Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français, et député du Nord - 14/01
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
BFM Politique, Benjamin Duhamel. Bonjour, bonjour à tous, vous regardez BFM Politique, votre grande interview politique du dimanche. Notre invité aujourd'hui, Fabien Roussel, secrétaire national du Parti Communiste français. Bonjour M. Roussel.
Bonjour Benjamin Duhamel, meilleur vœu de santé et de bonheur à vous et à tous les téléspectateurs et téléspectatrices.
Merci beaucoup d'être avec nous aujourd'hui. Bien sûr, beaucoup de choses à aborder avec vous, les premiers pas de ce nouveau gouvernement, la question du pouvoir d'achat également. J'accueille sur ce plateau avec moi pour vous interroger Amandine Attalaya, bonjour Amandine. Olivier Beaumont du Service Politique du Parisien, bonjour. Olivier, alors que l'on continue à voir sur ces images, vous les suiviez juste avant avec Philippe Godin, ce déplacement du nouveau Premier ministre Gabriel Attal à Caen dans le Calvados sur un marché. Gabriel Attal interpellé, on voyait récemment un échange assez vif, il faut le dire, sur la question notamment de la pauvreté.
Comment est-ce que vous interprétez ces premières images ? C'est quoi, une sorte de frénésie de déplacement du Premier ministre ? Cinq déplacements en cinq jours, ça vous plaît, il va au contact ?
Bon, d'abord, la politique c'est pas de la télé-réalité et il va finir par donner le tournis aux Français. Je voudrais pas qu'il les use à force de faire des déplacements comme ça. Maintenant, aller sur le terrain et entendre ce que les Français ont à dire de ce qu'ils vivent sur la vie chère, la hausse des prix, les faibles salaires, on va en parler.
Et que moi j'invite les Français, j'invite les Français, les salariés, les travailleurs, les enseignants, les soignants, ceux du secteur privé qui n'ont pas vu leur facture, qui ont vu leur facture augmenter et pas les salaires, j'invite à aller le voir avec leur fiche de paye, avec leur facture d'électricité, lui dire qu'il ne faut pas augmenter l'électricité le 1er février prochain de 10%, lui dire qu'il faut augmenter les salaires, lui dire qu'il faut remplacer les profs dans les écoles, que les gens aillent le voir en disant qu'ils ont bien du mal d'avoir un rendez-vous avec un spécialiste pour soigner telle maladie, qu'on lui dise la réalité des prix, qu'on lui dise que le mot égalité s'efface de plus en plus sur les frontons de nos mairies.
C'est la défense des classes moyennes, pour vous c'est un slogan vide ou vous pensez que ça va être un cap nouveau de ce gouvernement ?
La défense des classes moyennes est juste, il faut défendre ceux qui travaillent, il n'y a pas que des classes moyennes dans celles et ceux qui travaillent, les catégories sociales, ceux qui vivent au SMIC survivent aujourd'hui avec un SMIC.
Oui, il faut défendre le peuple travailleur, comme je l'appelle, sauf que tout ce qu'il met en œuvre, lui, ça fait 6 ans qu'il est ministre, 7 ans qu'Emmanuel Macron est président de la République, tout ce qu'ils ont mis en œuvre comme politique a contribué à déshabiller la classe moyenne, à faire en sorte qu'aujourd'hui, on ne puisse plus vivre dignement de son travail parce que le salaire ne permet pas de vivre, de faire des économies, d'investir, de pouvoir avoir des loisirs, de préparer des vacances.
Et on reviendra tout au long de cette émission, notamment sur votre initiative Transparence sur les feuilles de paix. On y reviendra, je vous promets, et vous aurez l'occasion d'en parler, simplement pour rester une seconde sur ces images de ce marché où se rend Gabriel Attal à Caen, dans le Calvados. On commence à entendre cette petite musique selon laquelle il y aurait beaucoup de com'. On a vu notamment le jour du premier conseil des ministres, la ministre chargée des relations avec le Parlement, Marie Lebec, arriver à la passation en métro, reprendre ensuite la voiture.
Est-ce que vous dites qu'il y a beaucoup de com', ou est-ce qu'au fond, c'est logique que le premier ministre, comme ça, aille sur le terrain, au contact des Français ?
Encore une fois, je le redis, aller sur le terrain, c'est bien. C'est l'occasion pour tous les Français d'aller le voir et de l'interpeller. Mais c'est vrai qu'on a un petit peu la pratique de ce gouvernement, de ces ministres, et c'est un gouvernement de com'. Comme je le dis souvent, dans le communiqué, il y a commu, entre autres.
Je pense que ceux qui nous regardent auront compris. Fabien Ossé, je voudrais qu'on commence en évoquant ce qu'a dit Gabriel Attal hier, en déplacement au CHU de Dijon. Il a promis 32 milliards d'euros supplémentaires sur 5 ans pour le système de santé. Sauf que quand on interroge Matignon, ce que BFM TV a fait, évidemment, on se rend compte qu'il s'agit de fonds qui ont déjà été votés par le Parlement. Vous êtes déjà déçu ?
Oui, c'est pour ça que c'est un gouvernement de com'. Ils ne font que la com', ils ne font que vendre et revendre ce qui a déjà été fait et décidé. Alors moi, quand j'ai entendu cette annonce hier, je me suis dit que ça veut dire que tout de suite, on va avoir un budget rectificatif.
De la sécurité sociale.
De la sécurité sociale. Et ils vont nous annoncer, donc 32 divisé par 5, ça fait à peu près 6 milliards d'euros de plus pour le budget de la sécurité sociale, pour l'ONDAM, objectif national des dépenses de l'assurance maladie. C'est comme ça que ça s'appelle. Que dalle ! Il n'y a rien de prévu.
Ça ne reste pas moins un investissement qui est quand même gigantesque. 32 milliards, on ne peut pas résumer en 10 ans, même si ce n'est pas davantage pour les années qui viennent.
Si je peux me permettre, en tant que député, je vais vous donner la réalité des chiffres. L'ONDAM, donc ce qui est voté à l'Assemblée nationale, entre 2019 et 2024, il est passé de 200 milliards d'euros à 255 milliards d'euros. Donc sur 5 ans, dans les 5 dernières années, l'ONDAM a évolué de 55 milliards d'euros.
Donc ce qu'il propose est en deçà de ce que nous avons déjà vécu, qui était déjà en deçà de ce que réclament tous les professionnels de santé, la Fédération hospitalière de France, qui tous disent que le budget de la sécurité sociale, de l'assurance maladie, évolue, mais pas assez pour prendre en compte les factures d'électricité, la facture énergétique des hôpitaux, elle a augmenté de 130%. Les dépenses de maladies supplémentaires liées au vieillissement des populations, l'allongement de la durée de la vie, tout cela n'est pas pris en compte.
