Discours d'Olivier Faure, Premier secrétaire, au #CamPuS23
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
vous accueillir, pour ceux que je n'ai pas la chance de connaître, je suis Diana Badiop, porte-parole du Parti Socialiste. Merci les JS, merci les jeunes socialistes qu'on applaudit ici au service d'ordre, sans qui rien ne serait possible. Et merci à vous, chers militants, chers camarades, d'avoir fait le déplacement à Blois chez mon ami Marc Grécourt. Alors j'espère que vous êtes en forme, que vous avez bien profité du soleil. Alors c'est bien parce qu'on a eu un petit temps de rafraîchissement. Mais le soleil revient et puis dans quelques instants, nous allons pouvoir accueillir la meilleure d'entre nous. Non, en fait, la meilleure d'entre nous, c'est moi. Pardon.
On a dit que le temps des femmes était venu. Alors moi, je l'ai pris au premier degré. En tout cas, ça nous réchauffe le cœur de vous voir aussi nombreuses et nombreux. Sincèrement, ça faisait très longtemps qu'on n'avait pas eu autant de monde aux universités d'été. Donc un grand merci à vous toutes et à vous tous pour ce rassemblement. Alors je vous demande de vous préparer à faire une ovation, que dis-je, un triomphe à notre premier secrétaire national qui va arriver entouré des membres de la direction nationale. Je crois qu'il a un prénom qui commence par O et un nom de famille qui commence par F. Je ne sais pas si vous voyez de qui je veux vous parler. Non, on ne le connaît pas.
Et voici venir. Je ne vais pas commencer à vous citer parce que je vais en oublier. Je vais me faire tirer les oreilles.
Internationale de Génération. Bonjour, merci Olivier, Marc. Je vais vous saluer parce que sinon je vais bouffer mes cinq minutes directement. D'abord, vous dire le plaisir que j'ai à être ici. Je vais me permettre d'en citer deux. Allez, Sébastien et Lounès parce qu'on a fait pas mal de choses ensemble. Des gens avec qui j'ai envie à l'avenir de faire encore plein de choses. Et je pense que je parle ici pour l'ensemble des militants de Génération. parce que je pense que nous avons une vision commune. Nous avons un projet commun. Moi, je n'ai pas et à Génération, nous n'avons pas une seule composante de la gauche avec laquelle nous ne nous voyions pas gouverner demain.
Il n'y a pas un seul des partis de la gauche, que ce soit ELEV, le PS, LFI, le Parti communiste, avec qui nous ne saurions assumer un programme et gouverner ensemble. Nous avons effectivement quelques nuances, certes, mais face aux différences fondamentales que nous avons avec Darmanin, avec Macron, avec Le Pen, que pèsent ces petites nuances ? Parce que notre seul objectif à tous doit être de gagner en 2027. Parce que l'urgence écologique, l'urgence démocratique, l'urgence sociale, elles sont là.
Et je vous le dis fermement, je ne vais peut-être pas me faire que des amis, personne n'a intérêt à alimenter, à entrer dans le jeu de la diabolisation de nos camarades, parce que nous sommes tous des camarades, en reprenant les arguments de nos adversaires, qui de traiter les écologistes terroristes, qui de traiter les insoumis d'extrémistes. Quels que soient nos désaccords, ces mots ne doivent jamais sortir de nos bouches. On a vu que vous nous avez mené la triangulation, la théorie des gauches irréconciliables en 2017.
Nous ne devons pas refaire ces erreurs, parce qu'alimenter le débat sur la respectabilité des uns et des autres, ça fait le jeu de nos adversaires, ça banalise l'extrême droite, et un jour on est toujours l'extrémiste de quelqu'un qu'il n'est un peu moins que nous. Mes chers camarades, puisque nous sommes toujours de très chers camarades, nous, qui sommes les héritiers des fondateurs de la République, nous sommes aujourd'hui confrontés à deux voies. Deux voies qui doivent nous mener, on a deux chemins différents qui doivent nous mener à 2027, il y a celui de l'unité et celui de la division. La NUPES n'est sans doute pas parfaite, qui saurait dire aujourd'hui qu'il n'y a rien à améliorer.
Mais c'est un acquis, elle nous mène dans la bonne direction, et c'est une étape, c'est une simple étape parce que nous n'avons pas gagné en 2022, nous ne sommes pas majoritaires à l'Assemblée nationale, mais ça va dans la bonne direction. Et puis la NUPES nous a permis d'avoir un certain nombre de députés qui nous ont permis de résister face à la réforme des retraites. Nous avons résisté, mais nous avons à nouveau perdu. Nous avons perdu puisque la réforme est quand même passée, et nous avons surtout perdu, et là c'est notre responsabilité, car nous n'avons pas su être le débouché politique à cette formidable mobilisation sociale.
Parce que quand les syndicats étaient unis, nous n'avons pas su arrêter d'afficher nos divisions. Alors le chemin que vous avez pris, avec beaucoup de courage, et je me souviens de ces longues négociations, Olivier et Pierre, le chemin que vous avez pris de l'unité en 2022, c'est le bon. Vous l'aurez compris, nous matraquerons avec une constance absolue le besoin, notre désir et la nécessité de l'unité. En sortant des pas de ceux qui nous considèrent comme irréconciliables et d'un quinquennat qui nous a tous fait du mal, vous avez suivi les pas et vous êtes les héritiers de Léon Blum et d'Épinay. Alors chers amis, 2027 ne sera pas une simple élection. Notre responsabilité sera très lourde.
L'extrême droite, même Darmanin le dit, c'est peut-être la seule fois où je suis d'accord avec lui, est aux portes du pouvoir. C'est la seule. Après, on n'est pas d'accord sur l'analyse. Il y est peut-être pour quelque chose. Alors sur ce chemin, ce sera dommage de ne pas être unis pour les européennes. Moi, je n'arrive pas à m'y résoudre, mais si on n'y arrive pas, tant pis. Ce sera une étape ratée, mais il ne faut pas que ça devienne la fin du chemin.
Quoi qu'il arrive aux européennes, il nous faudra dépasser cette étape et avancer vers l'unité parce que nous devons construire les cadres pour discuter ensemble de notre projet et de nos équilibres, puisque bien souvent, c'est de ça qu'il s'agit. On peut se le dire en face. Et moi, je pense que les élections ne peuvent pas être des primaires à ciel ouvert. Les élections ne doivent pas se transformer en bataille pour déterminer nos équilibres internes. Pour ça, nous devons avoir des cadres de discussions entre nous.
Les prochaines élections, celles qui arrivent, je l'espère pour les européennes, mais en tout cas absolument pour les municipales et les présidentielles, ce doit être des élections où nous présentons notre vision commune de la société, l'alternative à un capitalisme ravageur, notre projet pour gagner et changer la vie de nos concitoyens. Je vous remercie.
Merci. Merci beaucoup, Arash. Merci à toi d'avoir rappelé la nécessité de l'union de la gauche et de ne pas nous laisser enfermer dans les éléments de langage de la droite et de l'extrême droite. Je vous demande maintenant d'accueillir Barbara Gomes, porte-parole du Parti communiste.
Je n'ai pas besoin de ça. Si j'ai besoin de ça, bon, d'accord. Bonjour à toutes et à tous, chers camarades. Je suis ravie d'être parmi vous aujourd'hui au nom du Parti communiste français. Parti communiste français qui, vous le savez peut-être, tient ses propres universités d'été en ce moment même à Strasbourg. Mais il était important pour nous d'être ici avec vous à Blois pour partager ce moment ensemble. Ces temps d'échange entre nous, entre partis, entre militants de gauche, ces démonstrations d'écoute, de respect, de confiance sont éminemment importantes.
Et spécialement en ce moment, spécialement en ce moment où les Françaises et les Français s'inquiètent de la guerre, souffrent du chômage, de la précarité, subissent des fins de mois si difficiles qu'ils sont de plus en plus nombreux à faire la queue devant les centres de distribution alimentaire. Nous le savons malheureusement toutes et tous aujourd'hui. La réalité, c'est que dans notre pays, il existe 10 millions de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté. Et avec la hausse de 31% des prix de l'électricité, de plus de 18% des prix des denrées alimentaires, de plus de 10% des fournissures scolaires, je crains malheureusement que ça ne l'aille pas en s'arrangeant.
En tout cas, pas en laissant faire ce gouvernement. Loin de promettre le renforcement des solidarités, de travailler à une meilleure répartition des richesses, de travailler au renforcement et au développement des services publics, services publics de la santé par exemple, qui en a tant besoin, où des patients sont en souffrance, les soignants aussi sont de plus en plus en souffrance, le service public de l'éducation, de la justice qui est indispensable pour faire et public, celui de l'énergie qui est crucial à l'heure du défi climatique, mais aussi celui du médicament par exemple. On l'a vu, on en a besoin, les temps de pandémie nous l'ont montré.
Et bien tout ce qu'a su faire le gouvernement, à l'inverse, c'est quoi ? C'est supprimer l'ISF, imposer une abjecte réforme des retraites dont personne, absolument personne n'a voulu, offrir plus de 90 milliards d'exonérations de cotisations aux employeurs, chiffre qui soit dit en passant à tripler en 10 ans. Ou alors désormais de faire porter la charge du ticket modérateur davantage encore sur les patients, mais évidemment tout cela en catéminé.
Et puis la dernière, vous le savez, c'est que le gouvernement envisage de doubler les franchises en matière de santé, c'est-à-dire de faire porter les coûts supplémentaires des consultations, des médicaments sur les Françaises et les Français, et donc d'aggraver les difficultés d'accès aux soins dans notre pays. Et vous avez vu avec quel discours moralisateur et infantilisant, par ailleurs, le gouvernement justifie cette prochaine réforme à laquelle évidemment nous allons nous opposer. Les Françaises et les Français réagissent. Ils ont essayé effectivement à de nombreuses reprises de montrer leur contestation.
La France essaie de se défendre, la France se défend, essaie de lutter pour ses droits, mais quand elle le fait, elle est réprimée. Et je tiens à ce titre à exprimer toute ma solidarité envers Sébastien Ménespillé, secrétaire général de la FNME-CGT, convoqué à la gendarmerie pour avoir défendu courageusement avec nos camarades et négerticiens le droit à la retraite, le droit à une retraite digne, le service public. Je sais que nous serons très nombreuses et nombreux ici à le soutenir le 6 septembre prochain. Plus que jamais, je crois que nous sommes toutes et tous d'accord ici, la France et l'Europe ont besoin urgentement de gauche.
D'une gauche solide sur ses appuis, d'une gauche populaire, d'une gauche ambitieuse, courageuse, car les défis que nous allons devoir surmonter sont considérables, même pertigineux. Nous devons continuer à multiplier les initiatives communes en lien toujours avec le mouvement social, bien entendu. Nous devons le faire de manière ferme, ancrée dans le quotidien des Français pour faire advenir cette société féministe, écologiste, humaniste, solidaire, dont nous avons désespérément besoin. Toutes et tous, avec nos expériences, nos ancrages, notre histoire, nous avons cette faculté d'exprimer la richesse de la France et de la gauche pour réaliser nos objectifs communs.
Comment d'ailleurs ne pas penser à ce qu'a réussi à accomplir la gauche espagnole ? Le gouvernement, avec sa coalition de majorité du socialiste Pedro Sanchez, a permis de revenir sur des années de régression sociale imposées par la droite. A chaque fois que j'en parle, ça me met un peu les frissons, je dois vous avouer. Peut-être aussi parce qu'il fait froid, mais les deux, sans doute. Augmentation du salaire minimum. Réforme sur le travail pour réduire drastiquement la précarité des travailleuses et des travailleurs en Espagne. Loi sur le congé menstruel. Loi sur la mémoire démocratique pour réhabiliter les victimes de la dictature franquiste.
