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InterviewC à vous (sur YouTube)· 15 janvier 2025 52 minContradictoireActualité / polémiqueRetraitesSolidarités & familleÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Retraites : une victoire pour les partenaires sociaux ? - C à vous : l’intégral - 15/01/2025

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 3:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi disiez-vous que F.Bayrou lie son maintien à cette loi ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que cette nouvelle proposition de F.Bayrou vous rassure, S.Binet ?

  • 6:00RelanceRéponse directe

    Vous contestez déjà les chiffres de F.Bayrou ?

  • 7:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous allez participer activement aux discussions à partir de vendredi ?

  • 8:00RelanceRéponse directe

    Tout n'est pas joué d'avance, contrairement à ce que vous avez semblé affirmer ?

  • 9:00OuverteRéponse directe

    Vous pensez qu'il est nécessaire qu'une mobilisation sociale accompagne ces discussions ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:00S.BinetFait
    « Le vice initial de cette réforme, c'est qu'elle n'a pas été votée par les députés. Elle a été combattue par des millions de Françaises et de Français sur une mobilisation historique. »
  • 6:00S.BinetFait
    « Pourquoi demander à la Cour des comptes alors qu'on a un Conseil d'orientation des retraites ? Pourquoi refaire une autre mission ? »
  • 7:00S.BinetFait
    « La CGT ne part jamais battue d'avance. »
  • 8:00S.BinetFait
    « Rien n'est jamais joué d'avance. C'est la mobilisation des salariés qui fait la différence. »
  • 9:00S.BinetFait
    « On est toujours mieux quand il y a un rapport de force. »
  • 10:00S.BinetFait
    « Ce n'est pas la CGT qui organise ça. Nous ne tenons pas la barre, de ce côté. »
  • 11:00S.BinetFait
    « Nous ferons un compte rendu détaillé, permanent de ces discussions pour que les salariés puissent les suivre. »
  • 12:00S.BinetFait
    « La solution, c'est d'augmenter les recettes. Depuis 30 ans, les réformes des retraites se sont enchaînées. Systématiquement, on appuie sur les mêmes leviers. »
  • 13:00S.BinetFait
    « La censure, je pense que la balle est dans le camp du gouvernement. Il faut qu'il donne des gages. »
  • 14:00S.BinetFait
    « Notre stratégie, comme toujours, c'est celle du pied dans la porte. Pour nous, l'objectif, c'est de trouver un chemin vers l'abrogation de cette réforme. »
  • 16:00S.BinetFait
    « Une réforme systémique, ça prend 10 à 15 ans. D'ailleurs, ils n'ont pas réussi à la faire aboutir à la fin. »
  • 17:00F.BayrouFait
    « Il est peut-être probable qu'il se produise une situation dans laquelle des marges de progression, de mouvement, de changement, d'adaptation auront été identifiées sans qu'il y ait un accord général. Si c'est le cas, nous proposerons un texte qui reprendra ces adaptations et ces progrès. »
  • 18:00F.BayrouFait
    « Nous le soumettrons à l'Assemblée. »
  • 19:00S.BinetFait
    « Il faut réguler l'IA et les réseaux sociaux. Ce n'est qu'un des petits exemples de tout ce qui peut arriver si on laisse les choses se faire comme au Far West. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

... - A.-E.Lemoine: Bonsoir.

Très heureuse de vous retrouver. Toute l'actualité jusqu'à 21h avec Emilie, Patrick, Mohamed et Lorrain. Emilie? - E.Tran Nguyen: Une drogue légale, accessible et qu'on trouve partout: le sucre.

A.Roy, une sage-femme qu'on connaît bien à France Télévisions, a tout arrêté pour sa santé. - A.-E.Lemoine: Elle était devenue "Enorme", c'est le titre de son récit, livré aux éditions Larousse.

Elle sera dans un instant sur notre plateau pour dire que ce n'était pas la perte de poids qui l'intéressait, mais de décrocher de cette dépendance délétère au sucre. Mohamed? - M.Bouhafsi: Une quinquagénaire a été arnaquée par un faux B.Pitt.

Elle est victime de railleries. L'entourage de B.Pitt s'est exprimé sur cette affaire. - A.-E.Lemoine: Patrick? - P.Cohen: La remise en chantier de la réforme des retraites.

F.Bayrou a fait cet après-midi un pas de plus en direction de la gauche en promettant que le Parlement soit saisi à nouveau même s'il y a seulement un accord partiel entre les partenaires sociaux. - A.-E.Lemoine: Des discussions entre partenaires sociaux qui commenceront bien.

La 1re réunion a lieu vendredi à 11h en présence de F.Bayrou et de la CGT de S.Binet.

On lui pose ce soir toutes les questions. Elle est ce soir notre invitée. Bonsoir. - S.Binet: Bonsoir. - A.-E.Lemoine: Lorrain? - L.Sénéchal: 15 mois de guerre et un accord de cessez-le-feu. - A.-E.Lemoine: Nos invités après 20h.

J.Weber...

Dans un thriller théâtral, il campe un banquier nazi suisse qui a fait fortune en récupérant les droits d'édition notamment de "Mein Kampf". Antisémite, négationniste convaincu, il est mort en 1996 sans jamais avoir été inquiété par la justice. J.Weber l'incarne dans une pièce.

Il donne la réplique à E.Navarre. On reçoit également S.Bern, de retour avec sa série "Bellefond".

Il incarne un ancien procureur converti en avocat. Il a une actualité qui mériterait à chaque fois une spéciale. Le dîner de ce soir est préparé par A.Quaretti.

Il était là juste avant les fêtes. Il est à côté de B.Chameroy. - B.Chameroy: Pas de sucre dans le menu du soir, mais un carpaccio de Saint-Jacques. - A.Quaretti: Un carpaccio de Saint-Jacques aux agrumes.

J'ai utilisé du citron caviar, du yuzu et du combava. Ce sera accompagné avec une salsa de mangue et de grenade ainsi que des noisettes caramélisées. - B.Chameroy: Merci.

Bonne émission. - A.-E.Lemoine: Merci.

Tout de suite, l'édito de P.Cohen. F.Bayrou, le jour d'après.

Son discours de politique générale va-t-il permettre à son gouvernement de se maintenir? - P.Cohen: Je dirais que F.Bayrou lie son sort et celui de son gouvernement au dossier des retraites.

