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Discours / meetingRassemblement National (sur YouTube)· 15 juin 2013 5 minAutoproduitActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesEurope & internationalAgriculture & alimentationSanté

Marine Le Pen : marché transatlantique non merci !

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Chapitres

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    « L'essai entre les mains des technocrates et des lobbyistes de Bruxelles, c'est une véritable machine de guerre ultralibérale qui entend supprimer l'intégralité des droits de douane de part et d'autre de l'Atlantique. »
  • 0:32Invité politiqueFait
    « Venir à bout de ce que ces mêmes fanatiques du libéralisme et de l'Europe appellent les barrières non tarifaires. »
  • 0:40Invité politiqueFait
    « Sont désignées comme barrières non tarifaires toutes les normes et les réglementations susceptibles d'entraver la sacro-sainte libre concurrence. »
  • 1:03Invité politiqueFait
    « Il est même envisagé que les multinationales puissent directement porter plainte contre un Etat, ce que même l'OMC n'avait pas osé mettre en place. »
  • 1:11Invité politiqueFait
    « On imagine déjà tout le profit qu'une entreprise comme Monsanto pourra tirer du dispositif pour imposer enfin ses OGM au récalcitrant. »
  • 1:21Invité politiqueFait
    « Ce traité est un choc de dérégulation qui prive les peuples d'une nouvelle part conséquente de leur souveraineté au profit de gens qui se présentent comme experts, les technocrates et les financiers. »
  • 1:58Invité politiqueFait
    « Le traité transatlantique qui ménage une place aux pays déjà partenaires de l'Union Européenne comme le Maroc et la Turquie marque légalement une nouvelle étape de la mondialisation sauvage. »
  • 3:07Invité politiqueFait
    « Délégué en catimini à la Commission européenne, la négociation du traité de libre-échange s'achèvera en 2015. »
  • 3:48Invité politiqueFait
    « Si la France peut mettre son veto au sujet de l'indispensable exception culturelle comme l'a confirmé récemment le gouvernement, je ne vois pas au nom de quoi on n'appliquerait pas la même règle concernant les droits des ouvriers, des salariés ou des paysans. »

Temps de parole

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Marine Le Pen

Mes chers compatriotes, les négociations officielles en vue de mettre en place un traité de libre-échange entre l'Union Européenne et les Etats-Unis vont débuter. Et pourtant, la plupart d'entre nous ignorent de quoi il s'agit. L'absence d'un réel débat public sur le bien fondé d'un tel traité est d'autant plus scandaleuse que ce dernier engage lourdement l'avenir de notre pays. L'essai entre les mains des technocrates et des lobbyistes de Bruxelles, c'est une véritable machine de guerre ultralibérale qui entend supprimer l'intégralité des droits de douane de part et d'autre de l'Atlantique.

Mais surtout, venir à bout de ce que ces mêmes fanatiques du libéralisme et de l'Europe appellent les barrières non tarifaires. Sont désignées comme barrières non tarifaires toutes les normes et les réglementations susceptibles d'entraver la sacro-sainte libre concurrence. Soit un vaste fourre-tout permettant de cibler les politiques publiques qui déplaisent aux multinationales. Et pour qu'aucun gouvernement démocratiquement élu ne soit tenté de maintenir une législation trop contraignante, il est même envisagé que les multinationales puissent directement porter plainte contre un Etat, ce que même l'OMC n'avait pas osé mettre en place.

On imagine déjà tout le profit qu'une entreprise comme Monsanto pourra tirer du dispositif pour imposer enfin ses OGM au récalcitrant. Ce traité est un choc de dérégulation qui prive les peuples d'une nouvelle part conséquente de leur souveraineté au profit de gens qui se présentent comme experts, les technocrates et les financiers. L'idée de génie quand on connaît les responsabilités de ces derniers dans la crise qui continuent de ravager nos économies. Pour les secteurs de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la santé, c'est le baiser de la mort des multinationales qui n'étaient pas encore parvenus à les mettre intégralement en coupe réglée.

Qu'importe les consommateurs bafoués, les risques sanitaires et les emplois détruits, il faut bien continuer d'enrichir les actionnaires. Le traité transatlantique qui ménage une place aux pays déjà partenaires de l'Union Européenne comme le Maroc et la Turquie marque légalement une nouvelle étape de la mondialisation sauvage puisqu'il s'inscrit dans un ensemble plus vaste, organisé autour d'autres traités de libre-échange américain déjà en vigueur en Amérique du Nord et en Amérique centrale ou en cours de négociation avec le partenariat transpacifique qui inclut entre autres le Japon, le Pérou, le Chili, le Vietnam et l'Australie.

Au final, nous assistons pièce par pièce à la construction d'un véritable autant économique. Une telle structure amputera encore un peu plus l'indépendance de la France sur la scène internationale en la privant du choix de ses partenaires. Elle soumettra à nos travailleurs, notre agriculture, notre industrie, nos services, notre culture et même notre industrie de défense à une concurrence encore plus déloyale aux bénéfices exclusifs des plus gros.

C'est en revanche le dispositif idéal pour limiter les libertés individuelles en imposant sous prétexte de protection de la propriété intellectuelle une surveillance renforcée d'Internet et ce, malgré l'échec peut-être provisoire d'ACTA en juillet 2012. Délégué en catimini à la Commission européenne, la négociation du traité de libre-échange s'achèvera en 2015. Ce nouveau déni de démocratie compromet gravement le PS et l'UMP qui soutiennent ce traité tout en osant faire croire aux Français qu'ils veulent une Europe sociale, une Europe qui protège ou je ne sais quelle autre promesse mensongère faite depuis des années et des années.

Je demande donc au Président de la République et aux autorités françaises de stopper immédiatement, au nom de la France, les négociations. Si la France peut mettre son veto au sujet de l'indispensable exception culturelle comme l'a confirmé récemment le gouvernement, je ne vois pas au nom de quoi on n'appliquerait pas la même règle concernant les droits des ouvriers, des salariés ou des paysans. Eux aussi méritent largement d'être protégés par un veto français.

Néanmoins, si le gouvernement refuse de mettre son veto sur ce texte ou s'il refuse de le soumettre à référendum, il vous restera, mes chers compatriotes, à vous exprimer massivement lors des élections européennes de 2014 pour nous permettre d'en bloquer l'adoption. Indéfectiblement attachés à la démocratie, aux libertés publiques, à la souveraineté de notre pays et de nos nations, soucieuses de permettre à la France de se réarmer face à la mondialisation sauvage, je serai avec le Front National et le Rassemblement Bleu Marine le fer de lance de l'opposition à ce traité transatlantique.