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interviewLe Média· 14 avril 2024 39 min

IRAN CONTRE ISRAËL ; RUSSIE ; CHINE VS USA : FAUT-IL CRAINDRE UNE TROISIÈME GUERRE MONDIALE ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

il ne cesse de le dire et souvent sur ce plateau Bertrand Badi politiste et professeur émérita sciensp auteur de nombreux ouvrages dont le dernier r daté pour une approche subjective des relations internationales considère que le fait de brandir le spectre d'une 3ème guerre mondiale dans notre monde en plein tumulte revient à se tromper car la configuration est aujourd'hui bien différente de ce que de ce qu'elle a été durant ce 20e siècle durant lequel la première et la deuxème guerre mondiale ont fait tant et tant de ravage mais tout de même au moment où nous enregistrons cette émission les tensions et les menaces entre deux puissances nucléaires Israël et l'Iran sont hors de contrôle et les États-Unis menacent la Chine qui devra et je cite rendre des comptes si la Russie gagne du terrain en Ukraine la Chine qui elle-même est mécontente après un sommet États-Unis Japon Philippines visant àer les prétentions de Pékin en mer de Chine méridionale que se passe-t-il et comment peut-on appeler cette folie qui submerge notre monde ce sont les questions que je poserai justement à Bertrand bad dans le cadre du monde n'a pas de sentre sa chronique internationale pour le [Musique] média bonjour Bertrand bonjour Alors je voudrais qu'on évoque un par un euh les foyers de tension à fort potentiel de belligérance qui euh sont dans notre monde en ce moment et puis qu'on voit dans quelle mesure ils sont tous reliés s'ils le sont bien sûr peut-être que c'est pas le cas qu'on évoque aussi la nature de ce qui est manifestement en train de se préparer à nous tomber sur la tête commençons par la situation proche Orient en dépit des mises en garde international y compris des États-Unis israël maintient son projet d'offensive Arafat et la situation est plus que jamais tendue avec l'Iran selon l'agence Bloomberg qui cite des sources proches du renseignement américain l'Iran ou ses alliés pourraient une attaque massive de drone ou de missile sur le territoire israélien en représaille à une attaque israélienne sur le consulat iranien à Damas en Syrie qui a occasionné 16 morts au moment où nous tournons cette émission le vendredi 12 avril au matin faut le dire tellement on la va vite le guide iranien Ali kamenei est on est au stade des menaces [Musique] alors Bertrand la question que tout le SE est J il savent qu'Israël veut les entraîner dans un conflit frontal et ne veulent pas tomber dans le piège mais il pourra aussi courir le risque d'être complètement déconsidéré si rien ne se passait après leur déclaration musclé ce sont bien les termes de l'équation et du coup la marge de manœuvre de la République islamique est assez étroite pourquoi l'Iran n'a aucun intérêt à une guerre je dirais banalisée c'est-à-dire correspondant à cette vision frontale cet affrontement entre armées qui transformerait le Grand Moyen-Orient en un champ de bataille global pourquoi l'Iran n'a aucun intérêt cela parce que cela permettrait à Israël et en tous les cas au gouvernement natienamou de réaliser son objectif qu'il caresse depuis des années et des années anéantir le potentiel nucléaire de l'Iran l'Iran ne sera pas transformé en Gaza parce que les données géographiques ne sont pas les mêmes mais on voit à travers Gaza comment la volonté stratégique d'Israël d'anéantir l'autre de ce que cllauswiitaelait terrasser l'ennemi est une très forte vocation l'Iran le sait et n'a aucun intérêt à le faire je ne veux pas donner dans le complotisme parce que les choses sont souvent plus simples qu'on ne le dit mais l'attaque du 1er avril sur Damas et sur l'ambassade d'Iran à Damas a été mené très certain en toute conscience de ce risque c'est-à-dire que natanahou en décidant de cette attaque savait que l'Iran ne pourrait pas ne pas répliquer donc on est dans une logique assez évidente maintenant un peuiste quand même oui mais je crois qu'il y a une une vraie conviction on en a déjà parlé autour de cette table une vraie conviction en Israël que la puissance permet de tout régler ça c'est la base même de la politique de sécité c'est une conviction qui ne se fonde sur au un précédent historique récent euh partout c'est ta fameuse expression l'impuissance de la puissance a été caractérisé donc c'est pour