Marine Le Pen : "on peut obtenir qu'Emmanuel Macron n'ait pas la majorité absolue" à l'Assemblée Nationale
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8h23, France Inter, Nicolas Demorand, le 7-9 Et avec Yael Gauze, nous recevons ce matin la députée Rassemblement National, candidate à sa réélection dans le Pas-de-Calais. Question réaction amis auditeurs au 01 45 24 7000 sur les réseaux sociaux et l'application mobile de France Inter. Bonjour Marine Le Pen. Bonjour. Et merci d'être à notre micro ce matin. On va parler dans quelques instants évidemment des législatives. Retour sur les résultats du premier tour. Projection sur le second qui aura lieu dimanche.
Mais avant cela l'Ukraine, le chancelier allemand Olaf Scholz, le président du conseil italien Mario Draghi, le président de la République Emmanuel Macron sont attendus dans quelques instants à Kiev. Est-ce que vous saluez cette visite de soutien à Volodymyr Zelensky ce matin ? Fallait-il, selon vous, qu'Emmanuel Macron se rende à Kiev après bientôt trois mois de cette guerre en Ukraine ?
Moi ça ne me choque absolument pas que le président de la République se rende à Kiev. Je pense que quand on est engagé, comme l'est la France, dans un processus diplomatique dont l'objectif est d'obtenir la paix, et donc de tenter de rapprocher les positions pour trouver une issue à la guerre, il est parfaitement légitime qu'il aille à Kiev, il est parfaitement légitime également qu'il continue d'avoir des discussions avec Vladimir Poutine. Donc tous ceux qui lui reprochent cela, j'avoue que j'ai du mal à comprendre. Ce qui est peut-être plus contestable, mais allez, ne pinaillons pas, c'est le fait de choisir d'y aller à trois jours d'une élection législative.
C'est-à-dire que je pense que le sujet de la guerre que la Russie fait à l'Ukraine, le sujet de la situation des populations civiles, vaut peut-être mieux qu'une suspicion d'instrumentalisation électoraliste.
Vous partagez la critique de Jean-Luc Mélenchon qui a critiqué le moment choisi pour effectuer ce voyage, je le cite, c'est du mépris d'être trois jours hors de France entre les deux tours d'une élection qui va fixer la politique de notre pays. Vous partagez cette critique ? Ce n'est pas le rôle du président d'aller...
Ce n'est pas le sujet du mépris, c'est le sujet qu'en réalité Emmanuel Macron fait un choix qu'il aurait pu faire il y a une semaine ou il y a dix jours. Le fait qu'il le fasse aujourd'hui, évidemment, on peut le suspecter. Et moi, je le suspecte assez facilement parce que je note qu'Emmanuel Macron ne fait jamais rien ou ne dit jamais rien sans avoir une arrière-pensée électoraliste. Voilà, c'est malheureux, c'est peut-être les signes du temps, mais... Kiev, ce matin, il y a une arrière-pensée électoraliste. Je le reproche beaucoup. Mais en tout cas, c'est une suspicion qui peut exister.
C'est-à-dire qu'Emmanuel Macron se serve de cette posture, en quelque sorte, de chef de guerre pour tenter d'avoir une influence sur les élections législatives. Et on le croit d'autant plus...
C'est pas que lui qui va, c'est l'Europe qui se déplace.
Non, mais pardon, mais on le croit d'autant plus. Oui, d'accord, mais dans ces cas-là, il ne fallait pas faire une déclaration sur les législatives, sur le tarmac en partant. Voilà. C'est aussi simple que ça. C'est lui qui fait un mélange des genres. Il ne peut pas aujourd'hui reprocher qu'on lui en fasse grief.
Marine Le Pen, Emmanuel Macron, vous le savez, a provoqué l'émoi des dirigeants ukrainiens ainsi que des dirigeants de certains pays d'Europe de l'Est en appelant à ne pas humilier la Russie. Emmanuel Macron a-t-il commis une erreur en employant ces mots « ne pas humilier la Russie » sur lesquels l'Élysée a dû revenir en disant clairement vouloir la victoire de l'Ukraine dans ce conflit ? Victoire de l'Ukraine, vous dites la même chose ?
