IMPUNITÉ ET VSS : COMMENT FRACASSER LE MUR DU SILENCE ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 44 %Défensif 46 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 10:00OuverteRéponse directe
Comment les femmes ont-elles réussi à se regrouper et à briser le silence ?
- 15:00OuverteRéponse directe
Est-ce que la justice a pris en compte la dimension systémique de ces agressions ?
- 20:00OuverteRéponse directe
Pourquoi les hommes ont-ils du mal à comprendre l'agression sexuelle ?
- 25:00OuverteRéponse directe
Comment les librairies deviennent-elles des espaces de résistance ?
- 30:00OuverteRéponse directe
Quels mots manquent pour décrire ces violences ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:00Hélène DevinckFait
« il a invité une jeune femme alors qui connaissait quelquefois même pas qui avait qui voulait devenir journaliste par exemple souvent il lui disait venez voir à 20h et puis l'arrivait il est il était assez grossier »
- 7:00Hélène DevinckFait
« il m'attrape par derrière et me fait chuter de ma chaise et nous nous battons sur la moquette puis sans que je le vois venir j'ai senti sa langue dans ma bouche et sa main dans mon soutien-gorge »
- 9:00Hélène DevinckFait
« il y a quand même dans l'idée de certains hommes que c'est pas si grave une femme elle sait ce que ça fait elle sait la la fracturation que ça que ça représente »
- 11:00Hélène DevinckFait
« c'est le viol c'est c'est presque le crime parfait vous tuez personne mais vous tuez quelqu'un et ça compte aussi »
- 13:00Hélène DevinckFait
« on est 52% de femmes dans le monde il faut que ça s'arrête de nous traiter comme comme une minorité »
- 17:00Hélène DevinckFait
« la justice a regardé elle a dit ah bah celle-là elle est prescrite celle-là elle est prescrite elle a suffisamment caractérisé sauf que la valeur de nos témoignages il est en groupe »
- 23:00Hélène DevinckFait
« on a reçu chacune une lettre du procureur ce qui est déjà énorme nous disons voilà il y a prescription donc il y a un classement sans suite »
- 29:00Hélène DevinckChiffre
« un viol toutes les 7 minutes »
- 0:15Fait
« la question de la frontière entre le sexe et la violence ne passe pas par la zone grise »
- 1:00Chiffre
« aucune vedette un certain niveau de célébrité aucun homme n'a jamais été condamné »
- 7:30Fait
« Patrick Poivre d'Arvor a attaqué le Parisien et Libération en diffamation »
- 8:30Fait
« on nous a empêché d'ouvrir c'est une atteinte à la liberté d'entreprendre »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
je me souviens pas de la suite je ne me souviens pas de ce qu'il m'a dit ou de la manière dont j'ai quitté son bureau je sais juste que j'ai été me rincer la bouche dans les toilettes la majorité des femmes qui ont témoigné dans ce dossier raconte exactement le même le même procédé il a invité une jeune femme alors qui connaissait quelquefois même pas qui avait qui voulait devenir journaliste par exemple souvent il lui disait venez voir à 20h et puis l'arrivait il est il était assez grossier c'est-à-dire qu'ils à peine bonsoir ils sont fourrière et puis quand il avait fini la secrétaire par terre et quand il avait fini son courrier il sautait dessus et sauter sur la fin qui était là Patrick tourne autour de moi en chaussettes dans son bureau leur a avancé les TF1 est complètement vide et à un moment il m'attrape par derrière et me fait chuter de ma chaise et nous nous battons sur la moquette puis sans que je le vois venir j'ai senti sa langue dans ma bouche et sa main dans mon soutien-gorge je l'ai repoussé moi ce que j'ai voulu faire dans ce livre c'est justement essayer de faire comprendre aux hommes ce que c'est l'agression il y a quand même dans l'idée de certains hommes que c'est pas si grave une femme elle sait ce que ça fait elle sait la la fracturation que ça que ça représente il y a un truc Giulia foice dit très bien ça c'est le viol c'est c'est presque le crime parfait vous tuez personne mais vous tuez quelqu'un et ça compte aussi il y a tout un panel d'histoire et de récit qu'on applique aux femmes qui parlent qui les rendent inaudibles autant la manipulation que l'agression mon révolté mais aussi la légèreté avec laquelle mon récit était pris il suscitait des rires et des blagues j'étais très blessée qu'on ne tienne pas compte de moi aujourd'hui on est je dis 90 on est près d'une centaine à parler ça devient quand même très très compliqué de dire que ces paroles amis de la justice aujourd'hui de la justice ami a mis de la parole qui se libère bonjour bonjour nous sommes au poste pour un poste spécial assez délicat assez délicat je dois vous dire amener aujourd'hui à nous Aubert qui libère à Nice librairie les parleuses acquis il est arrivé une mésaventure étrange autour de sa devanture quant à la reçu l'autre invité Hélène Devinck journaliste scénariste qui publie ce livre absolument saisissant impunité aux éditions du Seuil qui a été publiée en fait cette automne autour de du silence qui ment et des violences non pas policières mais sexuelles et des viols et des agressions sexuelles et de la difficulté pour les victimes à se faire entendre et surtout à obtenir justice c'est parti bonjour bonjour à vous deux bonjour David bonjour Hélène bonjour à nous je disais en introduction je suis tout chose tout je sais pas comment mener cette entretien je vous le dis franchement je vais faire de mon mieux j'ai été extrêmement touché par impunité le livre qui est sorti cet automne je dois confesser que je n'avais j'en avais pas entendu parler alors je sais pas comment j'ai fait parce qu'en fait il y a des articles partout mais j'en ai entendu parler quand à nouk a eu des problèmes avec sa librairie et que Hélène vous en avez vous en avez parlé on va rentrer dans les dans les dans les détails bonjour mesdames vous lis vous dire aux gens Roland cash vous dit bonjour Hélène et Anouk j'étais sûr que Kao serait là eurial bonjour à nous et Hélène le livre d'Hélène devin qui est un véritable uppercute dans la tête merci à elle merci aux femmes qui témoignent force à elle et force à nous abat le patriarcat bah ça commence bien voilà et un message qui est passé oh oui il y a un message qui est passé il y a un message qui est qui est passé j'ai une petite introduction Hélène qui que je vais donner et puis après on va vous écouter toutes les deux il y a des agressions les fait prescrit les classements sans suite la parole que la justice fin souvent d'écouter et il y a PPDA la puissance intouchables un système qui se met en place le silence qui ment alors le silence qui monte c'est une phrase de Victor Hugo que vous citez que j'ai honteusement repris pour le titre parce que je trouve ça magnifique cette phrase le silence qui ment dans impunité le seuil Hélène de vin journaliste et scénariste raconte comment elle et une vingtaine de victimes sont parvenus à fracasser le mur du silence comment leur solitude éparpillée se sont faites bloc Hélène et ta copani a un petit mug oh au moment oh là là vous avez vu vous avez pris le café vous avez vu le contraste incroyable hélène est accompagné d'un hook avait bien Anouk à anis on on sait ce que c'est que la lumière voilà à nous qui est accompagné pardon elle est accompagnée d'Anouk librairie le 9 décembre alors que Darmanin Gérald était en ville dans cette bonne ville de Nice là devanture de vos parleuses votre librairie fraîchement décorée par les colleuses il y avait des des des collages qui s'aiment l'impunité récolte la colère victime on vous croit violeurs on vous voit Sophie autocroix votre librairie s'est vu recouverte de bâches noires alors que Hélène était venue deux jours avant faire un débat chez vous voilà donc ça veut dire que la parole des femmes c'est pas pour te tuer bonjour mesdames comment ça va très bien est-ce que la part de la sunité c'est toujours super est-ce que la présentation est correcte absolument il y a quelque chose qui me touche dans ce que vous dites David c'est parce que il vous aura pas échappé que vous êtes un homme et que souvent ces sujets on a l'impression que c'est des sujets de femmes que il y a pas d'hommes dans l'histoire qui a pas d'homme autour que les femmes qui doivent prendre la parole que c'est les femmes qui se battent que c'est les femmes qui en parlent entre elles que et en fait moi ce que j'ai voulu faire dans ce livre c'est justement essayer de faire comprendre aux hommes ce que c'est l'agression et c'est très difficile parce que David vous ne risquez pas de vous trouver dans les situations dans lesquelles nous nous sommes toutes trouvés bah écoutez c'est très simple on va commencer par la page 77 parce que c'est celle-là en fait qui m'a fait basculer pour les hommes qui lisent ce livre je me suis beaucoup demandé écrivez-vous comment leur faire ressentir ce qu'a vécu Chloé avec le doigt le doigt entrer dans son vagin je n'ai pas trouvé de solution les femmes ont immédiatement une sensation quand on évoque un doigt dans un vagin cette sensation n'est pas transposable ça n'est pas une question de talent ni de puissance d'évocation en revanche un pénis dans la bouche si vous êtes un homme vous devriez pouvoir ressentir quelque chose techniquement ça peut vous arriver même si vous êtes un hétérosexuel qui n'en a jamais fait l'expérience vous devriez pouvoir vous faire une idée et après vous expliquez ça pour expliquer l'effet de sidération va y venir ce passage là Hélène ça va plus loin que ça c'est à dire que en fait c'est très difficile de transmettre ce qu'on a vécu non seulement parce qu'effectivement les sensations sont pas les mêmes et que il y a quand même dans l'idée de certains hommes que c'est pas si grave que voilà le corps des femmes les frontières qu'on peut poser quand quelque chose rentre à l'intérieur de notre corps c'est pas si grave une femme elle sait c'est ce que ça fait elle sait la fracturation que ça que ça représente et ensuite voilà après il y a des choses qui sont aussi pas trop sepables parce que un homme n'est pas menacé c'est à dire que même si vous étiez menacé David vous avez vous avez l'éducation qui vous permet de dire non facilement de rigoler de alors que nous on a appris à être gentille et bien élevé et ça compte aussi c'est à dire que le système que je que je décris à TF1 était un système profondément discriminatoire c'est-à-dire quand on était une jeune femme qu'on est arrivé dans la rédaction conditions d'y arriver parce que je raconte aussi toute celles qui ne sont pas là on n'avait pas les mêmes chances qu'un homme qui rentrait dans la rédaction à cause d'un prédateur et à cause d'un système oui parce que alors je l'ai pas dit tellement ça me semblait évident j'ai des notes autour de PPDA c'est de évidemment de lui dont on parle mais au-delà de lui en fait c'est un c'est un système d'ailleurs parce que vous évoquez d'autres d'autres personnes dans la hiérarchie de de TF1 qui n'était pas en reste question agression sexuelle et et et bien le présumer mais ce que vous racontez en fait vous le racontez pour pour toutes les femmes dans toutes et pour tous les hommes prenez la parole quand vous voulez fondamental dans ce que Hélène vient de dire et dans ce qu'on peut lire dans ce livre c'est le mot système et je crois que tant qu'on réfléchit pas à ce système qui est décrit et qui l'attend dans toutes les strates de la société la elle parle de TF1 mais ce qui nous semblait important avec moi de quand on a lu ce livre c'est effectivement ça décrit le fonctionnement d'une entreprise ça décrit un nombre de gens au courant qui est quand même surréaliste quoi vous avez enfin Hélène décrit très bien une directrice d'école de journaliste qui envoie pas ces