Il faudrait combien d'augmentation pour que vous soyez satisfait ?
Les professionnels de santé nous le disent. Ils disent qu'il fallait là, au moins pour l'ONDAM 2024, les dépenses de l'assurance maladie, il fallait au moins un ONDAM de 4,8%, enfin 5%, alors qu'il n'a été que de 3%. Donc les dépenses de l'assurance maladie augmentent, c'est pour ça qu'ils disent, mais on fait plus, on fait plus. Mais ça n'augmente pas assez par rapport aux besoins, par rapport aux factures qui augmentent, par rapport aux salaires des soignants qu'ils font augmenter, parce que sinon ils démissionnent, et c'est une réalité.
Et donc si on veut capter des soignants, si on veut donner envie à des jeunes de s'investir dans cette profession, si on veut que nos hôpitaux répondent aux besoins, si on veut avoir les scanners, les IRM, pour répondre aux besoins de la population, mais la santé n'a pas de prix, il faut faire les investissements nécessaires, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.
Il y a des contraintes budgétaires, il y a un déficit qui est encore au-dessus de la barre des 3%, une dette importante.
Allez dire ça à la dame qui a besoin de soigner son cancer du sein, et qui ne trouve pas de spécialiste tout de suite, qui est obligée d'attendre deux mois pour avoir un rendez-vous. Comment ils font, ceux qui ont de l'argent, on va en parler, que ce soit dans la santé ou dans l'éducation nationale, ceux qui ont de l'argent, ils vont dans le privé, ils peuvent payer les déplacements d'honoraires, ils ont des rendez-vous tout de suite, mais le peuple, les gens, les travailleurs, ils font comment ? Ils sont obligés d'attendre.
Vous savez que la surmortalité dans les cancers, je le vis dans le Valenciennois, dans mon arrondissement, où la surmortalité liée au cancer est l'un des plus importants de France. Elle est liée à quoi ? Elle est liée au fait que les gens ne se soignent pas, qu'il n'y a pas les dépistages notamment, parce qu'ils ne vont pas suffisamment tôt au rendez-vous, parce qu'il n'y a plus de médecine dans les entreprises, qu'il n'y a plus de médecine dans nos écoles. Et donc, on meurt plus, faute de soins et faute de prévention.
Question d'Olivier Beaumont sur la nouvelle ministre de la Santé.
Et oui, parce que lors de ce déplacement à Dijon, Gabriel Attal est aussi revenu sur une des premières polémiques de ce gouvernement, c'est-à-dire Catherine Vautrin, la mise du travail, qui est issue des rangs des Républicains et ancienne ministre UMP de Jacques Chirac, qui a été prise à partie concernant ses positions autrefois tenues contre le mariage homosexuel. Alors, elle est revenue l'année dernière dessus, mais est-ce que vous lui accordez une seconde chance, comme le demand de Gabriel Attal ? Je dirais que je jugerais sur pièce. Ça vous a étonné, cette nomination ? Compte tenu de ses propos passés ?
En fait, ce que j'ai retenu comme enseignement de la nomination de ses ministres, c'est que c'était un gouvernement de classe, c'était le retour de l'UMP, l'Union pour une minorité de privilégiés, c'est-à-dire des ministres majoritairement issus des gouvernements Sarkozy, ou qui ont travaillé pour lui, et qui vont accélérer une politique qui sert aujourd'hui une caste. Les plus riches, ils vont accélérer le transfert de nos enfants dans l'école privée, ils vont accélérer le développement de la médecine privée au développement de la santé publique. Fabien Roussel, on va venir dans un instant sur la polémique.
Et c'est véritablement, pour moi, une politique, et Mme Vautrin, qui était ministre sous Sarkozy, illustre cela. Alors maintenant, j'attends de voir ce qu'elle va mettre en œuvre.
Mais est-ce que c'est un problème d'avoir une personnalité comme Catherine Vautrin qui compte des propos qu'elle a pu tenir par le passé, même si elle est revenue après ? Oui, c'est un problème,
parce que c'est loin de nous rassurer. Les Français attendent une loi sur la fin de vie. Ils attendent cette loi promise de la République avec impatience. Nous y avons travaillé au Parlement. Ils attendent des investissements importants dans les soins palliatifs. C'est un mauvais signal envoyé, alors ? Bien sûr que c'est un mauvais signal envoyé, parce que quand il y a des progrès attendus, notamment sur la fin de vie, on se dit...
La fin de vie qu'elle a évoquée à l'occasion de son discours de passation, mais il y a 20 ans, elle prenait des positions contre ce qu'elle appelait l'euthanasie active. Oui, il y a 20 ans. Pour être très précis.
Oui, oui. Et puis, encore dernièrement, moi, j'attends de voir son camp, celui des Républicains, n'y est largement pas favorable. Il y a besoin d'investir massivement dans la santé publique et dans le développement des soins palliatifs. Vous savez qu'aujourd'hui, 150 000 personnes n'ont pas accès à une place pour finir leur vie dignement dans des services de soins palliatifs. Ils n'y ont pas accès. Il y a besoin d'investir massivement l'un d'autre. Nous, nous attendons cela.
Et bien sûr, nous attendons cette loi sur le droit de mourir dans la dignité qui permettrait à ceux qui feront le choix non pas des soins palliatifs mais de pouvoir finir quand ils le veulent leur vie parce que leur fin est inéluctable. Et bien oui, nous attendons cette loi le plus rapidement possible.
Autre polémique, Fabien Roussel, au lendemain des débuts de ce gouvernement avec la première bourde des ministres après les propos tenus par la ministre de l'Éducation nationale Amélie Oudea-Castera sur la scolarisation de ses enfants dans le privé à cause, je cite, des paquets d'heures pas sérieusement remplacées dans le public a-t-elle dit vendredi. cela a suscité un tollé. Hier, elle a regretté avoir pu, je cite, blesser certains enseignants. Est-ce que ça suffit pour mettre fin à la polémique ou est-ce que le mal est fait ?
Le mal est fait ? Le mal est fait parce que, d'abord, je souhaite bon courage à cette ministre qui va devoir cumuler, cumuler, ministre des sports, la jeunesse des sports au moment des Jeux olympiques de 2024 et en même temps ministre de l'Éducation nationale quand on voit les immenses défis qu'il a rejetés. C'est trop large. C'est pas sérieux, c'est pas respectueux tant pour le monde sportif que pour le monde de l'Éducation nationale. Les propos qu'elle a tenus concernant l'école publique. Je respecte le choix des familles qui mettent leurs enfants dans l'école privée pour diverses raisons. On peut en débattre. J'espère qu'on va en débattre.
