Bourdin Direct du 8 juin - 7h/8h
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 39 %Attaque 31 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:18OuverteRéponse partielle
Faut-il assouplir le protocole sanitaire à l'école ?
- 1:04RelanceÉludée
Difficile de mettre en œuvre cette mesure ?
- 1:39FerméeRéponse directe
Un effet d'annonce ou une mesure dissuasive ?
- 1:47OuverteRéponse directe
Les amendes suffisent-elles pour lutter contre les déchets ?
- 2:12OuverteRéponse directe
Pourquoi limiter l'assouplissement au périscolaire ?
- 4:03OuverteRéponse directe
Pourquoi le silence des sportifs blancs sur les violences policières ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:10PrésentateurChiffre
« Jeter son masque par terre, une incivilité qui va coûter de plus en plus cher, 135 euros contre 68 actuellement. »
- 0:58PrésentateurFait
« Le gouvernement a donc décidé d'alourdir la sanction. L'amende va passer de 68 à 135 euros. »
- 2:02InvitéFait
« Ce genre de mesures purement de sanctions via des amendes, ça ne peut pas être suffisant. »
- 2:41InvitéFait
« Il est urgent de reconsidérer ce protocole à la lumière de tous les nouveaux éléments scientifiques qui sont portés à notre connaissance. »
- 3:20PrésentateurFait
« La municipalité de Minneapolis a décidé de démanteler sa propre police. »
- 4:18PrésentateurFait
« Emmanuel Macron demande à son ministre de l'Intérieur d'accélérer son travail sur la déontologie des forces de l'ordre. »
- 5:59PrésentateurChiffre
« Le gouvernement doit annoncer demain pour l'aéronautique un plan d'aide de l'ordre de 10 milliards d'euros. »
- 7:21PrésentateurChiffre
« Plus de 80 000 emplois directs proviennent de l'aéronautique dans la région Occitanie. »
- 9:11PrésentateurFait
« Il vous faudra remplir un formulaire assez complet, assez détaillé. Il servira à vous localiser et à vous contacter pour les 14 prochains jours. »
- 9:33PrésentateurChiffre
« En cas de non-respect des contraintes, ce sera 1100 euros d'amende. »
- 14:14InvitéChiffre
« Par mois, je gagne 1 370 euros avec deux week-ends, deux primes. »
- 15:21InvitéChiffre
« À la règle, c'est 1 500 euros dans les 40 départements les plus touchés par la crise. »
- 20:28InvitéChiffre
« L'amende pourrait même monter à 375, voire 750 euros si la police établit un procès verbal au moment où vous jetez vos détritus et si ce PV est transmis au tribunal. »
- 26:44InvitéChiffre
« Plus de la moitié vise des accusations de violence des forces de l'ordre. »
- 30:19PrésentateurChiffre
« L'exécutif devrait dévoiler un plan de plusieurs milliards d'euros demain, 10 milliards selon les échos. »
- 37:24Frédéric PotierFait
« Il faut absolument insister sur la formation des policiers. »
- 37:31Frédéric PotierFait
« J'ai eu plusieurs jeunes policiers qui m'ont dit : « Moi, quand je suis entré dans la police, j'étais pas du tout raciste, mais vraiment pas du tout. Et puis, petit à petit, j'ai changé. » »
- 40:02Frédéric PotierFait
« Je crois qu'on a quand même intérêt à faire toute la transparence sur ce type de questions. »
- 40:14Frédéric PotierFait
« Quand vous êtes révoqué de la police nationale, c'est une sanction très dure. »
- 40:22Frédéric PotierFait
« Comme tous les fonctionnaires, la sanction est proportionnelle à l'acte. »
- 40:36Frédéric PotierChiffre
« Il y a un chiffre qui était très intéressant dans votre journal. C'était le nombre de saisines de l'IGPN. Je crois que c'était 868. »
- 40:49Frédéric PotierFait
« Je ne crois pas que l'IGPN soit particulièrement laxiste. »
- 43:59Nicolas PoincaréFait
« C'est le résultat d'une coopération entre la CIA et la DGSE. »
- 45:25Nicolas PoincaréChiffre
« Les militaires français disent avoir porté des coups très rudes aux bandes islamistes. Ils estiment avoir neutralisé environ 100 djihadistes par mois. »
- 46:07Nicolas PoincaréChiffre
« Emmanuel Macron a décidé de renforcer l'opération Barkhane. On est passé de 4500 à 5200 hommes. »
- 46:55Nicolas PoincaréFait
« Non, on n'a aucune chance. C'est une guerre ingagnable dans un territoire grand comme l'Europe. »
Temps de parole
- Présentateur54 %
- Invité16 %
- Présentateur 214 %
- Invité 24 %
- Invité 33 %
- Invité 43 %
- Invité 52 %
- Invité 62 %
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Vous écoutez RMC, lundi 8 juin, l'info sur RMC, l'info 7h01, Céline Kalman, bonjour Céline. Bonjour Jean-Jacques, bonjour à tous. Jeter son masque par terre, une incivilité qui va coûter de plus en plus cher, 135 euros contre 68 actuellement. Le gouvernement a décidé d'alourdir la sanction. Faut-il assouplir le protocole sanitaire à l'école ? Le conseil scientifique, le ministre de l'éducation y sont favorables. Il reste 4 semaines avant le début des grandes vacances. La police de Minneapolis, bientôt démantelée, annonce à la veille des obsèques de George Floyd. En France, Emmanuel Macron demande à son ministre de l'Intérieur d'accélérer son travail sur la déontologie des forces de l'ordre.
Bienvenue à tous sur RMC. Ils sont obligatoires dans les transports, recommandés dans certains magasins. Les masques finissent parfois sur nos trottoirs. Une bombe à retardement pour la planète quand on sait qu'il faut 450 ans pour qu'un masque chirurgical disparaisse dans la nature. Le gouvernement a donc décidé d'alourdir la sanction. L'amende va passer de 68 à 135 euros. Rémi Hink. Sur le constat, beaucoup de Français sont d'accord. Il faut durcir les sanctions. Pour la planète, c'est important. Là, on voit de plus en plus des tritunions dans la rue, notamment des masques. Il y a des poubelles partout, donc c'est inadmissible de jeter n'importe où.
Mais en pratique, cela peut être compliqué de mettre en œuvre cette mesure. Pour Eric Ledissesse, maire sans étiquette de Marignane, dans les bouches du Rhône, difficile de s'appuyer uniquement sur les élus et leur police municipale. Nous, déjà, les PV à 35 euros pour les jets de mégots, déjà, c'est très difficile à réaliser. C'est pour la police municipale. Ils ont beaucoup de travail par ailleurs. J'ai bien peur que ce ne soit qu'un effet d'annonce. Un effet d'annonce et une mesure qui peut être dissuasive, mais mieux vaut attaquer le problème à la source pour Julie Sauvetre de l'association environnementale Zéro Ouest France.
Ce genre de mesures purement de sanctions via des amendes, ça ne peut pas être suffisant. On attend un positionnement fort de la part du gouvernement, surtout pour lutter contre le recours massif aux protections jetables en plastique, comme les gants et les masques jetables qu'on a pu voir exploser.
Des associations qui demandent également une augmentation des effectifs de la police de l'environnement, qui sont en baisse depuis plusieurs années. On joue ensemble dans les parcs, les jardins, entre amis, mais à l'école, les enfants n'ont pas le droit de se toucher à des règles sanitaires qui paraissent démesurées, exagérées. Le président du conseil scientifique, Jean-François Delphrécy, déclarait hier soir qu'il fallait absolument assouplir le protocole. C'est aussi ce que pense et réclame Cécile Frattaroli et les porte-parole de la Fédération des parents d'élèves de l'enseignement public.
