La guerre en Ukraine et l'agression d'Yvan Colonna… Le 8h30 franceinfo de Gabriel Attal
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Bonjour Gabriel Attal. Les jours qui viennent seront de plus en plus durs, a dit hier soir Emmanuel Macron dans sa dernière allocution sur l'Ukraine. Est-ce que ça signifie que Vladimir Poutine est en train de gagner la guerre ?
Non, cela signifie qu'au regard de l'offensive russe qui s'accroît, on doit s'attendre malheureusement à des scènes de détresse pour les Ukrainiens. Et on en voit déjà des familles qui sont séparées, des pères qui doivent rester en Ukraine pour combattre, et puis des mères avec les enfants qui doivent fuir, qui doivent partir. On peut s'attendre aussi au regard des mouvements des troupes russes à des situations peut-être de siège de grandes villes. Et on peut s'attendre aussi à des scènes de combats de rue dans des grandes villes ukrainiennes. Et donc évidemment c'est à cela qu'il faut s'attendre.
Pourquoi la France, contrairement aux Etats-Unis, contrairement au Royaume-Uni, ne qualifie pas Vladimir Poutine de dictateur ?
Vous aviez entendu des déclarations de mon collègue Jean-Yves Le Drian sur ce sujet-là, la semaine dernière.
Emmanuel Macron n'a pas utilisé ce...
C'est exprimé en ce sens. Vous savez, l'important ce n'est pas la manière dont vous qualifiez les uns et les autres. Ça l'est évidemment. Oui, mais je crois que l'important c'est aussi ce que vous faites. Est-ce que vous faites pour réussir à arriver à une situation où on enraye une escalade, où on est capable de mettre tout le monde autour d'une table pour discuter et pour essayer de négocier un cessez-le-feu ? C'est ça notre priorité pour la France. C'est la priorité aussi pour l'Europe, pour nos alliés. Et c'est ce sur quoi on travaille.
On va le négocier où, ce cessez-le-feu ? Directement entre ukrainien et russe, au conseil de sécurité ?
Vous avez aujourd'hui beaucoup d'échanges qui ont lieu. Vous avez des échanges internationaux. Vous savez que le président de la République échange régulièrement avec le président Zelensky. D'ailleurs, à la demande du président Zelensky, il continue aussi à échanger avec Vladimir Poutine. Il l'a eu au téléphone en début de semaine sur ce sujet. Vous avez ensuite une mobilisation internationale, oui, conseil de sécurité, qui va examiner une résolution sur le cessez-le-feu. Et vous avez... Résolution française. Et vous avez eu des tentatives de pourparlers qui ont démarré entre les Ukrainiens et les Russes à la frontière biélorusse.
Je crois que d'autres rendez-vous doivent avoir lieu aujourd'hui. Évidemment, nous suivons ça de très près.
Pourtant, pas de négociation sans cessez-le-feu. C'est ce que dit ce matin Jean-Yves Le Drian. C'est la position de la France. Il ne faut pas discuter alors.
C'est pour ça que je parle de pourparlers, pour obtenir un cessez-le-feu. Effectivement, s'agissant de la négociation...
En prenant l'ordre. Les Ukrainiens et les Russes ont prévu de se retrouver là-dedans, dans quelques heures, en Biélorussie. Et la France dit qu'on ne discute pas avant qu'il y ait un cessez-le-feu.
Non, justement. Les Russes et les Ukrainiens vont discuter. L'objectif, c'est d'arriver à un cessez-le-feu. Voilà. C'est une discussion qui vise à arriver à un cessez-le-feu. Un cessez-le-feu. Pourquoi ? Pour qu'il puisse y avoir une négociation sur la sortie de cette crise. Parce que vous voyez bien que si on veut se mettre autour de la table, si on veut que les Ukrainiens et les Russes puissent se mettre autour de la table pour parler de la sortie de cette crise, il faut évidemment que ça se fasse dans des conditions de cessez-le-feu. On ne négocie pas avec un pistolet sur la tempe. Je parle ici pour les Ukrainiens qui sont aujourd'hui assiégés par les Russes.