Et en tant que ministre du Travail, le bilan d'ailleurs de la communiste Yolanda Villas, c'est la réduction drastique du nombre de contrats temporaires, de tout type d'ailleurs, du CDD au contrat de mission. C'est l'augmentation de 4,5 millions du nombre de CDI ou encore un taux de chômage au plus bas depuis 2008. Comment ne pas saluer ce qu'elle est parvenue à faire avec Soumar ?
Alors que cela semblait impossible, elle est parvenue à réunir dans le respect, avec conviction, la gauche radicale, les partis radicaux, régionaux, les verts, les communistes, unis autour de positions économiques fortes en faveur de la redistribution des richesses, du féminisme, de l'écologie, en faveur du monde du travail. Nous avons ici aussi cette force. Dans combien de collectivités réussissons-nous déjà ici ensemble à faire progresser les droits et la solidarité ? À Paris, avec Anne Hidalgo, nous agissons, nous défendons les travailleuses et les travailleurs des plateformes.
Par exemple, avec la maison des coursiers, nous avons aussi agi pour le droit au logement qu'on bat si cher à mon cabaret de Yann Brossat, grâce à l'encadrement des loyers ou encore au développement des déjeunements sociaux partout dans la capitale. Je ne sais pas si d'ailleurs vous l'avez vu, c'est là où il y a le plus de logements sociaux qu'il y a le plus de mixité dans notre capitale. À Montreuil, bien évidemment, avec Patrice Bessac aussi. La distribution de fournitures scolaires permet de mettre le droit à l'éducation concrètement au cœur de la politique de la ville et de soulager les familles.
À Fontenay-sous-Bois, avec Jean-Philippe Gautrey, c'est depuis 1965 que les colonies de vacances illustrent justement notre volonté politique de faire du droit aux vacances pour toutes et tous une réalité concrète. Mes très chers camarades, les temps sont aussi difficiles qu'incertains et notre responsabilité, nous le savons, est grande. Ne laissons pas les libéraux tout saccager, ne laissons pas l'extrême droite tout anéantir. Les Françaises et les Français ont besoin de sentir que nous sommes avec eux, conscients des difficultés de leur quotidien et des défis pour l'avenir, confiants en notre capacité collective de porter leur voix.
Ensemble, donc, avec le mouvement social, poursuivons le dialogue toujours, encore ce travail commun, multiplions toutes les actions pour bâtir la République sociale et écologiste du XXIe siècle.
Merci beaucoup, Barbara. Bonne université d'été, merci beaucoup. Merci. Merci beaucoup, Barbara. Merci d'avoir rappelé la nécessité de saluer le travail qui est effectué dans nos territoires, puisque c'est ce que nous faisons au quotidien, c'est ce que nous faisons de mieux et nous le faisons ensemble. Merci de l'avoir rappelé. J'appelle maintenant Adrien Clouet, député La France Insoumise.
Chers camarades, chers amis, cher Olivier, je souhaite d'abord vous remercier à double titre pour cette invitation. En premier lieu, parce que je vois bien là le sens de l'attachement à la santé publique, vous m'avez extrait de la canicule et du dôme de chaleur à Valence pour venir ici, rallongeant ainsi mon espérance de survie. Je vous en suis extrêmement reconnaissant. Et deuxièmement, vous m'avez permis de venir mettre le bazar dans l'atelier de Arthur Delaporte ce matin, ce qui fait extrêmement plaisir, juste avant la rentrée. Et je vous en remercie pour cette seconde raison.
Si je l'évoque en souriant le sujet de la canicule, du moment de la séquence qu'on connaît ici, c'est parce qu'elle a un caractère historique. Elle a un caractère historique en tant que moment de vérité qui est la preuve du discours et de l'analyse éco-socialiste que nous partageons ensemble. C'est une preuve théorique dès lors que l'on observe qu'en France, en 2023, des livreurs et des livreuses en vélo pédalent par 42 degrés pour le compte de plateformes qui ne leur assure même pas la moindre protection en cas d'accident ou de maladie. Voilà quelle est la France d'Emmanuel Macron aujourd'hui. Et cette situation n'est pas qu'un hippie phénomène français.
C'est l'aboutissement d'une contradiction fondamentale du capitalisme de notre temps qui voit une espèce de grande boucle historique s'opérer depuis le XVIIIe siècle où la machine à vapeur a commencé à carboner l'économie pour produire plus et produire plus vite, conduisant ainsi à un dérèglement climatique dont le réchauffement est un des symptômes et qui aboutit à interdire à des travailleurs et travailleuses de bosser aujourd'hui et donc d'accumuler le capital pour celles et ceux qui le détiennent. Ainsi, l'accumulation capitaliste bute sur elle-même, montrant qu'elle est incapable d'assurer sa fonction de production et donc qu'elle doit être remplacée par un nouvel ordre social.
Alors oui, nous avons raison théoriquement en tant qu'éco-socialiste, mais les vérités historiques ne sortent des bibliothèques que lorsque des forces politiques s'en emparent et elles ne parviennent à transformer le monde que lorsque les forces politiques gagnent. Ce sont les deux conditions successives et c'est bien pour cela qu'a été créée la NUPES afin de gagner. Et c'est évidemment une des discussions que nous avons en ce moment, une discussion publique assez tranquille sur le sens des victoires et les orientations que nous voulons nous donner. Souhaitons-nous gagner les prochaines échéances et imaginer une mine déconfite de Marine Le Pen et Emmanuel Macron ?
Personnellement, oui, je le souhaite. Et si je le souhaite, c'est en rappelant à quel point les Insoumis sommes prêts à discuter tout. Nous sommes prêts à absolument toutes les discussions pour trouver un ou une tête de liste qui souhaiterait porter le programme de la NUPES aux élections européennes. Nous n'avons aucune revendication personnelle. Nous n'avons qu'une revendication idéologique et tactique consistant à gagner ensemble. D'autant plus que nous avons la base. Il y a deux chapitres dans notre programme partagé sur les questions internationales et européennes. Donc une bonne partie du boulot est déjà fait. Ce serait dommage de gâcher l'activité des négociateurs l'année dernière.
Alors, bien sûr, tout travail unitaire rencontre des obstacles. Et une ville comme Blois est assez bien placée pour le savoir. J'ai fait un petit peu de recherche avant de venir. Et j'ai réalisé qu'en 1936, c'était d'ici qu'était partie la campagne de la grande presse aux ordres contre les candidatures du Front populaire. Puisque déjà en 1936, les journaux L'Avenir et l'Indépendant, ici, avaient mené une campagne visant à salir et à rouler dans la boue toutes les candidatures socialistes au titre de leurs alliances avec les radicaux et les communistes. Heureusement, ça n'a pas marché. Personne n'a cédé.
Et il faut toujours tenir bon face à celles et ceux qui veulent nous faire plier les Chines et qui ne sont toujours qu'encouragés par la moindre concession, le moindre compromis. D'ailleurs, ces deux journaux, L'Avenir et l'Indépendant, ont disparu au bout d'un an et demi de Front populaire. Comme quoi, la nature fait bien les choses. Bref, nous avons une analyse qui est partagée, qui est commune dans tous les journaux, dans toutes les interventions. Le groupe parlementaire, les groupes parlementaires, l'intergroupe à l'Assemblée nationale sont des réussites.
Eh bien, je pense que nous pourrions nous offrir une deuxième réussite avec un deuxième intergroupe dans une autre assemblée au moment des élections européennes. Et ce nouvel espace parlementaire, ce nouvel espace parlementaire que nous pourrions créer permettrait de susciter, à mon avis, un enthousiasme sans précédent dans le pays pour empêcher une nouvelle co-gestion du Parlement européen et une nouvelle menée pendant plusieurs années contre nos vies, contre nos existences. Car la condition de l'enthousiasme, c'est le débouché politique qu'on propose.
En l'occurrence, partir ensemble voudrait dire que des millions d'individus sauraient que l'on va mettre le droit à l'IVG dans la charte des droits fondamentaux. Des millions de personnes sauraient que nous allons défendre la présomption de salariat pour les travailleurs ubérisés, la transition vers l'agriculture paysanne, de la PAC, le SMIC européen, les grands monopoles publics dans l'énergie et les transports. Voilà ce qu'on peut offrir au pays. Voilà ce qui me semble, à moi en tout cas, extrêmement enthousiasmant. Et j'espère y apporter ma contribution. Bref, mes amis, il y a un an, nous étions rassemblés au moment des élections législatives, et rassemblés pour gagner.
Ça tombe bien, au premier tour, on a gagné. Il faut s'en rappeler, et malgré les tripatouillages en nuances préfectorales de M. Darmanin, nous avons gagné le premier tour. Nous savons donc gagner un premier tour. Ça tombe bien, les Européens, il n'y en a qu'un. On a déjà montré qu'on savait les gagner. Ben, faisons-le.
Merci, Adrien. Je pense que nous avons reçu ton message 5 sur 5. Et j'appelle maintenant Cyrielle Châtelain, présidente du groupe à l'Assemblée nationale des écologistes.
Merci beaucoup, chers amis, chers partenaires, cher Olivier. Merci pour l'invitation. Hier, nous étions, ah oui, nous avons commencé avec Pierre Jouvet, la discussion effectivement sur la gauche, sur les écologistes et sur 2027. Il semblait donc tout naturel de venir continuer cette discussion avec vous aujourd'hui. Et c'est aussi un plaisir particulier parce que depuis un an, je préside le groupe à l'Assemblée nationale. Il s'est noué une collaboration extrêmement forte avec le groupe du Parti socialiste, et notamment grâce à la présidence de ce groupe, par Maurice Valloux. Et c'est vrai que la qualité de sa présidence... Hey, Maurice !
La qualité de sa présidence est beaucoup pour la qualité des relations que nous avons pu nouer. Alors je voulais aussi commencer par la canicule, même si au Havre, je l'ai quand même beaucoup moins vécu. On a commencé sous la pluie. Pour rappeler, tu as parlé des livreurs à vélo. Moi, je voulais parler des salariés du BTP qui bossent avec parfois des pics de chaleur qui sont à 70 degrés. Je voudrais parler aussi de ceux qui travaillent à l'intérieur et qu'on oublie. Par exemple, les cuistots. Dans les cuisines, parfois dans les restaurants, il fait 58 degrés.
Je voudrais parler des soignants, des infirmières, des médecins qui aujourd'hui font tout pour soigner des patients, parfois qui sont entassés dans des couloirs et qui doivent travailler alors qu'il fait 44 degrés dans l'hôpital. Et aujourd'hui, l'ensemble de ces salariés n'a pas de droit de retrait pour se protéger de la chaleur. Je pense que c'est un des chantiers que nous devons essayer de gagner pour le prochain été. Pourquoi ? Parce qu'en fait, depuis 2014, il y a eu 33 000 morts liées aux vagues de chaleur. 33 000 morts. C'est les trois quarts de la population de la ville de Bois.
C'est ça, aujourd'hui, le bilan de ces vagues successives de chaleur où le gouvernement nous dit « Écoutez, il va falloir vous habituer ». En fait, il y a une réalité humaine qui fait qu'à un moment, quand on est âgé, quand on est fragile, quand on travaille sous des chaleurs insupportables, le corps ne s'habitue plus. Et donc, je voulais vous le dire, aujourd'hui, la catastrophe écologique est une catastrophe sociale. Nous sommes à l'ère de l'anthropocène. Et en tant qu'écologistes, nous avons toujours dit « Il n'y aura pas de transition écologique sans justice sociale ».
Eh bien, je pense que maintenant, on peut affirmer clairement qu'il n'y aura plus de justice sociale sans transition écologique. Car la bifurcation climatique, en fait, elle a déjà eu lieu. Le monde s'est réchauffé de plus d'un degré. En France, c'est plus 1,8 degré. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que la calette glaciaire fond. Ça veut dire que le niveau de la mer monte, que les ressources en eau sont en train de se raréfier et qu'effectivement, on a des vagues de chaleur qui s'insensifient. C'est ça, la réalité à laquelle nous devons répondre aujourd'hui. Et la question, elle est extrêmement simple. C'est quelle réponse ?
