Carte blanche à Geneviève Fraisse : Les Singulières
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en 2019 ainsi que les nouvelles éditions de vos œuvres en 2017 du consentement l'édition enrichie ainsi que les excès du genre philosophique en 2019 vos travaux Geneviève fraises portent entre autres choses sur la continuité temporelle des féministes du féminisme perdant avant et après 1968 continuité qui marque cette carte blanche à travers les portraits de celle qui ont porté le féminisme et que vous nous invitez à rencontrer à travers les archives de Lina je tiens à remercier également Alina celles et ceux qui ont travaillé à la réalisation de cette carte blanche Jean-Michel Briard pour le montage des archives Rachel Deneux qui est là pour des recherches documentaires Catherine Gonnard pour la coordination éditoriale et scientifiques ainsi que Élodie Roblin qui a assuré la région administrative de ce rendez-vous que nous sommes ravis de reprendre avec vous avant de vous donner la parole Geneviève Fraisse je voudrais vous dire que la deuxième et prochaine soirée de ce cycle consacré au féminisme aura lieu le 4 octobre lundi 4 octobre prochain en compagnie de Biblia Pavard sur les questions de l'avortement et de la contraception à la télévision merci merci à vous je vais commencer moi aussi par remercier deux personnes celle qui m'a invité à participer à cette série qui s'appelle Catherine Gonard et la deuxième qui m'a aidé à travailler les archives à savoir Rachel de merci à vous deux parce que du coup le travail que nous avons accompli en fait il y a une année exactement c'était prévu pour décembre 2020 et c'est donc à ce moment-là que nous l'avons entrepris les singulières c'est un mot qui me plaît parce que c'est c'est pas un simplement un pluriel il y a le mot singularité dedans je me suis aperçue en leur republiant dans féminisme et philosophie que le texte que j'avais fait pour la grande artiste Joël musicienne Joël Léandre je le terminais en parlant de sa singularité universelle il y a quelque chose peut-être que je vous propose à travers les visages que je vais vous montrer de cette de cette universelle singularité qui me paraît important quand on cherche justement cette continuité discontinuité dont vous parliez à l'instant il se trouve pour celles qui me connaissent pas que écouter ça fait exactement 50 ans que j'ai commencé mon mémoire de maîtrise en 71 ou monsieur de Gandillac avait dit à propos de l'École de Francfort et de la directive un peu longuement oui donc il était pas mécontent mais voyez c'était mai 71 c'est entre récemment les tout début du mouvement des femmes donc voilà j'ai envie à travers tout ça et de donner d'abord des noms et il y en aura huit il aurait pu en avoir beaucoup plus il y en aura 8 il y en a deux qui il y aurait du bien en avoir deux de plus mais on n'a pas trouvé les bonnes archives et je vous dirai lesquelles parce que ce sont les noms qui sont qui me sont venus quand on a décidé d'aller voir ce que Lina allait me proposer comme archives visuel puis on a une audio on n'a pas pu faire d'une certaine façon autrement mais il y en aurait tellement d'autres alors finalement c'est moins la question de la visibilité que je vais proposer justement avec singularité que l'établissement c'est celle que je vais faire aujourd'hui cette lignée j'arrête pas d'en faire c'est ma proposition c'est depuis quelques temps c'est que on ne nous construisions les uns et les autres les unes et les autres des lignées comme ça qui nous permettent d'écrire l'histoire du féminisme ou de notre féminisme ou de nos féministes peu importe les variantes mais le mot lignéme convient parce que c'est la liberté de choisir qui fait peur dans la dans la continuité faite de discontinuité alors le hasard fait le hasard de l'année dernière de l'automne dernier fait que la présentation d'aujourd'hui finalement fait partie d'un diptyque pourquoi d'un diptique parce que il y a exactement un an c'est à dire en octobre 2020 j'ai présenté au cinéma le Luminor dans Paris sur proposition du sentiment de Beauvoir et de Nicole Fernandez férès qui se trouve ici j'ai présenté ce qu'on appelle les festins de on m'avait demandé la même chose plonge-toi dans nos archives et propose nous une représentation de ce que tu as envie de de mettre en lumière en vue dans ses archives donc c'est ce que j'appelle un diptique et vous allez comprendre pourquoi c'est pas seulement parce que l'occasion a fait la laronne et que dans les deux cas c'était Julien est arrivé juste avant le confinement l'autre juste après donc il y a un an de décalage maintenant mais c'est un diptyque parce que dans cette allée retour que j'ai fait d'abord avec les images de cette époque là des années donc 70 j'ai joué la de l'aller-retour avant et après 68 avant et après 68 alors j'avais pris une chronologie autre c'est-à-dire de commencer par les années 70 puis de passer aux années 68 parce que j'avais j'avais une idée en tête qui était de montrer ce qui avait pu être le féminisme que je trouvais trop réduit à disons les images emblématiques que vous connaissez ce qu'on fait c'est à dire de dire ah ben oui 70 c'était l'avortement 1900 c'était le droit de vote aujourd'hui on dira c'est MiTo 90 c'était la parité non c'est pas comme ça que ça se passe et d'ailleurs je vous donnerai tout à l'heure une un petit morceau de phrase d'une des femmes que je vais parler et vous allez voir que que c'est plus beaucoup plus intéressant que cela et j'avais proposé justement dans cette première série pour pour donc les festins de Geneviève Fraisse au centre de Simone de Beauvoir il y avait au début des années 70 la grève à trois que vont que vont filmer des féministes puis la manifestation à la frontière espagnole parce que il fallait manifester contre Franco et puis les femmes terroristes allemandes qu'enfer et puis peut-être que la contraception c'était aussi le Pacifique des années 1900 et puis il y avait aussi les femmes combattantes algériennes etc c'est-à-dire c'était une idée d'ouvrir un peu comme en ouvrirait des fleurs d'ailleurs plutôt que de refermer juste sur une figure emblématique d'un moment d'histoire donc c'était intéressant pour moi c'était de dire ça et puis de dire qu'il y avait donc dû avant 68 par exemple les moudjahidite c'est un portage d'avant d'avance 68 évidemment puisque c'est la guerre d'Algérie et ça par exemple des choses comme ça me paraissaient importantes et je vais reprendre ça aujourd'hui vous allez voir donc en fait on peut être d'accord avec le fait qu'il y a des figures emblématiques que effectivement moi j'appelle la lutte contre la contraception et l'avortement un abbea corpus c'est à dire mon corps parce que nous nous reprenions les slogans notre corps nous-mêmes qui est un slogan de la fin du 17e siècle Enfin slogan en tout cas une formule pour dire que le corps appartient à la personne à qui qui possède ce corps et à partir de là on pouvait croiser la prise avec l'histoire donc la prise avec l'histoire c'est donc la continuité rupture toujours l'idée qu'il faut se méfier des origines qu'un temporalité c'est c'est comment se construit l'historicité c'est à dire la représentation de l'histoire et pas seulement de dire il faut les rendre visible je me suis un petit peu énervé ces dernières années quand les rendre visite dans la rendre visible parce qu'on l'a fait on l'a toujours fait et on peut le faire encore aujourd'hui mais en même temps c'est ça peut être complètement désistoricisé de parler de la visibilité non il faut voir et donc abandonner l'idée des origines et voir comment chaque moment féministe au fond propose un ensemble de luttes multiples alors il y a pas de lutunique il y a pas d'origine mais il y a peut-être cette cette ce conglomérat qui peut être représenté et pris comme ça dans ces moments qui allie à la fois rupture et continuité et c'est pourquoi je voudrais juste dire un mot c'est une occasion à propos de l'hymne que nous avons chanté et rechanter nous qui sommes sans passer les femmes dont ils n'avons pas d'histoire de bouffame esclave etc on a beaucoup attaqué c'est un dernier et on peut le comprendre le terme esclave ce terme esclave moi je viens de passer mon année en fait entre 1780 et 1830 à dire des textes parce que j'avais des textes à écrire et du coup le terme esclave à propos des femmes absolument partout il est aussi pris très précis pour ce qui est des prolétaires donc c'est très compliqué mais la métaphore n'empêche pas la question d'être posée mais moi si je situe ça disons dans une parenthèse parce que ce qui m'importe que je trouve vraiment grave dans ce qu'on a fait dans cette team c'est que c'est nous-mêmes qui avons revendiqué de ne pas avoir de passer et d'histoire et ça c'est vraiment c'est vraiment stupéfiant c'est stupéfiant nous aimons écrit nous qui sommes sans passer nous qui n'avons pas d'histoire et je parle pas du numéro de partisans libération des femmes années 0 etc etc comment on a pu écrire qu'il n'y avait rien avant nous donc on se mettait en position d'origine méfiance toujours sur la position d'origine où on croit qu'on est suivant on passe du coup à la maternité ça y est on accouche de d'un moment historique nouveau non c'est horrible donc non c'est pour ça que j'aime la lignée parce qu'on est on situe comme ça un certain nombre de repères dans le temps donc moi je pense que c'est ça qui pire c'est le qu'on ait pu dire qu'on était sans passer et je crois que c'est ça qui devrait être supprimé de l'hymne si on voulait le reprendre voilà c'est donc quelque chose qui est qui est qui me paraît qui me paraît important alors on est effectivement dans l'aléatoire des archives de Lina on va on va on va regarder celle que j'ai choisi ou qui ont été ou qui m'ont choisi parce que parce qu'elles existaient à partir de de noms de femmes que je tenais à mettre en lumière ce soir donc c'est pour ça que vous l'avez compris cette histoire elle est pas objective elle est aussi subjective puisque j'ai donc commencé à me plonger dans l'histoire du féminisme il y a exactement 50 ans et je n'ai pas arrêté j'en ai fait mon métier j'en ai j'ai été salarié pour ça et je continue quel que soit mon statut désormais poste ce qu'on a dit mérite c'est ça donc là je l'ai fait de façon j'ai fait une temporalité moins moins paradoxale que celle que j'avais faite pour les festins c'est-à-dire il y a avant 70 après 70 et puis peut-être la troisième série c'est surtout des amis et des amis je considère qu'elles sont importantes j'en profite donc pour dire que il y a deux femmes dont j'aurais voulu parler aussi beaucoup d'autres plein plein évidemment mais dont on a fait la recherche et on n'a pas trouvé de choses suffisantes c'est d'une part Marie-France Brive qui a fait le colloque sur les femmes et la Révolution française à Toulouse en 1700 en 17 en 1989 donc pour le bicentenaire il en reste trois il en reste trois tomes tout à fait tout à fait accessible qui ont été publiés Marie-France Brive donc qui a disparu au début des années 90 un peu plus vite et puis une