Voeux d'Emmanuel Macron : "S'il annonce un réferendum, c'est juste pour ne pas être pris en défaut"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 1:30OuverteRéponse partielle
Référendum, stabilité, le compte n'y est pas, Gilles Boutin.
- 3:32OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il a raison d'employer la méthode Coué, Eliane Mamane ?
- 5:45OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'Emmanuel Macron aurait pu, justement, lui qui aime les coups politiques et qui aime les tenter, reprendre la main et recréer un dialogue avec les Français via un référendum ?
- 7:29OuverteRéponse directe
En un mot, et ne me répondez pas à rien, qu'attendez-vous de l'allocution du président demain ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:38InvitéPromesse
« En 2025, je vous demanderai aussi de trancher certains de ces sujets déterminants, car chacun d'entre vous aura un rôle à jouer. »
- 0:54InvitéPromesse
« Je souhaite que l'année qui s'ouvre soit celle du ressaisissement collectif, qu'elle permette la stabilité pour prendre les bonnes décisions au service des Français. »
- 1:22InvitéChiffre
« Seuls engagements tenus en un an, une forte augmentation des dépenses de défense, avec une hausse de 6,7 milliards d'euros prévue pour l'année 2026. »
- 2:08InvitéFait
« Le budget 2025 a été adopté en février de la même année, alors qu'il aurait dû être idéalement adopté fin 2024. »
- 2:45InvitéFait
« Je trouve qu'aujourd'hui il est dans une situation d'impuissance, et il n'a pas su prendre les possibilités qui étaient à sa portée de porter des projets. »
- 4:34InvitéFait
« il était extrêmement surprenant d'entendre un président de la République promettre un référendum sans en préciser le sujet. »
- 5:18InvitéFait
« Oui, mais avec tout de même des difficultés à se mettre d'accord entre le Sénat et l'Assemblée nationale, naturellement, puisque le Sénat est beaucoup plus conservateur que l'Assemblée nationale, sur un nombre important de sujets, notamment d'ordre purement institutionnel, mais également sociétaux, et s'en est un exemple. »
- 6:11InvitéFait
« Je pense que si Emmanuel Macron le fait, ce sera uniquement pour ne pas être pris en défaut. »
- 7:45InvitéChiffre
« le record de l'allocution la plus courte de toute l'histoire de cette méthode-là, c'était Pompidou, je crois, en 1970, qui a fait 3 minutes et 45 secondes. »
Temps de parole
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- Invité 232 %
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- Invité 39 %
- Invité 44 %
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Emmanuel Macron face aux Français, ça sera demain à 20h sur Europe 1, notamment pour la traditionnelle adresse du président à la nation avant de passer à la nouvelle année, avant d'ouvrir 2026. Et on va revenir avec vous, Mayalen Trémolet, sur ses promesses lancées par le président, c'était il y a exactement un an, et toutes les promesses, on peut le dire, n'ont pas été tenues.
A commencer par celle d'un référendum ou d'une grande consultation des Français, engagement très attendu, pris par le chef de l'État il y a un an, et restée lettre morte. En 2025, je vous demanderai aussi de trancher certains de ces sujets déterminants, car chacun d'entre vous aura un rôle à jouer. Autre enjeu majeur, selon Emmanuel Macron lui-même en décembre dernier, celui de la stabilité, après une année 2024 marquée par une dissolution très critiquée. Je souhaite que l'année qui s'ouvre soit celle du ressaisissement collectif, qu'elle permette la stabilité pour prendre les bonnes décisions au service des Français.
Mais là encore, les douze derniers mois n'auront pas donné raison au chef de l'État, avec une assemblée plus déchirée que jamais, la succession de trois gouvernements, deux premiers ministres, et un budget 2026 encore loin d'être acquis, malgré le sacrifice de la réforme des retraites par Sébastien Lecornu. Seuls engagements tenus en un an, une forte augmentation des dépenses de défense, avec une hausse de 6,7 milliards d'euros prévue pour l'année 2026, mais aussi des avancées sur la structuration d'une défense européenne.