stagiaires à TF1 pendant des années enfin on parle pas d'un truc qui se passe pendant c'est quelque chose de connu de reconnu enfin quand vous en parlez maintenant de au comptoir PPDA il est comme ça tout le monde le sait tout le monde le sait personne derrière quoi ça fait ça ça fait 30 ans que qu'il y a un type qui qui fracasse des vies parce que il y a un truc que Giulia foice dit très bien ça c'est le viol c'est c'est presque le crime parfait vous tuez personne mais vous tuez quelqu'un et ça c'est quand même un problème on est 52% de femmes dans le monde il faut que ça s'arrête de nous traiter comme comme une minorité et ça aujourd'hui c'est vrai que si moi je participe à l'émission avec Hélène au-delà de l'affection que je lui porte c'est parce qu'on fait nous dans notre librairie tous les jours c'est de dire aux femmes d'une vous avez le droit de dire bah moi aussi en fait et on est beaucoup qui disent moi aussi tout le temps avec un spectre effectivement qui est très large mais mais le moi aussi il est tellement automatique maintenant enfin c'est moi je cherche la femme de mon entourage qui me dit bah moi rien j'en ai pas en fait j'ai 40 balais j'en ai croisé des femmes dans ma vie je n'en ai pas une qui me dit bah moi j'ai pas vécu un truc que j'ai pas choisi on a tout vécu un truc qu'on a subi qu'est-ce que vous posez la même question aux hommes est-ce que tu as agressé une femme avec certains oui j'ai passé la soirée avec un ami hier qui est en pleine prise de conscience qui est hyper violente pour lui encore une fois je crois pas ni que l'objectif sur les hommes au contraire c'est ces deux pensées que les hommes ont tout à gagner là-dedans parce que la représentation d'un autre société qui être un homme c'est ultra limité et franchement parfois ça me fait de la peine pour vous quoi vous avez pas beaucoup de de manière de vivre quoi vous devez ressembler à des espèces de caricatures qui doivent être pénibles mais il y a des moments franchement être un mec qu'elle s'asserdoce quoi bon être une femme c'est pas rigolo mais je pense qu'il y a une prise de conscience oui enfin dans certaines strates de la société j'en doute pas mais moi j'ai deux filles qui sont à l'école primaire et je suis déjà édifiée de ce qu'elle vivent quoi elles ont quatre et sept ans et elles ont intégré des trucs en 20 ans il s'est rien passé entre mon passage à l'école et maintenant voilà ils ont toujours pas de place dans la cour quoi et parmi les lecteurs ou l'électricité enfin parmi les lecteurs d'impunité est-ce qu'il y a des hommes où il vous vendez que à des femmes vous allez dans la librairie et vous Hélène quand vous faites des des rencontres il y a que des femmes où il y a aussi des une majorité de femmes c'est très très clair mais il y a aussi des hommes et quand je suis allée signer chez moi de haut-parleur à Nice il y avait quand même pas mal d'hommes dans la salle alors il y a aussi que les amis ils parlent plus que les femmes quand il y a 3 hommes et une dizaine de femmes on entend plus les hommes et vous savez quoi tout à l'heure au début de l'émission je me suis merde merde je fais que parler je fais que parler trop longue moi je sais que une fois dans un cinéma je présentais mon film et il y a un exploitant d'une salle de cinéma qui a dit on va donner la parole à un homme puis à une femme puis un homme puis à une femme au début je me suis dit mais qu'est-ce que c'est que cette cette fabrication et en fait et ben c'est vachement bien parce que effectivement on partage beaucoup plus la parole parce que sinon il y a le phénomène que vous venez de dire Hélène il y a aussi que je raconte l'histoire cette histoire se passe à TF1 il y a le TF1 de PPDA donc il est parti depuis 13 ans maintenant et puis aujourd'hui et le TF1 d'aujourd'hui n'a pas changé c'est-à-dire que il y a aucune prise de conscience et c'est une boîte c'est un Boys Club quoi et ça se voit encore alors il faut quand même commencer par là votre livre c'est un une déambulation avec des des dames qui vont devenir des femmes qui vont devenir vos amis finalement qui sont avec vous voilà qui ont été victimes d'agression sexuelle c'est pour certaines de viol qui ne se connaissent pas qui vont raconter des scènes extrêmement similaires sur un laps de temps extrêmement long ce qui veut dire qu'il y a quand même un souci autant de témoignages concordants de gens qui ne se connaissent pas etc est-ce que vous pouvez nous en dire un petit peu plus quand même alors c'est quoi seulement des femmes qui ont vécu des agressions qui vont du harcèlement à l'agression au viol c'est aussi des femmes qui spontanément quand l'affaire est sorti quand Florence Portsall a porté plainte et quand Patrick Poivre d'Arvor et ses amis ont occupés les médias pour dire que non jamais rien c'était des menteuses des folles qui s'était rien passé et que c'était un homme charmant etc tout un discours qu'on entend à chaque fois qu'un homme est accusé chacune de notre côté on a pris notre téléphone on a trouvé le numéro des enquêteurs et on les a appelé pour raconter ce qui nous était arrivé donc c'est pas seulement il y a beaucoup de femmes qui se sont manifestées plus tard ne se sont pas manifestés c'est pas seulement les agressions qui ont été extrêmement nombreuses premier témoignages que j'ai c'est 1981 et le dernier 2016 donc ça fait quand même plus de 40 ans près de 40 ans c'est ça qui a été Antenne 2 et ensuite il a enfin dans tous les endroits où il a travaillé il a fait la même chose donc tout on a chacune avec notre petite histoire on est venu la raconter aux enquêteurs et il se trouve que ces histoires se ressemblent au mot près au gestes près c'est à dire que chacune de nos histoires dessine ce qu'on appelle le mode opératoire d'un prédateur qui a très très peu de variations et nous on s'est rencontrés à partir du moment où alors certaines avaient déjà c'était déjà contacté sur sur les réseaux sociaux et moi j'ai témoigné publiquement dans le monde et donc une fois que mon nom a été rendu public elles m'ont contacté ce qui fait que la première fois qu'on s'est vu on était ça a été une révolution pour nous toutes c'est à dire que pour la première fois de notre vie cette histoire qu'on croyait isolé et je peux pas dire que je me croyais absolument seul avoir eu des problèmes avec lui mais enfin pour une fois on pouvait parler en sécurité et ça c'était jamais arrivé et ensuite tout le combat qu'on l'a mené on la mené ensemble et c'est ça notre force parce que aucune d'entre nous seul n'aurait eu la moindre chance de se faire entendre nulle part elle aurait été pulvérisée comme il l'a fait au début avec Florence Porcel c'est à dire folle menteuse [ __ ] qui veut de l'argent enfin il y a tout un panel d'histoire et de récit qu'on applique aux femmes qui parlent qui les rendent inaudibles notre force c'est que aujourd'hui on est je dis 90 on est près d'une centaine à parler donc entre la parole d'un homme un truc pauvre d'Arvor des dizaines de femmes qui racontent chacune la même histoire ça devient quand même très très compliqué de dire que ces paroles contre parole je donne des noms Agathe Alexandra Alexandra Aline Amandine Amandine Anouk parmel Astrid ode Aude Béatrice Benedict camélia Camille Camille Candice Cécile Cécile Céline Chantal Charlotte Chloé claire claire Clémence Diane Elisabeth Elodie Emilie Emmanuel Emmanuel Florence Héloïse Isabelle Isabelle Joséphine Julie Justine Karine Laetitia Lorraine Lisa Maïté Margaux Marie Marion Mathilde Monique Muriel n'aura Pauline Stéphane Stéphanie Sonia ces quelques noms que vous citez page de 150 oui ça c'était quand j'ai fini le livre c'est-à-dire l'été dernier depuis la liste c'est encore beaucoup rallongé le vous avez parlé de mode opératoire le mode opératoire c'est ce que vous appelez le coup du plateau soit je lis votre livre soit vous le racontez peut-être mieux de vous entendre mais sinon c'est pas 63 la majorité des femmes qui ont témoigné dans ce dossier raconte exactement le même le même procédé qu'il a fait donc dans toutes les rédactions il est passé c'est à dire à France 2 à TF1 et ensuite je crois Radio Classique c'est il invitait une jeune femme alors qui connaissait quelquefois même pas parce qu'elle lui avait juste écrit une lettre envoyait un manuscrit ou alors qu'il avait croisé dans un salon littéraire ou alors qui qui croisait dans le train une femme qui n'était pas de la rédaction en tout cas qui avait dit qu'il voulait devenir journaliste par exemple souvent il lui disait venez voir à 20h on l'a installé au fond du plateau sur une petite chaise derrière les caméras donc elle voyait Patrick Poivre d'Arvor faire son journal il arrivait à la dernière minute il lisait ses lancements qu'en général il avait pas écrit j'en sais quelque chose parce que je les ai écrit pendant deux ans et puis le journal se terminait et c'est les petits textes que que et Patrick Poivre d'Arvor disparaissait une assistante venait chercher la femme qui était là qui était un peu gênée parce que il avait pas dit bonjour il avait pas dit au revoir il avait pas fait un signe de reconnaissance donc on sait pas très bien on se mettre elle est toute seule et donc l'assistante venait à chercher la montée au bureau et et disait Patrick va vous rejoint donc la femme était toute seule dans le bureau à attendre lui il faisait ce qu'on appelle la confiture et puis l'arrivait il s'occupait de il est il était assez grossier c'est-à-dire qu'ils à peine bonsoir ils sont coupés de son courrier et puis quand il avait fini la secrétaire par terre et quand il avait fini son courrier il sautait dessus sur la fin qui était là alors il y en a qui ont réussi à sortir son gros dommage en fait qui ont été très choqués et qui sont partis d'autres qui ont été violées mais c'est toujours la même histoire c'est ce qu'on appelle le coup du plateau voilà comme dit à nous un système un système alors vous voyez c'est-à-dire les femmes n'étaient pas cachées alors maintenant les gens disent ah oui mais on ne savait alors la rédaction après le 20h il y a plus personne TF1 donc quand Patrick peuvent avoir arriver dans le bureau la rédaction était absolument déserté donc certains disent on ne savait on était plus là on pouvait pas savoir il n'empêche que ce ballet de jeune femme jeune un peu intimidé qui était plusieurs fois par semaine au journal tout le monde le voyait et personne s'est posé de questions il y a même alors je veux pas les accâmer mais il y a même quand même deux assistantes qui ferme la porte régulièrement la porte alors est-ce qu'elles ont fermé les yeux j'en sais rien aujourd'hui il y en a une qui travaille toujours avec lui les deux disent bien sûr c'est pas possible il n'empêche qu'elles étaient là elles ont elles ont un rôle particulier dans cette histoire oui certainement et d'une certaine manière ça ça rappelle la série et le film sur Roger Hells le patron de de Fox News notamment il y a une série remarquable sur il y a vraiment des je trouve des similitudes de ces hommes de média plein de pouvoir et qui voilà qui se comporte en bulle alors PPD ici explique il s'explique dans votre dans votre livre et puis après on va on va aborder la question du du combat que vous avez mené alors quand le major alors le major c'est c'est celui qui va tout vous écouter qui qui a un rôle extrêmement important dans le dans le dans votre histoire et donc dans votre dans votre livre mais qui va quand même si j'ai bien compris un moment donné de voir ficeler son enquête parce qu'il est il est muté vous ne dites pas d’ailleurs si ça aurait été mieux qu'il reste pour continuer l'enquête c'est l'impression qu'on a en