philosophe Sarah Kaufman alors Kaufman parce que elle était professeure de philosophie à la Sorbonne et surtout à cause d'un livre qui moi m'a marqué par son titre surtout à l'époque je l'ai mis à distance mais en fait son titre m'a accompagné longuement qui était qu'à propos de Rousseau et de Kant elle avait écrit un livre qui s'appelle le respect des femmes et le respect des femmes alors est-ce qu'on respecte les femmes ou est-ce qu'il faut tenir en respect les femmes j'aimais beaucoup cette ce double sens voir triple sens qu'elle mettait dans le mot respect pour pas pour voilà et j'aurais aimé en parler donc on va pouvoir passer à celle qui ont fait l'histoire et qui ont fait de l'histoire donc ça sera la première la première séquence à Paris en 1926 une jeune suffragiste Marguerite Thibert soutient en Sorbonne une thèse sur le féminisme dans le socialisme français de 1830 à 1850 j'ai fait du suffrage juste mais tout à fait au début de ma jeunesse adulte parce que à ce moment-là j'avais estimé que un des premiers droits obtenus était le droit de vote parce qu'on pensait que c'était le droit fondamental celui par lequel on pourrait changer la vie de la femme et obtenir les autres droits ça s'est révélé peut satisfaisant puisque les femmes ne sont pas entrées suffisamment dans les parlements mais nous pensions que en ayant le droit de vote et le droit de l'éligibilité elle pourrait changer la vie de la femme il faut souvenir que tout ceci s'était sous le temps du Code Napoléon où il y a eu beaucoup de choses à changer depuis sa création à la fin de la première guerre mondiale l'Organisation internationale du travail c'est préoccupé de la situation de la femme salariée se soucient de défendre ses intérêts et d'assurer son bien-être le BIT Bureau international du travail fait partie de cette organisation qui a son siège à Genève Marguerite Thibert entra obéit en 1926 signalons qu'en 1969 le BIT recevait pour son activité le prix Nobel de la paix je suis hantée pour les questions de migration qui était un problème très aigu à cette époque mais peu d'années après en 29 Albert Thomas directeur du m'a demandé de rester au bureau pour organiser une section spéciale en réalité je n'étais pas la première femme qui avait été responsabilités parce que le chartre de l'organisation porte que le personnel doit être formée de membres de 19 nationalités différentes parmi lesquelles il y aura des femmes et alors peu à peu la chose se fait et des femmes prenant des responsabilités de plus en plus importantes sont entrés au bureau ont été promus de l'Intérieur dans le bureau madame Thibert se verra donc confier les problèmes féminins pour vous Madame Tibère ce sont 50 ans de combat pour les femmes alors maintenant à votre avis qu'est-ce qu'il reste encore à faire oui il reste beaucoup de choses à faire encore pour celles qui me succéderont et je me suis pas encore retiré de la bataille parce que les problèmes se transforment il en reste d'anciens qui ont encore des conséquences sur la vie de la population féminine mais il y en a de nouveau qui apparaissent chaque jour de sorte que la lutte pour l'égalité des sexes l'action féministe c'est à dire la promotion de la femme jusqu'au poste ou se décide le sort de la société n'est pas terminé ça peut paraître un paradoxe il est certain que j'ai fait cette biographie avec passion ce personnage m'avait beaucoup intrigué j'avais rencontré à plusieurs reprises et ce qui m'avait paru extraordinaire chez lui ça avait été dans une certaine mesure le style de ses démissions d'émissions d'ailleurs contradictoires puisque d'une part il envoya promener l'armée de Versailles en l'assurant de ses sentiments respectueux puis ensuite de la commune en demandant une cellule à Mazas alors entre ces deux attitudes qui paraissaient tellement contradictoires qu'est-ce qui s'était passé et comment expliquer cette attitude qui évidemment paraissait à ces étonnantes je crois qu'il y a là deux versants de la psychologie révolutionnaire il y a d'une part la psychologie des masses qui est ce que j'ai essayé de faire dans Les Pétroleuses et d'autre part la psychologie de l'individu révolutionnaire enfin qui est mêlée à la Révolution à un moment donné pour des raisons qui lui sont personnelles de sorte qu'au fond ça finit par se compléter plus que par se poser d'autre part Rossell et c'est assez exceptionnel parmi les leaders masculins de la commune n'étaient pas du tout anti-féministe on l'a bien vu un moment où une grande journaliste qui s'appelait André Léo a été amené qui avait pris un ordonne comme George Sand avait pris un nom d'homme comme Daniel Stern avait pris un nom d'homme les femmes étant au fond il y avait une sorte de discrédit quand elle se mêlait d'écrire c'était des baveux alors il valait mieux qu'elle déguise leur identité sous un prénom masculin donc André Léo lui écrit un moment pour lui dire que les dirigeants de la commune les logiciel s de la commune ont le plus grand mépris pour les activités des femmes et Russell répond en lui disant que il faut au contraire les intégrer dans l'action et lui demande même ce qu'il doit faire pour y parvenir donc l'attitude de recèle à l'égard des Pétrus si l'on peut dire enfin le pétroleuse recouvrait d'ailleurs les femmes de la communion générale n'est pas du tout contradictoire ce n'est pas un anti-féministe alors que les autres étaient largement commence à poser la question de l'égalité dans le couple et la question de l'égalité dans le couple dans la société et des éléments du couple entre eux les insomnoniens demandent que comme les chrétiens un shame l'homme soit unis à une seule femme mais il renseigne en même temps que l'épouse est légal de l'époux et doit participer comme lui au même fonction dans la société et dans la famille c'est là un aspect de la question totalement nouveau l'individu disait sa Simonien l'individu qui a été social jusqu'à ce jour était seulement l'homme et maintenant il doit être à la fois l'homme et la femme c'est-à-dire le couple je pense qu'il ne faut pas aller plus loin dans cette direction les syncimonias ont inventé toutes sortes d'élucubrations à ces extravagantes sur le couple prêtre entre autres mais c'est tout de même eux qui les premiers je crois ont posé le problème de cette égalité dans le couple bien sûr les autres socialistes des comme Proudhon par exemple reviennent au vieux dilemme ménagères ou courtisane mais je crois qu'à partir de ce moment-là tout de même la question est posée et pendant tout le XIXe siècle des femmes comme Flora Tristan comme Pauline Roland vont essayer d'aller plus loin dans cette direction et je pense que c'est là la base véritable du couple moderne tel que l'envisageait Dominique au riz c'est-à-dire la reconnaissance de l'amour réciproque et de l'égalité l'histoire en effet l'enseigne rien ne trouve rien car l'homme se trouve toujours devant des problèmes nouveaux mais elle est un exercice spirituel sanitaire le seul peut être qui reste à l'homme qui ne croit plus en Dieu et veut regarder en face lucidement comment se sont formés au cours des siècles les conditions de son destin j'insiste sur les expressions de ces deux femmes qui ont toujours un petit sourire quand même et qui qui dont on peut on peut penser beaucoup de choses c'est à dire que elles savent qu'elles ont à faire à quelqu'un qu'il faut qu'elle faut convaincre quoi et elles savent qu'il y a une petite tension peut-être moi je veux dire c'est une expérience que j'ai faite et je trouve j'aime bien leur sourire parce que elles en sont revenu et elle continue quand même voilà je voulais comme elles ont dans les deux cas déjà un certain âge je voulais je voulais revenir là-dessus alors c'est singulière c'est singulière de cette première partie sont donc deux femmes d'avant 68 70 et même si elles sont encore vivantes mais bon qui ont donc produit entre 1926 pour ce qui est la thèse de Marguerite Tibère et jusqu'en jusqu'au début des années 70 pour edit Thomas mais elle produisent donc avant un mouvement collectif et c'est très intéressant parce que elles écrivent donc sur l'histoire du féminisme important quand on pense aux discussions qu'on a eu ces dernières années sur les la temporalité des moments féministes donc elles vont se servir de source très importantes ce que ne dit pas alors c'est pour ça que je les appelle les singulières solitaires parce qu'elles sont quand même très très seules dans ce qu'elles font c'est bon Marguerite d'hibert fait sa thèse qui sera donc publié en 1926 qui s'appelle le féminisme les femmes dans le dans le socialisme et le féminisme c'est absolument elle dit nous les femmes difficiles rapport avec le socialisme mais ce qui m'intéresse donc le féminisme dans le socialisme français qui paraissait avant 1926 donc de 1830 à 1850 et voilà la dernière page de ce qu'elle va écrire qui d'abord c'est un livre qui est avec des pages d'archives à la fin de référence un livre extrêmement sérieux comme vous avez compris elle part tout de suite auprès après au Bureau international du travail très vite à peu près au même moment pourquoi parce que c'est pas parce qu'on passe une thèse au début du 19e siècle ce que certaines femmes ont fait elle est pas elle est pas la première je pense notamment à Léontine zanta dont un Annabelle bonnet vient de publier un petit un petit un petit biographie sur elle qui passe certains en 1914 et ça fait ça fait un buzz médiatique absolument extraordinaire donc elle est pas la première mais il n'y a pas d'avenir qui a pas d'avenir professionnel enchassés dans de la fonction publique éventuelle dans des postes dans des concours ça va rien de tout ça donc elle va rentrer obéité et moi ce que alors j'aime beaucoup de choses d'abord je vais vous lire un petit passage de la dernière page de sa thèse parce que moi j'ai eu la chance absolument incroyable mon grand-père professeur de lettres et décède en 1977 et en vidant son bureau j'ai trouvé sa thèse parce qu'il voulait sans doute faire une telle sur les saint simoniens je crois qu'il n'a jamais fait mais j'ai trouvé la thèse de Marguerite Tibère c'est vous dire à quel point alors que j'étais noyé dans les archives du 19e siècle le plaisir évidemment fou que j'ai eu d'avoir d'avoir ce document et ce livre alors voilà ce qu'elle dit à la dernière page alors actuelle le féminisme admet des manifestations multiples F donc on est en 26 25 26 et féministe féministe donc elle va définir toute manifestation de l'activité féminine tentant tendant à élargir le champ d'action des femmes en 1848 déjà le suffrage la poussée vers les situations libérales et les fonctions officielles les oeuvres d'éducation l'organisation du travail féminin d'autres voient encore s'ouvraient aux différents groupes spécialisés qui s'engageaient dans l'action pratique donc ça veut dire qu'elle dit bien que le féminisme c'est la totalité et vous l'avez entendu dire ça parce qu'elle commence par le droit de vote en disant qu'au début du siècle c'est la question du droit de vote effectivement les suffragisme est quand même