Loi Darmanin : Thomas Porcher dézingue les honteux mensonges de la Macronie
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Questions et réponses
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- 3:57OuverteRéponse directe
Thomas, c'est quoi la philosophie sur le texte loi immigration ?
- 6:00OuverteRéponse directe
Thomas, est-ce qu'il y a vraiment un problème avec l'immigration, comme tout le monde tend à le dire ?
- 8:26OuverteRéponse directe
Thomas, est-ce que c'est ce dont ont besoin les Français en ce moment ?
- 12:22OuverteRéponse directe
Toi, qu'est-ce que tu en penses, Thomas, par rapport à ça ?
- 23:11OuverteRéponse directe
Thomas, t'en penses quoi ? Est-ce qu'on a fait sauter une digue très dangereuse selon toi ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:02Thomas PorcherFait
« La philosophie, elle est très claire. C'est de mettre des barrières, des barrières à l'entrée, de rajouter des difficultés aux étrangers qui sont en dehors de l'Union européenne. »
- 6:35Thomas PorcherChiffre
« Le sol migratoire, il augmente légèrement ces dernières années, il augmente légèrement. Ce n'est pas une augmentation exponentielle. »
- 6:39Thomas PorcherChiffre
« Quand on regarde le taux d'immigration, c'est-à-dire le flux entrant sur la population totale, c'est 0,3%. »
- 6:50Thomas PorcherChiffre
« On accueille deux fois moins d'étrangers que l'Allemagne et que l'Autriche, trois fois moins que la Suède, qui n'ont pas les mêmes modèles sociaux que nous. »
- 10:03Thomas PorcherChiffre
« Il y a un emploi sur cinq qui est interdit aux étrangers en France. »
- 10:15Thomas PorcherChiffre
« 17% de médecins à l'hôpital, médecins hospitaliers qui sont des étrangers. »
- 10:28Thomas PorcherFait
« Le RMI, à l'époque, il fallait être, quand vous étiez étranger, il fallait trois ans pour le toucher. Quand on est passé au RSA, on est passé à cinq ans. »
- 10:32Thomas PorcherFait
« Pareil, le minimum vieillesse, au début, c'était au bout d'un an. Puis après, ça a été au bout de six ans. Puis maintenant, c'est au bout de dix ans. »
- 12:30Thomas PorcherFait
« On se rend compte que c'est quasiment neutre. Et il y en a une qui la voit un petit peu déficitaire. »
- 13:27PrésentateurChiffre
« même quand on prend l'immigration sans papier, quand on apprend en global, on l'estime entre 600 000 et 800 000. »
- 18:59InvitéChiffre
« 85% des sans-papiers travaillent, cotisent, mais ils n'ont aucun droit. »
- 20:37PrésentateurChiffre
« La plupart des gens, ils pensent que l'immigration est trois à quatre fois plus élevée que ce qu'elle est réellement. »
Temps de parole
- Présentateur55 %
- Présentateur 236 %
- Invité3 %
- Invité 22 %
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Pour ne rater aucune de nos vidéos, n'oubliez pas de vous abonner et d'activer la cloche. La plupart des gens s'en foutent de Salouane en Afrique ou en Asie, on n'entend même pas parler. C'est un discours qui a été alimenté, qui s'auto-alimente de lui-même, qui a commencé à l'extrême droite, qui a gagné la droite, qui a gagné la Macronie, puis maintenant, voilà, qui a gagné une partie de la gauche avec Valls à l'époque. Et voilà, c'est un discours qui s'auto-alimente comme ça. Vous pouvez créer tous les murs que vous voulez, il y aura quand même de l'immigration. C'est ça qu'il n'a pas compris Emmanuel Macron.
Bonjour tout le monde, je suis ravie de vous retrouver pour le dernier Instant Porcher de 2023. L'instant Porcher, c'est un petit moment qu'on se prend entre nous avec Thomas pour analyser, décrypter et avoir les clés pour comprendre ce qu'il se passe autour de nous. Sachez que depuis 15 jours, on est sur tous les fronts pour couvrir la loi d'Armanin. De la motion de rejet au vote, c'est près de 11 heures d'émission dédiée au sujet. Une télé d'infos sur les terrains, à l'Assemblée, en manif, en direct, indépendante et engagée, c'est possible. Le Média continue la bataille de la télévision avec un objectif, être diffusé sur l'ensemble des box et télé connectés.