Il est urgent de reconsidérer ce protocole à la lumière de tous les nouveaux éléments scientifiques qui sont portés à notre connaissance. En revanche, pourquoi le limiter au périscolaire, c'est-à-dire les récréations, le sport et la cantine ? Si on assouplit pendant ces temps périscolaires, pourquoi pas assouplir le nombre maximum d'élèves par classe autorisés pendant le temps pédagogique ? Parce qu'aujourd'hui, la nécessité, c'est vraiment de recréer du lien social pour les élèves, mais surtout de recréer un lien pédagogique. Et l'école, c'est là où doit être l'enfant et c'est important, on le dit depuis le début.
Et le plus faible bilan depuis mi-mars en France, 13 personnes sont décédées du Covid-19 ces dernières 24 heures à l'hôpital. RMC, 7h04, une décision politique très forte a été prise cette nuit aux Etats-Unis. Deux semaines après la mort de George Floyd, la municipalité de Minneapolis a décidé de démanteler sa propre police. Les rassemblements contre les violences policières et le racisme se sont poursuivis tout le week-end de Sydney jusqu'à Bruxelles en passant par Bristol. Hier soir, sur France 2, l'ancien champion de tennis Yannick Noah a affirmé que seuls les sportifs métisses étaient montés au créneau pour dénoncer les violences.
Moi, ce qui me gêne, ce sont tous des métisses ou des noirs. Kylian, Joe Wilfried, Gaël, c'est une injustice qui parle ce qu'il devrait parler et en tout cas sensibiliser tout le monde.
Mes enfants sont métisses, donc mon dernier il est blanc, il est touché comme moi ou comme peut-être son frère qui est beaucoup plus brun. Voilà, non, c'est un problème qui touche tout le monde. Donc vous dites aux autres sportifs par exemple, blancs, s'ils peuvent s'engager, dire les choses ? Oui, parce que leur silence me gêne, ça va plus loin que ça. Silence aussi du côté de l'Elysée. Emmanuel Macron ne s'est pas exprimé depuis la vague de contestation suscitée par la mort de George Floyd. Mais l'Elysée a fait savoir que le chef de l'État avait échangé avec de nombreux élus, avec des associations, des personnalités engagées dans le mouvement aussi contre les violences policières.
Jérémy Trottin, Emmanuel Macron a également sommé son gouvernement de se saisir du sujet au plus vite.
Oui, pour se protéger face aux critiques de plus en plus pressantes sur son absence de réaction, le président a donc mis la pression sur son gouvernement. En première ligne, Julien Denormandie, ministre de la Ville, mais aussi Christophe Castaner, sommé par l'Elysée, d'accélérer son travail sur la déontologie des forces de l'ordre, entamé en janvier dernier lors des manifestations contre la réforme des retraites. Message également entendu à Matignon qui, dès hier soir, faisait savoir que le Premier ministre répondrait aux protestations contre les violences policières par l'action et la transparence.
Une communication gouvernementale est prévue en ce début de semaine sur les questions du maintien de l'ordre et des techniques d'intervention de la police. Une intention particulière sera également portée aux politiques de solidarité dans les quartiers prioritaires, assurent les conseillers d'Edouard Philippe sans plus de précision.
Et vous saurez tout en écoutant RMC ou en regardant BFM TV le matin à 8h30. Pourquoi ? Eh bien parce que dès ce matin, c'est Éric Ciotti qui est l'homme de ces questions sécuritaires dans l'opposition et notamment l'opposition libérale de droite. Et puis demain matin, je vous annonce la présence de Christophe Castaner, le ministre de l'Intérieur, qui va venir parler de tout cela sur RMC et sur BFM TV. Le chômage partiel bientôt remanié. Une semaine de discussion s'ouvre aujourd'hui entre le ministère du Travail et les partenaires sociaux. Il va falloir redéfinir les contours du nouveau système avec un enjeu principal, sauver le maximum d'emplois.
Le gouvernement doit annoncer demain pour l'aéronautique un plan d'aide de l'ordre de 10 milliards d'euros, chiffre révélé par le journal Les Echos. A Toulouse, capitale française de cette industrie fleuron d'Airbus, un premier plan a été annoncé chez l'un des plus gros sous-traitants de l'avionneur et des centaines d'emplois sont menacés. Les salariés n'en dorment plus. Reportage à Toulouse d'Estelle Henry. Romain Lespinat, c'est salarié depuis 7 ans à la CIM, entreprise spécialisée dans la fabrication de pièces pour l'aéronautique. Il est littéralement terrifié à l'idée de perdre son travail. On y pense tous les jours, toutes les nuits.
C'est une angoisse individuelle qu'on partage aussi avec ses amis, qu'on partage avec la famille. C'est une espèce d'angoisse permanente. Une inquiétude alimentée par la baisse d'activité drastique de son entreprise depuis le début de la crise. Le peu d'activité qui nous reste, c'est du retard qu'on avait un peu accumulé avant la crise. Donc d'ici 15 jours, je pense que ça sera terminé. Tous les regards sont maintenant tournés vers le gouvernement et son plan de relance très attendu par le secteur. Gaëtan Gracia, délégué syndical CGT aux ateliers de la Haute-Garonne, n'en attend pourtant pas grand-chose.
J'ai pas trop d'illusions dans ce plan-là. On a vu que dans l'automobile, il y a eu des milliards qui ont été proposés, ce qui n'a pas empêché Renault d'annoncer des milliers de suppressions de postes. Et l'état d'esprit des salariés, surtout ils voient une crise profonde, c'est plutôt de dire zéro licenciement, zéro baisse de salaire. C'est pas à nous de payer la crise.
Au total, plus de 80 000 emplois directs proviennent de l'aéronautique dans la région Occitanie. C'est une des conséquences, des nombreuses conséquences du confinement. Les centres de procréation médicalement assistés, PMA, ont fermé leurs portes durant toute la période. Un temps précieux s'est écoulé pour ces familles qui ont un projet d'enfant. Aujourd'hui, l'accès aux soins est limité et la reprise progressive. Une attente interminable pour ce couple rencontré en Seine-et-Marne par Marie Monnier.
Émilie et Brice essaient depuis deux ans maintenant d'avoir un enfant, une petite sœur ou un petit frère. Pour Nathan, trois ans. En mars dernier, la jeune mère de famille se rend dans un centre d'AMP d'assistance médicale à la procréation pour une fécondation in vitro.
Et malheureusement, le lendemain, c'était le confinement lié au coronavirus. Finalement, on n'a toujours pas fait de tentative et je ne suis malheureusement toujours pas enceinte.
À cause de cette longue pause, on a peur de l'échec. On y croit en fait moins. Un embryon a pu être fécondé et congelé, mais Émilie n'a toujours pas de nouveau rendez-vous médical. Maintenant, on voudrait que ça redémarre et on voit bien que ça ne se passe pas et c'est un petit peu frustrant aussi. Une course contre la montre particulièrement mal vécue, explique Rachel Trèves, psychologue, spécialiste de l'accompagnement des patients en parcours de PMA. De quelle façon ça va reprendre ? Quand est-ce que ça va être leur tour ? Ça aussi, c'est doublement compliqué.
Donc il y a en tout cas un vrai devoir, je pense, des équipes de se mettre en lien avec les patients et pour que les patients puissent se sentir aussi en contact avec les équipes, ne pas se sentir abandonnées. De son côté, Émilie a choisi de créer une association pour mettre en relation tous ces couples, échanger, partager leurs doutes, leurs difficultés dans ce parcours du combattant.