bassons plein dans les 30 premières enfin disons jusqu'à la semaine dernière il y a quand même des séries de moments de demande du droit de vote il y en a déjà au milieu du 19e mais de manière disons épisodique fragmentaire mais au début du 20e aussi sauf qu'elle dit bien elle parle du droit de vote puis elle parle elle va elle va parler du Code Napoléon Napoléon qui donc a sur le plan du droit civil et des droits de la famille était quand même très très négatif évidemment pour les femmes puis elle va parler de l'emploi méditer bureau du travail féminin où elle dit que c'est essentiel que c'est le nerf de la guerre puis elle termine sur le fait qu'il faut que les femmes soient dans des fonctions importantes pour prendre des décisions donc en fait dans ce qu'elle nous a offert tout à l'heure elle a balayé l'ensemble du champ de ce qu'elle appellerait elle le féminisme maintenant moi ce que ce que ce que pour revenir à sa thèse que j'aime c'est c'est que elle elle va dire finalement nous les femmes de 1830 et elle met la question du socialisme le féminisme dans le socialisme donc elle perçoit c'est pas du tout anodin c'est à dire que quand on a dit aussi le féminisme le féminisme enfin tous les clichés qui m'ont fait historiographique qui me font tellement de mal encore aujourd'hui quand je pense aux femmes que ça femme du passé que ça abîme quand on les réduit à des clichés caricaturaux donc elle cherche à savoir ce que c'est que le féminisme dans le socialisme pas le féminisme dans le républicanisme et pourtant on est en plein dans le triomphe de la Troisième République donc tout ça me paraît moi enfin ça m'a beaucoup accompagnée disons d'un point de vue de savoir qu'elle avait pu faire cette thèse aussi savante elles sont là alors depuis lors il existe maintenant depuis quelques années un livre pavé de Françoise Thébault qui a donc écrit la biographie intellectuelle de de Marguerite Thibert donc on est loin de celle quelques héroïnes et on est vraiment là dans ce qui est le nous quant à Eddy Thomas il y a trois livres dont il faut parler elle parle des Pétroleuses parce que c'est la commune vous avez d'ailleurs ça vient d'être édité en poche parc le cloélopresse donc facile à trouver tant mieux extrêmement important parce qu'on sait très bien que Les Pétroleuses ça se met entre guillemets c'est le terme dont on a afflué les femmes de la commune c'est-à-dire que c'est pas les femmes de la commune qui donc ça c'est très important mais il y a aussi et c'est les autres livres qui moi m'ont plus importé je peux dire je puis dire ce qu'elle publie un petit fascicule dans une collection en 1948 il y a une collection qui célèbre le centenaire de la Révolution de 1848 et elle elle va publier les femmes de 1848 donc c'est pas donc c'est un petit livre donc c'est les femmes c'est pas les féministes c'est pas seulement celle qui ont fait la voix des femmes c'est-à-dire un genre quasi quotidien pendant l'insurrection et le moment révolutionnaire de 1848 mais c'est important et moi ce sur quoi je vais surtout revenir c'est sur le livre qu'elle a publié sur une personne donc c'est là où on voit que le pluriel c'est pas le pluriel contrôle singulier c'est le singulier et le pluriel en même temps si on veut écrire l'histoire c'est son livre sur Pauline Roland Pauline Roland qui est donc comment dire à la fois saint simonienne féministe socialiste arrêté après au moment du début de l'Empire napoléonien au début des années 1850 mise en prison à Saint-Lazare avec d'autres puis finalement comme un emploi l'expression qui m'a qui m'a frappé hier quand je reprenais ce texte transporté en Algérie comme le seront un certain nombre de révolutionnaires ou soupçonnés d'être révolutionnaire au début des années 1850 ce qui fait partie de notre histoire aussi de l'Algérie c'est ceux qui ont été expédiés en Algérie elle dit qu'il y a 10 femmes puis elle sera enfin la possibilité de rentrer en France au début des très peu de temps après elle est assez Tif et elle mourra de pour avoir pris froid sur le pont du bateau où elle avait été cantonné pour faire la traversée Alger Marseille elle mourra à Lyon donc c'est un mais c'est un c'est une personne extrêmement passionnante l'histoire de l'histoire de Pauline Roland et moi ce que ce qui me dans le dans la démarche des dictomas vous voyez là on est avant avant que nous nous mettions nous à trouver un passé à l'histoire des femmes on est donc avant 68 et 70 ce que je trouve passionnant c'est qu'elle a réussi à prendre le pluriel et le singulier question qui lui est un petit peu posé entre Russell et Les Pétroleuses et elle dit elle s'intéresse aux deux et je lui je lui en suis vraiment gré alors elle dit elle que l'histoire est un génoté l'expression parce que je l'ai trouvé peut-être intéressantes c'est un exercice spirituel salutaire itel exercice spirituel sanitaire je vous laisse commenter 1948 c'est je vous donne sa dernière phrase du petit livre des fans de 48 elle dit on peut conclure aujourd'hui que les femmes de 48 donc 1848 avaient raison jusque dans leurs extravagances en 1848 c'est c'est assez beau quoi c'est quelque chose là de alors elle parce qu'elle est obligée de dire il y a des extravagances peut-être parce qu'on n'est pas dans des périodes effectivement que ma génération a pu connaître ensuite ou des extravagants savaient valeurs de normalité mais elle est leur donner raison et puis je voudrais dire aussi une dernière chose à propos de ce qu'elle dit sur le couple on dit que c'est totalement novateur l'idée du couple égalitaire certes bon il y a eu bien des aléas dans un simonisme la question du couple on disait clairement lisez un volcan et bien d'autres mais je vais faire une petite un petit un petit crochet parce que je viens de travailler longuement pour un texte qui va d'ailleurs sortir dans trois semaines en publicité pour présenter de l'amour de Stendhal 1822 et dans des collections classiques et ce qui est intéressé parce que d'une certaine façon il y a trois livres sur de l'amour qui sortent au début du XIXe siècle c'est l'encours des studies de Tracy et Stendhal et ils discute finalement c'est assez passionnant de comment avoir une relation qui sera intéressante du point de vue amoureux l'érotisme n'est pas celui du libertinage du 18e mais qui serait intéressante avec les femmes et ce qui apparaît c'est qu'elle ils sont pour le divorce ils sont pas nécessairement pour les enfants le mariage c'est pas sûr que ça soit génial mais il faut que la femme elle est des idées donc comme il a réécrira pendant des années à sa soeur Pauline lie au lieu de coudre voilà et ça bon là c'est tout donc c'est donc quand elle dit c'est le premier moi je viens de faire un travail j'aurais dit oui jusqu'à il y a quelques mois et depuis que je fais ce travail vraiment très en profondeur sur ce texte des années 181830 donc juste avant le saint simonisme il apparaît que ce débat ou finalement on pourrait donner de l'égalité dans la dans la relation amoureuse parce qu'on n'a pas donné ailleurs aussi et donc là il y a aussi un transfert par rapport à la lendemain de la Révolution française qui est tout à fait étonnant et que moi je suis puisque j'avais dit que la région française avait établi pour les femmes une démocratie exclusive c'est-à-dire oui vous en êtes mais pas finalement pour tout mais là c'est pareil oui finalement l'amour c'est peut-être un endroit où on pourrait être égaux bon à condition que vous soyez pas trop savante ça se met c'est à notre débat que je n'aurais pas donc on passe à la deuxième partie asseyez-vous je vous en prie que nous ne quittons pas tout à fait le prix féminin puisque le Christiane Rochefort pour le repos du guerrier a eu voyant Madame Simone 4 voies au premier tour 80 fidèles et que pendant tout le temps du scrutin nous voterions 4 fois pour le repos du guerrier que nous étions 4 à aimer avec ferveur l'une de ces voies tant vous l'avez deviné celle de Madame Simone bon Cristiano je voudrais que nous parler un petit peu de vos personnages et en même temps je vous pose la question d'ailleurs je pense que Madame Simone voit aussi bien y répondre à votre suite je voudrais que vous nous fassiez le portrait de Geneviève avant que le livre commence comment est-elle que quel âge a-t-elle comment est-elle elle a 23 ans et je lis les fines les brunes elle est très élevée et elle est normale une petite bourgeoise c'est une petite bourgeoise elle n'a pas encore de profession elle a un idéal ok elle veut s'occuper des enfants des enfants malheureux et quel genre d'individus rencontrent-elles son contraire elle rencontre l'éblouissant ratés alcooliques désespéré très intellectuel très bavard à votre avis comment se fait-il que cet homme la séduisent à ce point et justement parce qu'il est son contraire il est très très son contraire si je puis dire hein sont très éblouis par ce genre de Don Juan c'est un donjon à la mode aussi et je pense aussi que il assurel un moyen d'action puissant qui est la parole car je crois que les femmes comme les animaux ont besoin qu'on leur parle voilà c'est avec la parole je crois que la parole a une action extraordinaire dont les gens me sentent pas c'est con car enfin tous les donjons en pathétiques j'ai connu dans ma langue vie était des bavards vous me fait plaisir exactement parce qu'il est mourant il est mort mais ça c'est pas dans les premières pages mais après pendant presque tout le livre il restera couché c'est un peu partout c'est une des choses frappantes du livre d'ailleurs c'est ce côté renonce de l'homme qui renonce l'homme qui a voulu se tuer qui ne s'habitue pas la vie c'est une des choses rapides est-ce que je suis d'accord cette femme donc vous paraît tout à fait vous allez bon dire normal vous savez j'ai dit que le mot normal depuis longtemps tu es banni de mon vocabulaire je ne sais pas ce que ça veut dire il y a ce qui est naturel il me semble qu'on peut remplacer le mot normal par le mot naturel il me semble qu'elle est naturel il me semble pas un petit peu hystérique non pas du tout non pas du tout [Musique] en vigueur d'une grande force d'un grand courage mais jamais l'impression de lister et vous n'avez pas pensé est-ce qu'il est vraiment hystérique d'aimer est-ce que c'est bizarre est-ce que c'est hystérique d'aimer je ne crois pas non simplement j'ai eu l'impression que dans cette chanson de geste il y avait de temps à autre un peu d'hystérie non moi j'ai pas que j'ai l'impression [Musique] je trouve que je ne le dis pas alors je le montre et quelques-unes de ces crises sont des crises de fièvres de fièvre pulmonaire tout simplement c'est une fille qui a un moment donné viens tuberculose et c'est très très habile d'ailleurs dans le livre je ne sais pas si vous avez fait par habilité mais on sait très bien en effet que les tubercules sont les tuberculose tuberculose sont ce qu'on a on l'a appelé d'une façon grossière il absurde je pense des embrasés certainement la chaleur de la température malade ça certainement mais je n'appelle pas ça il y a une dernière question que je voudrais