ça que je parle de niilisme oui mais en même temps il y a toute une culture qui reste dominante en relation internationale et qui est non seulement exprimé par le Power politics proclamé par tous les manuels de relations internationales mais dont les États-Unis sont l'expression concrète aujourd'hui un pays qui consacre par an 800 80 milliards de dollars à ses dépenses militaires par lui aussi de la conviction que la force permet de tout protéger de soi et de tout réaliser dans ses intentions vers les autres donc cette conviction qu'elle soit fondée ou pas elle est réelle dans le gouvernement israélien et donc gouvernement iranien le sait et sait très bien le risque qu'il prendrait à se lancer dans un affrontement direct avec Israël donc attendons peut-être que d'ici la diffusion de cette émission On en SAA plus ce que sera exactement l'éventuel repost iranienne à mon avis elle va être pensée de manière à ce qu'elle ne fasse pas glisser ce conflit vers l'automatisme de sa généralisation et puis il y a un autre élément qu'il faut bien avoir en tête c'est que c'est pas seulement un jeu à deux Israël Iran euh on voit les États-Unis en Prin d'une peur presque panique de ce genre de guerre pourquoi parce que les États-Unis qui n'arrivent pas à peser sur le conflit Israël Palestine Israël Gaza savent très bien qu'ils ne pourront pas contrôler un conflit qui se régionaliserait et qui prendrait l'allure d'une véritable guerre interétatique donc entre deux puissances nucléaires en plus oui enfin tu dis que l'Iran est une puissance nucléaire c'est peut-être aller un peu vite en besogne elle a un programme avancé de recherche en matière d'armement nucléaire elle n'a pas l'opérationnalité c'est-à-dire elle n'est pas en mesure de lancer des missile nucléaire ce qui est différent peut-être d'Israël mais de toute façon peutêtre que justement il est temps de l'attaquer avant que son programme n'aboutisse à une opérationnalité ça fait partie de ces calculs dont d'ailleurs le gouvernement natanahou ne s'est jamais caché il a toujours dit qu'effectivement il fallait tuer le phénomène dans l'œuf et éviter à tout prix que l'Iran se dote d'une arme nucléaire une confrontation directe avec l'Iran aujourd'hui ou demain permettrait de réaliser cet objectif c'est la raison pour ça au moins c'est rationnel bah la rationnalité absolue la rationalité absolue n'existe pas sinon ça se saurait mais c'est dans la rationalité israélienne moi je pense que c'est irrationnel pourquoi c'est irrationnel parce que même si l'Iran est doté d'une arme nucléaire les gouvernants iraniens savent fort bien que l'utiliser contre Israël serait un véritable suicide donc le risque d'une attaque nucléaire venant de l'Iran est quasiment nul c'est la raison pour laquelle je parle desirrationalité en revanche s'il y a une attaque massive d'Israël sur l'Iran on n'est pas sûr de maîtriser la logique d'escalade et nucléaire ou pas nucléaire une guerre risquerait à ce moment-là d'avoir des effets incalculables tant dans la densité des malheurs provoqué que dans l'extension de ceci donc tout ça est irrationnel mais au-delà de ces deux protagonistes il y a quantité d'autres acteurs les États-Unis donc je disais veulent à tout prix éviter cette guerre et c'est la raison pour laquelle le discours américain est un discours si menaçant et si réconcilié avec natanahou depuis quelques heures depuis même de jours où il explique que le soutien à nouveau est total inconditionnel à l'État d'Israël ce qui est un discours de dissuision pour dire aux aux Iraniens attention si vous allez trop loin dans votre ripos vous nous trouverez face à vous et ça vous compliquera la tâche mais tout ça traduit une peur panique de voir ce conflit se développer euh regarde la Russie regarde la Chine euh qui se donne la peine l'une et l'autre euh de d'appeler alors comme on dit en langage diplomatique à la retenue bon euh pour la Russie une guerre euh explicite euh touchant l'ensemble de la région moyen-orientale serait une catastrophe pour 100 et une raison euh pour la Chine notamment les toutes les routes que la Russie a pu créer dans cette région du monde notamment grâce à son implantation en Iran oui et eu pardon en Syrie et surtout on ne sait pas à quel point la Russie est dépendante d'une stabilisation relative du Grand Moyen-Orient euh la Russie a besoin d'être relativement tranquille en en Syrie où elle a un rôle pratiquement de tuteur effectif elle a intérêt à