Le Sénat avance sur la rémunération des producteurs – 01/07
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BFM Business et la Tribune présente 8-19 d'Edwis Chevrillon.
Bonsoir à tous, bienvenue dans le 18-19. On va parler de la loi d'urgence agricole, de l'impact de la canicule sur les agriculteurs. On va en parler avec Nicolas Chaban. C'est le fondateur, vous savez, de C'est qui le patron ? Justement, il était au Sénat. Il a réussi à faire adopter un de ses amendements en forçant un peu la main au gouvernement. Il nous racontera tout dans un instant. Et puis après, c'est l'ancien rapporteur du budget à l'Assemblée nationale, Jean-René Cazeneuve, qui sera avec nous. Face à lui, Mathieu Plannes, directeur adjoint du département Analyse et Prévisions de l'OFCE.
On essaiera de comprendre d'abord quel est l'impact de cette canicule, justement, l'impact économique. On parlera du budget 2027, c'est encore pire que 2026. Et puis surtout, Jean-René Cazeneuve vient de rendre tout à l'heure un rapport sur les services publics, notamment au service de la poste. Il propose 40 mesures pour réformer la poste. Mais pour l'instant, place au journal avec Stéphanie Collot. Il est 18h. Bonsoir, Stéphanie. Bonsoir, Edwige. Et donc, après le faveur du Sénat, c'est l'Assemblée nationale qui approuve définitivement le projet de loi actualisant la dépense milliers à loi de programmation militaire.
Oui, le projet de loi fait grimper le budget militaire à 2,5% du PIB. Ça représente 36 milliards d'euros supplémentaires pour les armées d'ici 2030. Emmanuel Macron entend promulguer la loi à temps pour le 14 juillet. Toujours à l'Assemblée nationale, Sébastien Lecornu était interrogé cet après-midi sur l'explosion du nombre de décrets pris par le gouvernement qui complexifie la vie des entreprises. Sébastien Lecornu promet de poursuivre la simplification des normes et annonce de nouvelles étapes avec deux décrets à venir d'ici l'automne et le déblocage en urgence de 6 millions d'euros pour accélérer les procédures numériques de la justice.
Le commerce en ligne ne cesse de progresser pour la septième année consécutive. Les ventes sur Internet sont en hausse de 7% en 2025. À près de 200 milliards d'euros, un record selon la FEVA de la Fédération du secteur. La plateforme Vinted est le deuxième site comportant le plus de clients en France en 2025, derrière le géant Amazon. Le secteur auto dans le vert, les ventes de voitures neuves en hausse de 11% sur le seul mois de juin selon la plateforme automobile. Et la tendance se confirme, l'électrique continue sa percée avec une part de marché qui atteint 30% le mois dernier. Tesla confirme son retour avec des ventes en hausse de 140% depuis le début de l'année.
CMA-CGM, maison mère de BFM Business, se renforce aux Etats-Unis. Le groupe rachète les activités logistiques de FedEx en Amérique du Nord, montant de l'opération 1,4 milliard de dollars. Il entend aussi conclure des accords commerciaux de long terme dans le fret aérien et maritime pour un montant correspondant à 3,5 milliards de dollars sur 10 ans. Aux Etats-Unis, la fin des restrictions de sécurité nationale pour Anthropique. Le gouvernement américain lève les contrôles d'exportation sur Fable 5 et Mythos 5. Les deux IA les plus puissantes de l'entreprise.
En échange, Anthropique s'est engagé à traiter les risques de sécurité et à travailler avec le gouvernement sur les normes et sorties de ses futurs modèles. Et puis, le titre Meta bondit à Wall Street. Le groupe se prépare à lancer une offre cloud selon Bloomberg. Il faut dire que Meta a massivement investi dans ces infrastructures avec la construction d'un gigantesque centre de données. Un projet estimé à 10 milliards de dollars. Et Meta envisagerait donc de proposer à des tiers des capacités excédentaires non utilisées pour sa propre IA. Les marchés avec Antoine Larigauderie. Bonsoir Antoine. Bonsoir Stéphanie. Bonsoir Edwine. Bonsoir Antoine. Et on commence le mois en baisse, Antoine.
On commence le mois en baisse. On commence le trimestre en baisse. On commence le trimestre en baisse, moins 0, 79%, 8 337 points. Alors, logique qu'on commence sur une tendance négative alors qu'on a quand même connu plusieurs mois assez spectaculaires sur le CAC 40. Et si on regarde du côté des valeurs, ça on dit long finalement. Les titres à la baisse sont les titres les plus résistants, les plus résilients de la cote. On a Orange qui perd 4,5% à 15,77. On a Engie, moins 3,8, 26,55. On a Carrefour, moins 3,4% à 15,70. Et puis, on a aussi la technologie qui subit des prises de profit. Notablement, ST Microelectronics qui est la meilleure performance depuis le début de l'année.
Le titre a perdu 3,3% en clôture à 62,37. Et qu'est-ce qui a grimpé ? Tous les titres qui ont été mis de côté sur le premier semestre. Et si leur loup Sotica gagne 5,5% à 173 euros. Le secteur auto, fort des bons chiffres dont vous avez parlé Stéphanie. Renault gagne 4,8% à 26,28 euros. Stellantis plus 3,27 à 5,15. Et puis, le secteur des logiciels qui s'est fait torpiller par les perspectives de disruption par l'IA. Dassault Systèmes reprend 3,2% à 18,39 euros. Et Capgemini plus 3,14 à 90,72 euros. Les volumes d'échanges corrects à 4,3 milliards pour un CAC 40 qui a donc perdu 0,79% à 8,337.
Merci Antoine, merci Stéphanie. Rendez-vous avec vous donc 19h, 19h30. Tout de suite, c'est le 18-19 avec mon premier invité, Nicolas Chaban, le fondateur emblématique de C'est qui le patron ?
BFM Business et la Tribune présentent le 18-19 d'Edvie Chevrillon.
Vous êtes bien dans le 18-19. On va d'abord parler de canicule, on va parler de loi d'urgence agricole. Et puis, peut-être cette victoire d'initiative citoyenne. En tout cas, celle qui réjouit son patron, le patron de C'est qui le patron ? Bonsoir Nicolas Chaban. Bonsoir, bonsoir. Merci d'être là parce qu'on a l'impression que c'est un combat que vous avez mené contre le gouvernement, contre tout le monde. Et puis finalement, le Sénat a adopté ce que vous vouliez, votre amendement qui avait été combattu par le gouvernement. On va revenir là-dessus évidemment, même si c'est une victoire importante sur la transparence et le juste prix pour, le juste rémunération pour les producteurs.
Mais d'abord, quand même un sujet, les agriculteurs, les producteurs, vous, vous vous êtes confrontés à la sécheresse. Comment vous voyez l'impact que ça peut avoir sur les éleveurs, sur les producteurs ?
Alors l'impact, il est très grand chez tout le monde, bien sûr. Tout le monde suffoque dans cette période de canicule. Mais les éleveurs, il y a des choses très concrètes. C'est-à-dire que les éleveurs, les producteurs de lait, il y a moins de lait. Donc évidemment, parce qu'il y a des grandes chaleurs, les vaches donnent moins de lait. Donc il y a moins de revenus. Mais pas que. Il y a des grêles absolument catastrophiques. Il y a eu des tempêtes dans l'Oise. Il y a un producteur, on le salue, Pomme d'or officiel, je me rappelle de son compte. C'est des tomates en agroécologie. C'est des petites pépites. Tout a été détruit par une tempête.
Donc il y a des producteurs déjà fragiles qui subissent de pleines fouets un éleveur de canicule qui va revenir. Donc on pense encore plus à eux puisque, évidemment...
Vous avez mesuré l'impact un peu, vous savez un peu l'impact économique cette fois-ci.