Oui, mais en quoi c'est contradictoire ? En quoi il est contradictoire de souhaiter que l'Ukraine retrouve sa liberté, retrouve sa souveraineté territoriale et retrouve les rênes de son destin et en même temps ne pas souhaiter humilier la Russie, c'est-à-dire ne pas souhaiter en réalité participer à un échec des négociations. Et c'est d'autant plus contradictoire que M. Zelensky lui-même a dit très clairement « la solution sera diplomatique ». Donc M. Zelensky vient dire « la solution ne sera pas militaire ». En réalité, c'est ça qu'il dit.
Vous partagez finalement la ligne d'Emmanuel Macron ?
Sur ce sujet, objectivement, je pense qu'Emmanuel Macron recherche l'issue de ce conflit par la diplomatie. Il est en même temps sur la ligne de M. Zelensky dont je viens de dire qu'il l'avait rappelé et moi je partage ses efforts, bien sûr.
Mais victoire de l'Ukraine, du coup, ça vous semble déplacé ?
C'est surtout contradictoire avec ce qu'il dit. Soit c'est la diplomatie, soit c'est militaire. M. Zelensky lui-même dit que ça n'est pas militaire. Les Américains d'ailleurs sont en train de dire que ce ne sera pas non plus militaire. Car ils ont émis des doutes sur la capacité, et c'est tout à fait naturel, parce que quand on a un peu de connaissances géostratégiques et notamment militaires, on imagine que l'Ukraine aurait du mal militairement à obtenir une victoire sur la Russie. Donc l'issue est diplomatique. Donc Emmanuel Macron, pour le coup, a raison de mener des efforts pour cette issue diplomatique.
Pierre Aski en parlait à l'instant, l'Ukraine attend une réponse pour sa demande d'adhésion à l'Union Européenne. D'ici au 24 juin, Bruxelles devra trancher pour savoir si le pays peut ou non devenir candidat officiel pour adhérer à l'UE. Faut-il y répondre favorablement ou privilégier l'intégration à un autre projet ? Emmanuel Macron porte la CPE, la Communauté Politique Européenne, parce qu'il considère qu'adhérer à l'UE, ça prendrait des années pour les Ukrainiens.
Oui, mais c'est surtout que l'Ukraine ne correspond à aucune des conditions qui sont exigées par l'UE pour pouvoir devenir adhérent. Donc moi, je suis opposé, mais comme je suis opposé à tout élargissement par ailleurs, vous voyez, donc ce n'est pas spécifique pour l'Ukraine. Je pense que l'UE s'est en partie effondrée sur elle-même du fait d'un élargissement qui en réalité avait des visées politiques beaucoup plus que des visées économiques. Donc on mélange tout et on arrive à des résultats qui sont des résultats mauvais.
Il faut dire non à l'Ukraine ?
Oui, je crois qu'il faut clairement dire à l'Ukraine que ça d'ailleurs ne préjuge pas du soutien qui peut lui être apporté par les pays de l'UE, mais je pense qu'il faut clairement lui dire qu'elle ne remplit pas les conditions pour aujourd'hui être adhérente de l'UE et que moi, en ce qui me concerne, politiquement, je suis contre l'élargissement.
Allez, venons-en aux législatives. Au premier tour, le Rassemblement national a fait une bonne performance, 18,67% des suffrages. C'est 6 points de plus qu'il y a 5 ans. Est-ce que vous ne regrettez pas, une fois qu'on a dit ces chiffres, d'avoir dit et redit qu'Emmanuel Macron aurait quoi qu'il en soit la majorité, que c'était la logique des institutions, que prétendre le contraire était une fable ? C'est votre mot, fable, Marine Le Pen. Quand vous regardez les projections des instituts de sondage, il est possible qu'Emmanuel Macron n'ait pas la majorité absolue. Bref, ce n'était pas une fable.
N'avez-vous pas fait, tout simplement, une erreur stratégique en partant si modérato dans cette campagne ?