avoir des relations stables et nourries avec la Turquie elle tire énormément de profit de ces bonnes relations je dirais pas alliance hein de ces bonnes relations avec l'Iran il est évident que ces bonnes relations seraient complètement effondré ou en toutous les cas laissé de côté en cas d'un conflit actif et de haute intensité entre Iran et Israël euh la Russie a besoin du golf et notamment des Émirats arabes unis comme point nodal de ses échanges et notamment de ces échanges clandestins là aussi ça risquerait de disparaître donc effectivement on a dit trop imprudemment ah mais la Russie est très heureuse de voir ce conflit israélopestinien se développer ça fait que on oublie l'Ukraine et la Russie peut faire ce qu'elle veut c'est beaucoup plus compliqué que ça et je pense qu'effectivement personne hors d'Israël n'a véritablement besoin de cette nouvelle source de conflictualité donc israël est un pays qui n'a pas l'habitude d'obéir aux autres hein donc les pressions venant d'un peu partout je pense pas qu'elle pourrai en profondeur modifier latitude de d'Israël ça peut quand même contribuer à mod l'escalade alors on parlait de rationalité est-ce que finalement il y a pas dans tout cela une rationalité personnelle de Benjamin netanahou dont la solution face à une situation sociale et militaire inextricable sur la bande de Gaza pourrait être tout simplement la guerre sans fin qui lui permettrait de conserver le pouvoir quelque chose de très personnel qui est un peu vain à l'échelle de notre vaste monde mais ce qui motive les dirigeants c'est passons la grande histoire alors on le sait d'abord on le sait depuis euh des décennies non pas à propos d'Israël et natanahou mais à propos de l'avancement même de la science politique des travaux très sérieux je pense au grand historien et sociologue américain Charles Stey qui explique war making state making et que plus on fait la guerre plus on consolide le pouvoir politique c'est une loi forte de l'histoire d'hier et d'aujourd'hui he deuxièmement depuis longtemps tout le monde dit avec raison que une guerre prolongée permet à nathaniaahou de se mettre à laabouie de ses poursuites judiciaires dont il est menacé et de tout ce que nous savons mais il y a quelque chose d'encore plus pervers qui s'affiche depuis un certain temps c'est que nataniaou est sous la pression du mécontentement de la société israélienne euh mécontentement euh lorsque celle-ci la grande majorité des Israéliens ont constaté que euh tout n'avait pas été fait pour protéger prévenir euh l'attaque du 7 octobre euh mécontentement lié au projet de réforme de la justice et la dérive euh je dirais hors de l'État de droit de l'État d'Israël et du gouvernement israélien mais ce qui est intéressant c'est que dans l'opinion publique israélienne sauf minorité assez réduite personne ne demande la fin de la guerre sur Gaza et il y a une sorte de consensus et l'effet pervers c'est que le seul point de rencontre qu'il y a entre nataniaou et la société israélienne c'est la poursuite de la guerre et du processus d'éradication du Hamas et donc le grand paradoxe c'est que le divorce accompli depuis un certain temps entre l'opinion israélienne et nataniaahou conduit pour limiter les effets de ce divorce à faire de l'escalade dans son propre projet de violence et de coerition sur les Gazaouis donc tout ceci explique à quel point la guerre est devenue une stratégie centrale dans la la pensée même des gouverne des gouvernants israéliens c'est la fameuse idée développé en son temps par Suns lorsque ce stratège chinois qui expliquait que finalement la guerre est l'élément le plus central de la dynamique des États et des gouvernements bah là on en a la preuve alors sur un autre dossier la Russie est-elle pressé d'achever l'Ukraine on peut se poser la question quand on voit qu'en dépit de son avantage militaire ou VI d'une stabilisation du front militaire qui lui profite le pouvoir de Vladimir Poutine pilone les installations énergétiques voire nucléaes de l'Ukraine au nom de quelle logique est-ce qu'il faut tuer le match avant l'acheminement complet des aides militaires européennes alors à nouveau je citerai Sunzi le stratège chinois qui disait personne ne gagne à une guerre longue et je pense que c'est parfaitement exacte on a une façon un peu curieuse ici dans le monde occidental d'expliquer que finalement Poutine mise sur une guerre longue et qu'une guerre longue lui permettrait de prendre