Oui, ils ont sollicité d'ailleurs ce matin le ministère en urgence en disant, écoutez, c'est déjà pas facile pour nous. On connaît le contexte, la rémunération difficile des producteurs, le fait que les exploitations disparaissent, les gens qui nous nourrissent sont en difficulté. Mais il n'y a pas de comptabilité à faire. Il faut qu'on arrive à les aider d'urgence parce que derrière ces problèmes, il y a le fait qu'ils arrêtent leur activité. On est passé sous la barre des 349 000 exploitations en France. C'est 1 300 000 de moins qu'il y a quelques dizaines d'années. C'est dramatique.
Et je rappelle dans ce contexte compliqué que cette nourriture-là qu'on voit sur vos écrans, faites pas très loin de chez nous, c'est un trésor. Ne comptons pas sur les importations. À un moment donné, si les bateaux qui nous amènent la nourriture n'arrivent plus jusqu'à nous, on voit qu'il y a des contextes compliqués partout dans le monde, ou que d'autres pays les rachètent en chemin, on regrettera énormément de ne pas avoir aidé des gens qui ne demandent qu'à vivre de leur travail.
Oui, mais qu'est-ce qu'on peut faire ? Qu'est-ce qu'on peut faire ? Alors, on ne va pas refaire toute l'histoire de l'agriculture française, Nicolas Chabanne, même si vous la connaissez par cœur et vous avez vos idées, et vous vous battez pour. Mais là, concrètement, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il faut revoir les modes de production, parce qu'il y aura de plus en plus de canicules, et il y en a déjà la semaine prochaine, voire après-demain, et il y en aura une autre ensuite.
Il y a ces orages, vous avez raison, qui sont d'une violence incroyable, et puis qui tombent dessus sur un endroit très localisé, donc évidemment, si vous produisez des tomates et c'est juste en dessous, il y a peu de chances que vos tomates, elles sortent.
Oui, c'est très injuste, surtout rappelons-nous que c'est la profession, une des professions les plus fragiles. Ceux qui nourrissent les autres n'arrêtent pas à se nourrir eux-mêmes. Ce qu'on a à faire, en tant que consommateur, déjà acheter français, vérifier le juste prix, on en parlera, être sûr que quand tu mets quelques centimes de plus, le producteur récupère ses centimes. Puis après, au niveau du gouvernement, c'est la mesure nationale la plus simple à prendre. Quand les producteurs bloquent les routes, neuf Français sur dix sont encore d'accord pour être solidaires de leur mission quotidienne.
Il y a une chose à faire, protéger des gens qui nourrissent les autres en mettant les moyens financiers qu'il faut. Si l'économie, qui dépend évidemment du fait que chaque jour, on trouve de la nourriture dans nos assiettes, se grippe parce que ces gens-là ne sont plus là pour nous nourrir, tout va devenir compliqué. C'est quasiment un des seuls secteurs économiques où on peut aider, mais vraiment sans faire de comptabilité. Ils ne demandent pas à trois semaines de congé en plus. Ils demandent, après une tempête, après un coup de chaud, après des difficultés, des intempéries, à repartir au moins sur la base de ce qu'ils avaient avant.
Franchement, il n'y a pas d'économie à faire sur l'agriculture.
Ça se traduit comme une aide directe ? Qu'est-ce que vous demandez ?
Il faut véritablement des aides qui se fassent en urgence quand les trésoreries sont exsangues. Vous avez énormément d'exploitations. Tous les soirs, on en connaît, les gens se disent « est-ce qu'on continue ? » Ils sont en famille, c'est des passionnés, ils font 7 jours sur 7, et à un moment donné, tu as une trésorerie qui est bousculée par ce qu'on vit en ce moment. Naturellement, tu as envie d'arrêter. Mais c'est dramatique. Je répète qu'on ne peut pas ne pas amener en urgence de l'aide à des gens qui nous nourrissent.
Pardon pour ces mots répétés très souvent, mais je trouve que cette comptabilité économique, ces budgets qui arrivent petit à petit ou pas, c'est une insulte au bon sens et aux attentes de nous, citoyens. Dites-nous qu'il faut rajouter 2-3 euros de plus par mois, même sur des contributions, pour que ceux qui nous nourrissent tous les jours soient là demain et remplissent nos assiettes. Vous verrez qu'on sera tous d'accord.
Alors, il y a justement en ce moment en débat, il y a une loi d'urgence agricole qui est en discussion, qui a été à l'Assemblée nationale, qui a été au Sénat, et là, vous avez réussi à remporter une victoire pour que cette loi d'urgence agricole soit plus transparente, c'est-à-dire qu'on sache exactement d'où vient le poulet qu'on achète, et surtout, s'il ne vient pas d'Europe, il faut aussi qu'on le sache. Et puis, vous avez quand même aussi obtenu qu'il y a une juste rémunération des producteurs, que ça soit établi. Alors, ce qu'il y a, c'est qu'on peut dire, c'est normal, c'est bien et tout.
En fait, ça a été l'objet d'un bras de fer que vous avez conduit, mené, on peut voir ça sur les réseaux sociaux, contre des mauvais esprits et puis contre le gouvernement. Racontez-nous un peu rapidement.
Un peu d'inertie, je vais essayer de vous raconter ça très rapidement. Raphaël Petit, qui est un des responsables juridiques de C'est qui le patron, dit au moment de l'arrivée de la loi d'urgence agricole, et si nous, consommateurs, sur la base de ce qui marche dans la vraie vie, on rajoutait un amendement pour que la rémunération des producteurs soit clairement signalée, clairement sur le produit, ce qui nous garantit à nous, consommateurs, qu'en achetant, le producteur est aidé.
C'était très simple, ce n'est pas une usine à gaz, ça ne coûte pas un euro à l'État, et Marie Pochon, qui est une députée, on a envoyé à tous les députés, puisque ce n'est pas notre métier, on n'est pas politique, relais, et l'Assemblée nationale dit oui. Incroyable, nous, citoyens, pour la première fois, première étape passée, il reste l'étape du Sénat. Et là, donc, le Sénat, on se dit, ça va être une formalité, puisque, encore une fois, ça ne coûte rien à l'État, et ça marche déjà dans la vraie vie, 15 millions de gens le font tous les jours. Ça devient une loi pour que d'autres producteurs soient aidés. Le Sénat supprime cet amendement.
Alors, à Basourdi, on demande des rendez-vous, on rencontre les sénateurs, finalement, et ça c'est merveilleux...
C'était sur le principe de quoi qu'ils avaient... Juste, on essaie de comprendre la logique sénatoriale.
On va dire qu'ils n'avaient pas bien à regarder ce qu'on était, sans doute. C'est bien qu'ils aient pris le temps, notamment, de nous recevoir. On a rencontré Jean-Baptiste Blanc, Laurent Duplomb, Franck Ménonville, une série de... Le fameux Laurent Duplomb. Des sénateurs qui, au départ, avaient dit non. Et quand on leur a expliqué calmement, mais nous, on est des consommateurs, on n'est pas une marque, il n'y a pas d'enjeu financier, il n'y a pas de dividende à la fin de l'année, tout ce qui est vendu de façon solidaire dans le rayon va au producteur. Bon, ils ont relevé la tête, on leur a dit, ça ne coûte pas un euro à l'État. Ah bon ? Ok.
Et ça va permettre d'aider, de façon très simple, beaucoup de familles de producteurs. Et là, ils sont passés d'un non à un oui. Ils ont même réintégré ceux qui avaient supprimé l'amendement. Et là, dernier coup étonnant, le lendemain, alors qu'on se dit, ça y est, on est enfin sur, je dirais, la piste d'atterrissage. Parce que franchement, quand vous êtes citoyen, vous ouvrez des grands yeux en disant, mais pourquoi c'est si compliqué ? On parle d'une évidence.
C'est la telle peur du lobbying, de l'influence.
