Punchline - Mort d'Elias : le droit pénale est-il à la hauteur ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Euh on va évoquer dans un instant Bruno Rotaillot et et le sujet sur l'entrisme. Mais avant, j'aimerais qu'on évoque cette lettre qui a beaucoup touché aussi Éric Crevell, la lettre d'une la maman de Elias, ce petit jeune homme qui euh est mort il y a 4 mois, il a fait 14 ans. Il a été tué à coup de machette par deux jeunes mineurs multirécidivistes.
Et cette mère, on appelle lance un véritable appel à la société, à la justice, à l'éducation, aux politiques. On va écouter ce qu'elle dit avec Barbara Duran puis je vais vous passer la parole ensuite. C'est dans une lettre ouverte que la maman d'Élias, cet adolescent de 14 ans, tué sauvagement pour un téléphone portable, prend la parole. 4 mois après la disparition de son fils, elle se pose toujours autant de questions.
Mais qui s'est moqué d'Éliias ? Ces deux adolescents de 16 et 17 ans qui en toute impunité depuis 2021 réitèrent des vols avec violence. Ces deux adolescents qui, malgré une interdiction juridique d'entrer en contact, se retrouvent régulièrement autour du stade Jules Noël pour commettre des délits.
Dans son récit, elle insiste également sur la responsabilité de l'État dans la mort de son fils. Les différents ministres de la santé, de l'éducation nationale, de la justice, de l'intérieur qui n'ont pas pris la mesure depuis des années de la dérive d'une partie de la jeunesse, de son ensauvagement, de l'impact des réseaux sociaux et de la banalisation de la violence chez les adolescents entre eux et contre eux-mêmes. Une lettre bouleversante dans laquelle elle évoque encore aujourd'hui le sentiment d'injustice qui l'étouffe de cette souffrance qui ne la quitte pas depuis qu'elle a perdu son enfant.
Je m'occupe de la sépulture de mon fils et de notre famille. Je veille sur mon fils. Je tente de survivre à l'absence de mon fils Elias, à ses coucous maman, à ses bisous maman, à cette carte et à ce petit cadeau que je n'auraiis pas pour la fête des mères.
Je patiente et je saurai qui s'est moqué de nous. Elias avait succombé à ses blessures après avoir été poignardé avec une machette à la sortie de son entraînement de foot. Orino, vous comprenez la colère de cette mère ?
Oui, la colère d'abord la tristesse qui est une tristesse infinie, la tristesse d'une mère qui perd son enfant et qu'il perd de cette façon plus elle est elle est insondable. Euh donc c'est une lettre extraordinairement émouvante et ce qu'elle dit est tellement vrai, c'est-à-dire que personne n'a pris la mesure de l'évolution de notre société. et de la dérive effectivement d'une partie de la jeunesse.
Donc euh et qui demande une approche, je veux dire, multidimensionnelle, c'est-à-dire qu'il faut se il faut s'occuper de tout ce que nous avons euh détruit ou laissé détruire depuis des décennies. Voilà. Euh et et hélas on en prend pas le chemin.
C'est-à-dire queon euh on on pleure sur chaque victime, on s'indigne euh de de chaque fait d'hiver, mais finalement euh à part euh faire semblant, on ne fait rien. Hm hm. Rien sur aucun plan judiciaire, euh social, éducatif, mais tout tout.
Regardez l'état de l'école d'abord. Mais ça ça nous interroge aussi sur le l'état de la justice mais et en particulier de notre droit pénal. Voilà, c'est que on peut on ne peut plus traiter la délinquence des mineurs comme on l'a traité auparavant parce que elle a changé de nature.
Il faut il faut adapter le droit pénal à l'état de la société, à l'évolution de la société et et pour l'instant ça n'en prend pas le chemin. C'est-à-dire que il y a comme il y a pas d'analyse de la violence de sa nature, de ses causes et de sa nature, en fait on on ne fait rien. C'est comme ça qu'on se retrouve avec quel des enfants capables de tuer un autre un autre enfant pour et ou ou dans une société où on a maintenant des tueurs à gage de 14 ans.
Voilà. Et alors Gautier et après Eugénie. Non, c'est évidemment très important ce que dit cette mère.
Ça me fait penser aussi à ce qu'a dit la veuve du gendarme Éric Comin. Ce qu'a dit plus récemment le papa de cette jeune femme qui a failli se faire enlever sur fond de cryptoonnaie en parlant de mexicanisation de la France quand il est venu dire sur ce plateau "Rien ne bougera tant qu'Emmanuel Macron sera là donc rien ne bougera avant 2027" et il faut expliquer précisément ce que met en cause la maman d'Élias. Ça s'appelle la saisure.