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Avec toi aujourd'hui au programme, cette loi d'Armanin qui finit dans les mains de l'extrême droite. C'est parti. Assiste-t-on au baiser de la mort macroniste LR-RN ? La loi immigration franchit une ligne qui était déjà bien floue. Ce coup de force des LR et RN main dans la main bouleverse la Macronie. La loi immigration était portée par Gérald Darmanin où il a tenté le, en même temps, durcissement des conditions et régularisation des travailleurs sans papier dans les métiers en tension. Le fameux gentil avec les gentils, méchant avec les méchants. Pas assez dur pour la droite qui l'a fortement durci au Sénat. Raciste pour la gauche.
Résultat, la motion de rejet portée par EELV a été votée le 11 décembre. Après cette grosse défaite pour Darmanin, l'exécutif a tout fait pour sauver sa loi. Alors, durant la commission mixte paritaire, censée se mettre d'accord sur un texte commun entre l'Assemblée et le Sénat, pour le soumettre à nouveau au vote, la majorité se retrouvait bien relative. Elle a dû donc trouver des compromis, si ce n'est se compromettre avec les Républicains au programme, quand même bien poreux avec celui de Marine Le Pen. Résultat, des mesures supprimées en commission des lois par les macronistes sont finalement retenues dans le texte de la CMP.
Certaines viennent tout droit du programme de Jean-Marie Le Pen. Les plus marquantes sont la préférence nationale pour les aides sociales, c'est-à-dire qu'un étranger en situation régulière devra attendre 5 ans de résidence ou 30 mois d'activité professionnelle pour toucher des prestations sociales ou allocations.
Les quotas migratoires annuels, le délit de séjour irrégulier, la fin du droit du sol automatique et restriction de ce droit s'il y a une peine de prison supérieure à 6 mois, déchéance de nationalité pour les binationaux ayant commis un meurtre sur les forces de l'ordre et les étudiants auront leur titre de séjour qui sera conditionné à une caution au caractère sérieux des études, sans parler de la promesse d'Elisabeth Bain de rediscuter de l'aide médicale d'État en janvier 2024. L'opposition de gauche ou encore les associations dénoncent une brèche ouverte et un cap dangereux franchi avec les expressions d'échéance de nationalité et préférence nationale. La majorité, elle, se divise.
Le ministre de la Santé Aurélien Rousseau a démissionné. D'autres menacent de faire de même. 27 députés du groupe de la majorité ont voté contre la loi mardi dernier et 32 se sont abstenus. Thomas, c'est quoi la philosophie sur le texte loi immigration ? La philosophie, elle est très claire. C'est de mettre des barrières, des barrières à l'entrée, de rajouter des difficultés aux étrangers qui sont en dehors de l'Union européenne. Parce que c'est cela qu'on vise. Ceux qui sont dans l'Union européenne, il n'y a pas de souci. C'est un tiers des immigrés, mais il n'y a pas de problème. Là, on vise ceux qui sont en dehors.
Et quand on regarde ceux qui sont en dehors, majoritairement, ce sont des gens africains. Donc, il y a une volonté de leur rendre la vie plus difficile. Il ne faut pas être dupe. C'est-à-dire que les gens vont quand même travailler, mais ils vont travailler dans des situations beaucoup plus difficiles. C'est ça, la réalité. Vous savez, aujourd'hui, un Marocain qui va faire cinq ans d'études d'économie en France, il ne va pas pouvoir être prof d'économie. Il ne va pas pouvoir être prof d'économie au lycée. Il n'a pas le droit.
Alors que, je ne sais pas moi, un Suédois ou un Grec qui font leurs études dans leur propre pays et qui ne parlent pas français, eux, ils ont le droit de passer le concours. Vous voyez ? Et donc, qu'est-ce qui va se passer ? Le Marocain, il ne va pas se dire, je rentre chez moi. Non, il va prendre un poste, mais en vacataire. Et il va enseigner, mais en vacataire. Donc, il aura un statut précarisé. La loi renforce ça, un statut précarisé. Mais il va quand même travailler. Et c'est pareil à l'hôpital et c'est pareil partout. Donc, la philosophie, c'est de rendre beaucoup plus difficile la vie des étrangers hors Union européenne.
Les Républicains qui ont fortement endurci la loi, main dans la main avec le RN, je le disais, argumentent que les étrangers privilégient la France pour sa générosité en matière de prestation sociale. Sans parler du fameux appel d'air. Je cite, on va regarder un petit manéto.