Oui, nous, on a rencontré plutôt des gens qui essayaient de comprendre. Donc, je crois qu'il y a un peu, vous savez, un monde par défaut où tout le monde a peur de quelque chose qui bloque. Et en réalité, dès que tu prends les choses et que tu parles calmement, en expliquant ce qui se passe, tout le monde est d'accord. Et là, le gouvernement fait quelque chose de technique, mais Mme Genevard, la ministre, vient de tweeter, donc je vais rétablir la vérité à l'instant, il y a quelques minutes.
Le gouvernement rajoute, alors c'est technique, sur l'amendement des citoyens, prêt à être juste voté puisque tous les sénateurs étaient d'accord, un amendement qui n'a rien à voir avec celui de la rémunération et qui par nature, puisque c'est le gouvernement, bloque et écrase tous les autres amendements. Alors là, on a perdu un peu de notre sourire, de notre calme habituel. On a mis sur les réseaux que c'était franchement un gag.
Il y a eu, merci à tous ceux qui ont relayé une interpellation du gouvernement en disant mais attendez, arrêtez, ça ne coûte pas un euro à l'État, ça marche, 15 millions de gens le font, on veut aider juste les producteurs par de la transparence, ne bloquez pas tout. Et ce matin, le gouvernement a redécalé son amendement et enfin, on va pouvoir avoir dans la loi, et c'est une très bonne nouvelle, on pense aux producteurs, le fait que lorsque on parle de la rémunération des producteurs, on doit dire clairement aux consommateurs ce qu'ils gagnent pour que ce soit garanti et qu'on puisse vérifier que ça va bien aux producteurs.
C'est une victoire du bon sens et de la bienveillance et on est heureux d'avoir pu le faire.
Est-ce que tous les producteurs ont envie qu'on sache combien ils gagnent ?
Bien sûr, les producteurs aujourd'hui, qu'est-ce qu'ils ont à perdre ? Quand vous avez des producteurs qui gagnent 300, 400 euros par mois en faisant 7 jours sur 7, vous n'avez pas de problème à dire ce que vous gagnez, vous avez plutôt envie qu'on vous donne une juste rémunération et cette juste rémunération, encore une fois, elle est quelques centimes de plus pour nous. On n'est pas en train de faire monter les prix, on est en train de ramener les produits.
On verra quoi exactement ? On espère que ça aboutisse, surtout parce qu'il faut que la loi soit adoptée et puis après derrière, il faut qu'il y ait un décret et puis enfin... C'est le gouvernement les décrets. Oui, oui, oui. Enfin, ça veut dire qu'est-ce qu'on aura, qu'est-ce qu'il y aura écrit sur, je ne sais pas, sur nos blancs de poulet, sur nos salades ?
Là, ce n'est pas notre amendement, mais il y a beaucoup de boulot qui est fait, notamment Olivier Dauvert et pas mal de gens organisent la transparence. On va redire un truc, ce n'est pas nous, mais je vais le redire. Vous avez un drapeau français quand c'est français, mais quand c'est d'un autre pays plus lointain, mettez le drapeau de cet autre pays. Pourquoi il n'y est pas ? C'est une autre information et je peux repérer le drapeau français, première chose. Et ensuite, quand vous aurez une allégation qui dit rémunère mieux le producteur, la question est combien ? Parce que sinon, ça peut rester de la com, du marketing, ça peut nous perdre.
On n'a pas envie, nous consommateurs, de rajouter des centimes si on n'est pas sûr que le producteur s'en sort. C'est aussi simple que ça. Ça devient une loi et c'est une grande première et ça va aider énormément de familles partout en France.
Ce que je voulais dire, ça c'est très très important, mais comment faire, si vous voulez, pour qu'on ait sur le paquet la remunération, la juste remunération du producteur ou de l'EVR ? Ce n'est pas facile parce que ça sera par tonne, par gramme, par paquet, par quoi ?
Oui, vous avez raison. On va non seulement pouvoir, quand il y a de la place, le mentionner, mais on va sinon le rendre accessible directement par la DGCCRF. Il y a un organisme qui est capable d'indexer parce qu'attention, vous vous rendez compte qu'aujourd'hui, vous avez le droit de dire le producteur gagne sa vie sans que rien ne soit dit sur le prix qui lui est payé. C'est ça qui n'est pas possible. Donc en le disant, en l'indexant, en le mettant quand on peut sur le produit, on va ensuite, avec un peu de pédagogie, expliquer, dans le lait, c'est très simple, un centime de différence par litre pour un producteur, c'est 5 000 euros de plus pour lui par an. Un litre.
Un centime de plus, je vais vous faire le calcul rapide, il y a 500 000 litres par an et par habitant. Attendez, je vais reprendre calmement, on dirait Krasuki il y a quelques années. On a 500 000 litres en moyenne de production chez un producteur de lait. 500 000 litres. Quand il gagne un centime de plus par litre, il gagne 5 000 euros, 2 centimes, 10 000 euros, 3 centimes, 15 000 euros. Ça veut dire que, pour nous, les fameux 3 centimes, on boit 50 litres, ça va faire 1,50 euro à la fin de l'année et lui 15 000 euros. Il faut qu'on remette au juste prix les choses et que nous, consommateurs, on ait toutes les informations.
Un mot sur la transparence, vous êtes ici sur la chaîne qui traite le plus d'économie en France, le monde économique, demain, sera fait de transparence ou reculera et se déstabilisera lui-même.
Et ça progrès à l'intéressence, absolument.
Il faut de la transparence. Et vous savez pourquoi tout va changer ? Parce qu'il y a eu très longtemps nous consommateurs en train de suivre et faire confiance à des marques de la com' et du marketing. Là, on relève la tête en disant, attendez, où va notre argent ? Qu'est-ce que devient notre argent derrière nos achats ? Et c'est pour ça que ces lois, que ça arrive dans la loi, c'est un hommage au producteur, au respect du travail des producteurs, mais aussi de notre pouvoir d'achat. On va pouvoir dire, j'achète ce produit et pas celui-là.
Est-ce qu'il faut, parce que là, je vois que vous avez votre brique fétiche, qui est la brique de ce qui le patron...
Autoriser à la relever parce qu'on peut l'éviter.
Voilà. Qui rémunère au juste prix de son producteur à chaque fois que vous arrivez. Oui, mais c'est un combat, c'est un beau combat que vous faites. Voilà. Il s'est écrit au dos. Est-ce qu'il faut s'attendre à une hausse du prix du lait ?
Ben non, parce que, alors, du lait en général, peut-être, si les producteurs en ont besoin, on en reparlera. Mais quand on fait comme cette démarche-là, il y en a d'autres. Quand t'avais l'autre, la France, la Brique Roche, je veux pas que ce soit uniquement merci chez les distributeurs. Il y a des démarches qui aident les producteurs. Si à un moment donné, il y a un juste prix, quand il y a des petits aléas, un tempérit, un coût de production qui augmente, ils peuvent garder le prix pour le consommateur parce qu'il y a un amortisseur qui se fait. On est tous gagnants à ramener le juste prix au producteur. Ça le rend moins fragile.
Et nous, tous les producteurs de ce qu'ils patronnent en ce moment, ils subissent les intempéries. Mais comme ils ont pu avoir des réserves, ils ne perdent pas le sourire. C'est pour ça qu'il faut que ce soit le cas pour tous les producteurs en France.
Est-ce que vous avez le... Vous savez, il y a eu ce rapport aussi sénatorial. Il se passe beaucoup de choses. C'est vrai au Sénat avec toutes les auditions. Vous savez, sur la grande distribution pour voir qui était le coupable entre la grande distribution et les industriels. Sur 100, il y en avait 64 qui allaient dans la poche des distributeurs, selon ce rapport parlementaire. Et puis, eux, ils sont sortis dans les médias, chez nous, ils ont expliqué que c'était complètement faux, etc. Vous, qu'est-ce que vous en pensez ? Dans le match industriel, grande distribution, qui est le plus coupable ?