Mais la manière dont elle s'est exprimée par rapport à l'école publique, elle qui, aujourd'hui, elle n'est pas extérieure à la politique du gouvernement. Elle en fait partie. Donc, on ne lui demande pas de ce qu'elle fait pour ses enfants. On lui demande de s'occuper de nos enfants. Et elle n'a aucun mot pour dire nous allons réparer l'éducation nationale, mettre des moyens, embaucher des profs, faire en sorte qu'il n'y ait plus de profs non remplacés, qu'il n'y ait pas plus de 20 élèves par classe, 25 élèves par classe en moyenne.
C'est une ministre fragilisée ?
Mais elle est extrêmement fragilisée. Je demande. Moi, je demande que la jeunesse soit grande cause nationale, que l'on puisse y mettre un ministère dédié et que l'on y mette en face des moyens conséquents. En fait, que ce soit la ministre de l'Éducation nationale, que ce soit la ministre de la Santé qui va cumuler aussi le travail, je souhaiterais qu'il y ait non plus la valse des ministères, mais qu'il y ait un engagement dans la durée avec des ministres qui passent un pacte avec les Français. Et c'est ce que je propose.
D'ailleurs, c'est ce que j'ai proposé pendant l'élection présidentielle, de passer un pacte avec les Français, avec des mesures de court terme et des mesures de long terme sur cinq ans et que l'on puisse avoir les mêmes ministres et que l'on travaille ensemble dans la durée. Un pacte pour l'école et pour la jeunesse.
C'est pas bien que celle, juste pour finir, pour revenir sur les propos d'Amélie ou d'Ea Castera, est-ce que vous regrettez sa maladresse ou est-ce que le principe même, en fait, d'avoir un ministre de l'Éducation nationale qui scolarise ses enfants dans le privé, dans l'absolu, c'est inacceptable et il ne faudra plus le reproduire ? Est-ce qu'à l'avenir, une personne qui a ses enfants dans le privé ne peut pas devenir ministre de l'Éducation nationale ?
Non, je ne demanderai pas ça. Moi, en tant que député, je peux dire que tous mes enfants sont allés à l'école publique, j'en suis fier, et ils ont eu une excellente scolarité et ils ont poursuivi leurs études. Voilà. Bon, donc, ce n'est pas une condition. Ce que je peux noter, c'est que les quatre derniers ministres de l'Éducation nationale ont tous mis leurs enfants dans l'école privée, de un. Ce que je constate... Alors,
Gabriel Attal, il avait lui-même été à l'école privée, mais ses enfants n'étaient pas.
Mais donc, moi, ce que je conteste, c'est le projet politique qu'il y a derrière avec ce gouvernement. Quand je dis que c'est une caste et qu'ils sont au service des plus riches, d'une minorité, avec tout ce qui va avec...
Les salariés d'enseignants ont quand même été revalorisés à l'automne dernier. Mais le salaire des enseignants,
dans les années 80,
un enseignant... On ne s'en règle pas tout, bien sûr,
mais... Dans les années 80, un enseignant gagnait 2,4 fois le SMIC. Aujourd'hui, un enseignant, il gagne 1,2, 1,3 fois le SMIC. C'est dégradé. Bon, ça, c'est un problème quand même. On ne peut pas dire que l'éducation nationale est essentielle et importante quand nos enseignants sont... Quand on leur dit travailler plus pour gagner plus. Quand je dis que c'est un projet de société, avec tous ces ministres qui ont eu leurs enfants dans le privé et qui soignent tellement le privé sans mettre les moyens dans l'école publique. C'est que, oui, il y a un choix qui est fait par ce gouvernement que j'analyse comme ça. Il va y avoir une baisse démographique.
Et donc, on s'attend à ce qu'il y ait 300 à 400 élèves en moins dans nos écoles. Et l'école privée s'en inquiète. Ce sont des entreprises. Et donc, ils ont besoin d'élèves pour que ça tourne. Eh bien, ce gouvernement, les ministres de l'Éducation nationale que l'on a eu, sont en train d'opérer un transfert de nos enfants vers l'école privée au détriment de l'école publique. C'est ça qui est en train de se passer. C'est pour ça que c'est un projet de société que je conteste. Parce que l'école laïque publique, républicaine, c'est celle qui garantit l'égalité de nos enfants. La mixité sociale. La mixité sociale n'existe pas dans l'école privée.
Et pourtant, elle perçoit 8 milliards d'euros d'aides publiques de la part de l'État de mon collègue sénateur Pierre Ouzoulias qui a déposé une proposition de loi largement signée qui demande à ce que les aides publiques de l'État soient versées aux écoles privées en fonction de critères garantissant la mixité sociale.
Justement, une question là-dessus. Juste avant, je signale à ceux qui nous regardent, ils vont voir apparaître un QR code à droite de l'écran qu'ils peuvent flasher et vous interroger directement. On relèvera leurs questions tout au long de cette émission. Mais justement, vous parliez de la question du financement de l'État des établissements privés sous contrat.
La question que pose aussi cette polémique, c'est celle de l'établissement où sont scolarisés les enfants d'Amélie Oudea-Castera en l'espèce Stanislas, un établissement catholique dans le 6e arrondissement à Paris qui est d'ailleurs sous le coup d'une enquête administrative après que des enquêtes journalistiques notamment de Mediapart ont décrit un établissement, je cite, aux insultes homophobes omniprésentes des anciens élèves évoquant des livrets d'enseignement contre l'avortement. Est-ce que vous demandez à ce qu'il y ait des sanctions qui soient prises contre cet établissement ? On sait qu'en l'État, le rapport de l'administration est confidentiel.
Moi, je demande à ce que l'enquête aille au bout et qu'effectivement, si faute, manquement, il y a eu, il y ait des sanctions. Enfin, c'est la moindre des choses.
Encore une fois... Et que l'État, par exemple, arrête de financer Stanislas.
Mais bien sûr ! Les financements de l'école privée sont de 12 milliards d'euros en tout, 8 milliards de la part de l'État et le reste, 4 milliards, ce sont les collectivités, ce sont les communes. Et d'ailleurs, je ne le conteste pas. Nous-mêmes, à Saint-Amant-les-Eaux, nous avons une école privée, la commune accorde des subventions, mais ce qui ne va pas, c'est la manière dont, aujourd'hui, notre système d'enseignement dans notre pays est organisé. Nous ne demandons, l'État, ne demande quasiment rien à ces écoles sous contrat acquis, donc à l'accord des financements.