vous poser Madame Simone en couronnant voulant couronner ce livre en voulant donner à ce livre le prix féminin ce que vous n'avez pas pensé que son je n'ai pas son écriture mais que ce livre lui-même était un peu trop cru mes collègues m'ont beaucoup posé la question et je dois dire qu'une d'entre elles pour que j'ai beaucoup d'estime qui est une femme de lettres de talent n'a pas voté pour le livre uniquement pour ce motif à quoi je lui avais dit nous n'avons pas considéré ça nous ne sommes pas le prix mention nous sommes appris littéraire et quand un livre atteint le degré de qualité cata ce livre et bien mon Dieu je ne trouve pas que la crudité du langage doivent le détourner mettons sur la bande interdit au moins de 16 ans merci beaucoup tous les individus sont différents et pas deux individus pareil homme ou femme c'est à dire qu'il y a des hommes qui ont le caractère qu'on attribuait autrefois aux femmes des femmes qui ont le caractère qu'on attribué autrefois aux hommes et des qui ont les deux caractéristiques ensemble dès qu'ils n'ont aucun des deux qui sont complètement des êtres nouveaux alors ces problèmes là de sexisme de domination on a une espèce de de religion maintenant [Musique] anti domination et anti-pouvoir ça on sait que c'est là le danger et tout le monde a énormément la trouille de sage je dirais même que ça risque de virer au tabou ce qui est un peu dangereux aussi mais enfin comme tabou aussi appartient aux éléments pouvoir domination tout ça alors on lutte aussi contre ça on se débrouille avec cette religion nouvelle qui est une religion très terre-à-terre bien entendu qui est une religion des choses et nous avons à peu près je ne sais pas moi 15 ou 16 millions de dieux quoi tous très petits et pas important les possibilités c'est ce qui me me passionne voilà par quoi je suis passionnée je suis passionnée par les possibilités surtout de changement par les possibilités d'éviter la catastrophe et quand j'envoie et c'est de ça que je parle moi qui parle ni de sexe je m'en fous complètement ni de mots crus parce que c'est simplement ce que les gens des SMS est égal moi je parle des possibilités le personnage de votre livre qui s'appelle Elise qui donne son nom au livre est une jeune femme qui est ouvrière dans une usine une usine automobile à Paris où elle travaille à la chaîne de cela vous avez été ouvrier dans une usine d'automobile donc sans être autobiographique disons que d'un roman qui reflète largement une certaine expérience que vous avez faite et ce que ce livre raconte en dehors d'histoire personnelle il y a même une histoire d'amour dans ce livre c'est la vie d'une femme dans ce monde qui est le manque de l'usine c'est pour raconter cela que vous avez écrit ce livre quel âge vous aviez quand vous êtes entrés à l'usine j'avais 24 ans physique pourquoi elle travaille était pénible bien sûr racontez en quoi consister votre travail il est décrit dans le livre une très joliment décrit enfin c'est assez hallucinant mais racontez-le c'est une succession de gestes qui sont d'abord un effort physique intense et de gestes qui nous qui au début paraissent inutile à l'époque où vous y étiez les ouvriers étaient en majorité algérien oui c'était surtout des Algériens les Espagnols des Français aussi des Africains noirs entre les ouvriers algériens les ouvriers français ne sont pas ils ont très souvent penseraient que vous accusez les ouvriers français à cette époque d'avoir été à leur manière disons un peu raciste oui il y avait du racisme c'est certain les causes de ce racisme je n'ai pas les éléments nécessaires pour les pour l'expliquer mais je l'ai constaté il y avait un mépris de la part des Français vis-à-vis des Algériens vis-à-vis d’ailleurs de tous les immigrés aujourd'hui vous n'êtes plus ouvrière pourquoi vous avez écrit ce livre pour témoigner de quelque chose ou pour essayer de témoigner ensuite parce que j'ai choisi d'écrire et il fallait que je commence par écrire des choses que je connaissais et que je parle de gens près de qui j'avais vécu et aussi parce que le sujet me tenait profondément à cœur [Musique] en octobre 1932 vous êtes professeur de lettres à Rouen au lycée Jeanne d'Arc vous voyez arrivé un nouveau professeur qui est Simone de Beauvoir vous rappelez-vous de la première impression que vous avez eu en la voyant je me souviens très bien c'était en effet le jour de la rentrée il faisait très beau c'est un matin et j'ai vu ça danser vers moi une personne de mon âge à peu près qui avait extrêmement bien élevé et qui m'a dit je voudrais faire d'autres connaissances parce que mon camarade Nizan a parlé de vous et en effet j'avais rencontré une mise en quelques mois auparavant dans un congrès syndical et nous avons échangé deux ou trois paroles et puis ça a été à peu près tout ce jour-là [Musique] et nous le retrouvions très souvent à Rouen pendant plusieurs années j'ai habité à l'hôtel du petit mouton je me rappelle aussi que ce que vous me disiez ça serait vous peut-être ça davantage en effet parce qu'il prenait en effet s'accrocher plus au problème c'était je comprends très bien que l'ouvrier entre parties communistes comment peut-il récupérer autrement sa vie mais nous autres bah non nous avons d'autres moyens de la récupérer ça venait à peu près à ça oui et je me rappelle d'ailleurs qu'un jour agacé je dis ça vous êtes un et vous avez expliqué quelques temps auparavant comment est sa théorie du et je me suis dit ça cadre au fond il considère que lui alors la possibilité le droit le que sais-je de ne pas s'enfoncer là-dedans et vous vous souvenez de la conversation que nous avons eu sur les femmes un jour j'avais commencé m'apercevoir que même dans les milieux politiques où je croyais que la question était réglée je me sentais mal à l'aise et vous vous me dit mais non une femme quand elle est intelligente quand elle sait ce qu'elle veut elle sentir et je vous ai dit à ce moment là écoutez moi je veux écrire un livre sur les femmes c'est pas possible il faut écrire un livre sur une femme vous m'avez dit mais écrivez-le exactement comme ça bon puis quand nous sommes retrouvés après la guerre vous m'avez dit un jour ce livre sur les femmes je crois que je vais l'écrire et c'était le deuxième sexe donc tous les moments où il y a vraiment une lutte assez serrée on voit les femmes se passionner et être quelquefois plus terrible que les hommes les gouvernements tremblent quand les femmes commencent à descendre dans la rue et beaucoup de révolution ont commencé par des descentes de femmes dans la rue et puis il y a les jeunes femmes en particulier qui sont peut-être particulièrement combatives voyez cette jeune députée en Irlande à l'heure actuelle c'est une histoire assez saisissante son histoire et la façon dont elle est montée d'un seul coup à l'horizon politique de son pays il y a aussi en France une tradition de femmes combatives on me citer le la parole l'autre jour d'un homme politique forte avisé qui disait c'est françaises à quelqu'un je qu'elle soit ce sont des Pétroleuses Pétroleuses peut-être au sens où non pas où elles aiment mettre le feu mais où elles peuvent être poussées à bout alors cette histoire c'est une dont vous avez 12 ans et vous êtes à Saint-Brieuc et vous tombez amoureuse de votre professeur géographique est une femme qui a quel âge 20 ans 24 ans je sais pas c'est l'amour fou c'est une mais c'est comme tous les autres amours c'est à dire qu'on s'aperçoit de ce que c'est on se fait pas d'erreur on se dit pas c'est autre chose on ne croit pas qu'on n'est pas amoureux et puis je peux pas dire que les autres les autres amours que j'ai éprouvés m'ont donné l'impression que ça commençait autrement ou que ça avait l'air entre alors évidemment comme c'est une élève pour un professeur des cheminements de cet amour sont tout à fait singulier par exemple quand elle écrit une composition française parce qu'elle est pas seulement pour soi de géographie mais aussi professionnel quand évidemment elle écrit une quand vous écrivez une composition française c'est plus que les autres élèves parce que vous adressez à votre professeur oui toute c'est à dire que toute ma vie à l'époque était essentiellement une vie intellectuelle se trouvait rapporter à cela à toutes les minutes c'est vrai et puis il y a le phénomène d'imiter le professeur en tout avec en même temps l'envie de la surprendre d'être complètement [Musique] surprenante pour elle ce qui était complètement contradictoire mais j'ai vécu perpétuellement sur cette contradiction là vous imiter son écriture avec honte d'ailleurs en même temps parce que c'est un amour qui est parcouru de honte et puis la volonté d'être premier en classe ah oui nous ça j'avais déjà ah bon non non simplement à ce moment là il était justement encore moins question naturellement de ne pas l'être et puis le raconter un petit peu l'histoire d'un moment vous apprenez qu'elle va partir elle a demandé son transfert ailleurs je sais plus au Moyen-Orient je crois et elle vous donne un livre elle vous donne Zarathoustra alors vous lisez et c'est là que j'ai trouvé la statue parce que Zarathoustra dit un jour assez disciples enfin il est congédi et il leur dit et maintenant allez vous en prenez garde qu'une statue vous tombe un jour sur la tête et c'est vrai j'ai lu cette phrase avec une très grande émotion en me disant oui c'est ça qui me guette mais ce qui me guettait c'était parce que disait Zara tous parce que au fond Zara tout sera fait allusion à au phénomène de la libération du disciple par rapport à son maître et moi ce que j'ai ressenti en fait comme ça j'ai vu ça aussi c'était simple ça c'était clair mais ce que j'ai ressenti surtout c'est je me suis vu moi-même pétrifié me pétrifiant dans cet amour et me tombant sur moi-même et m'écrasant c'est ça que j'ai eu peur mais vous aviez peur d'ailleurs j'avais peur parce que je me sentais décossé de moi je suppose simplement il vous arrive à 12 ans alors ça peut oui ah oui c'est encore plus fort à 12 ans parce qu'on a pas de moyens voilà vous voyez leur sourire quand même à chaque fois notamment quand on leur a en effet parler de l'amour et qu'on va leur faire dire des bêtises alors là cette série qui est la deuxième donc ce sont effectivement des femmes qu'on pourrait considérer comme d'avant 68 mais pour moi elles sont d'après puisque il se trouve que les trois je les ai croisés dans le mouvement des femmes dans le mouvement libération des femmes dans le MLF et donc à partir de ce moment-là elles deviennent des singularités que je dirais ou des singulières repères et pas seulement Sala qui avec lesquels on peut s'adosser au passé et comprendre le passé mais même si leur emploi du guerrier est juste avant 1960 58 je crois et le film de Vadim je crois 62 aussi bien Christian de Rochefort que Pierre et Chevalier Colette Audry sont des femmes que nous avons croisées connues et avec qui nous avons pu échanger dans ces années 70 alors sur Cristiano Rochefort bon il y avait des discussions faciles mais je vais juste vous lire ce qu'elle ce qu'elle se met