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InterviewC à vous (sur YouTube)· 28 février 2022 10 minContradictoireMixteAgriculture & alimentationÉconomie & entreprisesSolidarités & familleInstitutions & élections

Nathalie Arthaud veut renverser le capitalisme - C à Vous - 28/02/2022

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:36OuverteRéponse directe

    Le programme du candidat Jean-Luc Mélenchon promet le plein emploi, en passant spécifiquement par l'agriculture. Mais pour aller un peu vite, plus de main d'oeuvre dans les exploitations, c'est aussi un coût plus élevé pour nos aliments ?

  • 3:02RelanceRéponse directe

    Là, on parlait d'agriculture, mais dans tous les domaines, plus de main-d'oeuvre sont des coûts de production d'une manière générale plus élevée. À la fin, à la caisse, ça coûte plus cher.

  • 3:22FerméeRéponse directe

    Vous le reprochez de ne pas l'avoir fait, là ?

  • 7:24OuverteRéponse directe

    Alors, vous lui répondez quoi, Adrien Quatennens ? Jean-Luc Mélenchon n'est pas assez collectif pour les travailleurs. Lui ou Fabien Roussel, il tire trop la couverture vers eux ?

  • 9:50FerméeRéponse partielle

    Donc c'est de la faute de Fabien Roussel ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:14Invité politiquePromesse
    « la planification écologique, qu'on appelle de nos voeux, il y a notamment dedans la transition agricole, mais tous les secteurs confondus, c'est 1,5 million d'emplois nets à créer. »
  • 2:18Invité politiquePromesse
    « il va nous falloir 300 000 paysans de plus pour faire ce que je viens de vous raconter. »
  • 3:10Invité politiqueChiffre
    « La France produit à peu près 2300 milliards par an qui sont extrêmement mal répartis. »
  • 3:55Invité politiqueChiffre
    « 5 personnes, c'est-à-dire moins que ce que nous sommes autour de la table en France, 5 milliardaires possèdent autant que 27 millions de Français, 40% de la population. »
  • 4:05Invité politiqueChiffre
    « c'est 240 milliards d'accroissement du patrimoine des milliardaires de ce pays. »
  • 5:00Invité politiqueChiffre
    « 10 millions de personnes sous le seuil de pauvreté, 8 millions qui dépendent de l'aide alimentaire. »
  • 8:10Invité politiqueChiffre
    « Jean-Luc Mélenchon est devant Valérie Pécresse, à 12,5%, devant donc Valérie Pécresse. »
  • 9:22Invité politiqueChiffre
    « Jean-Luc Mélenchon est passé de la mi-mars à la fin avril, de 11 à 19%. »

Temps de parole

  • Nathalie Arthaud58 %
  • Présentateur17 %
  • Présentateur 213 %
  • Invité6 %
  • Présentateur 33 %
  • Présentateur 43 %

2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

En France, l'actualité, c'est le Salon de l'Agriculture. Oui, ouvert par Emmanuel Macron samedi matin l'an dernier. Le Covid avait eu raison de l'événement. Alors le président a tenu à y faire une apparition pour retrouver les agriculteurs, les saluer, les remercier. Iban Raïs et Audrey Payas étaient sur place pour cet avou.

0:14
Invité

Le Salon des Retrouvailles marque la fin de cette pandémie, en tout cas le début de sa fin. Et pendant plus de deux années, vous avez tenu. Deuxième message, c'est au fond celui justement de cette souveraineté alimentaire. La mission de nourrir le peuple français, celle que notre agriculture a historiquement toujours remplie. Nous sommes en train de complètement la réinventer pour continuer à avoir une alimentation à chaque fois de meilleure qualité, toujours nous améliorer, pour en même temps relever les défis de la transition environnementale et de la biodiversité.

0:48
Présentateur

Alors cette année, le président n'a pas pu jouer le record du temps de visite, ni vraiment la campagne présidentielle, trop prise par la crise ukrainienne bien sûr. Alors c'est Jean Castex qui a caressé des animaux de la ferme devant les caméras.

1:02
Invité

Monsieur Castex, c'est important un petit peu de douceur pendant cette campagne ?

