Discours de Marine Tondelier au Conseil fédéral le 4 février 2023
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Chers amis, c'est un très grand plaisir de faire ce discours aujourd'hui devant vous. Ça fait presque deux mois que notre congrès a voté pour élire la nouvelle équipe que nous composons avec le bureau exécutif, avec vous le Conseil fédéral et avec toutes les instances que nous avons et allons désigner. Deux mois que nous avons adopté notre motion de synthèse et commencé à la mettre en œuvre opérationnellement. Et je suis heureuse d'avoir l'occasion aujourd'hui de vous rendre des comptes sur ces deux mois et aussi de vous présenter les enjeux des prochains mois. Commençons par le commencement.
« La dernière fois que je me suis adressée à vous depuis une tribune, je vous ai promis que notre nouveau bureau exécutif serait une équipe solide et solidaire. Certaines et certains d'entre vous, je ne donnerai pas de nom, m'avaient dit « Je crois que tu t'es un peu avancée. » Peut-être. Mais la réalité, c'est que je connaissais la plupart d'entre elles et eux et que j'étais très consciente, très confiante sur le travail que nous parviendrons à mener ensemble. J'avoue quand même que même si j'étais confiante, le résultat est au-dessus de ce que j'attendais. C'est jamais simple, l'effusion de listes après les congrès, mais là, grâce à chacune et chacun, ça fonctionne.
Et quand ça fonctionne, il faut le dire. Alors merci, merci à l'ensemble de l'équipe du bureau exécutif. Vous pouvez, je pense, les applaudir. Chers collègues du BE, je pense que ces applaudissements sont aussi des encouragements à ce que cela continue. On a fait, il n'y a qu'un jour, un séminaire avec le bureau exécutif et le BCF. Chacune et chacun a pu présenter sa feuille de route. On les a discutées, adoptées et on va travailler à les synthétiser pour les partager avec vous, le Conseil fédéral. On vous envoie désormais les comptes-rendus du BE, presque à l'heure.
Et les secrétaires nationaux adjoints, que je remercie beaucoup parce que ce sont vraiment des personnes avec qui je travaille au quotidien, sont sur beaucoup de fronts. Appui aux régions, gestion des ressources humaines, suivi des états généraux, appui aux commissions, relations avec la galaxie ELV, arbitrage politique. Ils sont sur énormément de sujets et avec un état d'esprit, être utile pour régler les problèmes. Et nous avons beaucoup de chances de les avoir. Merci François et Claire. Les deux qu'aux trésoriers vous présenteront demain le budget prévisionnel pour 2023. Ce n'est pas une mince affaire d'appréhender tous les sujets financiers. Cela leur a demandé beaucoup d'investissement.
Il nous reste à consolider encore le cadre de collaboration et notamment les procédures et nous nous y attelons. Ils arrivent aussi grâce à l'appui de Caroline Marzucchetti qui maîtrise parfaitement son sujet et qui sécurise nos finances depuis plus de dix ans maintenant. J'ai eu une nouvelle à vous annoncer d'ailleurs. Après dix ans, c'est son dernier Conseil fédéral avec nous. J'aurai d'autres occasions de la remercier. Mais comme elle part fin mars, je veux saisir cette occasion parce que Caroline a connu beaucoup de postes, a tenu la boutique dans des moments les plus difficiles que nous ayons connus. Et pour le dire tout simplement, nous n'aurions pas survécu sans elle.
Donc tous ensemble, je vous propose qu'on la remercie pour tout ce qu'elle a apporté à notre partie. Sophie et Aminata, les deux porte-parole, sont à la fois en réactivité sur tous les sujets chauds et ils ne manquent pas, avec l'appui des commissions qui sont, vous le savez, aussi une source très prolifique de sujets à mettre sur la table. Je les remercie parce qu'il se trouve qu'elles sont toutes les deux avocates et que c'est dans la période actuelle, au vu des sujets que nous avions traités, très sécurisant, de pouvoir aussi s'appuyer sur l'expertise juridique au sein du collectif que nous formons. Aux élections, Olivier Bertrand est en train de préparer les sénatoriales.
Pas lui physiquement, mais lui pour vous. Sinon, les gens vont croire que tu es candidat à un truc qu'on n'avait pas dit. Donc ils préparent pour vous. On va en parler ce week-end. Et par ailleurs, ils participent aux relations avec nos partenaires politiques, notamment de la NUPES, par exemple pour les élections partielles qui sont en cours. Pour nous, dans ces élections partielles, il y a un seul et unique sujet. Qui est le meilleur candidat pour gagner ? Qui est celui ou celle qui est en mesure d'apporter un ou une députée NUPES de plus à l'Assemblée ? Ou pour combattre la réforme des retraites et toutes les autres qui se préparent ? Chaque voie va compter.