C'est inédit et risqué. J'y reviens en détails après avoir évoqué l'autre annonce de cet après-midi destinée à satisfaire le PS. Le Premier ministre se dit prêt à renoncer à la suppression de 4000 postes dans l'Education nationale.

Il envisage donc de les maintenir tout en soulignant que les postes mis en concours ne sont pas tous pourvus. Les socialistes hésitent encore à mêler leurs voix à celles des autres composantes du NFP, LFI, communistes et Ecologistes, dont la motion de censure sera débattue demain après-midi, sans enjeu, sans risque de renverser cette fois-ci le gouvernement Bayrou. Le RN ne votera pas la censure, mais avec un fort impact politique.

C'est le positionnement du PS: sa rupture ou son maintien au sein du NFP. Sa décision donnera demain la main ou non au RN. Les députés socialistes sont sortis il y a quelques minutes sans prendre de décision.

Ils ont prévu de se réunir à nouveau demain à midi pour se mettre d'accord sur le vote. Il y a des discussions. Dès hier, F.Hollande a plaidé fortement pour la non-censure au nom de la responsabilité, de la stabilité politique et aussi en plaidant pour l'idée qu'on ne redonne pas la main au RN comme avec le gouvernement Barnier. - A.-E.Lemoine: Et sur les retraites? - P.Cohen: A compter du moment où le gouvernement accepte que la réforme soit remise en chantier, "sans totem ni tabou", y compris sur les 64 ans, qui aura le dernier mot?

Est-ce que c'est le Parlement et les partenaires sociaux seulement s'il y a un accord entre ces derniers? Ou, le Parlement, dans tous les cas de figure, comme le réclame la gauche, qui craint que le patronat ne dispose d'une sorte de droit de veto pour faire échec à toute alternative? F.Bayrou, cet après-midi, a fait un pas de plus en faveur d'une issue négociée. - F.Bayrou: Il est peut-être probable qu'il se produise une situation dans laquelle des marges de progression, de mouvement, de changement, d'adaptation auront été identifiées sans qu'il y ait un accord général.

Si c'est le cas, nous proposerons un texte qui reprendra ces adaptations et ces progrès. Nous le soumettrons à l'Assemblée. - P.Cohen: F.Bayrou a donc évoqué 3 scenarii possibles à l'issue de ce conclave, ou de cette conférence sociale.

Désaccord: on reste sur le texte actuel. Accord complet: il ferait texte de loi. Accord partiel: il ferait aussi l'objet d'un texte d'amélioration du système.

Cette promesse pourrait peser sur le climat des discussions parce qu'elles poussent plutôt à la négociation. Ca incite les opposants à la réforme à trouver un début de terrain d'entente en vue d'amender cette réforme. - A.-E.Lemoine: Pourquoi disiez-vous que F.Bayrou lie son maintien à cette loi? - P.Cohen: Parce que la pression sera forte à l'Assemblée pour ce 3e round législatif.

Les 2/3 des députés sont opposés aux 64 ans. Si un nouveau texte leur est soumis, il sera forcément amendé. Si le gouvernement cherche à s'y opposer, il sera renversé par une motion de censure qui rassemblera toute la gauche et le RN.

En attendant, le Premier ministre a confirmé que la 1re réunion des partenaires sociaux aura lieu vendredi à 11h pour fixer le cadre et la méthode de ces 3 mois de discussions, qui ne débuteront qu'une fois que la Cour des comptes aura effectué un point de financement sur le déficit du système, ce qu'on appelle une mission flash. - A.-E.Lemoine: Est-ce que cette nouvelle proposition de F.Bayrou vous rassure, S.Binet? - S.Binet: Je constate que les choses bougent.

C'est très important que le Premier ministre dise clairement que, in fine, c'est la démocratie qui aura le dernier mot et que c'est soit les parlementaires, soit le peuple qui décidera. Le vice initial de cette réforme, c'est qu'elle n'a pas été votée par les députés. Elle a été combattue par des millions de Françaises et de Français sur une mobilisation historique.

Il y a un enjeu démocratique majeur. Ensuite, sur les questions de cadrage, on a besoin d'une petite explication de texte sur les chiffres. Visiblement, la calculette de F.Bayrou ne fonctionne pas bien.

Les chiffres sur lesquels il nous demande de travailler ne sont pas les bons. - P.Cohen: Ce sont ceux de la Cour des comptes. - A.-E.Lemoine: Vous contestez déjà? - S.Binet: Pourquoi demander à la Cour des comptes alors qu'on a un Conseil d'orientation des retraites?

Pourquoi refaire une autre mission? - A.-E.Lemoine: Il pense ces chiffres indiscutables. - S.Binet: Ceux du Conseil d'orientation des retraites sont discutables?

C'est un problème. Dans son discours de politique générale, F.Bayrou a alourdi la facture de 40 milliards d'euros.

Il a même expliqué que l'explosion du déficit français de 1000 milliards sous le septennat d'E.Macron était due au régime des retraites. C'est un énorme mensonge.

L'alourdissement de la facture tient au fait qu'il bascule les retraites des fonctionnaires sur les retraites du privé. C'est à l'Etat de payer les retraites des fonctionnaires, pas aux salariés du privé. - P.Cohen: C'est dit par quelques économistes et des hauts fonctionnaires. - S.Binet: Ils sont marginaux.

Tous les experts ont toujours dit que c'était une erreur d'analyse. - P.Cohen: L'Etat contribue aux retraites de la fonction publique... - S.Binet: C'est normal, l'Etat est employeur.

L'Etat contribue, comme tous les patrons. - P.Cohen: Beaucoup plus que les autres patrons.

Vous le savez bien. - S.Binet: Non. - P.Cohen: Si. - S.Binet: C'est normal, l'Etat doit financer la retraite des fonctionnaires.

Ce n'est pas aux employeurs du privé de financer la retraite des fonctionnaires. Le contribuable paye le salaire des fonctionnaires car nous sommes bien contents d'avoir des services publics. - A.-E.Lemoine: Est-ce que vous allez, à partir de vendredi, participer activement à ces discussions et est-ce que vous continuez à partir battus d'avance, considérant que le patronat, de toute façon, aura un droit de veto et fera tout pour que rien ne bouge? - S.Binet: La CGT ne part jamais battue d'avance.