Merci à Maïl Hélène Trémolet pour ce rappel. Elliot Mamane, Gilles Boutin, référendum, stabilité, le compte n'y est pas, Gilles Boutin.
C'est très cruel, ce genre d'exercice de retour en arrière un an après. Mais effectivement, il n'a pas tenu promesse. Qu'est-ce qui l'en a empêché ?
Rien.
On a été pris dans ce maelstrom budgétaire, assez affligeant à vrai dire, et on a passé quasiment une année de budget, quand on y repense. Le budget 2025 a été adopté en février de la même année, alors qu'il aurait dû être idéalement adopté fin 2024. Et les consultations, la sensibilisation faite par François Bayrou a repris dès le printemps-été 2025. Donc toute l'année n'a tourné qu'autour de ça. Emmanuel Macron aurait dû apporter un peu de rythme, un peu de souffle. Il est dépossédé d'un certain nombre de ses pouvoirs, puisqu'il est dans une situation de pseudo-cohabitation, quand bien même il a un de ses fidèles à Matignon.
Mais il n'a pas la main, il ne peut même pas d'ailleurs forcer son Premier ministre à passer par 49,3 le budget, ce dernier résiste. Je trouve qu'aujourd'hui il est dans une situation d'impuissance, et il n'a pas su prendre les possibilités qui étaient à sa portée de porter des projets. Et là il est question à nouveau, tout le monde spécule, va-t-il de nouveau annoncer des référendums sur l'aide à mourir ?
Non, effectivement, les informations qui ont filtré de l'Elysée. Le Président devrait insister déjà sur les points positifs. Il devrait mettre en avant une croissance meilleure, en tout cas un peu meilleure qu'anticipée. Le fait qu'on ait un Nobel d'économie français, Philippe Aguillon, qu'il y a des créations d'emplois. En gros, Emmanuel Macron nous dit, l'Elysée, en amont de cette intervention, veut combattre ce qu'il appelle le « French bashing ». Est-ce qu'il a raison d'employer la méthode Coué, Eliane Mamane ?
French bashing, que d'ailleurs il lie également aux influenceurs et aux possibles entrismes de comptes venus de l'étranger sur les réseaux sociaux, qu'il renvoie évidemment tous à l'extrême droite. Donc on voit aussi la cohérence idéologique dans laquelle ça s'inscrit pour Emmanuel Macron. Lui qui, selon les sondages, pourrait devoir transmettre les clés d'Elysée à une formation politique nationaliste en 2027, alors même que la motivation même de son engagement politique, nous disait-il en 2017, était précisément de combattre la même extrême droite. Donc on comprend dans quel cadre idéologique plus général ça peut s'inscrire.
En fait, ce qui est intéressant, c'est que le fait qu'un nombre important de mesures qu'il avait promises au cours de son allocution l'an dernier n'ait pas été suivi des faits, n'ont pas été suivi des faits, pardonnez-moi, nous renvoie également à un sujet dont on se désole régulièrement, c'est l'impuissance du politique. D'ailleurs, dans la substance même de ces annonces l'an dernier, il était extrêmement surprenant d'entendre un président de la République promettre un référendum sans en préciser le sujet.
Lorsqu'en politique, on préfère une méthode à une substance, c'est précisément que l'on estime que l'on est dans un tel moment de désaveu idéologique, dans un tel moment d'impuissance institutionnelle, que finalement, l'espèce de méthode très souple, selon laquelle une méthode d'adoption d'une loi pourrait devenir une promesse politique, et où, en l'occurrence, la méthode d'adoption serait plus importante que la loi en tant que telle, ce qui est tout de même absolument ridicule.
