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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 6 janvier 2024 17 min

Guerre Israël-Hamas, remaniement, loi immigration... Le "8h30 franceinfo" de Ian Brossat

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Yann Brossat. Bonjour. Dans la nuit de jeudi à vendredi, la France et la Jordanie ont largué 7 tonnes de frais humanitaires sur la bande de Gaza pour soutenir la population palestinienne. C'est une initiative bienvenue de la part de la France ?

0:12
Ian Brossat

Oui, bien sûr. C'est à la fois nécessaire et bienvenue parce que la situation humanitaire à Gaza, notamment la population civile qui souffre des bombardements depuis maintenant des mois, tout cela est absolument nécessaire. Simplement, je pense surtout qu'on a besoin maintenant de solutions politiques. On ne peut pas continuer à avoir un gouvernement israélien qui bombarde des populations civiles et qui fait le choix de massacrer un peuple, le peuple de Gaza, des gens qui n'ont rien à voir avec le Hamas et qui subissent ces bombardements incessants. Il est temps maintenant que la France lève la voie et fasse entendre la nécessité d'un cessez-le-feu dans cette région du monde.

0:53
Présentateur

La diplomatie est en cours, mais juste un dernier point sur ces largages. Est-ce qu'il ne faut pas mettre en place un pont aérien ? Est-ce que vous pourriez pousser pour la mise en place d'un pont aérien ?

1:02
Ian Brossat

Il faut deux choses. Il faut à la fois ça, il faut un pont aérien, mais il faut surtout, je le redis, une action politique. Un, cessez-le-feu et enfin, obtenir que le gouvernement israélien réfléchisse à une solution politique. Et la solution politique, tout le monde la connaît, c'est qu'on ait un État palestinien souverain aux côtés de l'État d'Israël. Et si on n'a pas de solution politique, on continuera à avoir une situation explosive dans cette partie du monde. Et je pense qu'il est temps que la diplomatie française se fasse entendre.

1:30
Invité

On en vient à la politique française. Yann Brossat, la majorité présidentielle est un peu fébrile ces jours-ci dans l'attente d'un éventuel remaniement et peut-être d'un changement d'ailleurs au Quai d'Orsay. Est-ce que vous, au Parti communiste, vous considérez que l'équipe en place est à bout de souffle et qu'il faut changer ?

1:47
Ian Brossat

Je vais être honnête avec vous, je n'attends de tout cela strictement rien. Comme, à mon sens, la grande majorité des Français. Et ce n'est pas parce qu'on remplacera un ministre de droite par une autre personnalité de droite pour mettre en place une politique de droite conforme à ce qui est mis en œuvre depuis maintenant des années que ça changera quoi que ce soit à la situation des Français. Et puis vous savez, je pense que les ministres, depuis qu'Emmanuel Macron est président de la République, ont d'abord une fonction décorative.

2:14
Invité

C'est-à-dire ?

2:15
Ian Brossat

C'est-à-dire que, je le dis en connaissance de cause, j'ai été, pendant neuf ans, adjoint à la maire de Paris en charge du logement. J'ai côtoyé beaucoup de ministres du logement. Depuis qu'Emmanuel Macron est président de la République, j'ai dû en côtoyer trois ou quatre. À chaque fois, je les rencontrais. Ils me disaient qu'ils étaient tout à fait d'accord avec ce que je disais, qu'ils allaient mettre en œuvre un certain nombre de réformes. Et puis après, il ne se passait rien. Pourquoi ? Parce que ce n'est pas eux qui décidaient.

Et parce qu'en réalité, depuis qu'Emmanuel Macron est président de la République, tout se décide à l'Élysée, sans doute un peu aussi à Bercy, et les ministres ne servent pour leur grande majorité strictement à rien.

2:50
Présentateur

Ça veut dire que dans les noms qui circulent, les Richard Ferrand, les Bruno Le Maire, les Sébastien Lecornu, pour remplacer éventuellement Elisabeth Borne, il n'y en a aucun qui plairait un peu plus à la gauche que d'autres. Mais qu'est-ce que ça va changer ?

3:00
Ian Brossat

Regardez, quand Elisabeth Borne a été nommée, on nous a dit, voilà une personnalité de gauche. Vous vous la classez à droite, parce que tout à l'heure, vous avez dit un Premier ministre de droite. En fait, je pense qu'on juge les gens en fonction de leurs actes. Quand on fait de la politique, on est d'abord jugé en fonction de ce qu'on fait. Et de fait, Elisabeth Borne sera entrée dans l'histoire comme la Première ministre qui a mis en place la préférence nationale avec la loi immigration, comme la Première ministre qui a écrasé la volonté des Français en imposant une réforme des retraites qui était refusée par 80% des travailleurs de notre pays.