C'est la raison pour laquelle je suis allée soutenir le candidat NUPES le 27 janvier dernier à Angoulême. Et d'ailleurs, je remercie Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, d'avoir organisé cette partielle pile le jour du prix tournesol de l'ABD écologiste. Et de m'avoir permis ainsi d'économiser un peu de CO2. Mais donc, René Pilato, que je suis allée soutenir, il était France Insoumise. C'était le mieux placé pour gagner. Et je lui ai dit, ce vendredi-là, c'était le dernier jour de campagne. Moi, j'y crois. Eh bien, vous savez quoi ? Il a gagné. Depuis cette semaine, il siège à l'Assemblée nationale.
Mais dans d'autres législatives partielles à venir, il me semble qu'il y a des candidatures qui n'ont pas recueilli les suffrages escomptés en juin dernier. Et qu'il faut s'autoriser, s'obliger même à reconsidérer la situation en lien avec nos partenaires de la NUPES. Quand on pense qu'il y a peut-être d'autres possibilités de faire plus de voix. Cela ne s'applique évidemment pas aux sortants. C'est ce qu'avec Olivier, on travaille, qu'on tente de faire. Et avec mon soutien, celui des secrétaires nationaux adjoints et celui de l'ensemble du bureau exécutif. Donc, bon courage, Olivier.
Mélissa Camara, elle est arrivée au poste de déléguer la mobilisation au bon moment, c'est-à-dire au moment des retraites, la plus grande mobilisation depuis 10 ans. Il n'y a pas de hasard dans la vie. Jusqu'ici, on peut dire que niveau mobilisation, on est plutôt pas mal. Nos baskets étaient prêtes et, je vous le dis, nous n'avons pas fini de nous en servir. Un nouveau tract sur les retraites est en cours de finalisation. Il vous sera présenté en début de semaine et un autre est prévu en mars. Nous en ferons autant qu'il faudra. Et plusieurs autres initiatives sont en cours sur ce sujet comme sur d'autres.
Vous avez vu le twitch qu'on a fait avec Philippe Martinez et des jeunes de la génération climat. Il y aura d'autres initiatives du genre et je suis assez fière que parlementaires, partis, vous sur le territoire, nous soyons omniprésents dans cette bataille des retraites. Mélissa, elle assure aussi la délégation formation avec Nour et la formation en cascade sur les VSS. C'est en cours de déploiement. Plein d'autres choses arrivent. Vous le verrez dans ce budget, en coordination étroite avec les régions. Je crois vraiment qu'en 2023, on va pouvoir faire un immense saut qualitatif sur la formation.
Et c'est grâce au travail fourni dans le mandat précédent par Jérémy Crépel, que je viens de voir arriver, qui a initié cette dynamique. Tu as fait tout le tour en 10 secondes, bravo. C'est grâce à toi, donc merci Jérémy d'avoir initié cette dynamique. Hélène Hardy vous présentera demain sa feuille de route sur l'écologie populaire. Je la remercie d'avoir pris en main ce sujet ambitieux. C'est exactement ce dont nous avions besoin. L'ensemble du bureau exécutif devra se mobiliser pour faire de cette mission un succès, chacun dans ses domaines d'action.
Et je remercie aussi Hélène, notre précédente déléguée aux élections, vous le savez, à qui nous avions confié le week-end dernier une mission diplomatique de la plus haute importance, nous représenter avec l'éabalage au congrès du Parti Socialiste à Marseille. Je ne sais pas si c'est un hasard, mais à peine était-elle arrivée sur place que la synthèse socialiste aboutissait. Hasard, je ne pense pas. Léa Bala, justement, est en charge de la communication et de l'événementiel, dont les journées d'été, qui se tiendront d'ailleurs cette année à... Eh bien non, je ne vais pas vous le dire. Parce que... Parce qu'elle ne me l'a pas dit.
Et qu'elle n'est pas là ce week-end, mais on essaiera de vous l'annoncer d'ici au prochain Conseil fédéral. Pour ce qui concerne la communication, elle est aussi très mobilisée, travaille bien en tandem avec la mobilisation. Ça produit beaucoup en ce moment, et on a de belles idées en perspective, donc suspense. Benjamin Badoir, lui, il nous disait il y a quelques semaines encore, « Je ne suis pas sûr d'avoir assez de temps pour assumer cette délégation à la société civile et à la jeunesse.
» Eh bien en dix jours, il avait le 06 de tous les syndicats, et nous avons en quelques jours composé notamment un comité de pilotage pour les états généraux, dont je vous reparlerai tout à l'heure, dont la qualité l'empêche désormais à vie de douter de son savoir-faire. Vous en saurez plus bientôt. Jérôme Gulli, il vous a présenté ce matin des groupes de travail pour bien faire le lien entre le travail des commissions et des groupes parlementaires. Ce n'est pas si simple, mais ça avance bien sur les principaux sujets de l'actualité politique, les retraites, le nucléaire ou encore la future loi Asile et Immigration.