Et donc, il y a des discussions, des pourparlers pour définir les conditions de ce cessez-le-feu. Jusqu'à maintenant, les conditions qui étaient posées par les Russes, je parle pour les pourparlers qui ont eu lieu en début de semaine, n'étaient pas acceptables. Puisqu'il s'agissait de demander ni plus ni moins que la capitulation de l'Ukraine, le fait que les dirigeants de l'Ukraine se rendent, évidemment, ça n'est pas possible. Et donc, voilà, ces pourparlers vont se poursuivre. Il faut évidemment de la prudence, mais il faut prendre au sérieux aussi ces discussions. Et on va les suivre de très près.
C'est aussi pour ça que le président de la République continue à échanger avec le président Zelensky, qu'il a eu le président Poutine en début de semaine, et qu'il continuera à avoir toutes les initiatives utiles pour avancer sur ce conflit.
Donc, pour qu'on comprenne bien des pourparlers pour arriver à un cessez-le-feu, un cessez-le-feu pour entamer ensuite des négociations. Sauf qu'en attendant, l'ambassadeur de l'Ukraine a dénoncé hier un génocide à la tribune de l'ONU. Est-ce que vous, vous reprenez ce mot ?
D'abord, ce n'est pas à moi de qualifier ce qui se passe. Moi, je porte parole du gouvernement français. Moi, je suis là pour dire ce qu'on fait. Je suis là pour dire l'action qui est celle de la France. Je suis là pour dire le soutien que nous apportons aux Ukrainiens dans ce conflit.
Je suis là pour dire la mobilisation internationale qui est la nôtre. La Cour pénale internationale qui a décidé d'ouvrir une enquête pour crime de guerre, crime contre l'humanité qui remontrait jusqu'à la Crimée à l'encontre de Vladimir Poutine. Est-ce que vous, Français, est-ce que nous, Français, est-ce que le gouvernement français souhaite que Vladimir Poutine soit jugé devant cette instance internationale ?
Vous l'avez dit vous-même, la CPI, c'est elle-même saisie. Je crois que l'Ukraine est adhérente du traité de Rome qui permet cela. Et que la Cour pénale internationale... Non, je crois que elle ne l'est pas. Je crois que la Russie ne l'est pas, mais que l'Ukraine l'est, a vérifié. Peut-être que je me trompe. Et donc le procureur de la Cour pénale internationale lui-même a ouvert une enquête. Et évidemment, nous, nous respectons toutes les enquêtes qui sont menées par les juridictions, que ce soit d'ailleurs en France ou à l'international. Voilà.
Mais encore une fois, nous, notre objectif aujourd'hui, je le dis, c'est de tout faire pour arriver au plus vite à un cessez-le-feu et de pouvoir entamer des négociations. C'est ça notre objectif. Et donc ça veut dire parler avec les uns et les autres. Ça veut dire être au soutien des Ukrainiens. Ça veut dire aussi mettre la pression sur la Russie.
Et vous avez vu que toutes les sanctions qui ont été décidées très rapidement et très massivement au niveau européen et international, elles visent à faire en sorte que le coût de la guerre augmente pour la Russie et qu'à un moment donné, Vladimir Poutine soit contraint de revoir ses calculs et de se dire finalement, j'ai peut-être intérêt à me mettre autour de la table pour négocier une sortie de cette crise.
S'il le faut, Emmanuel Macron est prêt à retourner à Moscou, serrer la main de Vladimir Poutine et discuter avec lui. On a toujours dit que le président de la République prendrait toujours les initiatives utiles. Il ne s'est pas senti humilié par ce qui s'est passé la dernière fois. Je ne parle pas de la longueur de la table. Je parle de la discussion et le lendemain ou quasiment l'attaque.
Attendez, vous avez eu une discussion effectivement de près de six heures entre le président de la République et le président Poutine qui visait à quoi ? Qui visait à ce que, et c'est notre objectif à chaque étape depuis plusieurs mois, à ce que Poutine, à chaque moment, ait le choix entre plusieurs alternatives. Qu'il ne puisse pas dire que sa seule alternative est la guerre. Qu'il ne puisse pas dire qu'il est dans une logique absolue de confrontation parce qu'il n'y a pas d'autre chemin possible.
Deux jours après la rencontre, il y a eu la guerre.
Je ne crois pas que c'était deux jours d'abord. C'est une formule, c'est juste après. Oui, mais je veux dire, c'est important ces discussions et c'est important de regarder aussi le calendrier et la manière dont les choses se déroulent. Voilà, encore une fois, nous notre objectif, c'est qu'à chaque moment, Vladimir Poutine puisse voir une alternative diplomatique à ce qu'il conduit aujourd'hui. Qu'il ne puisse pas dire on ne m'a pas laissé le choix, personne ne m'a tendu la main, etc. Évidemment que jusqu'à maintenant, il n'a pas saisi cette voie diplomatique.