Est-ce qu'en fait, on veut laisser les pauvres mourir dans leur logement qui sont sous les toits en tôle ? Est-ce qu'on veut laisser aujourd'hui les ménages du périurbain, des ménages ruraux, devoir se saigner pour payer leur plein, alors que c'est ça, aujourd'hui, qui nous met face au péril climatique ? C'est la question du pétrole. Est-ce qu'en fait, on doit laisser les petits propriétaires de maisons individuelles faire face tout seuls aux fissures qui sont intents d'apparaître sur leur maison ? Je pense que nous pouvons tous dire ensemble que non. Notre question, notre objectif, ça doit être de les protéger de ce nouveau péril climatique.
Je pense que nous devons avoir le courage que personne n'a jamais eu, que ni Macron, ni ses prédécesseurs n'ont eu. On le sait bien, avec Sarkozy, c'était l'écologie, c'est fini. Avec Emmanuel Macron, c'est il faut arrêter les réglementations environnementales, c'est une même continuité. Et aujourd'hui, pourquoi ils n'ont pas ce courage ? Parce qu'avec leurs complices de droite, ils ne veulent pas s'affranchir de ceux qui s'enrichissent sur le drame climatique. Ces grandes entreprises pétrolières qui font, en 2022, 200 milliards d'euros de bénéfices, 200 milliards d'euros de bénéfices sur le drame climatique.
Ces mêmes entreprises qui, dès les années 60, ont mis en marche la machine du déni pour sauver leur rente pétrolière. Parce que l'idée qui court quand même, c'est que tout le monde fait de l'écologie. Je vous le dis clairement, c'est faux. Aujourd'hui, l'écologie, il y a ceux qui ont le courage de le faire et il y a ceux qui attendent qu'on se doit être grillés, tout simplement. Parce qu'en fait, que ce soit Renaissance, que ce soit LR, que ce soit le Rassemblement national, ils sont aujourd'hui les alliés de ces très grandes entreprises. Parce que pour eux, la question des bénéfices prévaudra toujours sur la question de la préservation de la vie.
Mais parmi ces alliés, il y en a un qui est le partenaire idéal de ces grandes entreprises, il s'appelle le Rassemblement national. Est-ce que l'un d'entre vous a été étonné d'entendre un député du Rassemblement national critiquer le GIEC et que je vous ai dit que des scientifiques exagèrent ? Je ne pense pas. Personne. Parce qu'aucun d'entre nous n'a oublié ici que le Rassemblement national, c'est le bébé de Jean-Marie Le Pen. Que aujourd'hui, le Rassemblement national, c'est le Front national qui s'est fait un lifting. Que Jean-Marie Le Pen, il parlait d'arnaque quand il parlait du réchauffement climatique. C'est ça, la vérité.
L'inaction du gouvernement en termes environnemental est une faute lourde. Les discours climato-négationnistes du Rassemblement national sont aujourd'hui criminels. Et c'est contre eux, effectivement, et là, je suis d'accord, qu'on doit mettre toute notre attention, qu'on doit mettre toute notre énergie. Mais il y a deux manières de faire. Il y a effectivement, on peut passer encore un an à débattre de la stratégie des Européennes et de ce qui les décomposerait le plus. Est-ce que c'est notre score qu'on fera au premier tour ? Est-ce que c'est le nombre d'eurodéputés qu'on enverra pour se battre chaque jour contre eux au Parlement européen ? En fait, ce débat est sans fin.
Ce débat est sans fin. On a le droit de le poser. On a le droit de le continuer. C'est ça. Mais en fait, j'ai envie de dire, moi, je veux passer à autre chose. Je veux passer à autre chose parce qu'ils se délectent de nos débats. Ils se délectent de nos débats alors qu'en fait, tu l'as dit, la NUPES s'est fait pour gagner. Oui, la NUPES s'était fait pour gagner. S'était fait pour gagner la France. Et en fait, je pense que c'est cet objectif-là que nous ne devons jamais lâcher. Notre objectif, c'est de gouverner en 2027. Pour ça, il y a un chemin. Il y a un chemin. Les écologistes ont fait quatre propositions qui rejoignent, j'ai l'impression, les propositions esquissées par Olivier Faure.
Nous devons enrichir le programme programmatique, bien évidemment. Nous devons aller enrichir et développer. Il faut que cette coalition nous dépasse. Il faut qu'on aille entraîner avec nous l'ensemble des acteurs de la société civile. Nous devons créer une équipe. Une équipe unie, diverse, mais unie. Et enfin, il faut aussi mettre sur la table une discussion. C'est la question des modalités de désignation pour 2027. Commençons ces chantiers. Nous y sommes prêts. Ça, c'est sur le comment. Et je voudrais finir sur la question du pourquoi. Sur ce qui a fait le cœur, l'objectif, c'était de gagner. Pourquoi est-ce qu'on voulait gagner ? Quel était le cœur même de cette union ?
Je pense que face au réchauffement climatique, face à la violence de ces impacts, le cœur de cette union, c'était l'écologie. La condition nécessaire de cette coalition, c'est l'écologie. Parce qu'en fait, dans un monde où il fait plus d'un degré, on a changé d'air. On a changé d'air. Il faut arrêter avec ces projets inutiles et désuets qui saccagent nos terres et qui détruisent les zones humides. Il faut se libérer d'une société toxique où on cumule l'épiphase, l'énitrice et tout ce qui nous empoisonne. Il faut fermer les fermes usines et il faut arrêter l'accaparement en eau. Et moi, je voulais vous adresser ce message du Havre avec ces mots qu'a eu Marie Toussaint.
Aujourd'hui, nous devons prendre conscience que la douceur est une force. Revendiquons la douceur. Revendiquons une société du care, une société du soin, une société qui rémunère plus, aujourd'hui, ses enseignants ou ses aides-soignantes que ses traders. Revendiquons une société qui assume le devoir et la tradition d'accueil de la France. Revendiquons une société du temps libéré. Alors moi, je vous le dis, aujourd'hui, je pense qu'effectivement, on a besoin d'un peu de douceur, de douceur d'entre nous, mais pour amener un peu une douceur de vie pour les Français. Très bientôt, en 2027. Et donc, il y a deux voies.
Soit on reste fragiles et on se laisse exploser entre nous d'ici 2027, on en trouvera des excuses. Soit, en fait, on garde le cap et on a le courage de gagner en 2027.
Merci beaucoup, Cyrielle. Merci infiniment. Merci à toi. Et je crois qu'ici, nous partageons tous l'envie de gagner en 2027 en étant rassemblés et en étant le débouché politique de celles et ceux qui en ont le plus besoin. Merci à toi. Alors maintenant, je vais vous demander d'accueillir sur scène celles qu'on ne présente plus, celles qui portent la voix de notre jeunesse, mais pas que. Je vous demande d'accueillir la talentueuse Emma Rafovitch, présidente des Jeunes Socialistes.
Chers camarades, chers partenaires, je salue aussi les présidents d'organisations de jeunesse de gauche qui sont aujourd'hui aussi avec nous et qui cet après-midi participeront avec nous un débat autour du forum européen des jeunes de la NUPES sur notre campus des jeunes socialistes. Cher Marc, tu nous accueilles depuis maintenant quelques années ici à Blois et je dois te dire que pendant quelques jours, les jeunes socialistes sont ici chez eux et pour cela, je veux t'en remercier. Cher Olivier, chère Johanna, merci pour votre confiance, pour votre bienveillance envers les jeunes socialistes. Et évidemment, j'étends ces mots à l'ensemble de la Direction Nationale du Parti Socialiste.
Camarades, c'est un plaisir de vous retrouver à Blois pour notre campus. Les jeunes socialistes se sont mobilisés plus encore que l'année dernière. Aujourd'hui, nous sommes plus de 600 jeunes socialistes réunis à Blois. Mais je dois vous dire que je ne suis pas sûre de les entendre très bien depuis le début de ce temps fort entre nous. Où êtes-vous les jeunes socialistes ? Pour votre mobilisation, votre enthousiasme, vos idées. Cette année, notre campus est placé sous un mot d'ordre « Retrouvons le peuple ». Cet appel révèle une situation paradoxale. Nous, partis de gauche, avons perdu le lien qui nous unissait au peuple.
Peut-être avons-nous oublié que le peuple ne se constitue pas par le haut, que le peuple advient par la reconnaissance de commun, d'un destin partagé, auparavant ou dans l'avenir. Comment donc retrouver le peuple ? Je ne prétendrai pas avoir moi seule la réponse à la question. Le peuple est épuisé. Épuisé par une société où l'exploitation prime sur l'émancipation, où le néolibéralisme épuise les travailleurs et les travailleuses, allant même jusqu'à volontairement affaiblir sa capacité à s'unifier, à se constituer. La Vème République est incapable aujourd'hui d'incarner la souveraineté populaire et participe à l'assèchement de la démocratie. Parce que le peuple, en réalité, il n'est pas.
Il devient. Si nous voulons retrouver le peuple, camarades, nous devons à nouveau, comme Jaurès, comme Blum, comme Mitterrand en leur temps, un récit, un discours aussi fort dans les convictions que dans l'espoir qu'il fait naître. Qu'il soit assez puissant, puissant pour faire advenir le peuple. Il nous faut replonger aussi dans notre passé pour comprendre les déceptions et les ruptures. Pourquoi le bloc populaire ne parvient-il pas à s'unir dans une dynamique et un mouvement politique de gauche ? Pourquoi le Rassemblement National est mieux entendu par les classes populaires que nous le sommes aujourd'hui ?
Nous avons aussi perdu les classes populaires et il faut le dire car certains ont donné l'impression de ne plus jamais en faire partie. Tous les concepts qui portaient l'émancipation ont été abandonnés, au profit parfois de discours méprisants, jugeant tout de nos concitoyens, de leur langage à leur plat préféré, en passant par leurs goûts musicaux ou leur lieu de vacances. Nous avons, sans nous en rendre compte réellement, commencé à parler une autre langue. Alors nous parlons du peuple. Mais quel peuple ? Certains à droite voudraient d'un peuple d'égoïstes.
D'autres, pire, à l'extrême droite, tentent de construire un peuple contre le monde, contre ceux désignés qui seraient pour eux des ennemis de l'intérieur. Accepterons-nous de les laisser forger, ce type de peuple ? Alors, à nous de tracer notre destinée commune, celle du partage, celle qui fera advenir le socialisme écologique, seule alternative au néolibéralisme autoritaire. Le socialisme écologique, c'est celui qui parviendra à libérer l'avenir de ce qui aujourd'hui le défigure. L'idée qu'il existerait un peuple en soi, qu'il conviendrait de toucher pour qu'il s'anime, n'est qu'un mythe. Le peuple qui a incarné notre famille émerge pour défendre des convictions, des idées.
Il se lève, comme lors de la Révolution française, lors des Trois glorieuses en 1830, lors de la Révolution de 1848, lors de la Commune de Paris, pour redessiner le présent. Nous avons lancé ce nouveau travail, ce long travail, dans notre mobilisation contre la réforme des retraites. Certains disent que cela a été un échec, je ne le crois pas. Je pense même d'ailleurs que cette mobilisation n'est pas terminée. Nous posons ensemble les jalons d'une impulsion populaire que nous n'avions pas vue depuis longtemps. Dans la rue, dans les esprits, le peuple s'est rassemblé pour quelque chose de plus grand que l'opposition simple à une réforme brutale. Il a revendiqué son droit au repos.
Il a crié qu'il voulait vivre enfin, comme l'énonçait François Mitterrand. Je vous propose de travailler ensemble, au sein du Parti Socialiste, mais pas que, bien au-delà, avec nos partenaires et au-delà même des structures politiques, à une vision commune que nous avons la responsabilité de structurer. Ce projet ne peut pas simplement être l'œuvre de quelques-uns. Il devra sans doute d'ailleurs s'affranchir de chefs autres proclamés pour réellement un jour se réaliser pleinement. Nous devons unir les récits individuels d'affect, de colère, de rêve, pour nourrir une vision du monde communément partagée et construire un projet émancipateur.