Je ne vais pas désigner de gagnants, mais je vais vous dire sans langue de bois ce que nous, consommateurs, on ressent. Vous avez évidemment certains distributeurs, bien moins qu'avant, qui de temps en temps peuvent avoir des réflexes un peu difficiles lors des achats. Mais franchement, ça a évolué et nous, dans le cadre de notre démarche, il y a quand même 130 millions de produits solidaires vendus, il n'y a pas une pression puisque la règle du jeu, c'est l'arbitrage du consommateur. Mais, ce n'est pas sur les tout petits que la grande distribution appuie ou appuie le plus et maintenant déjà, on est très vigilants à ce niveau-là. C'est la guerre avec les très grands groupes.
Honnêtement, quand vous avez un méga groupe qui, dans une opacité totale, ils ont raison, la grande distribution, là-dessus, on l'a vécu, ne donne aucune explication de la hausse et que la hausse, centime par centime sur les produits, ne profite pas aux producteurs. Là, en tant que consommateur, tu te dis, attends, je paye plus cher et même le producteur ne s'en sort pas. Donc là, je crois qu'il faut aussi qu'on remette la mire au bon endroit. Ça n'est pas parfait côté distribution. Il y a encore des choses à régler certainement mais côté grand groupe, il faut que tout le monde sorte de l'opacité. Il faut respecter nos achats. L'argent est difficile à gagner.
Il faut qu'on sache ce qu'il devient derrière nos actes d'achat sinon ça ne marchera pas très longtemps.
Et puis la grande question, ce sont les produits transformés en fait. Et vous, je l'ai dit aussi.
Parfois, vous savez quoi ? Tout le monde se réveille. Le tour de magie d'un monde où il y avait des choses comme ça. C'est pousse pillée
nuit et jour par vous Nicolas Chabal.
Non mais au-delà de ça, vous le voyez dans tous les secteurs. Là, il y a un moment donné, tout le monde relève la tête, c'est un foutoir mondial et se dit mais attends, c'est avec mon argent que ce monde économique se construit ainsi. Dites-moi, à quoi profite notre argent quand on dépense c'est qu'on achète des produits ? Oui, c'est la responsabilité
des consommateurs. Le consommateur a une responsabilité, c'est un de vos leitmotivs mais c'est sûr que c'est exact et même ça vaut dans des tas d'autres secteurs. On l'a vu dans l'énergie, on l'a vu un petit peu partout. Il faut qu'on ait un comportement responsable.
Oui, il faut de la transparence. Vous ne pouvez pas juger de l'intérêt d'acheter un produit ou un autre si on ne vous dit pas clairement. Après, il y a la question
du pouvoir d'achat. Il y a la question du pouvoir d'achat.
Oui, mais vous avez encore une minute le pouvoir d'achat. Il y a 22 à 30% de familles. Il ne faut jamais les oublier qu'ils ne peuvent pas rajouter 4 euros par an sur une année de consommation de lait. Ces familles-là, il faut leur trouver des produits moins chers. Le Stade de France remplit à bord de produits gaspillés chaque année. Ramenons-le et vendons moins cher aux familles qui en ont besoin. Mais les 70 à 78% de gens qui peuvent mettre les 4 euros. Pendant des années, vous le savez très bien, la boussole du premier prix a dit qu'on ne met que du premier prix. Mettez des produits en garantissant par la loi ce qu'on a fait que le producteur gagne sa vie.
Vous verrez qu'on est des millions à vouloir rajouter des centimes pour que ceux qui nous nourrissent tous les jours puissent vivre dignement dans leur travail. Il faut qu'on rétablisse un curseur qui n'est pas tout vers le premier prix, dégradation de la valeur et tout est par terre. On trouve un équilibre et il faut ramener les produits agricoles qui récupèrent de la matière agricole chez les producteurs. Il faut les ramener au juste prix. Et dites-vous, consommateurs, qu'un produit dans ce cas-là n'est pas plus cher. Il est au juste prix. C'est celui d'à côté qui n'est pas au prix qui défendra le travail du producteur.
Dans cette loi, il y a eu plusieurs aspects aussi. Il y a eu la question de l'eau, la gestion de l'eau avec les fameuses bassines. Il y a eu aussi le bras de fer. Quelle est votre position vous Nicolas Chabanne ?
La première question n'était pas facile. J'ai répondu parce que l'arbitrage grande distribution...
En plus, c'est chez eux quand même que vous placez vos produits. Non, mais vous avez vu
qu'on ne le dit pas. Non, non, vous avez répondu. Nous, on est consommateurs, on est libres, indépendants et ils savent qu'on est les clients de leurs magasins donc ils respectent notre position et notre indépendance. Sur l'eau, c'est un problème tellement complexe et je n'ai pas la possibilité de vous donner un avis aussi éclairé que celui des producteurs. Il est bien évident, on le voit avec cette canicule phénoménale que s'il n'y a pas d'eau, il n'y a pas de vie.
C'est toujours le même rapport entre quelque chose qui nous mettra tous d'accord évidemment sur des enjeux de long terme et notamment l'environnement et puis cette espèce de court terme, pardon, mais ça me rappelle la juste rémunération où tu te rends compte que si tu veux qu'un producteur améliore ses pratiques face à un produit de qualité, face en sorte que l'environnement soit préservé dans le cadre de son travail. On ne peut pas lui demander ça s'il n'arrive pas à se nourrir lui-même. Donnez-lui, et j'ai un très bel exemple, les fameux centimes qui lui manquaient. Payez-le au juste prix. Et vous savez ce qui se passe ? J'étais avec eux il y a deux heures.
Les producteurs de la Bresse étaient à Paris. Ils sont en train de faire quelque chose d'incroyable. Ça fait dix ans qu'ils ont une juste rémunération avec cette démarche. Eh bien, ils nous ont dit ne rajoutez pas d'argent. On va prendre de l'alimentation désormais 100% française pour les vaches. Ça veut dire que ça ne vient plus du Brésil, il n'y a plus de déforestation. On prend de l'alimentation française, ce qui veut dire si un jour il y a des problèmes géopolitiques, la souveraineté alimentaire sera défendue. Ça ne coûte pas plus cher parce qu'ils gagnent leur vie. Ils peuvent faire des choses qu'on espère tous qu'ils feront à grande échelle.
La juste rémunération c'est la grande soeur de beaucoup d'améliorations au niveau de la production.
Et quelle est votre position Nicolas Chaban aussi parce que vous parliez du sénateur Laurent Duplon dans sa fameuse loi le fait qu'on ait réintroduit de pesticides.
Alors ça c'est le fameux débat qui évidemment oppose deux familles de producteurs. Vous avez des producteurs qui dépendent évidemment de cette qualité et qui font appel évidemment à la concurrence internationale en disant attendez on nous demande nous de produire des produits à un certain prix d'autres qui utilisent ces produits le font sans qu'on puisse le faire. Ça c'est une chose. Après vous avez deux millions de gens consommateurs qui disent en leur âme et conscience en ayant vu les données et en les ayant appréciées on n'en veut pas.
Il faut à un moment donné j'en ai parlé avec tout le monde qu'on s'en remette maintenant que le monde évolue avec les enjeux et l'angoisse quand même de cette situation un peu compliquée à la vie citoyen. Ça sera un arbitre tellement plus naturel. Mais ça veut dire quoi ? À un moment donné il faut refaire peut-être et encore je me demande s'il faut le refaire une espèce de grande consultation citoyenne mettre tout à plat expliquer les données du problème le grand patron c'est celui qui achète au final.
Et vous avez une autre solution que je donne à tout le monde c'est que quand vous êtes citoyen vous pouvez être plus puissant que toutes les lois et les partis politiques et tous les décrets nationaux ou internationaux si vous n'achetez pas un produit issu de quelque chose que vous considérez comme un normalement fait d'un point de vue environnemental vous allez affaiblir naturellement le fait qu'il existe et que son histoire se fasse dans des conditions qui ne sont pas les bonnes. Donc on a des petites solutions mais rappelons-nous qu'on a un pouvoir total. Nos achats organisent l'ensemble du monde économique.
Voilà. Ce sera le mot de fin. Excellente conclusion.