Ce qui montre qu'il a fait un choix délibéré d'entamer une guerre et ce qui permet ensuite de l'isoler au niveau international et de mettre la Russie au banc des nations. C'est ce qu'a fait Vladimir Poutine puisque vous avez vu qu'il y a eu un vote au Conseil de sécurité, que la Russie est la seule à avoir voté contre la résolution. Elle s'attendait d'ailleurs à ce que la Chine vote contre avec elle. Ça n'a pas été le cas. Vous avez eu hier un vote à l'Assemblée générale des Nations Unies. Je crois qu'il n'y avait que quatre pays qui étaient autour de la Russie. Et c'est des pays dont on sait que classiquement...
La Mélorussie, la Syrie, la Corée du Nord, voilà.
Et donc il y a un isolement diplomatique aujourd'hui de la Russie sur ces questions-là. Et c'est très important aussi de le montrer.
Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement et l'invité de France Info jusqu'à 9h et les 8h40. Lisa Guyenne pour un passage par le Filinfo.
Il est possible que le pire de la guerre en Ukraine soit encore devant nous. L'avertissement du ministre des Affaires étrangères ce matin. La Russie est entrée dans une logique de siège et ça peut devenir très grave, prévient Jean-Yves Le Drian. Sur place, on signale des explosions dans la nuit à Kiev, la capitale ukrainienne. Kerson près de la Crimée est tombé aux mains des Russes. De nouveaux pour parler sont prévus dans la journée entre Kiev et Moscou, trois jours après un premier rendez-vous qui n'a rien donné de concret. Moscou visé par de nouvelles sanctions ce matin.
Le comité international paralympique exclut les sportives russes, mais aussi biélorusses, des Jeux d'hiver qui commencent demain. Toyota suspend sa production et ses importations en Russie. Twitter vient de mettre en place le blocage des médias Russia Today et Spoutnik, accusés de relayer la propagande du Kremlin. Il était chaleureux, expansif, parfois colérique, mais toujours affectueux avec les journalistes. L'hommage tout à l'heure sur France Info, de Claire Chazal à Jean-Pierre Pernault, le présentateur historique du 13h de TF1, emporté hier par un cancer, il avait 71 ans. France Info.
Le 8.30 France Info, Salia Brachia, Marc Fauvel.
Avec le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal depuis huit jours, les Ukrainiens font face à l'armée russe sur leur sol et pour les aider, les Européens ont décidé d'envoyer des armes. La France refuse de rendre public ce qu'elle envoie, contrairement à d'autres pays européens. Pourquoi ?
Pour des raisons de sécurité, à la fois pour les Ukrainiens. Communiquer sur la liste des équipements défensifs que nous envoyons à l'Ukraine, ce sera donner des informations, y compris à la Russie, qui mène aujourd'hui une offensive. Et pourtant la Belgique, la Suède, communique ? Je suis porte-parole du gouvernement français, donc moi je vous rends compte de la communication du gouvernement français. Nous avons fait ce choix-là. Ça ne veut pas dire qu'on ne communique à personne. D'abord, on communique au président Zelensky. Je rappelle que le président Zelensky a établi directement au président de la République une liste de matériel dont il a besoin.
Et que nous avons répondu à cette demande. Il l'a dit d'ailleurs publiquement. J'ai fait état à la France de mes besoins. La France m'a répondu et répond à mes besoins très concrets. Ensuite, nous avons communiqué auprès des parlementaires membres de la Commission de la Défense, dans une réunion qui s'est tenue en début de semaine à huis clos, avec le directeur de cabinet de la ministre des Armées, qui a communiqué très directement. Parce que la représentation nationale, évidemment, et notamment les députés qui sont spécialistes des questions de défense, évidemment c'est important de les tenir informés.
Et qui sont soumis au secret défense eux aussi du coup ?
Je crois que dans le cadre de ces réunions, effectivement, les informations ne sont pas communiques.
Donc ceux-là savent combien de fusils, combien de mitraillettes on a envoyé aux Ukrainiens ?
Oui, nous avons communiqué les détails sur les équipements défensifs que nous communiquons.
Elles sont arrivées sur place, ces armes ou pas encore ?