Je pense que c'est une bonne méthode de travail pour valoriser le travail des commissions et pour assurer la cohérence de nos propositions. Pour le reste, il vous l'a dit ce matin, on attend avec impatience la mise en place du Conseil programmatique pour que l'on travaille tous dans le bon ordre, chacun à son poste, donc merci à lui. Et puis avec Marina Vérono, nous avons fait plein de choses, avec notamment un déplacement à Bruxelles la semaine dernière pour rencontrer nos partenaires européens, la délégation évidemment de nos élus Verts français, les écolos belges, la Green European Foundation, le Parti Verts européen et évidemment nos collègues du groupe local sur place.
On le savait, mais c'est une grande fierté de les voir là-bas, ce qu'ils accomplissent, nos élus Verts européens. On en a encore parlé ce matin, c'est essentiel et nous allons beaucoup, beaucoup en parler dans les 14 prochains mois. Une motion de cadrage sur les élections européennes vous sera d'ailleurs présentée au prochain Conseil fédéral. Nous sommes déjà dans les starting blocks. Et puis je voulais, pour finir ce tour d'horizon du BE, évidemment saluer Alain Coulombel, qui n'a pas de délégation, mais ne croyez pas que cela l'empêche d'être présent, pertinent et utile.
Je l'en remercie car je pense sincèrement que sa présence nous fait du bien et nous aide à réfléchir sur beaucoup de sujets. Faire de la politique ensemble, ce n'est pas et ça ne doit jamais être que penser tous la même chose, sinon on s'ennuierait. Et je crois que la fertilité des décensus, pourvu qu'ils s'expriment avec respect et bienveillance, est utile et nécessaire. C'est ça pour moi, une équipe solidaire. On a des accords, c'est heureux, mais on les identifie, on les pose, on les débat, on cherche à comprendre les points de vue des uns et des autres, on convainc et on trouve non pas forcément l'unanimité, toujours, mais en tout cas le consensus.
Une fois qu'on a fait ce travail, je suis heureuse de constater que chacune et chacun s'attache à ne pas fragiliser le collectif, à être solidaire des décisions prises. Donc merci, merci du fond du cœur à toute l'équipe du bureau exécutif. On continue. Nous avons été élus sur une ligne claire, on l'a défendu et oui, on va continuer. D'ailleurs, ça ne vous aura pas échappé, il a fallu, dès le lendemain de notre élection, défendre ce que nous, ce que vous, les militants, aviez décidé sur des élections européennes.
Parce que certains responsables politiques partenaires ont jugé utile, alors que notre résultat de congrès était plutôt très très clair, de sous-entendre, oui, mais Marine Tournelier, vous allez voir, sur les européennes, elle va changer d'avis. J'ai donc clos le débat, certes à ma façon, mais je persiste à penser que c'était nécessaire, il fallait envoyer un signal clair, quand les écolos, et c'est valable sur d'autres sujets, disent quelque chose, on peut ne pas être d'accord, mais on ne fait pas semblant de ne pas comprendre, ou de penser qu'on va nous faire changer la vie parce qu'on insiste. Sur les européennes, je pense que maintenant, c'est clair, une belle campagne nous attend.
Je voulais évidemment aussi vous parler de la refondation, la tant attendue refondation. Depuis mi-décembre, nous sommes en pleine préparation des états généraux de l'écologie, qui suspense ne s'appelleront pas comme ça, c'est un mot provisoire qui est assez descriptif, qu'on continuera d'utiliser, mais nous aurons un nom pour ce processus. Et ce travail, nous tentons de le faire de la manière la plus large possible, tout en restant efficace, parce qu'avec seulement salariés, nous n'avons pas le choix.
Je profite d'ailleurs pour les remercier, chacun d'entre eux, car je ne doutais pas de leur talent, pour les côtoyer depuis longtemps, mais maintenant que nous passons nos journées à travailler ensemble, je vois d'encore plus près leur engagement, leur motivation, leur solidité. Ils ont un seul gros problème, et il faut que je vous le dise, ils ne sont pas assez. Nous le savons et nous allons y remédier. Y remédier ! Ah, je suis fatiguée ! Y remédier ! Mais un grand merci à eux ! Il faut les applaudir maintenant.
La refondation, donc, je vous disais, nous n'avons pas pu en discuter au Conseil fédéral mi-janvier, mais un comité exécutif s'est réuni toutes les semaines, piloté par Léonore Monconduit, que je remercie la maire de Poitiers, Charles Fournier, député d'Indre-et-Loire, et donc j'y représente le bureau exécutif, les secrétaires nationaux adjoints y sont également, le BCF y est représenté par Stéphanie et Nadine, les régions y sont représentées par Judith Claret de Pays de la Loire, et Florian Gropard de Centre-Val-de-Loire, et nous échangeons avec les salariés et prestataires.
