Souveraineté numérique : la France prisonnière des États-Unis ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Le grand [musique] matin Sud Radio 7h10h, Patrick Roger. Il est 7h40. Sud Radio vous explique la souveraineté numérique.
Nous dépendons beaucoup beaucoup voire quasiment à 90 % des Américains et puis aujourd'hui un petit peu aussi des Chinois qui arrivent sur les réseaux sociaux. En tout cas, nous sommes prisonniers. Est-ce qu'on peut est-ce qu'on peut retrouver une certaine souveraineté ?
Nous sommes avec Thomas Foret qui est spécialiste du numérique et président et fondateur d'un réseau social français. Waller, bonjour Thomas Forê. Bonjour Patrick Roger.
On a déjà beaucoup parlé en fait avec vous justement de cette dépendance aux Américains, vous qui avez défendu votre réseau social qui occupe aujourd'hui qui qui travaille avec les des entreprises françaises et puis de l'administration un peu quoi. Votre Oui, beaucoup d'administration parce que c'est un réseau social professionnel. C'est une plateforme collaborative en fait.
Ouais. Euh c'est ça. Est-ce que les Est-ce que les Américains peuvent couper les parce que là on est dans un bras de fer.
Euh alors certains disent "Oui, mais attention parce que les Américains pourraient peut-être carrément couper euh notre économie française en débranchant un peu les réseaux." Euh non, ça c'est pas trop possible. C'est alors ils le feront pas de du jour au lendemain.
Mais si la question est de savoir s'ils peuvent le faire, oui, ils peuvent le faire parce que les services aujourd'hui qu'on utilise en Europe, c'est essentiellement des services américains que ce soi les services internet qui sont accessibles par le grand public, les réseaux sociaux ou autres, mais aussi et surtout tous les services qui permettent de travailler euh qui permettent de stocker les données de santé des Français et cetera. Ils ont la capacité technique bien sûr d'accéder à ces données, évidemment de débrancher même si on imagine qu'ils vont pas débrancher tout. Mais je vous rappelle qu'il y a l'histoire, il y a quelques semaines, il y a un juge français qui s'est vu couper tous ses accès, tous ses mails, qui n'a pas retrouvé ses mails parce que Microsoft et l'État américain derrière avait décidé de couper ses accès, de supprimer ses accès.
Donc l'État américain évidemment va pas couper l'intégralité de service français européen, mais va pouvoir effet déjà pression sur un certain nombre de décisions politiques. Quand vous dites l'État américain, pourtant Microsoft, Meta, toutes Apple et cetera, ce sont des entreprises privées américaine. Ce n'est pas forcément l'État américain Thomas.
Oui, bien sûr, mais c'est il y a des liens très étroits. Et la politique américaine qui est qui est menée aujourd'hui, je vous assure que les GAFA, elles ont tout intérêt à être dans une bonne entente avec l'État américain. Pourquoi ?
Pour une raison très simple. En fait, ces grandes entreprises, elles ont un risque vis-à-vis du droit américain, c'est d'être démantelées parce qu'elles sont trop grosses, trop hégémonique et c'est une anomalie qu'elle ne le soit pas d'ailleurs. Et en fait, il y a vraiment un très bon rapport pour illustrer ça.
Il y a on a vu à l'arrivée de de Trump un changement de politique par rapport à un certain nombre de sujets idéologiques comme le wisme et cetera et tous les gafas qui étaient plutôt je dirais pro centre et cetera, bah surtout se passé dans la politique de Trump. On a de l'opportunisme complet quoi. Ouais.
Ouais. Bien sûr, ce que vous avez dit, c'est que nos données effectivement sont détenues aujourd'hui par les Américains. Le c'est le fameux cloud quoi, hein.
Et puis l'ensemble de nos données, je crois que c'est l'ACNIL par exemple euh qui qui est hébergé par des Américains aussi quoi. Oui, c'est un peu c'est c'est très difficile de savoir quel service public ou privé bien sûr n'utilise pas de service américain. commande publique en matière de solution américaine, solution comme on dit cloud, c'est-à-dire des services qu'on qu'on loue.
Et bien, je crois que c'est plus de 75 % de produits américains. Donc évidemment tout le monde utilise toutes les administrations, l'État en en entier utilise des solutions américaines. C'est une anomalie évidemment majeure parce qu'en France, on a des solutions qui existent, des alternatives que ce soit des hébergeurs.