vous disant non la police a sa DRH je peux pas savoir ce qui serait passé si il était resté en tout cas il nous a reçu et nous a reçu plutôt bien et lui il a résumé nos témoignages donc il a il a eu voilà son téléphone a sonné non-stop il a eu 23 témoignages en deux mois on va dire qu'il a résumé en disant que c'était un prédateur sexuel qui abusait de sa notoriété et qui se comportait qui avait aucune tentative de séduction et qui se comportait avec cruauté avec les femmes qui osaient refusaient ses avances ils se comportait aussi avec cruauté avec celle qu'il avait violé je peux en témoigner le major a interrogé Patrick Poivre d'Arvor écrivez vous sur mon cas il a convenu avoir eu une relation sexuelle avec moi à son domicile il a casé l'événement juste avant que je devienne son assistante et non à la fin de notre collaboration ce changement de date avait deux fonctions stratégiques il diminuait le lien de subordination puisque selon lui je ne travaillais pas encore exclusivement pour lui et il laissait croire que j'avais accepté de coucher pour avoir le job ça faisait de moi une [ __ ] une [ __ ] arriviste le mythe de la promotion canapé est toujours là pour servir les hommes et pour dénigrer les femmes au travail un mythe qui justifie le rejet social de la femme hiérarchiquement inférieur et la valorisation de l'homme au pouvoir même quand l'histoire est parfaitement désirée on parle dans son dos à elle on l'évite à la cantine le groupe accable la femme jamais l'homme je pense que ça ça vient j'ai voulu tordre le coup à cette idée de promotion canapé parce que quand j'ai commencé à parler il y a beaucoup de gens qui me disaient ah oui mais moi j'en connais celle-là vraiment elle couche elle a réussi à avoir des promotions comme ça c'est une vérité ça existe etc moi c'est pas ce que j'ai vu quand je voilà la promotion canapé c'est vraiment le terme qui discrédite les femmes et jamais les hommes mais je crois que ça vient d'un fondement très très profond qui est que un homme plus il affiche sa sexualité plus il a du prestige et qu'une femme il faut qu'elle la cache parce que c'est à l'affiche la sexualité elle est sanctionnée socialement ça c'est l'espèce de fond de sauce sur lequel se développe cette ce stigmate de la promotion canapé là en l'occurrence Patrick Poivre d'Arvor c'était même pas d'ailleurs peut-être il y avait pas de promotion canapé c'est à dire que il se et derrière voilà il fallait il fallait se débrouiller avec ça et la seule solution c'était de se taire en fait c'est à dire que toute celles qui ont parlé il y en a qui ont parlé tout de suite il y en a une elle avait 16 ans c'était une lycéenne elle a été violée dans son bureau elle a voulu le dire à ses parents elle savait pas comment faire donc elle elle a été voir un journaliste incroyable deux minutes qui a fait un article qui s'appelle un satyre à TF1 la surmene c'est le seul moment du bouquin je suis pas d'accord avec vous je vous trouve assez gentille vis-à-vis de minutes crame un journal d'extrême droite et les parents de cette jeune femme lisent ce journal là c'est une connerie mais quand vous décrivez 10 minutes nationalement qui racontait un viol de lycéenne voilà à TF1 par un homme grand voûté avec un peu de calvitie qui présentait présentateur vedette et que personne n'a bougé c'est à dire on le reconnaits et ça n'a eu aucun effet et cette jeune femme donc les parents de cette jeune femme ont compris qu'il s'agissait d'elle est-ce qu'ils ont fait ils l'ont emmenait voir un psy pas pour savoir si elle était blessée folle pour raconter un truc pareil c'est-à-dire que personne ne l'a cru et il y en a d'autres qui ont parlé seul aucune femme ne pouvait dire quoi que ce soit et se taire moi je me suis tue complètement c'était être faites d'esprit et on sait toutes tu parce qu'il n'y avait aucun endroit où parler c'est-à-dire on parlait on était fracassés Patrick Poivre d'Arvor a ajouté que je n'étais pas farouche je cite un gibier farouche écrivez-vous c'est celui qui ne se laisse pas percevoir celui qui fuit au moindre signe de danger pour ne pas être violé demandez-vous les femmes devraient avoir peur d'étaler devant les hommes et vivre dans la mâchoire bien serrée de la domination masculine triomphante se défendre d'une accusation de viol en remettant en cause la vertu de la victime est impensif etc je pense que les femmes qui disent ça sont réconfortées et les gars comme moi j'avoue j'avais jamais pensé ça comme ça je veux dire je l'avais jamais pour ne pas être violée les femmes devraient avoir peur d'étaler devant les hommes pour interrogation et vivre dans la mâchoire bien serrée de la domination masculine triomphante j'ai grandi dans l'époque de la libération sexuelle c'est à dire on nous a appris que justement moi j'avais pas peur des hommes j'avais l'impression d'être d'avoir les mêmes chances d'être égal j'ai fait des bonnes études je travaillais énormément j'ai la question des violences sexuelles finalement dans ma vie elle a pas resté quasiment pas ou en tout cas on en parlait pas et et il fallait être enfin et tant mieux on n'avait plus on avait la contraception on avait l'avortement on avait l'impression d'avoir une vie qui nous permettrait une liberté sexuelle qui en réalité se retourner contre nous c'est à dire que dès qu'on moi j'ai jamais prétendu être une non j'ai vécu avec mon époque et ça ça c'est ce que Patrick avant d'avoir essaye de retourner en disant voilà que on est toutes ou des menteuse ou des [ __ ] alors il faut dire que vos plantes n'ont pas abouti pour la plupart d'entre vous vous avez été classé sans suite on a été classé sans suite presque toutes pour prescription et Florence Portsall a été classé sans suite pour insuffisance de preuves ce qu'on appelle insuffisamment caractérisé donc elle elle s'est portée partie civile ça veut dire qu'il y a une instruction qui est ouverte sur c'est bien là mais le problème c'est que et ça c'est un problème que la France a avec les tueurs en série aussi avec tous les criminels en série c'est que on a pris chacune de nos histoires et on les a séparés c'est à dire que la justice a regardé elle a dit ah bah celle-là elle est prescrite celle-là elle est prescrite elle a suffisamment caractérisé sauf que la valeur de nos témoignages il est en groupe c'est à dire c'est toutes nos paroles qui disent une vérité chacune est vrai mais l'ensemble devient incontestable et ça la justice ne sait pas s'en saisir Anouk est-ce que vous voulez réagir ou pas vous pouvez réagir vous allez parler de Sambre bientôt qui je pense va faire un très bel écho là maintenant la justice ne sait pas et je crois qu'il y a une histoire de volonté politique enfin c'est pas quand là on n'arrive pas à voir un système et à dire bah aujourd'hui il faut que on est face l'histoire d'Hélène et de toutes ces autres femmes c'est l'équivalent de de Epstein ou de Weinstein aux États-Unis c'est un système organisé et sombre je l'ai fini ce week-end avec la nausée j'ai lu ça nos absences de Lorraine Descartes tous les tous les livres que vous pouvez lire sur ces sujets explique comment le système fonctionne il y a un refus de prendre de prendre au sérieux la parole des femmes de croire d'emblée la femme on la met en cause d'emblée sur la femme a envie de raconter qu'elle a été violée ou agressée pour se rendre intéressant c'est dans l'imaginaire collectif c'est à tomber par terre quand on a eu le problème avec avec la police et qu'on nous a couvert la librairie un des policiers présents appartenant à la police nationale a réalisé déjà capunité était un livre il a pris en photo il est passé quand même à travers beaucoup de choses ce monsieur et puis on a quand même pas pu s'empêcher de me dire avec une espèce de désinvolture mais mais qui était mais qui était puante quoi enfin bon PPDA ça va est quand même été beau et du fric il a pas besoin de violer mais à quel moment en fait et ça avoir les violeurs et c'est pas des pauvres noirs quoi enfin c'est dramatique de de d'avoir ces représentations là et elles sont tenaces elles sont tenaces c'est seulement le besoin de violer c'est à dire comme si c'était un besoin où est le besoin de violer on peut dire quelqu'un qui a faim a besoin de voler parfois et c'est un critère juridique la nécessité mais le besoin de violer déjà moi ça me vient d'où face qu'est-ce que ça dit de l'homme qui dit il a besoin ou pas besoin personne n'a besoin de violet alors le paradoxe dans votre dans votre histoire c'est que le major la police va bien vous écouter d'ailleurs vous souligner que vous avez eu plutôt de la chance par rapport à beaucoup de femmes qui ne veulent même pas porter plaint tellement c'est compliqué de le faire etc parce qu'on est mal accueilli parce que il y a pas d'écoute parce que vous êtes immédiatement suspecte et non plus victime etc vous vous êtes plutôt bien reçu par quelqu'un qui montre le dossier qui justement a une vision périphérique c'est-à-dire que il comprend qu'il y a un système qui a été mis en place et que c'est pas un cap c'est pas un cas puis un autre cas puis un autre cas c'est c'est pas un empilement c'est un ensemble voilà pourtant la justice va pas vous donner raison donc vous vous parlez de ça comment comment vous expliquer ça ils ont pris chaque ils ont séparé chacune des plantes c'est-à-dire on a reçu chacune une lettre du procureur ce qui est déjà énorme nous disons voilà il y a prescription donc il y a un classement sans suite mais il a dit aussi ce que Patrick Poivre d'Arvor avait dit genre il a dit en terme technique juridique c'est à dire que moi j'ai reçu la reconnu la matérialité des faits mais pas l'intentionnalité parce que la matérialité des faits c'est-à-dire qu'il a ça veut dire qu'il a reconnu qu'il y avait eu une relation sexuelle mais il dit qu'il ne m'a pas violé puisque j'étais d'accord voilà ça c'est sa version à lui pour d'autres il a pas reconnu l'intentionalité en fait quand il a été interrogé souvent on lui disait est-ce que vous connaissez madame machin il disait son nom de me dit rien et puis après il les ai sa déposition il disait lorsqu'elle raconte est un vrai semblable ou vraisemblable en fonction de ce qui en fait il se souvenait certainement plus de ces femmes nous on se souvient très très bien de de ce qui nous a fait mais la justice elle est en panne pas seulement par aveuglement par dogmatisme elle est en panne aussi par manque de moyens c'est-à-dire que s'il avait fallu vérifier chacune de nos accusations etc et ils ne ferait pas il te fait pas ce qu'elles sont prescrites ça a été fait quand même un petit peu mais pas beaucoup ça demande énormément de moyens et en fait les dossiers s'accumulent et on classe parce que on classe parce qu'on n'a pas le temps de travailler parce qu'il y a pas assez de monde parce que il y a pas assez d'intérêt pour les victimes c'est ce que vous écrivez pas je 137 il y a des raisons pragmatiques l'encombrement le manque de magistral les jugements rendus des années après les faits les audiences jusqu'à minuit tout manque le personnel les moyens le temps l'intérêt pour les victimes parce que c'est effectivement un livre qui porte beaucoup là-dessus sur le sur le combat le combat judiciaire en fait c'est un livre qui raconte un an de ma vie à partir du moment où j'ai parlé où j'ai parlé publiquement et où j'ai parlé à la justice de mon pays et tout ce qui s'est passé ensuite c'est à dire que nous une fois que la justice nous a dit on peut rien pour vous on s'est dit bah voilà on a parlé alors parler ça veut dire aussi que vous votre réputation en prend un sacré coup c'est pas c'est pas très agréable à raconter et ce