Or, nous, ce que nous demandons à travers la proposition de loi de mon collègue sénateur Pierre Ouzoulias, c'est que, justement, les critères de mixité sociale, au minimum, soient respectés. C'est-à-dire que, par exemple, dans l'école publique, il y a une obligation de scolariser son enfant dans un périmètre qui est délimité. C'est la carte scolaire. C'est la carte scolaire. L'école, l'enseignement privé, lui, peut prendre n'importe quel élève. Ce n'est pas juste. On a remarqué que, dans les enseignements, dans les écoles privées, il y avait extrêmement peu d'enfants de milieux défavorisés parce qu'il y a un élitisme... En particulier à Stanislas, d'ailleurs. À Stanislas, il y a même des...
Enfin, à Stanislas, il y a même des classes non mixtes. Non mixtes. C'est du séparatisme. Et ce sont les mêmes qui viennent donner...
Non, mais la question est posée. Est-ce que l'État devrait subventionner des écoles où il y a des classes non mixtes ?
Non.
Donc, ça veut dire que si on vous suit,
il faut couper les subventions. On est partisans de refaire vivre un minimum de valeurs républicaines et laïques dans nos écoles et, d'abord, en redonnant beaucoup plus de moyens à nos écoles publiques.
Question d'Amandine Atalaïa sur ce romanisme.
Oui, puisque le nouveau gouvernement s'est réuni vendredi matin et Emmanuel Macron a dit qu'il voulait un gouvernement de révolutionnaire. Vous vous êtes dit tiens, ça me concerne, j'aurais pu y aller ?
Vous savez, il y a deux manières de faire la révolution. Où c'est une révolution au service du peuple, du monde du travail, de la très très grande majorité des gens et pour réparer ce qui ne va pas dans la société, on fait une révolution à l'envers au service d'une caste, d'une minorité et c'est ce qui est en train de s'opérer mais c'est ce qui s'opère depuis 2017. Quand vous alignez l'ensemble des mesures fortes qui ont été prises par Emmanuel Macron, ce sont des mesures qui ont tendu à baisser les impôts des plus riches, suppression de l'impôt de solidarité sur la fortune, baisse des impôts sur les dividendes, baisse des impôts sur les boursières, etc. Et en même temps...
Vous n'avez rien à y faire, ça ne vous a pas traversé l'esprit de vous dire j'ai peut-être du coup quelque chose à apporter pour rééquilibrer la balance. Je vais y venir.
Je vais y venir. Et en même temps, ils ont déshabillé nos services publics qui sont les garants de l'égalité républicaine. C'est pour ça que je parle autant d'égalité. D'ailleurs, peut-être que dans les mois qui vont venir, vous allez voir, les maires vont peut-être petit à petit effacer le mot égalité des façades de nos mairies tellement l'égalité républicaine...
Mais donc, ça ne vous aurait pas tenté d'intégrer cette équipe gouvernementale ? Tout révolutionnaire que vous êtes.
Moi, je suis un révolutionnaire au service du peuple et pas au service d'une minorité de privilégiés et c'est toute la différence. Vous savez, les communistes ont participé à un gouvernement du général de Gaulle en 1945 pour reconstruire la France et donc, nous n'y allons pas en fonction de dogmes politiques, nous y allons à chaque fois pour servir la France dans l'intérêt de la nation. Et donc, je me pose toujours cette question. Quel est l'intérêt de mon pays pour participer à un gouvernement ? Mais franchement, c'est sans illusion qu'avec un tel gouvernement qui fait le choix opportunément de dire que l'on va continuer à taper sur les services publics, qu'on va... Ils disent...
Ils parlent de baisse des impôts. Mais ils vont baisser les impôts de qui encore ? Des plus riches ?
Ils disent 2 milliards d'euros pour les classes moyennes, pas les plus riches. D'accord.
Mais moi, ce que je vois, c'est que depuis 7 ans qu'Emmanuel Macron est à la tête de notre pays. Le budget de l'État, c'est rabougri. Nous avons de moins en moins de moyens pour réparer la France, pour rendre du pouvoir d'achat aux Français, baisser les factures d'électricité, investir dans les services publics, relever le défi climatique. Le pacte social et républicain est rompu. Il faut une véritable révolution, mais au service de la nation, du peuple et du travail, c'est tout l'inverse qui est fait aujourd'hui. Olivier Bourron.
Un gouvernement qui pose des questions sur la forme parce que certes, la parité est respectée, mais on voit bien que quand on observe les rangs protocolaires, les femmes sont plutôt en bas de l'échelle qu'en haut. Le député RN Sébastien Chenu a lui-même regretté que la place des femmes soit rétrogradée. Je cite ces mots dans ce gouvernement. Est-ce que vous aussi, vous avez ce sentiment-là ?
La place... Moi, j'attends de voir l'ensemble de... Sur les ministres de Pénéxercice, c'est assez important. Et les ministres
dits régaliens, c'est-à-dire Défense, Intérieure, Justice, Affaires étrangères. Que des hommes.
Oui, c'est vrai. Mais en même temps, je ne veux pas dévaloriser non plus les ministères que sont le travail, la santé, l'éducation nationale et le sport qui sont des ministères tout aussi importants et qui sont dévolus à des femmes. Deux. Plusieurs ministères et en plus où elles devront cumuler des responsabilités importantes. Donc, on peut aller dans ce sens-là, mais franchement, c'est important, c'est vrai. Il y a eu d'ailleurs des ministres femmes à la Défense et aux affaires étrangères. Le gouvernement, le Premier ministre auraient pu faire ces choix-là.
Mais ce qui m'apporte le plus, c'est les réponses qui vont être apportées rapidement aux Français sur les questions du pouvoir d'achat, de la vie chère. Que ce soit un homme ou une femme à la tête de ses ministères, on a besoin, j'appelle, à ce qu'il y ait un pacte de passer avec les Français pour réparer le pouvoir d'achat et mettre au cœur l'égalité républicaine.
Et on continue cette discussion, notamment sur la composition du gouvernement. La surprise, Rachid Alati, c'est dans quelques instants. A tout de suite. Fabien Roussel, invité de BFM Politique, alors que l'on continue à suivre en direct sur BFM TV le déplacement du Premier ministre Gabriel Attal sur un marché à Caen dans le Calvados, cinquième déplacement en cinq jours et des échanges à bâton rompu avec ceux qui l'interpellent sur ce marché. Fabien Roussel, première question d'un téléspectateur. Voilà ce que vous demande Amélie. Amélie vous pose la question suivante. Val Dune n'a toujours pas de repreneur. Quelle solution proposez-vous ?
On rappelle, pour ceux qui nous regardent, que Val Dune est le dernier fabricant de roues et d'essieux de trains, entreprises en grande difficulté qui n'a donc pas de repreneur et c'est dans votre région.