Vous vous trompez et j'aurais raison, une fois de plus. Il suffit d'attendre dimanche soir. J'ai traité de fable, non pas le fait qu'il n'ait pas la majorité, et notamment pas la majorité absolue, car bien entendu, je pense qu'il peut ne pas avoir la majorité absolue, et je me bats pour ça. Mais j'ai traité de fable le fait que Jean-Luc Mélenchon puisse être Premier ministre, c'est-à-dire qu'il puisse avoir 290 députés. Ça, c'est une fable. Ça a toujours été une fable, et tout le monde savait que c'était une fable. Donc c'est vraiment, encore une fois, l'histoire du roi énu.
Tout le monde fait mine de croire, tout le monde a fait mine de croire, le monde politico-médiatique a fait mine de croire que Jean-Luc Mélenchon et sa coalition de 4 partis pouvaient obtenir plus de 290 députés. Et moi, je suis le petit garçon qui dit le roi énu. C'est-à-dire, non, c'est faux, c'est une histoire. Mais vous avez toujours dit que la logique des institutions était que le président avait sa majorité. Mais c'est vrai, et très certainement, il aura une majorité. Mais ça démobilise de dire ce que vous avez dit. Mais non, c'est dire la vérité. Arrêtons de prendre les Français pour des enfants.
Ce ne sont pas des enfants à qui on raconte des histoires, soit de grands méchants loups, soit de princesses le soir. Ce sont des électeurs matures, majeurs, à qui il faut dire la vérité. Et donc, moi, je viens leur dire la vérité. On peut obtenir qu'Emmanuel Macron n'est pas la majorité absolue. On peut l'obtenir du fait des résultats de la coalition de Jean-Luc Mélenchon et de ceux du Rassemblement national. Maintenant, les électeurs doivent choisir quelle forme d'opposition ils veulent. Est-ce qu'ils veulent une opposition anti-police, pro-burkini, pro-clandestin, indigéniste ?
Ou est-ce qu'ils veulent une opposition nationale, souverainiste, qui défend le retour de la sécurité, de la tranquillité dans nos rues, et qui défend aussi les valeurs. C'est-à-dire que les policiers sont les bons et les voyous et les délinquants sont les méchants.
Alors, puisqu'il faut arrêter les fables, dites-nous votre vérité en termes de siège. Parce que pendant la campagne, vous aviez avancé le chiffre de 60 députés RN, avant de parler de 100 à 150. Le président de votre mouvement par intérim, Jean-Dane Bardella, dit cette semaine une vingtaine de sièges. Ce sera quoi à la fin ? Vous visez quoi précisément ?
Excusez-moi, mais je n'ai pas dit cela. J'ai dit que je trouverais scandaleux et profondément antidémocratique que le Rassemblement national n'est pas au moins 60 sièges. Pourquoi ? Parce que 60 sièges, c'est une opposition de plein exercice. C'est-à-dire que c'est une opposition qui a tous les outils que nous donne la Constitution pour pouvoir faire notre travail d'opposition, ce qui est essentiel, encore une fois, dans une démocratie. Mais je pense qu'on peut arracher effectivement des dizaines de sièges et nous sommes arrivés en tête dans 108 circonscriptions. Donc potentiellement, nous pourrions avoir 108 sièges. Alors, ce n'est jamais comme ça, on n'a jamais 100% des sièges.
Mais potentiellement, nous pourrions le faire.
Vous présiderez le groupe, ce sera vous, la présidente du groupe. Quel sera le premier texte, la première proposition de loi RN que vous porterez au nom de ce groupe qui serait inédit depuis 1986 ?
Je pense que ce sera le texte de lutte contre l'islamisme. Parce que celui-ci continue à avancer, peut-être un peu plus à bas bruit quand nous sommes en période électorale, mais avec des revendications comme celles auxquelles est confrontée aujourd'hui l'éducation nationale, de vêtements qui sont en réalité des vêtements religieux. C'est Camille, c'est Zabaya, qui sont des formes de djellaba. C'est ça aujourd'hui. Hier, c'était le voile. Demain, ce sera le voilement des fillettes. Donc, je veux stopper, donner à l'Assemblée nationale la responsabilité de se prononcer sur une loi de lutte contre l'islamisme qui est terriblement important.
Et le pouvoir d'achat, vous voterez le projet de loi ? Pouvoir d'achat, vous le voterez ?