À partir d'aujourd'hui, il est à nouveau possible de se rendre au Royaume-Uni. Mais attention, il y a des règles, des mesures totalement injustifiées et disproportionnées selon plusieurs compagnies aériennes. Thomas Chupin, il faut dire que les contraintes sont très strictes. Alors à partir d'aujourd'hui, si vous entrez sur le territoire britannique, il vous faudra remplir un formulaire assez complet, assez détaillé. Il servira à vous localiser et à vous contacter pour les 14 prochains jours. Obligation également de télécharger l'équivalent anglais de l'application française StopCovid. Ensuite, place au confinement, strict, à l'adresse que vous avez mentionnée en arrivant.
Interdiction de recevoir des visiteurs, y compris des membres de votre famille. Interdit également d'aller travailler, d'aller à l'école, de prendre les transports en commun. Des inspecteurs peuvent venir contrôler ou vous appeler. En cas de non-respect des contraintes, ce sera 1100 euros d'amende. Condition très stricte donc et la France, de son côté, fait donc valoir la réciprocité, mais avec beaucoup moins de vigueur. Les ressortissants anglais qui arrivent sur le territoire français doivent aussi s'astreindre à une quatorzaine, mais une quatorzaine volontaire. Plutôt que la contrainte, la France fait appel au civisme et au sens des responsabilités des voyageurs.
Et puis un défi à haut risque, à partir d'aujourd'hui, chaque mouvement devra être millimétré. C'est le début du démontage de l'échafaudage de Notre-Dame de Paris. Bien, merci beaucoup Céline, on vous retrouve tout à l'heure. Il est 7h11, allez-y. Vous réagissez, vous connaissez le 32-16. C'est notre lien, vous êtes avec nous. Nous sommes avec vous tous les matins. Allez-y, je vous attends au standard le 32-16 sur tous les sujets extrêmement nombreux qui vous font réagir. Hein, Mathieu ? Nous avons beaucoup de réactions ce matin. Oui, oui, oui. Vous voulez... Allez-y, tiens. Parce qu'on va parler de la police. On va parler de la police tout à l'heure.
Encore les violentes policières avec Eric Petit également. Genours qui nous écrit, la police c'est à l'image de la société, le problème est toujours le même. L'humain généralise toujours, mais il ne faut pas mettre tout le monde dans le même sac. Oui, ça c'est évident. Et puis je pense aussi aux policiers et gendarmes, aux familles qui parfois sont insultés ou menacés aussi. Il est 7h12, merci Alicia. L'OEA qui est avec nous. Bonjour Alicia.
Bonjour.
Bonjour, vous avez 31 ans, vous êtes aide-soignante à la clinique Saint-Jean de Montpellier que je connais bien. Et depuis le 11 avril, vous êtes portée volontaire pour venir en renfort dans le service de réanimation de l'hôpital Tenon à Paris. Donc, pourquoi ? Vous aviez des compétences en réanimation et vous vous êtes proposée à un moment, le 11 avril, où on était en pleine crise sanitaire et pleine crise du Covid-19. Vous vous êtes proposée. Vous vous êtes dit, je vais aller aider.
Oui, je me suis proposée en fin de compte, après les différents liens que j'ai pu voir en fin de compte sur Internet, ou même d'ailleurs, pour être honnête, sur BFN TV, pour venir en aide. Donc, j'ai été sur l'application Medgo où je n'ai pas hésité une seconde en fin de compte à déposer mes disponibilités.
Oui.
Et j'ai ensuite été voir mon directeur, parce qu'étant en CDI, il fallait que je pose des congés sans solde. Mon directeur a accepté, en fin de compte, de me donner des congés sans solde et j'ai pris le départ le 10 avril et j'ai commencé le 11 avril, ma première nuit.
Vous avez commencé votre première nuit, le 11 avril, ça a été très dur. Maintenant, ça va beaucoup mieux. Il y a beaucoup moins de patients en réanimation, pratiquement plus dans votre service.
Pratiquement plus, mais il y en a encore qui se battent depuis le mois d'avril.
Qui sont là depuis le mois d'avril ?
Oui.
Qui sont là depuis le mois d'avril, en étant joint.
Et qui se battent encore aujourd'hui.
Et qui se battent encore aujourd'hui contre la maladie, contre le virus. Alicia, donc ça a été très rude, très dur. Comment avez-vous fait pour vous loger ?
Alors, pour me loger, en fin de compte, le premier mois, j'ai eu une aide avec l'association de la PHP.
Oui.
Donc, pendant un mois, il n'y a pas eu de souci. Après, par la suite, j'ai rencontré un petit peu de difficultés. Ils ont réussi à me retrouver un deuxième logement. Et là, en fin de compte, en sachant que mon renfort se terminait le 20 mai, ils m'ont proposé, en fin de compte, de prolonger. J'ai accepté jusqu'au 30 juin.
Qui vous a proposé de prolonger ?
La cadre de santé.
La cadre de santé, c'est-à-dire ?
De réanimation.
C'est-à-dire, votre supérieur ?
Voilà, ma supérieure hiérarchie.
Elle vous a dit, on a besoin de toi. Reste avec nous jusqu'à la fin du mois de juin.
Du coup, j'ai redemandé des congés sans solde de cinq semaines à mon employeur. Qui a accepté. Qui m'a à nouveau accepté.
Oui.
D'ailleurs, je le remercie.
Oui.
Et du coup, par la suite, j'ai dû faire appel, en fin de compte, à un don sur Facebook. Parce que là, à la PHP, je n'avais aucune réponse pendant trois semaines pour avoir un nouveau logement.
C'est-à-dire que la PHP ne vous logeait plus ?
C'est ça, tout à fait.
Donc, vous vous êtes débrouillée. Et comment avez-vous fait pour vous loger aujourd'hui ?
J'ai fait un appel, du coup, sur Facebook, sur les réseaux sociaux. Et j'ai eu un médecin qui, par de bouche à oreille, en fin de compte, qui a accepté de me venir en aide pour pouvoir continuer le mieux possible mon renfort. Et voilà, je le remercie parce qu'aujourd'hui, je suis dans le septième arrondissement. Je ne connais pas trop Paris. Mais c'est vrai que sans lui, je n'aurais pas pu continuer à être auprès de mes patients.
Bon. Donc, vous continuez à travailler à l'hôpital Tenon. On est d'accord. Bon. Ce qui vous met en colère, c'est que vous ne toucherez pas la fameuse prime de 1 500 euros.
Oui, oui, tout à fait. Alors, en fait, ça me met en colère. Mais après, comme j'expliquais à plusieurs reprises, ce n'est pas pour l'argent que je fais de ce travail. Ce n'est pas pour ce que je gagne tous les mois.
Oui, combien gagnez-vous ?
Par mois, je gagne 1 370 euros avec deux week-ends, deux primes.
1 370 euros, primes comprises ? C'est ça. Donc, quand je suis en vacances... Net ? Net, non net. Net, heureusement.
Tout à fait. Avec ma reprise de 11 ans d'ancienneté.
Avec 11 ans d'ancienneté, vous gagnez 1 370 euros net. Oui. Vous êtes aide-soignante. On voit combien, dans les hôpitaux français, on est mal payé. Et on est sous-payé. C'est un véritable scandale, ça. Véritable scandale. Par contre, poursuivez. Donc, la prime. Vous n'avez pas touché la prime ?
Non, non, tout à fait. Mes collègues l'ont touché, en fin de compte, en réanimation. Donc là, sur le salaire du mois de mai.
Oui.
Donc, nous, déjà, dès le départ, on nous avait dit qu'il y avait plusieurs critères, plusieurs petites étoiles, en fin de compte, pour pouvoir toucher cette prime. Bon, comme je l'expliquais, dès la première petite étoile, tout de suite, on n'est pas dans les critères. Et tout de suite, on sait qu'on ne l'aura pas.
Vous ne l'aurez pas.
Donc, il fallait être présente, par exemple, dès le début du confinement, jusqu'à fin avril.
Alors, justement, tiens, à qui est destinée cette fameuse... Quentin va tout nous dire. À qui est destinée cette fameuse prime de 1 500 euros ?