On a eu un Conseil fédéral, on a pu aussi tester des idées, vous écoutez, on a fait la même chose avec les secrétaires régionaux, et on a tenu hier notre premier comité de pilotage, donc c'est une instance plus large que le comité exécutif, qui se réunira tous les mois, qui est composée moitié de politiques, donc c'est la présidente du groupe parlementaire, il y a des élus régionaux, départementaux, locaux, il y a des représentants des jeunes écologiques, il y a tout un tas de personnes qui sont plutôt des politiques, et on y a ajouté une autre moitié, de, on va dire, de personnalités qualifiées, que forcément on a été chercher selon les réseaux qu'on avait avec Benjamin, mais on a essayé d'être très représentatifs de ce qu'on met derrière le peuple de l'écologie, et des discussions qu'on a eues pendant le Congrès, en essayant d'aller chercher les personnes qui sont représentatives de celles et ceux qu'on trouve qui ne sont pas assez dans le parti, ce ne sont pas des spécialistes internationaux reconnus dans le monde entier de tels sujets, on a vraiment cherché à diversifier, certains n'en sont connus, d'autres moins, mais en tout cas chacun est représentatif du sujet pour lequel il parle, les avis étaient hyper divers, hyper intéressants, et surtout je viens de signaler, parce que c'est le plus important dans ce genre de démarches, les opinions, les remarques étaient extrêmement constructives, et de cette première réunion je suis assez rassurée sur l'état d'esprit qui va être le nôtre dans les mois à venir.
Les états généraux seront donc lancés, ils devaient l'être le 31 janvier, mais vous vous rappelez qu'on faisait autre chose ce jour-là, donc on avait décalé.
Ils seront lancés le 9, ce jeudi à Paris, par une conférence de presse, et donc évidemment on vous fera parvenir les documents qui vous donnent les détails, ils sont ensuite à la réunion d'hier en cours de rédaction, mais tout ce qui a été dit ici au Conseil fédéral, tout ce qui a été dit avec les secrétaires régionaux, a permis d'adapter le plan qu'on avait, on a vraiment essayé d'être le plus participatif possible, c'est comme ça qu'on va continuer à travailler, et dans les mois qui viennent, je vous le dis, toutes celles et ceux qui en France, qui se sentent quelque part écologistes, au fond d'eux, de près, de loin, comme ils veulent, celles et ceux qui se sentent écologistes et qui ont quelque chose à nous dire, doivent pouvoir nous interpeller, nous donner leur avis s'ils le souhaitent, il y aura donc un questionnaire en ligne, il y aura des ateliers en présentiel sur tous nos territoires, il y aura la possibilité de nous contacter par message vocal, par vidéo, pour celles et ceux qui préfèrent éviter les longues contributions écrites, mais celles et ceux qui veulent faire des longues contributions écrites pourront aussi le faire, bref, on va multiplier les canaux de discussion, il faut que chacun se sente à l'aise avec la manière qu'on lui propose de s'exprimer, et puis on va aussi prévoir énormément de formations dans les semaines qui viennent, pour que toutes celles et ceux que ça intéresse puissent être outriers et devenir acteurs de cette démarche.
Tout ça, ce sera la première phase qu'on appelle la phase d'écoute, parce que si on se mettait là tout de suite, nous ensemble, à écrire en fait les règles du nouveau mouvement, on ferait comme d'habitude, entre nous, et qu'on a décidé justement cette fois d'écouter, ça veut dire que la phase d'action et de refondation viendra seulement dans un deuxième temps, à partir du mois de mai, et que là aussi, le but est d'illustrer un peu ce qu'on s'est dit, d'être ultra démocratique, mais pas juste entre nous, d'associer par exemple des personnes qu'on pourrait tirer au sort dans toutes celles et ceux qui auront participé au processus, et de faire finalement une sorte de grande convention citoyenne de refondation, où on confie un peu les clés du camion aux personnes, non pas qui sont déjà là, parce que nous on est déjà là, mais à celles et ceux dont on veut qu'ils soient là dans le prochain mouvement, ça nous occupera jusqu'au début de l'été, donc je pense qu'il faudra un acte avant l'été, un peu de, une sorte de conclusion de cette refondation, une convention où on analyse, où on rende compte du processus, et puis sûrement une phase plus formelle à l'automne, il faudra, selon ce que décide cette convention, peut-être un moment un peu de congrès extraordinaire, ou de moment où on change les règles, si c'est ça qu'on décide pour ELV.