Je ne peux pas vous dire si je le voterai avant même de savoir ce qu'il y a dedans. En tout cas, je vais l'amender, ça c'est sûr, parce que je persiste à penser que la méthode du gouvernement de chèque est une mauvaise méthode. La bonne méthode, c'est de baisser les dépenses contraintes. Baisser les taxes sur l'essence, et baisser totalement la TVA sur un panier de 100 produits de première nécessité. C'est cela qu'il faut faire, car sinon, en réalité, on contribue à nourrir l'inflation qui arrive tel un tsunami sur nos compatriotes.
Si les députés étaient élus à la proportionnelle intégrale, Marine Le Pen, le RN serait à touche-touche avec le bloc NUP et le bloc Ensemble. Cette réforme sans cesse repoussée de quinquennat en quinquennat est-elle, selon vous, devenue urgente ?
Oui, elle est urgente. Parce que le mode de scrutin que nous vivons est un mode de scrutin qui est fait pour la bipolarisation de la vie politique. Ça fonctionnait quand il y avait deux gros blocs. À l'époque, c'était la droite et la gauche. Aujourd'hui, nous sommes dans une tripolarisation, et par conséquent, ce mode de scrutin devient de plus en plus inique. Et vous avez raison de le rappeler, à la proportionnelle, compte tenu des résultats de dimanche dernier, le RN aurait 131 députés, c'est-à-dire le plus grand groupe de l'Assemblée, devant celui d'Emmanuel Macron.
Vous participeriez-vous à la commission transpartisane sur la réforme des institutions ?
Bien entendu. Si on m'y écoute, je défendrais la proportionnelle, que je défends depuis des décennies maintenant, parce qu'encore une fois, la proportionnelle, c'est aussi le fait de dire aux Français, chaque voix compte. Vous allez voter, vous serez représentés. Et le défaut de représentativité de l'Assemblée nationale, c'est en partie, je le crois, ce qui a généré la crise des gilets jaunes, et peut-être qui générera les crises futures, si on n'y prend pas garde.
Donc la commission transpartisane, oui, mais vous avez dit non au Conseil national de la refondation.
Non mais c'est quoi ce gadget ? Qu'est-ce que c'est que ce gadget ?
Pour boycotter un outil qui est censé, en tout cas c'est comme ça qu'il a été présenté, revivifier peut-être la démocratie française.
Parce que j'en ai soupé des gadgets d'Emmanuel Macron. D'accord ? Nous avons des institutions, il serait bien qu'il s'y plie car il est censé en être le garant tout de même. Nos institutions, c'est que les lois, elles se discutent et elles se votent à l'Assemblée nationale. Et pour les sujets sociétaux, il y a le Conseil économique, social et environnemental. Donc arrêtons de vouloir créer des choses nouvelles, qui sont des diversions, et qui visent en réalité à retirer à l'Assemblée nationale le pouvoir qui est le sien. Mais si on retire le pouvoir à l'Assemblée nationale, on retire le pouvoir au peuple. Car l'Assemblée nationale, c'est la maison du peuple.
Le second tour, c'est donc dimanche. Emmanuel Macron a appelé les Français à lui donner une majorité parce qu'il en va, a-t-il dit, de l'intérêt supérieur de la nation. C'était le discours du Tarmac, avant de partir pour la Roumanie. Intérêt supérieur de la nation, désordre français, désordre mondial. Comment vous avez reçu ces mots-là ?
Non, il a tenu des propos de mémoire que j'ai trouvés extrêmement critiquables de la part du Président de la République. Il a dit, il faut me donner une majorité pour... Clair et solide. Pour la République. Voilà. C'est-à-dire qu'il sous-entendait que l'intégralité de ses opposants, en réalité, n'était pas dans la République. Il faut arrêter avec ça. On ne joue pas avec ces concepts-là, qui sont des concepts extrêmement importants. Il ne peut pas traiter tous ceux qui s'opposent à lui... Vous vous êtes senti visé directement, alors ? Mais il a visé tout le monde, d'ailleurs tout le monde, bon, d'anti-républicains. C'est honteux. La République, précisément, c'est la démocratie.
La démocratie, c'est qu'il y ait un pluralisme des idées politiques et que les électeurs puissent être représentés en fonction de leur poids. Ça n'est déjà pas le cas aujourd'hui, à cause du mode de scrutin. Donc, je trouve quand même que ces propos sont très graves de la part d'un Président de la République.