qui se passe derrière n'est pas très agréable à vivre et donc derrière on s'est dit bah voilà cette histoire on va la faire on va la faire savoir on va la faire connaître et donc on a travaillé avec des journalistes on avait on était toutes enfin pour beaucoup on était journaliste en tout cas au début c'était plus facile de se trouver comme journaliste mais ensuite il y en a eu de tous les milieux et de et de tous les horizons et donc je raconte comment on a essayé de raconter cette histoire qui nous semblait d'utilité publique c'est-à-dire que ça raconte comment pendant 40 ans un homme peut être criminel sans qu'il lui arrive rien il lui arrive encore aujourd'hui rien donc la question c'est comment c'est possible mais c'est aussi qu'est-ce qu'on a nous on a raconté à la justice et qu'est-ce que la justice laisse tomber alors sur le sur les effectivement vous racontez vos rencontres avec les journalistes de Libération du monde de Mediapart et sur le monde journalistique après je reviendrai sur la sur la justice alors sur le monde journalistique on parlera aussi mais plus tard du cas incroyable du cas incroyable de sept à huit mais sur les journalistes qui qui ont donc été victimes dans notre affaire beaucoup de victimes sont des journalistes écrivez-vous l'agresseur est un journaliste ceux qui peuvent en parler ou ne pas en parler sont des journalistes dans la presse comme dans l'église regardez en face les pires des rives criminels en son sein n'est pas une chose facile est-ce que vous pourrez expliciter un peu ça l'omerta qui règne dans le monde journalistique mais je pense que c'est un peu comme dans l'Église c'est effectivement c'est à dire que il y a quelque chose de très compliqué à reconnaître que même ceux qui n'ont rien fait sont quand même responsables de quelque chose c'est à dire que nous on a été tenu au silence pas seulement parce que Patrick pauvre d'infort était puissant mais parce que aussi on n'a pas envie que ça arrive personne n'a envie que que ça arrive on a c'est compliqué et quand on a il y a des journalistes qui nous ont contactés et qui ont été absolument infectes c'est à dire que ce qui s'est passé pour pour moi c'est que je suis journaliste et tout d'un coup je suis devenu source sauf que moi je sais comment je travaille avec mes sources quand je fais des articles de voir comment on travaille des journalistes quand même ah ouais sauf les boules quelque chose quand même il y en a qui qui trouve que c'est bien de piétiner leur source enfin on reconnaît tout de suite une espèce d'avidité ou il y a une déformation professionnelle peut-être mais de ouais de voilà il y a des journalistes à qui on n'a pas voulu parler et on a raison de ne pas leur parler bon alors attendez alors on va quand même parler de celui de 7 à 8 parce que là c'est pas possible page de 116 quand même qui qui reste mais ça n'a pas d'importance qui compte là aussi c'est de voir donc 7 à 8 c'est quand même l'émission C'est c'est le vaisseau Mira c'est la puissance totale donc voilà le genre de truc donc d'abord vous voyez le sous-chef je sais plus comment vous l'appelez ensuite supérieur hiérarchique le grand chef le chef intermédiaire et donc le grand chef de vous dire on va pas se mentir Hélène vous dit-il Mathilde écrivez-vous dans une confraternelle complicité je veux des viols c'est comme ça que la conversation s'est terminée il me parlait à moi il savait ce qui m'était arrivé il voulait que je témoigne et il me dit voilà je veux des viols ça veut dire je veux du sensationnalisme je veux il veut pas des témoignages il veut des viols il veut le moment une femme raconte comment le type a baissé son pantalon voilà c'est tout et cela faut pas leur parler mais vous vous reconnaissez David vous connaissez les journalistes à ceux qui connaissent moins quoi non mais quand on lit ça franchement c'est épouvantable le mec ose le dire à vous voyez ce que je veux dire c'est à dire que vous avez du répondant vous avez une surface médiatique quand il y a d'une certaine manière n'a plus limité elle est là aussi quoi je trouve bien sûr absolument alors je veux pas non plus j'étais la pierre sur l'ensemble de la confrérie parce que il y a aussi des journalistes qui ont été remarquables absolument extraordinaire si on est là aujourd'hui et si on se parle c'est parce que il y a eu des journalistes qui ont qui ont travaillé de façon absolument la série B qui vous appelle merci de pas nous oublier après il y aura Mediapart et ensuite il y aura le monde enfin pas dans cet ordre là d'ailleurs c'est plutôt le monde Libé Mediapart effectivement l'idée avait fait une qui va faire sensation avec vos visages vous mettez une condition c'est qu'il n'y ait pas le visage de PPDA dans le dans le dans le dossier pour expliquer pourquoi ça c'était très et c'est toujours c'est très important c'est que ces histoires là on les raconte toujours du point de vue de l'homme et même moi quand je racontais au début il y avait toujours des gens pour me dire mais il pensait quoi mais tu crois que et comment il était etc le centrer le récit sur le prédateur sur le criminel ça veut dire ne pas voir ce qui se passe pour nous et donc comme Libé avait recueilli nos témoignages de façon très soignée très longue et les publier l'idée c'était de raconter l'histoire de notre point de vue et ce livre aussi ça c'est retourné la caméra c'est à dire ne plus raconter l'histoire en faisant un héros le criminel ce qui est le cas de beaucoup de séries et de films c'est une narration constitique la narration de notre point de vue de notre côté elle est beaucoup plus difficile à imposer la confrérie des journalistes et puis après quand le livre est sorti il y a eu la confrérie des libraires et là ça a été une autre histoire c'est à dire que quand les signatures dans les librairies ont été des moments extraordinaires d'une liberté de parole des espaces de parole que j'avais jamais vu ou eu ailleurs on peut le raconter c'est à dire que quand je suis venu présenter ce livre j'avais l'impression que les gens qui étaient là ils étaient là pour Patrick pauvre d'avant parce que tout le monde s'en fout de Patrick Poivre d'Arvor mais parce que ça faisait écho à des histoires voilà qu'on pouvait pas dire c'est aussi un livre sur le silence et de et de partager le fait de ne pas avoir pu dire ça ouvre un espèce de parole extraordinaire et là les libraires ont été formidables je crois qu'elle vous a lancé une petite perche après ce que 10h du matin le lundi c'est impressionnant pour pour une libraire non mais je crois que vraiment moi je suis pas libre depuis très très longtemps donc j'ai pas non plus un recul sur cette profession mais en tout cas en cinq ans six ans je constate que les librairies certaines évidemment deviennent des espaces de résistance contemporaine évidemment arrive sur des tables c'est pas c'est pas pour rien que les femmes victimes de violence avec le spectre dont on parle utilise les cris pour pour parler parce que en fait elles ont pas de place pour parler donc il faut écrire il faut être lu globalement c'est pas parce qu'on est une librairie féministe mais dans quand même beaucoup de librairies et dans les rencontres ce sont des femmes qui se déplacent c'est pas des hommes il y a quelque chose d'un peu caricatural mais les hommes achètent plus des essais mais pas les essais féministes et les femmes achètent plus de romans ça aussi c'est très séparé mais moi j'ai juste derrière moi la table un peu féministe un peu engagée et alors c'est comme ça a vu mais c'est globalement 98% de femmes qui achètent ces livres là donc c'est des femmes qui écrivent lui par des femmes c'est ultra nécessaire et ultra salvateur pour plein de femmes mais là le gros enjeu des années à venir je crois que c'est c'est d'arriver à parler aux 48% restants voilà je le répète je suis persuadé que vous expliquer ce que c'est attention c'est déjà en cours non mais c'est je crois que voilà la librairie là prend une place dans la question des violences sexuelles hyper importante parce que on est un espace de liberté voilà on n'a pas le contrôle des journaux de de on a je sais pas moi j'ai 30 40 mètres carrés de liberté et elle vaut un nouveau très cher cette liberté bah oui bien sûr c'est dans faut rappeler le mouvement mais tout ça passe par deux articles au premier du New Bretagne ça c'est passé par la presse écrite ça a été les premiers articles c'était sur donc Weinstein mais il y a une logique à ce que ça passe par la presse écrite et ensuite par le livre qui est une logique économique c'est à dire que pour la télévision il faut beaucoup plus de moyens pour le cinéma il faut beaucoup plus de moyens et donc c'est aussi le papier le récit écrit qu'il soit dans la presse ou dans les livres c'était là où il y avait un espace pour que les femmes puissent parler puisqu'il y avait moins de moyens aussi à déployer et d'ailleurs on le voit avec le mouvement des colleuses c'est un mouvement alors qui colle effectivement mais qui écrit à la base enfin voilà c'est c'est ce sont des messagers écrits ce qu'on a fait nous c'était de l'écrit aussi voilà c'est je crois que c'est là où on se fait le mieux entendre et d'ailleurs très vite page 34 Hélène vous vous faites un point de vocabulaire avec le pardon avec le terme féminicide et vous expliquer que il y a enfin en gros le vocabulaire peut changer la vie ouais le vocabulaire peut changer la vie et il nous manque beaucoup de mots c'est à dire qu'avant les féminicides il y avait pas ce mot féminicile on disait crimes passionnelle il y avait pas de mots pour dire qu'un homme tu es sa femme il y avait pas de mots c'était un homicide c'était dégueulasse c'est dégueulasse pardon mais dans les semaines qui viennent de s'écouler il y a plein d'articles qui qui encore utilisent des mots qui sont qui sont pas acceptables ni ce matin quand même alors nos derniers échanges ont été très tendus ce matin on est pas très copain oui c'est très passionnant on manque de mots encore c'est-à-dire que par exemple pour parler de nous-même on dit les victimes mais il y a plein de femmes qui n'aiment pas ce mot qui veulent pas parce qu'on dit on va vous enfermer dans une position victimaire alors on dit plaignante mais plaignante ça veut dire qu'on est allé d'abord c'est un peu plaintif comme mot et ça veut dire qu'on est allé parler à la police et qu'on a apporté plante toute n'ont pas porté plainte on dit accusatrice c'est exactement face à fait un peu inquisitrice on dit et en fait victime c'est un mot que seul les agresseurs reconnaissent les agresseurs ils se disent victimes ils disent nous on est victime alors de hors de femmes déchaînées victimes de lynchage médiatique victime etc mais nous on n'a pas du tout envie d'être victime et on n'a pas de mots on n'a pas un mot qui est convient alors parler d'ailleurs écrire en fait voilà attendez voilà sur le fait d'écrire écrit de toi-même quelqu'un vous dit écris-le toi-même et c'est là où vous faites votre première votre première tribune et là vous avez parce que c'est un c'est quasiment parfois un livre de philosophie votre affaire des centaines de messages ont déferlé dans les heures qui ont suivi la publication de votre témoignage qui expliquait ce qui vous est arrivé presque tous souligne les messages presque tous soulignent mon courage ce qui n'était pas sans m'inquiéter le courage suppose le danger quel est le danger à parler alors je l'ai beaucoup sous-estimé à ce moment-là j'ai l'impression maintenant quand j'ai l'impression que j'étais extrêmement naïve en fait ce que j'explique c'est que le il y a une réprobation certes personne n'est pour le viol personne va