Ce que nous avons posé, notamment en matière de prestation sociale différenciée, va mettre un terme à l'appel d'air migratoire qui faisait de notre pays le modèle social le plus généreux d'Europe et qui faisait donc de la France la destination privilégiée pour les migrants.
Emmanuel Macron, lui, invité sur C'est à vous, mercredi soir, parle d'un texte comme d'un bouclier qui nous manquait, que nous ne connaissons pas de submersion, mais qu'il y a bien un problème migratoire. Je le cite, il faut mieux intégrer par la langue, l'apprentissage et le travail et lutter contre les flux. Thomas, c'est quoi l'état de l'immigration en France aujourd'hui par rapport à ses voisins ? Est-ce qu'il y a vraiment un problème avec l'immigration, comme tout le monde tend à le dire, même jusqu'à Emmanuel Macron ? Il y a une vraie déconnexion entre le langage et les mots employés et les chiffres et les statistiques. Quand moi j'entends, par exemple, M.
Larcher qui vous dit, l'immigration est hors de contrôle. D'accord, ok, ben regardons les chiffres alors. On regarde le sol migratoire. Le sol migratoire, c'est ceux qui rentrent, ceux qui partent. Le sol migratoire, il augmente légèrement ces dernières années, il augmente légèrement. Ce n'est pas une augmentation exponentielle. On ne peut pas dire que c'est hors de contrôle. Quand on regarde le taux d'immigration, c'est-à-dire le flux entrant sur la population totale, c'est 0,3%. 0,3%. Vous voyez ?
Quand on compare avec nos voisins l'accueil que l'on fait des étrangers en prenant en compte notre population totale, on accueille deux fois moins d'étrangers que l'Allemagne et que l'Autriche, trois fois moins que la Suède, qui n'ont pas les mêmes modèles sociaux que nous. Donc, il faut arrêter. C'est un mythe. Cette idée, en fait, que les gens veulent aller chez nous plutôt qu'ailleurs parce qu'on a un modèle social, c'est une bêtise. Le fait qu'il y aurait une submersion, qu'on serait envahi par des étrangers, par une migration hors de contrôle, c'est faux. Mais ces thèses, elles sont présentes dans l'esprit des gens depuis longtemps.
Il y avait un auteur qui s'appelait Stephen Smith, un essayiste, un journaliste, qui avait écrit un livre à succès qui s'appelait « La ruée vers l'Europe », où vous expliquez qu'en 2050, 25% de la population européenne sera africaine. Alors, il s'était essayé aux données. Il s'est fait tout de suite allumer par M. Héran, qui, lui, est professeur au Collège de France et qui est un spécialiste des migrations. Et en fait, ces calculs étaient complètement biaisés. Il ne prenait pas en compte que les principales migrations se font souvent dans des pays voisins. On arrivait à des chiffres complètement différents avec les calculs de M. Héran.
Et bien, ce livre, qui reprenait les thèses du choc des civilisations, a été salué par Macron à l'époque. Il a reçu le prix géopolitique des mains de notre ministre des Affaires étrangères. Vous voyez ? Alors qu'il n'avait aucun fondement. Donc, ça fait longtemps qu'il y a quand même des relents comme ça. Et puis là, ils trouvent leur place dans une loi. Mais ça ne date pas d'hier. Ça ne date pas d'hier. Je veux dire, ça fait longtemps que l'on met des barrières à l'entrée aux étrangers de notre pays. Autre idée qu'on entend de la Macronie jusqu'au RN, et je cite le président, j'assume totalement de dire que nos compatriotes attendaient cette loi.
Thomas, est-ce que c'est ce dont ont besoin les Français en ce moment ? Et moi, je dirais, c'est le problème d'un sentiment en fait que tout est limité. Et c'est là-dessus que se greffent les questions d'immigration. C'est-à-dire que quand vous avez des revenus qui augmentent trop peu, quand vous n'avez pas de place suffisante en crèche ou que vous attendez trop longtemps pour avoir un logement social, c'est très simple de greffer l'idée de dire que, écoutez, s'il y avait moins d'immigrés, vous auriez plus facilement une place en crèche et plus facilement un logement. C'est de l'austérité que naissent les problèmes liés à l'immigration dans la tête des gens, je parle.
