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interviewC dans l'air (sur YouTube)· 15 novembre 2025 8 min

Les agriculteurs perdent patience face au revirement de Macron sur le Mercosur

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

sur le Mercosur. Jusque-là très hostile, le président de la République a semblé avoir changé d'avis. - Chaque matin, réveil aux aurores pour cet agriculteur de la Drôme en pleine saison des semis. - Hier, c'était 4h.

Aujourd'hui, environ 3h. - Pierre cultive 115 ha de céréales et élève une vingtaine de bovins dans sa ferme qu'il a créée il y a 5 ans. - C'est la mascotte.

C'est une Aubrac aveyronnaise. C'est la première que j'ai achetée. C'est une belle vache. - Une bonne humeur qui cache une forte rancoeur depuis la volte-face du président de la République jeudi dernier à propos du Mercosur.

Le Mercosur, c'est le traité de la colère pour les agriculteurs. - On est dans un brouillard où on commence à perdre confiance et patience en se disant "quitte à être les dindons de la farce, il faut nous le dire maintenant". Au moins, on saura ce qu'on fait.

On ne peut pas se moquer des gens comme ça. - En voyage au Brésil la semaine dernière, E.Macron a pour la 1re fois semblé accepter l'idée du traité de libre-échange entre l'UE et 5 pays d'Amérique du Sud. - E.Macron: Les échanges que j'ai pu avoir avec le président Lula, avec le président Milei par téléphone et la présidente von der Leyen, je suis plutôt positif.

Je reste cependant vigilant. - Un enthousiasme soudain qui a surpris jusque dans les propres rangs d'E.Macron.

Dès le lendemain, la ministre de l'Agriculture a nuancé la position présidentielle. ...

Les agriculteurs, déjà en 1re ligne contre le Mercosur, ont relancé la mobilisation. - S'il y a des revirements et qu'on est déçus, on ne viendra pas pour discuter. Les bennes se lèveront. - Dans Son exploitation, cet homme voit lui aussi d'un très mauvais oeil ce traité qui prévoit entre autres de faciliter l'importation de produits agricoles sud-américains en Europe. - C'est de la concurrence déloyale.

On est un peu à la peine sur les cultures et sur la qualité des éléments qu'on produit. On a des exigences de qualité élevées en Europe. Le premier sacrifice, c'est qu'on ne se rémunère pas.

S'il faut creuser encore un peu le trou, au bout d'un moment, je veux bien faire des efforts, mais si on ne m'en donne pas les moyens, je ne peux pas...

Je ne pars pas en vacances aux Seychelles avec une formule all inclusive. - Alors que 1 agriculteur sur 5 vit sous le seuil de pauvreté, ce père de famille déplore la posture de l'UE, qu'il juge faible. - Il manque une vision stratégique, une ambition.

On veut s'habiller comme des enfants de choeur dans un monde où tout le monde est en treillis. Ca ne peut pas marcher. Le monde de la production internationale et le monde politique international, ce n'est pas une affaire de naïveté et de gentillesse, mais des intérêts qu'il faut défendre et mettre en avant.

J'ai l'impression que ça ne va pas dans le sens de l'intérêt de l'Europe et de notre pays. - Pour valider le Mercosur, la France attend certaines garanties sur des clauses concernant d'éventuels quotas ou normes sur les produits importés d'Amérique du Sud. - A.Casse: On retient cette phrase: "On s'habille en enfant de choeur quand d'autres sont en treillis." Est-ce qu'on devient une proie? - E.Duteil: La France était minoritaire en Europe.

C'est quelque chose qu'on n'a même pas essayé d'expliquer aux Français. Le Mercosur est négocié directement par le roi, par U.von der Leyen.

Elle était allée au Brésil et elle avait signé le début de la discussion pour véritablement signer cet accord. Il y a plusieurs contrevérités dans ce qui est souvent raconté. On ne dit qu'on va avoir du boeuf à l'eau de javel, une agriculture aux hormones...

Il y a une règle dans les accords qui dit qu'on ne peut pas importer en Europe ce que l'Europe n'accepte pas en son sein. Un journaliste est allé sur place. C'est vrai que c'est compliqué d'assurer à 100 % qu'il y aura des contrôles.

Pourquoi le Brésil a intérêt à y mettre des contrôles? Car ils ont intérêt à commercer avec l'Europe. Pourquoi cet accord est-il aujourd'hui capital?

Il y a quand même des droits de douane avec les Etats-Unis qui sont un peu impactants pour une partie des Européens. Les Allemands prennent très cher avec les droits de douane du côté des Etats-Unis. L'Italie, G.Meloni à beau être copine avec D.Trump, ça lui pose problème pour son industrie.

Le Brésil, qui s'est pris 50 % de droits de douane car ils ont décidé de juger Bolsonaro, a intérêt à trouver un intérêt commercial avec l'Europe. C'est se donner un petit débouché. - A.Casse: Il y a des agriculteurs qui sont étranglés. "On a le dispositif d'ajustement carbone aux frontières, plus ça, plus la PAC..." - E.Duteil: Bien sûr que c'est compliqué pour eux.

On ne peut pas réduire cet accord commercial uniquement à ça. Même si on doit aller dans le détail du détail, on dit "les agriculteurs", mais allez voir les viticulteurs qui ont le marché américain fermé à cause des taxes. Ca leur ouvre un débouché possible.

Demandez aux fromagers. Vous ne les entendez pas tout à fait de la même façon. Pour ceux qui sont perdants dans cet accord, car il y en a toujours, c'est normal de s'en inquiéter.

Ca fait peur. C'est un grand marché. En tout cas, c'est pour dans un paquet d'années. - A.Casse: Pourquoi ces hésitations?

Est-ce qu'E.Macron va finalement dire oui? - N.Saint-Cricq: Il n'y a pas qu'E.Macron.

Ca se saurait si c'était le cas. Il a été très radical sur le Mercosur. Là, il y a un certain nombre de clauses, comme la clause de sauvegarde.

Si, tout d'un coup, ils nous importent trop de biens dans tel domaine, on stoppe si ça nuit aux agriculteurs français. Deuxièmement, les clauses miroir. Pas plus d'hormones chez eux que chez nous...

Que la concurrence soit pure et parfaite. Là, on ne sait pas exactement ce qui a été négocié. On veut que le marché soit vertueux. - E.Duteil: Il ne faut pas aller jusqu'à ce rêve-là. - N.Saint-Cricq: E.Macron a peur d'avoir les agriculteurs dans les rues. - A.Casse: On passe à vos questions.

Question. - T.Porcher: Je pense qu'E.Macron est au Brésil avec le président Lula.

Ils ont passé un bon moment. Ils se sont dit qu'ils allaient revoir le Mercosur. Mais il n'a pas intérêt à ce que ça passe.

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