Vous avez le groupe d'assaut qui qui s'est parfaitement hébergé de données françaises. Vous avez évidemment OVH Cloud que tout le monde connaît, il y en a plein d'autres et puis des solutions aussi logicielles, des solutions collaboratives, des solutions de stockage, de base de données, de quoi que ce soit d'autre. Il y a tout un panel de choses qui existent en France et malheureusement la politique qui est conduite dans l'état dans les politique ou alors c'est le choix des ou alors c'est une méconnaissance des entreprises.
La politique d'achat. La politique d'achat, c'est fondamental les politiques d'achat. Ce que peuvent faire aujourd'hui euh nos politiques, que ce soit au niveau local ou au niveau national et même et surtout au niveau européen, c'est de flécher la commande publique qui peut l'être, qui est l'argent des Français, l'argent des citoyens euh vers les des solutions françaises.
Moi, ça me paraît tellement évident. Après, les groupes privés, évidemment, ils choisiront ce qu'ils veulent, mais il y a pas une solution à l'étranger, en particulier en Chine, aux États-Unis ou dans des grands pays euh qui euh qui n'ont pas fléché d'une manière ou d'une autre euh leur commande publique. C'est évidemment le cas des des voyez aux États-Unis, les fusées, on nachète pas des fusées Arian, on achète les fusées d'Elon Musk.
En Chine, c'est 100 % de la commande publique qui est achetée auprès des entreprises chinoises. Ce que ce que vous nous dites en résumé à Thomas Forêt, c'est que on peut on a encore des moyens technologiques et industriels en France. Après, il faut des investissements, il faut faire confiance parce que vous avec votre réseau ou alors qui qui est une boucle he pour des entreprises et cetera, vous avez essayé de vous développer, vous vous l'avez fait mais vous n'avez pas été forcément toujours aidé quoi.
C'est le moins qu'on puisse dire. Là où on a été aidé, c'est quand des clients nous ont choisi. C'est ça qui fait la croissance des entreprises.
Après, bien sûr, il peut y avoir des investissements. C'est une Non, mais tu parles au niveau de de l'État en fait des seulement qu'on puisse dire, vous savez, l'État aujourd'hui, il y a il y a ne me conduit pas une seule politique numérique, une seule politique de souveraineté numérique, mais des politiques de souveraineté numérique qui sont contradictoires. Et la semaine dernière, la direction intermitiale du numérique a annoncé choisir une solution qui s'appelle Visio.
Visio qui est en fait une solution open source développée par eux-même. Et l'État maintenant devient concurrent des entreprises nationales. Ces gens-là n'aiment pas les entreprises privées et c'est un vrai problème parce qu'il faudrait que l'État fasse confiance dans la nation.
Voilà, moi je prône pour une réconciliation, même si c'est des grands mots entre l'État et la nation. la nation, c'est les entrepreneurs, c'est les gens qui on s'entende au niveau européen aussi quoi, ce qui est pas évident hein. Ah ben encore hier ou avant-hier, vous avez vu la nouvelle, cette fameuse norme Secnum Cloud qui permet de protéger la cybersécurité des données sensibles des pays européens, la France portait une norme très sévère, très bien, qui excluait de fait toutes les entreprises extracommunautaires, c'està-dire en dehors de l'Europe.
Exemple, les Américains ne pouvaient pas produire des systèmes comme ça. Pourquoi ? parce qu'ils ils peuvent accéder aux données.
Donc c'était pas possible. Et bien l'Europe il y a de jours a décidé sous l'égem et quelques autres pays que non, on enlevait les critères de souveraineté. Cette nouvelle norme, elle va se elle va s'adresser, elle va s'appliquer à tous les pays.
Et donc notre norme en France, Secnum Cloud, elle va se voir retirer ce critère souverain. Ce qui est ce qui est honteux. Euh c'est honteux parce que ça veut dire que maintenant la France n'a plus de souveraineté juridique.
Qui décide de des critères de protection des données sensible de notre propre pays ? Et bien c'est l'Union européenne. Ouais.
Merci. On marche sur la tête Thomas Foret le patron fondateur de Wallur donc réseau social français autour de cette souveraineté.
Olivier Faure