Tout à fait. Ça touche ma circonscription. Beaucoup de salariés sont dans ma circonscription. Eh bien, l'État aujourd'hui fait un constat d'échec parce qu'il n'y aurait pas de repreneur. Il n'y en a plus qu'un en lice avec un doute pour reprendre ce site historique à Tris-Saint-Léger. Val Dune, c'est deux sites. Un, à Lefranco qui est un Tris-Saint-Léger, c'est le dernier producteur français, l'unique producteur de roues et d'essieux pour nos métros, nos TGV, nos trams. Je me souviens d'un ouvrier qui m'a dit j'ai fabriqué les roues qui ont été sur le TGV, le premier qui a fait le record de 300 km heure. C'est la fierté de notre pays.
Eh bien, aujourd'hui, faute de repreneurs, ce site et les emplois qui vont avec pourraient disparaître. Eh bien, moi, je fais une proposition au gouvernement, au président de la région. C'est que si demain, le repreneur qui est sur les rangs, un Ukrainien notamment, et d'ailleurs, je dirais que vu toute l'aide que la France porte à l'Ukraine, l'entreprise ukrainienne pourrait faire un effort et s'engager pour ce site. Mais, disons, admettons qu'il n'y a pas de repreneurs à la fin de la semaine. Moi, je fais une proposition.
c'est que l'État, la région et l'agglomération de la porte du Hainaut, et j'en ai parlé avec le président Émeric Romain, eh bien, ensemble, ils décident de racheter les 25 hectares, l'outil de production, c'est à peu près 10 millions d'euros pour devenir propriétaire du lieu... Donc, c'est quoi, c'est une nationalisation ? Non, c'est une forme de préemption de l'outil industriel, de la surface, du foncier et de pouvoir, de cette manière, intéresser un industriel français du ferroviaire pour pouvoir maintenir cette activité et de l'autre côté, d'engager Alstom, la RATP, la SNCF dans la reprise.
Parce que ce sont eux qui ont intérêt demain à avoir des roues et des essieux verts, c'est-à-dire bio, produits avec notre filière nucléaire. Grâce à notre filière nucléaire, notamment Graveline, nous produisons de l'acier vert et donc, nous pouvons faire des roues, des essieux verts pour nos métros, nos TGV. C'est donc un enjeu pour moi stratégique et c'est pour ça qu'à défaut de repreneurs, je mets sur la table cette proposition que le public, État, région, agglom, on rachète les bâtiments, le terrain, 25 hectares et qu'on intéresse un industriel français pour relancer la machine et sauver les emplois.
Fabien Roussel, question d'Amandine Atalaya, toujours sur le nouveau gouvernement.
Tout à fait. Sur Rachida Dati, j'imagine que comme tout le monde, sa nomination vous a surpris. Qu'est-ce que vous vous êtes dit ? Bonne idée ou pas ?
Encore une fois, moi, j'attends les actes.
On l'a déjà vu à l'œuvre et on la connaît très bien.
Ah oui, elle dit vous pouvez compter sur moi pour me battre.
Elle dit aussi qu'il y a du mépris de classe dans les réactions à son encontre.
Non, je n'irai pas du tout sur ce terrain-là. Je vais vous dire. Le gouvernement, le président Macron veut des ministres révolutionnaires. J'invite Mme Dati à être révolutionnaire et à s'engager d'investir 1% du PIB de l'État au service du monde des arts, de la culture et de la création parce que la culture et la création dans un pays comme la France, ce n'est pas un supplément d'âme, c'est l'âme de la nation elle-même. Et donc, mettre 1% du PIB
au service de la culture,
c'est un engagement révolutionnaire qu'elle pourrait prendre. Tout à l'heure, vous disiez
ce nouveau gouvernement, c'est un gouvernement de classe, c'est UMP, union pour un...
Union pour une minorité
de privilégiés. Une minorité de privilégiés. Là, pardon, Rachida Dati, les Français connaissent ses origines, modestes, connaissent sa travail. Elle ne correspond pas exactement aux clichés que vous semblez dessiner concernant ce nouveau gouvernement.
Je ne veux pas tirer à bout les roues, vous voyez bien que je fais d'abord des propositions. Non, non, mais là, je veux dire ce que j'attends. Rachida Dati, quand même, elle vient de la mairie du 7e arrondissement. Elle n'avait pas des petits milieux populaires proches des préoccupations des gens. Non, mais elle veut faire... Elle vient du gouvernement Sarkozy. Elle aussi. elle a été au service d'un gouvernement Sarkozy qui a privilégié, encore une fois, les classes les plus riches et pas les classes populaires.
Oui, mais dans la première interview qu'elle accorde ce matin aux Parisiens aujourd'hui en France, elle dit qu'elle peut faire de l'accès à la culture pour les catégories populaires. sa priorité. C'est quand même un engagement compte tenu de vos convictions qui sont papiers et louables. Mais tout à fait. Mais tout ça,
encore une fois, c'est un article, une interview, des mots, des paroles, des paroles, comme chanter l'autre. Moi, ce que je veux, c'est des autres. Voilà. Donc, ce n'est pas Dalida ce que je veux. Moi, c'est du concret. C'est-à-dire combien il y aura sur la table pour soutenir le monde des arts et de la culture. Qu'est-ce qu'il y aura comme garantie pour le régime des intermittents du spectacle ? Comment on va favoriser dans nos écoles de musique, dans nos villages, dans nos villes, comme la mienne, 16 500 habitants, le maintien de nos écoles d'art, de musique, qui ont bien du mal à vivre, faute de raréfaction des subventions publiques.
Vous voyez qu'il y a un enjeu culturel qui passera par des investissements publics colossaux. Alors, elle peut dire qu'elle veut en faire, qu'elle veut démocratiser l'accès à la culture, mais combien elle met sur la table pour soutenir nos communes, pour soutenir les tiages ? Elle dit que ce n'est pas qu'une question d'argent. Ah bah non, ce qu'elle dit dans les colonnes de l'excellent journal de Paris. Il y a un autre problème. Il va faire plein de choses mais il ne va pas mettre un copec sur la table. Je veux bien, mais enfin, on va faire comment ? On verra, on va ronger les os ?
Il y a un autre problème concernant Rachida Dati, c'est qu'elle est mise en examen dans l'affaire Carlos Ghosn. Est-ce que pour vous, c'est un problème de nommer une ministre qui est mise en examen ?