Parce que, par exemple, l'Italie. L'Italie, c'est un pays où il y a très peu d'immigrés, moins qu'en France, beaucoup moins. Et pourtant, les partis d'extrême droite gagnent toujours. Mais c'est un des pays aussi qui a vécu les plus grosses cures d'austérité. Vous voyez ? Donc, partout où il y a de l'austérité, il y a tout de suite un coupable. Et le coupable, c'est l'immigré. Donc, il faut faire attention à ça. Mais chaque fois qu'il y a eu des hausses de chômage énormes, après la crise 2008, 1,5 million de chômeurs, quelques années après, est-ce que c'est à cause de l'immigration ? Non. Est-ce que c'est à cause de l'immigration qu'on a retiré de l'argent aux collectivités locales ? Non.
Donc, il faut faire très attention. Donc, oui, il y a des vases communicants, moi, je pense, entre une économie libérale, austéritère et la montée d'idées xénophobes. On le disait dans cette loi, ce qui a énormément choqué, c'est la préférence nationale pour des prestations sociales. C'est une mesure que portait le FN de Jean-Marie Le Pen à l'époque. Un étranger en situation régulière devra attendre 5 ans de résidence ou 30 mois d'activité professionnelle. Entre ça et les propos d'Éric Ciotti, est-ce que notre modèle social, c'est vraiment une pompe aspirante ? Non, ce n'est pas une pompe aspirante.
Il faut bien comprendre qu'il y a un emploi sur cinq qui est interdit aux étrangers en France. Un emploi sur cinq. Ça ne veut pas dire que les gens ne font pas l'emploi. C'est-à-dire qu'ils n'ont pas le statut prof, médecin, 17% de médecins à l'hôpital, médecins hospitaliers qui sont des étrangers. Donc, ils soignent, mais ils n'ont pas le statut de médecin. On les met en interne ou en vacataire à vie et pareil pour les professeurs, par exemple. Donc, ça, vous voyez déjà, ça, c'est en place déjà avant cette loi immigration. Ensuite, il y a eu, par exemple, le RMI. Le RMI, à l'époque, il fallait être, quand vous étiez étranger, il fallait trois ans pour le toucher.
Quand on est passé au RSA, on est passé à cinq ans. Pareil, le minimum vieillesse, au début, c'était au bout d'un an. Puis après, ça a été au bout de six ans. Puis maintenant, c'est au bout de dix ans. Puis là, on a rajouté les APL, etc. Donc, ça fait des années qu'on fait en sorte que le modèle social, les prestations sociales, soient de plus en plus difficiles à toucher pour des étrangers. C'est ça, c'est ça, la philosophie. C'est ça, la philosophie de base. Et on se rend compte, en fait, que chaque fois qu'on a fait ça, est-ce qu'il y a eu un impact sur l'immigration ? Non.
Et d'ailleurs, même quand on voit des aides spécifiques aux étrangers, comme les aides médicales d'État, les aides médicales d'État, c'est pour les étrangers en situation irrégulière. C'est pour qu'ils se soignent. Au bout de cinq ans, sur le territoire, il y en avait 35% qui ne la demandent toujours pas. Il faut être complètement fou pour penser que quelqu'un connaît le modèle social français, alors que les Français eux-mêmes ne le connaissent pas très bien. Parce qu'il y en a un tiers qui ne demandent pas le RSA. C'est une fausse excuse, ça. Et d'ailleurs, les flux migratoires se dirigent aussi vers des pays qui n'ont pas le même modèle social que nous.
Ce que recherchent les gens, c'est une activité économique pour ceux qui migrent à cause de l'économie ou d'autres à cause des guerres, une situation bien meilleure que dans leur pays. Mais il faut avoir en tête que les pays qui accueillent le plus d'étrangers sont aujourd'hui les pays pauvres, les pays limitrophes. Ça a été le Liban à un moment, le Tchad à un moment. Et puis après, c'est aussi des petits pays qui ont besoin d'immigration pour faire tourner leur économie, comme le Qatar, les Émirats arabes. Nous, il y a 70% d'immigration. Les pays riches et vieux comme nous, c'est assez faible. Bruno Le Maire, dans ses mesures, il ne voit pas une préférence nationale, mais de la justice.
On le rappelle, cette préférence nationale pour les aides sociales, c'est pour des étrangers en situation régulière, soit qui travaillent ou pas, mais qui cotisent, qui paient la TVA, donc des impôts, etc. Donc, la mesure justice, je me permets de la remettre un peu en question. Mais l'idée derrière ça, c'est que l'immigration, en fait, coûte très cher aux finances publiques. C'est un peu ce qu'on essaye d'opposer et de mettre en concurrence. Toi, qu'est-ce que tu en penses, Thomas, par rapport à ça ? En fait, il y a deux grosses études qui sont sorties, une de l'OCDE et une autre. Sur les deux grosses études qui sont sorties, en fait, on se rend compte que c'est quasiment neutre.
