L'influence française en Afrique réduite à néant ?|LCI
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à l'heure où les soldats français quittent le Tchad est-ce que cette affaire n'illustre pas le rejet de la France en Afrique il faut dire que les propos récents d'Emmanuel Macron qu'on évoqué avec vous David n'ont pas du tout plus aux Africains écoutez nous avions une relation sécuritaire elle était de deux natures en vérité il y a une partie c'était notre engagement contre le terrorisme depuis 2013 on avait raison je crois qu'on a oublié de nous dire merci c'est pas grave ça viendra avec le temps l'ingratitude je suis bien placé pour le savoir c'est une maladie non transmissible à l'homme mais je le dis pour tous les gouvernants africains qui n'ont pas eu le courage vis-à-vis de leurs opinions publiqu de le porter aucun d'entre eux ne serait aujourd'hui avec un pays souverain si l'armée française ne s'était pas déployé dans cette région s'il avait voulu mettre de l'huile sur le feu il ne se serait pas pris autrement très oui très très sincèrement au moment où littellement il est vrai on a le Sénégal et le Tchad qui nous mettent dehors des bases françaises qui ferment dans la période des fête de fin d'année on a un président de la République qui ouvre sa séquence diplomatique l'année 2025 par ce type de déclaration moi pardon mais quand j'ai écoute Emmanuel Macron avoir ce type de propos sur l'ingratitude des Africains ça me fait repenser à la conférence à au propos qu'il avait tenu à agadougu au Burkina Faso en 2017 vous souvenez des des propos maladroits où il il avait plaisanté comme ça d'un trait d'espritise en bras de chemise exactement il avait plaisanté d'un trait d'esprit devant des étudiants de l'université à wagadougu sur le fait que le chef de l'État serait parti réparer l' climatisation ouais moi pardon mais je vais être trivial j'ai l'impression de voir ù 717 j'ai l'impression de voir un président de la République qui n'a qui a un logiciel de gestion de l'Afrique et de compréhension de ce qui s'y passe qui n'est pas actualisé alors ça du côté d'élysé on aura beau jeu de nous dire que parallèlement à ça la France se fait certes virer euh dans son précarré francophone historique mais prend pied au Nigéria première économie africaine euh prend reprend pied en en Éthiopie au Kenya mais enfin je veux dire c'est un desésaveux majeurs pour la diplomatie française au Sahel et il ne suffira pas de dire que depuis 2013 nous avons bien agi parce que précisément les dirigeants africains le Premier ministre sénégalais Ousman Soko au premier chef nous dira mais mais pardon mais c'est qui qui avait déstabilisé la région en renversant Mamar khadfi en Libye vous étiez aussi à l'origine de cette déstabilisation là donc je veux dire dans la série comme ça des responsabilités de la manière dont on se renvoie les responsabilités et dont on fait comme ça monter une tension entre la France et l'ARI l'Afrique les propos d'Emmanuel Macron m'apparaissent mais complètement décalés un logiciel d'une autre époque c'est exactement ce que reproche le président tchadien au chef de l'État écoutez je crois qu'il trompe d'époque en ce qui concerne le Tchad la décision de mettre fin à l'acord de coopéation militaire avec la France est entièrement une décision souveraine du Tchad cela ne souffre d'aucune ambiguité ça montre le le le le sentiment antif français qui ne cesse de monter hein bien sûr et puis le Président chardien il faut rappeler que c'est le fils du l'ancien président Idris Deb qui était un grand allié de la France et notamment sur le plan militaire et qui a participé à toutes les opérations que nous avons mené depuis 2013 je suis assez d'accord avec ce qui vient d'être dit par Antoine je pense que c'était pas la peine effectivement pour reprendre votre expression de mettre de l'huile sur le feu maintenant ce qui est exact c'est que la France avec l'opération Serval bah a quand même empêché des colonnes de djihadistes de descendre sur bamaco et de s'emparer du Mali à l'époque où c'était un état failli c'est vrai qu'ensuite la France avec l'opération Serval non c'est le contraire c'était d'abord Serval puis ensuite Barkan a permis une coopération puis ensuite dans le cadre du des G5 Sahel avec toutes ces états de lutter contre le djihadisme maintenant ne nous ne nous cachons pas les choses c'est vrai que tous les présidents qui arrivent au pouvoir expliquent