Merci à tous ceux qui ont partagé. Merci pour cette invitation. Ça a changé le sort de cet amendement qui va changer le sort des producteurs.
C'est une initiative citoyenne. Ce que je note c'est quand même d'un premier temps ils ont du nom c'est qui ? Celui-là ? Qu'est-ce qu'il nous veut ? Une sorte de peur de l'étranger et puis qu'en fait une fois qu'on discute avec eux ils sont ouverts ils ont compris. C'est important comme démarche.
Merci d'y revenir. Quand on leur a dit qu'on ne gagnait pas d'argent à la fin de l'année que ça partait vers le producteur et que tout était populaire et citoyen ils ont relevé la tête en disant ok, vos intérêts ne sont pas individuels on va donc défendre l'intérêt collectif.
Peut-être que c'est rentré aussi un peu dans la tête du gouvernement. Merci d'avoir été avec nous Nicolas Chaban. C'est qui le patron ? Voyez-vous quand vous allez acheter cet été sur les marchés ayez un comportement responsable. Voilà, c'est vous qui décidez c'est vous qui achetez.
Dans un instant on parlera de l'avenir de la poste ça c'est très important il y a un rapport qui a été sur le service public qui a été rendu tout à l'heure par Jean-Pierre Cazeneuve député ensemble pour la République il était l'ex-rapporteur général des budgets à l'Assemblée nationale il viendra nous en parler est-ce qu'il faut fermer des bureaux de poste et puis bien sûr on parlera du budget 2027 face à lui Mathieu Plann économiste un des meilleurs économistes directeur adjoint du département analyse et prévisions de l'OFCE à tout de suite Vous êtes toujours dans le 18-19 avec deux invités Jean-René Cazeneuve qui députait ensemble pour la République du Gers ex-rapporteur général du budget bonsoir Jean-René Cazeneuve merci d'être avec nous et face à vous économiste de renom Mathieu Plann directeur adjoint du département analyse et prévisions de l'OFCE bonsoir Mathieu bonsoir beaucoup de questions à vous poser vous avez remis tout à l'heure un rapport sur les services publics notamment la poste vous faites 40 propositions où vous expliquez voilà il faut peut-être réduire la taille du réseau il y a pas mal de propositions surtout il faut essayer que l'endettement soit moins pèse moins sur la poste et sur l'état et puis bien sûr on parlera du budget 2027 vous êtes encore pire que 2026 et d'abord vous faites quoi le 18 avril prochain vous savez le 2 mai aussi vous faites quoi le 18 avril prochain et le 2 mai vous savez ce que vous faites je vote oui voilà d'accord c'est un petit piège voilà c'est juste les nouvelles dates de l'élection présidentielle c'est bien vous avez suivi vous votez Mathieu Plane ah oui oui c'est un peu bizarre comme date non ?
2 mai je crois que la constitution est faite de telle manière qu'il n'y a pas 256 possibilités donc non non
il faut le
bon
il faudra voter alors d'abord une petite question rapide est-ce qu'on a déjà une idée du coût économique de cette canicule est-ce que ça va peser sur la croissance ou pas je ne sais pas quel Mathieu Plane est-ce qu'à l'OFSE vous avez fait
non on n'a pas évalué ça l'INSEE avait fait cet exercice pour l'année dernière parce qu'il y a eu quelques épisodes calculaires et trouver des chiffres qui sont enfin pas significatifs en fait c'est très compliqué à mesurer ce qu'on sait c'est que la récurrence des épisodes climatiques va peser sur la croissance à moyen et long terme ah oui oui c'est ça on voit bien sur plusieurs effets on les connait c'est à la fois les effets des rendements agricoles qui sont assez connus
on vient d'en parler
il y a toutes les infrastructures qui sont mis à mal les transports donc on a quand même des problématiques assez importantes on a la problématique de la productivité on voit dans un certain nombre de secteurs y compris dans le bâtiment ça devient très compliqué de travailler sous ces chaleurs y compris pour des salariés dans les bureaux si c'est pas climatisé donc vous avez un ensemble de choses c'est plusieurs canaux de transmission qui sont importants et puis après vous avez tous les effets des dégâts climatiques etc donc aujourd'hui voilà les effets sont quand même assez ils ne sont pas négligeables mais ils sont difficiles à mesurer surtout qu'on a des chocs qui étaient très forts avec le pétrole qui emportent un peu tout le reste mais ce qu'on sait c'est qu'effectivement ça pèse sur la croissance à long terme
d'accord ok vous avez un commentaire ?
non mais je pense qu'effectivement je vois bien le chantier routier près de chez moi d'Angers est arrêté donc il est arrêté quelques jours donc ça va jouer effectivement sur la croissance mais probablement à la marge
et sur les agriculteurs
évidemment les agriculteurs évidemment alors les cultures de printemps sont à peu près récoltées donc effectivement c'est déjà le blé c'est incroyable la culture d'été oui oui bien sûr il y a ça mais il y a quand même les habitudes de télétravail qui se sont installées depuis le Covid qui permettent d'amortir je crois ce type de phénomène
la moissonneuse batteuse en télétravail c'est pas l'idéal genre René Caznavant si je puis me permettre on parlera du budget mais juste avant je voudrais quand même qu'on parle de ce rapport que vous avez remis tout à l'heure sur la poste parce que c'était sur les services publics mais en fait c'est focalisé sur la poste vous avez auditionné Marie-Ange Debon aussi dans le 18-19 dans le cas d'Aix-en-Provence est-ce que qu'est-ce que qu'est-ce que qu'est-ce que qu'est-ce que qu'on avait conclu c'est-à-dire que la poste ne peut plus être la poste
enfin en deux mots la poste remplit quatre missions de services publics ça ça fait depuis des années 1990
1990 c'était la précédente loi postale bon
et le coût de ces services publics pèse de plus en plus lourdement sur les résultats de la poste pourquoi parce que globalement c'est une économie à coût fixe vous avez des bureaux de poste vous avez des véhicules vous avez bon et avec une activité qui s'effondre bon le courrier a été divisé par trois ou trois et demi sur les 15-20 dernières années la fréquentation des bureaux de poste a été divisé par trois sur les 15 dernières années les gens vont beaucoup moins à la banque aujourd'hui ils font évidemment leur virement de chez eux ils ouvrent des comptes les 40% des comptes aujourd'hui qui sont ouverts à distance bon donc l'activité s'effondre et c'est un coût fixe donc le coût malgré tout le travail de la poste moi je tiens à saluer le travail de la poste pour se réorganiser malgré tout ce travail le déficit pour la poste augmente il est de l'ordre de 2 milliards en 2025 là dessus il y a une compensation de l'état qui est partielle qui est importante qui a augmenté mais qui est de l'ordre du milliard et donc il reste un milliard qui est à la charge de la poste il y a des gens qui vont se poser est-ce que c'est à la poste de supporter ce type de coût pourquoi c'est important
c'est un service public non ?