Et il y en a une qui la voit un petit peu déficitaire. Alors, ça dépend des périodes, bien sûr, parce que quand vous êtes dans une période de crise, une période de faible croissance comme nous, les premiers qui sont licenciés en général, sauf dans des secteurs particuliers, ce sont les étrangers. Mais quand on regarde sur des périodes un peu plus longues, on se rend compte, en fait, que c'est quasiment neutre. C'est-à-dire que l'OCDE dit que c'est excédentaire. L'autre étude dit que c'est légèrement déficitaire, mais sur l'épaisseur du trait. Donc, globalement, quand on compile les deux études, c'est quasiment neutre. Ça dépend beaucoup des aléas conjoncturels.
Donc, on ne peut pas dire que ce soit qu'on jette de l'argent par les fenêtres pour aider les étrangers. Et c'est ça qui fait qu'ils viennent. C'est faux de dire ça. C'est faux. Et les faits montrent complètement l'inverse. C'est un discours qui a été alimenté, qui s'auto-alimente de lui-même, qui a commencé à l'extrême droite, qui a gagné la droite, qui a gagné la Macronie. Et puis maintenant, voilà, qui a gagné une partie de la gauche avec Valls à l'époque. Et voilà, c'est un discours qui s'auto-alimente comme ça. Mais nous avons une... Je veux dire, même quand on prend l'immigration sans papier, quand on apprend en global, on l'estime entre 600 000 et 800 000.
Donc, vous voyez, c'est des fourchettes larges. C'est 1 % de la population. C'est 1 %. Dans tout ce débat, il y a quelque chose qu'on oublie, c'est les causes. Les causes de l'immigration. Est-ce que toi, tu peux nous en parler ? Les causes de l'immigration, elles sont multiples. Déjà, quand on regarde sur les titres de séjour que l'on donne, vous avez un tiers qui sont des étudiants. Vous savez, c'est très marrant parce qu'il y a une telle haine en fait de l'immigré que tous les textes qu'il y a eu, parce qu'il y a au moins une quarantaine de textes.
Chaque fois, il essaie de trouver des astuces pour faire des clés de bras, mais au final, on se rend compte qu'au fond, le but, c'est de rendre la vie plus difficile aux immigrés. Par exemple, pendant très longtemps, on nous a parlé, oui, on n'a pas la bonne immigration. Il faut une immigration qualifiée, il ne faut pas une immigration non qualifiée. L'exemple de la Silicon Valley où tu as tous les grands entrepreneurs du monde qui se dirigent. On se rend compte aujourd'hui que la loi, elle va porter atteinte à des gens très qualifiés. par exemple aux doctorants, 40% des doctorants sont étrangers. Là, on leur met une réglementation supplémentaire.
Vous voyez, les médecins, les médecins, 17%, c'est les Bac plus 5. Donc, en fait, l'idée, ce n'est pas ça. L'idée, c'est d'embêter les immigrés. C'est ça, c'est ça l'idée de base. Mais quand on regarde après sur ce qui est donné, vous avez un tiers, ce sont des étudiants, vous avez une autre partie qui sont du regroupement familial, une autre partie qui sont des intra-européens qui, eux, ont tous les droits. Donc, en fait, il y a une petite partie seulement que l'on cible, c'est souvent des travailleurs immigrés venant d'Afrique, il faut dire les mots, et qui viennent pour travailler dans des secteurs économiques. C'est cela qu'on vise.
Alors même qui comblent des fonctions que les Français ne veulent pas, qui vont être mal payés, ou dont on a besoin, à l'hôpital ou dans la petite enfance ou dans l'aide à la personne, et on va accepter de les prendre, mais en leur donnant le pire des statuts pour qu'ils soient précaires. C'est quand même assez problématique. Donc, le vrai truc qu'il est là, en fait, c'est une loi, il n'y a pas d'autre mot, qui est raciste. Il faut le dire, c'est une loi qui est raciste. Elle n'a aucune justification économique, elle n'aura aucun impact économique, elle n'a aucune justification économique. Macroéconomiquement, ça ne changera rien.