Encore une fois, je ne vais pas vous donner de détails. On avait déjà commencé à livrer un certain nombre d'équipements. Les casques. Parce qu'on parle d'équipements, il y a aussi des questions de carburant, etc. Il y a d'autres équipements qui ont été demandés. Évidemment, on répond à la demande ukrainienne.
Combien de soldats, aujourd'hui, français sont mobilisés dans le cadre des forces de l'OTAN, dans les pays limitrophes de l'Ukraine, notamment la Roumanie, puisqu'un groupe est parti avant-hier de 500 soldats sur place ? Combien au total ?
Oui, il y a eu une réunion de l'OTAN vendredi dernier, dans laquelle le président de la République a annoncé qu'on allait renforcer notre présence sur le flanc. Est de l'OTAN, donc vous l'avez dit, il l'a rappelé hier dans son allocution, 500 soldats et blindés d'infanterie et de cavalerie qui arrivent en Roumanie, puisque nous devenons nation-cadre des opérations en Roumanie. C'est-à-dire que c'est nous qui organisons les opérations de l'OTAN sur place. Nous aurons également 200 militaires français de la 27e brigade d'infanterie de montagne qui vont se rendre dans les jours qui viennent en Estonie. Et puis nous avons une mobilisation aérienne.
Il y a 4 avions de chasse, une centaine d'aviateurs qui vont être déployés dès la mi-mars, toujours en Estonie, pour des missions de police du ciel. Ça veut dire patrouiller à la frontière des Pays-Baltes. Et puis depuis la fin de semaine dernière, vous avez tous les jours des patrouilles de rafales qui partent de Mont-de-Marsan et qui assurent la sécurité du ciel à la frontière est de la Pologne. C'est deux patrouilles par jour de rafales qui sont accompagnées d'un avion ravitailleur. Donc vous voyez qu'il y a un renforcement de notre mobilisation dans le cadre de l'OTAN sur le flanc Est, évidemment pour apporter notre soutien, notre protection aux pays qui sont concernés.
Des troupes renforcées à la frontière, mais pas au sein même du territoire ukrainien. Qu'est-ce qui peut vous faire changer d'avis ? Qu'est-ce qui peut faire changer d'avis à l'OTAN d'envoyer des troupes à l'intérieur du pays ?
Sur ce sujet-là, ma collègue Florence Parly a eu l'occasion de s'exprimer très clairement. Elle a indiqué qu'il n'était pas prévu d'envoyer des troupes et des soldats. En revanche, j'ai eu l'occasion de vous dire combien nous apportons un soutien à la fois logistique, humanitaire et diplomatique à l'Ukraine dans ce conflit.
Gabriel Attal, pourquoi les sanctions économiques décidées par la France et par l'Union Européenne aujourd'hui ne visent pas ni les secteurs du pétrole ni les secteurs du gaz russe ?
D'abord, ces sanctions sont massives. Encore une fois, je veux rappeler ce qui a été fait. Oui, mais parce que parfois, avec certaines questions, on a l'impression que rien n'est fait ou que ce qu'on fait est faible. Non, c'est très fort et c'est très puissant.
On va parler très longuement des sanctions avec Bruno Le Maire, qui était à votre place il y a quelques jours et qui a même dit d'ailleurs que l'objectif de la France, il a rectifié ses propos depuis, était l'effondrement de l'économie russe et que la France et l'Europe livraient une guerre économique totale à la Russie. Il a dû rectifier ses propos suite à un message en français, s'il vous plaît, de l'ancien président russe Dimitri Medvedev. La France s'est fait taper sur les doigts par la Russie.
Non, encore une fois, Bruno Le Maire l'a dit lui-même.
Alors pourquoi est-ce qu'il a rectifié ses propos ?
Il l'a dit lui-même, et ce n'est pas la peine de revenir, je pense, dessus. Pourquoi est-ce qu'il a rectifié ? Parce qu'il est important de dire clairement ce que nous faisons. Et ce que nous faisons, c'est renchérir au maximum le coût de la guerre pour la Russie, pour que Vladimir Poutine soit obligé de revoir ses plans et ses calculs. C'est exactement ça que nous faisons. Et probablement d'ailleurs que pour Vladimir Poutine, les choses ne se passent pas comme prévu. Il ne s'attendait probablement pas à ce qu'il y ait une telle mobilisation aussi rapide et aussi forte au niveau européen, au niveau international, avec des sanctions d'une telle nature.