C'est aussi dans ce cadre-là que pourra naître réellement une union gagnante, sans injonction, sans chantage, sans posture non plus. Ce projet, il impliquera surtout une économie qui ne se plie plus, qui ne se plie plus aux besoins du marché. Une économie où les êtres humains ne sont plus une variable d'ajustement, dont les êtres humains, la nature et le vivant sont le centre. Nous devons nous saisir, nous socialistes, nous militantes et militants de gauche, de cette fenêtre d'opportunité, ce moment de crise multiple pour transformer la société. Nous sommes obligés de mener cette transformation de notre société.
Faisons en sorte qu'elle soit recommandée, non pas par la nécessité et l'urgence, mais bien par une volonté populaire de réorienter radicalement la société et les rapports sociaux. Mais aussi, retenons que dans ce projet, la République est l'avènement d'un peuple par l'abolition des privilèges et la conquête de l'émancipation par l'affirmation de droits collectifs. La République, ce sont ses valeurs du peuple, cristallisées dans un système politique qui devraient les faire vivre, les protéger. Aujourd'hui, si la République fait l'objet de tant de défiances, je ne pourrais vous dire qu'une chose, c'est sans doute parce qu'elle est gouvernée par la droite.
Ces valeurs de la République, ces valeurs dont nous, nous sommes les héritiers, elles ne sont particulièrement chères parce qu'elles m'ont permis d'arriver jusqu'ici. Jeune, femme, habitante pendant toute mon enfance de l'Essonne, lycéenne en Seine-et-Marne, adolescente qui regardait la politique de loin, sans jamais réellement savoir qu'un jour j'allais pouvoir être là, sans la République et sans son école, camarade, je ne serai pas la présidente des jeunes socialistes. Je le dis, mais je le dis aussi, je n'accepterai pas, je n'accepterai pas par ma responsabilité, par mes responsabilités, mes études, mon parcours, d'être un arbre qui cache la forêt.
Cette chance que m'a donnée la République, toutes et tous, dans les villes, les campagnes, les quartiers, tout le monde doit pouvoir en profiter. Le discours politique doit évidemment être nuancé, ne jamais céder aux raccourcis. Mais nous ne devons pas non plus avoir peur des réalités, pas peur non plus du conflit. Nous sommes en conflit ouvert avec le système capitaliste néolibéral, c'est vrai. Nous sommes en conflit ouvert avec la prédation des hommes comme des ressources, c'est vrai. Nous sommes en conflit ouvert avec ceux qui veulent le recul des libertés publiques. Nous sommes en conflit avec les conservateurs qui veulent protéger une société et qui ne profitent qu'à une minorité.
Nous sommes en conflit avec les obscurantistes, les identitaires religieux, d'où qu'ils viennent, c'est vrai. Affirmons nos combats, ce sont nos combats socialistes. Redorons le blason de la démocratie. Celle-ci a souffert. A souffert du consensus à tout prix. Ici en France, mais aussi en Europe. En Europe, nous allons devoir affirmer qu'il existe bien des camps, des partis, des batailles qui nous opposent à d'autres. Et nous allons devoir confronter nos visions du peuple. Raphaël, tu étais avec nous ce matin avec les jeunes socialistes et tu as pu exposer cette vision-là. La bataille culturelle que nous allons devoir mener ensemble. Toute l'année, nous allons la mener ensemble, camarades.
Mais nous, qui sommes-nous ? Nous sommes la gauche. Nous avons une vision. Et nous sommes pleinement ancrés dans notre société, dans la République. Un discours hypocrite et dangereux viendrait dire que nous sommes aujourd'hui nous et nos partenaires des anti-républicains. Mais quelle méconnaissance, quelle manipulation de l'histoire ? L'histoire nous montre que c'est toujours la gauche qui a été du côté de la République. C'est nous, socialistes en particulier, qui l'avons aussi fondée. Les enfants des révolutionnaires de 1789. Les enfants des révolutionnaires du printemps des peuples. Les enfants des communards. Les enfants des dreyfusards.
Les enfants de ceux qui inventèrent la laïcité comme principe de conquête national. Les enfants aussi des résistants au régime de Vichy. Et les opposants. Les enfants de ceux qui ont aboli la peine de mort. Ces enfants-là. C'est nous. Mais c'est nous tous. Cette filiation, elle nous définit. Elle nous définit tout comme elle définit le peuple. Ces batailles, camarades, elles ont été remportées toutes. Mais de hautes luttes. Des luttes rudes que nous avons gagnées parce que nous avons osé les mener. Alors que la droite conservatrice, partie de l'ordre, dont Emmanuel Macron semble rêver, viennent nous donner des leçons de République ? Quelle imposture !
Que tous ces lâches tentent de nous faire croire qu'ils vont protéger ce que nous avons construit. Ce ne sont que des menteurs qui se drapent dans de fausses vertus pour tenter de sauver le peu de pouvoir qu'il leur reste. Cette nécessité, cette nécessité de se battre ensemble, c'est la force de l'union de la gauche. Cette nécessité de l'union de la gauche pour incarner une alternative, pour retrouver le peuple, en dressant nos combats communs, cette union est nécessaire en France en vue de l'élection présidentielle de 2027. Pour l'Europe, c'est vrai, le chemin semble devoir être différent.
Avec différentes listes déclarées aux élections européennes de 2024, le défi sera immense pour préserver l'union. Mais ce défi immense, camarades, il va falloir le relever. Ne soyez pas, camarades, les socialistes qui auront laissé la droite ou l'extrême droite être au pouvoir. Pour nous, partis politiques, les élections sont des moments où nous pouvons faire émerger du conflit des éclairs d'espoir. A nous d'être suffisamment crédibles, suffisamment bons pour canaliser les colères et qu'elles ne deviennent jamais violences, mais bien débats, votes et alternatives politiques. Saisissons-nous de la prochaine échéance des élections européennes pour permettre au peuple de s'exprimer.
Nous avons ici l'opportunité de tracer une alternative. Ma conviction, et celle des jeunes socialistes, c'est que nous devons porter l'idée européenne sous deux facettes. L'Europe pour reprendre le contrôle de notre avenir et l'Europe pour nous protéger toutes et tous. L'Union européenne, c'est aussi la possibilité de reprendre le contrôle sur les événements du monde. Nous, Français, nous désespérons de voir des régimes autoritaires comme la Chine, la Russie, dicter leurs règles au niveau mondial. C'est seulement avec l'Union européenne, unie, que nous gagnerons la guerre des valeurs qui est lancée contre ces régimes autoritaires.
Je crois sincèrement que nous avons encore beaucoup à apporter au monde. Nous devons démontrer que nous serons intransigeants. Intransigeants lorsque nous protégerons l'intégralité territoriale de l'Ukraine contre tout. Intrédigeants, intransigeants lorsque nous nous battrons pour la liberté des femmes iraniennes. Intransigeants lorsque nous protégerons la démocratie à Taïwan. Donnons à l'Union européenne les moyens de nos ambitions populaires. Nous sommes le camp, non pas des réformes pour faire des économies, mais des réformes intransigeantes, comme le disait Albert Camus. Nous porterons d'immenses projets, d'immenses batailles.
Mais nous ferons aussi de l'Union européenne la protectrice de nos droits, de nos libertés fondamentales. Nous en ferons la vigie de l'état de droit. Et c'est bien parce que notre continent a connu la barbarie, parce qu'il a connu la guerre, la plus atroce qu'il soit, parce qu'il a connu les pires crimes contre l'humanité, qu'il sait qu'il n'a pas d'autre choix que de protéger en son sein, mais aussi partout dans le monde, les droits de l'homme. Rien n'est écrit, rien n'est immuable. Avant de pouvoir retrouver le peuple, faisons en sorte qu'il voit en nous le moyen d'accéder à ce destin partagé en commun. Et ce destin, il s'ancrera en France, mais aussi en Europe.
Victor Hugo, dans Les Misérables, avait ses mots. Les peuples, comme les astres, ont le droit d'éclipse. Et tout est bien pourvu que la lumière revienne et que l'éclipse ne dégénère pas en nuit. Le peuple, celui avec qui nous porterons nos combats, s'est éclipsé. Pour ne pas tomber dans une nuit sans fin qui enfermera notre société et fera disparaître nos rêves, participons à faire revenir la lumière et l'espoir. Renversons le cours des choses et du monde. Démontrons notre capacité à incarner l'alternative, à rassembler nos luttes communes. Démontrons que nous avons tout pour faire ce que beaucoup attendent de nous.
Démontrons que nous avons de la lucidité, de la crédibilité, des convictions, mais surtout camarades. Montrons que nous avons encore de l'audace. Alors que vive le socialisme écologique et son parti, vive la République, vive la France et vive l'Europe.
Merci. Et maintenant, si vous me permettez, nous allons accueillir celui que nous attendons toutes et tous. Celui qui, depuis plus de 4 ans, est l'artisan de l'Union sans relâche. Celui qui a décidé, avec tant d'autres, de mettre nos universités sous le signe du retour vers le peuple, celui que nous n'aurions jamais dû quitter. Parce que nous sommes toutes et tous des enfants de la République. Je vous demande d'applaudir comme il se doit Olivier Faure, notre premier secrétaire !
Olivier ! Olivier !
Emma me souffle que c'est le début de la Léon-Boom. Chacamar pour cette nouvelle édition. Et évidemment, je veux commencer par remercier celui qui m'a accueilli il y a deux jours, le maire de Blois, Marc Gricourt, qui me disait qu'il avait une roseraie en bas de la mairie, dans laquelle il veille particulièrement sur la rose de Blois. Et bien, je veux lui dire que c'est ici que, depuis quelques années maintenant, nous avons cultivé notre propre renouveau et retrouvé la force d'avancer. Et donc, merci d'y avoir si largement contribué. Merci Marc !
A travers toi, à travers Christophe, je veux saluer tous les militants de cette fédération qui, chaque année, consacrent une partie de leur été, comme le service d'ordre, à assurer cette manifestation. Et pour celles et ceux qui ne comprennent pas ce qu'est l'engagement, le dévouement au service d'une cause, et bien, ce sont ces militantes et ces militants que je veux remercier, comme je veux toutes et tous vous remercier pour ce que vous engagez chaque jour, de votre énergie, de votre courage, de vos envies. Merci d'être ce que vous êtes. Merci de faire vivre ce parti. Je veux évidemment remercier nos partenaires. Merci Barbara, merci Cyriel, merci Adrien, merci Arash.
Vous avez exprimé en quelques minutes ce que nous sommes ensemble, ce que nous pouvons faire ensemble. Et j'avoue avoir une vraie fierté à vous retrouver désormais, depuis un an, sur les mêmes estrades, à parcourir la France ensemble et faire entendre une voix commune parce que les chantiers devant nous sont immenses et que nous savons que nous devrons les parcourir ensemble. Je veux évidemment saluer celle qui vient de me précéder, dont le talent est immense et dont la passion est parfois dévorante. J'ai pas dit l'ambition, j'ai dit la passion. Je veux saluer évidemment Emma Rafovitch et l'ensemble des militants des jeunes socialistes. Vous allez la faire rougir. Mais rouge, je l'ai déjà.
Je veux dire là. Je veux saluer évidemment notre mouvement qui s'est rebaptisé les jeunes socialistes parce que franchement, il y a quelques années, quand dans mon bureau, nous sommes retrouvés à quelques-uns avec Emma et que nous avons décidé ensemble de faire le pari de reconstituer une organisation de jeunesse. Je pensais que nous y parviendrions un jour. Mais pour moi, le jour était lointain.