l'avantage c'est vrai qu'il y a des signes d'épuisement au sein de la société ukrainienne c'est vrai que c'est difficile dans cette inégalité de ressources de tenir le front côté ukrainien mais on on a un peu trop tendance à idéaliser même à ééniser euh la situation en Russie euh certains disent que l'économie russe finalement se porte infiniment mieux qu'on ne le prévoyait bon c'est vrai qu'il y a pas d'effondrement de l'économie russe mais il faut voir aussi l'effondrement que beaucoup avaient prévu notamment notre bon ministre Bruno Le Maire et c'est peut-être pour ça parce que les prévisions avaient été euh trop euh optimiste vu d'un point de vue ukrainien que le non effondrement affité et l'économie russe devient une sorte de victoire parce qu'en fait on avait trop on avait vendu la peau de l'ours avant de l'avoir tué c'est la preuve que en politique faut jamais écrire d'horoscope hein ça c'est absolument évident tant pour les acteurs politiques que pour les observateurs que nous sommes et les analystes que nous sommes ça c'est certain mais dire que pour autant la Russie tire à terme profit d'une guerre longue tant du point de vue de l'état de la société que du point de vue de l'état de l'économie et je dis même de l'état des institutions je crois que c'est allé vite en besogne donc je ne crois pas que le jeu soit un jeu consistant à parier sur le temps il faut tout simplement recentrer la question ukrainienne sur l'essentiel l'essentiel c'est cette volonté obsessionnelle de Poutine de rétablir la puissance russe pourquoi pour deux raisons d'abord parce que tout dictateur a besoin de puissance pour renforcer son propre pouvoir et deuxièmement parce que le pacte qu'il a passé avec la société russe la marque politique qu'il a fait sienne pour être identifié par la société russe et je dirais par le monde en général c'est d'être celui par qui la puissance russe qui était au sommet du temps de l'URSS reviendra donc il ne peut pas lâcher tant qu'il n'aura pas démontré qu'il est encore puissant et c'est ça qui est inquiétant c'est ça qui est dangereux alors ça peut se faire soit à partir d'une offensive qui nous ferait sortir de cette espèce de gel que nous connaissons depuis plus d'un an ce peut-être par un jeu diplomatique subtil qui lui permettrait de gagner quelqu avantage mais il ne peut pas s'arrê demain matin en prenant sa canne et son chapeau et en sortant se promener ce n'est pas possible donc effectivement tout se joue dans cette éventuellement même artifice de puissance dont il pourra faire la démonstration et c'est là-dessus qu'il faut jouer si on veut véritablement rétablir la paix dans cette région du monde c'est-àdire bah c'est-à-dire on ne peut pas céder à Poutine sur l'essentiel c'est-à-dire la reconnaissance de l'intégrité territoriale de l'Ukraine le droit à l'Ukraine d'exister par sa propre volonté mais en revanche on peut assurer l'Ukraine que la mise en péril de sa sécurité appartient au passé il faut prendre Poutine à la lettre pour eneliver son dossier il explique qu'il est menacé par l'Occident que le la véritable racine du conflit avec l'Ukraine c'est pas l'Ukraine c'est cet Occident collectif qui le menace et qui fait peser une sorte de d'insécurité permanente sur la Russie prenons-le au mot et disons bah réfléchissons aux conditions d'une sécurité en Europe c'est-à-dire redéfinissons les zones militarisé et démilitarisé qui appartient à l'UTAN qui n'y appartient pas qui appartient à l'Union européenne et qui n'y appartient pas comment construire un partenariat de surveillance réciproque de monitoring partenariat de surveillance réciproque oui bah pourquoi pas mais attends dans les années 90 quel était le thème qui consistait à franchir l'espace de la postbipolarité de sortir de la bipolarité c'était le Partenariat pour la Paix le fameux PPP où on essayait de définir une sorte d'équilibre entre l'OTAN et la Russie c'est pas très cher ça coûte pas très cher que de définir clairement les thèmes et les termes d'un partenariat entre l'utant et la Russie et à terme la disparition de cet autant qui ne correspond plus aux données du monde actuel tout ceci ne se fait pas d'un coup de baguette magique contrairement à ce que dit Monsieur Trump qui prétend qu'en 24 heures il peut s'entendre avec Poutine tout ça est très compliqué mais le le très compliqué est quand même moins compliqué que le ne rien faire et la lande glissade vers ce qui peut être tout et n'importe