Parce que précisément, ce que nous faisons, c'est que nous renchérissons le coût de la guerre pour l'économie russe, d'une manière générale. On a gelé les actifs de la Banque centrale russe. Nous renchérissons le coût de la guerre pour un certain nombre d'industries russes, notamment les industries de défense, puisque nous avons interdit des exportations de biens essentiels pour les industries de défense. Nous renchérissons aussi le coût de la guerre pour les oligarques russes, puisque nous gelons des avoirs partout dans le monde, en France singulièrement, pour qu'à un moment donné aussi, il se tourne vers Vladimir Poutine en lui disant finalement « Est-ce que c'était une bonne idée ?
» ce conflit. Voilà ce que nous faisons. Ensuite, nous avons aussi décidé de desswifter, c'est-à-dire de retirer d'un système de messagerie bancaire un certain nombre de banques russes. Une première liste a été annoncée. Il pourra y en avoir d'autres.
Vous comprenez le sens de ma question, Gabriel Attal. Le gaz et le pétrole russe, il y a des pays européens qui ne veulent pas aujourd'hui s'en passer. Pour la France, ce serait sans doute difficile de le faire. Les sanctions n'iront jamais jusque-là. On ne peut pas se fâcher à ce point-là avec la Russie de Vladimir Poutine.
Vous savez, je n'ai plus rien par principe pour l'avenir. Ce que je dis, c'est qu'il y a encore une fois une mobilisation très forte au niveau européen. Que s'agissant des banques qui ont été retirées de la messagerie internationale, il y a une première liste qui a été publiée, qu'elle s'est faite évidemment en négociation au niveau européen. Que nous, la France, nous portons une position maximaliste sur ce sujet-là. Nous voulons aller au plus loin possible dans l'impact de nos mesures pour les banques russes. Après, il y a une discussion au niveau européen.
Mais encore une fois, si on s'est replacé deux ou trois semaines en arrière, au niveau européen, on a tous des relations, une histoire, des intérêts différents avec la Russie. Et franchement, quand vous interrogiez des spécialistes il y a plusieurs semaines, il y en a peu qui s'attendaient à ce qu'il y ait une telle unité sur des sanctions aussi lourdes au niveau européen. Et c'est ça qu'il faut regarder à mon avis. Et d'ailleurs, c'est probablement ça aussi qui fait réfléchir aujourd'hui les autorités russes.
Il y a une question qui persiste, Gabriel Attal, c'est celle de la présence de Total en Russie. Ici même, sur ce plateau, Bruno Le Maire avait émis un problème de principe sur la présence de Total en Russie. Seulement, Total a réagi dans la foulée en disant qu'il n'allait pas davantage faire d'investissement en Russie, mais pas se retirer. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que vous n'avez pas le pouvoir de demander à Total de se retirer du pays ?
Total, c'est une entreprise privée, d'abord. Il faut le dire, nous, ce que nous demandons à toutes les entreprises, c'est qu'elles appliquent les sanctions qui sont décidées. Et Total s'est engagé à appliquer les sanctions qui sont décidées.
Total fait des affaires aujourd'hui avec des personnes, une personne en l'occurrence, qui est sur la liste des sanctions américaines.
Total s'est engagé à appliquer nos sanctions. D'abord, c'est ça que je veux dire. Ensuite... En quel sens ? On a pris des sanctions qui concernent des entreprises, notamment l'interdiction d'exporter un certain nombre de choses, ou d'importer, quand on a une entreprise française en Russie, un certain nombre de biens, premièrement. Ensuite, elle s'est engagée à ne pas consentir d'investissements supplémentaires.
À nouveaux investissements en Russie. On regarde les investissements actuels, on continue à trouver du gaz et du pétrole en Russie, avec des oligarques, un oligarque, en l'occurrence, qui est sur une liste noire, qui est un proche de Vladimir Poutine.
Mais ensuite, si vous avez d'autres questions sur la présence de Total en Russie, vous pouvez les poser à Total, qui est un groupe privé.
Durez-vous qu'on invite Patrick Pougané depuis des mois et des mois, et qu'il ne vient pas. Voilà. Donc on pose la question.
La question se pose pour Total, mais elle se pose aussi pour Renault, par exemple. Oui, mais comme pour Total, Renault s'est engagé à appliquer les sanctions qui ont été décidées.