Et quand je vois ce que vous avez réussi, quand je vois que vous êtes 600 aujourd'hui à Blois, quand je vois ce que vous avez aussi réussi à entreprendre avec les autres organisations de jeunesse à travers ce forum européen des jeunes de gauche, eh bien je dois vous dire la fierté que j'ai à militer avec vous. Donc merci, merci, merci. Je parlais des Européens, je parlais d'Europe.
Je veux évidemment saluer Pédro Marques, qui représente ici le Parti socialiste européen, lui dire notre attachement à notre famille et lui dire que nous allons, dans cette campagne européenne, tout faire pour renforcer ce groupe, faire en sorte que nous puissions porter de nouveau, de nouveaux acquis, faire en sorte que tout ce qui a été dit par mes rédécesseurs et que je vais redire dans quelques instants, faire en sorte que l'Europe puisse être à nouveau un rêve, une ambition partagée, faire en sorte que nous puissions ensemble aller chercher ces voies qui construisent l'avenir. Merci Pedro d'être parmi nous.
Merci à Hélène Geoffroy, nouvelle présidente de la Fédération des élus socialistes et républicains. Merci aussi à Benoît Arrivé, président délégué. Et j'avoue que j'ai eu beaucoup de plaisir dans ces jours qui ont précédé notre campus à vous retrouver. Et je sais bien qu'il est une tradition que nous n'avons jamais démentie. Les socialistes, dès qu'ils se retrouvent, ils se divisent.
Et bien, dans cette organisation de l'Université d'été de la FNESER, vous avez fait aussi la démonstration que même si nous ne sommes pas toujours d'accord, et ça peut arriver, et c'est légitime, nous sommes un grand parti démocratique, et bien quand il s'agit de travailler à la formation des élus, faire en sorte de pouvoir retrouver des cadres qui puissent nous permettre demain d'engager les prochaines échéances municipales, régionales, départementales, législatives, et bien vous saurez construire ensemble. Et de cela, je vous remercie aussi.
Je veux évidemment saluer nos présidents de groupe, saluer Patrick Cannaire, président du groupe socialiste au Sénat, qui a un petit défi pour le mois de septembre, préserver le fait que nous soyons le deuxième parti au Sénat et que nous puissions continuer à engager avec nos partenaires, et bien la résistance, parce que c'est une assemblée qui est un peu difficile, j'y reviendrai, avec notamment le président du groupe ELR. Mais nous savons que vous êtes entièrement mobilisés, et je sais que si beaucoup aujourd'hui ne sont pas ici, c'est parce qu'ils sont en campagne, et c'est tout ce qu'on leur demande de revenir avec la coupe. Merci Patrick.
Je veux saluer évidemment mon président, celui qui, après Valérie, et après moi en l'occurrence, mais préside mieux que moi et aussi bien que Valérie, ce groupe socialiste n'est pas toujours facile de présider un groupe, il faut bien le dire, de diriger un parti non plus, mais un groupe c'est toutes les semaines des discussions sur les positions à prendre, et puis depuis un an ça s'est doublé, non seulement il faut savoir ce qu'on prend nous comme position, mais que pensent nos partenaires, et puis arriver à faire un mix de tout ça, et arriver à chaque fois à engager l'ensemble du groupe, faire en sorte que nous puissions, en lien avec nos partenaires, arriver à engager derrière nous les Françaises et les Français, et avec la diplomatie dont il est coutumier, mais aussi la force de conviction dont il sait toujours faire preuve, et bien nous avons avec Boris un président excellent qui nous permet d'avancer.
Merci. Enfin, je veux saluer nos deux co-présidents de la délégation socialiste au Parlement européen, Nora Mébarek et Raphaël Glucksmann. La délégation est plus petite que le groupe à l'Assemblée ou au Sénat, mais c'est parfois aussi compliqué. J'ai eu souvent des discussions avec Sylvie, qui est derrière vous, Sylvie Guillaume, que je salue aussi. Le côté pratique c'est qu'on peut citer presque toute la délégation. Donc je peux citer aussi Eric Andrieux que j'ai vu ce matin et qui vient de quitter la délégation pour laisser la place à Christophe Clergeau et lui dire aussi que nous le remercions pour le travail effectué.
Mais je voulais en revenir à nos deux co-présidents, puisque je disais que ce n'est pas toujours aussi simple. Et bien la réalité c'est que ce n'est pas simple, mais qu'ils y parviennent avec beaucoup de talent là aussi. Nous avons une délégation qui est composée de plusieurs formations politiques et vous avez su pendant ces cinq années, là aussi, conjuguer vos talents, faire en sorte, y compris pour les socialistes, à réussir à convaincre ceux qui n'étaient pas issus de cette famille-là que le groupe social-démocrate était finalement un groupe accueillant et je crois que tout le monde y a trouvé sa place. Et donc je veux vous remercier de ça.
Et puis je veux dire aussi un mot particulier pour Raphaël. Je sais dans quelles circonstances il est parmi nous aujourd'hui. Et je veux lui dire mon affection, notre affection, et lui dire qu'en ce moment si douloureux pour lui, eh bien il y a aussi ici pour toi Raphaël une famille. Chaque camarade, comme donc depuis trois éditions, eh bien nous nous retrouvons à Blois pour notre campus. Nous avons la joie d'y accueillir de très nombreux nouveaux militants qui sont venus renforcer nos rangs, renouvelés par leur enthousiasme l'expérience de ceux plus anciens qui ne comptent plus les années, et avec Joanna Roland, que je salue, et l'ensemble de la direction.
Nous avons souhaité placer cet événement sous le signe de nos retrouvailles avec les classes populaires. Pour y parvenir, il faut évidemment partager des analyses, des compréhensions, des défis et les réponses à y apporter. C'est l'objectif. Chaque fois, le programme est à lui seul un casse-tête. Et donc je veux remercier celles et ceux qui ont travaillé tout l'été, qui se sont cassés la tête pour nous, qui ont travaillé à la préparation des tables rondes, comme à l'organisation de l'événement. Et donc merci particuliers à Nina, Corinne, Richard et l'ensemble des permanents du parti sans lesquels rien ne serait possible.
Merci aussi à nous inviter d'avoir accepté le jeu d'une confrontation féconde, car les partis ne sont rien s'ils ne savent pas s'interroger, y compris contre eux-mêmes. On ne retrouve pas le peuple sans plonger ses racines au plus profond de la société. De toutes les époques, il est de bon ton de dire qu'elles sont charnières, cruciales, historiques, décisives. Je ne vais donc pas céder à la facilité parce qu'en réalité, il n'est pas besoin d'adjectifs aujourd'hui pour que chacun, ici, ressente la gravité du moment dans lequel nous nous trouvons. Le monde est devenu incertain. La guerre en Ukraine, la guerre entre l'Ukraine et la Russie de Poutine s'enlise.
La dernière démocratie au Sahel, le Niger, vient de faire à son tour l'objet d'un coup d'État. La situation humanitaire au Haut-Karabakh, avec le blocage du corridor de la Chine, est toujours aussi inquiétante. Les tensions sino-américaines ont déjà leur terrain d'affrontement avec Taïwan. Les femmes payent un lourd tribut au fanatisme religieux des talibans d'Afghanistan et des molas d'Iran, avec la complicité nouvelle de l'Arabie saoudite. En Israël, le gouvernement Netanyahou opère une régression alarmante en détricotant progressivement l'État de droit.
Je ne sais pas si vous devez applaudir, mais face à ces grands dérèglements du monde, l'Europe, oui, l'Europe doit se poser comme la référence démocratique. Ce devrait être son moment. Et c'est à la gauche d'en faire son instrument. Parce que, chers camarades, le libéralisme, on nous a beaucoup expliqué que c'était la gauche, les sociodémocrates qui étaient en crise au niveau européen. La réalité, c'est que c'est le libéralisme qui est aujourd'hui dans une impasse. Nous vivons une crise sociale, écologique, démocratique même au niveau européen, dont les fondements sont les désordres du capitalisme débridés et la montée des impérialismes.
Le désordre, ce sont les inégalités, le maintien des précarités, les prédations sur la nature, la surconsommation, le productivisme. Pour affronter dans la cohésion les changements de notre monde, pour engager les mutations nécessaires, ces crises appellent le retour de la puissance publique, d'une part, des solidarités et de la redistribution, d'autre part. Parce que, ce qui est une évidence à mes yeux et à nos yeux, c'est que les gagnants du système doivent renoncer à une part de leur richesse pour que notre société évite l'implosion et que la vie reste supportable. C'est pourquoi nous appelons ce matin à un nouveau partage entre capital, travail et défense de nos biens communs.
C'est à un nouvel équilibre entre la rente, les salaires et les services publics auxquels nous appelons. Parce que la fable du ruissellement n'a jamais existé. Quel est le reste à vivre des familles quand le prix de l'énergie et de l'alimentation explosent ? Quelle est cette société dans laquelle on accepte que 40% des familles ne partent pas en vacances ? L'inflation érode le budget des familles. Le coût de la rentrée augmente de 10% et le gouvernement se gargarise en augmentant de simplement 5% l'allocation de rentrée pour la rentrée scolaire.
Pire, après avoir prélevé un impôt sur la vie en repoussant l'âge de départ à la retraite, voilà qu'il s'apprête à prélever un impôt sur la maladie avec le doublement des franchises médicales. 9 millions de nos concitoyens continuent de vivre sous le seuil de pauvreté quand une poignée de super-riches étale la croissance exponentielle de leurs profits et de leurs richesses. Au JO justement des profits et de la richesse, la France est maintenant sur le podium en nombre de millionnaires. Eh bien, ce n'est pas juste. Ce qui n'est pas juste non plus, c'est qu'après la pandémie, c'est l'augmentation des prix qui fragilise la situation financière des étudiants.
Ah, ils ne font pas la queue pour aller à un concert ou à un spectacle. Non, non. Ils font la queue pour aller manger. Alors, je le dis avec force, honte à ceux qui ont refusé de voter le repas à 1 euro. Proposition portée par Fatia Akeloa-Hachi. Oui, honte à cela. Honte aux RN, honte aux Républicains, honte à Renaissance. D'un côté, l'appropriation du capital servi sur un plateau par Macron et de l'autre, sur le visage de millions de Français marqués par l'inquiétude de ne plus y arriver. Et si, pour un bon nombre de Français, arrivés à la fin du mois est le bout du monde, les ultra-riches, eux, ne se soucient pas de la fin du monde.
63 milliardaires français émettent autant de gaz à effet de serre que la moitié de la population française. Ce n'est plus du ruissellement, c'est le déluge de l'indécence. Et face à cela, le gouvernement reste prisonnier d'un modèle libéral dont il refuse d'accepter qu'il soit déjà dépassé. Au moment même où le consensus international des économistes dénoncent le poids des inégalités et la faiblesse des investissements publics, Macron, lui, fait le contraire. Ces contradictions, d'ailleurs, le mènent à l'impuissance. Il veut la souveraineté, mais en même temps plaide pour un marché libéré de toutes contraintes. Il plaide pour la réindustrialisation, mais sans payer les ouvriers.
Il veut des services publics, mais avec moins de ressources. Il appelle à des dynamiques locales, mais en étouffant financièrement les collectivités. Il dit vouloir la transition écologique, mais il est en soutien des projets les plus toxiques et, comble des symboles, le 14 juillet, il décorquit le directeur général de Total. Il nous dit qu'il voudrait rétablir l'ordre, mais quand il évoque les violences urbaines du mois de juillet, le président se refuse jusqu'à évoquer leur fait générateur, l'homicide qui a causé la mort d'un adolescent de 17 ans. Alors, je le dis, oui, son modèle est épuisé. Et lui, il improvise, il godille.
Son seul fil rouge, sa marque, c'est de ne pas toucher aux intérêts et à la fortune des puissants. Pour donner le change, l'Elysée distribue des éléments de langage. Ça, on connaît. Tout va très bien. Tout va très bien et même, ils l'ont dit, l'objectif des 100 jours a été tenu. Alors, pour compenser cette difficulté, ce discours, ce déficit de légitimité, eh bien, ils ont entrepris de disqualifier toute forme de parole dissidente. Celles et ceux qui osent contredire le récit présidentiel sont désormais accusés de dériver sur les rivages incertains de l'extrême gauche.