Alors, en l'occurrence, peut-être nous expliquera-t-il qu'en réalité, il y a un pont qui existe entre son allocution de 2024 et celle de 2025, puisqu'en effet, notamment le sujet de la fin de vie pourrait être celui qui donnera la substance à la promesse du référendum de l'an dernier. Quoi qu'il en soit, on voit quand même...
Pourtant, le projet est en route, hein ?
Oui, mais avec tout de même des difficultés à se mettre d'accord entre le Sénat et l'Assemblée nationale, naturellement, puisque le Sénat est beaucoup plus conservateur que l'Assemblée nationale, sur un nombre important de sujets, notamment d'ordre purement institutionnel, mais également sociétaux, et s'en est un exemple. Donc peut-être qu'en réalité, passer cela par référendum pourrait être une espèce de voie de salut, même si ça semble un petit peu bizarre au vu du sujet, aux yeux d'Emmanuel Macron. Est-ce qu'Emmanuel Macron aurait pu, justement, lui qui aime les coups politiques
et qui aime les tenter, reprendre la main et recréer un dialogue avec les Français via un référendum ?
Je pensais que vous alliez me parler de recréer un grand débat, ou des grandes consultations, je me disais...
Il y a eu une petite tentative de petits grands débats il y a quelques semaines, là je parlais d'un référendum, puisque les Français ont envie clairement de s'exprimer, de participer à la vie politique.
Je pense que si Emmanuel Macron le fait, ce sera uniquement pour ne pas être pris en défaut. Emmanuel Macron vit énormément par le verbe. Il annonce énormément de choses, il écoute beaucoup, il adore faire étalage de son ultra-intelligence, sa capacité à mémoriser des informations, à les synthétiser. C'est pour ça qu'il a fait des grands débats, où il recevait cinq questions, il les notait, il répondait à cinq questions les unes après les autres, il a fait des grandes consultations avec moult philosophes qui l'emmenaient jusqu'au bout de la nuit. Et à l'arrivée, il ne se passe rien.
Et donc, le référendum, comme l'a très bien dit Elliot, est érigé au rang de méthode, et comme si c'était un petit médicament qui va faire du bien, et peu importe le sujet. Mais non, pas du tout, parce que si, par exemple, ce référendum porte sur la question de la fin de vie, vous pouvez être sûr que vous rouvrez une fracture dans la société, peut-être pas aussi sensible que le mariage pour tous, mais clairement, il y aura une tension qui va se recréer. Donc, ça n'aurait même pas cet effet fédérateur. Là où il pourrait éventuellement marquer un point, ce serait pour demander l'interdiction, demander si les Français veulent l'interdiction des réseaux sociaux pour les mineurs.
Parce que là, vous n'auriez que des majeurs qui voteraient et qui seraient très inquiets pour leurs enfants. Il y aurait une forme d'unanimité.
Les études montrent que les parents sont inquiets et veulent de l'action. En tout cas, à ce niveau-là, en un mot, et ne me répondez pas à rien, qu'attendez-vous de l'allocution du président demain ?
J'aimerais beaucoup qu'elle soit très courte. Vous savez, le record de l'allocution la plus courte de toute l'histoire de cette méthode-là, c'était Pompidou, je crois, en 1970, qui a fait 3 minutes et 45 secondes. Et finalement, c'est aussi une promesse du politique qui sait que sa parole sera suivie d'effet, c'est qu'il n'a pas besoin de s'éparpiller dans un verbe absolument incompréhensible, et qu'en revanche, il peut être très concret, très incisif. Donc, peut-être que ce serait un bon signal. Et d'ailleurs, il paraît qu'elle sera assez courte demain. 3 minutes, 45, c'est ça ? C'était le record, absolument. Gilles Boutin ?
J'espère qu'Emmanuel Macron évitera un exercice d'autosatisfaction qui tomberait très mal compte tenu du joyeux bordel qu'il a créé depuis qu'il a dissous l'Assemblée nationale.
Allez, c'était vos voeux à tous les deux.