Donc vous ne demandez pas à ces entreprises de se retirer du pays ?
Donc ce que nous leur demandons, c'est d'appliquer les sanctions. Ensuite, évidemment, j'ai eu l'occasion de le dire, nous, ce que nous recherchons, c'est à la fois l'isolement de la Russie et à la fois le renchérissement du coup de la guerre. Tous ceux qui peuvent participer à ce mouvement-là, évidemment, sont les bienvenus.
Vous dites quoi aux Français qui sont toujours en Ukraine ? Aujourd'hui, il y en a plusieurs centaines encore. Sauvez-vous ou cachez-vous ?
Nous avons eu l'occasion de leur dire, s'agissant notamment de ceux qui sont à Kiev, qu'ils pouvaient quitter la ville. Et qu'il y a une route sud qui a été rouverte pour leur permettre de quitter la ville. C'est ce qui a été notamment...
Une route dont la sécurité n'est pas totalement assurée. C'est ce qu'a dit Jean-Yves Le Drian.
Justement, ce qu'il a dit Jean-Yves Le Drian, je crois que c'était mardi soir, c'est que dans les discussions que nous avons eues avec la Russie, nous avons pu négocier que cette route soit ouverte et que nos ressortissants puissent sortir. Et d'ailleurs, vous savez que nos personnels diplomatiques qui étaient encore présents à Kiev ont pu quitter Kiev par cette route vers l'ouest, puisque maintenant notre ambassade, qui est maintenue en Ukraine, est relocalisée à Lviv.
Il est impossible d'évacuer les Français. Le gouvernement français ne peut pas prendre ça en charge aujourd'hui. Pour quelles raisons ?
D'abord, il y a des Français qui sont sur place, qui sont identifiés par nos autorités sur place et qui sont suivis individuellement. C'est-à-dire que les Français qui sont sur place, évidemment qu'ils ont un contact avec notre ambassade, qui encore une fois, et c'est un choix que nous avons fait en France, de maintenir une ambassade en Ukraine, qui est un interlocuteur pour eux, qui peut leur apporter tous les conseils et tout le soutien nécessaire.
C'est toujours évidemment compliqué de joindre tout le monde dans ces cas-là. Et on entend souvent les cas les plus inquiétés. Mais vous avez entendu, comme nous, dans les médias ces derniers jours, des Français dire « On a pris la route. Aujourd'hui, on est bloqués, on n'avance pas, et la France nous a abandonnés. »
Bien sûr. Mais encore une fois, ce que je dis, c'est qu'on a, et je veux leur rendre hommage, des personnels diplomatiques qui sont restés sur place, contrairement à d'autres pays où l'ensemble des personnels diplomatiques ont été évacués. Et s'ils sont restés sur place, c'est pour porter assistance à nos ressortissants qui sont sur place. On avait, au début du conflit, autour de 1 000 ressortissants français qui étaient sur place. Il y en a d'autres qui se sont ensuite signalés aux autorités consulaires, qui n'étaient pas identifiées auparavant. Ils n'étaient pas signalés. Jean-Yves Le Drian a dit qu'il y avait entre 500 et 600 de ces ressortissants qui avaient pu quitter la ville de Kiev.
Évidemment, nous suivons de très près tous ceux qui sont encore présents.
8h51, le Filinfo des Aguyennes. On vous retrouve dans un instant, Gabriel Attal.
Un face-à-face entre délégations russes et ukrainiennes. Une deuxième session de pourparlers est prévue dans la journée. Alors qu'en Ukraine, on signale des explosions entendues dans la nuit, dans la capitale Kiev. Le gouvernement confirme aussi que la ville de Kersone, près de la Crimée, est tombée aux mains des Russes. La guerre qui affectera notre croissance en France demain. Les factures de chauffage et d'essence risquent de s'alourdir, prévient Emmanuel Macron dans son allocution d'hier soir. Emmanuel Macron promet aussi que la France prendra sa part dans l'accueil des réfugiés ukrainiens. Ils sont 800 pour l'heure à être arrivés sur le sol français.