Et quand Edouard Philippe estime dans le Figaro qu'une majorité relative, ce serait une folie entraînant un désordre politique qui s'ajouterait à l'instabilité et au danger du monde actuel. Que lui répondez-vous ?
Je lui réponds qu'on est en élection et qu'il essaye d'avoir une majorité absolue en racontant absolument n'importe quoi. On peut chacun le comprendre. Ce qui est plus ennuyeux, c'est les combines d'appareils auxquels on a assisté quand même entre les deux tours. Je veux dire, moi, je ne sais pas si vous avez compris les consignes de vote des uns et des autres, mais objectivement, on marche sur la tête. Entre M. Muselier... Les votes aussi, Mme Le Pen. Louis Alliot demande à faire battre Christophe Castaner à Forkelkier. Non, non, je vous arrête tout de suite. La seule consigne de vote claire, ça a été celle du Rassemblement national, c'est celle que j'ai donnée.
S'il y a un duel LREM-NUPES, je vous suggère de ne pas voter. Parce que ces deux politiques sont des politiques profondément toxiques pour le pays. Les uns déconstruisent la France par le haut, les autres veulent la déconstruire par le bas. Il y a une exception qu'a donnée Louis Alliot, et c'est son avis à lui, et qui est une forme de vote révolutionnaire de la part de Louis Alliot. Non, non, en ce qui me concerne, ça ne m'engage pas. Voilà, c'est clair. Je crois que cette consigne de vote est claire. Mais quand j'entends M.
Muselier appeler à voter pour l'extrême gauche, quand j'entends des LR appeler à voter pour l'extrême gauche, quand j'entends des En Marche qui nous expliquent par ailleurs qu'avoir une majorité relative serait dramatique, appeler à voter pour Jean-Luc Mélenchon, contre les candidats du Rassemblement national, je me dis que la vie politique est devenue en réalité une somme de combines d'appareils, et qui va contribuer à continuer à dégoûter les gens. Je pense que le Rassemblement national se comporte extrêmement bien, précisément avec éthique, et il est le seul à le faire dans cette campagne.
La parole aux auditeurs de France Inter. On sort de la politique, on va vers l'économie avec vous, Christophe. Bonjour et bienvenue.
Oui, bonjour France Inter, merci de prendre une question. Bonjour. Bonjour, bonjour Mme Le Pen. J'avais une question à vous poser, au-delà de votre obsession sur les migrations que vous avez encore marquées ce matin. Ne pensez-vous pas que les sujets principaux actuellement seraient plutôt de se préoccuper de que la BCE annonce l'augmentation de ces taux pour cet été, ainsi que la Réserve fédérale américaine ? Et que pensez-vous du milliard d'euros que McDonald's semblerait s'engager à payer pour ces évasions fiscales ?
Merci Christophe pour cette question. Alors, il y en a deux. La remontée des taux de la BCE, ça c'est pour lutter contre l'inflation, c'était le premier point. Évasion fiscale, McDonald's, deuxième point. Sur la BCE, Marine Le Pen ?
Pardon M. Mais vous indiquez que j'ai une obsession pour l'immigration. Non, je n'ai pas d'obsession. Mais c'est un sujet qui est un sujet extrêmement important et quels que soient d'ailleurs les partis, beaucoup s'accordent à dire que c'est un sujet majeur que la gestion de l'immigration clandestine, qui est un sujet qui disparaîtra d'ailleurs s'il n'y a pas un groupe puissant à l'Assemblée nationale, au Rassemblement National. Parce que ni l'extrême-gauche ni Emmanuel Macron ne semblent s'y intéresser. Mais vous avez tort car pendant toute la campagne présidentielle, nous avons fait des propositions extrêmement claires sur ces sujets-là.
Vous me dites l'inflation augmente et du coup la BCE va augmenter ses taux. Mais dites-moi que fait Emmanuel Macron contre l'inflation ? Dont l'immense majorité est en réalité une inflation importée. Mais nous, nous avons proposé des solutions. Nous avons proposé le patriotisme économique. Nous avons proposé le localisme. Nous avons proposé la réindustrialisation pour faire face à la désindustrialisation massive que subit notre pays qui fait que nous importons de plus en plus de produits qui sont des produits manufacturés. Qu'a fait Emmanuel Macron ? Rien. Il a accordé pour la réindustrialisation 1 milliard sur les 40 milliards du plan de relance.
