Geoffroy Lejeune revient sur la loi sur la fin de vie
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
En fait, le seul droit qu'on est en train de de donner aux gens là, c'est le droit pour beaucoup beaucoup de monde euh de se poser la question de suis-je trop ? C'est ça qui va se passer. C'est exactement ce qui va se passer.
Il y a ce qui ceux qui s'appellent les fameuses éligibles, ceux qui demain seront selon les critères dont parlait tout à l'heure, éligibles au droit à l'aide à mourir, vont se demander est-ce que je suis pas un peu un poids pour mes aidants, pour ma famille, pour les gens autour de moi qui est-ce que je suis pas devenu inutile ? Et donc ces gens-là qui jusqu'à présent vivaient avec le droit de ne pas se poser cette question vont de manière inéluctable se la poser et il y aura des des cas de conscience épouvantable et on va même reprocher. Ils vont même se parfois ces gens-là se reprocher à eux-mêmes de ne pas avoir choisi choisi de mourir et d'imposer leur souffrance.
D'imposer les critères sont des gens qui sont en fin de vie qui ont une maladie incurable et qui souffrent et dont la souffrance ne peut pas être apaisée. C'est ça les critères. C'est pas mamie qui est un peu qui qui est un peu délaissé l'été et qui se demande si elle est de trop et et parce qu'elle est abandonnée par ses petits enfants.
C'est pas ça le cadre. Alors, écoutez, figurez-vous que il y a il y a quelques temps, on a eu au journal du dimanche en stage une gamine de de d'un peu plus de 20 ans euh qui était qui est d'ailleurs toujours poliicapé, des très lourds handicaps depuis la naissance. Euh et euh et elle rentre absolument dans ces critères-là parce que euh sa maladie est incurable euh parce que euh parce que elle remplit tous les critères, sauf qu'elle a 20 ans et elle a fait normal sup.
En fait, elle est absolument brillante euh et et sa vie est un fardeau pour beaucoup de monde, pour sa famille, pour ses aidents euh pour euh pour euh pour beaucoup de monde. En fait, quand elle est venue en stage au journal du dimanche, par exemple, c'était plus lourd que d'accueillir un stagiaire qui n'est pas handicapé. Bon ben, cette jeune fille demain euh pourra se poser la question euh de se dire "après tout, est-ce que ma vie vaut la peine d'être vécu avec ce que je ce que j'inflige à tout le monde ?" Et avant que la loi soit votée, elle ne se posait pas la question.
Elle était prise en charge par la société. Elle était prise en charge. Nos impôts permettaient de lui financer justement les soins et les aidants dont elle avait besoin et cetera et cetera.
C'est ça la plus grande inhumanité qu'on est en train de créer aujourd'hui. Et par sur la question de la souffrance, c'est paradoxal de voter c'est de de parler de ça aujourd'hui au moment où la question se pose le moins dans l'histoire de la médecine. aujourd'hui qu'on qu'on arrive le mieux je
Claire Lejeune