1:04
Présentateur

Un agneau, c'est important ou pas ? Un petit peu de douceur ? Tout est important. Monsieur Castex, ils vous ont dit quoi les agriculteurs ? Évidemment, ils sont très inquiets. Et je les comprends, ils sont très inquiets. Ils traversent des périodes très difficiles. En fait, nous avons une crise nouvelle qui est devant nous. Mais la philosophie est la même. On va protéger les Français. On ne laissera pas tomber ni nos agriculteurs ni les autres. Adrien Quatenas, le programme du candidat Jean-Luc Mélenchon promet le plein emploi, en passant spécifiquement par l'agriculture, quand on regarde dans le détail.

Mais pour aller un peu vite, plus de main d'oeuvre dans les exploitations, c'est aussi un coût plus élevé pour nos aliments ?

1:40
Nathalie Arthaud

Il faut en passer d'une agriculture qui, aujourd'hui, est extrêmement intensive, productiviste, sur de très grandes surfaces, avec beaucoup de chimie et peu de main d'oeuvre, à une agriculture, en effet, relocalisée, paysanne. Et ça nécessite d'abord, d'une part, une forme de protectionnisme à nos frontières. Parce qu'en effet, si, par exemple, on dit à nos agriculteurs, on va se passer des pesticides et faire une agriculture paysanne biologique, il faut que les produits qui arriveraient d'ailleurs, plein de pesticides, ne puissent pas rentrer aussi facilement pour ne pas les mettre en difficulté.

Mais oui, la planification écologique, qu'on appelle de nos voeux, il y a notamment dedans la transition agricole, mais tous les secteurs confondus, c'est 1,5 million d'emplois nets à créer. Par exemple, il va nous falloir 300 000 paysans de plus pour faire ce que je viens de vous raconter. Donc quand on a un programme comme le nôtre, en effet, on ne se pose pas la question de savoir si on va manquer de travail, il va y avoir beaucoup de tâches à accomplir. Par contre, on va devoir, oui, former les femmes, les hommes, pour toutes ces filières qu'on va devoir monter. C'est le cas de la transition énergétique, des transports, il y a des tas de choses à faire.

Et puis après aussi, en matière d'emploi, il y a des méthodes efficaces. Par exemple, l'une qu'il faut remettre au goût du jour, c'est la question du partage et de la diminution du temps de travail. La productivité a beaucoup augmenté ces 23 dernières années, et on n'a pas vu ni que le temps de travail diminue, ni que les salaires n'augmentent en proportion. Donc partager le temps de travail avec la planification écologique conjuguée, en effet, c'est un moyen de recréer de l'emploi et de l'emploi net. Pas les emplois précaires qui expliquent les baisses du chômage qu'on ouvre actuellement.

3:02
Présentateur

Là, on parlait d'agriculture, mais dans tous les domaines, plus de main-d'oeuvre sont des coûts de production d'une manière générale plus élevée. À la fin, à la caisse, ça coûte plus cher.

3:10
Nathalie Arthaud

Écoutez, la France produit à peu près 2300 milliards par an qui sont extrêmement mal répartis. Le bilan de ce quinquennat, même si le principal protagoniste n'est pas encore descendu dans l'arène, c'est que 5 personnes...

3:20
Présentateur

Vous le reprochez de ne pas l'avoir fait, là ?

3:22
Nathalie Arthaud

Oui, parce que... L'égard à la crise... Bon, évidemment, il y a la crise, il y a le contexte, et donc ça nécessite sans doute, j'en suis d'accord, une forme de sobriété. Pour autant, qu'il n'est pas, depuis tous ces mois, alors que c'est un secret de polichinelle, vous savez depuis longtemps que M. Macron sera candidat, moi aussi, le fait qu'il n'ait pas assumé ni son bilan, ni le fait de dire ce qu'il allait faire aux Français, c'est-à-dire les faire travailler plus longtemps, un retour à des logiques austéritaires, puisque la feuille de route a été rendue devant la Commission européenne, oui, ça pose un problème. Vous savez, le bilan... Le bilan de M.

Macron, c'est le fait qu'aujourd'hui, j'allais dire, 5 personnes, c'est-à-dire moins que ce que nous sommes autour de la table en France, 5 milliardaires possèdent autant que 27 millions de Français, 40% de la population. Et cela n'est pas tombé du ciel, c'est le fruit de sa propre politique. Par exemple, dans la période Covid, c'est 240 milliards d'accroissement du patrimoine des milliardaires de ce pays. Figurez-vous que 240 milliards...