Pour nous, c'est déjà très important, 2 ans après notre mobilisation historique, que le gouvernement soit obligé de reconnaître qu'il y a un problème majeur avec cette réforme et d'ouvrir en grand des discussions pour remettre à plat cette réforme. Notre stratégie, comme toujours, c'est celle du pied dans la porte. Pour nous, l'objectif, c'est de trouver un chemin vers l'abrogation de cette réforme.

Il n'y a pas d'autre issue. Nous porterons cela. - A.-E.Lemoine: Tout n'est pas joué d'avance, contrairement à ce que vous avez semblé affirmer?

A cause de la position fermée, d'après vous, du patronat? - S.Binet: Rien n'est jamais joué d'avance.

C'est la mobilisation des salariés qui fait la différence. Ce qui est important, c'est le cadre. Si le cadre posé, c'est "s'il n'y a pas d'accord, la loi s'applique", évidemment que le patronat est en position de force.

C'est ça qui doit bouger. Il y a un 1er bougé qu'il faut encore plus clarifier. En tout état de cause, c'est la démocratie qui aura le dernier mot.

C'est ce qu'il faut dire. Il faut que le Premier ministre le dise et qu'il dise qu'il utilisera le 49-3. - P.Cohen: Vous pensez qu'il est nécessaire qu'une mobilisation sociale accompagne ces discussions? - S.Binet: On est toujours mieux... - A.-E.Lemoine: Vous allez faire descendre les Français dans la rue? - S.Binet: On est toujours mieux quand il y a un rapport de force.

Je ne sais pas pourquoi le Premier ministre a parlé de "conclave". Je n'ai jamais entendu ça dans un discours de Premier ministre. Il a parlé de laïcité et de conclave.

Il y a une contradiction. Un conclave, c'est ferme et secret. On ne participe jamais à des réunions fermes et secrètes.

Cette question de la réforme des retraites concerne des millions de Français. Ces discussions doivent évidemment se faire sous le regard du monde du travail. Nous allons les organiser pour que les salariés soient entendus. - A.-E.Lemoine: Ca doit être diffusé à la télévision, comme les commissions d'enquête parlementaire? - S.Binet: Ce n'est pas la CGT qui organise ça.

Nous ne tenons pas la barre, de ce côté. Quoi qu'il en soit, nous ferons un compte rendu détaillé, permanent de ces discussions pour que les salariés puissent les suivre. Les attentes sont énormes.

Ce que le Premier ministre doit comprendre, c'est que l'issue de son mandat, du quinquennat, dépend de la réponse qui sera apportée sur la réforme des retraites. Il y a eu un gros loupé hier dans le discours de politique générale. Le Premier ministre n'a pas annoncé le blocage de cette réforme.

Il est encore temps de le faire. - A.-E.Lemoine: Ce que n'ont pas obtenu les socialistes, qui sont pourtant prêts à négocier.

Ils continuent de négocier. Ils ont eu raison de le faire? Ils ont obtenu des avancées.

LFI disait qu'il ne fallait absolument pas négocier ou discuter. - S.Binet: La CGT ne va pas juger les tactiques des uns et des autres.

Ce que je peux juste dire, c'est qu'il est encore temps. Je note de façon positive qu'il y a des bougés permanents. Il est encore temps de bouger sur cette question-clé.

J'ai entendu le Premier ministre dire qu'il voulait réconcilier les Français. Qu'il commence par faire ce geste très fort de blocage immédiat de la réforme des retraites. Elle fait des ravages aujourd'hui.

Le nombre d'inscrits à Pôle emploi de plus de 62 ans a augmenté de 50 %. Là, il a la possibilité de montrer qu'il a compris la gravité de la situation et qu'il est un Premier ministre à la hauteur de la gravité de la crise. - A.-E.Lemoine: La bloquer pendant 3 mois... - P.Cohen: Il y a un délai de 6 mois avant d'arriver... - S.Binet: On a examiné la faisabilité.

Nous avons des syndiqués. Nous savons comment les choses fonctionnent. Il faut 6 mois pour bloquer ou suspendre la réforme.

C'était tout à fait possible de le faire dès maintenant en annonçant qu'on la bloque à 62 ans et demi et de faire passer cette disposition dans le projet de loi de finances de la Sécurité sociale. Ca permettrait que les personnes nées en 1963 partent au 1er juillet au lieu du 1er octobre. Ca laisse les 6 mois nécessaires.

C'est faisable de bloquer immédiatement l'application de la réforme. Il faut le faire. - P.Cohen: On entend la façon très ferme et vigoureuse avec laquelle vous défendez ce dossier.

Vous pensez toujours que c'est en tête des préoccupations des Français? Les sondages ne disaient pas tout à fait cela. Un sondage la semaine dernière mettait le dossier des retraites en 6e ou 7e position, loin derrière le pouvoir d'achat, l'insécurité et d'autres questions sociales. - S.Binet: La situation du pays s'aggrave de jour en jour.

Les préoccupations s'accumulent. Il y a une préoccupation sur le pouvoir d'achat et les salaires. Le Premier ministre n'a pas dit un mot sur la question des salaires.

C'est un problème. - E.Tran Nguyen: Il y aura une concertation sur le travail et les salaires.

C'est ce qu'il a annoncé aujourd'hui. Ce sera pour parler de la vie au travail, du sens du travail, des salaires. Il y a eu une avancée cet après-midi pour l'Education nationale... - S.Binet: 4000 postes... - E.Tran Nguyen: Le renoncement à la suppression des 4000 postes. - S.Binet: C'est une avancée.

On a déjà eu une conférence sociale sur les salaires qui était organisée à l'époque par E.Borne. Nous avons besoin d'annonces immédiates.

Les fonctionnaires ont eu un gel de leur salaire en 2024. Ils s'apprêtent à en avoir à nouveau en 2025. Les fonctionnaires ont perdu quasiment 20 % de pouvoir d'achat depuis 2010.

C'est une catastrophe. Il faut faire quelque chose, ainsi que pour le Smic. Le précédent Premier ministre avait fait un coup de pouce au Smic dans son discours de politique générale. - A.-E.Lemoine: On a le sentiment que la réforme des retraites, c'est plus un trophée politique que la satisfaction d'une préoccupation... - P.Cohen: Un totem. - A.-E.Lemoine: D'une préoccupation des Français. - S.Binet: Franchement, c'est peut-être des commentateurs politiques qui peuvent dire ça. - A.-E.Lemoine: C'est aussi les mots des socialistes. - S.Binet: D'accord, mais tous les gens qui travaillent et qui sont en lien avec le monde du travail, pour nous, la réforme des retraites, c'est très concret.