vous dire c'est normal je trouve ça très bien on est contre le viol enfin voilà comme il y a une réprobation sociale mais on est aussi contre les femmes qui parlent et c'est la même c'est de la même intensité c'est à dire une femme qui dit des violences masculines elle est pourquoi elle le fait ça veut dire que la norme c'est de ne pas le faire et puis on lui trouve plein de d'attributs négatifs et de mauvaises qui transforme immédiatement en personne alors uniquement il y a aussi beaucoup de messages de soutien et d'encouragement mais je pense par exemple à la faire Johnny Depp Amber Heard a raconté dans un journal qu'elle était qu'elle avait été victime de violence conjugale sans citer Johnny Depp qu'est-ce qui fait lui il l'attaque en diffamation et elle se fait atomiser sur les murs ça devient la personne la plus détestée du monde tout ce qui lui arrive à elle c'est on va dire en énorme ce qui nous est arrivé à nous en plus petit c'est à dire des gens qui vous parlent plus des gens qui disparaissent même des amis proches et ça c'est très très blessant et puis voilà des rumeurs de la calomnie parlée s'exposer à la calomnie ce que j'imaginais pas à ce point c'est à moi quand j'ai parlé je me disais bon bah je dépends plus de la télévision j'ai plus 20 ans je suis une femme plutôt installée et et rien jamais une femme née suffisamment solide pour ne pas être calomniés quand elle parle le livre aborde plusieurs fois vous avez plusieurs images je laisse je laisse aux gens de découvrir de découvrir les images mais il y en a une que que qui revient souvent c'est celle des couches de papier peint de contes de fées est-ce que vous pouvez nous expliquer ce que vous voulez dire par là des couches les couches de papier peint conte de fées qu'on arrache un par un pour essayer de se faire entendre et de montrer ce que j'appelle je parle du mur troué des violences qu'on a subi c'est tous les mythes qui font que on ne peut pas être entendu et c'est des mythes qu'on a intégré les victimes les femmes ont intégré elle-même qui les empêche aussi de parler c'est pas seulement quelque chose qu'on vous plaque sur la gueule où on aurait nous une vérité on est complètement imprégné de ces mites là et c'est voilà ce que je disais c'est à dire l'idée que c'est un homme charmant il a pas pu faire ça tout le toute la mécanique est très très lourde qui vient de millénaire de patriarcat qui musel notre parole est une fois qu'on a parlé font qu'on nous entend pas aussi [Musique] qui est la présomption de consentement voilà c'est à dire que je pense Patrick Poivre d'Arvor a pu faire ça pendant tant d'années c'est que c'est pas qu'on voyait pas ce qu'il faisait c'est qu'on présumait tout autour que comme il était riche et célèbre et qu'il avait du pouvoir toutes les femmes étaient d'accord pour avoir du sexe avec lui ce qui est totalement faux mais tout autour les gens se disent bah oui s'il arrive quelque chose c'est qu'elle est d'accord cette présomption de consentement elle est inscrite quasiment dans la loi dans le texte c'est ce que d'autres féministes appellent l'accès au corps des femmes c'est ça et alors tout tout ce qui se joue c'est évidemment la question de la parole et envisager celle du sel du silence vous écrivez pas 70 comprendre sans parce que moi à l'inverse de lui je lis les livres bien comprendre sans détourner le regard c'est que ce qui est réellement un viol c'est accepté que le viol n'existe que grâce au silence qu'il impose le premier à le savoir c'est l'agresseur le silence lui assure une tranquille impunité et la permission de recommencer aussi souvent qu'il le veut enfermé dans la violence du traumatisme coincé entre les murs de la honte et de la culpabilité nous donc des victimes nous ne pouvons pas articuler notre détresse sa puissance de destruction est amplifiée dans un terrible effort pour sortir du piège on retourne la destruction contre soi on se tait et parfois on se tue et là vous évoquez d'autres deux cas ce sont des gens des proches de ces jeunes femmes qui se sont suicidées qui ont raconté ou qui ont témoigné devant la justice de ce qui était arrivé à ces jeunes femmes je suis très difficile il y a pas de statistiques on peut pas voilà on peut pas savoir mais ouais je pense que quelquefois quand on est totalement coincé quand on veut pas parler quand on peut même pas comprendre ce qui nous est arrivé l'agression on retourne ça en autodestruction alors ça va jusqu'au suicide mais ça peut aussi être des scarifications des dépressions massives de l'anorexie aussi beaucoup alors il y a aussi il y a aussi alors ça c'est je l'ai découvert dans votre dans votre dans votre lit il y a il y a un rapport avec les femmes anorexiques qui est très très violent enfin de très violent beaucoup de femmes qui ont témoigné étaient anorexiques l'ont rencontré dans des périodes où elles étaient gravement anorexiques et sont allés vers lui comme un spécialiste de la maladie puisque ça il a une fille lui-même anorexique qui s'est suicidé à 19 ans et et du coup il se présentait comme un père et moi qui avait compris les ravages de la maladie donc elles arrivaient totalement en confiance et il a abusé de ça et certaines victimes racontent qu'elles ont fait à quels ont subi ces assos sous le portrait de sa fille dans son bureau alors dans son bureau il y avait un grand portrait de sa fille anorexique et oui la violée plusieurs femmes anorexiques sous le regard de sa fille on va dire normalement on déconne dans l'émission mais là on déconne pas non c'est pas drôle ça non c'est pas drôle je reviens à la justice il y a la question de non c'est pas drôle il y a la question des expertises psychologiques donc vous dites qu'en fait ce sont les victimes qui sont soumises au test et pas l'agresseur pour savoir c'est toujours comme ça c'est à dire que dans au stade de l'enquête préliminaire on soumet la plaignante celle qui vient raconter à une expertise psychologique en fait c'est des c'est des tests de mensonges on va dire c'est-à-dire qu'on voudrait bien qu'elle monte d'abord on regarde d'abord si la femme est pas folle si elle est pas menteuse c'est le premier réflexe c'est le premier réflexe de la justice c'est le premier réflexe de la société ensuite et c'est un peu alors là pour le coup c'est un peu des tests de comment dire de bonnes présentations quoi il reste est-ce qu'elle a l'air crédible est-ce que et souvent dans ces expertises le trauma se retourne contre elle c'est à dire que si les femmes sont psychologiquement perturbés à cause de l'agression on va dire les psychologiquement perturbé donc elle donc elle est pas crédible c'est des tests de crédibilité ensuite quand ça passe au niveau de l'instruction là on fait une expertise psychologique pour les hommes aussi mais c'est d'abord les femmes on examine on va dire est-ce que je peux dire une petite chose je repense à cette ça fait partie du livre d'Hélène et de livres d'autres femmes il y a un problème dans les moyens judiciaires mais pour moi il y a un problème fondamental avec la police bon je sais j'enfonce des portes ouvertes je sais bien mais il y a quand même des choses qui sont demandées aux femmes au delà de l'expertise pendant quand une femme porte plainte ou quand une femme vient raconter ce qui s'est passé il y a des questions qui sont posées aux femmes qui me semblent à réfléchir de la part d'une institution c'est-à-dire quand une institution demande à une femme qui vient raconter des violences sexuelles qu'elle a subi et qu'on lui demande si elle y a pris du plaisir s'il y a la mouillée si elle a joui ne comprend pas et on peut me le montrer par A + B ou voilà quel est l'intérêt de cette question que vient chercher cette question chez la femme à part lui remettre le nez dans la violence qu'elle vient de subir combien même la réponse à le fait d'avoir un orgasme pendant un viol la réponse est oui donc ça fait de menteuse ou la réponse est NON et semble logique puisque c'est de la violence donc aujourd'hui quand tu voilà qui réfléchit à ces interrogatoires qui définissent ces questions comme nécessaire à la réception d'une d'une plainte pour violence sexuelle ou pour agression sexuelle je trouve que là encore apparemment pour penser à une idée comme ça voilà qu'est-ce que ça vient servir qu'est-ce que ça vient crédibiliser dans le discours de la femme qui vient raconter ça je m'interroge et Hélène n'est pas la seule à avoir pu entendre des choses comme ça vous vous lisez un nombre de récits c'est exactement la même chose quel est le plaisir que vous avez pris dans votre viol je voilà ça existe est-ce que vous pensez que si c'était si ces questions là étaient donnés à des enquêtrices à des magistrates les choses seront différentes moi je suis persuadé qu'on enfin alors c'est pas comparable mais je les études qui sont faites quand il y a une représentation plus égalitaire des femmes dans les lieux de réflexion dans les lieux de décision bah les femmes sont plus concernées alors c'est peut-être un peu simpliste de dire ça comme ça mais l'apport d'un regard de femme on est construite aussi dans cette société avec des injonctions mais un regard de femmes nécessairement à apporte apporte quelque chose qu'un homme ne peut pas vivre enfin je suis rentré je pensais à cette visio ce matin j'ai sorti le chien à 22h30 hier soir toute seule je me balade dans la rue avec une grosse capuche on sait pas trop de quel sexe je suis à bientôt 40 ans j'ai encore mes clés dans la main toute seule dans la rue et je pense que ça il y a peu d'hommes qui en ont fait l'expérience et il y a peu d'hommes qui calcule leur trajet retour quand voilà tous toutes ces choses là c'est des choses avec lesquelles on a grandi avec lesquels on s'est construite avec lesquels on a appris à cons de rentrer pas toute seule enfin voilà moi je le premier c'est que ce dôme que j'ai vu j'avais quand même que 9 ans et c'est un type qui s'est arrêté un arrêt de bus ça commence comme ça quoi c'est 9 ans il s'arrête pour se masturber bon bah je crois pas que à 9 ans mes copains avaient vécu ça je suis même sûr que non mais voilà nous on était un groupe de filles de 9 ans et on avait déjà vu un sexe d'homme voilà dans une voiture qui s'arrête pour montrer pour montrer son sexe donc je pense que ça c'est des trucs spécifiquement d'expérience de femmes et de filles et mais les chiffres ils sont édifiants moi j'ai à chaque fois j'ai juste envie de répéter enfin depuis qu'on est ensemble un viol toutes les 7 minutes un enfant sur 10 qui subit de l'inceste fallait chiffres les on sait où ça va pas il y a des choses dans le capitalisme on n'a pas de solution parce qu'il y a plus qu'un modèle donc je veux bien depuis qu'on a plus communisme on sait pas mais là il y a des solutions en fait on sait ce qui se passe donc il y a à mettre en oeuvre et ça s'il y a plus de femmes quelque part dans des endroits de décisionnaires ou dans des réflexions autour d'interrogatoire ou dans des je crois simplement que ça ne peut qu'être bénéfique pour les femmes victimes de violence dans votre ouvrage Hélène il y a il y a une description donc des faits qui sont épouvantables la description n'est pas malsaine parce que elle est pour moi les presque pédagogique par exemple l'effet de sidération j'ai compris ce que c'était que l'effet de sidération en vous lisant par exemple vous écrivez page 48 vous êtes sur votre lieu de travail l'homme est omnipotent il vous intimide un peu vous respectez son pouvoir votre avenir professionnel dépend de lui soudainement brusquement il fouille l'intérieur de votre sexe c'est une anomalie qu'aucun cerveau ne peut gérer ça c'est Chloé ça vous a