La saisure, c'est une réforme voulue par Nicole Bellouet, soumise au vote des députés par Éric Dupont Moret. La cisure, ça consiste vous arrêtez un mineur. Là en l'occurrence, donc c'était des mineurs récidivistes puisqu'ils ont fait précédemment ce qu'ils avaient fait à IIAS.
Elias, en plus, ils l'ont tué. Ils avaient pas tué précédemment. Vous les condamnez, vous leur donnez leur peine 6 mois plus tard.
Et dans ce lapse de temps, dans les 6 mois, ils ont tué Elias à coup de machette. Donc s'ils avaient eu leur peine tout de suite, ils auraient été mis à l'ombre et ils n'auraient pas pu tuer Elias. Surtout qu'ils avaient quoi comme interdiction de se voir.
La belle affaire, ils vivaient dans le même immeuble. Ils vivaient dans le même immeuble. Ils sont récidivistes.
Ils ont reproduit les mêmes choses alors qu'ils venaient d'être condamnés et qu'ils attendaient leur peine 6 mois plus tard. Et cette césure, elle a pas été fait, elle n'a pas été faite il y a 10 ans, il y a 20 ans, il y a 30 ans. Elle a été faite lors du premier mandat d'Emmanuel Macron par Nicole Belloubé et Éric Dupau Moretti.
Et voilà. Et donc si on en croit le papa de cette jeune femme qui a failli se faire enlever, rien ne bougera d'ici 2027. Géné.
Oui, je crois qu'il y a deux il y a cette violence juvénile, elle est protéforme. Il y a deux grands types de menaces. Il y a d'un côté la menace, on voit de certains milieux euh issus de la délinquence où on a des des mineurs très jeunes multircidivistes qui ne sont jamais puni et qui finissent par passer à l'acte de façon violente.
On le voit bah c'est le cas de de des meurtriers d'Élias mais aussi de ce mineur afghan qui a tué le petit Matis don on on a parlé tout à l'heure et qui pareil était connu pour plusieurs faits. Donc ça c'est une violence, j'allais dire liée à un certain type de de de communautarisme, de délinquence très précise. Et puis il y a un autre type de violence qu'on voit apparaître par mimétisme peut-être d'ailleurs d'une jeunesse intégrée socialement qui se contamine à la violence par les réseaux sociaux.
On a vu par exemple le meurtrier euh à Nant qui a massacré une jeune fille qui s'était radicalisée sur les réseaux sociaux après avoir fait un manifeste écolo euh enfin et et euh c'est un peu le le ce qu'on voit dans la série adolescence, vous savez, sur Netflix qui raconte l'histoire d'un jeune adolescent qui se radicalise sur les réseaux sociaux et qui par mimétisme passe à la violence. Mais le point commun entre ces deux types de violence, cette violence, j'allais dire mimétique liée aux réseaux sociaux, une violence liée à la délinquence non punie, c'est le couteau. Le le couteau, l'usage de la machette du couteau qui devient qui devient aujourd'hui systématique il y a presque pas une semaine sans qu'il y ait un incident parfois gravissime qui est lié au couteau en France et impliquant des des jeunes mineurs.
Et effectivement, c'est absolument désolant. Éric, il y a le volet politique de ce que dit la maman puis il y a le volet personnel. Elle dit "Je m'occupe de la sépulture de mon fils et de notre famille.
Je veille sur mon fils. Je tente de survivre à l'absence de mon fils. Celia, ça c'est coucou maman, c'est bisous maman.
À cette carte, ce petit cadeau que je n'aurais pas pour la fête des mères. Ouais, comme on disait hier, c'est la fête des mères. Vous imaginez la détresse de de cette femme.
Je trouve que le le le titre, et c'est pour ça que j'ai lu la lettre aussi parce que je trouve le titre très interpellant. Qui s'est moqué d'Élias ? En sous titre qui s'est moqué de mon fils assassiné par des voyou qui n'auraient jamais dû être là et qui ont utilisé une machette pour le tuer juste pour un téléphone ?
Et vous savez, il y a deux choses que je retiens dans cette lettre. Il y a le factuel, tout ce qu'elle dit. Les ministres en prennent pour leur grade et c'est normal.
Les politiques en prennent pour leur grade et c'est normal. La société sous nos yeux s'effondre et personne ne fait grand-chose et c'est pas normal. Et puis il y a l'émotion qui est qui est ciselée dans cette lettre.