bah non c'est intéressant non mais bien sûr c'est pour ça que je posais la question les services publics c'est une partie de l'activité de la poste le courrier c'est 15% de l'activité de la poste c'est fini le côté facteur il y a que les facteurs non l'essentiel de l'activité de la poste aujourd'hui c'est de la logistique c'est du numérique c'est 45% à l'international les concurrents de la poste si vous recevez Marie-Ange de Bon elle vous dira que c'est des échelles que ce sont les justiciens chinois que c'est Amazon oui mais elle a un rôle clé
vous député si on vous ferme vos bureaux de poste chez vous vous n'allez pas être contents ça je peux vous le dire c'est pas du tout vos électeurs
ils ne vont pas être contents c'est pas du tout ce que j'ai dit mais simplement c'est que je dis que c'est un problème pour la poste parce que le milliard de pertes qu'elle a dessus c'est un milliard qu'elle ne peut pas investir en particulier pour être compétitif sur tous les marchés sur lesquels être en concurrence avec des acteurs internationaux donc ça c'est un vrai problème pour la poste donc comment on y répond la poste continue à se transformer c'est une chose est-ce que l'état va augmenter sa compensation bon on connaît tous ici l'état des finances publiques donc on peut le demander à l'état c'est pas le point illogique mais avec un succès c'est pas certain la troisième solution le troisième levier c'est adapter les missions de services publics à la réalité des usages si les français n'utilisent plus les boîtes jaunes il faut juste enlever les boîtes jaunes à un moment donné il y a quand même une logique économique qui s'impose tout en maintenant évidemment le service public mais il faut l'adapter aux usages vous n'envoyez plus de courrier on ne va pas maintenir non plus un système comme si on avait 17 milliards d'envois courriers comme c'était le cas il y a 15 ans et on est passé à 5 milliards et en même temps les bureaux de poste
ça sert beaucoup c'est surtout souvent la dernière présence dernière boutique si on peut dire dans des villages sur le territoire français c'est évident
bien sûr mais c'est pour ça que l'adaptation de ce que fait la poste souvent elle la loi aujourd'hui l'oblige à garder ses 17 000 points de contact bon est-ce qu'il faut rester sur 17 000 moi je pense qu'il faut assouplir cette règle-là et pas que ce soit un tabou comme ça jusqu'à la fin des temps bon mais ce qu'elle fait c'est qu'elle transforme un certain nombre de bureaux de poste en agences commerciales qui sont quelquefois hébergées par les collectivités territoriales ça les coûte moins cher il y a d'autres activités et elle transforme ces agences commerciales quand c'est nécessaire en points en points de commerce en points relais quoi en points relais et ça dans un territoire je termine là-dessus excusez-moi dans un territoire rural comme le mien c'est vachement intéressant dans un village où quelquefois vous n'avez plus qu'un seul commerçant il est très content d'avoir le trafic de la poste c'est vrai j'ai regardé et les chiffres sont quand même frappants c'est vrai quand vous dites on est passé de 17 milliards d'envois de lettres et on est aujourd'hui à 5 on sera à 3 apparemment en 2030 et on garde un réseau de postes de 17 000 points avec un coût des infrastructures extrêmement élevé avec une vraie mission quand même de service public et les français sont attachés mais ce que je regardais aussi dans votre rapport c'est que par exemple je crois qu'on appelle ça les agences postales municipales 58% voient moins de 5 personnes par jour c'est-à-dire qu'effectivement le coût d'entretien de ces réseaux-là alors c'est très important pour les personnes âgées par exemple ou pour l'accès bancaire c'est-à-dire qu'effectivement vous voulez ouvrir un compte et si vous ne faites pas de façon dématérialisée la poste est là dans les coins les plus reculés donc c'est vrai que c'est un maillage du territoire important c'est un vrai service public mais on demande à la poste d'être rentable aussi donc il faut trouver des solutions ou est-ce que les français sont prêts à payer le coût de ces infrastructures en fait c'est la question donc il faut garder cette proximité et puis la poste c'est très attaché au service public c'est dans ses gènes si vous voulez absolument est-ce que Philippe Vall a vraiment bien transformé la poste de ce côté-là il a fait un job remarquable il faut la transformer il y a les maisons de services France Service pardon les maisons de France Service qui ne sont pas en relève de la poste pourquoi ?
ça permettrait de mutualiser il y a aujourd'hui des bus et des bus postaux qui permettent de courir plus de communes avec une seule équipe il y a des innovations qui peuvent permettre parce qu'un euro vu l'état de nos finances publiques la question pour nous pour l'état français c'est si vous avez un euro est-ce que vous continuez à l'investir pour un service que n'utilisent plus les français le budget moyen des français à la poste c'est 20 euros c'est leur budget d'un foyer aujourd'hui par an c'est 20 euros bon où est-ce que vous mettez cet euro dans la transition écologique ou dans nos hôpitaux c'est une vraie question
et donc je pense qu'il faut et donc vous proposez pas conclure sur ce sujet mais vous allez vous proposer une loi postale en fait une loi postale
après les élections présidentielles de manière à mettre à jour adapter donc les missions de services publics pour donner de l'oxygène
à la poste on peut faire la même chose puisque vous parlez de services publics sur la SNCF j'ai écouté ce matin chez nos confrères de France Inter Jean Castex c'est tout le problème des petites lignes qui coûtent cher son business
ne s'effondre pas
sur les petites lignes ça s'effondre quand même un peu
oui mais c'est vrai qu'il y a quand même une fréquentation importante du train de plus en plus enfin en tout cas sur les grandes lignes mais c'est vrai que c'est comment on répartissait cette charge en gros et est-ce qu'on maintient des lignes qui ne sont pas rentables alors que c'est un vrai service public c'est pareil pour la poste en fait on a ces mêmes problèmes moi j'ai découvert aussi sur la distribution de la presse aussi qui était quand même un choix très important
ça c'est très inquiétant
quand même parce qu'en fait effectivement
le soutien de la presse c'est énorme
600 millions 600 millions en réalité de soutien à la presse par la distribution parce qu'en fait je crois que ça rapporte à la poste je crois une 30 centimes je crois à peu près par journal alors que son coût réel est plutôt plus d'un euro quelque chose comme ça 1,20 euro donc vous voyez il y a aussi les effets en cascade que ça peut induire mais est-ce que c'est le rôle de la poste de subventionner ou pas la presse indirectement donc c'est des vraies questions je trouve ça intéressant
c'est une vraie question sur les services publics en fait on le voit je parle de la SNCF parce que là on lui demande d'ouvrir son application à la concurrence donc bon est-ce que c'est logique ou pas logique le service public devient enfin il y a un vrai questionnement il y a eu des questionnements sur l'audiovisuel ils sont tous un par un là c'était la poste dont vous êtes chargé mais ils sont tous un par un c'est remis en cause enfin c'est remis en cause
l'objectif de cette mission je l'ai fait avec un autre député socialiste c'est bien de pérenniser la poste moi mon inquiétude aujourd'hui c'est que si le trou continue à grossir la poste ne sera plus capable de s'adapter donc pour sauver ces services publics il faut juste sans dogmatisme se mettre autour d'une table avec les collectivités territoriales avec l'état avec la poste qui fait un super boulot et voir comment on adapte ces services publics pour pas que ça coûte trop cher
alors maintenant je voudrais qu'on parle comme du budget parce que ça y est on est à la date de la présidentielle on voit bien que ça se précipite très vite on voit déjà l'ébauche de rallumant vous avez vu l'ébauche de rallumant de Bokier à Édouard Philippe est-ce que vous qui êtes député alors ensemble pour la République vous vous dites tiens ça serait peut-être bien effectivement que tout le monde se mette derrière y compris Gabriel Attal se mette derrière Édouard Philippe
écoutez je pense que il faut d'abord parler programme on est à neuf mois de l'élection il y a aussi un certain bénéfice à avoir deux candidats qui vont travailler qui vont probablement travailler sur des électeurs un petit peu différents qui vont produire des idées donc je pense qu'il y a un certain intérêt à avoir deux candidats assez proches je vous l'accorde pour peu que il y a trois candidats je vous signale quand même oui on est un peu à côté il y a peu de chance pour peu que effectivement le ralliement sur l'un ou sur l'autre se fasse pas trop tard ok
