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ChroniqueLe Média (sur YouTube)· 17 juin 2022 9 minAutoproduitActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & familleSécurité

MACRON : VOUS ÊTES AVEC MOI OU CONTRE LA REPUBLIQUE

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 80 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15Chiffre
    « Dimanche prochain le nombre de députés de gauche pourrait tripler si les électeurs vont voter pour la NUPES. »
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    « Le groupe LFI, lui, pourrait être multiplié par 6. »
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    « Quand il y a pour moi un duel extrême gauche / extrême droite, même en me pinçant le nez, je préfère l'extrême gauche. »
  • 3:30Fait
    « La NUPES pour moi, eh bien c'est la même chose. C'est la même chose que le Rassemblement national ? Bien sûr ! »
  • 5:00Promesse
    « Notre position est très claire : pas de voix à l'extrême droite, et pas de voix aux antirépublicains, pas de voix aux antirépublicains. »
  • 5:30Fait
    « Savoir faire la différence entre la gauche et l’extrême droite, apparemment c’est hors de portée de leurs entendements. »
  • 7:00Promesse
    « Face aux extrêmes, nous ne céderons rien, ni d'un côté, ni de l'autre. »
  • 8:30Fait
    « La République c'est la défense des valeurs républicaines vous savez la liberté, l'égalité, la fraternité, la laïcité. »
  • 10:30Chiffre
    « seule la moitié des candidats Ensemble éliminés au 1er tour se positionnent clairement contre le Rassemblement national. »
  • 11:30Fait
    « il devrait se demander si ce n’est pas lui, qui roule à contresens. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Vous connaissez la blague de l’automobiliste qui roule à contresens sur l’autoroute ? Il entend à l’autoradio “attention, un fou dangereux roule à contresens sur l’autoroute”. Et là il se dit “bah non, ils roulent tous à contresens !”.

Vous allez comprendre de qui je parle. Dimanche prochain le nombre de députés de gauche pourrait tripler si les électeurs vont voter pour la NUPES. Le groupe LFI, lui, pourrait être multiplié par 6.

C’est ce qui inquiète la macronie. Mais genre, vraiment. Donc plus question d’argumenter finement, il faut frapper sous la ceinture.

On sort le dossier du front républicain, anti, euh, anti NUPES. Regardons la nature des deuxièmes tours. Un cas intéressant est celui de la soixantaine de circonscriptions où il y a un duel NUPES-RN (en orange ici) et où LREM éliminée doit se positionner entre la gauche et l’extrême droite.

En 2017, comme en avril 2022, les macronistes exigeaient des autres leaders politiques qu’ils appellent à voter Emmanuel Macron dans le cadre d'un front républicain. La moindre formule jugée un peu ambigüe, et vous étiez catalogué complice de l’extrême droite. On aurait pu alors s’attendre aujoud'hui à ce que les macronistes fassent preuve de la même détermination à faire barrage au Rassemblement national, sans ambiguïté.

Et là, on ne comprend plus rien, ça change tous les jours. En fait les tergiversations avaient commencé dès la soirée électorale. Notre position est très claire.

Très claire. Très claire. Très claire.

On a ceux qui sont clairs, comme Clément Beaune. Quand il y a pour moi un duel extrême gauche / extrême droite, même en me pinçant le nez, je préfère l'extrême gauche. On a les ni-ni qui renvoient dos-à-dos les extrêmes La NUPES pour moi, eh bien c'est la même chose.

C'est la même chose que le Rassemblement national ? Bien sûr ! Il y a quelques exceptions, mais très minimes.

L'extrême gauche est un danger aussi important que l'extrême droite aujourd'hui. On sent la petite montée de bile, quand même, il faut manger un peu crémeux, pour faire passer. Et l’ex-ministre des Sports veut carrément "faire barrage à l’extrême gauche".

Et il y a ceux qui appellent à faire barrage au cas par cas, seulement si le candidat NUPES est un “républicain”. Notre position est très claire : pas de voix à l'extrême droite, et pas de voix aux antirépublicains, pas de voix aux antirépublicains. Et oui, quand des hommes comme Fabien Roussel, de manière courageuse d'ailleurs, se sont éloignés du programme de Jean-Luc Mélenchon, on peut les soutenir.

Savoir faire la différence entre la gauche et l’extrême droite, apparemment c’est hors de portée de leurs entendements. Dans la circonscription où Marine Le Pen est arrivée en tête, loin devant l’écologiste-NUPES Marine Tondelier, la candidate LREM éliminée choisira de voter blanc. Ben oui c’est Marine contre Marine, c’est le même prénom, c’est pas facile.

A 20h20, selon L’Opinion, le QG envoie à l’ensemble des candidats macronistes de France des éléments de langage. (...) le Rassemblement national et La France insoumise sont tous les deux rangés sous la formule « les extrêmes ».

Elisabeth Borne intervient à 21h. Dimanche prochain face aux extrêmes, en votant pour les candidats de la majorité présidentielle, vous permettrez à la France d'être au rendez-vous de son avenir et de ses valeurs. Sans rien clarifier du tout.