Vous avez cité la fin et on aurait pu peut-être parce que elle s'adresse à tout le monde cette lettre, même à ceux qui n'imaginent pas un jour père d'un enfant dans ses conditions. Elle aurait presque pu s'appeler lettre à la France parce que en réalité c'est la photocopie comme le sondage est un instanté une une l'opinion c'est la photocopie tout à fait exacte de l'état dans laquel se trouve la société française aujourd'hu lettre qui devrait être lu dans les écoles Joseph c'est une lettre qui devrait être lu dans les écoles parce qu'elle est magnifique elle est magnifique cette lettre donc elle est elle est absolument dans tous les dans tous les sens c'est une lettre édifiante puisque maintenant parce que maintenant de plus en plus on voit que les victimes n'obéissent C'est pas une sorte de doxa qu'il y avait auparavant, c'est-à-dire elle devait se taire, il fallait être dans la dignité, enfin et cetera. Là, on est dans la dignité et on est en même temps dans le refus.
Gottier Lebr, il me semble que la veuve de monsieur Comine avait dit "La France a tué mon mari." H oui, c'était aussi clair et aussi simple parce qu'il me semble que ce celui qui a tué son mari était un étranger. Donc évidemment, on se posait la question de qui vous acceptez sur le sol de France.
Mais il est en situation régulière. Il est en situation régulière. Absolument.
Mais la question c'était pourquoi est-ce qu'on a mis cet individu qu'on lui a permis d'être en situation régulière ? Donc la France a tué mon mari parce que en plus il était récidiviste. OK. 18h.
Voulez rajouter quelque chose Louis ? Non mais moi moi je suis assez frappé par le niveau de clairvoyance aujourd'hui des victimes. C'est que par le passé, on pouvait se dire quand on écoutait des des bien sûr mais des victimes, on se disait bon le sujet est un peu compliqué, on comprend la souffrance.
Là moi ce qui me frappe, c'est à la fois, tout est décortiqué, tout est absolument parfait. Ça frappe au coin du bon sens et par ailleurs, c'est une gifle à chaque fois à l'endroit des de la classe politique parce que eux en fait vont vous dire quoi ? Ah mais c'est trop compliqué mais vous savez il faut changer le système et puis il restent drapé dans leur espèce de sexu la République avec des discours linifiants avec mais attention oui il faut réfléchir à une évolution du cadre mais sans faire évoluer le droit enf on entend tout ça et je trouve que voilà c'est c'est des c'est des propos qui sont très percutants qui tiennent ce genre de propos qui parlent de mexicanisation d'auvagement comme la mère d'Élias quand la veuve du sergent commine disait du gendarme commune la France à tuer mon pays à chaque fois extrême extrême mon mar extrême droitisation extrême droitation un petit mot avant le rappel des titres je voudrais revenir sur sur ce qu'a ditugénie bastier il y avait un mot qui m'a semblé très important enfin qui moi me paraît très important c'est la violence mimétique. c'est que c'est personne n'a voulu prendre la mesure de cette évolution.
C'estàd que de temps en temps cette violence s'empare d'une société. Quand elle commence à s'en emparer, presque rien ne l'arrête si on si on ne cherche pas vraiment à l'arrêter par tous les moyens. Voilà.
Et donc là, on est dans cette dans cette situation, c'est à la fois violence mimétique et anomie. C'est-à-dire que nous sommes en face de euh de de gens et en particulier deun partie de la jeunesse qui n'a plus qui n'a qui n'a plus intériorisé aucune norme aucune norme sociale, aucune norme morale euh et et effectivement la cette la violence qui en est une violence euh mimétique. C'est-à-dire que la violence nourrit la violence par par mimétisme ou même par épidémie.
Enfin, c'est la violence c'est un c'est un phénomène réciproque. Et là, on est dans cette on est en phase de cette montée de la violence. Personne ne veut en prendre la mesure.
Personne ne veut prendre non plus les mesures nécessaires. D'abord pour l'enrayer, ensuite pour en soigner les causes, mais d'abord pour l'enrayer. VO et ça ça me paraît euh euh absolument désastreux.
Et j'ai toujours entendu depuis des années gens direent "Mais non, mais on en est pas encore là, on en est pas là, c'est pas voilà." Et bien si on en est là et et si on ne fait rien de sérieux pour enrayer cette violence fimétique, elle dévorera tout. C'est-à-dire qu'on va vers un abîme de violence qui dévorera tout le monde.
Marina Ferrari