Je sais que vous me demandez, beaucoup d'entre vous, ça va se passer comment exactement à la fin, et bien vous savez quoi, j'en sais rien, et tant mieux, je revendique de ne pas le savoir, parce que si on savait déjà exactement ce qu'on allait faire, alors tout ce service, tout ce processus ne servirait à rien. Voilà, on va avoir besoin de vous, en tout cas dans ces états généraux, mobilisez-vous, aidons-nous les uns les autres à sortir de l'angoisse par l'action, parce que ça va être enthousiasmant d'écrire cette nouvelle page, de faire naître un nouvel espoir, mais ça va demander du travail, de la motivation, et ça, je sais que vous n'en manquez pas.
Avant de reprendre les travaux du CF, permettez-moi quelques mots d'actualité politique. Déjà, célébrons une victoire qui nous a toutes et tous touchés cette semaine. Oui, grâce aux écologistes, et en particulier à Mélanie Vaugelle, il y a désormais un chemin pour que le droit à l'IVG, ce droit fondamental, soit protégé, et je voudrais qu'on applaudisse très fort, Mélanie. Oui, à l'heure de la possibilité de l'accès du RN au pouvoir, nous pouvons, nous devons réussir cela avant la fin du quinquennat, et son travail déterminant sur le sujet a permis d'ouvrir cette porte. Inquiétons-nous aussi de contexte international. Au Moyen-Orient, la situation est catastrophique.
Il y a eu récemment des attentats contre des civils côté israéliens, particulièrement meurtriers, que nous continuerons à condamner sans aucune ambiguïté. Rien ne peut justifier, jamais, les violences aveugles contre les civils, mais la recrudescence des violences est plus profonde. Pour le seul mois de janvier 2023, 35 Palestiniens ont déjà été tués par des militaires ou des colons israéliens. 2022, c'était déjà l'année la plus sanglante depuis la deuxième intifada, avec 146 victimes palestiniennes selon l'OLG israélienne B'Tselem.
Le nouveau gouvernement israélien d'extrême droite a permis le retour de Benjamin Netanyahou au pouvoir, montre aussi sa détermination à appliquer son projet criminel de colonisation des territoires palestiniens, d'annexion, sans aucun respect du droit international. Le tout marqué par des violences et une répression toujours plus terrible à l'encontre des palestiniennes et des palestiniens. Ils utilisent des moyens de répression d'un autre âge, en réprimant non pas les coupables de violence, mais leurs familles.
Destruction de maisons, expulsion des familles vivant à Jérusalem-Est vers d'autres territoires palestiniens, discussion de procédures de déchéance de nationalité et de suppression des droits sociaux. Pendant ce temps-là, notre président de la République, Emmanuel Macron, reçoit Benjamin Netanyahou et dans un communiqué de deux pages, ne rappelle que mollement en une phrase la position historique de la France de condamnation de la colonisation. Pas une mention précise des faits récents d'une violence rare dans les territoires palestiniens occupés. Et sur ce sujet, comme sur les autres, nous devons continuer à être la voie de justice dans la vie politique française.
Alors oui, nous continuerons à être à leur côté. En Iran, la révolution portée d'abord par les femmes continue à être réprimée. Nous en parlerons ce week-end grâce à une motion portée par Lila Djilali et Ani Mata Niakate. Je les remercie beaucoup pour ce travail. Et dans le Nagorni Karabakh, le respect du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes est également bafoué tous les jours et nous en parlerons aussi demain matin. Merci les conseillers fédéraux pour tout votre travail sur ces sujets. Vous n'applaudissez pas le Karabakh ? Si. Et puis, ce seront bientôt les un an de l'invasion russe en Ukraine. Notre parti doit rappeler à cette occasion notre position forcément singulière sur le sujet.
Mettre en avant notre ADN pacifiste, évidemment, mais qui ici entre en tension avec nos valeurs humanistes. Il nous faut donc assumer, oui, notre solidarité avec le peuple ukrainien dans un cadre européen. Nous ne les abandonnerons pas. Nous savons bien conscience qu'en Ukraine, se joue l'avenir de la géopolitique européenne. Donc là aussi, nous serons là. Évidemment, l'actualité, c'est aussi la réforme des retraites. Vous savez que le gouvernement, quand il a vu ces manifestations, les premières, notamment le 19, qui était record, a dit, c'est de notre faute. Ils ont fait une sorte de ma culpa. Ils ne sont pas habitués. Ils nous ont dit, c'est de notre faute. On a tendu l'oreille.
C'est de notre faute. On n'a pas fait assez de pédagogie. Véran a dit ça. Elisabeth Borne a dit ça. Même Michel Sardou a dit ça, qu'il fallait de la pédagogie. C'est quand même le spécialiste. Et donc, ils ont, voilà, ces derniers jours, entrepris une grande opération de pédagogie. Et bien, je leur dis, c'est le seul sujet sur lequel je suis d'accord avec eux, qu'ils continuent la pédagogie puisque plus ils expliquent cette réforme, plus les Français sont contre et plus nous sommes nombreux dans la rue. Donc, ils nous aident à combattre leur propre réforme.