Elle va juste rendre la vie plus dure aux immigrés qui vont continuer à travailler. Donc, c'est une loi raciste. Je n'arrête pas de le dire, on l'a dit sur un épisode précédent, si vous voulez en savoir plus, allez le voir, mais quand on réfléchit autour des causes de l'immigration, il y a aussi le fait qu'on ne s'interroge jamais pourquoi les pays dont viennent les personnes minoritaires, tu viens de le dire, sont pauvres. Et donc, pour ça, la France n'y est pas pour rien et nous-mêmes, on envoie nos fameux immigrés, pétroliers, etc., qui appauvrissent ces pays-là et donc, il y a quand même un pan de l'histoire qu'on oublie à chaque fois qu'on parle des causes de l'immigration.
Il y a une immigration qui vient d'Europe mais qui, elle, n'est pas concernée plutôt du Portugal, mais l'autre immigration, c'est l'Algérie, c'est le Maroc et c'est lié à notre histoire coloniale et c'est lié à notre histoire coloniale dans un premier temps et puis aussi au désordre du commerce international qui font que, quand vous êtes aux Etats-Unis, ils ont une immigration majoritairement d'Amérique du Sud.
Alors, bien sûr, il y a la proximité, mais il y a aussi le fait que l'organisation du commerce est de telle sorte que cette organisation-là profite plutôt au pays du Nord qu'au pays du Sud et donc, économiquement, il y a une partie de la population qui n'ayant pas d'avenir émigre vers des terres où il y a plus de croissance. Vous regardez en Europe puisque là, l'immigration européenne n'est pas concernée par ce texte. Vous regardez en Europe, les pays où il y a eu le plus d'émigration, c'est les pays qui ont eu les plus grosses cures d'austérité, donc l'activité la plus faible, notamment la Grèce.
En Grèce, 500 000 Grecs ont émigré vers un autre pays d'Europe pour y trouver des emplois et ils l'ont fait à contre-coeur. Et en Afrique, c'est pareil. Alors bien sûr, les dirigeants africains ont leur responsabilité à prendre là-dessus. C'est-à-dire que souvent, ils acceptent de travailler avec des entreprises françaises parce que ça leur profite et ils ont une responsabilité là-dessus. Mais l'organisation du commerce telle qu'elle est faite aujourd'hui ne permet pas à un certain nombre de pays de donner un avenir à leur jeunesse. C'est une réalité. Il n'y a pas d'emploi.
À part des emplois de fonctionnaires dans des pays pétroliers où ils vont être payés avec des retards de paiement parce que les prix vont diminuer, il n'y a pas un écosystème qui permet d'employer des gens. Une industrie, il n'y a pas, ça n'existe pas. Les industries de ces pays-là sont des industries des compagnies, des pays riches qui exploitent les matières premières dans ces pays pour les pays riches. Donc ça crée effectivement des migrations.
Si l'économie fonctionnait bien dans ces pays, si le commerce était beaucoup plus équitable, entre guillemets, qu'il ne serait pas inégal comme il est fait aujourd'hui, il y aurait beaucoup moins de migrations parce que personne ne change de pays par plaisir. Personne. Il y a une petite partie de ce qu'on va appeler les expatriés, c'est-à-dire qui, pour des raisons de carrière, vont le faire, mais la grande majorité des migrations, elle se fait sous contrainte soit de géopolitique, soit de guerre, de famine, etc., ou pour des raisons économiques, le fait de trouver un emploi et pouvoir subvenir à ses besoins.
Justement, on parle beaucoup des immigrés comme d'un groupe sans humanité, sans aller leur donner la parole. Donc nous, c'est ce qu'on a fait. On est allé leur tendre le micro, on est allé voir des travailleurs sans papier qui luttent depuis des années qui sont en grève, etc., parce qu'ils travaillent, ils cotisent, mais ne se font pas régulariser et donc ils n'ont aucun droit. Donc je vous laisse regarder.
Parce qu'aujourd'hui, les immigrants, on est devenus les beaux commissaires des politiciens qui nous instrumentalisent. Voilà. Donc nous, on dit, on en a marre de la instrumentalisation, on en a marre de la répression des droits extrêmes-droits. Donc nous, on est là, on travaille, on cotise, on paye des impôts, mais on n'a aucun droit. Si les gens d'extrême-droits disent, nous, on est là pour profiter de la système, c'est faux, c'est la système qui est en train de profiter de nous. Parce que 85% des sans-papiers travaillent, cotisent, mais ils n'ont aucun droit. Il y a des sans-papiers qui n'ont même pas droit à la carte vitale pour pouvoir se soigner.