quoi oui c'est c'est logique sauf que il y a une atmosphère globale de prime à la bellgirance dont on reparlera en tout cas c'est dans cette atmosphère déjà très tendue que les États-Unis s'en prennent à la Chine qu'ils accuse de fournir des renseignements géospatiaux à la Russie dans le cadre de cette guerre contre l'Ukraine la Chine devra rendre des comptes si Moscou gagne du terrain en Ukraine le problème est qu'on ne voit pas pourquoi Pékin en tiendrait compte vu qu'américain japonais et philippins ont organisé un sommet trilatéral en guise de défi à son hégémonie dans la région est-ce qu'il joue à se faire peur où est-ce que la menace de déraillement est grave non je crois surtout que on échange tout un tas de signaux ce qui est dans la banalité des relations internationales euh depuis euh le début des temps hein la meilleure façon de gérer des relations internationales c'est d'annoncer ce que l'on craint chez l'autre et de faire valoir les risque que l'autre prendrait s'il persistait dans tel ou tel de ses choix donc il faut pas se laisser impressionner un sommet entre les États-Unis le Japon et les Philippines ça a rien d'extrêmement nouveau ni de déterminant ou mais la chinie a répondu par des des manœuvres militaires oui échange de signaux effectivement et il y a une certaine symétrie moi je constate quand même deux choses que l'on oublie un peu trop vite premièrement c'est les liens très forts qui a entre la Chine et le Japon et qui ne sont pas démanti en terme d'échange commercial par exemple la Chine est quand même le premier client et le premier fournisseur euh du Japon euh c'est important c'est un peu logique la géographie étant ce qu'elle est non oui mais enfin la géographie est ce qu'elle est il y a pas entre la Russie et la Pologne la même densité des échanges faut faut quand même avoir un regard lucide sur la diversité des situations du monde bon d'autre part regardons de très près les logiques d'intégration en Asie orientale en décembre 2020 a été signé un traité extrêmement important le rcepin economic partnership qui dans qui prévoyait que presque 40 % du commerce mondial se trouvait désormais intégré et là-dedans il y avait en même temps la Chine le Japon et même l'Australie et divers pays qui sont censés qui à l'époque étaient plus particulièrement censé être en opposition direct avec la Chine donc on on oublie toujours qu'il y a cette force de l'intégration entre les deux deuxièmement ce qu'on oublie aussi de dire c'est que la Chine pour 1000 raisons ne romp pas ses liens avec la Russie ne sanctionne pas la Russie lui achète du pétrole ce pétrole que devait lui acheter les pays occidentaux tout ça est est répertorié mais la Chine est très prudente dans euh l'aide apporté à la Russie et effectivement en matière de renseignement en matière aussi de de prévention de matière défensive des choses se font mais il y a très peu d'armes offensives chinoises à ma connaissance et même les États-Unis en conviennent qui ont été livrés par la Chine à la Russie donc que il est clair que la Chine fait attention la Chine n'a aucun intérêt parler tout à l'heure du proch Orient mais on peut projeter ça sur l'extrême Orient la Chine n'a absolument aucun intérêt à ce que ce conflit vienne à déraper et à s'aggraver et de même ne simplifions pas les choses en tenant pour idélique les relations entre Pékin et Moscou les relations entre Pékin et Moscou n'ont jamais été bonnes dans l'histoire jamais hein et au premier contact entre l'empereur de Chine et le dzar de Russie jusqu'à aujourd'hui en passant par la relation entre maulung et Staline et on pourrait continuer le fameux schisme Moscou Pékin et cetera pourquoi pour une raison très simple c'est que la Chine obsédée par les humiliations qu'elle a eu à subir voit dans la Russie l'acteur privilégié de telles humiliations alors il y avait la France et l'Angleterre au moment de la guerre de l'opium bien sûr il y a eu les États-Unis après mais il y a frappant les relations entre Pékin et Moscou cette même méfiance je pense que la méfiance l'emporte sur la confiance en même temps comme dirait quelqu'un en même temps c'est vrai que la Chine probèblement se régale de voir inverser les relations entre la Russie et elle-même autrefois la Chine encore une fois une affaire d'humiliation était le petit vassal de la Russie où en tous les cas était considéré comme tel à Moscou aujourd'hui c'est Moscou qui est demandeur à Pékin et donc que ça