Le nombre de chômeurs de plus de 62 ans a augmenté de 50 % déjà. La précarité et le chômage des seniors explosent. Ils sont en train de se faire licencier par centaines de milliers, aujourd'hui.

Des millions de personnes ne peuvent plus travailler à partir de 55 ans car les boulots sont trop pénibles. - A.-E.Lemoine: Ca veut dire que vous irez vendredi au 1er rendez-vous et que vous resterez tout le long des discussions sans claquer la porte si jamais ça n'avance pas comme vous le souhaitez? - S.Binet: La CGT prendra ses décisions au fur et à mesure, en fonction de l'avancée des choses.

Nous nous concerterons aussi avec les autres organisations syndicales. Nous sommes unis dans l'exigence d'abroger cette réforme. Nous comptons bien être unis dans les discussions qui s'ouvrent pour réussir à avoir gain de cause et faire sauter les 64 ans et l'allongement de la durée de cotisation. - E.Tran Nguyen: C'est ça que vous attendez de ces discussions, faire sauter l'âge?

Il y a plusieurs leviers pour trouver de l'argent dans la réforme des retraites. L'Insee a confirmé hier que l'espérance de vie continue d'augmenter en France. Il y a aussi agir sur le montant des pensions et augmenter le montant des cotisations.

C'est la seule solution pour vous, le fait d'augmenter les cotisations? Le patronat n'en veut pas. - S.Binet: La solution, c'est d'augmenter les recettes.

Depuis 30 ans, les réformes des retraites se sont enchaînées. Systématiquement, on appuie sur les mêmes leviers. Soit on reporte l'âge de départ à la retraite, soit on baisse le montant des pensions.

L'âge de départ à la retraite s'est décalé plus vite que l'espérance de vie. On s'est fait avoir. On nous a volé de l'espérance de vie.

Il faut agir sur les recettes. C'est finançable de financer l'abrogation de la réforme des retraites. La CGT a fait de multiples propositions.

Il suffirait, par exemple, de soumettre à cotisation les dividendes. Les dividendes atteignent encore une fois un record en France. Rien que pour le CAC 40, c'est 100 milliards, cette année.

Si on les soumettait à cotisation, on ferait rentrer 24 milliards. C'est plus que pour financer l'abrogation de la réforme des retraites. - P.Cohen: Et si la CFDT remettait sur la table le système à points?

Vous direz non? - S.Binet: Ca ne sera pas dans ces discussions.

Le gouvernement, comme la CFDT, savent que le moment n'est pas venu pour une réforme systémique. - P.Cohen: Elle a été votée par l'Assemblée nationale en première lecture en 2020. - S.Binet: On était dans un tout autre contexte politique.

On avait une majorité claire, celle du président de la République. Une réforme systémique, ça prend 10 à 15 ans. D'ailleurs, ils n'ont pas réussi à la faire aboutir à la fin.

Une réforme systémique, c'est une réforme d'ampleur qui exige de la stabilité politique. Aujourd'hui, le contexte n'est pas du tout réuni. Le Premier ministre m'a dit qu'il y était favorable, mais qu'il avait bien compris que ce n'était pas le sujet du moment. - P.Cohen: C'est ce qu'il vous a dit aujourd'hui? - S.Binet: Non, la semaine dernière.

Tous les observateurs sérieux le savent, je pense. Ce n'est pas le sujet du moment. Une réforme de ce type, c'est un sujet de présidentielle.

La CGT y est opposée car la conséquence, c'était de mettre en place un pilotage automatique pour nos régimes de retraites et de bloquer les recettes, et de faire baisser le montant des pensions de façon automatique. Ca, on y était opposés. - A.-E.Lemoine: Invité à réagir au discours de F.Bayrou, le nouveau ministre de l'Aménagement du territoire, F.Rebsamen, a eu ces mots sur BFM. - F.Rebsamen: Les insoumis, je les respecte, comme toutes les forces politiques, sauf le RN. - Vous ne respectez pas le RN? - F.Rebsamen: Non, je ne respecte pas ceux qui portent des discours de haine et d'exclusion de l'autre.

Ce n'est pas ma tasse de thé. - A.-E.Lemoine: J.Bardella a demandé à F.Bayrou de recadrer son ministre.

Aujourd'hui, le porte-parole de son gouvernement a indiqué que F.Bayrou et son gouvernement n'étaient pas sur la position de F.Rebsamen.

C'est quel signe, ça? Le RN est encore au centre du jeu? Il le sera d'autant plus si le PS vote la censure demain? - S.Binet: C'est très inquiétant, la place que prend le RN dans la vie politique.

Il y a eu un vote clair le 7 juillet. Les salariés, les citoyennes et les citoyens ont mouillé le maillot pour dire qu'ils ne voulaient pas de l'extrême droite à Matignon. Nous connaissons le danger de l'extrême droite.

L'extrême droite n'est pas de même nature que les autres partis républicains. C'est très important que le gouvernement respecte ce mandat très fort qui leur a été donné par les électeurs et les électrices. - A.-E.Lemoine: Raison de plus pour que le PS ne censure pas le gouvernement.

Ca donnerait à nouveau les clés au RN. - S.Binet: La censure, je pense que la balle est dans le camp du gouvernement.

Il faut qu'il donne des gages. Pour ce qui est de la censure, la CGT n'a pas de position sur le sujet. C'est la responsabilité des forces politiques.

Je ne commenterai pas ce point. - A.-E.Lemoine: Merci, S.Binet.

D'autres sujets d'actualité à vous soumettre. - M.Bouhafsi: C'est l'histoire d'une femme arnaquée de 830 000 euros par un faux B.Pitt.

Tout commence en février 2023. Anne est inscrite sur Instagram pour poster des photos de vacances. Cette quinquagénaire reçoit un message d'une femme se présentant comme la mère de B.Pitt.

Elle dit à Anne qu'elle serait parfaite pour son fils. Le lendemain, l'escroquerie s'active. Un compte se faisant passer pour B.Pitt envoie: "Ma mère m'a beaucoup parlé de toi." Démarre alors une longue correspondance.

Les arnaqueurs iront jusqu'à lui envoyer un faux JT. - B.Chameroy: Au début méfiante, Anne finit par se laisser convaincre.