Alors, à la règle, c'est 1 500 euros dans les 40 départements les plus touchés par la crise. Donc, Île-de-France, Grand-Est, Haut-de-France, Bourgogne-Franche-Comté, Corse et Mayotte.
En gros, voilà. Galicia a été éligible. Donc, vous étiez éligible. Sur ce critère-là. 500 euros dans les autres départements.
Ça peut grimper jusqu'à 1 500 euros, selon les établissements, pour certains soignants, pas plus de 40% du personnel. Et alors, pour les soignants venus en renfort, là, c'est intéressant. Ils sont éligibles à cette prime, mais sous condition, selon le décret qui a été publié mi-mai, 1 500 euros s'ils étaient présents du 1er mars au 30 avril, la moitié s'ils ont loupé deux semaines et, eh bien, ils n'ont pas le droit s'ils ont loupé un mois ou plus. Voilà, c'est votre cas. Alors, ma présence, en fin de compte, a été du 11 avril jusqu'à fin juin.
Sauf qu'aujourd'hui, oui, je suis en colère parce que je suis en colère tout simplement parce que je suis venue en renfort et, en fin de compte, depuis le 11, depuis le déconfinement, on est complètement oublié. Donc, vous m'avez parlé des transports, mais vous avez... Enfin, non, je vous ai parlé des logements, mais il y a aussi des transports. Je n'ai aucune prise en charge, en fin de compte, pour mes allers-retours jusqu'à Tonon. Je n'ai aucune prise en charge pour rentrer chez moi à Montpellier. Ça m'effondre. Non, ce n'est pas vrai. Bien sûr, comme vous savez, a augmenté les prix des billets, donc ce n'est pas facile. Je ne suis pas la seule dans cette situation.
Et c'est vrai que là, en fin de compte, les patients, ils sont encore en réanimation. Je suis encore en contact du Covid. Je suis encore considéré comme renfort. Et on est complètement oublié, en fin de compte, par ce gouvernement et par nos directeurs. Et on n'a aucune aide. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, je suis fatiguée par rapport à ça. Et c'est pour ça que j'ai fait... Je vais être honnête avec vous. J'ai fait une demande à mon directeur de rupture conventionnelle. Parce que je...
Vous voulez changer de métier ?
Oui, j'en ai marre. J'en ai marre parce que ça fait 11 ans. 11 ans que je fais des manifestations. Ça fait 11 ans que j'essaye de défendre... On essaye d'avoir un minimum de reconnaissance. Parce qu'on aide notre travail, comme vous avez vu. Ce n'est pas avec le salaire qu'on fait ce métier-là. Mais c'est par amour. Moi, j'ai commencé ce travail-là. J'avais 19 ans. Aujourd'hui, j'en ai 31. Je l'aime toujours autant. Mais je suis fatiguée. Et ça joue énormément aussi sur ma santé et sur ma vie personnelle. Et je pense qu'il arrive un moment... Oui, c'est peut-être bête. Mais je pense qu'il faut à un moment passer le relais. Et peut-être passer à autre chose.
Et malheureusement, je ne suis pas la seule soignante dans cette situation. Où on est fatiguée. Où on a juste envie d'être entendue. D'être valorisée au niveau des salaires. Et c'est vrai qu'aujourd'hui...
Qu'est-ce qu'il faudrait pour que vous repreniez envie de... Vous aimez votre métier. Mais qu'est-ce qu'il vous faudrait pour que vous l'aimiez à nouveau, ce métier ? Vous êtes découragée. Je le sens.
Je suis découragée. Pas par rapport à mes patients. Parce que c'est les conditions de travail. C'est du sous-effectif. Moi, je viens de 8 ans du public. Ça a été du sous-effectif en continu. Ou parfois, je me suis même... Je suis triste à le dire. Mais parfois, j'ai été obligée d'être maltraitante auprès de mes patients. J'ai dû les négliger à certaines reprises. Et il y a des moments, je ne me reconnaissais plus dans mes valeurs d'aide soignante. Donc, j'ai préféré parfois partir, démissionner de certains postes. Et c'est vrai qu'on a tous des valeurs. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, je ne m'y retrouve pas forcément dans ces valeurs auprès de cette société.
Vous attendez beaucoup du Ségur de la Santé ?
Moi, personnellement, quand je vois que déjà, par rapport à notre prime, et même depuis le 11 mai qu'on est complètement oublié en tant que renfort, je sais que rien ne bougera. Ça fait 11 ans. Ce n'est pas que depuis M. Macron est président. Malheureusement, moi, j'ai commencé, c'était M. Sarkozy qui était président quand j'ai commencé à être soignante. Et c'est une continuité. Je pense qu'aujourd'hui, on a besoin d'être entendus, on a besoin d'être soutenus. Et c'est vrai qu'on fait ça, on aide notre travail, mais on a vraiment besoin, en fin de compte, d'un minimum de reconnaissance. Alors, la reconnaissance, on l'a auprès de notre patient.
Moi, j'ai passé des nuits, là, dans le secteur Covid, parfois, à prier auprès de certains patients, à les masser, à être là auprès d'eux. Parce que je me mettais à la place. J'ai vraiment... On n'a aucune reconnaissance pour ce travail. Moi, je suis fatiguée. Je suis fatiguée et c'est vrai que j'ai envie que les gens comprennent qu'on a besoin d'eux, le 16 juin, s'ils peuvent nous aider à manifester pour qu'on soit enfin reconnus pour ce qu'on fait.
Merci, Alicia. Je ne vous embête pas plus longtemps, Alicia. Merci pour ce que vous avez fait, pour celles et ceux qui souffrent de cette maladie à l'hôpital Tenon. Et puis, bon, retour à Montpellier. Oui, merci.
Ce n'est pas tout de suite, mais merci.
Merci beaucoup. Il est 7h21. Au revoir, Alicia. Vous êtes sur RMC et RMC Découverte, c'est la chaîne 24. RMC Dupin Quotidia. Il est 7h25. Marie Dupin. Bonjour, Marie. Bonjour. Jeter ces déchets par terre ou jeter dans la campagne les décharges sauvages va bientôt coûter beaucoup plus cher. Le gouvernement durcit les amendes. Aujourd'hui, si vous jetez vos déchets sur la voie publique, vous risquez une amende de 68 euros. C'est déjà pas mal. Bientôt, ce sera 135 euros.
L'amende pourrait même monter à 375, voire 750 euros si la police établit un procès verbal au moment où vous jetez vos détritus et si ce PV est transmis au tribunal.
En gros, si vous protestez en recevant l'amende, vous risquez de payer encore plus cher. C'est la secrétaire d'État à la transition écologique, Brune, qui a préparé ce décret, qui concerne aussi bien les masques que les gants, les mévots, vous disiez les dépôts sauvages d'ordures. Et ce décret devrait être présenté mi-juin. Donc, c'est pour tout bientôt. Qui va dresser les amendes ? C'est toute la question. C'est sûr qu'on voit rarement un policier verbaliser un citoyen pour avoir jeté un mégot par terre.
On ne peut pas dire exactement combien d'amendes de ce type sont distribuées chaque année en France, tout simplement parce que ce sont souvent les policiers municipaux qui les distribuent, même si la police nationale est habilitée à le faire. Donc, on a plutôt les chiffres ville par ville. Je vous donne un exemple. À Paris, on est passé de 24 500 amendes en 2017 à 36 000 en 2018. Donc, c'est une augmentation de 47 %. On pourrait se dire « Waouh, c'est super ! » Mais les Parisiens jettent 10 millions de mégots par terre tous les jours, pas tous les ans. Tous les jours.