arrivent en disant c'est fini la France Afrique avec moi et ça ça remonte à 25 ans ça remonte à Jacques Chirac vous allez voir on ninterviendra plus dans les affaires wouestaricaines c'est fini les émissaires des pays africains qui passent par la grille du coq vous savez c'est la grille la petite porte discrète de l'Élysée avec des Valis pleine de billets c'est en partie vrai mais sur ce qui est ce qui est exact c'est que la France a totalement perdu son influence en Afrique et ça remonte non pas à des semaines c'est vrai que là en ce moment la situation française la dissolution et la faiblesse de l'exécutif a sans doute un petit peu joué et a sans doute un petit peu accéléré le fait que le Sénégal et Tchad et rejoint le Mali le Burkina Faso et le Niger dans le fait d'expulser les armées françaises mais en réalité la France perd des points et des pions sur les chiqu Africains depuis des décennies et nous sommes remplacés par des puissances nous avons on a beaucoup parlé de la Russie sur le plan militaire notamment par la société de mercenaair Wagner mais il y a aussi la Chine qui depuis 30 ans prend des part de marché et vous avez beaucoup de nouveaux états de nouveaux entrants je pense à la Turquie je pense aux États du golf je pense à l'Inde qui grâce à une diplomatie grâce à une diplomatie politique économique un soft power s'implante et fait que la France perd évidemment en influence et aujourd'hui et très je veux dire très très mal vu et alors c'est vrai que le même ressort pour terminer là-dessus et pour rejoindre le pas précédent c'est vrai que c'est un peu le le même discours que l'Algérie en disant bah c'est l'ancien colon qu'on met dehors en exploitant évidemment le sentiment populaur mais il quand même des des dynamiques et des dimensions spécifiques à l'Afrique de l'Ouest qui montrent que voilà malgré le fait qu'on est quand même perdu il faut le dire des dizaines de soldats dans l'opération Serval qui ont été tués par des djihadistes locaux notamment par Al-Qaïda au Magreb islamique et assez affidé ben voilà la France aujourd'hui a totalement perdu la main sur ces sur ces pays et en terme d'in influence diplomatique et politique Rachel Binas alors le le sentiment ce qu'on appelle le sentiment antirançais il est à relativisé non pas qu'il n'existe pas sur place et on voit hein ces chefs d'État qui ont pour modèle vous l'avez dit notamment la Chine très influente la Chine qui représente à la fois un modèle économique fort avec une absence de démocratie et qui séduit aussi peut-être certains certains gouvernements africains très discrètement bien sûr avec un soft power mais incroyable hein ça va bien sûr de l'Algérie jusqu'au au Comor pour y avoir é c'est c'est c'est même impressionnant à quel point l'installation est faite avec ce ce soft power qu'on connaît euh néanmoins ce qu'il faut pas oublier c'est que les Africains n'ont jamais été africains au sens subsaharien plus maghrébin le continent africain n'ont jamais été aussi nombreux à vouloir rejoindre l'Europe et notamment la France ça peut paraître paradoxal la première nationalité pour faire un lien encore une fois avec le sujet précédent la première nationalité à arrivé euh par la Méditerranée via l'Espagne en France mais ce sont les Algériens donc on on observe une espèce de décalage entre un sentiment antirançais qui est aussi utilisé par certains gouvernements en place qui préfèrent bien sûr accuser un ennemi extérieur plutôt que euh regarder un petit peu ce qu'ils font pour leur propre population euh et à côté de ça un peuple qui lorsqu'il se trouve on va dire perdant d'un régime et bien considère que son avenir et son futur peuvent se trouver sur le continent européen et et notamment en France constater pardon juste en un mot que les opinions africaines sont sensibles à cette propagande sur cette et vous avez depuis des années des manifestations antiffrançaises où on brûle des drapeaux français ce qui ce qui était quand même beaucoup plus rare il y a encore queloui alimenté par la propagande russe de Vladimir Poutine Frédérique pêche ou de manière assez simple c'est aussi tout simplement des changements géopolitiques à savoir que les dirigeants et les responsables africain avec d'ailleurs une grande instabilité politique en Afrique qui est quand même de plus en plus manifeste euh choisissent des nouveaux partenariats économiques politiques parce que que ce soit les Chinois ou