Donc, je veux bien qu'on nous dise qu'elle est issue de la gauche, mais elle a mené une politique de droite de A à Z. Et donc, la seule question qui compte pour les Français, c'est est-ce que, par exemple, leur pouvoir d'achat va s'améliorer ? Est-ce qu'enfin, le travail va payer ? En quoi le fait de remplacer Elisabeth Borne par M. Lecornu ou par M. Denormandie va changer quoi que ce soit à leur situation concrète ?

3:53
Invité

Vous parliez, Yann Brossat, de la loi immigration. La majorité présidentielle s'est fracturée sur ce texte avant les vacances de Noël. La gauche était vent debout et, à vous entendre, est toujours vent debout contre ce texte. Au point que certaines collectivités, comme la mairie de Paris, dont vous êtes élue, refusent d'appliquer certaines mesures. Concrètement, ça veut dire que quelles mesures la municipalité parisienne va refuser d'appliquer issue de ce projet de loi ?

4:15
Ian Brossat

D'abord, je veux le redire, ce texte est une ignominie. Au début, on nous a dit que c'est un texte qui vise à lutter contre l'immigration irrégulière. On nous a dit que c'est un texte qui permettra d'expulser des étrangers délinquants. Et on se retrouve avec un texte qui va supprimer les allocations familiales, l'allocation de rentrée scolaire pour des étrangers en situation régulière.

4:35
Invité

Il y aura un délai, elles ne sont pas supprimées, il y aura un délai pour les avoir.

4:38
Ian Brossat

Pendant cinq ans, ces personnes seront privées. Et moins pour les étrangers qui travaillent. D'accord, mais enfin, une personne qui est en situation régulière, elle devra attendre cinq ans avant d'avoir la possibilité de toucher des prestations sociales. Pourquoi ? Au nom de quoi ? Qu'est-ce qu'on reproche à ces personnes qui sont là de manière régulière ? C'est-à-dire qu'elles ont l'autorisation d'être sur le territoire français. Et donc, bien sûr, un certain nombre de collectivités, pas seulement Paris, mais des dizaines... Une trentaine de départements de gauche. Une trentaine de départements ont fait le choix de maintenir ces prestations sociales.

Ça concerne, et je réponds directement à votre question, l'allocation personnalisée d'autonomie qui s'adresse à des personnes qui sont des personnes âgées, dépendantes, de plus de 60 ans et qui pourront continuer à toucher l'allocation personnalisée d'autonomie. Parce qu'au nom de quoi, est-ce qu'on devrait priver d'allocation personnalisée d'autonomie des gens qui sont là en situation régulière ? Et donc, oui, la ville de Paris maintiendra ses aides et ça l'honore.

5:31
Invité

Vous maintiendrez ses aides, même si le Conseil constitutionnel valide ces mesures, la décision des sages est attendue d'ici fin janvier, même si le Conseil constitutionnel valide le délai de 5 ans ou de 30 mois pour des étrangers de plus de 60 ans qui travaillent pour toucher cette allocation, même si c'est validé, vous allez continuer à ne pas respecter la loi.

5:50
Ian Brossat

Vous avez raison de le dire. Il est fort probable que le Conseil constitutionnel censure cette disposition parce que c'est une disposition qui, de fait, rompt avec le principe d'égalité qui est dans notre constitution.

6:01
Invité

Le RSA était soumis à 5 ans de résidence sur le territoire français depuis plusieurs années.

6:05
Ian Brossat

En l'occurrence, ça n'est pas le même type d'aide. Donc, il est fort probable, d'ailleurs le Président de la République l'a reconnu lui-même, que cette mesure soit censurée. Et par ailleurs, les départements ont tout à fait la possibilité de mettre en place des aides facultatives. Il y a des tas d'aides, en plus des aides obligatoires, qui peuvent être mises en place par les départements.

6:20
Présentateur

Mais ce n'est pas un drôle de signal d'envoyer l'idée que, comme ça, des élus ne pourraient pas appliquer la loi.