Ce reportage est très bon, mais ils ont raison. Il n'y aura pas de Jeux olympiques sans travailleurs immigrés. L'hôtellerie, la restauration, le bâtiment ne fonctionnerait plus. Même les hôpitaux et une partie des écoles, il faut dire la vérité. C'est une réalité. Donc on ne peut pas faire comme si tout ça, ça n'existait pas. Et c'est un peu nous, les a cités, parce qu'ils cotisent pour nous, du coup, sans aucun droit. Emmanuel Macron, toujours sur France 5, a dit que cette mesure pourrait décourager des immigrés de venir s'installer en France. En plus du pacte européen, on aura l'occasion de leur parler, mais il y a un pacte européen pour durcir aussi les conditions d'immigration en Europe.
Du coup, par rapport à tout ce qu'on vient de dire, ça ne tient plus du tout cet argument. Non, c'est faux. En fait, l'immigration, il y a dans la tête des gens, les gens pensent que c'est un benchmarking comme ça, etc. Mais déjà, plus il y aura des problèmes climatiques, plus il y aura des problèmes géopolitiques au niveau mondial, et plus il y aura des pays qui peuvent lever des fonds et faire fonctionner leur économie pendant le Covid quand d'autres n'arrivent même pas à lever un euro et donc des différences telles en termes de mobilisation des fonds et d'investissement et de création de richesses, il y aura de l'immigration.
Vous pouvez mettre toutes les barrières que vous voulez, vous pouvez créer tous les murs que vous voulez, il y aura quand même de l'immigration. C'est ça qu'il n'a pas compris Emmanuel Macron. Donc ce n'est pas parce qu'il a fait sa loi. La plupart des gens s'en foutent de sa loi en Afrique ou en Asie, ils n'en entendent même pas parler. Alors lui, il fait ça pour des raisons politiques, pour satisfaire une partie de l'électorat en pensant que l'électorat pense ça. Mais quand on regarde les études, c'est plus compliqué que ça. Vous savez, la plupart des gens, ils pensent que l'immigration est trois à quatre fois plus élevée que ce qu'elle est réellement.
Parce qu'ils confondent immigrés avec enfants d'immigrés de deuxième, troisième génération qui sont français et qui sont nés en France. C'est ça, c'est ça le problème. La France, elle change de visage, elle va changer de visage, elle a eu une histoire, elle va être, il va y avoir plusieurs, des gens d'origine africaine, asiatique, etc. Mais qui seront nés en France, qui seront parfaitement français. Il faut que les gens l'intègrent dans leur tête, il faut qu'ils l'intègrent bien. C'est ça en fait. C'est ça la transformation. Et beaucoup de partis jouent avec cette espèce de confusion pour dire qu'il y a trop d'immigrés.
Alors évidemment, dans cette séquence, qui tente de tirer la couverture sur lui ? Eh bien le RN évidemment. Pendant la négociation du texte à l'issue du vote, les députés d'extrême droite parlaient tous de victoire idéologique.
On peut tout de même se réjouir d'une avancée idéologique, d'une victoire même idéologique du RN, puisque est inscrit maintenant dans cette loi la priorité nationale, c'est-à-dire l'avantage donné aux Français par rapport aux étrangers présents sur notre territoire dans l'accès à un certain nombre de prestations sociales qui sont aujourd'hui soumises pour les étrangers à des conditions certes pas assez sévères à notre goût, mais sur le principe, je crois que c'est une grande victoire idéologique de notre mouvement.
Les députés de la majorité, l'exécutif Macron, Bande d'Armanin réfutent complètement cette idée.
Moi je vois Mme Le Pen qui désormais est je crois contorsionniste de métier. Les deux sénateurs et reines, faites votre travail de journaliste, les deux sénateurs et reines ont voté contre le texte du Sénat. Ils ont voté contre. Le texte d'aujourd'hui il est beaucoup moins dur que le texte du Sénat puisque sur 15 articles il y a eu soit des suppressions soit des modifications de la part du Sénat. Et il y a toujours la mesure de régularisation. Donc Mme Le Pen elle court comme le coq de Chanteclerc essaie de faire croire qu'elle fait lever le soleil. Mais Mme Le Pen elle court, elle court et elle n'arrive pas à justifier son revirement.
Elle va donc voter et peut-être qu'il faudra le noter pour des mesures de régularisation des sans-tapiers.