Donc, ça fait beaucoup de Parisiens à verbaliser quotidiennement. Non, mais c'est vrai. Tiens, tout à l'heure, je prendrai David, qui est pêcheur sur le Léman, qui est un auditeur fidèle, qui va nous dire qu'il travaille avec la police de l'environnement. Il la voit régulièrement. Le gouvernement va aussi lancer des campagnes de sensibilisation. Oui, parce qu'il y aura le volet répression avec ses amendes augmentées. Et puis, une campagne de prévention pour rappeler notamment que les masques chirurgicaux mettent de 300 à 400 ans à se décomposer dans la nature.
Un mégot, c'est plutôt 2 à 3 ans. Mais l'idée, c'est bien de rappeler aux citoyens que 80 % des déchets qui sont jetés par terre finissent où ? Eh bien, finissent dans la mer et dans les océans. Et que ça a évidemment des conséquences.
Et dans les lacs.
Et dans les lacs.
Le Léman, par exemple. On en parlera tout à l'heure. Merci Marie. 7h27. Charlemagne à l'actu des réseaux sociaux. Une déclaration qui a fait réagir celle de Christian Jacob au sujet des violences policières. Oui, le président du parti Les Républicains était hier invité de l'émission Le Grand Rendez-Vous. Mais ça n'existe pas. Des violences policières en France, c'est un mensonge. Ça n'existe pas. Alors, on a vu des violences de manifestants, mais jamais de violences policières en France. Les violences policières n'existent pas, dit Christian Jacob. Déclaration qui a provoqué un tollé sur Twitter.
Beaucoup l'accusent de déni, de mensonge. Un niveau de mauvaise foi rarement atteint, dit un internaute. Déclaration indécente, ajoute un autre. On peut soutenir les forces de l'ordre
sans pour autant se livrer à ce genre de commentaires incendiaires, dit cet internaute. En même temps, dit une internaute, c'est pratique. Cette méthode de Christian Jacob, quand quelque chose ne vous plaît pas, vous dites que ça n'existe pas.
Par exemple, le lundi matin n'existe pas, dit cet internaute. Enfin, de nombreux internautes accusent le président de LR d'être dans la simple tactique politicienne.
Mais la ficelle est un peu grosse pour tenter de récupérer les électeurs de Marine Le Pen, dit un internaute. On verra ce qu'en dit Eric Ciotti, des Républicains, tout à l'heure, à 8h35 aux Etats-Unis et au Canada. Uber Eats supprime les frais de livraison pour les restaurateurs noirs.
Oui, opération annoncée sur les réseaux sociaux par la plateforme de livraison de repas. Vous pouvez soutenir les restaurants détenus par des Noirs aux Etats-Unis et au Canada avec des frais de livraison de 0$. C'est ce qu'on peut lire dans le message accompagné d'une vidéo dans laquelle défile une liste
de restaurants américains et canadiens. En clair, lorsque l'utilisateur commande un repas avec son smartphone, l'application lui signale si le restaurant appartient à un Noir et donc si les frais de livraison sont offerts. Pratique qui choque les internautes français mais aussi américains. Lutter contre la discrimination
en mettant en place des mesures discriminatoires, c'est quand même très stupide, dit un internaute. J'aimerais bien savoir comment Uber Eats détermine la couleur de peau des propriétaires de restaurants. Est-ce qu'on a seulement moins 50% s'ils sont métis ? Se demande un autre internaute. L'ancien député socialiste Jérôme Guedj s'inquiète sur Twitter. « Puisse ces folies de discrimination positive ne jamais franchir l'Atlantique », écrit-il. Beaucoup rappellent qu'il serait totalement illégal
de mettre en place ce genre de pratiques en France. Mais visiblement, aux Etats-Unis, les cadres d'Uber Eats sont jugés que cette mesure était la plus appropriée et dans le même état d'esprit. Toujours aux Etats-Unis, le fondateur du réseau social Reddit a démissionné ce week-end. Il s'appelle Alexis Ohanian. Il est marié avec la joueuse de tennis Serena Williams
et il explique qu'il quitte la tête de son entreprise car il souhaite y être remplacé par un Noir.
Merci Charles. Il est 7h29. Expliquez-nous. Nicolas Poincaré. Bonjour Nicolas. Bonjour Jean-Jacques. Tout à l'heure, vous allez nous parler de l'armée française qui a remporté un gros succès dont on a très peu parlé. C'est dommage. La semaine dernière, dans sa guerre contre le terrorisme au Sahel, le chef d'Al-Qaïda au Maghreb islamique a été abattu au nord du Mali. Et je vais vous expliquer comment s'est déroulée cette opération. Assez spectaculaire. Ça s'est passé dans une grotte, dans un massif montagneux près de la frontière algérienne au Mali. Et puis je vais vous dire qui était ce chef, à la fois chef politique et chef militaire d'Al-Qaïda au Maghreb islamique.
Tout à l'heure, 8h moins 10. Mathieu. À suivre, dans Bourdain Direct, le racisme n'a pas sa place dans la police. J'attends des sanctions exemplaires. C'est ce que dit Frédéric Potier après des messages racistes échangés par des policiers sur WhatsApp. Le délégué interministériel à la lutte contre le racisme avec nous. Juste après le journal de 7h30 sur RMC. Il est 7h31. Anne-Sophie Balbir est là pour les dernières informations. Anne-Sophie, bonjour. Bonjour Jean-Jacques. Bonjour à tous. C'est en partie l'effet gilet jaune, mais ça prend une dimension particulière avec le mouvement anti-violence policière. L'an dernier, l'IGPN a été chargé d'un nombre inédit d'enquêtes judiciaires.
Un rapport vient d'être publié ce matin. Les détails dès le début de ce journal. La question revient. Les règles sanitaires vont-elles être allégées dans les écoles ? C'est ce que réclame le président du Conseil scientifique. Le gouvernement va-t-il lâcher du lest ? Et puis, ne dites plus chômage partiel, mais activités réduites pour le maintien de l'emploi. Un nouveau dispositif va venir remplacer l'ancien jugé trop coûteux. Des discussions avec les partenaires sociaux début de cette semaine. RMC 7h31. C'est un rapport qui est dévoilé ce matin et qui a une résonance toute particulière vu le contexte actuel et le mouvement anti-racisme et anti-violence policière.
L'an dernier, l'IGPN a été chargé d'un nombre inédit d'enquêtes judiciaires. Plus de la moitié vise des accusations de violence des forces de l'ordre. Benoît Balay.
Oui, sur les 1460 enquêtes judiciaires confiées l'année dernière à la police des polices. 868 portent sur des violences volontaires. Un chiffre qui a bondi de plus de 40%. En un an, des enquêtes pour des violences policières volontaires liées dans 40% des cas à des interventions ou à des interpellations dans le cadre de manifestations et plus rarement à des allégations de violences sur des personnes retenues ou à des contrôles d'identité ou routiers.
Selon la police des polices, ces chiffres tiennent principalement à l'émergence du mouvement des gilets jaunes, la récurrence des manifestations et la hausse des violences contre les forces de l'ordre ont entraîné, je cite, des ripostes nombreuses et plus fermes. Mais aussi, ils tiennent au choix des autorités judiciaires, en particulier à Paris, de confier à la police des polices les plaintes relatives à l'usage de la force, quelle que soit la gravité des faits. Ces saisines de l'autorité judiciaire ne constituent pas une présomption de faute des agents. C'est ce que rappelle la directrice de l'IGPN.
Aujourd'hui, une douzaine de policiers sont susceptibles de faire l'objet de poursuites judiciaires, selon ce rapport.
Benoît Ballet, merci. La colère antiraciste et antiviolence policière est désormais planétaire. Vague de manifestations ce week-end à Londres, Paris, Madrid, Rome, Budapest, des dizaines de milliers d'Européens se sont mobilisés. La colère antiraciste et antiviolence policière est désormais planétaire. Je vous le disais, il y a une image marquante, c'est celle qui a été vue à Bristol, en Angleterre, une statue du négrier a été déboulonnée et piétinée. Les parents, les enseignants et maintenant les scientifiques, la petite musique qu'on entend depuis plusieurs jours devient de plus en plus forte.