plaît à Pékin de voir cette inversion de même que ça plaît à Pékin de voir que les choses sont beaucoup plus compliqué pour l'Occident à mesure que le temps passe que voir que le conflit ukrainien crée les conditions sinon d'un divorce du moins d'un éloignement entre les États-Unis et l'Europe de voir que l'Europe est divisée sur le sujet tout ça effectivement satisfait Pékin à un moment où ne l'oublions pas les relations internationales sont hypothéquées préemptées par ce désir occidental de constituer un bloc uni c'est ça qui le plus au sud et à l'est c'est-à-dire que l'Occident cultive de l'entre soi et à forcerie de l'entre soi éégémonique le confl Russo ukrainien a lésardé cette entre soi hégémonique de l'Occident bah évidemment Pékin s'en régale mais c'est pas pour ça que Pékin va tout d'un coup se saisir du conflit russo-ukrainien pour attaquer l'Europe occidental mais de manière générale comment expliquer une fois de plus on a des ex exemple qu'on VI de citer la surenchère guerrière actuelle alors c'est une surenchère guerrière dans les faits sur notamment Russie Ukraine et Proche Orient mais c'est également une surenchère guerrière dans les croyances en la toutepuissance dans les coups de monenton et cetera dans une atmosphère anxiogène qui est fabriquée par les dirigeants politiqu mondiaux et qui donne l'impression que nos enfants ne ne grandiront pas dans la paix pourquoi euh ce retour du canon de la poudre et de la et la brutalité dans son expression la plus la plus essentielle alors j'ai tendance à privilégier deux explications qui ne s'excluent pas l'une l'autre mais peut-être se complète et c'est ennuyeux de constater qu'elles peuvent se compléter la première élément le premier élément c'est que nous sommes dans une conjoncture de décomposition d'affaiblissement considérable du politique et ça ça se voit partout ça se voit au sud à travers la crise institutionnelle récurrente qui explique les faibles progrès que la démocratie peut y accomplir ça se voit à l'Est où le régime russe est était avant 2022 considérablement affaibli d'ailleurs je parlais de régression de puissance tout à l'heure et ça se voit dans ce que l'on on appelle le bloc démocratique occidental où on ne va plus voter où on a plus confiance dans les acteurs politique où on a plus confiance dans les institutions où monte un populisme je dirais quelquefois qui confine à la pure folie dans son discours et donc comme je le disais tout à l'heure on revient au même point lorsque le politique s'effondre on compense cette incapacité interne par une musculation extérieure avec un un double espoir d'abord que ça peut recréer un sentiment de cohésion nationale dont profiteraient les dirigeants et d'autre part avec l'idée que ça peut permettre de sauver la puissance la capacité la maîtrise que les dirigeants ont sur un ordre global social interne et global mondial qui qui échappe de plus en plus à leur contrôle ça c'est un élément à surveiller il y a un lien d'ailleurs l'histoire l'a montré entre cette désaffection cette défiance à l'égard des institutions et le glissement sinon vers la guerre je pense pas qu'on en soit là mais vers un langage de guerre et de puissance internationale le 2uxè élément qui joue c'est que l'échec des processus institutionnels d'intégration internationale du multilatéralisme de la coopération entre États des échanges de la confiance entre États et je pense en particulier au rapport Afrique Europe et je pourrais même simplifier parce que c'est là que le paroxisme est atteint France Afrique on ce cet échec de la coopération internationale dont on a jamais dans l'histoire mesurer un tel niveau ne serait-ce que parce que dans l'histoire le monde n'était pas monde il était régionalisé là tout le monde échange avec tout le monde fait que les logique identitaire le discours identitaire progresse au dépend du discours de coopération et que l'identitarisme crée de la méfiance crée du rejet de l'autre crée de la c'est-à-dire que jamais le discours international a été aussi haineux au au au SOMUM de la guerre froide que j'ai connu quand j'étais enfant il y avait un discours de grande violence mais qui était je dirais contenu par la force des idéologies c'est-à-dire c'était vraiment le socialisme contre le libéralisme et avec toutes les variantes de part et d'autre aujourd'hui on lui substitue un discours de haine identitaire parce que l'ennemi ce n'est plus celui qui pense différemment de toi