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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 30 juin 2017 26 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesEurope & internationalInstitutions & élections

Pierre Moscovici engage l’Allemagne à "redynamiser la croissance en Europe"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:28OuverteRéponse directe

    On est avec Pierre Moscovici, commissaire européen chargé des affaires économiques.

  • 2:41RelanceRéponse partielle

    Est-ce que le précédent gouvernement a été malhonnête avec vous ?

  • 5:23RelanceRéponse directe

    Est-ce qu'on peut changer de terme et dire qu'on a enjolivé les chiffres ?

  • 8:46OuverteRéponse directe

    Vous l'avez dit désormais il faudra faire des économies et vous approuvez le fait qu'il faille faire des économies parmi les solutions pour en faire celles présentées hier par Gérald Darmanin et ça concerne les fonctionnaires.

  • 14:50RelanceRéponse directe

    Je ne comprends pas quelles sont les recommandations et sur quoi on économise.

  • 15:37OuverteRéponse directe

    Donc vous êtes commissaire européen mais quand même parlons des situations nationales.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:35Locuteur 3Chiffre
    « Nous héritons donc d'un dérapage de plus de 8 milliards d'euros. »
  • 0:40Locuteur 3Chiffre
    « 8 milliards d'euros de promesses non financées. »
  • 1:06Invité politiqueFait
    « Ces textes financiers sont manifestement entachés d'insincérité. »
  • 2:21Locuteur 7Chiffre
    « Et il y a deux mois, nous avions dit 3%. »
  • 3:54Locuteur 7Chiffre
    « nous estimions qu'on ne serait pas à 2,8, ni même à 2,9, mais qu'on serait à 3%. »
  • 6:30Locuteur 7Promesse
    « La France s'est engagée à passer sous 3%. »
  • 11:10Locuteur 7Fait
    « La France est un pays qui a le plus grand pourcentage de la dépense publique dans le PIB dans l'Union Européenne. »
  • 19:20Invité politiqueChiffre
    « la dette publique a augmenté de 2,6 points elle se situe à 98,9% du PIB au premier trimestre. »
  • 19:56Locuteur 7Chiffre
    « le niveau moyen des déficits dans la zone euro est à 1,3% et nous nous sommes à 3,2. »
  • 20:25Locuteur 7Fait
    « l'Allemagne a un taux de chômage qui est deux fois inférieur au taux de chômage français. »

Temps de parole

  • Locuteur 768 %
  • Pierre Moscovici13 %
  • Locuteur 28 %
  • Présentateur3 %
  • Locuteur 83 %

1,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:13
Présentateur

Bienvenue à tous sur France Info. Bienvenue dans l'émission politique de France Info. On est ensemble jusqu'à 9h avec vous, Jean-Michel Apathy. Bonjour. Bonjour Fabienne. Gilles Bornstein est là également avec Guy Birenbaum. Et notre invité ce matin est commissaire européen chargé des affaires économiques.

0:26
Pierre Moscovici

Bonjour Pierre Mascovici. Bonjour. Ainsi donc, il y a un trou dans la caisse. C'est ce qu'a dit la Cour des comptes hier. Ça a d'ailleurs rendu le Premier ministre Edouard Philippe pas content du tout. On l'écoute.

0:35
Locuteur 3

Nous héritons donc d'un dérapage de plus de 8 milliards d'euros. 8 milliards d'euros de promesses non financées. 8 milliards d'euros de chèques en bois. C'est inacceptable.

0:49
Pierre Moscovici

Bon, 8 milliards d'euros de chèques en bois, on n'entend pas souvent l'expression. Il est vrai qu'on lit aussi sous la plume des magistrats de la Cour des comptes des choses qu'on ne lisait pas d'habitude. Les textes financiers soumis à l'approbation de la représentation nationale, écrivent les magistrats de la Cour des comptes, ou bien à l'examen des instances européennes, c'est-à-dire à vous Pierre Mascovici. Ces textes financiers sont manifestement entachés d'insincérité. Autrement dit, on vous a menti, et on ne doit jamais être content quand on a été victime d'un mensonge. Pierre Mascovici.

1:17
Locuteur 7

Je suis membre de la Cour des comptes, et le rapport de la Cour des comptes au début d'un quinquennat, j'ai aussi été mis en finance au début du précédent quinquennat, c'est un classique du genre, et aussi la réflexion sur l'héritage, tout ça est assez classique.