Elle pense réellement entretenir une relation avec l'acteur. Il commence à lui demander des sommes folles. Il lui explique que ses comptes sont bloqués suite à sa séparation avec A.Jolie.

Il lui envoie de nombreux deepfakes, des montages de lui malade. Il explique souffrir d'un cancer du rein. De faux documents sont envoyés d'un faux compte d'un médecin.

Anne va envoyer près de 775 000 euros. - Effectivement, je me suis faite avoir. Je le reconnais.

Je ne suis pas la seule dans ce cas. Je n'ai plus de toit. Ma vie, c'est un box de 6 m2 avec quelques cartons à l'intérieur.

J'ai douté tellement de fois. Le faux docteur me disait: "Il a avalé tous les cachets suite à votre message. Il est dans le coma.

Il a voulu se suicider." J'étais fautive de ses actes. On me mettait la faute sur moi. - M.Bouhafsi: Depuis, Anne est en dépression.

Elle a confié avoir effectué 3 tentatives de suicide. Dans son malheur, elle a été soutenue par un hackeur, qui a retrouvé ses escrocs. - On est passés par tous les numéros de téléphone et toutes les adresses mail qui auraient pu être en contact avec Anne un jour.

Grâce à ça, on a pu remonter jusqu'à l'identité de l'escroc. La maison de l'escroc est ici. C'est la même personne qui, à chaque fois, est derrière B.Pitt, K.Reeves, derrière tous les messages envoyés à Anne.

C'est comme ça qu'on sait que cette maison appartient aux escrocs. - M.Bouhafsi: En tout, Anne aura versé 830 000 euros à celui qu'elle pensait être B.Pitt.

Aujourd'hui, elle n'a plus rien. Une amie à elle l'héberge à La Réunion. Son avocate pointe la responsabilité de la banque. - La banque a une responsabilité de vigilance.

Quand vous constatez que des virements sont émis à l'étranger dans des comptes aussi farfelus, vous devez contacter votre cliente. Si elle persiste dans ses agissements, d'accord, c'est sa responsabilité, mais vous avez le devoir de lui faire signer en ce sens une décharge pour vous décharger de votre responsabilité. - M.Bouhafsi: Anne a donc été victime de ces brouteurs, les escrocs qui sévissent sur les réseaux sociaux.

Ils se trouvent principalement en Afrique. Voici leur mode opératoire. - Aujourd'hui, il y a de plus en plus de femmes.

La plupart sont assez jeunes. J'ai récolté toutes les questions initiales. "Depuis combien de temps tu es seule?

Qu'est-ce que tu cherches ici?" Ca peut aller jusqu'à des textes un peu plus complexes d'amour, comme des poèmes. L'idée, c'est de construire cette projection dans le futur qui fait que la victime a l'espoir, une vision de possibilité de se voir un jour. - M.Bouhafsi: En France, plusieurs personnes ont été victimes de ces brouteurs.

F.Pagny s'est exprimé sur les réseaux sociaux en rappelant qu'il ne faut pas croire en ces artistes conçus avec de l'IA sur les réseaux. Ces escrocs sont souvent prêts à tout.

Juste après la mort d'A.Delon, des brouteurs ont publié une vidéo pour arnaquer Stéphane. ...ses fans. - B.Chameroy: Après la diffusion de l'entretien d'Anne, elle a été victime de railleries numériques violentes, de messages insultants la traitant de folle et de niaise.

Aujourd'hui, la porte-parole de B.Pitt a confié ceci. ...

On rappelle que souvent, les acteurs et les actrices sont certifiés par les réseaux sociaux. - A.-E.Lemoine: Mais ce sont des certifications qu'on peut désormais acheter sur X.

C'est tout le problème. - P.Cohen: Il n'y a plus de fiabilité. - A.-E.Lemoine: Il y a une responsabilité aussi des plateformes.

On le dit tellement souvent... - S.Binet: Cette histoire terrible confirme à quel point il faut réguler l'IA et les réseaux sociaux.

Ce n'est qu'un des petits exemples de tout ce qui peut arriver si on laisse les choses se faire comme au Far West. - A.-E.Lemoine: C'est une figure bien connue des téléspectateurs de France Télévisions.

Elle est sage-femme de profession, elle écoute et conseille les femmes dans "La Maison des Maternelles", quotidiennement, sur France 2. A.Roy a frôlé il y a 2 ans l'obésité morbide. 127 kg à 37 ans, une prise de poids qu'elle attribue à une addiction au sucre dont elle brise le tabou dans un récit courageux, pour dire à quel point se priver du sucre lui a sauvé la vie.

Bonsoir, A.Roy. Merci de votre présence.

Vous avez choisi de raconter votre histoire que vous résumez en quelques mots en 4e de couverture de cet ouvrage... "En quelques mois, je suis devenue énorme." Il y a un peu plus de 10 ans, vous avez pris 58 kg en quelques mois.

Le 1er mars 2023, vous avez décidé de tout perdre car vous n'aviez pas envie de mourir. C'était devenu une question de vie ou de mort? - A.Roy: Pour moi, oui.

Mais il y a des personnes grosses ou obèses qui n'ont pas de problèmes de santé. On ne peut pas en être sûr. Malheureusement, dans mon cas, j'avais des problèmes extrêmement graves: de l'hypertension, du diabète, des douleurs articulaires et des problèmes plus graves dont je n'ai pas envie de parler.

Il y avait des répercussions importantes sur ma santé physique et mentale. - A.-E.Lemoine: Perdre du poids passait pour vous par un sevrage total du sucre.

Le mot "sevrage" est fort. Ca veut dire que c'est une addiction? Elle n'est pas reconnue comme telle par la communauté scientifique, mais c'est une dépendance dont il fallait vous libérer? - A.Roy: Pour moi, oui.

L'addiction au sucre n'existe pas, mais pour moi, c'était une prison. J'ai toqué à plein de portes. J'ai essayé le rééquilibrage alimentaire, l'alimentation intuitive, toutes sortes de trucs.

Ce qui m'a sauvé la peau, c'est de me dire que j'avais une consommation de produits sucrés délirante et que j'allais arrêter. Mais c'était une tentative. Je ne savais pas si ça allait marcher. - A.-E.Lemoine: Pendant 10 ans, dès votre réveil, vous ne pensez qu'à manger des produits sucrés en grande quantité? - A.Roy: Oui, et ce dès le moment où je me lève.