La vérité, c'est que ces manifestations, vous en avez bien conscience pour être dans les cortèges, elles sont bien plus profondes dans leur source que juste cette réforme des retraites. La vérité, c'est que ce mouvement social le plus important de la décennie, ils l'ont créé eux-mêmes, humiliation après humiliation. Les APL, 5 euros par mois en moins. La réforme de l'allocation chômage, ils ont multiplié les allocations. J'étais jeudi encore à un moment en train de manifester auprès de notre lycée général ou du fait de la baisse de dotation de l'État dans le bassin minier où tout le monde dit il faut les aider, c'est un territoire, vraiment il faut les aider.
Et bien, figurez-vous que le lycée d'un moment va devoir supprimer l'entièreté de ces options. Donc, des gens qui font de l'italien, du chinois, en première, ne pourront plus le faire en terminale. Donc, nous sommes dans un pays où certains, certaines, chaque jour, accumulent les humiliations et maintenant, on voit aussi des cadres qui travaillent dans le confort de leur siège de bureau, des gens forcément qui vont bien, c'est la France qu'aime Emmanuel Macron et qui nous donnent leur avis autorisé sur ce qui est un effort ou pas, sur ce qui est juste ou pas, sur quels métiers doivent être considérés comme pénibles ou pas, sur qu'est-ce qu'une carrière longue, mais pour qui se prennent-ils ?
Il faut qu'ils comprennent qu'en fait, ils illustrent chaque jour leur profonde déconnexion et chaque jour, ce qu'il faut appeler en fait, parce que ça a un nom du mépris de classe. Il y en a un qui nous a expliqué quand même que les carreleurs, c'était plus aussi difficile qu'avant parce qu'ils avaient, tenez-vous bien, des genouillères. Et un autre, François Patria, qui a vraiment dit que les déménageurs, c'était plus aussi physique parce qu'ils avaient des exosquelettes. Donc, je leur propose un stage, un SNU, comme dirait Macron, pour qu'ils aillent se rendre compte, mais sans blague, je pense qu'ils se rendent même plus compte.
Je pense que la propension à consentir à tout cela, des Françaises et des Français, est usée jusqu'à la corde. Je pense que quand Emmanuel Macron nous expliquait en 2017 que les Français étaient fainéants et ils se trompaient lourdement, je ne pense pas que les Français soient fainéants, mais je pense qu'ils ont envie de débattre de leur travail, de quel travail, pourquoi faire, combien de temps, et que c'est normal qu'on se pose cette question. En tout cas, la France est en train de relever la tête et je pense que ce qui se joue dans les manifestations retraites est bien plus profond que les retraites.
Nous sommes en train, jour après jour, de signer, chers amis, le début de la fin du macronisme. Je vais vous parler énergie aussi rapidement, pas de la nôtre, de ce côté-là, j'ai l'impression que tout va bien, mais de celle qui est consommée chaque jour par les Françaises et les Français. Et oui, nous allons reprendre la main sur les sujets du nucléaire. Il faut applaudir parce que sinon, ils vont croire que c'est parce que vous êtes pour. Je vous rappelle qu'apparemment, 75% des gens dans cette salle sont pour le nucléaire, selon un sondage. On peut essayer. Qui est pour ? Qui est contre ? C'est bon. On est bon. On continue. En tout cas, le débat n'a pas...
J'ai vu que tu n'avais pas levé la main, toi. Le débat n'a pas eu lieu sur le nucléaire, jamais en France ou alors de manière tronquée.
Moi, j'assume parfaitement de dire que comme pour la Convention citoyenne, si on tirait au sort 150 personnes en France et qu'on leur expliquait exactement ce qui se passe avec les déchets, d'où l'uranium vient, où il repart, comment, ah bah tiens, la Russie, mais je pensais qu'on était sous embargo, ah bah oui, mais sauf sur le nucléaire et l'uranium, qu'on explique ce qu'on ne sait pas faire, ce qu'on ne sait plus faire, qu'on explique que le PR1 n'a jamais fonctionné et que normalement, dans un processus industriel, quand vous faites un prototype qui ne marche pas, bah vous ne dites pas je vais en construire 6 parce qu'ils ne marcheront pas non plus et que baser toute notre politique énergétique et climatique sur un protocole et un processus qui ne marche pas, c'est peut-être un peu osé de la part du gouvernement.