Pour complaire, si nous voulions complaire, il faudrait répéter quelques mots-valises empruntés au répertoire progressiste, auxquels pourtant le pouvoir fait tout pour qu'ils perdent tout leur sens. Je préfère qu'on se réfère à Jaurès. Jaurès disait, les hommes pratiquent, il aurait pu dire les femmes aussi, d'ailleurs, il le pensait. Donc, je le cite, mais Jaurès disait donc, les hommes pratiquent, aux yeux de quelques dirigeants, sont ceux qui emploient quelques mots humanitaires pour amorcer les suffrages et qui, sous ces mots, ne mettent aucun sentiment ardent, aucune idée précise qui puisse inquiéter les privilégiés. Il avait tout dit.
Il est possible de s'opposer, mais surtout, prière de ne pas trop déranger. Eh bien, à la suite de Jaurès, à la suite du grand Jaurès, les socialistes que nous sommes n'ont pas vocation à devenir des femmes et des hommes pratiques. Nous ne serons pas pratiques. Et qu'importe les caricatures que le pouvoir fera de nous, nous sommes à notre place, républicains, bien avant beaucoup d'autres. Et c'est pourquoi nous sommes fondés à rappeler que le triptyque républicain n'est pas l'ordre, l'ordre, l'ordre. La République, c'est liberté, égalité, fraternité. La République que nous défendons n'est pas une somme d'institution ou de cadre de bienséance.
Elle est, au contraire, elle n'est pas non plus un nouvel abri du conservatisme. Elle est un horizon toujours en construction. La République, jusqu'au bout, unit l'émancipation sociale et écologique et articule à l'émancipation politique. Et pour commencer, la défense de la République n'est pas synonyme de la défense intangible de la cinquième du nom. Parce que le pouvoir est aujourd'hui minoritaire. Il ne repose plus que sur quelques articles de la Constitution. Tous les Français, maintenant, sont devenus des experts en droit constitutionnel. 49.3, 47.1, 44.3, article 40. Sans eux, le président aurait, en réalité, été obligé de composer.
Mais pour lui, pour ses affidés, l'esprit républicain se résumerait désormais à la défense de la cinquième. Mais c'est un contre-pied total par rapport à ce que défendirent les fondateurs de la République qui mirent toute leur énergie. Au contraire, à sortir de l'ancien régime et du pouvoir personnel. Comment peut-on s'imposer à 9 actifs sur 10, à des millions de manifestants dans les rues de France, à une majorité à l'Assemblée ? Comment peut-on imposer une réforme des retraites ? Comment peut-on en même temps appeler les Français à former une nation citoyenne et leur faire la démonstration de l'inutilité de leur vote ?
Pourquoi élire des représentants quand ils ne peuvent même plus représenter ? Emmanuel Macron, en réalité, alimente sciemment la défiance. Il fait le pari du retrait civique des classes populaires. Cette crise démocratique ne se limite d'ailleurs pas au rudouement d'un Parlement indocile. C'est le dialogue social qui est méprisé. Il l'est depuis 6 ans. Emmanuel Macron dédaigne les corps intermédiaires dont il n'a, en réalité, jamais compris l'utilité. Il juge les syndicats archaïques et surtout facteurs d'inertie. Ce mépris, à leur endroit, c'est celui qu'il a, en réalité, à l'endroit de tous ces millions de salariés dont les syndicats représentent les intérêts matériels et moraux.
C'est la raison pour laquelle nous allons engager une discussion avec nos partenaires, avec l'intersyndicale, pour déposer au plus tard, le 14 avril prochain, une nouvelle version de référendum d'initiative partagée, lorsque les délais constitutionnels nous y autoriseront à nouveau. J'ai cru comprendre que le président voulait des référendums. Eh bien, en voilà un, tout trouvé, puisque le Parlement n'a pas pu se prononcer, eh bien, qu'il rende la parole aux Françaises et aux Français. Face à la contestation, le gouvernement, en réalité, n'a plus d'autre choix que d'utiliser la police comme sa garde prétorienne.
Elle est sommée de dissuader, de manifester, là où sa mission est, au contraire, de protéger cette liberté constitutionnelle. À force de NAS, de LBD, de grenades de désencerclement, de bavures, la police est apparue comme un adversaire des libertés, alors qu'elle a pour mission de les garantir. Au-delà des fautes individuelles, c'est toute la doctrine de maintien de l'ordre qu'il faut interroger. Trop facile, trop facile de se limiter à la responsabilité personnelle des policiers. Les policiers n'agissent jamais sans ordre. Certains ne dérapent pas sans avoir le sentiment d'être couverts. Pourquoi ?
Pourquoi nos voisins européens cherchent la désescalade, alors qu'à l'évidence, le ministre de l'Intérieur pousse à l'affrontement pour mieux poser le pouvoir en dernier rempart contre le chaos ? La gestion du maintien de l'ordre est une question éminemment démocratique. Et quand la haute hiérarchie policière perd le sens de l'état de droit, de l'égalité devant la loi, de l'indépendance, de la justice, de la séparation des pouvoirs, l'absence de sanctions est une faute gravissime qui entame jusqu'à l'autorité et la crédibilité de leur tutelle. Président, ministre de l'Intérieur, Premier ministre, ils ne défendent plus la République. Ils s'en servent et même la desservent.
La République exemplaire, rappelez-vous, la République exemplaire, eh bien, elle n'est plus qu'un très, très lointain souvenir. Un ministre de l'Intérieur peut défier l'état de droit. Un ministre de la Justice peut se permettre d'adresser un bras d'honneur au Parlement. est resté garde des Sceaux, alors qu'il est lui-même mis en examen pour conflit d'intérêts. L'indépendance de la presse n'est plus protégée. Un milliardaire aux ambitions politiques transparentes peut grignoter le paysage médiatique, détourner la ligne éditoriale d'un journal en quasi-situation de monopole le dimanche, sans le moindre signe du pouvoir.
A l'inverse, dès le premier numéro, c'est une ministre, avec l'aval du président, nous dit-on, qui se hâte d'apporter sa caution et ose même mêler Charlie Hebdo et l'humanité, et l'humanité à la justification de sa participation, le tout dans une confusion idéologique totale. La perversité de l'argumentaire a un seul but, inverser le sens de l'arc républicain. Les libéraux ont commencé par diaboliser les insoumis, puis les verts. Par contagion, c'est toute la gauche qui est visée et toute alliance qui est condamnée. Divisé pour mieux régner. La formule n'est pas neuve et elle n'a même pas vieilli.
Alors la gauche se composerait d'extrémistes prêts à salir leur pays pour mieux imposer un ordre nouveau négocié entre les islamistes d'un côté, les wokistes de d'autres. Les écologistes seraient devenus des terroristes, tous les opposants des terroristes intellectuels. Tout est mobilisé pour jeter le discrédit et la crainte dans un savant mélange. Tout est amalgamé pour inciter à une nouvelle chasse aux sorcières, à un nouveau maccartisme. Les études de genre, l'écriture inclusive, les courants post-coloniaux, le néo-féminisme, le wokisme, comme si le danger venait de quelques chercheurs qui dénoncent le maintien structurel de discrimination.
Leurs thèses peuvent être discutées, et d'ailleurs elles le sont, mais elles ne placent en aucun cas leurs auteurs et leurs autrices Écriture inclusive oblige à les placer dans la catégorie des ennemis de la République. En revanche, quand la droite, elle, dérape, le gouvernement, alors là, il reste totalement muet. Silence radio. Quand Bruno Rutaillot, Patrick, non, ne lui est pas Patrick, je parlais de Bruno Rutaillot. Donc je reprends. Quand Bruno Rutaillot, que Patrick condamne. Voilà, on va y arriver. Donc je disais, quand Bruno Rutaillot, fustige, une régression ethnique.
Quand Eric Ciotti, il y a quelques jours, excite le racisme en reprenant implicitement la thèse du grand remplacement. Quand un député LR, de mon département, j'en suis désolé, fait l'apologie de Barès, antisémite notoire. Quand Nicolas Sarkozy, il y a quelques heures, sur une grande chaîne de télévision, a double RN comme un parti républicain. Pas un mot du président. Pas un mot du gouvernement. Alors, nous devons réagir ensemble pour refuser cette imposture. Et je me souviens qu'à Saint-Brévin, quand il s'agissait pourtant de défendre un maire de droite contre les menaces de l'extrême droite, il n'y avait que la gauche.
Lorsque les syndicats de police ont commis un communiqué ouvertement séparatiste, il n'y a eu que la gauche pour s'en émouvoir. Pendant ce temps-là, pendant ce temps-là, hélas, l'extrême droite se montre habile. Marine Le Pen n'a pas repris, c'est vrai, les gros sabots de son père. Elle a cherché à retourner les mots, les concepts républicains, contre les républicains, authentiques pour en faire des outils de sa conquête du pouvoir. Comme hier, de la laïcité, elle a fait de même de la lutte contre l'antisémitisme un instrument exclusif de contestation de la présence de l'islam sur le sol français.
Le résultat de ce racisme camouflé par les dirigeants de l'extrême droite, c'est moins le crime qui révolte désormais que l'origine du criminel. Et à partir de là, toutes les généralisations, les essentialisations sont autorisées. Alors, j'entends maintenant qu'il y a le ministre de l'Intérieur qui a des fourmis dans les jambes et qui se prévaut même d'une proximité avec les classes populaires. celui-là même qui trouve Marine Le Pen trop molle, sous-entend que pour les retrouver, il faudrait nourrir les penchants supposés xénophobes des classes populaires.
Toujours les mêmes caricatures qui enferment les classes populaires, les quartiers périphériques, le monde rural, dans un enclos pour, et là, je cite un ex-porte-parole du gouvernement, les gars qui fument des clopes et roulent au diesel. J'ai longtemps fumé des clopes et roulé au diesel. Et je vis dans un département périphérique. Et je me souviens aussi d'Emmanuel Macron qui considérait les ouvrières de Gade comme des illettrés. Eh bien non. Non, le peuple n'est pas cela.
Le peuple français, tout à l'heure, Emma l'a rappelé, le peuple français, c'est aussi le peuple révolutionnaire de 89, celui de la révolution de 48, c'est aussi celui de la Commune de Paris, celui de la résistance celui du 10 mai 81, c'est aussi celui qui s'est opposé majoritairement à la réforme des retraites. Et ce qui fait honneur au peuple français, qui a fait son rayonnement depuis plus de deux siècles, c'est d'avoir proclamé l'égalité universelle entre les êtres humains et d'être sortis de la logique sacrificielle du bouc émissaire.
La Convention Retrouver le peuple, dirigée par Sarah Kériche et Philippe Brun, que j'ai vu par ici, va se prolonger et s'enrichir de vos réponses comme de celles collectées dans les rencontres sur le terrain. Mais je vous laisse à présent une part de ma contribution. Pour retrouver le cœur du peuple, il faut qu'il entrevoie de notre part un idéal social, un idéal qu'il n'osait même plus espéré de nous. Et c'est pour cela que j'enrage à chaque fois que la gauche crée elle-même la diversion en se caricaturant, parce qu'elle rend inaudible ce qui est notre message central. Les socialistes, la gauche, c'est d'abord la défense des travailleurs. La droite, la droite défend la valeur travaille.
Mais nous, nous, nous voulons rendre sa valeur au travail. Le travail doit payer. Il faut en finir avec ces visites potenquines, des ministres, vous savez, ces visites où on passe l'aspirateur jusqu'au dans le hall de l'immeuble avant de visiter l'appartement témoin. Et puis, il y a ce que vous savez parce que vous le vivez ou parce que vous avez déjà franchi la porte d'un ami, d'un voisin, d'un collègue, ce qui se cache trop souvent derrière les façades même parfois fraîchement repeintes. Ce sont des pièces sans confort, des pièces mal isolées, du froid, de la chaleur, mais qui n'empêchent pas malheureusement l'isolement de vie sans espoir.