En tout cas, ce que je sais de mémoire, vous me corrigerez si je me trompe, mais je crois que François Béroud en 2017 n'est pas rentré au gouvernement pour les mêmes causes. Il est rentré au gouvernement, il a dû le quitter parce qu'une enquête était ouverte. Parce qu'une enquête était ouverte. Et donc, pourquoi ça changerait aujourd'hui ? Et pourquoi Rachida Dati pourrait y rentrer alors que M. Béroud lui a dû le quitter ? Et je trouve là une forme d'injustice et ce n'est pas normal. Et donc, vis-à-vis des Français et de l'honnêteté et de la probité, il faut respecter ces règles. Donc, pour vous,
mise en examen, personne ne rentre ? C'est ça la règle ?
Mise en examen, ça n'existe plus en fait. Donc, c'est une faute politique de l'avoir nommée ? Ce n'est pas respectueux vis-à-vis des Français. La moindre des choses, c'est que...
C'est respectueux de la présomption d'innocence en revanche ?
Mais aussi, c'est vrai, c'est pour ça que... Oui, Éric Dupont-Moretti, il avait mis en examen, il est ressorti Blanchine. Laissez-moi juste finir. L'idée, c'est que la moindre des choses, c'est que quand une instruction judiciaire est ouverte de ce type, c'est de faire en sorte que le procès ait lieu, d'attendre ses conclusions et qu'en fonction, de regarder si elle peut effectivement redevenir une ministre de la République ou pas. C'est la moindre des choses. Et donc, c'est tout ce que je souhaite. c'est-à-dire un minimum de conditions de probité. Et puis en plus, ce n'est pas pour des petites sommes. On parle de... 900 000 euros. Combien ? 900 000 euros. 900 000 euros.
Sur combien de temps ? Sur une période d'un an, un an et demi pendant qu'elle était députée européenne.
Ceci dit, Fabien Roussel, vous reprochez à ce gouvernement de trop pencher à droite. Quel message, qu'est-ce que vous avez envie de dire à cette aile gauche de la Macronie qui aujourd'hui ne s'y retrouve plus dans cette nouvelle configuration ? Vous avez envie de leur dire « Venez, rejoignez-nous. »
J'ai surtout envie de dire « Battons-nous pour l'intérêt des Français. Battons-nous pour défendre le monde du travail, la fiche de paye. »
Oui, mais est-ce que vous voulez... On va en parler dans un instant, mais est-ce que vous voulez prendre une initiative politique ?
Les initiatives politiques pour lesquelles je me bats, vous les connaissez. C'est notamment la défense de la fiche de paye et du faire en sorte que les gens puissent vivre de leur travail. C'est s'attaquer à l'inflation c'est pour moi l'urgence immédiate et ensuite à plus long terme c'est le défi climatique, c'est le vieillissement de la population, c'est la démographie. Il y a là des investissements colossaux à faire notamment pour relever le défi climatique, pour faire la révolution écologique, soyons révolutionnaires. Et donc, je souhaite, moi, travailler avec tout le monde. C'est le pacte que j'ai proposé aux Français.
C'est-à-dire que si nous voulons réconcilier les Français, si nous voulons protéger le travail, les salaires, le pouvoir d'achat, il va falloir nous rassembler très largement et je le dis au-delà de la gauche. Je veux me mettre au service de la nation, au service de ce projet avec des mesures de court terme, des mesures de long terme, en passant un pacte, un contrat de confiance avec les Français. Il y a besoin de restaurer la confiance dans la politique.
Juste pour clarifier les choses, Fabien Roussel, on va parler dans un instant de la feuille de paix, de votre initiative, je vous promets, mais vous dites je veux rassembler au-delà de la gauche. La question qu'Olivier vous posait était cette elle-gauche de la majorité. A l'inverse, est-ce que ponctuellement soutenir ce gouvernement, c'est une possibilité ? Est-ce que vous avez eu, je ne sais pas, un échange téléphonique avec Gabriel Attal qui visiblement a commencé à s'entretenir avec des chefs de l'opposition ? Est-ce que vous l'avez eu au téléphone ?
Je n'ai pas encore eu l'occasion de l'avoir au téléphone, mais je me suis déjà adressé à lui, notamment pour lui donner rendez-vous le 3 février prochain pour les fiches de paix, mais vous m'avez promis qu'on allait venir.
Dans un instant.
Mais donc, j'attends de le voir, mais quand il compose son gouvernement, quand il compose son gouvernement, la première chose, moi, que je me dis, c'est est-ce qu'ils vont changer d'orientation politique ? Est-ce qu'ils vont entendre enfin ce qui se dit en France et que depuis plusieurs mois, plusieurs années, c'est le pouvoir d'achat qui est la principale préoccupation des Français et est-ce qu'ils vont changer d'orientation politique ? Et moi, dans cet état d'esprit, je ne me dis jamais par principe, c'est non, parce que nous ne sommes pas comme ça.
Nous, puisque nous, dans notre histoire, nous, au Parti communiste français, nous avons toujours d'abord fait le choix de défendre l'intérêt de la nation, l'intérêt du pays, l'intérêt du monde du travail. Et donc, ce que nous attendons, c'est de savoir quelles sont les orientations qui sont prises. Enfin, excusez-moi, les orientations qui sont prises aujourd'hui. Les orientations qui sont prises, ce n'est pas de revenir, par exemple, sur la réforme des retraites à 64 ans. Vous y croyez vraiment ? Vous y avez cru, non ? Mais non.
Donc, ma place, notre place, elle n'est pas dans un gouvernement qui va servir les plus riches alors que les gens attendent, et notamment ceux qui travaillent, de vivre mieux. Amandine.
On en saura plus, justement, sur ce cap que veut donner Gabriel Attal lorsqu'il va faire son discours de politique générale très vite, là, bientôt. La France Insoumise a déjà annoncé qu'elle allait déposer une motion de censure. Est-ce que vous, vous pourriez la voter ou pas ?
Chaque chose en son temps. D'abord, j'espère que...
Le Parti Socialiste aussi, Jérôme Getsch, son porte-parole, a dit qu'il voterait cette motion de censure s'il n'y avait pas de vote de confiance à l'issue de la déclaration
de politique générale. On va prendre les choses par étapes. D'abord, je souhaite que le Premier ministre, après son discours de politique générale, le soumette au vote des députés. Ça n'a pas l'air
très bien parti.
On vous demande une petite chose, M. le Premier ministre. On voudrait voter. On nous a supprimé 23 fois notre droit de vote sur des budgets. 23, 49, 3. Je demande au Premier ministre de nous garantir un, qu'il y aura un vote de confiance et deux, qu'il n'y aura plus de 49, 3. Et qu'à chaque fois... C'est mal barré dans les deux cas. Je pense que vous allez être bien sûr. Mal barré dans les deux cas. Sur le vote de confiance, il n'y a pas de majorité absolue.