touché interpellé je l'ai compris non non je pense que c'est quelque chose que qui on a beaucoup de mal à comprendre mais c'est l'intrusion de la de la sexualité encore est-ce que c'est de la sexualité en fait d'une violence sexuelle dans une situation où ça devrait pas où on n'est pas préparé pour ça où on n'a pas envie on n'est pas c'est bah il faut il faut le temps de l'intégrer le temps de l'intégrer c'est fini et c'est vrai que la sidération c'est quelque chose qui est très difficile à expliquer c'est-à-dire qu'on se dit toujours mais pourquoi et pas partie pourquoi la pâte crier pourquoi la pâte à paix pourquoi elle s'est pas défendue pourquoi pourquoi c'est arrivé parce que on aimerait que la société soit simple et que quand on n'est pas d'accord on sache le dire mais quelquefois on a tellement peur qu'on le dit pas et ça a été pour moi quelque chose de très compliqué parce que quand j'ai rencontré les autres femmes certaines avaient été juste agressée si je puis dire c'est à dire que elles avaient réussi à éviter le viol je me disais mais pourquoi moi j'ai pas réussi pourquoi moi qu'est-ce que qu'est-ce que j'ai qu'est-ce qui est faible chez moi qu'est-ce que est-ce que c'est pas c'est de ma faute alors et cette culpabilité elle est très très difficile à décoller et je l'ai traîné pendant très longtemps manifestement certaines dans le chat se reconnaissent dans ce que vous êtes en train de dire je dis backla la Kitty on a du mal à comprendre nous-même pourquoi on n'a pas réagi et d'où la culpabilité effectivement quand on lit votre ouvrage on voilà on baigne là dedans dans cette dans cette culpabilité d'autant plus que certaines venaient de le dire elle en réussit à s'échapper elle on criait ce sont des battus et mais on comprend que l'effet de sidération n'a pas le même le même effet en fait sur la question est mal posée c'est à dire qu'à un moment il faut se demander pourquoi il a fait ça alors justement le problème c'est l'agression c'est pas la façon dont on essaye nous de faire avec plus ou moins avec plus ou moins de succès et puis il y a aussi voilà que peut-être ce jour-là on n'avait pas les moyens peut-être que ce sera arrivé deux jours avant 3 jours après voilà on aurait réussi à s'en sortir mais bon moi j'ai pas réussi et puis après il y a aussi pour certaines un grand nombre une jeunesse incroyable 16 ans 17 ans 18 ans 20 ans et et on pense rencontrer quelqu'un qui va vous aider voilà et on se retrouve dans des situations et quelqu'un qui est dominé enfin lui il était dans une position de pouvoir où il y avait pas d'équivalent donc oui il prenait en plus des femmes beaucoup plus jeunes débutantes bien sûr il jouait là dessus c'était son arme la question de la frontière entre le sexe et la violence ne passe pas par la zone grise écrivez-vous et là magnifique phrase elle passe par le il peut pas y avoir des bénéfiques phrases tout le temps donc les amis écoutez voilà donc la magnifique phrase c'est celle-là la question passe par le choix du sujet pour qui le sexe et pour qui la violence je suppose que pour Patrick Poivre d'Arvor et c'est ce qu'il a défendu devant les policiers c'est ce qu'il a défendu tout le temps c'était du sexe quasiment du libertinage incompris on va dire pour moi pour nous pour toutes les femmes avec qui j'ai parlé c'était c'était de la violence c'est pas du sexe en face c'est pas ça le sexe c'est de la violence sexualisée alors au-delà de PPDA vous vous faites des rapprochements avec Johnny Hallyday vous rappeler comment le Eric de Montgolfier le procureur a dit que ça a été la plus terrible à faire qu'il ait eu à subir puisqu'il a eu un nombre incalculable de de pression je raconte de mémoire à vous rappeler que Bernadette Chirac était même elle-même intervenu à la télévision on touche pas au trésor national Johnny etc et donc il y a pas eu de il y a pas eu il y a pas eu de suite vous parlez de Nicolas Hulot là aussi à TF1 où il n'y aura pas de suite vous parler donc évidemment abondamment de de PPDA et donc ce que vous voulez nous expliquer c'est qu'il y a une impunité encore plus grande dès lors qu'on touche aux star system en fait absolue c'est une impunité absolue c'est à dire que dans le aucune vedette un certain niveau de célébrité aucun homme n'a jamais été condamné certains ont été accusés mais jamais aucun a été condamné donc c'est une impunité en béton mais là peut-être je vais laisser parler à nous parce que celle qui est accusé Johnny Hallyday de viol Marie elle était là à Nice quand on a quand on a fait la signature en fait oui Hélène et Marie se sont rencontrés quelques heures avant la signature à la librairie et ça a donné encore à cette soirée une autre dimension la présence de Marie c'est une famille qui a été dans une dans une solitude aujourd'hui l'espèce de chance que qu'on les femmes c'est de pouvoir se de pouvoir se regrouper de pouvoir se retrouver Marie elle a été clouée au pylori elle a été dans une solitude absolue elle a été suivie elle a été menacée il y a eu un nombre d'enquêteurs engagés par Johnny hallucinant pour l'intimider le procureur de la République en parle à l'époque de la difficulté qu'il a à gérer cette affaire et cette femme finit par être condamnée à de la prison la finalité de cette affaire c'est bon ben voilà vous dites il m'est arrivé ça et c'est vous qui êtes condamné à de la prison alors certes avec sursis mais elle a ça quelque part écrit sur son casier voilà et cette femme elle a je sais pas c'est une battante c'est une guerrière elle est elle est incroyable de gentillesse de de douceur avec ce qu'elle s'est pris et elle est voilà nous on continue à l'avoir puis qu'on l'a rencontré à la librairie avec Hélène et c'est voilà ça fait partie de ces femmes où vous dites mais enfin comment elle traverse la vie en fait quand on s'attaque à Johnny Hallyday effectivement on s'attaque à un monument national comme un PPDA comme à Bourdin comme à Hulot comme à Epstein je trouve scan le fameux coureur là aussi tout le monde tout le monde était au courant enfin là il y a une vraie question de du pouvoir des hommes des hommes publics j'ai encore vu passer j'ai pas approfondi le sujet mais sur la prochaine nomination de Polanski je sais pas où bon je [Musique] voilà ce sont des vraies questions mais après après tout enfin on reparle de l'histoire de la Sambre le type qui a violé pendant 40 ans aussi dans ce coin là bon bah manifestement est très célèbre mais il a pas il a pas été il avait pas le profil quoi pour être pour être violeur donc on a pas il y a vraiment une idée de ce qu'on se fait des violeurs quoi un homme public puissant qui a du fric il peut pas faire ça c'est pas possible et alors les autres non plus manifestement elle a compté il y a 26 magistrats qui se sont penchés sur son cas sur cette affaire pas pour essayer de mettre à jour une vérité mais pour essayer de la faire taire c'est-à-dire pour essayer de lui faire renoncer à son accusation de viol contre Johnny le même discours avec la même explication les mêmes voilà mais elle a vécu des pressions franchement c'est un petit bout de femme vous diriez pas comme ça mais elle a des épaules c'est c'est du béton armé 26 personnes qui vous regardent et qui vous traitent de menteuse faut pouvoir les encaisser d'une certaine manière elle elle a eu une enquête elle elle a pas eu on lui a pas opposé la prescription je parle de ça parce que c'est un c'est un élément extrêmement important dans l'affaire de PPDA puisque ça va être l'argument massue qui va vous être opposé Hélène vous écrivez à la Bondo la prescription on interdit les poursuites pas les témoignages elle n'oublie pas la justice à se boucher les oreilles rien dans la loi ne dit que l'effet Concorde en répéter même ancien n'éclaire pas sur des habitudes criminelles de leur auteur il ne s'agissait même pas de l'envoyer puis PDR au tribunal seulement d'ouvrir une instruction de continuer enquêter chercher d'autres victimes éventuellement non prescrites n'a pas été l'option retenue ça n'a pas été jugé utile est-ce que vous voulez que la prescription soit allongée quand j'étais témoigné je savais que c'était prescrit donc je ne savais que mon cas ne serait pas jugé j'y suis pas allée pour faire je sais pas quelque chose moi j'avais l'impression d'avoir réglé mon problème intime et personnel j'y allais pour témoigner j'allais pour d'autres j'y allais pas altruisme et la question de la prescription elle est elle est elle est compliquée c'est à dire que la justice dont cette histoire en fait elle est restée très très passive et encore aujourd'hui il y a une nouvelle en cas de préliminaire qui est ouverte mais une fois qu'on a le profil d'un homme comme ça qu'est-ce qu'on fait on cherche des victimes non prescrites et moi j'en connais des victimes m'ont prescrites donc je pense que la police peut les trouver que la justice peut les trouver simplement elles ont pas envie elle de faire cette démarche parce que elle voit la montagne que c'est de témoigner parce qu'en plus l'histoire est très médiatisée donc il y a aucune possibilité de garder une vie normale une fois pour la témoigné quand on n'est pas prescrite dans cette histoire donc je comprends très bien qu'elle n'y aille pas mais de la part de la police et de la justice une fois qu'ils avaient que nous les prescrits c'est comme ça qu'on s'appelle entre nous on avait on avait témoigné la justice devait s'emparer de l'histoire et chercher d'autres victimes parce qu'il y en a il y a pas de raison qui se soit brutalement arrêté il y a 10 ans il y a 20 ans c'est très peu vraisemblable c'est pas l'option qui a été choisie c'est-à-dire que et encore aujourd'hui alors sur l'instruction je sais pas les secrètes j'en sais rien l'enquête préliminaire les aussi mais je connais des femmes qui sont allées témoigner dans cette enquête préliminaire j'ai l'impression que la justice attend que le téléphone sonne j'ai attend que les femmes se manifestent point il n'y a pas eu d'enquête sérieuse à TF1 il y a pas eu d'en cas de sérieuses dans tous les lieux qui fréquentaient c'est-à-dire et notamment par exemple à la maison de Solène comme il aimait les anorexiques et que il y avait cet endroit où elles étaient très nombreuses où il allait de temps en temps il fallait pas prendre de Solène c'est à Paris une institution qui s'occupe du mal-être psychique des adolescents et quelque chose de remarquable et notamment des amours anorexiques et ça s'appelle Solène à cause de la fille de Patrick Poivre d'Arvor donc qui s'est suicidé à un moment il était question de la rebaptiser cette maison quand on a commencé à à comprendre qui était personnage moi je crois pas qu'il faille la rebaptisé c'est-à-dire que cette fille a souffert dans des conditions familiales avec un père qui était ce qu'il est et que ça veut dire quelque chose mais il y a pas eu du tout d'investigation de ce côté là alors à l'inverse il y a une enquête en cours qu'on trouve aussi si j'ai bien compris vous êtes vous êtes poursuivi pour dénonciation calomieuse alors les agresseurs en général ont tout un arsenal juridique pour c'est on dit que sont des mesures bâillon mais en fait c'est pas des procédures vaillants c'est des procédures de représailles alors une fois qu'une femme a parlé il y a tout un arsenal de représailles qui se met en place parmi ces représailles à la diffamation c'est-à-dire attaquer quelqu'un en disant que ce qu'il dit est faux Patrick Poivre d'Arvor a attaqué le Parisien et Libération en diffamation le procès du Parisien doit se tenir normalement le 4 juillet et on espère beaucoup qui va maintenir sa plante parce que à ce moment là ça nous donnera une