Je dois vous dire que je discute beaucoup en ce moment avec les ONG qui travaillent sur le sujet, énormément des salariés qui sont vraiment les piliers du sujet dans ces ONG sont des femmes et on se disait la semaine dernière qu'il y avait vraiment une forme de patriarcat en fait sur le sujet du nucléaire où des hommes, souvent d'un certain âge, nous expliquent du haut de leur certitude et de leur brevet d'ingénieur ce qu'il faut savoir ou non sur le sujet mais ce sont les mêmes qui ont mis cette filière dans le mur, ce sont les mêmes qui mentent qu'ils, s'ils travaillaient dans n'importe quelle autre filière serait en prison depuis longtemps et je dois vous dire que lorsque j'ai remis le prix tournesol de la BD Écolo la semaine dernière, j'étais présidente du jury, on a lu beaucoup de livres et la BD qui a gagné c'est une fiction sur une usine de déchets radioactifs et donc j'étais très fière de remettre ce prix en plus c'était une femme elle n'a pas eu le prix parce que c'était une femme mais j'étais très pierre qu'elle soit une femme c'est quand même rare dans les prix culturels et j'ai fini par dire dans cette salle que j'étais très fière aussi parce que une BD, l'une des plus vendues en France soi-disant est beaucoup attaquée alors elle se vend beaucoup mais elle est aussi beaucoup attaquée parce que oui Jean Covici est un lobbyiste nucléaire il est peut-être ingénieur mais il organisait ses jours au ski pour vendre le sujet et on voit bien que c'est le cas et que sa BD sous le saut de la science en fait est une entreprise de lobbying et que ça a été démontré par beaucoup de médias indépendants ou non indépendants mais qui avaient décidé d'investiguer et du coup voilà je trouve que la fiction parfois est peut-être plus saine parce qu'elle assume d'être de la fiction là où des BD soi-disant d'ingénieurs peuvent raconter en réalité beaucoup de salades pro-nucléaires donc oui nous repartons à l'offensive sur le sujet on le voit sur tous les sujets que je viens d'aborder on est parfois amené à jouer en défense beaucoup quand on fait de la politique mais il faut aussi nous habituer à passer à l'attaque pour imposer nos thèmes comme on doit le faire parfois quand on fait de la politique on l'a fait sur les milliardaires en ouvrant un débat intéressant sur le partage des richesses et les réactions je dois dire ont été assez amusantes alors d'ailleurs c'est des réactions qui venaient soit de médias financés par Bolloré et Bernard Arnault c'était étonnant soit de politiques qui il faut le dire pour certains sont au service d'une caste quand j'ai parlé d'une France sans milliardaires Bruno Le Maire a dit que j'étais une coupeuse de tête évidemment que j'ai aucun problème avec eux évidemment que je veux qu'ils gardent la tête sur leurs épaules au sens propre du terme mais aussi au sens figuré moi mon problème c'est les milliards et je continue à penser qu'on peut être très très heureux avec 9 999 999 euros et j'ai oublié plein de chiffres bref vous avez compris et surtout ce qui est amusant dans cette mauvaise foi c'est que j'ai entendu il y a trois jours Stanislas Guérini dire qu'il voulait supprimer des fonctionnaires et je pense que là aussi il n'avait pas prévu d'embaucher deux tueurs à gage bref on nous a parlé dans ce débat sur les milliardaires de talent mais aucun talent ne justifie telle somme Bernard Arnault a multiplié sa fortune par 3 depuis le début du Covid je ne pense pas qu'il ait multiplié son talent par 3 ou alors qu'il n'explique comment on nous a parlé de mérite là où 80% des milliardaires français sont des héritiers et là on voit bien que quand on est dans autant d'accumulations c'est soit par l'exploitation des ressources naturelles soit par l'exploitation des femmes, des hommes et parfois même d'enfants et parfois même en réalité tout cela en même temps on nous a parlé d'emplois mais quand on regarde l'évolution de la fortune de Bernard Arnault et qu'on compte les emplois d'LVMH il a créé monsieur Bernard Arnault 100 emplois par milliard supplémentaire je pense que son taux de rendement est en fait largement insuffisant et puis on nous a parlé de fiscalité mais là aussi les ultra riches payent proportionnellement à leurs revenus moins d'impôts et de taxes que certains qui sont beaucoup moins lotis vous le savez je rappelle d'ailleurs que depuis que la Poste a supprimé le timbre rouge le timbre rouge remplacé par un truc en ligne où moi j'ai rien compris personnellement il est désormais même plus simple de créer en quelques clics une société offshore que d'envoyer un courrier à votre grand-mère c'est ça la réalité de la France donc oui je le dis et je le redis nous avons un problème de répartition des richesses et le débat si certains trouvent que c'est logique d'enlever 5 euros d'APL par mois au plus précaire alors moi je trouve logique de débattre du statut des milliardaires et nous continuerons j'ai un dernier sujet pour vous c'est le séparatisme pas le séparatisme contre lequel Gérald Darmanin va annoncer qu'il allait vraiment se battre mais celui qu'il fait sous les associations en fait écologistes qu'il criminalise sous couvert de cette même loi séparatisme plusieurs exemples ont récemment démontré que le gouvernement et certaines collectivités utilisaient ces derniers temps la loi dite séparatisme pour tenter d'empêcher des actions associatives qui n'ont absolument aucun lien avec une quelconque remise en cause des valeurs républicaines s'il faut le rappeler les associations prennent quotidiennement toute leur part dans la défense de la démocratie de l'engagement des intéressés de l'intérêt général et des solidarités elles sont le fer de lance de la réponse experte et territoriale des besoins des populations elles sont directement importeuses de réponses concrètes face au manquement de la politique publique de l'Etat dernier rempart social dernier rempart environnemental les associations sont libres je sais que ce mot fait parfois du mal à certains mais oui les associations sont libres et la puissance publique se doit de respecter cette liberté nous sommes dans ce parti très inquiets lorsque les autorités utilisent cette loi séparatisme pour faire taire des associations qui non ne présentent rarement de troubles à l'ordre public c'est une attaque en règle en réalité contre un des piliers de notre république dois-je rappeler par ailleurs que la désobéissance civile a été à l'origine d'immenses avancées sociales et politiques comme le droit de vote des femmes comme la fin de la ségrégation aux Etats-Unis ou de l'IVG en France même De Gaulle dont il se réclame toujours de l'héritage a désobéi et il a bien fait criminaliser la désobéissance civile en faveur du climat c'est une faute historique à l'heure de la condamnation de la France pour une action climatique il est impossible en 2023 je vous le rappelle de garantir à nos enfants que la planète sera encore habitable pour leurs 30 ans c'est pour elles c'est pour eux que nous désobéissons quand nous choisissons de le faire parce que ne pas le faire ce serait laisser l'humanité aller dans le mur en restant les bras croisés à accompagner des politiques publiques qui ne vont pas assez vite nous sommes des activistes nous nous engageons pour l'avenir nous sommes nous resterons donc très vigilants sur ce sujet de la désobéissance civile tout comme nous le serons également très exigeants car c'est notre ADN avec le fait que cette désobéissance civile oui soit placée sous le signe du pacifisme et de la non-violence hier le ministre de la non-transition écologique Christophe Béchut a fait un tweet assez violent à mon égard il m'a dit jeter de la soupe sur des oeuvres je n'ai pas fait ça mais peut-être je pense que c'était sur une vitre mais bref ou défendre ceux qui jettent des boules de pétanque sur des gendarmes je ne sais pas quand j'ai fait ça c'est lutter contre le dérèglement climatique belle cohérence des écologistes il a mis écologiste comme ça avec des guillemets genre on ne l'est pas vraiment heureusement pour la transition écologique vous tweetez nous sommes aux responsabilités pour celles et ceux qui au gouvernement sont donc des obsédés de l'obéissance j'ai un message à leur adresser qu'ils se rappellent que chaque jour oui chaque jour l'état français désobéit et pas pour de bonnes raisons objectif de réduction de l'impact de la France sur le climat ils désobéissent la justice française et européenne les punit qualité de l'air ils désobéissent la justice française et européenne les punit chasse d'espèces protégées ils désobéissent la justice française et européenne les punit objectif de déploiement des énergies renouvelables ils désobéissent aussi objectif de baisse d'utilisation des pesticides là aussi désobéissance du gouvernement mais toujours dans le même sens celui des lobbies de l'inaction climatique de la mauvaise protection de la santé environnementale ils dénoncent la désobéissance civile mais ils ont inventé autre chose encore plus puissant la désobéissance ministérielle alors qu'ils se conforment à leurs propres objectifs et après peut-être que nous accepterons leurs leçons de morale ça y est j'ai fini il ne me reste plus qu'à vous dire merci merci beaucoup je suis en retard parce que j'étais hier et ce matin à Bordeaux où j'ai rencontré Pierre Urmig je vais essayer d'aller au contact de nos maires pour les soutenir parce que je suis extrêmement fière de l'action qu'ils mènent moi qui n'ai pas la chance d'avoir un maire écologiste je vois le travail de tout c'est vrai que je vois que je suis dans une ville écolo j'ai un peu les boules quand même je vois les dispositifs les vélos ça a l'air sympa quand même mais je reste je remercie vraiment les élus parce qu'on en a deux fois plus et ils font trois fois plus de travail qu'avant nos parlementaires je suis extrêmement fière de tout ce qu'ils font et puis je suis extrêmement fière de vous de nous parce qu'on a retrouvé la pêche qu'on est au travail et vous allez voir nous sommes repartis à l'offensive ensemble et ce n'est que le début merci Marine merci beaucoup
Marine Tondelier