Je me dis qu'à partir de 17h, c'est le réconfort, la pause dans la souffrance. J'enchaîne les fondants au chocolat, les glaces...

Des produits extrêmement sucrés. Pas le pain au lait, le vrai sucre! - A.-E.Lemoine: Vous écrivez qu'il vous fallait votre dose, et vous anticipiez.

Si vous partiez en week-end voir des amis, vous aviez prévu votre dose du week-end que vous planquiez? - A.Roy: Oui.

Avec un grand sentiment de honte qui va avec. Je prévoyais mes doses à l'avance. Il y a ce côté complètement fou de prévoir.

Je ne pouvais pas partir en week-end sans avoir mes doses de sucre. - A.-E.Lemoine: Que vous mangiez en douce? - A.Roy: Evidemment, en douce.

On peut m'appeler Madame alimentation méditerranéenne. J'ai un régime très équilibré. Là-dessus, c'était mon point d'achoppement. - A.-E.Lemoine: Le sucre était devenu une béquille, un moyen de supporter la fatigue, le stress?

A la moindre contrariété, il vous en fallait comme un shoot? - A.Roy: C'était vraiment la pause dans la souffrance.

A posteriori, je me dis que j'ai subi une dépression sévère. J'ai subi pas mal de traumatismes. C'était la pause dans la souffrance.

Des gens se disent la même chose avec l'alcool. C'est le même mécanisme. - A.-E.Lemoine: "Il faut réduire le sucre", vous disaient Les praticiens.

Un goûter ou un dessert, c'est bien. Mais ils n'entendaient pas que vous n'étiez pas juste une gourmande ou un bec sucré, mais bel et bien dépendante. C'était le symptôme d'une cause bien plus profonde et personne n'a cherché à la connaître? - A.Roy: Voilà.

J'ai consulté beaucoup de praticiens. Ils me disaient de manger des légumes verts, de manger équilibré, qu'il ne fallait pas s'interdire un carré de chocolat le samedi soir. J'en étais incapable.

Surtout, ils ne me questionnaient pas pour savoir si j'avais subi des violences ou des traumatismes dans ma vie. C'est vraiment dommage. - A.-E.Lemoine: Vous pensez que c'est une dépression qui s'exprimait, dans cette addiction au sucre? - A.Roy: Pour moi, oui.

C'est toujours difficile d'analyser a posteriori. J'ai perdu mon père dans des circonstances difficiles à la suite d'un cancer, assez jeune, en plus. J'ai été violée 2 fois...

Mais j'ai décidé de mettre ça sous le tapis et j'ai avancé, mais mon corps et ma tête n'arrivaient pas à suivre. - A.-E.Lemoine: Jusqu'au déclic, quand votre amie A.Lecaron vous parle.

Elle a été la première à vous dire à quel point elle s'inquiétait pour vous. - A.Lecaron: Je me souviens de ce déjeuner où je te sentais tellement empêchée...

J'avais l'impression que tu avais oublié, Anna. Je suis heureuse d'avoir pu te parler. J'espère que ça inspirera d'autres personnes.

C'est plus difficile de dire que de ne pas dire. Tu es une femme totalement différente, aujourd'hui. Je t'admire énormément.

Ton livre est merveilleux. Il parle finalement de toutes les femmes, de la façon dont on se regarde dans cette société, dont on se construit. Ce n'est pas facile. - A.-E.Lemoine: Elle a été cash, A.Lecaron.

Ca a été un électrochoc, d'autant que personne n'aborde jamais ce sujet. Vous comparez d'ailleurs ce silence gêné à celui qu'on adopte face à ceux qui n'ont pas d'enfant? - A.Roy: Il y a des couples qui veulent un enfant, qui n'en ont pas, et personne n'ose rien leur dire.

Pareil pour les personnes qui ont une consommation excessive d'alcool...

Des gens gagnent ou perdent beaucoup de poids et personne n'ose rien leur dire. Ce que m'a dit Agathe était courageux. Elle connaît mes problèmes de santé.

Ce postulat par défaut qui consiste à dire "je t'aime, et c'est parce que je t'aime que je m'inquiète", j'aurais aimé l'avoir avant. Le risque, c'était que je ne lui parle plus jamais. - E.Tran Nguyen: Pour arrêter le sucre, votre stratégie a été de vous dire: "Je commence par 100 jours et on verra ensuite." Et ce, sans accompagnement médical, psychologique ou social...

C'était un saut dans le vide? - A.Roy: Oui, et je le regrette amèrement.

Comme l'addiction au sucre n'existait pas, je me suis dit que j'étais folle, que je n'allais pas faire ça...

Aujourd'hui, je sais qu'il y a des addictologues qui se disent que l'addition au sucre existe. - A.-E.Lemoine: Elle n'est pas reconnue, mais ça fait débat au sein de la communauté. - A.Roy: Oui. - P.Cohen: Il y a encore des gens qui pensent que ce n'est pas une addiction? - S.Binet: Ils doivent être payés très cher par les multinationales du sucre. - A.Roy: Peut-être que ça évoluera.

L'addition à l'alcool n'était pas... - E.Tran Nguyen: D'autant que du sucre, il y en a partout, même dans les produits salés.

Moins ils sont chers, plus il y en a. Dans les crackers, les pizzas, la mayonnaise, il y a du sucre. La faute à qui?

Aux industriels? - A.Roy: Ils portent leur part de responsabilité.

Je ne suis pas spécialiste, mais je m'interroge. Il est sûr que ce type de produit...

Beaucoup de femmes ont témoigné en me disant que pour elles, c'était les biscuits apéritifs. C'est le combo sucre-gras qui a l'air d'avoir un potentiel addictogène, de perturber le comportement alimentaire. Il faut se servir de cette question.

Il faut aussi que les pouvoirs publics se penchent dessus. C'est un gros problème de santé publique. - A.-E.Lemoine: Vous avez tout le temps peur de replonger? - A.Roy: Je n'ai plus de dépression.

Si ça se trouve, je pourrais manger mon fondant au chocolat le samedi soir. Mais le sevrage a été tellement dur que je me dis que je ne peux pas recommencer. C'était trop dur! - A.-E.Lemoine: Vous expliquez aussi sans détour comment il faut s'habituer à son nouveau corps.

Le vôtre vous permet aujourd'hui d'aller plus facilement au théâtre, au cinéma, à la piscine, à la plage. Vous n'avez pas l'angoisse du maillot de bain mais l'angoisse de l'été? - A.Roy: Absolument.