on parle du budget parce que là justement un budget de 2027 ça ça va être pour vous Mathieu Plain est-ce que ça va être encore pire que je parle sur le plan économique le plan politique je me tournerai vers vous député Cazeneuve
est-ce que c'est encore pire
que 2026 l'équation impossible
disons qu'elle est plus complexe pour la raison qu'on connait qui est politique forcément on est dans un moment où il va falloir faire un effort assez conséquent y compris pour le budget de 2027 si on veut respecter la trajectoire sur laquelle on s'est engagé vis-à-vis des partenaires européens et on a d'autres petits effets à côté qui font qu'on va devoir mettre même un peu plus parce que par exemple on a la suspension de la réforme des retraites qui a un coût plus important en 2027 on a la hausse de la prime d'activité qui monte en charge il y a l'effort de défense supplémentaire donc si vous mettez tout ça bout à bout nous on a fait le calcul à l'OFCE l'effort budgétaire qu'il faut faire pour respecter nos engagements européens je crois pas qu'on le fera il est autour de 40 milliards d'euros donc pour 27 pour 27 donc c'est extrêmement conséquent c'est plus que 26 oui donc la question c'est on voit bien qu'on pourra pas le faire dans les circonstances qu'on connait mais on peut pas ne rien faire aussi et donc c'est quoi en fait la feuille de route pour dire moi je pense que ça serait une erreur d'aller vers une loi spéciale parce que la question de la loi spéciale pose beaucoup de problèmes et résout pas nos problèmes justement qu'il y a de toute façon on peut pas tenir indéfiniment avec une loi spéciale donc il faut se mettre d'accord sur un budget à minimum mais qui permet quand même de montrer qu'on continue à réduire le déficit peut-être pas à la vitesse qui est souhaitée mais au moins dire qu'il faut pas reculer sur 2027 et donc il faut trouver un compromis
maintenir une trajectoire
une trajectoire peut-être moins ambitieuse que ce qui était prévu mais il faut quand même que le déficit continue à baisser petit à petit alors c'est vrai qu'on a eu quand même une bonne nouvelle je dis quand même des bonnes nouvelles c'est que 2025 a été quand même un peu plus bas que prévu donc voilà ce qui serait bien c'est qu'on soit légèrement en dessous des 5 ce qui serait quand même plutôt une bonne chose mais c'est à dire que le candidat ou la candidation aura un dossier budgétaire extrêmement serré avec une réduction du déficit qui va s'imposer mais il faut être crédible il faut être crédible et le faire correctement Jean-René Cazeneuve deux éléments complémentaires si je peux me permettre d'abord l'année 26 n'est pas terminée et elle s'annonce difficile et très difficile c'est à dire que vous avez l'effet crise en Iran avec un ralentissement de l'activité économique donc un ralentissement des recettes probablement une augmentation d'un certain nombre de coûts et donc le point de départ pour 2027 je ne sais pas ce que dira le ministre du budget la semaine prochaine mais je ne suis pas certain qu'on soit à 5 qui était l'objectif aujourd'hui qui était prévu malgré les 6 milliards d'économies qui ont été annoncés on va voir mais il y a vraiment une tension très forte déjà pour atteindre l'objectif donc un point de départ qui va être plus difficile deuxième élément qui rend l'équation de 2027 aussi très difficile je partage absolument votre optique c'est l'augmentation des intérêts de la dette aujourd'hui si vous voulez on sort de près à zéro pas tout à fait à zéro mais pas loin et on se ré-endette à 3,6 3,7 aujourd'hui et on emprunte entre 25 et 30 milliards tous les mois 25 et 30 milliards tous les mois donc on a une équation 2027 donc moi je crois très difficile d'atteindre l'objectif tel qui était prévu initialement pour être à 2,9 je ne vois pas comment politiquement donc tu fais une nouvelle finance rectificative ou pas ?
non d'accord ça c'est une sorte de piège à deux balles tendu par les insoumis et par les oppositions ils ne votent pas le budget donc j'imagine bien qu'ils ne vont pas voter un budget rectificatif c'est juste pour simplement avoir un peu de temps de parole et mettre un peu plus la chienlis dans l'hémicycle mais franchement non non donc moi le budget 2026 va être tendu pour atteindre les 5% qui sont prévus et donc le point de départ risque d'être un peu plus difficile et être sur la trajectoire de 3% en 2029 va être extrêmement difficile pour les exos qui sont un peu exogènes dont je viens de vous parler voilà donc si on sort très vite de la crise d'Hormuz bah rien mieux si la Russie s'effondre et que l'Ukraine avant la fin de l'année tant mieux bon bah oui il y a quand même des gros incertitudes économiques Mathieu Bernet c'est vrai que 2026 c'est une année compliquée c'est une année compliquée on le voit elle a très mal débutée on a quand même moins 0% de croissance oui mais on a
plutôt une bonne surprise c'est là où je voulais dire
exactement c'est que au fond si ça reste comme c'est au niveau des accords et qu'on arrive à trouver vraiment un accord de paix durable et que le détroit d'Hormuz refonctionne normalement on voit que le prix du pétrole a baissé quand même très vite très vite on est quasiment à 70 dollars on voit que l'inflation est passée de 2,4 à 1,8 donc ça c'est quand même une petite bouffée d'oxygène sachant que le gouvernement a quand même tenu pour ne pas débourser trop regardez en fait ce qu'a proposé Sébastien Lecornu je crois que c'est à peu près 1,2 milliard depuis le mois de mars jusqu'à aujourd'hui si on regarde ce qu'on a mis sur la table lors des bouclés tarifaires on est à 70 milliards donc c'est vrai que là il y a eu quand même
c'est sûr qu'il a tenu il a tenu la baraque il a tenu
et c'est vrai que ça arrive du coup ça limite quand même les effets des dépenses après il y a eu par contre la surcharge d'intérêts mais ça il est pour rien c'est à dire que effectivement les taux ont été réévalués à la hausse avec l'inflation et puis il y a un effort de défense aussi lié à ce qui se passait dans le détroit mais globalement on voit qu'il a quand même plutôt bien tenu la baraque de ce côté là par contre c'est vrai que la croissance sera certainement inférieure au 0,9% qui était prévu aujourd'hui les 0,9% paraissent assez difficilement atteignables et chaque dixième de croissance en moins c'est des recettes fiscales en moins et donc c'est du déficit en plus donc une expression économique extrêmement complexe et qui devrait nous motiver alors je suis peut-être un grand naïf il y a 9 ans que je suis député je reste encore un peu naïf mais qui nécessitait une sorte quand même d'entente nationale vu l'ampleur du problème que nous avons à régler et on n'en prend pas le chemin quand je vois les réactions sur la crise il y avait une motion de censure tout à l'heure oui donc je ne sais pas si elle va évidemment pas mais c'est quand même insupportable la situation est suffisamment compliquée il faut chercher des solutions ensemble et donc la sortie parce que comment on vote un budget 2027 qui reste une question
si il n'y a pas de budget 2027
il y aura un budget
2027 oui une loi spéciale à ce moment-là comme vous le disiez on retourne sur la loi spéciale
après le problème c'est qu'on va rentrer assez vite dans la campagne présidentielle encore là les lois spéciales on a eu deux fois des lois spéciales mais avec des budgets qui ont été adoptés en février là la question c'est est-ce que s'il y a loi spéciale est-ce que justement là on n'adopterait pas un budget en février comment ça va se passer le président de la République part je crois le 18 mai de l'année prochaine 18 mai 10 solutions le lendemain il faut quand même 4 semaines minimum donc vous avez une nouvelle assemblée qui arrive fin juin à peu de choses près donc session spéciale budget rectificatif en juillet c'est quand même très long moi mon scénario central je crois que c'est que le gouvernement va proposer un budget un peu un minima un budget de gestion rigoureuse mais sans rupture sans grande décision en matière parce qu'il n'a pas la légitimité politique pour le faire qui permet d'enjamber jusqu'à l'élection présidentielle et qu'il va la faire passer par 49 francs et là les oppositions auront effectivement un dilemme important alors certains ont leur capacité à ne pas résister au dilemme mais est-ce que ça a un sens de faire tomber le gouvernement de ne pas avoir de boucher