Mais sur un ton robotique, elle semble plutôt pencher vers un ni-ni, bonnet blanc-blanc bonnet. Nous avons face à nous une confusion inédite aux extrêmes. Face aux extrêmes, nous ne céderons rien, ni d'un côté, ni de l'autre.

Nous ne céderons rien pour défendre le progrès social, la souveraineté de notre pays, et la République. À 10h30, LREM annonce qu’en cas de duel entre la NUPES et le RN, LREM ne donnera pas de consigne nationale mais se positionnera "au cas par cas". Soirée de panique, donc.

Le souci des macronistes, avant de faire reculer l’extrême droite, c’est donc d’affaiblir leur opposant numéro 1, la NUPES. Il est donc commode de mettre l'alliance de gauche dans le même sac “extrême” : À force de le répéter, les électeurs finiront bien par le croire. Dans un message adressé lundi matin aux candidats macronistes, Elisabeth Borne choisit finalement l’option “pas une voix au Rassemblement national”.

Dans ces cas précis RN-NUPES soyons très clairs : pas une seule voix pour le Rassemblement national. Pas une seule voix pour le Rassemblement national, c'est la position de la majorité présidentielle Hier soir vous aviez commencé à dire "au cas par cas", Donc ça c'est fini, pas de cas par cas ? Alors là c’est fantastique : pour avoir employé exactement la même formule au soir du 1er tour de la présidentielle 2017, Jean-Luc Mélenchon s’est vu reprocher pendant 5 ans ses “ambiguïtés” et ses “complaisances avec l’extrême droite”.

Exactement la même formule. Mais c’est pas fini. Voyant ses sous-fifres pédaler dans la choucroute, Emmanuel Macron décide d’intervenir mardi.

Avant de se rendre en Ukraine, sur le tarmac, le président a utilisé les moyens de l’Etat et un moment solennel pour faire la propagande électorale de son parti. J'entends les inquiétudes, et les difficultés qui se sont exprimées. Et je respecte chaque voix, chaque sensibilité.

Mais parce qu'il en va de l'intérêt supérieur de la Nation, je veux vous convaincre de donner dimanche une majorité solide au pays. Le pays, c’est moi ! Ni asbtention, ni confusion, mais clarification.

Dimanche aucune voix ne doit manquer à la République. La République c’est moi ! Quand c’est Macron qui le dit, ça va c’est OK.

J'en appelle donc à votre bon sens et au sursaut républicain. Mais si sauver la République, c'est voter Ensemble !, alors tout autre bulletin, qu'il soit NUPES, RN voire LR, est une attaque contre la République.

Si on suit le président, si NUPES et RN sont antirépublicains, alors en cas de duel il ne faudrait voter ni pour l’une ni pour l’autre. Et v’là ti pas que le lendemain, mercredi, Elisabeth Borne au 20h réaffirme : Notre position elle est très claire, elle est très claire, c'est : aucune voix pour l'extrême droite. Ensuite il y a des candidats qui défendent les valeurs de la République dans cette alliance de circonstances ; eh bien ces candidats on les soutient.

Soutien au cas par cas. C’est donc comme le chasseur : il y a le bon candidat NUPES et il y a le mauvais candidat NUPES. Par exemple, le bon candidat NUPES, c’est le leader communiste Fabien Roussel.

Pour revenir sur ce qu'il a dit, la République c'est pas les autres, ce n'est que vous ? La République c'est la défense des valeurs républicaines vous savez la liberté, l'égalité, la fraternité, la laïcité, c'est des valeurs qui sont au coeur de notre projet et d'autres projets, notamment celui de monsieur Mélenchon, ne portent pas ces valeurs, sont ambigus vis-à-vis de la laïcité. Résultat de cette communication confuse et de ces calculs politiciens : dans les circonscriptions où il y a un duel NUPES-RN au 2e tour, seule la moitié des candidats Ensemble éliminés au 1er tour se positionnent clairement contre le Rassemblement national.

Qu’est-ce que montre tout cela ? D’abord, que les marcheurs contribuent à démonétiser le qualificatif “d’extrême droite” : puisque tout est extrême (y compris Europe Écologie-Les Verts et le Parti socialiste), alors plus rien ne l’est vraiment. Ensuite que leurs vibrants appels au front républicain à la présidentielle relèvent pour beaucoup d’entre eux de la simple posture à géomérie variable, en fonction de l’adversaire du moment.

De ce point de vue la prédiction de Lordon commence à se concrétiser. Je suis prêt à parier que Mélenchon contre Le Pen, d'une part, version faible : le front républicain n'est pas du tout garanti en faveur de Mélenchon. Version forte : il se pourrait qu'un front républicain se reconstitue, mais contre Mélenchon.

Enfin, on voit que le président joue un jeu dangereux, qui dépasse largement les polémiques, voire les outrances qui émaillent toujours un peu les campagnes électorales. En disant que seule son alliance, qui ne pèse que 25% des électeurs, incarne la République, il laisse entendre que tous ceux (c'est-à-dire la majorité) qui s’opposent à lui sont en dehors de la République. Comme dans la blague du fou sur l’autoroute, il devrait se demander si ce n’est pas lui, qui roule à contresens.

À la semaine prochaine