comme ce qu'on lui donne comme biographie quand le repos du guerrier est hérédité en poche c'est écrit né à Paris Cristiano Rochefort a employé presque tout son temps à peindre dessiner sculpter faire de la musique des études désordonnées entre la médecine psychiatrie et la Sorbonne ethnologie psychologie à écrire pour sa propre joie et pendant le temps qui restait à essayer de gagner sa vie pour survivre elle a travaillé avec des gens pénibles bureau journaliste Festival de Cannes envoyé pour sa liberté de pensée et par contre à la Cinémathèque pour Henri Langlois voilà donc elle publie en 58 voyages ça c'est ça vous donne une idée je crois que c'était extrêmement ressemblant avec la façon dont on a pu la voir notamment par exemple dans sa maison aussi sur les hautes Belleville ces maisons qui seront détruites pour la pour la rénovation de Belleville et où elle avait laissé entrer comme ça les jeunes les jeunes féministes et c'est c'est des repères quoi ce sont ce sont des images repères et ce qui est aussi magnifique quand vous voyez son humour qu'elle a dans ce rapport avec Madame Simone et Madame Simone il se trouve qu'elle il y a eu des extraits d'ails qui sont passés dans les dans les nuits de France Culture c'est un dernier je vous les recommande exactement comme ce qu'on vient d'entendre cette femme qui a été donc comédienne puis femme de lettres car si je vous prie féminin donc qu'elle n'a pas eu elle n'a pas eu elle a eu un autre prix le prix de la Nouvelle Vague c'est le repos du guerrier on voit que cette femme Madame Simone est quand même quelqu'un un personnage qu'on gagnerait je crois je crois je crois connaître quant à la façon dont elle donc elle parle d'aujourd'hui là la Christiane Rochefort d'après 70 qu'on voit donc dans le c'est complètement étonnant parce que elle fait exprès de vouloir nous c'est comme si elle voulait nous semer c'est elle nous parle et elle nous raconte un truc et elle veut nous semer pour qu'on pour faire du désordre quoi et moi j'ai trouvé ça assez formidable je dois dire que je l'ai cité en exergue du livre qui a été cité tout à l'heure service ou servitude que mon premier livre de 79 qui est reparu en poste l'année dernière où j'avais mis en exergue un texte d'elle parce qu'elle a dans ce qui est ma vie revue et corrigée par l'Auteur en 1978 un entretien avec Maurice chalardez voilà ce qu'elle dit donc c'est un livre sur le service domestique j'ai écrit en 79 voilà donc j'ai mis en exergue une station de Christian de Rochefort si j'avais une femme elle répondrait au téléphone aux lettres aux huissiers aux persécuteurs et de remplir les formules réglerait les factures ça serait le courrier organisera mes rendez-vous vous ferez réparer la machine à laver changerai les abat-jour des frais les paquets surveiller des plantations joueraient avec les chats les restes ou le lit iraient au marché chercheraient les sur terre pendant que moi j'écrirai les sœurs Karama mais je ne peux pas avoir une femme parce que je ne pourrai pas laisser tout le sale boulot à quelqu'un pour qui j'aurais un minimum de sympathie et quelqu'un pour qui je n'aurai pas le minimum de sympathie comment je pourrais la supporter en permanence à la maison je me demande comment il faut voilà j'ai beaucoup aimé mettre ça je vous cache pas en exerce dans 79 donc voilà quand je dis c'est des repères d'une certaine façon ce sont des dettes que j'ai à l'égard de ces femmes qui étaient plus âgées que nous qui avait déjà fait des choses avant nos 20 ans 68 heures mais qui qui sont qui sont des femmes tout à fait franchement tout à fait tout à fait étonnante alors il faut la saluer parce que c'est la seule qui est encore là j'ose pas de dire d'autres mots qui est encore là donc claire et claire est là elle est vivante et je la salue alors Élise ou la vraie vie c'est 1977 c'est l'ouvrier l'Algérie et nous les féministes on l'a donc vous la voyez comme ça cette petite c'est une timidité faite de mille choses dans sa timidité qui est toi aussi une ironique elle a qu'elle sait avoir parce que toutes ces femmes ont de l'ironie quand elle répondent à Pierre du maillet à Pierre des groupes etc enfin bon aux grands grands interviews de l'époque ensuite on va la connaître nous quand elle va être la secrétaire des temps modernes donc les féministes d'abord rue de Condé puis retournons et alors en bande parfois en groupe on passe à la voir parce que tout simplement parce qu'il y avait quelques-unes d'entre nous dont je n'étais pas qui écrivaient cette chronique le sexisme ordinaire qui était absolument génial dans les temps modernes faites d'un humour là aussi fou et d'une inventivité d'une intelligence absolument extraordinaire moi j'ai beaucoup beaucoup admiré mais d'autres aussi on avait mis une raison de temps en temps passer la voir elle nous accueillait toujours avec beaucoup de beaucoup de gentillesse et même plutôt très joyeux et je dois dire que anecdote là encore intellectuelle quand Daniel volman au milieu des années 90 m'a demandé une notice sur Clémence Royer qui est la traductrice de Darwin sur laquelle j'ai écrit un livre au début des années 80 donc est une femme du 19e siècle mais qui est morte en 1902 elle m'a dit écoute elle est morte en 1902 tu peux ça serait bien qu'il y ait une notice sur elle dans le dictionnaire de que Michel vinoch et Jacques Julliard allait donc publié sur 96 dictionnaire des intellectuels du 20e siècle je dis d'accord pourquoi pas mais si je te proposais d'autres noms est-ce que tu serais d'accord alors oui elle a été d'accord et j'ai notamment fait une notice sur les retirani et aussi d'ailleurs sur Marguerite Thibert dont on parlait tout à l'heure donc c'est une petite fierté d'autant que j'ai une petite anecdote là encore c'est quand je suis allée la voir donc tu vois ces rues de Condé pour parler avec elle de son histoire pour pouvoir faire cette petite notice et rentrer à ce moment-là Claude Lanzmann un rendez-vous important c'était clair il a acheté un coup d'oeil sur la visiteuse et puis dernière interrogatif comme ça il a regardé claire et sérénique il lui a dit vous voyez Claude aujourd'hui c'est moi qu'on interview j'étais tellement contente c'était juste comme ça c'était tellement chouette qu'elle dit ça et ça disait tellement de choses sur son son histoire quoi et qui est tout à fait tout à fait remarquable parce qu'il dit sous la vraie vie est un très très grand livre voilà donc quand un Colette Audry non quand même c'est quand même curieux parce que bon c'est Olga boss qu'on voit la troisième dans le avec que Simon de Beauvoir ce qui est intéressant c'est qu'en fait l'histoire de de Zara tout Strad la statue qu'elle lui le dit qu'elle lui donne mais c'est un tiers du livre c'est un tiers du livre au moment où elle est encore collégienne on dirait aujourd'hui or elles vont continuer à elles vont pas se perdre de vue puis elles vont se retrouver ou quand quand elle était à l'âge adulte et elles ont une liaison pendant deux ans liaison interrompera quand les taux de riz et non pas sa prof son ex-prof et donc je trouvais ça c'était intéressant qu'il insiste sur la question de la transmission et moi j'ai aimé ce passage je l'ai choisi à cause de ça parce que qu'est-ce que la transmission là j'ai parlé de ces trois femmes ce sont des femmes que j'ai admiré qui ont compté pour moi dans une jeunesse absolument multiples de du MLF et qui était déjà des figures non pas des héroïnes mais juste des repères extrêmement puissants et dont on sentait toute la qualité de de toute la qualité quoi de ce qu'elles avaient de ce qu'elles avaient pu vous vivre et donc voilà c'est c'est ça qui qui m'a qui m'importe de vous dire là par rapport à ça et je suis pas contre avoir insisté sur la transmission mais de la part de Bernard Pivot mais ce que je ne sais pas c'est s'il y a eu c'est plus quand on a fait la recherche il y a la suite du livre qui est longue ça se termine d'ailleurs par sa rencontre avec Beauvoir mais qui est long qui est donc leur relation sentimentale évidemment donc voilà c'est la question de l'amour lesbien reste finalement alors deux choses quand même pour connaître Audry présence publique MDF mouvement démocratique féminin création 1960 là encore existence avant dans le MLF 1964 collections femmes de Noël Gonthier c'est là que sera publié la famille c'est pas rien tout ça donc ça ça se passe dans les années 60 et moi je veux dire que ce qui est très beau avec Colette Audry c'est là encore anecdote personnelle au début du ministère Rudy elle nous a confié une journée de formation pour les ce qu'elle venait de créer c'est à dire les délégués régionales au droit des femmes dans toutes les régions de France et départements région et il y avait une formation qui est dû à Megève je me souviens sous la neige donc je me suis retrouvé avec Colette Audry elle parlant du 20e siècle et moi parlant du 19e siècle et là encore c'est des souvenirs bluffants par rapport à tout ce qu'elles peuvent donner sans avoir besoin sans besoin de le dire donc je leur suis je leur suis vraiment reconnaissante le mouvement démocratique féminin je l'ai noté il est fondé avec Marguerite Thibert Gisèle Halimi André Michelot on est en 1960 ne jamais oublier voilà ça c'est c'était la deuxième la deuxième section et puis sur la question de l'amour on pourrait continuer mais il le temps passe donc ça sera la troisième partie vous avez préfacé un texte fort intéressant de l'indécence aux hommes d'accoucher les femmes c'était en au 18e siècle oui 1707 c'était un médecin Philippe et caquet qui essaie aux éditions côté femmes alors pour préférence ce livre parce qu'on a fait appel à la biologie ou à la féministe ben écoutez je pense qu'on a fait appel aux deux parce que pour parler quand même de des phénomènes de la reproduction de l'accouchement il vaut mieux peut-être en savoir quelques petites choses même si c'est sur un plan théorique et puis je pense aussi à la féministe parce que on m'a demandé de lire ce texte non pas comme une historienne des sciences que je ne suis pas d'ailleurs mais comme une féministe qui est confrontée effectivement à l'importance de du phénomène de la population dans dans la société et dans toutes les sociétés oui je lui en veux pas du tout et même je l'aime bien c'est que parce que on le sent oui oui à partir d'arguments bon très qu'on pourrait qualifier aujourd'hui notre réactionnaire c'est à dire qu'il faut protéger la vertu des femmes les sages-femmes ont été là depuis tout le temps pour les accoucher donc il y a aucune raison de changer il va parce que c'est un homme honnête et un homme de science il va se dire que ses arguments ne suffisent pas c'est-à-dire que la tradition ça suffit pas pour empêcher le progrès et donc il va ses vertuer à démontrer que la présence des barbiers à coucheurs n'est pas réellement un progrès et il s'est virtuellement bien qu'il est amené à dire des choses bon qu'une féministe aujourd'hui ne peut pas ne peut en aucun cas récuser il dit par exemple est-ce que les femmes souffrent moins des douleurs de