L'édito de Thomas Bonnet : «Lyhanna : l'Etat incapable de protéger nos enfants ?»
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Thomas Bonet, la découverte d'un corps pouvant être celui de Liana plongé tout le pays dans l'effroid. La famille fait part de sa tristesse et de sa colère, on l'a vu par le biais de ses ses avocats. C'est un drame dont vous dites qu'il est aussi un scandale national.
La disparition et la mort d'un enfant, c'est toujours un drame qui secoue l'opinion. Ça nous ramène au mal absolu avec lequel nous sommes contraints de coexister dans ce bas monde. Dans la plupart des affaires criminelles, le profil sans histoire des accusés et mentionnés des monsieurs tout le monde que personne ne pouvait suspecter et qui commettent le pire.
Dans le cas de cette affaire à Lesois national s'ajoute la sidération et la colère sur le profil du suspect. Son pédigré nous est apparu comme une série de dysfonctionnements de défaillance signalement en 2017. Plusieurs plaintes déposées contre lui et pourtant jamais il n'a été entendu par les gendarmes.
L'incompréhension est totale. Comment cet individu dangereux pouvait-il encore circuler librement à la sortie des écoles ? C'est cette question qui a conduit l'avocat de la famille de Liana à faire part de la colère des parents.
Un mot rare dans de pareilles circonstances et que la France entière partage ce matin. Alors Sébastien Lecornu a annoncé la tenue d'une réunion avec les ministres de l'intérieur et de la justice. Ça sera ce matin à 10h30 à Maton.
Officiellement, c'est pour faire un point de situation. Là encore, c'est rarissime qu'une affaire chamboule à ce point l'agenda politique du gouvernement. C'est dire comme on a compris au sommet de l'État que ce drame n'est pas un aème dossier criminel, mais bien plus que cela, il n'y a pas grand-chose à attendre de cette réunion qui est surtout un acte de communication politique.
Les défaillances et les responsabilités devront être mises au jour lors d'une enquête administrative. Déjà, on voit apparaître la question du manque de moyens pour la justice qui, même si elle est réelle, ne saurait justifier à elle seule autant de raté, autant de dysfonctionnement. Finalement, la question que beaucoup de Français se posent ce matin, c'est est-ce que l'État est encore en mesure d'assurer la sécurité de nos enfants ?
Et c'est une interrogation vertigineuse qui peut agir comme une bombe à fragmentation. L'État, c'est un contrat social entre les citoyens et les pouvoirs publics. La société confie à l'État et donc à la justice la charge de sanctionner, de punir et de nous mettre à l'abri des profils dangereux.
Si ce contrat se rond, ce qui est le cas dans de très nombreuses affaires du périscolaire à Paris à l'insécurité du quotidien, alors les Français pourraient être tentés de gérer les choses par eux-mêmes. Il n'y a rien de moins souhaitable qu'une population qui sombre dans l'autodéfense et la justice expéditive qui va avec. Pour enrayer cette crise de confiance entre les citoyens et la justice, il va falloir complètement inverser les choses plutôt que de mobiliser les moyens de l'État et les bataillons de haut fonctionnaires sur des normes, des contrôles, des machins en tout genre.
L'État doit absolument se recentrer sur ses missions essentielles, c'est-à-dire le régalien, assurer la sécurité, la santé, l'éducation, nos enfants. Rien n'est plus prioritaire que ces questions-là.