La semaine de travail, pas toujours choisie, le week-end, le caddie qu'il faut tenter de remplir, le supermarché qu'on a abandonné pour le discounter, le demi-plein dans la voiture parce qu'on ne peut plus faire le plein parce que c'est trop cher, la semaine de vacances qu'on ne prendra pas et puis d'ailleurs la colère, la fatalité qui alterne. Parfois, on baisse les bras. À quoi bon ? On ne vote plus. Qu'ont exprimé les Gilets jaunes si ce n'est cette colère, cette envie de reconquérir l'espace en se retrouvant au croisement de leur vie autour de ronds-points ? Je ne vais pas vous assommer de chiffres. Juste un. Juste un. 52. 52%.
Quand nos salaires ont stagné, la rémunération moyenne des grands patrons a, elle, augmenté de 52%. Les cinq grands patrons les mieux payés en France touchent entre 600 et 4 500 années de SMIC. Et ces sommes astronomiques ne prennent même pas en compte les revenus tirés de leur patrimoine financier ou immobilier. Alors, les libéraux nous disent mais c'est normal, on rémunère le risque. Mais de quel risque parle-t-il ? Ces patrons disposent de parachutes dorés, de filets de protection en cas de départ français de l'entreprise et même dans l'hypothèse d'erreur stratégique ou économique. Le contraste est tellement saisissant avec ce que subissent les Français.
La semaine dernière, en Seine-et-Marne, un salarié gréviste pendant le débat sur les retraites a été mis à la porte pour ne pas avoir mis de chantilly sur une gaufre. Voilà ce que au pays de Mickey nous propose le grand capital. C'est dans ce creusement des inégalités que le socialisme est né. Il est né du contraste désolant entre le faste des uns et le dénuement des autres. Et il n'est pas comme on le dit parfois à droite le produit de l'envie qui est le plus bas des mobiles humains mais de la justice et de la pitié qui sont les plus nobles. Voilà ce que disait Léon Blum et ce que nous disons après lui. alors il est temps d'engager une grande négociation fiscale et sociale.
Voilà pourquoi je revendique en votre nom une grande conférence salariale où la grille salariale puisse être remise à plat où la question de l'utilité sociale soit posée en particulier pour les métiers du soin et du lien qui ne peuvent plus être à ce point déconsidéré l'infirmière qui vous a soigné et veillé à l'hôpital la sage-femme qui a vu naître vos enfants l'auxiliaire de vie qui s'est occupé de votre parent indépendant la médiatrice familiale l'assistante sociale la femme de ménage la vendeuse la caissière l'ouvrière la couturière la péricultrice l'agricultrice c'est par tous ces métiers que l'on a qualifié d'essentiels de la première ligne ces métiers souvent féminisés et donc invisibilisés c'est par ces métiers essentiels à nos existences qu'il faudra même commencer nous y reviendrons lors de notre convention le temps des femmes avec Marie Lauverne mais permettez-moi d'insister un instant encore sur la place des femmes au travail car comment ne pas relever que dans l'interview de rentrée le président n'ait pas eu un seul mot pour elle ou plutôt si si si si au détour de l'explication sur les violences urbaines dont les familles monoparentales seraient la cause quasi exclusive mais quelle lâcheté de se défausser ainsi sur elle il y a en France deux millions de familles monoparentales une famille sur quatre dans les familles dans les villes une famille sur trois et dans 85% des cas ce sont des mamans solos que l'on devrait plutôt appeler des mères courage parce que c'est sur elles que tout repose et plutôt que de les dénoncer c'est bien de leur courage qu'il faut louer où est passée la grande cause du quinquennat les violences exo-femmes ne sont pas uniquement en physique elles sont aussi économiques et quand ces femmes élèvent seules leurs enfants alors que ce sont celles qui subissent les temps partiels contraints les horaires décalés fragmentés les temps de transport les plus longs qu'elles occupent les métiers les plus précaires les moins rémunérés et parfois de nécessiter les logements les plus exigus qu'elles élèvent des enfants dans des conditions qui nous font honte je rappelle que 41% des enfants mineurs en famille monoparentale vivent en dessous du seuil de pauvreté il est là le scandale il est là le scandale qui devrait toutes et tous nous faire lever oui monsieur le président écoutez ces familles écoutez ces femmes qui vous disent les conditions horribles dans lesquelles vous avez élevé leurs enfants ne venez pas les dénoncer aidez-les aidez-les accompagnez-les faites en sorte qu'il n'y ait plus jamais de volance urbaine en faisant un truc sacré pour sa place voilà ce que vous venez faire monsieur le président parce que le féminisme le féminisme n'est pas une fantaisie de bobos de bossistes il est un combat pour la justice et c'est pour cela que toutes celles et ceux que quiconque se définit comme socialiste et bien doit aussi se dire féministe le travail sa camarade c'est aussi la prévention des accidents Adrien en a parlé tout à l'heure il a parlé notamment de la question du réchauffement si ça y est après lui mais il faut le savoir vous le savez la France est recordman européenne des accidents du travail je prends le seul secteur du BTP que Soyal a évoqué il faut savoir que deux jours sur trois il y a un ouvrier du BTP qui meurt sur un chantier nous sommes le seul pays européen où des accidents du travail sont en augmentation la réalité du travail c'est aussi sa pénibilité pour nombre de métiers que le gouvernement ne veut pas reconnaître et puisque je parle devant Adrien et bien le travail c'est aussi la prise en considération des nouvelles contraintes pesant sur les travailleurs notamment l'exposition croissante à la chaleur je m'arrête à ces quelques exemples parce que il nous faudrait la journée entière pour évoquer tous les chantiers qui restent tant la question du travail est une question immense et donc je ne veux pas prendre d'autres exemples pour allonger mon propos mais vous comprenez la direction dans laquelle nous voulons nous inscrire je sais bien que pour les libéraux tout ce que je viens de dire est inconcevable où trouver l'argent et oui où trouver l'argent oui oui c'est vrai ils ont raison tout à un coût il n'y a pas d'argent magique vous connaissez la formule et bien oui tout à un coût et il faut l'assumer ce coût c'est celui d'une civilisation le coût d'un mode de vie c'est tout simplement le coût d'une société solidaire où les risques sont mutualisés c'est le coût de la promesse républicaine l'exigence de comptabilité du capital a conduit à une contraction de la part des salaires dans la valeur ajoutée qui est passée en une décennie de 61% à 51% elle est là l'anomalie elle est là la ressource les représentants du capital ne peuvent pas capter toujours davantage au prix de l'exploitation humaine et de la dégradation de nos biens communs voilà ce qui devrait occuper l'esprit de nos dirigeants mais c'est vrai ceux qui ne laissent pas détonner ce sont les valeurs qui guident l'action de ce gouvernement par exemple qu'est-ce qui peut à votre avis susciter l'indignation du gouvernement au coeur de l'été en plein épisode caniculaire est-ce que vous pensez qu'il s'agit de responsabilité de quelques entreprises créatrices qui continuent d'investir dans les énergies carbonées au détriment de la planète Perrinco ou Etemala Total en Tanzanie ou en Ouganda vous le savez bien bien sûr que non bien sûr que non ceux qui indignent le gouvernement ce sont quelques mètres carrés Syrielle arrachés par tes copains activistes pour le climat sur un green de golf tout cela tout cela au nom de la défense de la propriété privée et à l'instar du débat sur les grandes bassines leur défense outrée de la propriété privée s'oppose à la défense de nos biens communs et nous ce que nous refusons c'est la privatisation d'une ressource qui se raréfie parce que la privatisation au profit de quelques-uns c'est la privation pour tous les autres alors oui les usages de l'eau vont devoir être priorisés oui il n'est pas logique qu'un golf puisse consommer l'eau d'une collectivité de 12 000 personnes quand une partie du territoire national est en vigilance rouge que les restrictions sont imposées aux agriculteurs aux équipements municipaux aux particuliers l'évidence c'est qu'il faut définir de nouveaux équilibres qui tiennent compte du défi climatique qui est aussi un défi pour la cohésion de notre pays et au-delà pour le monde d'ailleurs puisqu'on parle du monde où était le président où étaient ses ministres homophomés amazoniens qui s'est tenu cet été au Brésil le conseil d'analyse économique a chiffré à 30 milliards de dépenses nouvelles la tenue de nos objectifs en la matière là encore qui devra payer la vérité c'est qu'il y a toujours quelqu'un qui paye la facture c'est vrai soit elle sera environnementale et ce seront les générations futures celles qui nous survivront qui auront à en payer les inconséquences soit la charge sera attribuée par le biais de la fiscalité ou comme lors de la réforme des retraites par un impôt sur la vie des salariés le choix de la bifurcation écologique ne sera pas neutre mais si nous sommes vraiment en guerre contre le réchauffement climatique alors il faut une économie de guerre à laquelle doivent d'abord contribuer les grandes entreprises et les grandes fortunes ce n'est pas moi qui le dit ce n'est pas ce n'est pas un gauchiste un écologiste un wokiste qui le dit ce sont les experts économiques du gouvernement qui eux-mêmes sont venus dire ce que nous disons nous-mêmes depuis longtemps il faut restaurer un impôt sur la fortune climatique qui permette de trouver là une partie de la ressource nécessaire je dois dire qu'il y aurait là l'expression d'un patriotisme écologique auquel chacun de ceux qui en ont les moyens devrait même demander à contribuer je ne le dis pas par provocation mais avec la conviction je suis un humaniste que les démarches les plus désintéressées sont accessibles à tous y compris aux puissances d'argent que laisseront-ils que laisseront-ils que laisseront-elles à la postérité des comptes en banque remplis au-delà de ce qu'une vie peut permettre de dépenser ou est-ce qu'au contraire elle n'aurait pas là un éclair d'humanité et venir signer avec nous un pacte avec la nation pour éviter une catastrophe écologique majeure et irréversible je le répète c'est à un nouvel équilibre qu'il faut travailler nouvelle répartition entre capital travail et bien commun il y a des ruptures avec l'ordre existant à consommer le temps n'est plus à la pose de quelques rustines à la procrastination en espérant que la technologie viendra sauver sur le fil non seulement la planète mais aussi le système tel qu'il existe aujourd'hui parce que la vraie dette l'ardoise que nous laisserons à nos enfants celle qui ne se remboursera jamais c'est la dette climatique et jamais aucune génération politique n'avait été placée devant une telle responsabilité alors assez perdu de temps il faut accélérer là encore l'Europe peut être un accélérateur une porte s'est ouverte avec le Green Deal porté par un commissaire socialiste européen Franz Zimmermann alors il faut pousser maintenant plus loin vers une politique fiscale écologique une politique de recherche intégrée c'est ce sillon que nous devons creuser c'est la vocation des socialistes et de la gauche rassemblée alors la gauche oui la gauche parlons-en la NUPES le rassemblement parlons-en je comprends que le commun des mortels finisse par s'y perdre pour les uns je serai soumis aux insoumis pour les autres je serai devenu un failleur de ce rassemblement à n'y peut rien comprendre alors puisque je suis devant vous je vais être aussi simple que clair je suis définitivement résolument indéfectiblement un partisan et à la mesure un artisan du rassemblement de la gauche et des écologistes je l'ai cherché je l'ai recherché dès 2019 aux élections européennes pour en témoigner j'avais proposé avec votre consentement la tête de liste à Raphaël Glucksmann nous avons continué à y travailler au municipal de 2020 au régional de 2021 et je m'honore avec tous les militants qui l'ont soutenu d'avoir fait le choix de la NUPES ce rassemblement que tout le monde disait impossible et qui a redonné l'espoir à un peuple de gauche désespéré exaspéré par notre impuissance collective ce rassemblement je le porte depuis un an au Parlement avec Boris Vallaud avec Mathilde Panot Cyril Châtelain avec André Chassaigne et l'ensemble de notre quatre groupes je suis un croyant et en plus je suis aussi un pratiquant du rassemblement alors je rassure tout le monde je suis socialiste c'est vrai et je le resterai mais mais je fais mien les mots de François Mitterrand qui n'était pas le moins socialiste d'entre nous je crois disait-il pour demain comme hier à la victoire de la gauche à condition qu'elle reste elle-même qu'elle n'oublie pas que sa famille c'est toute la gauche hors du rassemblement des forces populaires il n'y a pas de salut et ce qui est formidable avec les mots de François Mitterrand c'est que même même décédés les forces de l'esprit sont encore là parmi nous et ces mots peuvent encore faire lever une foule de militants et bien oui avec lui répétons qu'en dehors du rassemblement populaire il n'est pas de salut alors j'assume de vouloir une coalition qui allie toutes les forces qui composent la gauche avant moi ce matin avant moi ce matin votre sensibilité se sont exprimées Barbara pour les communistes Cyriel pour les écologistes Adrien pour les insoumis Arrache pour Génération Emma pour les socialistes les plus jeunes qui fort parfois ont aussi leur autonomie de pensée et qui ne sont pas toujours exactement dans la ligne du parti et c'est bien aussi comme ça