6:25
Ian Brossat

Quelle que soit la loi, d'ailleurs. Ce n'est pas un drôle de signal, c'est une fierté. Et je suis quand même très frappé par le fait que beaucoup d'élus de droite qui s'indignent du fait que nous prenions cette décision, eux, foulent au pied la loi SRU qui impose 20% de logements sociaux sans que ça ne leur pose le moindre problème. Donc, ces gens-là peuvent garder leur leçon. Et pour le reste, je le redis, nous, nous sommes conformes à l'esprit de la Constitution. Nous sommes conformes à l'esprit de ce qui fait notre pays. Puis, vous savez, prenons une ville comme Paris. À Paris, un quart de la population est née à l'étranger. Un quart.

Est-ce que ça nous empêche d'être une grande et belle ville ? Au contraire, je pense que c'est ce qui fait aussi la force de notre ville que cet apport de l'immigration. Et donc, nous en sommes fiers et nous allons effectivement continuer à attribuer l'allocation personnalisée d'autonomie pour des personnes en situation régulière qui en seraient privées si la loi arrive au bout de son chemin.

7:17
Présentateur

Yann Brose, sénateur de Paris, porte-parole du Parti communiste. On se retrouve dans un instant, juste après le fil infos de Diane Ferschit, à 8h40.

7:24
Invité

Les opérations de pompage se poursuivent dans le Pas-de-Calais pour accompagner la décrue. Elle va prendre du temps. 13 établissements scolaires ne pourront pas accueillir les élèves pour la rentrée lundi. Les routes sont fermées. Conséquence, la portion de la cesse dans le secteur de Montreuil-sur-Mer est accessible gratuitement. Deux enquêtes ouvertes après la mort d'un homme interpellé par la police. Il a reçu une dizaine de coups de taser à Montfermeil, en Seine-Saint-Denis. Une enquête de l'IGPN ainsi qu'une de la Sûreté territoriale du département. 18 policiers avaient été mobilisés mercredi soir pour maîtriser le trentenaire en pleine crise d'agressivité. C'est une première.

La France et la Jordanie ont largué avant-hier 7 tonnes d'aide humanitaire et sanitaire à Gaza. Ce matin, le Hezbollah dit lui avoir ciblé une base israélienne après l'élimination au sud de Beyrouth d'un chef du Hamas. C'était mardi. Moins 43 degrés en Suède, température la plus basse enregistrée dans le pays depuis 25 ans du froid qui arrive en France. On va perdre 10 degrés d'ici mardi. Mais on ne sera pas dans des extrêmes, précis sur France Info, le climatologue Robert Votard. On est selon lui à déshabituer des grandes vagues de froid intenses à cause du dérèglement climatique. France Info

8:33
Ian Brossat

Le 8.30 France Info Aurélie Herbemont, Jean-Rémi Baudot

8:39
Invité

Nous sommes toujours en compagnie de Yann Brossat, sénateur de Paris et porte-parole du Parti communiste. Alors 2024, c'est l'année des élections européennes. On rappelle la date, ce sera le 9 juin. Votre tête de liste, Léon Desfontaines, lance sa campagne officiellement mercredi prochain. Ces dernières semaines, dans les sondages, il est entre 2,5 et 5%. Donc pas du tout assuré d'envoyer des élus au Parlement européen. Il faut 5%. En 2019, c'était vous, Yann Brossat, la tête de liste. Vous aviez obtenu 2,49%. Quel conseil vous donnez à Léon Desfontaines pour qu'il fasse mieux ?

9:09
Ian Brossat

D'être ce qu'il est. Il est quelqu'un qui a beaucoup de qualité. Il est quelqu'un de jeune, de dynamique. Et je suis persuadé qu'il fera les 5%. Je n'ai aucun doute là-dessus. Il aura par ailleurs le soutien de Fabien Roussel qui s'engagera à plein dans cette campagne. Et donc, je lui conseille de mener campagne tambour battant comme il sait assurément le faire.

9:32
Présentateur

La gauche qui fera des listes séparées, est-ce qu'en 2024, la NUV va essayer de recoller les morceaux ? Ou est-ce que tout ça, c'est terminé ?

9:40
Ian Brossat

En tout cas, je pense qu'il y a besoin que la gauche mène un certain nombre d'initiatives communes. Elle le fera d'ailleurs, j'en suis certain. Pour le reste, on parle d'élections européennes. Et aux élections européennes, on parle d'Europe. Et s'il y a bien un sujet sur lequel, à gauche, il y a eu par le passé des positions différentes, c'est bien celui-là. Et je pense qu'il faut l'assumer avec honnêteté. Et si vous aviez, demain, une liste unique de toute la gauche aux élections européennes, ça ne serait pas honnête.