Nous avons proposé un fonds souverain avec une méthode qui est une méthode je crois extrêmement intéressante qui consisterait à investir précisément dans les entreprises françaises avec de l'argent qui serait emprunté aux Français ce qui permettrait aux Français d'être actionnaires de la Maison France évidemment de l'argent emprunté et rémunérer ce qui éviterait de rémunérer les marchés financiers et ce qui permettrait de rémunérer les Français. Donc nous avons tout un panel de propositions pour répondre à ces problématiques que nous avons d'ailleurs développées pendant tout le cours de la campagne présidentielle.
Marine Le Pen il y a aussi une autre inflation pardon
excusez-moi mais quant à l'évasion fiscale moi ce que je souhaite c'est qu'il y ait un ministère des fraudes un ministère des fraudes pour s'occuper que de ça et pas seulement des fraudes fiscales pas seulement des fraudes sociales des fraudes aux importations qui sont quelque chose de terrifiant pour nos producteurs et nos agriculteurs qui subissent la concurrence déloyale d'importations qui ne respectent pas les normes qu'on leur a imposées.
Il y a aussi une autre inflation en ce moment Marine Le Pen celle des températures une vague de chaleur inédite par sa précocité qui écrase la France il y a un collectif de scientifiques dont le climatologue Christophe Cassou qui va se rendre lundi après-midi devant l'Assemblée il y aura une grande tente pour former les nouveaux députés aux enjeux climatiques et de biodiversité avec des experts du GIEC notamment est-ce que vos députés RN iront vous-même irez-vous prendre cette petite formation ?
Non parce que je pense qu'on est très au fait de cette situation et très au fait des erreurs majeures en réalité qui ont été faites par un certain nombre de gouvernements et particulièrement par celui d'Emmanuel Macron dans ce domaine moi je pense que le meilleur moyen de mettre fin progressivement aux énergies fossiles c'est le nucléaire alors le nucléaire a été abandonné pendant le mandat d'Emmanuel Macron Astrid ça a été terminé Fessenheim a été fermé et aujourd'hui on est en train d'importer massivement du gaz de schiste américain voilà quelle est la politique écologique d'Emmanuel Macron importer massivement du gaz de schiste américain c'est lié au conflit en Ukraine dont on sait oui d'accord mais c'est un choix qui a été fait dont on sait qu'il est dramatique pour la planète donc on fait absolument n'importe quoi dans ce domaine c'est le modèle économique qu'il faut réfléchir nous nous l'avons réfléchi et nous disons tant que vous aurez des super tankers qui apporteront des produits manufacturés de Chine plutôt que de les fabriquer au plus près des besoins et bien on ne sera pas prêt de régler le problème de l'émission de CO2 mais à l'échelle de la France
à part l'arrêt des éoliennes et le tout nucléaire vous faites quoi pour faire baisser les températures
mais j'arrête le recours aux importations massives est-ce que vous savez que la moitié la moitié des émissions de CO2 sont des émissions importées non mais il faut le savoir donc en réalité le meilleur moyen de lutter alors que nous avons déjà un très bon comment dire un très bon niveau nous sommes un des pays qui produisons le moins de CO2 grâce à notre donc les méchants c'est les autres non mais pardon non mais c'est un fait non mais excusez-moi je sais que vous adorez vous flageller la France sur France Inter permettez-moi de la défendre dans ce domaine comme dans d'autres mais en l'occurrence nous sommes un des pays qui produisons le moins de CO2 voilà on peut s'en réjouir quand même mais la moitié de ce qu'on produit c'est en réalité ce qu'on importe alors arrêtons d'importer tout et n'importe quoi à cause de la désindustrialisation à cause encore une fois de la recherche de profits qui mettent nos français au chômage et vous verrez que la situation continuera qui est déjà très bonne continuera à s'améliorer
merci Marine Le Pen d'avoir été au micro de France Inter ce matin je rappelle que vous êtes députée Rassemblement National candidate à votre réélection dans le Pas-de-Calais
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