Et sur les 49, 3, ils ne peuvent pas faire passer de budget. C'est pour ça que j'ai du mal à comprendre pourquoi vous ne dites pas clairement si vous pourriez voter une motion de censure ou pas.
Et s'il n'y a pas de vote de confiance, s'il n'y a pas ces engagements-là, bien sûr, nous voterons une motion de censure. C'est clair. Mais bien sûr. Mais enfin, quel moyen nous reste-t-il de faire entendre notre voix ? Vous pensez que ça va passer comme ça ? Allez hop là, pas de vote de confiance, recarantez-moi. Vous disiez d'abord chaque chose en son temps. Maintenant, les choses sont claires. Ils me disent les gens dans les cérémonies de vœux auxquelles je vais, dans les villages de la Mandinois où je vis, et là, en ce moment, je vais en faire 28 des cérémonies de vœux pendant tout le mois de janvier. C'est pour ça que je fais le dry january d'ailleurs. Mais ils me disent...
Vous faites le dry january ?
Ah bah oui, il y a 28 cérémonies de vœux. Si à chaque fois je bois un verre de bière ou deux, je ne vais pas finir le mois. J'ai intérêt à faire gaffe.
Ce n'est pas trop douloureux de faire le dry january ?
Pour quelqu'un comme moi, ça c'est un peu... Non, je rigole. Non, non, bien sûr, ça fait du bien. Ça fait du bien au corps et j'invite tous les Français à le faire. Mais, sincèrement, qu'est-ce qu'ils nous disent les gens ? Ils nous disent, mais 23 49 3, ils me le disent, le 49 3, il est rentré dans les ménages, dans les foyers, dans les familles. Les gens sont outrés de cette attitude, de la manière dont la démocratie est bafouée.
Et donc, oui, j'appelle le Premier ministre à travailler au dialogue, au compromis, à construire et à construire avec la partie gauche de l'hémicycle, la partie gauche aussi de son cerveau, c'est-à-dire de faire en sorte qu'il y ait aujourd'hui une politique sociale qui répare les injustices sociales.
Et justement, politique sociale, Olivier Beaumont, sur cette fameuse initiative Les Feuilles de Paix.
Vous brûlez d'impatience depuis le début de l'émission de nous parler de cette opération véritée sur les salaires. Vous demandez aux Français de vous envoyer effectivement leurs feuilles de paix que vous voulez déposer le 3 février à Matignon. Vous demandez d'ailleurs dans ce sens un rendez-vous avec le Premier ministre Gabriel Attal. Est-ce qu'à ce stade il vous a répondu ? Il va vous recevoir ?
J'espère. Et puis si c'est avant, ce sera avant. En tout cas, nous...
Et vous avez du neuf de lui pour l'instant ?
Non, pour l'instant, non. En tout cas, nous, on donne rendez-vous le 3 février aux salariés, aux retraités, aux jeunes, aidés et sans attendre qu'ils nous envoient leur fiche de paix. J'en ai déjà reçu des dizaines sur l'adresse mail salaire avec un S arrobase pcf.fr et ce que je reçois est édifiant de toutes les professions du public comme du privé. Là, dernièrement, c'est ce conducteur de car scolaire qui en plus, à chaque fois, il met des témoignages émouvants. Conducteur de car scolaire, je fais 48 km par jour pour me rendre à mon car. Je commence à 7h du matin, 5 jours par semaine et cette dame me donne, ce monsieur me donne sa fiche de paix puisqu'il est à temps partiel.
Il est à 687 euros par mois. Mais j'ai aussi des personnes dont l'ancienneté n'est pas reconnue. 35 ans d'ancienneté pour un monsieur qui travaille à monoprix. Donc vous demandez quoi concrètement ? C'est quoi le but de cette opération ? 35 ans d'ancienneté, 1465 euros,
virgule 85. Mais 35 ans d'ancienneté. Vous demandez que les salaires soient indexés sur l'inflation. Ce que je demande. Vous savez très bien que le gouvernement ne le fera pas. Donc c'est quoi le but final de cette opération ? Mais pourquoi le gouvernement ne le ferait pas ? Mais pourquoi le gouvernement ne le ferait pas ?
C'est comme quand vous disiez que le gouvernement ne va pas revenir sur la retraite à 64 ans. Mais on va se battre. Il n'y a pas le moindre signe qui permet de dire qu'il va le faire.
Je ne vais pas attendre 2027 pour que ça change. Je vois dans la presse ceux qui se voient déjà Premier ministre et présidente de la République. Moi je me bats. Maintenant...
Pensez à Marine Le Pen et Jean-Déphane d'Arc.
Eh bien moi je ne me projette pas dans trois ans. Je veux agir. Maintenant je demande au gouvernement oui d'indexer les salaires et les retraites sur l'inflation puisque l'inflation elle a augmenté je dis de plus de 20% en moyenne parce que sur les prix c'est 30%. Sur l'énergie c'est 30%. Les factures d'électricité vont encore augmenter de 10%. Pour être très précis
en trois ans c'est à peu près 12%.
Oui j'ai vu le vrai faux de France Info mais dans le même article de France Info il faut le lire ils expliquent que l'inflation elle est de 23%.
Sur les prix alimentaires. Oui
sur l'alimentation sur l'énergie 44%.
Mais là on parle de l'inflation générale. Non mais c'est juste pour être précis sur les chiffres.
Oui pour être précis sur les chiffres je peux même dire que pour certaines familles que je rencontre l'inflation elle est plus de 20%. Parce que quand elles ont des régularisations de charges dans les HLM et qu'elles ont 400 ou 500 euros à payer là Est-ce que c'est à l'état
d'augmenter les salaires en sachant que dans le privé on n'est pas dans une économie de stress c'est aux entreprises Mais c'est pas du tout le discours que tient Bruno Le Maire
On sait que les conflits sont dégradés ça fait des mois qu'il demande et il n'obtient rien. Voilà. Donc Bruno demande c'est terminé il faut agir. Je demande comme ça se fait en Belgique comme ça se fait en Espagne comme ça se fait dans plusieurs pays de l'Union Européenne à ce que l'ensemble des salaires soient indexés. Vous savez que chez moi j'ai encore reçu des personnes dans ma permanence vendredi j'ai des gens qui vont travailler en Belgique où les salaires sont indexés un cariste un cariste en Belgique qui travaille dans les entrepôts il gagne 2500 euros net 2500 euros net parce que là-bas les salaires sont indexés.