non je dois dire
assez aligné plus que quand c'était Benoît c'est pour Arrache oui donc ce matin chacun a pu percevoir les nuances mais cela ne doit évidemment pas effacer la convergence profonde qui nous lie nous voulons quoi nous voulons ensemble en finir avec le pouvoir personnel et les excès de la cinquième république nous voulons mieux répartir les richesses et mettre fin à l'indécence des super riches nous voulons une bifurcation écologique pour tourner la page du dogme productiviste qui conduit l'humanité plus encore que la nature à sa propre perte nous voulons donner à chacun sa place quel que soit son genre sa sexualité son origine sa culture qu'elle soit philosophique ou religieuse permettre à chacun de compter sa propre destinée nous croyons pour cela à la transformation profonde de la société par la mobilisation citoyenne la négociation avec les partenaires sociaux dont nous reconnaissons nous la légitimité et l'utilité alors qui ici oserait prétendre que cela ne fait pas assez de points communs pour justifier une alliance sans union pas de transformation sans l'addition de nos forces pas de transformation sans adhésion populaire pas de transformation alors chacun d'entre nous en a la responsabilité le rassemblement ne peut pas être l'oeuvre de tel ou tel parce qu'il ne peut être que le fruit de l'effort de tous bien évidemment je le dis aussi le rassemblement ne sait pas disparaître les identités les différences qu'elles soient de fond ou de style le rassemblement n'est pas et ne sera jamais un alignement personne n'est soumis à personne et personne ne le sera jamais c'est au fond la leçon des insoumis la confrontation demeure possible je vais même vous dire je pense qu'elle est indispensable les désaccords n'imposent pas la séparation mais ils exigent la conciliation des points de vue c'est par la délibération collective que nous avancerons c'est par la compréhension mutuelle que nous pourrons construire la synthèse politique des temps nouveaux celle qui permettra de concilier l'esprit de radicalité et l'esprit de responsabilité et de fédérer autour de la gauche une majorité de françaises et de français issues de toutes les couches sociales et de tous les territoires et c'est parce que nous aurons réalisé cette démonstration que nous pourrons convaincre de notre volonté d'associer demain le plus grand nombre aux avancées nécessaires pour édifier un monde nouveau j'ai défendu à chaque époque à chaque étape et parfois dans la difficulté mais je l'ai fait à chaque fois j'ai défendu nos camarades insoumis quand le gouvernement voulait les chasser de l'arc républicain mais inversement j'ai aussi assumé les désaccords chaque fois qu'ils existaient nous avons en réalité conduit ensemble la plupart des débats parlementaires nous avons participé à cinq mois de campagne intense sur les retraites pendant laquelle nos voix se sont mêlées sur les estrades des salles polyvalentes des gymnases des antithéâtres et c'est cette union dans la lutte qui a soulevé les volontés aiguisé les argumentaires galvanisé le mouvement social alors qui ici veut renoncer à créer le rapport de force mais je sais que je suis maintenant attendu au tournant et je ne veux éluder aucune question ni aucune difficulté du présent car on ne maintient pas la flamme sans entretenir avec même constance et vigilance j'en viens donc à l'échéance européenne de 2024 la décision des communistes et des écologistes de partir sous leurs propres couleurs européennes n'a pas permis d'étudier les conditions nécessaires à une liste commune je ne leur en fais pas le reproche ce n'est pas notre rôle nous respectons l'autonomie stratégique de chacun mais je redis que nous avons toujours considéré que c'était le projet qui dictait les alliances et non l'inverse et en toute logique si nos partenaires devaient évoluer nous prendrions part aux discussions je n'ai jamais été et je ne serai jamais un obstacle au chemin vers l'union quoi qu'il en soit vous militantes et militants socialistes vous aurez à vous prononcer fin septembre mais je le dis inversement aussi aux insoumis soyons honnêtes la situation présente ne met pas péril en la demeure car c'est bien la spécificité de ce scrutin des européennes que d'additionner les forces plutôt que de les soustraire quelles que soient les configurations politiques puisque le scrutin est à la proportionnelle j'ajoute que liste commune ou pas les élus rejoindront de toute façon leurs différents groupes européens une fois élus je souhaite je souhaite donc que la gauche n'entretienne pas artificiellement les divisions que nous nous nous pardon que nous nous livrions pas à un cluedo dérisoire pour s'accuser mutuellement d'être l'assassin de la NUPES car au soir des élections européennes car au soir des élections européennes la seule chose qui importera c'est que les partis de gauche celles et ceux qui forment la NUPES et bien disposent de plus de députés que le bloc libéral que le bloc d'extrême droite et fort de cela nous pourrons construire conduire des projets communs au Parlement européen parce qu'il nous faudra peser au niveau européen pour porter nos combats communs et nous travaillerons ensemble ce qui va se passer aux européennes n'entrave pas la perspective de l'union en 2027 j'ai entendu beaucoup parler aux amphis d'Espagne mais le PSOE le parti socialiste ouvrier espagnol est sous marre l'alliance des gauches radicales ne partiront pas sur la même liste commune aux européennes en quoi cela entravera-t-il leur volonté de gouverner ensemble et de barrer ainsi la route à la droite alliée à l'extrême droite en quoi les listes séparées aux européennes nous attendiraient dès la rentrée prochaine de nous battre ensemble dans le débat budgétaire ou contre la nouvelle loi immigration c'est pourquoi avec Boris et l'ensemble des députés du groupe à l'assemblée nous ferons vivre l'union dès la semaine prochaine au parlement l'important aujourd'hui n'est pas de focaliser toute notre attention sur le seul scrutin européen entretenir un feuilleton qui a déjà duré un an mais de poser la question de nos futurs avancées comment nous renforcer pour gagner ce rendez-vous auquel toutes et tous nous pensons celui de 2027 nous avons toutes et tous ensemble réussi tout à l'heure Adrien le rappelait à nous hisser en tête du premier tour de l'élection législative c'est vrai c'est incontestable mais soyons lucides nous n'avons pour autant pas gagné l'élection législative et cela suppose que nous en tirions quelques leçons communes cela suppose de remettre notre projet commun sur le métier d'approfondir ce qui doit l'être de prioriser nos actions de définir la méthode et les moyens d'élargir nos soutiens notre vocation doit être non seulement majoritaire au parlement mais aussi dans la société française parce que si nous n'arrivons pas à convaincre d'une majorité sociale sociologique qui s'élargisse très au delà de nos propres partis l'hypothèse de se retrouver face au mur de l'argent des lobbies des intérêts financiers existe parce qu'il ne suffit malheureusement pas d'annoncer le changement pour qu'une armée citoyenne se lève il a fallu tellement de force une force et une imagination inouïe à nos aïeux pour arriver à penser et à convaincre que le maître et l'esclave pouvaient avoir les mêmes droits il nous faut maintenant la même force de conviction pour maîtriser les effets destructeurs de la domination capitaliste domination sur la nature le vivant et l'humain et donc je veux en conséquence ce matin vous faire trois propositions concrètes pour m'inscrire dans ce débat sur les suites à donner à la NUPES ma première proposition c'est qu'une agora se crée pour succéder au parlement de la NUPES j'en avais déjà fait la suggestion je la précise je souhaite une agora qui soit un lieu de confrontation des idées et des projets entre nous mais pas seulement ce soit un lieu qui soit ouvert à toutes celles et ceux qui acceptent de cheminer avec nous sans pour autant adhérer à ce stade à ce que nous sommes intellectuels économistes chercheurs syndicalistes associatifs tous ont vocation à venir inspirer notre démarche commune l'agora je souhaite aussi qu'elle puisse décentraliser ces débats dans tous les départements cette démarche doit permettre notamment d'associer à notre réflexion des citoyens et des citoyens qui adhèrent à l'espoir d'une gauche rassemblée sans pour autant vouloir forcément rejoindre tel ou tel de nos partis il n'y a pas de conditions à poser à celles et ceux qui veulent faire entendre leur voix je propose que nous travaillions ensemble dès à présent sur les enjeux locaux par la perspective des élections municipales nous n'aurons pas là non plus l'union partout mais partout où il est possible de la faire autour d'un projet partagé et d'une incarnation fédératrice je le dis j'y suis favorable ensuite enfin c'est parce que nous aurons su définir un projet commun et conserver un cadre de travail permanent entre nous que la question de son incarnation par une ou un candidat unique en 2027 se posera de manière différente d'abord parce que le ou la candidate portera ce projet commun et que ce projet commun mettra fin à la monarchie présidentielle et au pouvoir personnel c'est une équipe oui qui doit se constituer pour porter ce projet alors avançons avançons donc sans relâche en surmontant nos difficultés nos doutes en conservant le sens de la fraternité qui doit nous unir et la conscience de notre immense responsabilité voilà chers camarades ce que je voulais partager avec vous ce matin ne pas endormir l'espoir au contraire le réveiller la gauche charrie dans son histoire des images et des émotions comme nous le rappelle très justement Michael Fossel dans son livre Quartier Rouge qui nous honneurde sa présence sur notre campus la gauche ce sont des cris de douleur des cris de joie des combats parfois des défaites mais aussi des victoires remportées et c'est au prix de la vie parfois qu'elle a conquis de nouveaux droits au prix de l'indignation au prix du courage surtout de transformer et de repousser toujours plus loin les frontières du possible cet espoir il nous revient à nous de le rendre sensible à tous à l'agriculteur qui cherche à ne plus dépendre de Monsanto à l'ouvrier du bâtiment qui veut voir reconnu la pénibilité de son travail à l'infirmière et aux médecins qui veulent travailler dans des conditions conformes à leur vocation aux professeurs qui veulent être mieux respectés pour mieux transmettre à l'artiste qui interroge le monde aux travailleurs qui veulent vivre de leur travail aux familles rurales qui ne veulent plus être méprisées aux familles urbaines qui ne veulent plus être reléguées aux familles monoparentales qui n'en peuvent plus d'être stigmatisées aux femmes qui luttent pour l'égalité à celui qui travaille et qui veut être protégé de l'arbitraire aux licenciés qui ne veulent pas perdre ses droits au chômage aux parents qui veulent offrir un navire à leurs enfants aux plus jeunes qui cherchent à occuper un métier qui ait du sens aux syndicalistes qui veulent être entendus à l'activiste qui n'en peut plus d'adapter sans trouver d'écho aux immigrés qui veulent être des français à part entière et plus entièrement à part aux français qui veulent préserver notre identité profonde qui est celle de la république à tous je dis que la victoire est possible je dis rejoignez-nous engagez-vous mobilisez-vous vive le socialisme écologique vive la gauche rassemblée vive la république et vive la France avec la France
et vive la France avec la France
Olivier Faure