On est dans une société très grossophobe. Vous êtes stigmatisée. Vous avez des insultes, des moqueries en permanence.

Et tout l'environnement n'est pas adapté. Cinéma, théâtre, vêtements...

Rien n'est fait pour vous. Trois fois, on m'a dit: "Arrête de bouffer. A Auschwitz, il n'y avait pas de gros." Ca va jusque-là... - A.-E.Lemoine: Ou alors, on se plaque contre les murs... - A.Roy: Je n'osais même plus aller faire pipi au restaurant de peur de déranger tout le monde.

C'est fou...

C'est une grande souffrance. - A.-E.Lemoine: Maigrir, c'est changer de classe sociale? - A.Roy: C'est un exemple épique.

Quand j'étais à l'hôpital, j'étais mince, on me prenait pour la super sage-femme...

Quand j'ai pris ces 60 kg, les gens ne raccrochaient même pas leur téléphone quand j'entrais dans une chambre. Ils pensaient que j'étais la femme de salle. Je trouve ça extrêmement violent. - A.-E.Lemoine: Déjà, de se comporter comme ça avec les femmes de service... - A.Roy: Oui, c'est doublement ignoble.

C'est pour ça que la grossophobie est intériorisée en chacun de nous et qu'il faut la combattre. - A.-E.Lemoine: A l'heure du body positive, c'est-à-dire l'acceptation de soi, de ses rondeurs, qui est considéré comme un progrès... - A.Roy: Oui, pour beaucoup. - A.-E.Lemoine: Vous avez peur de l'accueil que peut recevoir votre livre? - A.Roy: Oui.

Si on ne lit pas tout le livre, on peut se dire que c'est la nana qui est contente d'avoir maigri. Ce n'est pas tout le sujet. Je n'avais pas envie de m'accepter comme ça. - A.-E.Lemoine: Vous souffriez de tout ça. - A.Roy: Et il y a une question de santé.

Si on est obèse et en bonne santé, c'est merveilleux, mais... - M.Bouhafsi: Ce n'est pas souvent le cas. - A.Roy: Il y a différents stades d'obésité.

L'IMC est un outil très controversé, mais l'Académie de médecine est en train d'affirmer le truc. C'est très bien. - A.-E.Lemoine: On recommande vraiment votre ouvrage, "Enorme", qui n'est pas donneur de leçons ni moralisateur.

C'est votre histoire, la solution que vous avez trouvée seule, qui a fonctionné mais qui aurait pu ne pas fonctionner et qui rappelle ce que M.Cymes nous dit régulièrement, quand il vient sur notre plateau: le sucre peut être un poison. Si on met du sucre ou de la cocaïne devant les souris, elles vont plutôt choisir le sucre.

Ca étonne, du coup, que la communauté scientifique ne se mette pas d'accord sur cette addiction entretenue par des industriels peu scrupuleux. - S.Binet: Tout à fait.

Chapeau pour votre parcours et votre témoignage! Ca lève un énorme tabou et une hypocrisie. La question de l'obésité, c'est trop sur des aspects individuels, avec une culpabilisation individuelle, alors qu'il y a un problème de société.

Le sucre est un marché. Ce n'est pas pour rien qu'on en met dans les aliments. Les gens en consomment plus et deviennent addicts.

Il faut agir là-dessus et sur les multinationales. La responsabilité des pouvoirs publics est évidente. Il y a aussi un lien avec les inégalités sociales.

Il suffit d'aller aux Etats-Unis pour le voir. Les gens riches sont tous magnifiques et très minces. Les gens pauvres sont tous énormes.

Pour manger pas cher, il faut manger mal. Bien se nourrir coûte cher. Avec le niveau des salaires en France aujourd'hui, de plus en plus de personnes n'arrivent pas à bien se nourrir, à acheter de bons fruits et légumes.

C'est un problème. - A.-E.Lemoine: Merci à tous les deux.

Le 5/5 à suivre. Un accord de cessez-le-feu annoncé à Gaza? - L.Sénéchal: Oui, notamment par D.Trump.

Il a écrit ce message. ...

Il ajoute qu'il ne laissera pas Gaza devenir un refuge pour terroristes. Cet accord devrait porter sur la libération de 33 otages israéliens. Le premier pourrait sortir dès dimanche, contre la libération de 1000 prisonniers palestiniens détenus par Israël.

Cette annonce a été accueillie par la joie de milliers de Palestiniens à travers la bande de Gaza. Mais l'accord doit encore être formellement approuvé par Israël. Ce sera ce soir ou demain.

Israël parle encore de quelques questions à régler. 3 ministres israéliens, dont Ben Gvir, leader de l'extrême droite, ont menacé de quitter le gouvernement en cas de trêve à Gaza. Israël a multiplié les frappes ces dernières 24 heures. 24 morts, d'après l'administration du Hamas.

Les chiffres repris par l'ONU évoquent en tout 46 707 victimes de l'opération militaire israélienne lancée au lendemain du pogrom du 7-Octobre. L'accord n'est donc pas encore tout à fait finalisé, mais il y a des raisons d'espérer. - S.Binet: Il faut.

Là, il était temps. C'est le conflit le plus meurtrier pour les civils dans l'histoire récente. Quasiment 50 000 morts, une centaine d'otages depuis un an et demi...

Il faut que le cessez-le-feu soit effectif immédiatement. Il faut immédiatement une aide humanitaire massive. Aujourd'hui, l'ONU parle de génocide et l'aide humanitaire est bloquée.

On a quasiment 2 millions de Gazaouis qui sont enfermés dans une prison à ciel ouvert et qui n'ont pas accès à la nourriture, à l'eau, qui vivent dehors alors que l'hiver arrive, dont les enfants n'ont pas accès à l'école. C'est le conflit le plus meurtrier pour les enfants et les femmes, notamment. - A.-E.Lemoine: Le futur ministre de la Défense de D.Trump passé sur le gril. - L.Sénéchal: Il s'appelle P.Hegseth.

C'est une ancienne star de la chaîne de télé conservatrice Fox News. Lundi, il sera a priori ministre d'une des armées les plus puissantes du monde. Auparavant, il est passé entre les fourches caudines de la commission sénatoriale.