Et au total, déjà, plus d'un million à avoir fui l'Ukraine en l'espace d'une semaine, selon les Nations Unies. Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, promet ce matin de faire toute la vérité sur l'agression d'Yvan Colonna, le militant nationaliste corse plongé dans le coma ce matin, après avoir été étranglé hier par un co-détenu en prison. Yvan Colonna, condamné à perpétuité pour l'assassinat du préfet Claude Erignac en 1998. Nice-Nantes, l'affiche de la finale de Coupe de France de foot le 8 mai prochain. Le FC Nantes qui a éliminé Monaco hier soir au tir au but à domicile. France Info
Le 8.30 France Info, Salia Braquia, Marc Fauvel
Toujours avec Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement. Plus d'un million de réfugiés ukrainiens ont fui leur pays selon le dernier bilan de l'ONU. Combien la France va-t-elle en accueillir ?
La France, elle prendra toute sa part. Le président de la République l'a encore rappelé. Il y a une réunion des ministres de l'Intérieur européens qui se tient aujourd'hui. Et évidemment, nous accueillerons des réfugiés ukrainiens. D'ailleurs, nous avons déjà commencé à en accueillir. Ma collègue Marlène Schiappa a communiqué sur un chiffre de, je crois, 400 réfugiés ukrainiens qui sont déjà arrivés en France. Nous, ce que nous souhaitons, c'est évidemment qu'il y ait une solidarité européenne et qu'il y ait une organisation au niveau européen. Aujourd'hui, les pays qui sont très concernés par ce sujet-là, c'est évidemment les pays qui sont limitrophes de l'Ukraine, notamment la Pologne.
Il y a plusieurs centaines de milliers d'Ukrainiens qui ont déjà fui. Et donc, ce que nous voulons, c'est venir en solidarité de ces pays, au niveau européen, avec l'ensemble des pays européens, et qui a un mécanisme, évidemment, de solidarité. C'est d'ailleurs intéressant, puisque ce qu'on constate, c'est que les pays qui sont les plus directement concernés aujourd'hui, ces pays de l'Est, sont ceux qui étaient au départ, vous vous en souvenez, quand il y avait eu la crise migratoire en Méditerranée, qui étaient les moins favorables à ce qu'il y ait une solidarité européenne.
Et moi, ce que je pense, c'est que ce qui fait la maturité de l'Europe et l'honneur de l'Europe, c'est aussi de montrer qu'on vient en soutien à ces pays dans cette crise. Et probablement que ça permettra aussi de continuer à avancer au niveau européen.
On n'a pas réservé le même sort, effectivement, aux Syriens, aux Afghans, aux réfugiés pendant la guerre, alors qu'on reçoit les Ukrainiens qui sont en danger aujourd'hui. Vous comprenez que ça pose question ?
Oui, mais alors, ce que je suis en train de vous dire, j'étais un peu perturbé, parce que pour ceux qui... Oui, alors, écoute, il y a des travaux...
Si tout le monde entend précisément ce qui se passe sur ce studio, il y a des travaux, visiblement, qui viennent de débuter juste derrière vous, Gabriel Attal. J'espère que ce n'est pas le studio qu'on est en train de démonter. Il y a un travail tôt, ici, à Radio France. On va poursuivre quand même cet entretien en priant que la personne... On ne croit pas que c'était votre question qui m'a perturbé, mais qu'on comprenne que c'est...
Ce que je disais à l'instant, c'est que nous, on a toujours souhaité qu'il y ait ce mécanisme de solidarité au niveau européen, y compris dans les crises que vous évoquez, en Syrie ou en Afghanistan, où la France aussi a toujours voulu prendre sa part avec les autres pays européens. Que ça n'a pas été possible sur des crises précédentes, notamment parce que certains pays européens n'y étaient pas favorables. Qu'aujourd'hui, vous avez des pays européens qui n'étaient pas favorables à cette solidarité, qui sont les plus immédiatement concernés par un afflux de réfugiés. Et donc probablement que ça permettra aussi d'avancer au niveau européen sur ces questions-là pour l'avenir.
Gabriel Attal, l'assassin du préfet Claude Erignac, Yvan Colonna, a été agressé très violemment hier par un autre détenu à la prison d'Arles, où il purge sa peine de réclusion criminelle à perpétuité. Il est, ce matin, nous dit-on, dans le coma entre la vie et la mort. L'homme qui l'a agressé, encore une fois, dans des conditions particulièrement violentes, est un Français qui avait été capturé en Afghanistan par les Américains, remis à la France, qui a été condamné pour association de malfaiteurs terroristes, qui était radicalisé, qui est connu aussi pour des faits de violence en prison.