10:05
Présentateur

Ça veut dire que les insoumis qui poussent encore et toujours pour des listes, ça vous fait sourire, mais pour une liste commune, c'est finalement pas très honnête. Sachant que dès le début, dans l'accord de la NUP, il était écrit noir sur blanc que vous n'étiez pas d'accord sur l'Europe.

10:16
Ian Brossat

Je vous le dis, je pense qu'il faut être honnête et sincère devant les électeurs. Et d'ailleurs, les électeurs le savent. Quand il y a eu, par exemple, le référendum sur le traité constitutionnel européen en 2005, nous ne disions pas tous la même chose. Il y en a à gauche qui étaient pour la constitution européenne, et puis il y en a à gauche qui étaient contre la constitution européenne.

10:33
Invité

Il y a même parfois des fractures au sein du parti socialiste.

10:35
Ian Brossat

Le parti communiste est d'ailleurs le seul parti à gauche à avoir été contre tous ces traités européens, qui d'ailleurs posent de très nombreuses difficultés, en nous imposant, par exemple, la privatisation de nos services publics. Et on voit les ravages que ça provoque, par exemple, dans le secteur de l'énergie. Donc nous, nous avons notre cohérence sur le sujet. Et cette cohérence, nous entendons la défendre avec notre liste, avec notre tête de liste, Léon Desfontaines. Et il le fera pour dire simplement une chose simple. C'est qu'il faut que la France reprenne la main dans un certain nombre de domaines.

Que ça suffit de confier de plus en plus de responsabilités à l'Union européenne, parce que bien souvent, elle en fait mauvais usage. Je le redis, dans le secteur de l'énergie, ce que l'Union européenne a provoqué est un désastre absolu. On avait un service public de l'énergie qui fonctionnait très bien en France. On avait une souveraineté énergétique. Et l'Union européenne nous a dit, il faut tout mettre en concurrence. Et le résultat, c'est qu'on a perdu notre souveraineté énergétique. Et qu'aujourd'hui, on a une énergie hors de prise, qui pèse d'ailleurs très lourdement sur le pouvoir d'achat des Français. Mais il faut reprendre la main, reprendre la main sur le marché.

Faire en sorte que les logiques d'intérêt général, les logiques de service public, puissent prévaloir par rapport à ces logiques libérales-là. C'est ce que nous allons défendre. Et je pense que nous avons le droit de le faire. Et que beaucoup de Français partagent, y compris à gauche d'ailleurs, surtout à gauche, partagent ces préoccupations-là.

11:49
Invité

Au-delà des européennes, il y aura 2027. La question est dans beaucoup de têtes politiques. Et journalistiques aussi, admettons-le. Est-ce que la NUP pourra se reconstituer pour 2027 ? On sait qu'au Parti Socialiste et chez les écologistes, beaucoup disent, il nous faudra un candidat commun de la gauche, à condition que ce ne soit pas Jean-Luc Mélenchon. Est-ce que vous, au Parti Communiste, vous considérez qu'il faudra un candidat commun de la gauche hors Jean-Luc Mélenchon, pour essayer de se frayer une place au second tour ?

12:17
Ian Brossat

En tout cas, il faudra un candidat le plus rassembleur possible. Moi, ma conviction, c'est que celui qui est le plus à même de rassembler, de rassembler le monde du travail, de rassembler celles et ceux qui veulent que ça change, c'est Fabien Roussel. D'autres peuvent avoir un autre avis, une autre idée. Et tant mieux, discutons-en.

12:33
Invité

Vous pensez que Fabien Roussel pourrait être le candidat unique de la gauche ?

12:35
Ian Brossat

En tout cas, à mon avis, le principal sujet, c'est comment on fait en sorte que le monde du travail se reconnaisse à nouveau dans la gauche. Parce que trop souvent, depuis trop longtemps, la gauche a abandonné le monde du travail. Et donc, on a besoin de retrouver ce chemin-là, être la gauche de la feuille de paye, la gauche qui défend le monde du travail. Je pense que c'est ça qu'on doit réaliser si on souhaite demain être majoritaire.

12:58
Présentateur

Il n'y avait pas que la loi immigration en fin d'année, il y avait aussi le budget, avec une erreur du gouvernement qui a oublié de supprimer une disposition que vous aviez votée au Sénat, la fin de la niche fiscale qu'on appelle Airbnb, qui est un abattement qui passe de 71 à 30% pour les propriétaires qu'il loue. Le gouvernement ne compte pas appliquer cette mesure et compte modifier la loi. Est-ce que ça vous pose un problème que le gouvernement revienne dessus ?