4:10
Présentateur

Quoi qu'il en coûte aussi, qui a permis au pays de continuer à fonctionner, d'éviter les faillites, d'éviter les licenciements.

4:16
Nathalie Arthaud

Attendez, là, je ne parle pas de ça. Je parle de l'appropriation de ces aides qui n'ont pas été significativement investies pour demain et pour l'emploi. Il n'y a pas assez d'investissement productif dans ce pays. C'est tout le problème. Et ce que nous proposons, nous, au contraire, c'est d'en revenir à un investissement productif et d'offrir non plus cette foire aux dividendes qu'on a vue, mais une forme de visibilité, de prévisibilité sur le fait de dire « Nous avons des grands défis à accomplir, au premier desquels le changement climatique et donc l'économie de ce pays doit se mettre au service de ces grands défis. » Et puis surtout, oui, pardon, mais soulager la vie des gens.

Parce que pendant que certains se gavent dans des proportions considérables, c'est que toutes sortes d'orateurs de gauche ont pu vous dire ça à cette table. Mais là, c'est des records, cette année en pleine pandémie. Et pendant ce temps, les Français, c'est 10 millions de personnes sous le seuil de pauvreté, 8 millions qui dépendent de l'aide alimentaire. Derrière ces chiffres, il y a des réalités quotidiennes, des gens qui ont peur d'ouvrir leur boîte aux lettres, qui ont l'angoisse de savoir si on peut pouvoir honorer leur facture. Donc oui, proposer l'augmentation des salaires, des minima sociaux, partager, tout simplement, c'est ce qu'il faut faire urgentement.

Ce pays subit aussi une urgence sociale, il faut bien le voir.

5:17
Présentateur

La présidentielle, toujours, les équipes de CETAVOU ont suivi la candidate de lutte ouvrière. Oui, Nathalie Arthaud, que Louis Amard et Anaïs Recouli ont interrogé. Candidate qui n'a jamais décollé dans les sondages, qui était sous les 1% de voix aux deux dernières présidentielles. Mais Nathalie Arthaud a obtenu ces 500 parrainages très tôt. Pour moi, le fait d'avoir eu les 500 signatures assez rapidement, c'est une forme de reconnaissance, en fait. Ça a toujours été un défi pour nous de les avoir. Ça a toujours nécessité beaucoup d'engagement militant. Si on les a, c'est à la force du poignet. C'est à la force du poignet.

Mais vous savez, c'est aussi ce que nous représentons, nous, luttes ouvrières. Encore une fois, on fait partie du monde du travail. On sait que jamais rien ne nous tombe tout cuit dans le bec. Voilà. En réalité, tout ce qu'on a, il faut aller l'arracher. Alors, comme à beaucoup de candidats, nous avons demandé à Nathalie Arthaud de lister trois propositions fortes de son programme et de nous les présenter. Première proposition, ça serait l'abolition du secret des affaires. Ce qui permettrait aux travailleurs d'aller voir les comptabilités des grandes entreprises et de réaliser qu'il y a de l'argent. Deuxième mesure, je pense qu'il y aurait bien sûr des luttes pour augmenter les salaires.

Pour augmenter les salaires de 300, de 400, de 500 euros et pour porter le SMIC à 2000 euros net. Troisième mesure, eh bien, on répartirait le travail. Ça veut dire qu'il y aurait des embauches, qu'on travaillerait moins, qu'on travaillerait tous. Et là, on pourrait arriver à zéro chômeur. Nathalie Arthaud qui tient Adrien Quatennens à se distinguer des autres candidats de gauche. Pour elle, c'est lutte ouvrière qui représente les travailleurs. « Candidature, est-ce qui la différencie de celle des candidatures de gauche ? C'est de dire au monde du travail que nous avons nous-mêmes la capacité de changer notre sort.