Voici ce que disait, ce matin, sur l'antenne de France Info, Gilles Simeoni, qui est à la fois l'ancien avocat d'Yvan Colonna, et aujourd'hui, le président autonomiste de l'exécutif Corse.
J'ai saisi, par écrit et oralement, l'ensemble des premiers ministres et l'ensemble de mes interlocuteurs gouvernementaux, non seulement de la demande de rapprochement, mais également de l'information selon laquelle il y avait un risque particulier pour l'ensemble des détenus corse avec les islamistes radicaux. Notamment parce que les Corses, suite à un certain nombre d'incidents, et les détenus corse avaient été ciblés explicitement par des sites, des blogs et des réseaux islamistes radicaux en les désignant comme des cibles.
Gilles Simeoni dit que l'État français a été défaillant dans le cas d'Yvan Colonna.
L'État français, il apporte une protection à l'ensemble des détenus qui sont menacés. Ça, je le dis de manière très claire. Mon collègue, Éric Dupond-Moretti, pourra le redire. Alors, en l'occurrence, il ne pourra pas le redire,
Éric Dupond-Moretti, puisqu'il a été l'avocat, lui aussi, d'Yvan Colonna, et qu'il n'a pas le droit de parler de ce dossier. Il peut parler de la protection
que nous apportons aux détenus qui sont menacés, évidemment, dans nos établissements pénitentiaires. C'est le cas pour un certain nombre d'entre eux. Et dans ces cas-là, évidemment, nous faisons en sorte de limiter au maximum le risque pour eux et de les protéger. Il y a une enquête judiciaire qui a été ouverte. On a par ailleurs déclenché une enquête administrative pour faire la lumière sur ce qu'il s'est passé. Je n'ai pas d'autres informations à vous donner que celle-là.
Gabriel Attal, Emmanuel Macron n'est toujours pas officiellement candidat. Il lui reste un peu plus de 24 heures pour le faire. Que répondez-vous aux autres candidats qui regrettent qu'il n'y ait pas de campagne présidentielle ? Que la guerre accapare toute l'actualité ? Et que, dans ce contexte, Emmanuel Macron est plutôt avantagé puisqu'on fait confiance à la personnalité qui est en place en période de crise ?
D'abord, pour les candidats déclarés, je crois qu'il y a eu une campagne depuis quasiment six mois. Vous avez eu des primaires, vous avez eu des congrès, vous avez eu des meetings. On a d'ailleurs nous-mêmes voulu vraiment que les meetings puissent se tenir pendant, y compris la vague Omicron. Ça nous a parfois été reproché. Et à ce moment-là, ça n'était pas un avantage pour Emmanuel Macron de ne pas pouvoir être candidat puisqu'il devait gérer les affaires de l'État et donc de ne pas pouvoir répondre à des attaques, souvent d'ailleurs assez malhonnêtes, qui étaient portées.
Ensuite, je rappelle que le président de la République, comme il l'a toujours dit, il sera président jusqu'au dernier quart d'heure. Est-ce qu'on considère qu'il a moins de raisons qu'avant de présider notre pays et de prendre les décisions qui s'imposent ? Je crois que non. Les Français, ils ont besoin d'un président pour les cinq prochaines semaines comme pour les cinq prochaines années à la barre.
Et on le voit aujourd'hui, quand on voit la situation internationale, et on en a assez peu parlé, de l'impact qu'elle peut avoir en France pour nos agriculteurs, pour nos entreprises, pour les Français, où le président a demandé au Premier ministre de travailler sur un plan de résilience, évidemment que les Français ont besoin que le président prenne les bonnes décisions au bon moment. Ensuite, il y aura une campagne. Il y aura un débat démocratique, évidemment. Et c'est très important qu'il ait lieu parce que l'élection présidentielle, c'est une échéance majeure. Il appartient évidemment à tous les candidats et aussi aux médias de l'organiser.
Mais je note que vous avez reçu depuis la semaine dernière Yannick Jadot, Jean-Luc Mélenchon, qu'il y a des règles qui sont posées par les autorités de régulation pour que chaque candidat puisse s'exprimer, qu'elles vont se renforcer dans les prochaines semaines jusqu'à une égalité stricte du temps de parole. Il n'y a pas de problème démocratique. Et donc évidemment que le débat aura lieu. Merci beaucoup, Gabriel Attal, invité de France Info. Bonne journée à vous.
Gabriel Attal