Il n'a pas passé un bon moment. ... - L.Sénéchal: C'est non seulement sa compétence qui est vivement critiquée, mais aussi le comportement décrit par ses anciens collègues et même ses amis ou sa propre famille. ... - L.Sénéchal: Cette commission sénatoriale peut maintenant décider d'une nouvelle audition de P.Hegseth ou alors voter pour recommander ou non sa candidature.

C'est ensuite le Sénat qui doit approuver à la majorité simple toutes les nominations du gouvernement de l'administration Trump. Ce sont les républicains qui ont la majorité au Sénat. - P.Cohen: Une courte majorité. - L.Sénéchal: Tous les ministres doivent y passer.

M.Rubio a plaidé pour une diplomatie "audacieuse" pour mettre un terme à la guerre en Ukraine. V.Poutine s'était déjà dit prêt à rencontrer D.Trump dès que possible. - A.-E.Lemoine: La campagne choquante de l'extrême droite allemande... - L.Sénéchal: Une enquête est ouverte pour soupçon d'incitation à la haine après la diffusion de ce tract en forme de billet d'avion, un aller simple pour migrants illégaux à destination d'un pays d'origine, embarquement "porte AfD" avec la date du 23 février, la date des législatives.

Ces billets font scandale en Allemagne. Ils sont qualifiés de fascistes par la gauche, qui fait le parallèle avec ce type d'affiches de 1933. A l'époque, les nazis distribuaient des tickets aller sans retour pour les juifs à destination de Jérusalem. "Tout pour l'Allemagne", c'était le slogan des nazis dans les années 30.

L'AfD prône ouvertement une remigration, pour les étrangers ou les Allemands d'origine étrangère, ainsi que la démolition des éoliennes, la reprise de l'achat de gaz russe. L'AfD bénéficie du support de l'homme le plus riche du monde, E.Musk. ... - L.Sénéchal: Depuis ce podcast d'A.Weidel, leader de l'AfD, le ministère de la Défense allemand a suspendu son compte du réseau X baptisé "La Discorde".

Il y a là-bas le même débat que chez nous et le même exode: la chaîne de magasins Aldi et le club de foot du Werder Brême ont claqué la porte de X. Selon les sondages, ce sont les héritiers de Merkel qui sont en tête et pas les conservateurs de droite. E.Macron avait parlé d'une internationale réactionnaire.

C'est aussi ce que vous constatez, S.Binet? Vous êtes plus pour une internationale des travailleurs... - S.Binet: Oui, on l'organise.

Mais l'homme le plus riche du monde a décidé d'amener l'extrême droite au pouvoir dans tous les pays du monde. Il n'est pas le seul. De plus en plus de milliardaires et de patrons ont la même stratégie.

On pourrait parler de V.Bolloré en France. On a un exemple en Autriche, qui est très inquiétant.

C'est le patronat autrichien qui a joué un rôle déterminant pour casser la coalition des sociaux-démocrates avec les conservateurs, afin d'amener l'extrême droite autrichienne au pouvoir. C'est la 1re fois dans l'histoire de l'Autriche. Ce n'est pas n'importe quoi, l'extrême droite autrichienne.

C'est un parti fondé par les nazis et qui n'a pas été dénazifié. C'est très grave. On n'est pas sur un patron fantasque à la E.Musk.

On est sur une stratégie du capital qui préfère amener l'extrême droite au pouvoir plutôt que de faire des concessions sur le monde du travail. - L.Sénéchal: Vous êtes d'accord avec l'expression d'"internationale réactionnaire"... - S.Binet: Oui.

Il faut s'organiser. Le problème, sur X, c'est qu'on nous pose la question de rester ou de partir...

D'accord, mais que font l'UE et la France? Il faut faire respecter la réglementation européenne. - A.-E.Lemoine: C'est à eux de faire respecter et pas aux utilisateurs de quitter? - S.Binet: Absolument.

On a peut-être des gouvernements qui peuvent agir et se faire respecter. Il faut que l'Europe se fasse respecter. J'ai un mauvais souvenir de T.Breton qui avait haussé le ton face à Twitter et qui s'était fait taper sur les doigts pour ça.

Le Brésil et Lula se sont fait respecter. Ils ont soulevé un vrai problème. C'est bien de taper sur les doigts d'E.Musk, mais en attendant, on l'invite à venir pour Notre-Dame de Paris, au sommet sur l'IA, peut-être... - L.Sénéchal: Il est incontournable. - S.Binet: Et il se fait respecter.

Il faut dire que les plateformes ont des obligations, des règles. L'Europe doit se réveiller et sortir de sa dépendance des Etats-Unis, à la fois sur le plan de la souveraineté stratégique mais aussi d'un point de vue économique et numérique. - A.-E.Lemoine: Les incendies de Los Angeles auront-ils un impact sur les prochains Jeux olympiques? - L.Sénéchal: Il ne reste que 3 ans et demi pour se préparer à Los Angeles 2028.

Les flammes se rapprochent d'un des 30 sites olympiques, en l'occurrence le golfe du Riviera Country Club, situé dans le quartier de Pacific Palisades, gravement touché par les incendies. Le doute est en train de s'installer dans la ville. Est-ce que la reconstruction, qui va prendre des années, permettra d'être prêt dans les temps?

Il existe même un mouvement "NOlympics", opposé aux Jeux en 2028. Avant cela, il y a la Coupe du monde de football en 2026. Le gouverneur G.Newsom se défend. ... - L.Sénéchal: L'autre polémique qui monte à Los Angeles, c'est l'utilisation de pompiers privés par les riches résidents des quartiers incendiés. - Je suis passé de 2 clients à 20-50 clients.

Ce sont des acteurs, des célébrités, des présentateurs, des politiciens. - On peut transporter 2 fois plus d'eau que les camions de pompiers classiques. Les clients nous proposent de racheter les contrats des autres pour nous avoir. - L.Sénéchal: Un magnat de l'immobilier, un de ses immeubles a été sauvé des flammes.

Il a payé des pompiers privés 2000 dollars de l'heure. Il y a même des forfaits à 10 000 dollars la journée. - A.-E.Lemoine: On ne peut pas s'en féliciter, mais si ça peut permettre aux pompiers publics de s'attaquer à d'autres foyers... - S.Binet: En France, on a à peine 10 canadairs, c'est un problème. - A.-E.Lemoine: Merci beaucoup à toutes les deux, S.Binet et A.Roy.

Je rappelle votre ouvrage, "Enorme". Dans un instant, nos invités, S.Bern, J.Weber, E.Navarre...