c'est celui que tu construit comme étant différent de toi c'est-à-dire inférieur à toi euh le discours de a sur l'islam cette espèce d'obsession stigmatisante de l'islam qui peut être parfaitement légitime quand on tousse aux variantes les plus extrémistes les plus radicales qui sont le djihadisme mais on n est plus là ah plus du tout on n est plus là ne serait-ce que parce que maintenant on ne se gêne pas pour confondre euh islam et djihadisme tous les musulmans seraient des djihadistes euh l'autre jour on m'a enfin il y a peu de temps écrit en disant ah mais le la personne qui a attaqué d'autres personnes avec un couteau à Bordeaux porater une géaba donc c'est c'est de l'islamisme radical non mais où en sommes-nous j'entends à la télévision des gens qui ne sont pas pourtant réputés pour être inculte parler d'islamonazisme c'est c'est maintenant courant il y a quelqu'un qui a fait un livre sur le frérro salafisme on en est véritablement dans cette obsession alors rhétorique mais attention il les mots laissent toujours des trace et et donc dans une montée incroyable de méfiance jamais mais l'autre sous ces différentes figures alors l'islam est privilégié parce que c'est peut-être là que le contact entre l'Occident et le reste du monde est le plus fort mais on voit bien de la manière dont on parle de la Chine et de la méfiance qu'elle inspire on le voit bien à propos de l'Afrique et de son incapacité a depuis le discours de Sarkozi à dakard en 2007 et potentialité d'invasion et potentialité d'invasion et puis allons-y carrément euh renaissance de ce que Jules Ferry avait annoncé distinguant les races inférieures et les races supérieures je crains qu'on en revienne à cette rhtorique alors qu'on pouvait croire mais moi je continue à y croire fermement que la mondialisation pouvait être porteuse du discours inverse d'un discours humaniste c'estàdire la mondialisation puisqueenfin depuis pour la première fois depuis Adam et ve le monde est unique tout le monde est dans le même bateau et bien peut-être que les traits de l'être humain viendrait se dégager au-dessus de ce qui fait la particularité des uns des autres non c'est le contraire on va saisir ces particularités pour les stigmatiser pour proclamer sa supériorité et surtout pour engager de la haine laquelle effectivement est construite comme un barrage à la submersion au grand remplacement et des choses comme ça ça c'est très très très très dangereux et donc c'est ce discours de haine qui rejaillit enfin qui est en conformité finalement une atmosphère de de béégérance latente dans le monde oui parce que les deux éléments que je distinguer viennent se rejoindre c'est-à-dire il y a la stratégie politique effectivement [Musique] deetour à la puissance internationale qui vient rencontrer dès qu'il est question de puissance international son contraire qui est l'autre alors l'autre est rejeté et en même temps menacé de l'épouvantail de la puissance dont on dispose et donc ça ça me fait très très peur c'est la raison pour laquelle bon tu le disais au début de l'émission moi je ne crois pas une troisème guerre mondiale parce que toute façon il peut y avoir des choses affreuses mais elles seront tellement différentes de ce qu'on a connu et en 39 peut-être pire peut-être pire bien sûr je ne sais pas de toute façon parce que les deux guerres mondiales il y avait pas de de de d'armes nucléaaires il y avait pas euh l'informatique et les réseaux qui interconnectent le monde aujourd'hui on peut affamer des milliards d'habitants en coupant des réseaux enant des flux sû les 700 des 700000 humains qui ont le plus à souffrir de famine 80 % aujourd'hui sont à Gaza donc on voit très bien ce qu'une guerre peut apporter mais ce que je voudrais dire c'est que même si on en arrive pas là c'estàdire même si on ne passe pas au stade explicite de la guerre il risque de rester et pour longtemps les traces de ce poison que je décrivais tout à l'heure et qui affecterait les rapports humains guerre ou pas guerre la manière dont on regardera l'autre sera de plus en plus empreinte de cette haine moi qui me fait très peur merci beaucoup Bertrand et merci à vous d'avoir regardé cette édition du monde n'a pas de centre la chronique internationale de Bertrand Badi sur le média votre engagement et votre fidélité nous sont pr précieux si vous avez apprécié cette émission et que vous souhaitez soutenir notre travail nous 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