les Russes euh il n'exigent pas en contre-partie d'une aide économique ou de de de d'une implantation économique des contrepartis politiques ce qui était le cas de la France-Afrique c'était un deal en quelque sorte on on on aide économiquement le pays mais en échange il y a un retour sur investissement politique et des exigen qui étaient posées par la France à un certain nombre de pays africains aujourd'hui les Chinois ont pas ses états d'âes euh ce sont des investissement purement économique une volonté de s'implanter de conquérir un certain nombre de ports stratégiques en Afrique et bien ça ça convient semble-t-il mieux à certains dirigeants africains d'avoir des deals qui soient au cas par cas dans leur propres intérêts économiques sans aucune contrepartie politique donc les choses changent tout simplement alors c'est vrai qu'Emmanuel Macron est assez maladroit dans ses déclarations d' ça rappelle un peu celle qu'il avait eu à Mayotte sur ça ce serait 1000 fois pire s'il y avait pas eu la France et cetera c'est vrai que on a le sentiment qu'il y a un manque de considération psychologique vis-à-vis des populations mais on ne peut pas simplement dire que c'est la France qui malheureusement n'est plus aussi bonne qu' en Afrique et qui et qui perd une influence réellement elle perd une influence mais c'est aussi parce que c'est un choix stratégique nouveau différent d'un certain nombre de pays africains qui veulent ne plus dépendre dans une relation bilatérale justement de de simplement de un pays en la France qui en plus est en perte de vitesse économiquement donc il y a il y a des considérations extrêmement pragmatiques et de des changement d'alliance et ça sera sans doute accentué dans les dans les années qui viennent et on va sans doute la France perdra encore un peu plus de poids en afriquement et c'est là où ça ne relève pas de la de la maladresse dans l'expression d'Emmanuel Macron c'est que on sait par exemple voilà je voulais je voulais vous citer une une phrase de l'entourage de chef de l'État que nous rapportons dans l'opinion et qui témoigne de ce que c'est véritablement une stratégie vis-à-vis du Sahel qui est assumée de Lapp d'Emmanuel Macron l'entourage dit Emmanuel a voulu marquer une franche rupture avec les pays du sel celle-ci ne peut se faire en douceur à partir du moment où les pouvoirs en place ont fait le choix du populisme et utilise une rente mémorielle à l'égard de la France pour se faire adouber par leur population la rente mémoriel comme outil de légitimation des pouvoirs en place on y revient comme avec l'Algérie mais la ré réité c'est que sous ce discours qui est propagé depuis l'Élysée il y a aussi un certain nombre de revers y compris des pouvoirs sur lesquel Emmanuel Macron avait misé en Afrique de l'Ouest je en Afrique de l'Ouest je pense notamment au président nigérien Mohamed Bazou qui a été renversé en juillet 2023 qui n'a pas réussi à remettre en place contrairement à ce qu'il l'aurait souhaité donc voilà il y a cet habillage cette volonté d'un point de vue diplomatique de de d'assumer la rupture puisque puisqu'elle est consommée aut l'acté dès le début de l'année 2025 mais enfin ça témoigne aussi d'un Paris perdu au c'est vrai et je vous citer le cas du Niger moi je vais citer le cas du Mali souvenez-vous de janvier 2013 on intervient justement pour stopper cette avancée des djihadistes on met en place ce qu'on appelle un régime change comme bien sûr avec toutes les différences proportions ce qui s'est passé en Irak avec les États-Unis puisque là on on n' pas fait tomber un régime on avait un régime failli qui avait du mal à à lutter avec une progression terroriste on a installé on a jugulé cette progression on a éradiqué un certain nombre pas tout à fait mais de de bastions djihadistes on a organisé des élections et moi je me souviens j'avais un an plus tard accompagner le président Hollande pour la cérémonie d'intronisation dans un grand stade de bamaco du président Kaï et mais que s'est-il passé quelques années plus tard le la démocratie malienne qui était saluée à l'époque comme une grande réussite et ben s'est effondré il y a eu un coup d'État et comme au Niger comme au Burkina Faso nous avons été expulsés par un pouvoir comme vous le disiez tribéen Antoine populist qui utilise le ressentiment antiffrançais donc voilà on peut quand même considérer que c'est un véritable échec sur toute la vie
Emmanuel Macron