l'accouchement est-ce qu'il y a moins de femmes qui meurent un accouchement de picassée Barbie et pas du tout bon il dit mais est-ce que les femmes c'est sage-femmes sont moins habiles que les hommes mais pas du tout au contraire elles sont plus précises elles sont plus fines elles ont un savoir complètement les mêmes compétences et puis ce qui est très intéressant aussi c'est que il quitte progressivement le domaine particulier de toute compétition entre Barbier chirurgien et sage-femme il parle des femmes et il dit mais les femmes sont faites exactement comme les hommes elles sont hantées dans la même matière elles ont exactement les mêmes capacités les mêmes aptitudes les mêmes possibilités or si effectivement elle n'ont pas tout à fait effectivement le même savoir et il a cette phrase merveilleuse il dit on le veut bien alors ce on reste effectivement miraculeusement indéterminé mais il dit très clairement que par exemple le message femme et bien si on les trouve ignorantes on a qu'à les former à les former et que si on les forme pas c'est bien parce que on c'est-à-dire quand même visiblement à certaines ordres masculins ne veut pas les former les préfères effectivement ignorantes et donc effectivement inférieur quand même dans les tâches de la société et là il est très très convaincant et très et très attachant quand on demande ce que je fais dans la vie je dis toujours éditeur pour une raison de difficulté je fais ce métier c'est vrai qu'à 10 ans on aurait dit litrices c'est ridicule bon maintenant c'est vrai qu'avec cette commission terminologie les articles de presse différents choses qui vont se passer peut-être ça passera et moi personnellement je crois que je serai une des dernières à mettre éditrice sur ma carte de visite si mais je n'ai pas de carte de visite de toute façon mais je suis un peu partagée sur son problème de parce que bon chirurgienne méthode par exemple mais c'est vrai que le n est moins péjoratif dans l'imaginaire que le S Françoise Pasquier Calamity Jane était la seule femme blanche à pouvoir entrer dans certains camps indiens pourquoi parce que je crois qu'elle s'était fait comprendre les Indiens et en même temps pas comprendre du tout les Indiens la prenaient pour quelqu'un de complètement fou d'habitude parce que d'abord il n'avait pas l'habitude de voir une femme je crois que c'est quand même le principal raisons et puis elle devait leur tenir des discours assez curieux parce que son père était pasteur et son père expliquait que pour pour que les Indiens ne fassent de mal à personne il fallait aller vers eux avec une bible et elle répondait toujours à son père moi je préfère y aller avec des pistolets je trouve ça c'est ça décrit tout à fait qu'à la mitigène et elle s'est et de temps en temps elle a fait des combats du côté des Indiens et c'était une de ces contradictions elle a fait aussi du combat des combats du côté des blancs et elle ne tuait pas les Indiens non elle ne tue pas du tout les Indiens par exemple quand elle combattait avec Billy coq lui tuait tuait viser le cœur ou la tête et elle ne visait toujours que le bras elle préférait blesser pourquoi je ne sais pas alors cette correspondance se termine ainsi cette correspondance de callimité Jane il y a quelque chose que je devrais te confesser mais je ne peux tout simplement pas je l'emporterai dans ma tombe pardonne-moi et songe que j'étais solitaire alors ce secret c'est quoi votre avis mon avis personnel mais c'est vraiment personnel je pense qu'elle aurait voulu dire à sa fille que toute sa vie n'était pas tout à fait bien et dans la ligne dans la bonne ligne de l'époque je pense qu'il s'agissait peut-être de prostitution de choses comme ça mais c'est une interprétation tout à fait personnelle et je laisse les historiens ou les universitaires déterminer cela mais personne ne l'a encore dit oui c'est une enquête parce que c'est effectivement une enquête que j'ai menée auprès d'une trentaine de femmes qui vivent alors quand on dit qui vivent seul ça veut dire qu'elles n'ont pas d'hommes chez elles parce que vivre seul ça peut être vivre avec 12 enfants pour une femme mais n'empêche que une femme qui n'a pas d'homme chez elle est une femme seule bon alors donc c'est une enquête effectivement auprès d'une trentaine de femmes comment les avez-vous choisi il y en a que j'ai choisi que je connaissais autour de moi qui m'était proche ou des amis d'autres que j'ai trouvé un peu par hasard comme bon elles appartiennent à des milieux sociaux très très divers il y a des agricultrices des ouvrières des employés des intellectuels les ouvrières elles sont trois je les connaissais pas et je les ai trouvés par hasard vous le racontez mais alors vous dites une chose qui m'a frappé vous dites font que on les en les questionnant les interrogeant elle vous dirait ce que vous attendiez mais je ne crois pas du tout à l'objectif vous pensiez bien qu'on allait buter sur cette phrase je ne croyez pas l'objectif au fond je sachai en sachant ce que j'espérais trouver chez elle c'est à dire j'ai pas fait j'ai pas voulu faire une étude sociologique je suis pas sociologue je suis journaliste alors c'est une enquête de journaliste mais c'est un peu plus que ça parce que il y a ce que j'y ai mis de moi-même aussi c'est à dire que je cherchais ce que je cherchais c'est comment ces femmes vivaient leur solitude et ce qu'elles y perdaient est-ce qu'elles y gagnaient parce que moi je suis quand même partie avec l'idée ça je dois le dire qu'elle devait y gagner quelque chose la fronde dans toute la collection regardez ici c'est un vrai journal qui a une feuille de chou pour militante absolument un quotidien qui ressemble c'est amusant d'ailleurs à tous les quotidiens de l'époque il est fait sur le même modèle tous les journaux étaient faits un peu sur le même modèle au point de vue présentation l'édito le billet bon c'est un vrai journal et ce qui est intéressant c'est qu'il ne traite pas seulement des revendications féministes mais qu'il traitent de tout de toutes les questions générales par exemple là j'ai un numéro sous les yeux bon il y a un grand article en page une sur la crise ministériale en Allemagne qui n'a rien à voir avec le féminisme on trouvait dans la fonte des articles politiques de politiques extérieures y compris des articles financiers sur la bourse qui a permis d'ailleurs à une femme d'entrer à la Bourse alors que c'était interdit cette femme s'appelait madame Méliot et tenait la rubrique de la Bourse des comptes-rendus du Parlement et là aussi la fronde a permis aux femmes journalistes d'accéder à la tribune des journalistes parlementaires ce qui leur était interdit aussi jusqu'à là c'est un vrai oui c'est un vrai quotidien c'est qui a commencé à 200 000 exemplaires ce journal sort en pleine affaire Dreyfus oui alors ça c'est très important c'est vraiment le gros de l'affaire Dreyfus Zola qui est engagé là-dedans et donc la fronde qui traite de tous les sujets se trouve mise en demeure de prendre parti là il y avait pas de problème les journaux qui traitaient de politique devaient prendre parti la plupart des journaux il faut dire étaient refusa et la fronde a eu le courage de prendre parti pour Dreyfus ce qui n'était pas facile parce qu'il y avait une hostilité il y avait un climat de guerre civile en France à cette époque l'aventure de la Fronde est terminée magret Durand fait une expérience de syndicalisme pendant cette période de la Fronde cette expérience qui la marque elle va la plonger oui à la fronde elle employait 17 femmes typographe payer au tarif syndical masculin et en 18 99 elle crée un syndicat de femmes typographe les typographes hommes ne voulaient pas de femme dans leur syndicat ni dans les ateliers où ils travaillaient ils estimaient que les femmes formaient une concurrence déloyale pour les hommes et que étant payé à bas prix elle faisait baisser les salaires masculins les femmes typographes on en veut pas sous la Révolution française on en veut pas longtemps parce que le pouvoir de la lettre c'est quelque chose qui ne se partage pas donc ça c'était trois femmes trois femmes donc là ce sont des singulières qui ont été mes amis donc c'est encore autre c'est notre façon de montrer des singularités universelles comme je dis et ce qui me touche beaucoup dans ces trois parcours c'est la façon dont à cette époque elle le démontre chacune à leur façon nous avons franchi les frontières les frontières disciplinaires alors par exemple quand Hélène rouge professeur de biologie au lycée Colbert je le sais d'autant que en 73 me trouve stagiaire prof de prof de philo dans le lycée Colbert donc je la vois dans le féminisme et je la rencontre aussi au lycée Colbert et elle franchit on franchit les disciplines donc elle fait ça en publiant un texte ancien alors qu'elle est pas du tout historienne historienne de la médecine et comme elle le fait en montrant les on avait entendu les paradoxes les contradictions etc c'est quand même bien faut savoir aussi qu'elle a créé en 80 avec plusieurs d'entreprième je vais oublier des noms donc je viens de donner aucun le séminaire limite frontière qui n'a rien à voir avec la vie académique qui est en dehors de la vie académie ça c'est quelque chose sur quoi je tiens après c'est que c'est très important dans le féminisme à ce moment-là non seulement on franchit les barrières disciplinaires mais en plus on franchit les barrières institutionnelles et donc on peut penser comme la même façon qu'avec Jacques cancer on fera notre vue les révolte logique à partir de 75 en 80 et j'y participerai à ce séminaire limite frontières où il va y avoir on va publier elles vont publier une conférence après conférence dans un dans des textes papiers simples ça c'est c'est aussi extrêmement important de même de la même façon donc Hélène on avait fait un texte là de nos prénoms aussi dans les temps modernes pour critiquer le livre de cristella sur les Chinoises on est cinq il y avait il y avait José Contreras il y avait Martine Ménès il y avait Marie dingla Hélène rouge et moi-même et c'est vrai que il y a ce mélange qu'on a pratiqué transdisciplinaire trans-institutionnelle et quelque chose premièrement qui me manque et deuxièmement qui a été un moment de d'invention et d'inventivité tout à fait extraordinaire en plus elle-même a travaillé sur la question des frontières donc elle est décédée en 2009 si je dis pas de bêtises et le corps ces objets encombrants est un livre ou un recueil de ces faits Boris et les éditions x paru en 2011 alors Françoise Pasquier elle veut pas être éditrice mais elle est un peu rattrapée par la commission terminologie donc on s'occupe de noix de Groult dans le gouvernement enfin dans le gouvernement et dans le ministère d'Yvette houdi et c'est drôle parce que elle a toujours comme ça ce petit tonde de pas être de pas être d'accord et en même temps bon d'abord ça se passe et ça se passera aussi pour l'Inno Garret que donc les éditions tiers sont rue des Fossés Saint-Jacques avec les éditions solins qui publient toutes les revues intéressantes quel