Jean-Luc Mélenchon, c'est « votez pour moi, moi, moi, et puis vous verrez, moi, moi, moi. » Bon, une personne ne peut pas incarner le rapport de force qui est nécessaire. Il faut vraiment une force sociale en révolte et qui se mobilise. Je ne dis pas « votez pour moi, et puis vous aurez les jours heureux quand vous vous réveillerez le lendemain. » Non, les jours heureux, soit on se bat pour les obtenir, pour les arracher. Mais pour ça, il faudra changer toute la société. Il faudra renverser le capitalisme. Alors, vous lui répondez quoi, Adrien Quatennens ? Jean-Luc Mélenchon n'est pas assez collectif pour les travailleurs. Lui ou Fabien Roussel, il tire trop la couverture vers eux ?

7:31
Nathalie Arthaud

Je n'ai pas grand-chose à lui répondre. Vous voyez que sur le diagnostic qu'elle pose par rapport à l'essai d'augmenter les salaires, de partager les richesses, je crois qu'elle pourrait très largement s'y retrouver. Et que par ailleurs, sur la question du pouvoir d'un seul homme, il ne vous aura pas échappé que la Vème République, qui est d'essence monarchique, on veut s'en passer pour passer à une VIème, et permettre au peuple de se refonder à travers une Assemblée constituante. Non, pour le reste, on est là, je crois, à quelque chose comme 40 jours de l'élection présidentielle. Et il y a six mois, on se serait retrouvé sur ce plateau.

Vous auriez peut-être été quelques-uns à me dire, le deuxième tour entre M. Macron et Mme Le Pen, il est inéluctable. Il ne vous aura pas échappé que le tableau a quand même un peu bougé. Et ce cas d'assez net aujourd'hui, là, il y a plusieurs sondages qui paraissent aujourd'hui, qui montrent que Jean-Luc Mélenchon est devant Valérie Pécresse, à 12,5%, devant donc Valérie Pécresse. Donc, dès lors que cela se confirme, dès lors que Jean-Luc Mélenchon est devant la droite républicaine, ça veut dire que la question qui est posée aux électeurs, en réalité, c'est face à M. Macron, qu'est-ce que vous mettez ?

Une nuance d'extrême droite comme les deux qu'on voit là, ou un candidat qui vous propose une rupture démocratique, sociale, écologique ? Je précise par ailleurs que si vous retirez du discours de Mme Le Pen et M. Zemmour, tout ce qu'ils racontent sur l'immigration, non pas que ce ne soit pas un sujet qu'il faut traiter, mais pas de cette manière, la question de l'immigration, leurs obsessions sur l'identité, etc., si vous retirez leur discours de ces mots-là, qu'est-ce qu'il vous reste ? Il vous reste des nuances de macronisme.

Les quatre qu'on voit là, à part Jean-Luc Mélenchon, sur votre tableau là, les quatre ont l'intention de faire travailler les Français plus longtemps, Mme Le Pen vient de renoncer à la retraite à 60 ans, les quatre d'aucune façon ne vont s'employer à faire ce que j'appelle de mes voeux avec Jean-Luc Mélenchon, partager les richesses. Donc oui, je dis au peuple français, vous avez jusqu'à la fin de la semaine pour vous inscrire sur les listes électorales, pour augmenter le niveau de la participation, et pour faire en sorte que, et on le voit, le second tour est à portée de main en réalité.

Et la dernière fois, il ne vous aura pas échappé qu'à la mi-mars, on n'était qu'à 10%, 10-11%, et que Jean-Luc Mélenchon est passé de la mi-mars à la fin avril, de 11 à 19%. Si on reproduit le même mouvement que la fois dernière, il nous en faut même moins pour arriver à nous lycée au second tour. Il y a des réserves de voix chez Benoît Hamon, là, ils n'y sont pas. Il n'y en a pas chez Annie Dalgour. Il ne nous aura pas échappé qu'il y a un candidat dont, pourtant vous parlez beaucoup, Fabien Roussel, avec qui nous étions alliés à deux reprises lors des dernières élections. Oui, globalement, les médias en parlent beaucoup.

Et qu'aujourd'hui, dans une situation où s'il était avec nous, on serait déjà au second tour.

9:49
Présentateur

Donc c'est de la faute de Fabien Roussel ?

9:50
Nathalie Arthaud

Non, pas du tout, c'est pas ce que j'ai dit, ça c'est votre traduction pour faire de la polémique. Mais ce que je dis, c'est qu'en tout cas, c'est possible, et que Jean-Luc Mélenchon, c'est une possibilité.