu. Mais on construit peu à peu, sur la première partie de l'année, en pré-Covid, on faisait à peu près 100 millions d'entrées sur les 6 premiers mois. Là on est à 90 millions.
Donc oui, on a une dizaine de millions d'entrées d'entrées. Ce qui peut se rattraper finalement, donc ça laisse l'espoir de pouvoir le récupérer avec quelques très beaux succès sur la deuxième partie de l'année. Et avec ça, c'est intéressant, c'est ce que vous disiez, un mélange de films français et étrangers. C'est assez bien partagé au fond, cette fréquentation. Alors ça, c'est vraiment la clé du marché français. Et c'est assez particulier au marché français, il y en a d'autres. Mais ça, c'est vraiment une clé de lecture qui est très forte. Il faut que le marché soit réparti entre films américains, entre grands succès des films américains.
Soit très attendu, comme Toy Story ou comme Les Mignons, même si Les Mignons... Alors là, on parle des enfants, mais il y a eu, au début de l'année, Le Diable s'habiller en Prada, au printemps. Voilà, Le Diable s'habiller en Prada, Michael, ou actuellement, je vous dis, des films plus inattendus comme Obsession ou Backrooms, qui sont des vrais phénomènes. Oui, qui viennent des réseaux sociaux, qui viennent de YouTube. Les réalisateurs viennent de YouTube, mais les fils de succès se font en salle. C'est ce que tout le monde maintenant commence à comprendre. Mais oui, exactement.
Donc on a un public qui se mobilise très fort par des réseaux de promotion qui n'étaient pas nécessairement les réseaux traditionnels. Mais en tout cas, les succès américains sont là, soit attendus, soit surprises. Et puis, les succès français aussi, on a quand même, depuis le début de l'année, sur les 20 premiers films, on a 8 films français et 12 films américains. Donc ça montre bien cet équilibre qu'il doit y avoir entre les deux sources de cinéma. Et donc, ce que vous disiez, c'est que selon vous, ça va continuer parce qu'il y a des belles sorties qui sont attendues. Alors là, vous pensez à quoi ? Écoutez, ça n'arrête pas. C'est simple. Pendant tout l'été, on va avoir...
Bon, là, d'abord, on a la fête du cinéma qui arrive ce dimanche et donc qui arrive sur une très, très, très belle dynamique. Donc des tarifs réduits ? Voilà, avec 4 jours, avec un tarif unique à 5 euros dans toute la France. C'est l'occasion d'une orgie de cinéma, de se faire vraiment plaisir d'aller voir tout ce qu'on a envie de voir, tout ce qu'on a raté, peut-être, sur les semaines précédentes. Parce que les films sont en continuation. Et puis, tous les nouveaux films, ce dont on a parlé tout à l'heure. Et puis sinon, le 8 juillet, vous avez Vaiana, la version animée avec un immense succès. Là, c'est une version en live action avec des acteurs et actrices réels.
On va voir ce que ça va donner, mais c'est prometteur. Le 15 juillet, un des films les plus attendus de l'année par les cinéphiles, c'est l'Odyssée de Christopher Nolan. Ensuite, on a le 22 juillet, une petite pépite comme le cinéma français s'est allé faire, qui est une comédie française et qui s'appelle De la comédie française et qui pourrait tout à fait occuper le public pendant tout l'été. Ça promet ! Spider-Man, vous allez dire. Je disais, ça promet. Spider-Man, le 29 juillet, qui lui, naturellement, on ne le présente plus. Et c'est une valeur sûre, particulièrement en France, l'un des super-héros, les préférés en France.
Et puis, je pourrais continuer comme ça, le 19 août, on a Fjord, La Palme d'Or, qui permettra de se rafraîchir aussi un petit peu. On en est le 19 août. Et puis, ça continue. Jusqu'à la fin de l'année, on a à la fois des grands films français et des films étrangers, notamment américains, qui sont très attendus. Donc, une orgie de cinéma à venir pour reprendre vos mots. Merci beaucoup, Éric Marty de RENTRAC France, de nous avoir répondu sur France Inter ce matin.