corps tant qu'on a la santé etc et qui joue que finalement la bibliothèque Marguerite Durand qui se trouve dans la mairie du 5e arrondissement à l'époque c'est-à-dire exactement en face du Panthéon ce qui nous a toujours fait beaucoup rire évidemment avant qu'on parle du Panthéon aujourd'hui c'est que au quatrième étage j'avais donc cette bibliothèque fondée par Marguerite Durand et Françoise Pasquier alors qui est avec Florence Rochefort qu'on reconnaît donc l'historienne que nous connaissons aujourd'hui qui est à côté d'elle et donc Madame le hôtel nous recevait beaucoup et on l'a elle aussi c'était une éditrice pas classique elle a fondé par exemple le centre de recherche d'informations féministe on a fait aussi avec elle un rapport sur les rapports parallèle au rapport qui avait commandé par le CNRS après l'élection de Mitterrand sur les recherches féministes en France avec un coloc à Toulouse mais en même temps lui avait demandé de faire un autre rapport de recherche que nous avons fait avec Françoise guyle la biologie c'était Nadia ringard la sociologue toujours à la même époque et ça c'était sur l'initiative de Françoise Pasquier donc elle imaginait des tas de possibilités qui étaient pas nécessairement de l'ordre du commerce éditorial donc moi quand j'entends qu'elle veut pas être éditrice à m'amuse parce que j'entends aussi tout ce qu'elle pouvait faire d'autres par ailleurs nous étions très très liés puisque je l'ai écrit elle était devenue la marraine de ma fille cette époque-là et quand elle publie qu'à la mitigène ce que j'aime si vous voulez en a parlé tout à l'heure de la transmission de professeurs à élève et là la question qui est posée pour qu'à la mitigène c'est la transmission de mère à fille bon elle aimerait bon ce livre aura beaucoup de succès il sera repris enfin très rapidement de poche et pourquoi je l'ai choisi parce qu'au fond cet éditrice je vais vous donner quelques quelques noms de ce qu'elle a édité son catalogue se trouve évidemment sur Internet vous avez fatima Mernissi la grande intellectuelle marocaine Brigitte Fontaine Anna arrête Françoise Debonne à watiam etc etc et d'ici d'autres donc il y a une espèce comme ça de multiplicité et c'est pour ça que je pense qu'elle a pas envie d'avoir de cartes de visite vous voyez elle est donc là aussi ça c'est ça rend vraiment compte de l'époque et alors pour finir je me dépêche sinon vous n'aurez vraiment pas la parole et tant pis pour moi Évelyne le Garet là j'ai de l'émotion à ce qu'elle est-ce qu'elle soit présente d'abord parce qu'elle est morte il y a pas très longtemps en 2018 nous étions moins de 10 on finirarium de Père Lachaise vraiment c'était triste vraiment vous voyez j'ai une émotion c'est pas possible c'était une journaliste permanente du féminisme tu es politique Hebdo elle a fini féminin je me souviens on avait fait un truc quand j'étais délégué interministériel et et quand on voit comment elle a traversé la question du journaliste mais aussi c'est très intéressant elle l'a aussi vous l'aviez après dans la bibliothèque Marguerite duranpaille toujours dans la mairie du 5e arrondissement et elle a fait énormément de reportages très intéressant elle est interviewée sur un lit à soi qui est un livre qu'elle publie dans une collection où moi j'avais publié service ou servitude qui s'appelait femme toute ma à l'époque en 79 parce que c'est une femme donc rendre hommage aussi qui s'appelle monicaen qui a créé aux éditions du Seuil à la fin des années 70 une collection qui s'appelait libre à elle nous avons été beaucoup à publier notamment le sexisme ordinaire les chroniques des temps modernes ont été publiées là et il ne garer aussi et donc c'était c'était étonnant d'arriver à faire une collection aux éditions du Seuil à la fin des années 70 c'était c'était quoi et donc elle a aussi créé en 1977 ce qu'on a appelé histoire d'elle qui durera je crois 3 ans avec moi je me souviens c'était une réunion chez Marie-Odile Delacour après j'ai pas suivi mais ça a été très très important histoire d'elle et beaucoup de femmes journalistes de féministes qui ont y ont participé donc quand elle s'intéresse à la Fronde pourquoi elle s'intéresse à la fronde parce que elle va écrire sur une des premières grandes journalistes françaises de la Troisième République et Séverine non seulement elle va faire une biographie sur Séverine mais elle va éditer un choix de texte de Séverine il va y avoir deux éditions une première puis une seconde 20 ans plus tard j'ai retrouvé les trois les trois livres ces jours-ci en préparant aujourd'hui et donc c'est c'est comment dire elle pouvait inventer à chaque fois des nouvelles choses aller chercher dans les temps anciens l'histoire du passage des typographes je concluais là-dessus mais c'est vrai que c'est très important parce que les ouvriers typographe ne veulent pas que les femmes touchent à l'imprimerie à la lettre qui s'écrit et qui s'imprime ça c'est un privilège symbolique masculin toute une ces deux siècles d'histoire ça et c'est tout à fait passionnant maintenant aussi il faut dire d'Evelyne Le Garrec et vraiment on a envie de lui rendre hommage c'est qu'elle a écrit un livre sur son père du mauvais côté de l'histoire dans la seconde guerre mondiale qui s'appelle arrive allemande de ma mémoire qui a absolument bouleversant et qui est donc sur comment comment vivre avec la mémoire d'un père donc il n'était pas du mon côté de l'histoire de la France donc voilà c'est c'est comme vous l'entendez finalement une sorte quand même de je crois que je suis très très heureuse d'avoir rendu hommage à toutes ces femmes ce soir dans leur multiplicité dans leur liberté intellectuelle et politique dont je trouve qu'on a qu'on a perdu un peu on a beaucoup trop dans les catégories de toutes sortes et là on sent que ça circule tout le temps et c'est ça que je leur que je regarde que je leur remercie de m'avoir donné voilà [Applaudissements] je crois que vous avez le droit de poser quelques questions oui c'est ça merci de profiter de poser des questions à Geneviève ou commentaire tu les intimides là de champagne de montrer cette avance 68 ça c'est c'est bouleversant il faut ce qu'on retrouve avec qui est formidable c'est cet humour qu'elles ont et cette pertinence devant ses hommes travaillent absolument incroyable et ce sont comme des actrices c'est fou enfin moi c'est mon métier de travailler avec des actrices mais quand je vois là c'est c'est magnifique ce montage magnifique mais il faudrait il faut ça c'est de l'ordre de la transmission voilà il faudrait qu'un montage comme ça soit montré dans dans tous les établissements excusez-moi de dire ça je parle des établissements scolaires enfin mais aussi de partout tu vois avec une émission à la télé mais moi ce que j'ai aimé ce qui est important pour moi c'était par rapport au passé d'abord de voir l'antériorité et une antériorité qui chaque fois était liée à une expérience que j'avais faite donc qui donc qui constituait une prise de conscience une construction d'un être de de du baby boom comme moi etc donc c'est et de voir que on a on a des réductions épouvantables de représentation d'histoire du féminisme qui moi me font énormément souffrir parce que elles sont elles rendent justement pas compte de ce qu'il faut absolument démontrer c'est à dire l'historicité il y a pas de s'en passer il y a pas d'origine il y a ce que Michel Foucault appelle une provenance il y a une provenance et j'ai voulu montrer la provenance et c'est pour ça que en commençant par une thèse de 1926 voilà en plus c'est quand elle parle après elle est à la fin de sa vie elle est on est on est déjà vivante quoi elle fait quand même mais moi je trouve qu'elles ont beaucoup d'humour oui parce que c'est Pierre du maillet c'est Pierre des grospes quelqu'un d'autre qui veut donner le ton c'est que ces subjectif et ça j'en avais besoin tu vois sa subjectivité et c'est singulier et universel mais c'est comme tu le dis c'est toi qui les a rencontrés ou qui ont touché elles t'ont aidé à te construire et donc c'est cette histoire de lignée dont tu nous parles maintenant et je pense que ça nous en avons énormément besoin et ce travail sur les archives de plonger là-dedans pour retrouver construire des lignées je crois que ton dernier livre en fait peut-être pas le dernier actrice et la suite de la suite de l'histoire cette histoire de lignée d'un coup si chacun chacune tu vois construit ses lignées c'est magnifique c'est ma proposition pas seulement ce soir c'est ma proposition tout court c'est à dire la provenance la lignée et surtout ne pas ne pas geler l'histoire des féminismes de manière intemporelle comme comme avant la cette fameuse expression des VAG ues que je supporte pas historiographiquement parlant parce que c'est une continuité totalement étonnante c'est pour ça que le discours de Marguerite Thibert quand elle dit bon alors il y a le droit de vote puis finalement elle s'intéresse aux insimonistes puis finalement elle dit c'est l'emploi puis elle passait par le Code napoléonien et elle a elle a fait comme ça et c'est pour ça que j'ai cité aussi la dernière page de son livre de sa thèse parce qu'elle dit ça elle dit il y avait tout et mais moi je suis absolument d'accord avec elle et ça c'est pas pour ça que c'est pas important de souligner et qu'elle fasse un une thèse sur le féminisme dans le socialisme dans les années 20 ça c'est tout à fait remarquable on pourrait en dire beaucoup plus long moi j'étais très très très rapide en fait tu es tout à fait dans le temps de ce qu'on veut d'une carte blanche c'est que d'un coup on plonge dans nos archives et qu'on est on fasse son histoire à travers ses archives aussi et donc ça c'est ça que j'ai beaucoup apprécié dans tes demandes quand tu quand on a commencé à travailler c'est cette volonté que tu avais de de trouver les traces des unes et des autres dans les archives et c'est vrai que il y a certaines je pensais même pas que qu'on avait et c'est toujours un plaisir et c'est et c'est à quoi sert aussi nos fonds c'est de redécouvrir de notre histoire c'est d'aller travailler ici à l'inatec ou bien dans les différents postes qui existent dans les médiathèques tous ces archives nous appartiennent et on peut y aller on peut avoir ce plaisir de la découverte et des relectures donc déjà ce que je te remercie de d'insister sur ce sur ce si vous voyages qu'on peut faire aussi à travers nos archives et comment on peut y travailler et comment on peut se construire mais peut-être aussi c'est l'idée c'est ce que Jeanne sont pas bien de dire à propos du titre la suite de l'histoire c'est à dire que s'adosser s'adosser à se passer c'est effectivement comment ça à écrire la suite c'est ça que bon c'est ça aussi que le que ce rapport à l'histoire et à l’historicité de la fin du 20e siècle pour moi à signifier à signifier c'est à dire que c'était la possibilité de de repenser de recréer des problématiques ce qu'on a fait dans la revue des rêves avec logique avec L'Arc-en-Ciel c'était ça aussi c'est à dire d'aller chercher des textes