sachant que de manière il va tomber à 4 mois
des élections présidentielles je pense que moi je pense que les socialistes par exemple et peut-être même le RN peuvent dire écoutez nous sommes responsables donc on ne va pas faire cette connerie supplémentaire c'est un très mauvais budget et dès qu'on arrive au pouvoir on changera tout oui mais bon ça risque d'être quand même très politisé à chaque fois les mesures mais c'est vrai que
tout ce que détest les économistes
parce que ça fait
ça lève des incertitudes
d'ailleurs on a évalué ces coûts qui étaient importants pour le coup qui étaient assez significatifs non c'est qu'on peut aller aussi vers une sorte année blanche c'est peut-être un peu fort comme mot mais si vous ne prenez pas de décision c'est de dire comment on l'a vu par exemple le barème des exonérations de cotisations patronales n'a pas été indexé donc les entreprises vont du coup avoir une petite augmentation de ce côté là la question va se poser sur le barème de l'impôt sur le revenu va se poser sur les prestations sociales
il y aura des hausses d'impôt non c'est inévitable tout le monde le dit vous le dites non
dans une loi spéciale vous n'avez normalement pas la possibilité de le faire il y a la question épineuse dont on parle assez peu aussi de la contribution exceptionnelle sur les grandes entreprises ça représente 7 milliards et demi et c'est normalement c'est exceptionnel c'est censé s'arrêter elle saute 7 milliards et demi donc c'est beaucoup
si la loi spéciale ça saute
ça saute et donc oui il y aura quand même des enjeux budgétaires très forts de ce côté là donc c'est voir comment quelque chose d'à peu près présentable acceptable pour être présenté sans prendre 30 mesures qui fâchent et qui tranchent un peu trop du côté des partis politiques voilà mais c'est je pense que le gouvernement prépare ça après ce qu'il faut savoir et d'ailleurs il y a un rapport de l'OCDE qui est sorti aujourd'hui qui dit qu'en gros ce qu'il va trouver d'ici la fin de la décennie c'est une centaine de milliards d'euros du coup à mettre donc c'est-à-dire qu'il va falloir un programme quand même assez crédible aussi budgétairement ce que je veux dire c'est déjà il faut passer le cap de 2017
et puis après
c'est quel programme budgétaire parce qu'on va avoir certainement une surenchère moi je ne sais pas ce qui va être proposé pendant l'élection et la campagne mais comment cette contrainte budgétaire qui est quand même assez particulière la France est dans une situation assez particulière au moins elle va être intégrée dans les programmes sachant qu'effectivement ce n'est pas très populaire ce n'est pas très populaire mais nécessaire et puis moi je pense que c'est nécessaire aussi d'être crédible vis-à-vis de nos investisseurs vis-à-vis des marchés on ne se rend pas compte comme ça c'est une masse financière de perdre des taux d'intérêt de quelques dixièmes de points c'est des dizaines de milliards d'euros supplémentaires de dépenses
là j'ai envie de dire autour de cette table on est d'accord j'imagine de René Cazeneuve mais en même temps sur les bancs de l'Assemblée nationale et puis peut-être le futur candidat à la présidence de la République ou même celui ou celle qui sera élu ne sera pas du tout sur cette ligne là
je crois que la réalité économique et la réalité de nos finances publiques s'imposera à tout vous êtes très optimiste on le souhaite évidemment non non non je ne suis pas optimiste la réalité s'impose par définition et elle obligera le futur ou la future président de la République à prendre des décisions compliquées et difficiles
vous voyez une retraite à 67 ans voire à 70 ans
pour moi il n'y a pas d'autre scénario il n'y a pas d'autre scénario que ça on est en train d'être étranglé par les intérêts de la dette donc il est urgentissime après il y a plusieurs méthodes pour le faire si c'est Mélenchon que je n'espère pas évidemment il va vous dire qu'il va chercher 20 milliards 30 milliards 40 milliards d'impôts supplémentaires je n'y crois pas en tout cas c'est l'histoire qu'il va raconter donc effectivement ce qui est important c'est dans la phase maintenant dans les 8 mois qui nous restent avant cette fameuse élection est-ce qu'on va avoir une surenchère habituelle des candidats sur les promesses sur RAS gratis la retraite à 60 ans la sixième semaine de congé payé j'ai vu ou est-ce que il y a un peu de maturité et moi je crois à les français intelligents je crois qu'il faut parier sur l'intelligence des français vous croyez sur
une estrade et donc
non mais je veux dire par là c'est que celui qui aura un discours de vérité je pense aura un écho je pense qu'il faut travailler les choses sérieusement c'est à dire qu'il faut avoir une vision aujourd'hui on est un peu dans un dogme du court terme on le voit commencer à travailler une vision du moyen long terme c'est à dire qu'est-ce qu'on veut que la France soit
il y a une échéance qui bloque tout
qui bouche l'horizon oui mais je pense que ça serait important de faire des promesses sur le pouvoir d'achat sur les retraites en fait ça va pas être possible on va pas pouvoir tout faire donc il faut donner les grandes priorités c'est quoi les grandes priorités pour la France pour investir dans l'avenir pour les stratégies industrielles l'innovation l'éducation les questions de santé voilà il y a tout ça et comment on peut le rendre compatible avec une stratégie budgétaire c'est à dire qu'il faut à la fois réduire les déficits et ne pas casser préserver notre avenir c'est à dire investir continuer à investir continuer à avoir de la croissance continuer à être compétitif et donc il faut trouver cette stratégie et cet équilibre c'est à dire bien sûr il va falloir faire des efforts il faut qu'ils soient assez bien partagés la question c'est aussi le bon partage de ces efforts c'est à dire faut pas croire que soit les entreprises soit les ménages ont payé soit les riches soit les retraités c'est un peu tout le monde en fait globalement et moi je suis assez d'accord c'est à dire c'est un effort de solidarité globale on a besoin de ça pour défendre nos intérêts
est-ce que vous pensez pas et ce sera peut-être le mot de la conclusion qu'on va connaître ce qui s'est passé en 1981 c'est à dire que tout d'un coup donc le François Mitterrand est arrivé au pouvoir donc ça a été on a balayé les promesses il a balayé tout ce qui avait été fait avant les promesses ont été tenues ça a duré un an et puis après bah évidemment il a fallu la réalité économique comme vous dites elle a rattrapé elle a rattrapé François Mitterrand et son premier ministre est-ce que vous pensez pas que c'est ça qui va se passer
je ne si c'est est-ce qu'il va y avoir un an pendant lesquels on va lâcher faire les promesses etc et après la rigueur va arriver en 2028 ça je n'y crois pas d'accord bon moi je crois vraiment que la tâche du prochain ou de la prochaine première brique sera de prendre des mesures difficiles responsables dès le j'ai déjà oublié la date le 2 mai dès le 2 mai il va prendre via des décrets via un certain nombre de choses il va prendre des décisions difficiles et faire en sorte que le projet le rectificatif règle notre problème c'est obligatoire obligatoire oui c'est pas impossible enfin après c'est au fond on va voir aussi comment les investisseurs comment les marchés voient cette élection c'est à dire que la question aujourd'hui n'est pas qu'économique elle est vraiment politique c'est à dire quelle visibilité vous donnez quelle crédibilité vous avez dans votre programme économique et donc les marchés c'est un peu voilà je pense que les tensions qu'on voit aujourd'hui sur les marchés sur les fameux spreads sont souvent liées à des événements politiques plus qu'économiques
et on aura certainement l'occasion d'en reparler en tous les cas merci beaucoup Jean-René Cazeneuve d'être venu ici merci beaucoup Mathieu Plan voilà dans un instant vous retrouvez Stéphanie Collot nous on se retrouve demain pour le 18-19 et puis aussi samedi matin parce que je serai à Aix-en-Provence comme une grande partie de la rédaction de BFM Business pour les rencontres économiques où je recevrai notamment Jean-Rébé Lorenzi forcément le président des rencontres économiques je recevrai aussi Clément Beaune Patrick Poyenet le patron de Total Energy la patronne de La Poste Marie-Ange de Bon Patrick Martin le président du MEDEF et d'autres évidemment d'autres chefs d'entreprise et Renaud Muselier est quand même le président de la région puisque nous serons en Provence à la Côte d'Azur allez bonne soirée
le 18-19 d'Edwish Chevrillon sur BFM Business