Même si certains arguments tombent à plat, la régularisation des travailleurs sans-papiers dont Darmanin vante tant comme une mesure progressiste et bien la droite l'a durci et ce sera au cas par cas décidé par le préfet pour certains métiers dans une durée donnée. Le ministre dit aussi que le texte est passé sans les voix du RN en les rejetant mais si les 88 députés Rassemblement National avaient voté contre le texte et bien la loi ne passait pas. Thomas, t'en penses quoi ? Est-ce qu'on a fait sauter une digue très dangereuse selon toi ?
On la sentait venir on savait que ça allait sauter depuis longtemps depuis longtemps en fait si on regarde depuis très longtemps on fait en sorte avec toutes ces lois immigration qui sont discutées de rendre la vie des immigrés beaucoup plus difficile mais là on a été plus loin oui on a été beaucoup plus loin moi je ne suis pas surpris vous savez quand vous avez un gouvernement qui impose une réforme des retraites alors que les gens ne veulent pas qui réforme l'assurance chômage qui n'a pas vraiment de solution pour augmenter les salaires en pleine inflation il faut trouver un responsable et donc c'est l'immigration voilà il fait exactement comme Salvini ou Mélanie en Italie voilà il fait exactement ça donc comme il ne peut rien vraiment faire pour changer la vie des français il trouve un responsable voilà et il va taper fort sur ce responsable finalement la droite elle va très facilement dans les bras du Front National pour gagner quelques voix et Emmanuel Macron le centre aussi et je pense qu'une partie aussi de la gauche a plongé là-dedans donc il faut faire très attention il faut revenir à la raison et la raison c'est de regarder les chiffres de faire des comparaisons avec les autres pays et pas d'auto-alimenter un débat en pensant qu'on va satisfaire des instincts primaires ça c'est pas bon de faire ça c'est pas le rôle normalement d'un politique des mouvements de rébellion se forment quand même autour de cette loi il faut savoir que les aides dont on a parlé sont sous autorité départementale par exemple le président du conseil départemental du Lot celui de la Seine-Saint-Denis aussi ou encore la maire de Lille n'appliqueront pas la loi par rapport à la préférence nationale sur l'allocation d'autonomie les 32 départements de gauche n'appliqueront pas la loi immigration dont Paris avec Anne Hidalgo et Emmanuel Bompard toujours à notre micro avait appelé à la NUPS à se réunir parce qu'on a vu quand même des discords en ce moment est-ce que là il faut faire bloc malgré les désaccords qu'il y a dans la gauche normalement oui en fait vous avez comme pour les retraites là une convergence qui est claire je pense que sur la loi immigration tous les partis de gauche sont contre mais quand ça fait à peu près deux mois que vous vous lancez des pics tout en sachant que les pics qui sont sur les réseaux sociaux se retrouvent à la fin à la télé et tout le monde en débat après c'est très difficile de dire oui on est unis moi je trouve que le spectacle politique est assez navrant merci à vous chez vous d'avoir suivi cet épisode de l'instant porché sachez que depuis dix jours on est sur tous les fronts pour couvrir la loi d'Armanin de la motion de rejet au vote c'est près de 11h maintenant 11h30 d'émissions dédiées au sujet une télé d'info sur les terrains à l'assemblée en manif en direct indépendante et engagée c'est possible l'année 2024 s'annonce pour nous pleine de défis nous devons mener la bataille de l'élargissement de la diffusion de notre chaîne de télévision aux autres box et téléconnectés qui nous barrent encore la route malgré le oui de l'Arcom ça veut dire faire du lobbying pousser des portes encore et toujours mobiliser nos soutiens dont vous cette fin d'année est le dernier tournant le virage au bout duquel soit on aura une belle année 2024 soit on devra lutter tout simplement pour notre survie le projet a pu sembler fou mais il se met en place une télé d'info 100% libre des coups de pression des milliardaires et du pouvoir politique tout est entre vos mains vous notre public nos abonnés nos sociétaires vous avez encore quelques petits jours jusqu'au 31 décembre pour nous faire des dons défiscalisés à 66% pour celles et ceux qui paient l'impôt sur le revenu vous pouvez aussi vous abonner à partir de 5 euros par mois ou faire un don défiscalisé mensualisé rejoignez cette grande aventure et soutenez la première coopérative médiatique de France sur le petit écran nous sommes ravis de scripter l'actualité avec Thomas et vous chaque semaine merci de nous suivre pour tous vos commentaires qu'on lit et pouce en l'air sous la vidéo spectateurs abonnés donatrices et sociaux je vous dis à la semaine prochaine merci de vous
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