totalement inattendus et j'ai pas le temps de le dire mais le texte de sur l'accouchement de que l'on parle d'en parler laine rouge c'est une collection qui est liée à justement à l'histoire des textes sur les femmes et c'est d'autant plus intéressant et puis et puis quand on imagine par exemple quand on reprend la collection aussi de monicaël fait au seuil dans les années 70 début des années 80 c'est absolument incroyable de ce que ça produit comme intelligibilité en dehors seulement de la production elle-même ça ne cesse de produire de l'intelligibilité et là d'où on vient c'est à dire que c'est vrai que aujourd'hui il y a 300 livres qui sortent par semaine sur les féministes et on est ravis mais on a eu quand même des périodes désertiques et et tous ces toute cette adoption à l'histoire était quand même une nourriture permanente ça continue parce que moi je me suis nourrit de lecture des lecteurs de tes livres donc tu vois on continue moi ce que j'aime aussi bon dans ma proposition d'idées de lignée c'est que d'abord il faut les faire soi-même et ensuite on en a plusieurs c'est celle de ce soir n'a pas grand chose à voir avec d'autres plus profondes que que j'ai sans doute sur les dossiers ou les trois siècles qui précèdent où il y aurait beaucoup d'autres de femmes dont je pourrais parler mais notamment du point de vue de la philosophie mais c'est vrai qu'on peut il faut fabriquer plusieurs lignées et ne pas avoir peur qu'elle soit même éventuellement qu'elle se cabosse un peu entre elles quelqu'un d'autre mais d'abord merci Geneviève pour cette ce choix très je trouve pertinent et assez drôle je donne ton nom ah oui Nicole Fernandez sur l'ironie en fait et aussi sur les postures des interviews qui sont donc ces hommes qui étaient des grands journalistes commentateurs par ailleurs mais qui semble totalement déstabilisés par la façon dont ces femmes leur répondent nous le regardent et on les sent assez fuyant regardant ailleurs ou les coupons en fait pour essayer d'arriver à ce vers quoi ils veulent tendre et ça j'ai trouvé ça très frappant en fait en les voyant comme ça tous les toutes les unes à la suite des autres bon il y a aussi l'utilisation évidemment de tous ces gros plans sur les visages il y a aussi une partie quand il y a claire et de shery tout d'un coup ce plan sur ses jambes sous la table c'est absolument hallucinant parce qu'il fait penser évidemment à tous les plans sur les femmes où on commence par les jambes et en finit sur les seins en passant par les fesses et donc ce plan est totalement hallucinant parce qu'il n'a rien à voir avec le sujet et on se demande voilà pourquoi on est arrivé là mais moi aussi je trouvais que leur façon de la fois pardon de les regarder et aussi d'être assez ironique et distanciée sembler déstabiliser ces hommes qui étaient pourtant très habitués à ce genre de débat et même pivot d'ailleurs semble un peu aussi il essaie à chaque fois de la ramener vers ceux la réponse qu'il attend et ça ne marche pas en fait et elles sont très libres dans leurs propos moi j'ai trouvé ça très étonné qui paraît timide comme ça jeune femme un peu même je trouve qu'elle est incroyable parce que cette petite façon comme ça elle le déstabilise aussi c'est pas c'est pas Cristiano Rochefort c'est pas Colette Audry mais elle y va quand même et comme tu as pu remarquer dans la dernière série elles sont beaucoup plus sérieuses que ça soit Hélène Evelyne ou enfin Hélène rousse ou elles sont très sérieuses elles c'est en fait la génération d'avant qui sait qu'elle part au casse-pied en allant en allant à la télé peut-être moi je me suis dit ça elles savent que ça va être difficile et d'ailleurs rachel est là je crois je me souviens pas de la suite donc de ce qui se passe avec quand il y a l'histoire avec le donc de du livre de la statue est-ce que dans la suite de l'extrait il va parler de l'homosexualité qui aura entre ces deux femmes ou pas dans mon souvenir peut-être toi tu te souviens aussi de l'extrême et dans mon souvenir il ne va pas y faire allusion à tel point que moi quand j'avais vu l'extrait je croyais que l'histoire du don de Zarathoustra c'était la fin du livre et parce que vous dire maintenant que j'ai lu le livre c'est au tiers du livre alors je sais pas ce que non en effet l'extrait l'entretien entre pivot et puis Colette Audry s'achève peu de temps après en fait il a peur de pas du tout la suite fin des comptes c'est quand même incroyable il fait tout sur uniquement l'école quoi donc là il y a vraiment de la trouille c'est pas il me semble si on peut pas dire peut-être on est en quelle année on peut pas parler c'est 83 à la sortie de la statue donc voilà on peut pas parler de l'homosexualité au début des années 80 sans doute est-ce que c'est ça que ça veut dire j'avais un doute du coup je me demandais si quand même il y avait eu après j'étais tellement stupéfaite quand j'ai lu le livre cet été en disant mais c'est pas possible je croyais que c'était la fin du livre bon ben voilà on le sait quelqu'un veut prendre à nouveau la parole ou oui je voulais rebondir par rapport à Clairette shirelli effectivement je suis totalement en accord avec ce que vous avez dit tout à l'heure sur ce mouvement de caméra et puis sur sur les questions aussi qu'on leur pose qui sont [Musique] oui qui qui voit ce qu'on nous aide leur demander à l'époque c'est assez frappant et pour reclairer donc j'ai lu il y a assez peu de temps sur son livre et j'ai été frappé par sa valeur littéraire on a l'impression qu'elle est réduite en fait dans les questions qui lui sont posées elle est réduite vraiment au témoignages une ouvrière donc une fille du peuple qui qui fait son qui fait un témoignage alors que c'est une oeuvre littéraire magnifique c'est une histoire d'amour absolument superbe c'est une réflexion effectivement en plus sur le racisme sur l'Algérie sur la France les rapports France - Algérie dans ce contexte enfin c'est complètement appauvri cette oeuvre littéraire qui est magnifique dans les questions qui lui sont posées je suis tout à fait d'accord bien sûr et franchement c'est une c'est une super belle lecture mais moi je suis partie je suis partie perdante pour les interrogateurs et ce qui m'intéresse c'était c'est vrai c'était de regarder comment comment les femmes se comportaient quoi et c'est vrai que Cristiano Rochefort elle est trop sur le repos du guerrier elle est elle est vraiment trop quoi c'est c'est surtout bon ça vient c'est ça vient de Nietzsche aussi hein la question du repos du guerrier l'homme est fait pour faire la guerre et la femme pour le délassement du guerrier mais après repos du guerrier je me suis demandé si ça pouvait pas le double sens aussi qui se repose est-ce qu'elle profite pas du repos du guerrier pour se reposer justement son tour voilà il y a des trucs mais mais c'est vrai que je les trouve je les trouve très fortes quand même ces femmes non ah oui tout à fait on est d'accord c'est c'est les hommes sont gênés et pourtant c'est des grands qu'on prenne des groupes du maillet c'est pas des ils en ont ils en ont vu d'autres en tout cas merci beaucoup pour ce regard une dernière question une question un peu à la marge un peu anecdotique mais qui vient un peu en écho de ce qu'on a entendu tout à l'heure sur la personne qui je me souviens plus son nom qui préférait dire qu'elle était éditeur plutôt éditrice Françoise Pasquet alors j'ai pas d'autres données pardon excusez-moi de vous couper c'était les éditions tierce donc fondé en 77 par Françoise Pasquier et donc je voulais juste avoir votre point de vue sur l'écriture inclusive et savoir si vous pensez que c'était un levier parmi d'autres pour l'égalité homme-femme aujourd'hui d'abord on va dire l'égalité femme homme maintenant à cause de l'ordre alphabétique là je suis j'ai été dressée je me suis fait prendre une fois hier je crois 15 ans en public depuis je suis extrêmement bonne là-dessus l'écriture inclusive c'est c'est des machines à se des machines à faire la révolution après on sait pas encore quelle révolution mais c'est une machine moi j'ai fait passer dans le texte là qui va sortir j'ai fait passer tous et je suis pas mécontente ça veut pas dire que je le fais tout le temps mais ça veut dire que on est amené comme ça à faire des tests sur des sur des choses voilà après c'est vrai que la Commission terminologie des débuts du des années 80 donc sous ministère Rudy bon c'était Benoît de gros donc elle avait la pêche mais ça a pas ça a pas fait grand chose moi je me souviens très bien ce qui s'est passé parce que c'est l'année où j'ai été nommé délégué interministériel ou quand c'est quand même Royal a demandé à être appelé la ministre l'été 97 la parité linguistique c'était c'était un truc pas du tout évident donc on revient de très loin donc je ne sais pas quelle révolution va se faire on revient de très très loin puisqu'elles se sont battues pour être appelées là madame la ministre ça c'était il y a gouvernement c'est dingue pardon puisqu'on est sur ce sujet juste si vous avez envie de continuer sur l'histoire le bloc qui s'appelle Robert Larousse Robert Larousse je peux vous dire que c'est savoureux je l'ai découvert aujourd'hui même je connais pas et j'ai commencé j'arrivais plus à m'arrêter j'ai failli être en retard d'ailleurs ici et je vous conseille vraiment de regarder ce blog parce que c'est vraiment génial donc c'est Robert la rousse vous voyez sans rien oui sans rien c'est Robert et c'est vraiment savoureux oui parce que c'est une révolution qui peut être là encore festive après on verra ce que ça donne ou ce que ça ne donne pas moi je crois qu'il faut pas prévoir ce qui quels sont quels sont les solutions ce qui est sûr c'est que la machine est éteint est en marche avant je voulais quand même rappeler que Geneviève avait été aussi productrice à la radio et que donc on peut aussi trouver des émissions dans nos archives fait l'Europe des idées ça s'appelait ça s'appelait l'Europe des idées de 2004 à 2008 juste après mon passage au Parlement européen et ça d'ailleurs été édité et enfin une sélection bien entendu pas tout mais c'est vrai que dans les archives où il y a des il y a sûrement des choses on peut on peut aller fouiller dans les archives et on va écouter ces émissions parce qu'elles sont c'est vraiment gentil de dire ça surtout que j'avais décidé ce qui a été un truc pour moi très passionnant comme expérience je n'écrivais pas mes textes Serge improvisait devant le micro quoi je ne rédigeais pas pour pour faire mes chroniques et donc ça c'était parce que l'expérience du Parlement m'avait aussi entraîné à faire court à faire bref bref et court et en même temps vif et donc j'ai continué et c'était un plaisir extraordinaire ça se fait pas beaucoup mais moi je n'écrivais pas donc je m'étais des mots clés comme ça Sarah et donc c'était c'était de la performance quoi et j'ai aimé faire ça mais c'était bien que ça s'arrête parce que c'était très très fatiguant ça s'entend en tout cas quand on t'écoute et ben merci merci [Applaudissements]
Geneviève Fraisse