Il faut alléger le protocole sanitaire dans les écoles, notamment pour les repas, les récréations ou le sport d'ici la fin du mois. C'est ce que demande le professeur Jean-François Delfraissy, président du conseil scientifique. Il est assez raisonnable de se dire maintenant qu'avec les connaissances que nous avons, on pourrait peut-être alléger un peu, en particulier la vie périscolaire. On est là finalement dans quelque chose où on apprend en marchant où les familles qui ont eu peur et qui étaient relativement réservées sur l'ouverture des écoles également, maintenant, elles réclament dans une certaine mesure qu'on y ait un peu de souplesse.
Et je crois qu'en effet, on pourrait mettre peut-être un peu de souplesse sur ces aspects périscolaires et peut-être même sur l'organisation des classes elles-mêmes. Alors pour le moment, le gouvernement ne tranche pas. Il y a des phrases lancées ici ou là, des idées font leur chemin. Est-ce qu'il faut s'attendre à des évolutions ces prochains jours ? Pierre-Yves Bonneau.
Nous espérons alléger le protocole sanitaire dans le courant du mois de juin. Propos de Jean-Michel Blanquer, ce week-end, le ministre de l'Éducation pressait de toutes parts pour assouplir des mesures anxiogènes pour les enfants, selon une députée de la majorité. Cette spécialiste des questions d'éducation propose notamment de rétablir de vraies récréations avec la possibilité de jouer au ballon dans la cour. Autre piste, lever ou augmenter la limite de 10 ou 15 élèves par classe, le plus vite possible, mais pas tout de suite, selon le ministre, qui a rappelé à l'ordre ce week-end les écoles privées sous contrat. Elles avaient d'elles-mêmes décidé d'accueillir plus d'élèves en classe.
De son côté, Matignon temporise et précise que la phase 3 du déconfinement dans les écoles prendra en compte l'évolution du contexte sanitaire. Rien ne devrait donc changer avant le 22 juin. Il ne restera alors que deux semaines de cours avant les vacances d'été.
Selon le dernier bilan de l'épidémie en France, il y a eu 13 morts de plus en 24 heures dans les hôpitaux, le chiffre le moins élevé depuis la mi-mars avant le confinement. Ce que nous avons fait pour l'automobile, nous allons le faire pour l'aéronautique, déclaration de Jean-Baptiste Djebary, secrétaire d'État au transport. L'exécutif devrait dévoiler un plan de plusieurs milliards d'euros demain, 10 milliards selon les échos. Autre dossier sur la table du gouvernement, le chômage partiel en vigueur depuis le 25 mars, mais trop coûteux. Il a vocation à disparaître.
Les partenaires sociaux débutent cette semaine des discussions pour peaufiner le dispositif qui le remplacera à partir du mois prochain. Victor Joannin.
Nom de code ARM, le sigle d'activité réduite pour le maintien de l'emploi. Entreprises concernées par ce dispositif, toutes celles dont le retour à la normale sera lent et qui devront faire face pendant plusieurs mois voire plusieurs années à un carnet de commandes sinistré, par exemple dans l'automobile ou l'aéronautique. Ces entreprises pourront réduire le temps de travail et donc les rémunérations de leurs salariés et pour ces derniers, l'État compensera une partie de la perte de pouvoir d'achat.
Une partie seulement à condition que l'entreprise s'engage à ne pas licencier un dispositif donnant-donnant qui a déjà été adopté au Parlement mais dont les détails vont donc être discutés avec les partenaires sociaux qui sont plutôt favorables au principe. L'exécutif veut en tout cas aller très vite. La concertation doit aboutir dans une semaine.
Ça a été l'une des grosses déceptions de ce confinement si vous deviez passer le permis de conduire. Près de 120 000 personnes
ont vu leur épreuve annulée. Chiffre du ministère de l'Intérieur. Les examens reprennent aujourd'hui mais les dossiers se sont accumulés et les auto-écoles se retrouvent sous l'eau. Benjamin Pelsy garance-munoz. Première fois au volant en trois mois pour Sossène. Tu te souviens comment on met en route ? Non. À 19 ans, elle comptait beaucoup avoir son permis pour l'été. Aujourd'hui, elle ne sait pas quand elle pourra passer l'examen. Le plus vite pour moi, ce sera quand même dans plus d'un mois alors que j'étais censée le passer il y a plusieurs mois déjà. C'est vraiment mon accès à sortir de la ville, de trouver un emploi, de pouvoir me déplacer librement et facilement.
Selon le gouvernement, 330 000 personnes attendent elles aussi un créneau de passage et pour respecter les nouvelles règles sanitaires, les inspecteurs du permis de conduire ont réduit le nombre de candidats par jour. Une aberration pour Philippe Colombani, le président du syndicat d'auto-école unique. Les inspecteurs font moins d'examens qu'avant le confinement. Avant, ils faisaient 13 candidats par jour. Ils n'en font plus que 11. On a trois mois de retard et en faisant que 11 candidats au lieu de 13, on ne voit pas comment on peut récupérer le retard en en faisant moins. On n'a pas assez de place
pour tout le monde. S'il y a des échecs, je crains que si on ne continue comme ça, on aille vers des délais d'attente en cas d'échec de l'ordre de 12 mois.
Et pour lui, le seul moyen de combler le retard serait que les examinateurs fassent passer 14 candidats chaque jour.
Les courses Mathieu, c'est à quand ? Avec le pronostic de la Vrim Team des courses RMC, favori numéro 9, Valzer Di Poggio, outsider numéro 14, Vastas Fontemille, le 9 et le 14. Il est 7h38, on parlait beaucoup d'environnement tout à l'heure, nous avons parlé de racisme, de lutte contre le racisme, l'antisémitisme avec Frédéric Potier qui est délégué interministériel à cette lutte dans un instant, mais on parlait beaucoup d'environnement avec ses amendes pour abandons, pour déchets jetés dans la nature, dans la rue, les masques, les gants et d'autres déchets d'ailleurs, amendes qui pourraient passer à 135 euros. La police de l'environnement existe-t-elle ? Oui, elle existe, David.
Ça va, David ? Allô, David ? Oui, m'entendez ? Oui, je vous entends, David, ça fait longtemps que je ne vous ai pas eu. Vous pêchez sur le Léman, le lac. Oui, c'est ça. Encore une fois, on ne dit pas lac Léman.
On dit le Léman.
On m'a repris, on dit le Léman. Oui, oui. On dit le Léman. Vous pêchez, vous la croisez, cette police environnementale ? Oui, oui. Donc nous, c'est l'AFB, c'est l'Agence de la faune et la biodiversité. Donc nous, on les appelle plus communément les gare-tèches. Et donc, ils sont là pour contrôler notre matériel de pêche. Ils contrôlent aussi les pêcheurs amateurs, voir s'ils ont leur permis et tout ce qu'il faut. Et puis aussi, ils ont un rôle un peu scientifique pour la gestion des plans d'eau. D'accord. C'est avec eux qu'on met en place la réglementation de la pêche selon les statistiques qu'on rend chaque année pour voir les pertes d'ouverture et de fermeture de poissons.
Et on met en place des protocoles pour préserver nos plans d'eau. Oui, évidemment. Et donc du coup, on les voit régulièrement. Oui. David, les déchets, vous en voyez ? Vous voyez des masques ? Vous voyez des gants ? Vous voyez tous ces déchets-là dans le Léman ? Honnêtement, pas encore. Pas encore ? Non, non, non. Et au niveau des déchets, honnêtement, dans le Léman, il y en a, dès qu'il y a des coups de vent, on voit qu'il y a tout de suite des déchets qui arrivent en surface, mais il y a des barrages aux grandes embouchures des grosses arrivées d'eau comme le Rhône et tout ça. Et du coup, on arrive quand même à filtrer pas mal de déchets. Pas mal de déchets.