Je demande l'indexation des salaires sur l'inflation je demande aussi à ce que les aides publiques versées aux entreprises soient versées avec des critères. Aujourd'hui on donne des aides publiques à des entreprises qui versent des dividendes à des actionnaires enfin autant verser les aides publiques directement aux actionnaires. On marche sur la tête et dont les entreprises qui en ont besoin les PME, les TPE mais pas celles qui distribuent des dividendes et augmentons l'ensemble des salaires. Et enfin je veux que l'énergie l'énergie l'électricité notamment soit au cœur du projet France.
Il faut retrouver notre souveraineté en matière énergétique et diviser par trois la facture d'électricité des ménages des entreprises des services publics. C'est comme ça qu'on redressera le pays. C'est mon projet
pour la France. Fabien Roussel, une question sur les élections européennes avec Amandine.
Qui arriveront dans six mois au mois de juin et il y a aujourd'hui un sondage et là pour la tribune du dimanche chez BFM TV qui permet d'évaluer les rapports de force. Le Rassemblement National est très largement devant avec 28,5% des voix. Loin derrière, on a la liste de la majorité qui est à 18%. À gauche, c'est la liste du Parti Socialiste qui est emmenée par Raphaël Glucksmann qui domine les autres listes de gauche à 9,5%. Et votre candidat, Léon Desfontaines, est beaucoup plus bas à 3% des voix. Quand on regarde ça, on se dit est-ce qu'il ne serait pas plus logique hors France Insoumise que la gauche se rassemble pour essayer de faire un meilleur score ?
Sauf que, vous voyez, nous, à la différence de beaucoup de ministres là, nous, nous avons des convictions et nous savons les défendre. Et on les... À 3%, c'est chapillé. Oui, mais on ne nous achètera pas pour un plat de lentilles.
Qu'est-ce qui est irrémédiable ? Non,
mais je dis ça, c'est pour ceux qui, aujourd'hui, sont capables de quitter leur parti
pour un poste de ministère. Nous, nous avons... En termes de différence ?
Bah, enfin, excusez-moi, mais vous n'aurez pas échappé que nous, au Parti Communiste Français, nous avons combattu ces traités européens. Nous nous sommes battus pour le non, en 2005, sur le référendum au traité constitutionnel européen et en 92, sur le traité de Maastricht. Nous sommes fidèles à nos convictions et nous avons bien vu que ces traités européens ont du mal à notre industrie, à nos services publics, à la nation tout entière. Les Français le disent, le vivent dans leur chair. La France insoumise défend cette ligne aussi.
nous voulons, nous, une construction européenne qui tourne le dos à ces traités économiques qui reviennent d'ailleurs au galop, la règle des 3%, les cures d'hospitalité... La France insoumise tire exactement cette ligne sur les traités européens. Oui, mais ce que nous, nous défendons, à la différence, par exemple, de la France insoumise, c'est que sur la question énergétique, quand je dis que je veux en faire un point central, c'est que je regrette que la France, ces 20-30 dernières années, n'ait pas fait de l'énergie le fer de lance de son combat dans l'Union européenne. On s'est laissé bouffer par l'Allemagne.
On s'est laissé bouffer par les gouvernements allemands qui ont fait le choix de sortir du nucléaire, de se mettre au charbon et de nous faire payer leur politique en soumettant notre électricité décarbonée aux tarifs des marchés européens. Eh bien, nous, nous sommes pour sortir l'énergie de la spéculation européenne et nous sommes pour un mix énergétique, renouvelable et nucléaire qui est l'atout maître de la France pour réindustrialiser le pays, redonner du pouvoir d'achat aux Français et à nos entreprises. Les entreprises, on peut les attirer dans notre pays. Notre projet...
Le Rassemblement national à 28,5%, ça ne vous donne pas un devoir de peut-être mettre de côté certaines différences pour essayer de faire le score le plus important possible ? Mais les Français
n'attendent pas de nous qu'on mette de côté nos idées. Ils attendent des élus, des députés européens qu'ils soient sincères, fidèles à leurs convictions et qu'ils ne tournent pas le dos à ce pour quoi ils se sont battus. Et Léon Desfontaines, notre jeune tête de liste de 27 ans, entouré d'Emmanuel Morel, député européen qui était élu avant avec la France Insoumise et qui rejoint le projet que nous allons élaborer ensemble. Cette liste, conduite par Léon Desfontaines, ne sera pas la liste du Parti communiste français, ce sera une liste de rassemblements avec des forces de gauche qui veulent reprendre la main sur notre souveraineté économique, alimentaire et énergétique.
Et d'ailleurs, André Chassaigne sera sur cette liste puisque l'agriculture est au cœur du projet européen. C'est le plus gros budget et nous voulons reprendre la main sur le budget de la PAC pour la France et pour nos agriculteurs.
Pour terminer, Fabien Roussel, une autre question de téléspectateurs. Voilà ce que Carl vous demande. Que pensez-vous du soutien d'Emmanuel Macron à Gérard Depardieu ? Est-ce qu'il rend la France fière ? C'est ce qu'avait dit le président de la République avant Noël.
Je pense que le président de la République a commis une faute. Une faute grave. Il a voulu faire diversion puisqu'au moment où il fait cette sortie, nous sommes au lendemain du vote de la loi sur l'immigration. Il a voulu ouvrir un contrefeu et faire diversion. Et il a commis une faute. Il a commis une faute parce qu'au-delà de ce que l'on peut apprécier ou pas de l'acteur Gérard Depardieu...
Et vous continuerez à regarder des films avec Gérard Depardieu ?
Oui. Ça n'a rien à voir. Je pense que ça n'a strictement rien à voir. Et vous l'obtirez la légendeur ? Parce que les réalisateurs qui ont réalisé de grands films dans lesquels jouait Gérard Depardieu n'ont pas à être condamnés. Moi, je suis fan du film Les Valseuses avec Patrick Devers. En plus, vous allez me dire c'est vraiment... Ben oui. Ben oui. Alors moi, le wikisme ce n'est pas mon genre. Et la nudité, je ne la condamne pas. Mais en tout cas, les propos sexistes, il faut être intransigeant.
Et la légendeur, juste rapidement, il faut la lui returer ou pas ?
Moi, j'attendrai le résultat des procès puisqu'il faut respecter aussi le temps de la justice.
Merci beaucoup, Fabien Roussel, d'avoir été l'invité de BFM Politique. Merci Amandine. Merci Olivier, et tout de suite, vous retrouvez à faire suivante. Dominique Rizet, Philippe Godin. Quant à moi, je vous retrouve ce soir à 18h pour CEPA tous les jours dimanche. Deux invités, la porte-parole du gouvernement Pris-Katevdo et Alain Finkielkraut. Bonne journée, vive la politique.
Fabien Roussel