13:22
Ian Brossat

D'abord, on est où ? On est dans un pays où on vote des dispositions. Le gouvernement fait voter, y compris en l'occurrence par un 49-3. Ils disent que c'est par erreur. Ils l'ont fait voter et maintenant, ils nous disent qu'on ne va pas appliquer la loi. C'est exactement ce que vous dites, pardonnez-moi, sur l'immigration. Non, puisqu'en l'occurrence, il y a une saisine du Conseil constitutionnel. Mais pour ce qui concerne cette disposition-là...

13:44
Invité

Le budget est validé par le Conseil constitutionnel, c'est vrai.

13:47
Ian Brossat

Quel est le principe, en l'occurrence ? Le principe, il est simple, c'est de dire qu'il n'est pas normal qu'aujourd'hui, on paye plus d'impôts quand on loue son logement à une personne qui est là à l'année que quand on loue son logement à quelqu'un, un touriste sur Airbnb. Ce n'est pas normal. Ce qu'on souhaite, c'est que dans nos villes, on ait des habitants qui soient là toute l'année, pas uniquement des touristes par le biais d'Airbnb. Et donc, nous avons effectivement dégagé une majorité au Sénat, y compris d'ailleurs avec la droite, pour revenir sur cette niche fiscale.

14:16
Invité

Mais qu'est-ce que vous allez faire si Bruno Le Maire refuse d'appliquer ?

14:19
Ian Brossat

Eh bien, pourquoi ne pas aller devant le Conseil d'État ? En tout cas, je pense que toutes les marges de manœuvre que nous aurons doivent être utilisées pour faire en sorte que la loi soit respectée. En l'occurrence, c'est louable quand même, faire en sorte qu'on facilite la location à l'année plutôt que la location touristique. On voit bien que dans nos villes, on a de plus en plus de mal à trouver des logements pour les classes moyennes, pour les gens qui travaillent. On a y compris des chefs d'entreprise qui tirent la sonnette d'alarme en disant qu'on n'arrive pas à recruter parce que les gens n'arrivent pas à se loger. Donc, on a besoin de traiter ce sujet.

Et je pense que le gouvernement ferait bien d'y réfléchir à deux fois quand même avant de décider de déroger à la loi.

14:56
Invité

2024, Yann Brossat, c'est aussi l'année des Jeux olympiques. Est-ce que Paris sera prête ?

15:01
Ian Brossat

Oui, je suis convaincu que Paris sera prête. En tout cas, toutes les dispositions sont à l'œuvre, je crois, pour que ce soit le cas. Et je pense qu'il faut que ce soit une belle fête, une fête populaire, une fête qui rende les Français fiers, les Parisiens aussi en l'occurrence, puisque c'est chez nous que ça se passe.

15:16
Invité

Alors, vous parlez de fête populaire. L'UFC Que Choisir, l'Association de Défense des Consommateurs, a révélé il y a quelques jours les tarifs des nuités d'hôtel pour la nuit du 26 au 27 juillet, le soir de la cérémonie d'ouverture, 1033 euros la nuit d'hôtel à Paris pour la cérémonie d'ouverture. Est-ce qu'on peut vraiment parler de jeux populaires dans ces conditions ?

15:37
Ian Brossat

D'abord, il y a beaucoup de gens qui seront là pour les JO et qui sont des Parisiens et des Franciliens. Mais il peut y avoir des Français qui viennent du reste de la France et pas que des touristes étrangers potentiellement fortunés. Toutes les études prouvent que la majorité des gens qui vont y assister sont des gens, y compris les gens qui ont acheté des billets, sont des gens qui sont des Franciliens. Et pour le reste, j'ai bien lu cette étude, cette étude, elle repose sur les prix de 80 hôtels. À Paris, on en a 1500 des hôtels et des hôtels qui, pour l'essentiel, sont situés à proximité de la Seine. Donc, j'invite quand même à relativiser l'ampleur de ces chiffres.

Et puis pour le reste, vous savez, on nous a beaucoup dit que Paris est une ville qui n'était plus attractive, que Paris est une ville qui était en déclin. Ma foi, quand je vois ces chiffres-là, je me dis que Paris garde quand même un certain attrait au vu des tarifs qui sont pratiqués par l'hôtellerie.

16:26
Présentateur

Merci beaucoup, Yann Brossat, sénateur de Paris, porte-parole du Parti communiste. Merci d'avoir été l'invité du 8.30. Merci beaucoup, Aurélie Herbemont, de m'avoir accompagné ce matin.