Merci, David, dans tous les cas. Merci à vous. Et merci d'être avec nous tous les matins, David. Vous êtes en pêche, là ? Oui, oui, je suis sur l'eau. Je rentre de la pêche à l'instant. Et alors ? Ça a donné quoi ? Enfin, nous, la situation est catastrophique à cause du changement climatique. En fait, voilà, les eaux... L'omble chevalier n'est pas là ? Alors, l'omble chevalier n'est pas là, mais c'est surtout la ferra qui nous... La ferra qui n'est pas là non plus. Non, non, non, parce qu'en fait, elle n'a plus rien à manger. Allez, d'accord. Voilà. Bon, eh ben, bon courage, David. Merci beaucoup. Merci à vous. Il est 7h41. Merci.
Frédéric Potier, dans un instant, deux minutes, un peu de pub. A tout de suite. Frédéric Potier, notamment pour parler de ce qui s'est passé à Rouen, ces policiers qui s'échangeaient des messages jugés racistes sur la messagerie WhatsApp. Nours nous écrit « Ne mettons pas tous les policiers dans le même sac. Ils ont aussi des lois, des ordres, des supérieurs. Mais il y a comme partout des brebis galeuses. Jean-Pierre nous dit « Oui, il y a des brebis galeuses, mais nos forces de l'ordre sont nécessaires. Il est important de les soutenir en ce moment. Il faut lutter contre le racisme. Ça passe par l'éducation, nous dit Jean-Pierre. C'est aussi ce que dit Albert. C'est comme partout.
Il y a des policiers sympas avec qui on peut discuter, des stricts, des cow-boys que l'on trouve plus souvent dans la police municipale aux yeux d'Albert. Tout cela, c'est un manque de formation. Pour Fabrice aussi, il nous dit la formation pourrait et devrait être améliorée. Mais Fabrice dit « Soyons francs, on sait, dit Fabrice, que dans la police, beaucoup votent Front National. Pourquoi le taire ? » dit Fabrice. « Soyons francs, les policiers en ont marre, Archimard, d'être toujours confrontés aux mêmes dans les banlieues qui ne sont pas suivis ensuite par la justice. Que pensez-vous de tout cela ? Parlons librement, franchement, mais sereinement.
3216rmc.fr et l'appli direct au studio pour nous rejoindre. RMC, 6h-9h, Vaudin Direct. Frédéric Pottier est avec nous, délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT. Frédéric Pottier, bonjour. Bonjour. Alors, vous dites « Nous verrons les enquêtes à propos de ces échanges de propos racistes entre policiers sur les réseaux sociaux. Nous verrons ce que vont donner les enquêtes. Il faut que les sanctions soient exemplaires, dites-vous. Demain, je reçois le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner à 8h30. Je lui parlerai de cela. Vous dites « Il faut absolument insister sur la formation des policiers.
» Et c'est vrai que j'ai eu plusieurs jeunes policiers qui m'ont dit « Moi, quand je suis entré dans la police, j'étais pas du tout raciste, mais vraiment pas du tout. Et puis, petit à petit, j'ai changé. J'ai changé parce que j'ai pas été vraiment formé comme il fallait à résister à cette tentation, en quelque sorte. Les policiers font un travail extraordinairement difficile. Il faut les aider pour faire ça. Et moi, je crois qu'on ne combattra le racisme qu'avec la police et qu'avec les policiers. Et aujourd'hui, la police, les jeunes gardiens de la paix dont on a à disposition sur le terrain, je crois que leur formation aussi a été adaptée.
Il y a 20 ans, les formations que nous, nous faisons dans toutes les écoles de police et de gendarmerie, elles n'existaient pas. Je vais à Montbéliard, à Toulouse, à Sens, pour parler aux jeunes gardiens de la paix, leur parler de racisme, d'antisémitisme, de l'antisémitisme. Mais que leur dites-vous alors ? Que leur dites-vous aux futurs policiers ? Alors d'abord, moi je leur dis d'être exemplaires. Oui. Pourquoi ? Parce qu'ils ont, eux, l'exercice de la force publique, ils ont ce monopole-là et donc il y a un très haut niveau d'exigence à leur égard.
Et un policier ou un gendarme qui se livrerait à des actes de violence volontaire ou à des propos racistes, eh bien, ils jettent l'opprobre sur l'ensemble de sa profession et sur l'ensemble de ses collègues. Et donc ça, il faut qu'ils en soient parfaitement conscients. Je crois que pour la grande majorité, c'est le cas. Et il faut aussi, et ça nous le faisons avec d'autres formateurs, qu'ils aient des bons réflexes parce que quand vous êtes dans une manifestation, quand vous êtes en intervention, c'est pas toujours facile. C'est pas toujours facile, d'autant plus que le policier ou le gendarme qui est en intervention, il se fait insulter, il se fait caillasser et il se fait traiter de tout.
Et il y a de l'autre côté, face à lui, des hommes ou des femmes qui sont racistes dans leurs propos aussi. Et il y a aussi des violences contre les policiers, il faut aussi les dénoncer avec une force. Et même dans leur vie quotidienne. Bien sûr. Et même leurs proches. Bien sûr. Qui sont insultés, enfin bon, avec des propos qui sont aussi racistes. C'est pour ça que leur métier est vraiment extraordinairement difficile et qu'il faut qu'ils aient les bons réflexes, le sang-froid, la lucidité pour ne pas se livrer à des propos qui seraient très regrettables et qui jetteraient l'opprobre, je le redis, sur l'ensemble de leurs problèmes. C'est très très difficile. De garder son calme. Absolument.
De garder son calme. Alors, j'ai vu que le député La République En Marche, Florian Bachelier et Éric Dupond-Moretti, l'avocat, demandent de rendre public d'urgence les sanctions au manquement à propos des contrôles d'identité. Vous avez contrôlé au faciès, les sanctions au manquement. C'est possible ça ? Je ne sais pas si c'est possible. Je ne suis pas policier moi-même et je n'appartiens pas à cette hiérarchie policière. Mais je crois qu'on a quand même intérêt à faire toute la transparence sur ce type de questions. sur le nombre de condamnations, sur la sévérité de ces sanctions.
Parce que lorsqu'il y a des actes très graves, ils sont aussi sanctionnés de manière très dure et ça peut aller jusqu'à la révocation. Quand vous êtes révoqué de la police nationale, c'est une sanction très dure. Est-ce qu'un policier qui se rend coupable d'un acte raciste doit être révoqué ? Comme tous les fonctionnaires, la sanction est proportionnelle à l'acte. Et ça, c'est ou bien une sanction hiérarchique ou bien une sanction judiciaire. Combien de policiers sont révoqués chaque année pour propos racistes ? Je ne peux pas vous le dire. Par contre, il y a un chiffre qui était très intéressant dans votre journal. C'était le nombre de saisines de l'IGPN. Je crois que c'était 868.
Ça montre bien qu'il y a une instance de contrôle. Ça montre bien qu'il y a des contre-pouvoirs au sein même de la police. Mais le contrôle existe. Mais est-ce que les sanctions sont réelles ? Moi, je crois qu'elles sont réelles. Je ne crois pas que l'IGPN soit particulièrement laxiste. Simplement, peut-être qu'on n'en fait pas assez la publicité. Donc moi, oui, je pense que ça va dans le bon sens d'apporter un peu plus de transparence sur ces questions-là. Alors, les propos racistes, j'étais stupéfait de lire sur les réseaux sociaux, encore une fois, les propos du président de la Ligue de Défense Noire africaine. Vous savez ce qu'il dit ?