possibilité de venir raconter nous dans l'enceinte d'un tribunal ce qui nous est arrivé et nous nous-mêmes il a pris alors je ne sais pas sur quel critère 16 des 23 femmes qui avaient témoignées dans la première enquête et il nous attaque en dénonciation calomnieuse c'est à dire que en fait il a déposé une plainte contre nous qui a été classé sans suite au bout de deux jours la justice n'a pas du tout pris au sérieux et il s'est porté partie civile donc ce qui ouvre une instruction etc nous attaquons dénonciation calomnieuse c'est pas tellement qui a une chance que qu'on soit condamné et on aimerait beaucoup qui ait un procès mais je voilà pour l'instant on a même pas reçu la plante donc je sais pas quand ça pourrait avoir lieu mais c'est surtout pour faire peur aux autres c'est à dire que on attaquer il faut prendre un avocat il faut se défendre voilà et alors son ça dénonciation calomnieuse elle est elle est construite sur l'idée que il était trop séduisant qu'on était folle de lui qu'on n'a pas eu ce qui on voulait donc c'est lui qui a dit non et donc on a on a rongé notre amertume et on a préparé un complot pour se venger aujourd'hui parce qu'on a été conduite ça va être dur à prouver quand même quel narcissisme il faut quand même beaucoup s'aimer bon c'est à toi dans le texte de sa dénonciation il y a quelque chose d'extraordinaire c'est que les femmes sont fascinées par l'argent le pouvoir l'uniforme ça m'a laissé un peu bouche est-ce que PPDA vous demande qu'à off à porter plainte contre vous Hélène après l'apparition du livre et chaos dit que c'est ce qu'il sous c'est ce que sous-entendait son avocat ça je ne sais pas si c'est le cas ou pas mais à ma connaissance il n'y a pas de plainte en diffamation contre le livre pour l'instant ni mon éditeur ni moi n'avons reçu de déplier de toute façon ces trois mois la diffamation non normalement c'est bon donc c'est bon puisque c'est sorti en septembre 2022 c'était écrit là septembre 2021 donc et là je vais revenir à ce qui s'est passé à Nice c'est à dire que bon il y a pas de plantes en diffamation il y en aurait une j'étais prête à discuter mot à mot sur le sur le texte en revanche quand Gérald Darmanin donc le ministre de l'Intérieur le ministre de la justice passe devant la librairie le livre et que il y a écrit unité et qui a écrit violeur qu'on voit victime on vous croit alors là il y a une structure qui vient pas de n'importe où qui vient de la police qui vient des autorités qui vient peut-être aussi de la ville de Nice ça veut dire que pourquoi pourquoi Darmanin ne devrait pas pourquoi il pourrait pas voir ces mots que vous qu'on voit à l'antenne quel est le problème alors il faut faut bien expliquer la situation donc tout à l'heure j'ai montré le joli carton rose le joli carton rose de du mardi qui précède enfin du mardi 6 décembre où vous venez faire une signature rencontre à la librairie Les les parleus c'est bien ça le nom et donc à nous il y a il y a des colleuses qui sont venus mettre ça et Gérald de Darmanin est en ville à ce moment-là complètement les colleuses enfin c'est nous qui les avons contactés elle colle que à l'extérieur bah là on en met aussi à l'intérieur comme ça quand on est on enlève un problème technique si j'ai bien compris ah bah ça oui du coup c'est un gros problème technique pour la police mais nous on apprend un peu par hasard en plus que que que le ministre de l'Intérieur vient on n'est pas prévenu notre local il situe à 15 mètres de l'entrée du futur plus grand hôtel de police européen là on va avoir de la police municipale de la nationale du CRS c'est nous juste en face et du coup bon bah ça va faire du client on va changer notre carte on va changer notre proposition littéraire aussi on va renvoyer vos livres déjà parce que gardez pas ça on risque voilà et donc du coup on se dit bon bah on a des locaux hyper vitrées voilà on appelle une de nos clientes dont on sait qu'elle est pas très qu'elle connaît quelques colleuses et puis on leur dit qu'est-ce que vous en pensez on se met d'accord sur les enfin sur les quatre phrases qu'on affiche et puis on se donne rendez-vous à 7h du mat il n'y a pas été en pleine nuit quoi on est rentré dans notre librairie tout le monde nous avait rentré il y a la police municipale qui était déjà là qui nous a vu coller enfin on avait allumé quelques lumières et puis et puis on repart et puis on va à l'école 8h30 déposer les enfants et puis on retrouve les colosses vers 8h35 au petit café à côté de la librairie et ce jour-là il pleut à Nice comme rarement il vente comme rarement c'est genre un espèce de déluge et là on voit une voiture de la métropole des boulets devant la librairie jeter des draps noirs et des bouts de bâtons au CRS qui se mettent à construire des cadres donc c'est à dire que on voit des mecs à quatre pattes avec leur leur petit clou et leur leur marteau pour construire un cadre noir pour mettre devant les vitrines quoi et voilà ça c'est du fait maison fait sur place sous la flotte sous le vent et c'est vrai que quand on voit ça bah on se dit que on rigole bien quand même parce que c'est un peu pitoyable de les voir galérer faire ça et puis après bah il y avait quand même un flic devant notre librairie donc qu'on a un sacré comité d'accueil donc on rigole mais on rigole en serrant un peu les dents et on se demandant ce qui nous attend quoi et puis là-bas on envoie une petite photo à Hélène on lui dit bon ça craint ou ça craint cette histoire quand même parce que enfin les quatre slogans qui sont affichés enfin il y a quatre slogans ont un et le titre d'un livre c'est des choses qu'on peut voir dans des manifestations enfin il y a rien de diffamant on n'est pas deux idiotes on a un peu réfléchi à ce qu'on voulait afficher on dit juste bon le ministre de l'Intérieur qui lui-même est un peu empêtré dans une affaire mais voilà un peu seulement puisque la justice a encore dit que c'était presque rien passé et on se dit bon bah voilà c'est la continuité de notre action en réalité Hélène elle vient le mardi on parle de tout ça balise de l'intérieur on a envie de dire bah ouais il y a quelques petits commerces à droite à gauche qui sont un peu fâchés avec toutes ces histoires et qui ont envie que tu vois quoi surtout qu'il a pas vu il a pas regardé et qu'on l'a vu partir on l'a vu arriver et voilà donc il y a eu un formidable effet stressant mais il y a quand même quelqu'un qui a pris une décision à un moment donné alors juste avant que vous poursuiviez effectivement c'est en lisant la tribune d'Hélène qui faisait part de ce qui de mes aventures que j'ai pris connu l'existence de du livre donc l'effet l'effet bœuf bravo les gars donc ça c'est la tribune d'Hélène quelques jours plus tard même non le lendemain le lendemain c'est chaud hop hop c'est publié le 10 je crois le 10 décembre ça vous est arrivé le 9 donc voilà Hélène voilà comme si le féminisme devenait hors-la-loi à l'approche de Gérald de Darmanin vendredi à Nice les forces de l'ordre ont tendu une bâche noire sur la devanture d'une librairie pour cacher des collages féministes avant la visite de jardin marnin dans la ville mais l'opération n'a fait que montrer ce qu'elle voulait cacher l'impunité accordée aux puissant explique la journaliste qui accuse PPDA de l'avoir violée en 1993 je trouve que c'est très grave c'est à dire que il y a cette histoire une solidarité de violeur c'est à dire que quand on quand le ministre passe on doit nous effacer on doit on doit on doit on ne peut plus nous entendre on doit nous cacher nous bâcher il y en a un à qui ça a fait plaisir c'est pas très pauvre d'Arvor dire là il y a une démonstration de quel côté l'État met des moyens et c'est pas pour nous entendre c'est pour nous effacer après il y a aussi j'ai vu quelqu'un qui disait c'est le village potenkins vous peut-être rappelé ce que c'est c'est peut-être Kim c'était un ministre je crois de Catherine II de Russie qui pour lui faire croire que le pays allait bien je faisais des fausses façades quand elles se promenait pour que les villages et l'air riches et joyeux donc là c'est un peu c'est un peu la même chose c'est à dire on doit disparaître pour que le ministre de l'intérieur n'est pas les yeux salés par par un livre par des mots par des slogans il y a quelque chose qui va vraiment et fermer une librairie censurer un livre une heure un jour un mois un an c'est la même chose il y a il y a un truc qui démocratiquement ne tourne baron c'est la suite des banderoles arrachés de manifestants qui protestaient par exemple contre la venue de Macron il y a quelques temps etc c'est à dire que de plus en plus des gens font ça mais alors justement dans votre tribune Hélène vous laissiez planer le doute sur qui avait fait ça et qui avait donné l'ordre Anouk aujourd'hui qu'est-ce qu'on sait de ça rien on ne sait rien si j'ai reçu la semaine dernière une lettre de la mairie de Nice j'ai reçu la visite il y a 15 jours trois semaines de l'adjoint à la culture qui nous apporte son soutien bien sûr la mairie de Nice se positionne absolument pas de décisionnaire non ok c'est écrit noir sur blanc avec une volonté de la mairie de de montrer son attachement à la liberté d'expression voilà chacun chacun sera son idée la différence vous faisiez référence au banderole qui était arraché chez des particuliers la spécificité c'est que nous on est un commerce on est un commerce alors particulier on vend on vend des livres le livre est un bien en France assez particulier il a un prix fixe vous allez chez moi ou à la FNAC théoriquement vous payez la même chose donc c'est c'est un commerce qui a une spécificité et encore une fois j'ai le droit de mettre sur mes vitrines ce que je veux quoi notamment quand voilà ça ne porte pas préjudice à ni au ministre ni à personne on n'a pas été enfin des slogans ne tombait sous le coup de la loi donc il y a des questions qui disent mais ce qu'il y a un cadre légal évidemment bien sûr que il n'y a pas de cadre légal on nous a empêché d'ouvrir c'est une atteinte à la liberté d'entreprendre on nous a contrôlé on est venu nous demander enfin on est venu bâcher ce qu'on avait écrit c'est une atteinte à la liberté d'expression et on nous a empêché d'ouvrir la librairie il y a une dame qui est venue qui a voulu acheter un livre et la petite nous a dit non vous n'ouvrez pas voilà donc ça c'est une réalité et là bon on va voir ce que ça donne on a rendez-vous au tribunal administratif fin février début mars on a une avocat formidable Lorraine question qui a pris la faire en main et qui a déposé des requêtes en notre nom au nom de la librairie et au nom de Hélène devinc auprès du Tribunal Administratif parce qu'elle estime que c'est une décision qui se situe quelque part dans les strates de notre administration et que il va falloir devant un juge administratif répondre de voilà qui a décidé quoi et et comment comment ça se met en oeuvre donc la mer et Nice nous a déjà répondu c'est pas nous et vous expliquer vous nous expliquez à nous qu'en début d'émission que vous avez discuté un petit peu avec les donc c'était des policiers on est bien d'accord alors devant devant la librairie il y avait deux policiers qui étaient en civil donc qui ont été très discrets et la seule femme faisait partie de ces deux policiers je sais pas reculer en nous voyant symboliquement je sais pas trop si elle assumer ce qui se passait et après il y avait des CRS c'est de la police nationale et nous on a discuté le chef de groupe était un policier de la police nationale le fameux qui disait que PPD avait vraiment pas besoin de violer voilà mais du coup vous vous posez des questions parce que au départ il voulait pas nous laisser rentrer on nous a fait un peu la leçon sur la nécessité d'avoir ses papiers en permanence on leur a dit mais vous savez nos papiers sont dans notre ordinateur à l'intérieur scanner vous pouvez les voir ah oui mais qu'est-ce qui nous dit que c'est bien vous moi je sais pas moi j'ai le vendredi matin quand j'arrive à 10h45 devant un commerce c'est qu'une manifestement j'ai un peu envie de travailler et de faire mon boulot et que voilà je vais pas me rendre intéressant ils ont vérifié à l'intérieur ils ont fait sonner nos téléphones porta plusieurs fois pour être bien sûr qu'on n'ait pas changé de numéro voilà on sait très bien qu'on est identifié maintenant au cas où on n'était pas avant bref féministe et Darmanin il venait quoi poser la première pierre du commissariat ou ça fait 4 ans qu'on est installé ici ça fait 4 ans que on nous dit que ça va ouvrir bon donc pour l'instant là il y a des travaux un peu qui ont commencé parce que j'aurais pu vous faire un petit film maintenant on a plus des bâches mais on est recouverte de trucs de travaux vraiment faut pour venir nous voir faut savoir où on est quoi là on est bien caché c'est bon plus personne n'a accès visuellement ça fait un an qu'on a un échafaudage autour de la librairie qui s'est installé de manière discutable enfin voilà je suis violent bon maintenant on sait où on est grâce au ministère de l'Intérieur auquel on ne manquera pas d'envoyer une lettre de remerciement pour cette campagne de publicité voilà il y a quand même une vraie question qui se pose sur la nécessité de cacher parce que en réalité géographiquement quand bien même Gérald Darmanin serait sorti de ce bâtiment il n'aurait jamais vu à cette distance qui avait écrit sur nos vitrines au fond bon tenez nous au courant quand même on vous fera des petites vidéos quand on sera à Nice avec Hélène en train de crier devant le tribunal on sera là si vous avez encore quelques minutes j'ai quelques questions du chat à vous à vous à vous remonter monsieur ZD demande à Hélène avez-vous des témoignages sur des pertes de mémoire c'est aussi une chose qui peut arriver la sélectivité du cerveau pour résister je pense le chat qui est le fait de court-circuiter le moment traumatique pour avoir survivre avoir moi j'ai pas vécu ça veut pas dire que j'ai pas c'est à dire que en fait ce qui se passe c'est quand quelque chose de très très violent arrive comme ça on veut pas que ce soit arrivé donc on fait tout on bloque on fait tout pour pour se dire que c'est voilà ça n'existe pas et c'est ce que j'ai fait moi j'ai je raconte dans le livre j'ai fait un petit sarcophage bien scellé que j'ai mis dans un coin de ma tête pour plus y penser j'irai pas jusqu'à dire que c'est une amnésie traumatique parce que je savais très bien mais certaines ça arrivent à certaines femmes qui qui mettent des années voire des dizaines d'années à comprendre et puis ensuite quand les choses se sont passées il y a longtemps voilà il y a un trouble sur est-ce que je en train de me raconter une histoire est-ce que et c'est très très compliqué d'intégrer l'agression dans son réel c'est d'ailleurs un des arguments de ceux qui voudraient que la prescription soit allongée en disant que il faut beaucoup beaucoup de temps en fait pour pouvoir parfois se rappeler ou se dire allez cette fois je vais je vais je vais parler quoi dans la prescription dans notre histoire par exemple qui est une histoire qu'on dit de ses réalités où les choses se répètent se répètent se répètent elle ne bénéficie qu'à l'agresseur soyons clairs la société n'a rien à gagner à ce que cette histoire soit prescrite personne n'a rien à gagner à ce que cette histoire soit prescrite donc même les plus fervents défenseurs de la prescription pourrait s'interroger en cas de sérénité merci les choses se répètent tellement est-ce que ça peut pas tomber alors c'est le cas quand les agressions concernent des mineurs pour les pédocrinels qui répètent pendant des années des années les mêmes choses je vois pas très bien pourquoi ça serait pas pareil pour nous avez voulu le livre de Florence Pourcel vous demande l'Auvergnat est relou j'ai lu ces deux livres pondorini qu'elle a écrit donc avant de porter plainte et honte qui vient de sortir où elle raconte quelque chose de très important mais en fait ce qui lui est arrivé à Florence c'est que le sort qui lui a été fait était tellement violent moi quand j'ai vu qu'elle avait porté plainte je lui écris un petit mot sur un Instagram je la connaissais absolument pas pour lui dire je vous crois et je suis bien placé pour pour savoir de quoi vous parle et puis voilà derrière Patrick Poivre d'Arvor bienvenue à quotidien dire qu'elle était folle et ottomane qui s'était jamais rien passé que il était très convaincant et ça défense a été tellement agressive vis-à-vis de Florence que c'est ça qui moi m'a décidé à porter plainte en plus que je savais par ailleurs qui m'était et donc Florence dans ce livre elle a elle revient avec beaucoup de [Musique] distance avec une et sur sur le sentiment de honte qu'elle a vécu qui a été terrible c'est à dire que à un moment plus personne ne la croyait c'est un détail mais je me suis gouré c'est l'auvergnateux et non pas voilà bravo bravo comment votre livre a été reçu dans le milieu médiatique alors on va commencer par il y a des journaux qui sont toujours proches on va dire du pouvoir et qui n'en n'ont pas parlé mais ils sont très peu nombreux le livre a été extrêmement bien reçu ce qui a été pour moi une très très importantes c'est-à-dire que ça ça a inversé la place qui dans un premier temps avait été donné à Patrick Poivre d'Arvor m'étais donné et par le biais de mon livre à nous toutes qui a augmenté et ça ça a été ouais plus d'un an de travail de d'explications de pédagogie pour pour faire comprendre cette affaire non le livre a été très très bien accueilli je peux me permettre d'ailleurs de rajouter une chose sur ce livre que j'aime beaucoup qui est juste un avis de libraire et moi je suis sensible à la langue et Hélène raconte des choses absolument affreuses j'ai vu passer voilà cette sensation de nausée elle est là mais elle est portée par une langue et une écriture je lui ai déjà dit donc voilà je le dis tranquillement enfin Hélène et crimes merveilleusement bien et ça aussi il faut le dire parce que elle parle d'un sujet de société qui est mais elle l'écrit vous êtes vous êtes pris dans les récits vous avez pas le choix si vous l'ouvrez c'est fini pour vous le finirez quoi c'est voilà c'est merveilleusement bien écrit en plus de ce que ça raconte nous sommes d'accord merci beaucoup c'est vrai maintenant un petit peu j'ai lu les livres de Sarah bol de Camille Kouchner j'ai quand même une culture là-dedans qui commence à être respectable et on peut noter des différences d'écriture parce que je suis quand même sensible à la forme et que en tout cas voilà celle d'Hélène et une particularité à un ton un style que j'ai trouvé en voilà bouleversante voilà l'écriture est bouleversante il y a aussi une difficulté quand on raconte ce genre d'histoire c'est ce qu'on appelle un livre MiTo et on peut être très vite classé dans le témoignage qui dans les librairies voilà c'est voilà c'est honorable c'est courageux c'est un témoignage pour qu'on nous accorde sur ces sujets le statut de littérature il y a encore du travail et ça on a du mal à on a du mal à y arriver c'est comme si c'était des récits qui ne pouvaient pas prétendre à la littérature alors ça me permet de répondre à une question qui m'est posée mais autour de votre ouvrage par Kaf en Corel question pour def du est-ce qu'après la lecture du livre d'Hélène devinc ta vision sur les vs sexualité sexiste a changé évolué étant de la même génération que toi mais du sexe opposé je serai curieuse de le savoir je l'ai dit tout à l'heure oui oui et je pense que c'est par la littérature parce que le bouquin est particulièrement écrit que j'ai peut-être plus accroché que le livre de témoignages qui devient en effet un genre en soi et tout je veux dire tout chouette qu'il soit bon là il y a autre chose qui tient pas uniquement hostile mais qui tient au fait que vous tirez de toutes ces histoires des une analyse qui s'adresse aussi aux hommes quoi voilà c'est comme ça que je c'est comme ça que je l'ai lu moi en tout cas alors que je m'y attendais pas au début je m'attendais pas à ça vous avez cru que c'était une histoire de puisque vous avez invité une libraire super libre moi j'ai un éveil enfin j'ai l'impression de continuer à me réveiller chaque jour j'ai l'impression de comprendre encore quelque chose enfin c'est c'est un travail au long cours cette réflexion autour des relations des hommes et des femmes et si voilà si au-delà du livre d'Hélène qui me semble essentielle dans notre société française vraiment c'est la base d'un combat elles ont posé des fondations à ces femmes voilà et si vous avez la flemme de lire commencez par l'émission de Mediapart pendant deux heures après vous aurez tout à fait envie de le lire si on n'a pas été assez convaincant ce matin mais il y a le travail d'une femme qui s'appelle Dorothée du SI et qui me semble-t-il explique très bien aussi le ruissellement ce mot qui aime bien notre président donc qui c'est qui ruisselle moi je sais plus mais c'est lui [Musique] merci infiniment à toutes les deux d'être venu un petit coucou à Mireille Paolini c'est éditrice difficile mais à 2 avril comme moi bélier Bélier et qui est votre éditrice Hélène aux éditions du Seuil voilà merci incroyable c'est vrai elle est géniale cette femme est géniale vous croyez les deux bien sûr bien sûr alors merci cet effort nous dire NON MERCI nous dit et guilde merci mesdames nous dit jujukin un grand merci à Hélène pour son livre poignant bouleversant et pour son combat contre l'impunité et sa belle-sorité et force à nous pour sa librairie installé en estrosistant c'est KOF merci dit Blanca de Loches merci Merci à VOUS d'immed LEB phone flore merci ça n'arrête pas dis why merci curieux super merci pour tout merci d'être venu et de votre combat merci merci c'était passionnant ça donnerait presque envie d'aller à Nice pour pas pousser merci aux invités Sylvie merci David merci au super modo voilà sur vous ouverte le 20 février c'est un lundi je crois pas c'est mon weekend reste un dimanche lundi pour le moment mais parfois je suis caché dans la librairie pour faire des vidéos comme ça donc faut venir on sait jamais ah oui c'est ça merci très impressionné par votre courage dit la sieste 4e mouvement merci les valeurs anarchiste merci pour cette entretien 10 sentiers battant merci pour ces témoignages importants etc etc voilà bon merci à vous David merci beaucoup c'était un plaisir si je puis dire de enfin suite à danser c'est un plaisir de discuter avec vous même si le sujet est voilà je vous salue je vous salue merci beaucoup moi je vais continuer à papoter avec les amis bonne journée bon courage et tenez nous au courant tenez au courant s'il y a des problèmes avec tout ça hein on vous fait des petits films merci beaucoup merci beaucoup au revoir au revoir merci beaucoup amis de la police et du café de la tendresse utopiste et des streams sérieusement libre merci d'avoir suivi ce nouvel épisode de post vs l'impunité et le silence qui ment avec Hélène Devinck et Anouk Aubert libraire merci aux immenses modaux de la paix et aide techno eurial Jessie Robin Olivier merci à la folle équipe du site au poste.fr au Post.fr emmené par les pétaradents Sylvia Nicolas Aymeric Alex et tous les autres merci à l'équipe intrépide de glace pour le partenariat [Musique] [Musique]
Gérald Darmanin