Il dit, arrêtons d'aller consommer chez les Blancs, dans les magasins de Maghrébins, dans les magasins de Chinois. Il faut aller dans nos magasins. Si ces propos-là ne sont pas des propos racistes, je n'y comprends plus rien parce que le racisme est dans tous les sens. On est bien d'accord. Évidemment, il n'y a pas de hiérarchie entre les racistes. Moi, je dénonce tous les types de racisme, tous les types de communautarisme et je crois que ce type de propos-là ne participent pas du vivre ensemble, sont anti-républicains et je crois qu'il faut aussi se méfier d'un certain nombre de raccourcis.
On n'est pas aux Etats-Unis, on n'a pas la même histoire de la ségrégation raciale, on n'a pas le même rapport à la violence et tous ceux qui veulent importer en France les rapports de domination américains, je crois qu'ils ne nous font pas quelque chose d'intéressant. Bien, merci Frédéric Mottier. Je parlerai de tout cela avec mes invités. Éric Ciotti, tout à l'heure, évidemment, on va notamment revenir sur les propos de Christian Jacob, le patron de LR qui dit qu'il n'y a absolument aucun acte violent de la part de policiers, ni racisme, ni violence, enfin bon, il n'y a rien quoi.
Il ne se passe rien, Eric Ciotti répondra à mes questions et puis demain, je vous rappelle que je recevrai le ministre de l'Intérieur il est temps que le gouvernement s'exprime. Il va s'exprimer d'un matin sur RMC et BFM TV à partir de 8h30, peut-être même avant 8h20. Alors, nous allons voir. Il est quelle heure ? Il est 7h51, c'est l'heure des explications. RMC, expliquez-nous. Avec Nicolas Poincaré. Nicolas, l'armée française a remporté un succès la semaine dernière dans sa guerre contre le terrorisme au Sahel, en Afrique. que le chef d'al-Qaïda au Maghreb islamique a été tué au nord du Mali. Qui était cet homme ?
Alors, il avait presque 50 ans, il s'appelait Abdelmalek Droukdal, c'était un égorgeur, un preneur d'otages, un terroriste avec un CV long comme le bras. Dans ce métier où on ne vit généralement pas très vieux, lui pouvait se vanter d'avoir 30 ans d'expérience. C'est un Algérien qui était né dans la banlieue d'Alger, il a fait des études scientifiques, mais il a 20 ans lorsque son pays bascule dans la guerre civile. Il rejoint alors les GIA, il participe à cette très sale guerre des années 90 qui se faisait souvent au couteau et qui va faire en Algérie 200 000 morts en 10 ans. Ensuite, il a fait allégeance à Oussama Ben Laden après le 11 septembre 2001.
Il a créé Al-Qaïda au Maghreb islamique dont il était encore le chef jusqu'à la semaine dernière. Il a participé à la prise de contrôle par les barbus d'une grande partie du Mali en 2012. Ses hommes ont enlevé des dizaines d'otages, dont des Français. Il a participé au trafic d'armes, au trafic de drogues, au trafic de migrants, ce nouvel esclavage. Abdelmalek Droukdal vivait dans la clandestinité depuis 1992. Il savait se cacher, mais finalement, il a été retrouvé au nord du Mali, dans le désert, à 20 kilomètres seulement de la frontière algérienne. Comment les Français, les soldats français, l'ont-ils retrouvé ?
C'est le résultat d'une coopération entre la CIA et la DGSE, c'est-à-dire les services secrets français et américains. En fait, c'est sa voiture qui a d'abord été repérée, son 4x4, a été suivi en permanence par des drones jusqu'à mercredi dernier, lorsque les images aériennes ont montré qu'il se trouvait dans une grotte dans le massif des Iforas, un massif caillouteux fait de grosses roches noires. C'est un labyrinthe, aride, loin de toute habitation. Alors, mercredi, à 18h, la décision a été prise de donner l'assaut dans cette grotte. Des commandos des forces spéciales ont été déposés au sol par 6 hélicoptères. Un autre hélico a tiré une roquette, ce qu'on appelle un tir de sidération.
Puis les soldats français au sol ont donc donné l'assaut de la grotte. Il y a eu des vrais combats. Un homme s'est rendu, c'était sans doute le chauffeur du groupe et 4 autres ont été abattus. Le chef terroriste et 3 de ses lieutenants. Est-ce que sa mort peut déséquilibrer les mouvements terroristes ? Alors, les militaires français l'espèrent. Ils espèrent même une guerre de succession où s'opposeraient les représentants d'Al-Qaïda et de Daesh, c'est-à-dire l'État islamique. Les deux grandes boutiques du terrorisme islamique au Sahara sont déjà en guerre entre elles dans la région. La disparition du chef pourrait raviver le conflit. Mais il ne faut pas se faire trop d'illusions.
La mort d'un leader n'a jamais entraîné la disparition d'un mouvement et Al-Qaïda va sûrement bientôt se retrouver un nouveau patron. Oui, cette opération n'est pas le seul succès des Français ces derniers mois. Non, il y en a eu d'autres. Depuis le début de l'année, les militaires français disent avoir porté des coups très rudes aux bandes islamistes. Ils estiment avoir neutralisé environ 100 djihadistes par mois. Ça fait 500 donc depuis janvier quand on dit neutralisé. Oui, ça veut dire abattu. Ça veut dire abattu le plus souvent. Ce qui s'est passé au début de cette année, c'est qu'on sortait d'une période très très noire.
L'armée française n'avait pas pu empêcher des attentats et des raids meurtriers contre des villages au Burkina Faso ou bien contre des bases de l'armée du Niger. On avait compté les morts par centaines dans cette zone des trois frontières entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso et au même moment, souvenez-vous, la France avait perdu 13 hommes lorsque deux hélicoptères s'étaient télescopés en poursuivant des djihadistes au sol. C'était donc en janvier. C'est à ce moment-là qu'Emmanuel Macron a décidé de renforcer l'opération Barkhane. On est passé de 4500 à 5200 hommes mais surtout, à ce moment-là, les ordres ont changé.
Il a été décidé de taper le plus fort possible sur les mouvements djihadistes avec des bombardements aériens, avec des drones armés, avec des hélicoptères de combat et avec des commandos au sol. Il y a eu ces derniers mois des opérations très spectaculaires qui se passent là-bas dans le désert. On m'en a raconté une avec des commandos infiltrés qui ont passé plusieurs jours cachés à proximité d'un camp djihadiste qui ont fini par donner l'assaut à ce camp de façon à ce que les terroristes s'échappent dans une autre direction là où d'autres commandos les attendaient. En l'occurrence, ça a été un succès. Voilà ce qui se passe en ce moment au Sahel.
Est-ce qu'on peut espérer gagner cette guerre ? Non, on n'a aucune chance. C'est une guerre ingagnable dans un territoire grand comme l'Europe face à une multitude de mouvements différents. Ça fait maintenant 7 ans qu'on est là-bas. L'armée française a compté 46 militaires français tués dans ses rangs. La situation aujourd'hui, c'est que si on reste, on n'a aucune chance de victoire mais si on part, c'est pire. C'est pire. Merci beaucoup. Merci passionnant. 7h55, vous êtes sur RMC, il est temps et il était temps aussi d'en parler parce que c'est passé un peu inaperçu, je trouve, à la fin de la semaine dernière, vendredi et samedi. Il est quelle heure ? 7h56, qu'allons-nous faire ?
A suivre, laisser les enfants jouer au ballon dans la cour de récré, les faire manger à la cantine à plus de 15 par classe, bref, faut-il et peut-on assouplir le protocole sanitaire à l'école ? Le professeur Antoine Flau, médecin épidémiologiste à l'université de Genève est avec nous juste après le journal de 8h sur RMC. RMC.