1:27
Pierre Moscovici

Vous ne pouvez pas le banaliser ce rapport-là ? Je ne m'analise pas du tout. Si, c'est ce que vous essayez de faire.

1:30
Locuteur 7

Non, je vais vous dire, je veux entrer dans les détails, y compris sur les chiffres. D'abord, première chose sur l'insincérité, ce n'est pas à moi de répondre, c'est au précédent gouvernement. Vas-y les amis, on vous a menti. La Cour des comptes dit qu'on a menti à la Commission européenne. Laissez-moi dire, l'insincérité, ça a un sens très précis dans la logique comptable, ça veut dire aussi qu'il y avait des motifs d'inconstitutionnalité, ça veut dire que le Conseil constitutionnel ne les a pas relevés, je ne veux pas entrer du tout dans ce propos-là, d'autant que je ne me sens en rien visé. Je veux juste vous dire des choses.

D'abord, la Cour des comptes avait, la Commission européenne avait elle-même alerté des risques par rapport aux finances publiques. Quand le gouvernement précédent avait dit 2,8%, c'était au moment de son avant-projet de budget, nous avions dit non, il y a des risques à la hausse, nous avions dit 2,9%, et il y a deux mois, nous avions dit 3%. Et il faut aussi rappeler que les 2,8% étaient inférieurs au seuil de 3%, et donc il y a un dérapage de 8 milliards par rapport à 2,8%, qui ne nous ont à nous jamais paru extrêmement vraisemblables. Par rapport au seuil...

2:41
Pierre Moscovici

Je vais poser la question, elle n'est pas technique la question, elle est philosophique. Est-ce que le précédent gouvernement a été malhonnête avec vous ? Ce n'est pas mon sentiment.

2:48
Locuteur 7

C'est le sentiment de la Cour des comptes. Non, ce n'est pas mon sentiment. C'est le sentiment de la Cour des comptes. Nous avons eu un dialogue avec... C'est le sentiment de la Cour des comptes, mais chacun est dans son rôle.

2:56
Locuteur 8

Non, mais vous banalisez votre propos. Le commissaire européen chargé des affaires économiques

3:00
Locuteur 7

contredit le premier président de la Cour des comptes. Vous êtes en train de créer une polémique là où il n'y en a pas. Je vais essayer d'expliquer.

3:06
Locuteur 8

Si vous dites que ce n'est pas mon sentiment.

3:07
Locuteur 7

Je vais essayer d'expliquer le rôle de chacun.

3:09
Locuteur 8

C'est Didier Migaud qui ment. Mais non.

3:11
Locuteur 7

Qui se trompe. Mais non. Mais non. La Cour des comptes, elle fait un audit ex poste. Et donc, elle constate un certain nombre de choses, et elle transforme des risques en aléas certains. Nous, nous faisons des prévisions. Et nous les faisons en dialogue avec le gouvernement. Et ce dialogue nous avait conduit, dès l'automne dernier, à estimer qu'il y avait des risques à la hausse. Ils avaient dit 2,8, nous avons dit 2,9.

Au mois de mai, donc il y a quelques semaines, nous avons corrigé en disant que, compte tenu du fait que la croissance avait été moins forte que prévu, et compte tenu de problèmes dans l'exécution du budget 2016, il ne s'agit pas du budget 2017, nous estimions qu'on ne serait pas à 2,8, ni même à 2,9, mais qu'on serait à 3%. Donc l'écart avec la Cour des comptes, il est de 0,2 points. Et avec le gouvernement précédent, il est aussi de 0,2 points. Sur ces 0,2 points, vous avez 0,1 points, qui est expliqué par une différence comptable entre la Cour des comptes et nous, qui concerne cette fameuse recapitalisation d'Areva. Nous, nous n'étions pas capables de l'intégrer dans notre prévision.

Pourquoi ? Parce qu'il fallait d'abord que l'INSEE, d'une part, et que Rostat disent comment elle allait être comptabilisée par rapport à ce qu'on appelle les critères de Maastricht. Ça fait 0,1 points. Donc nous étions, nous, en gros sur 3%, plus 0,1, là où la Cour est à 0,2, et on est par ailleurs là totalement dans l'épaisseur du trait. Et ce dialogue-là, nous l'avons eu avec le gouvernement français. Ces risques avaient été identifiés par nous.

Donc je n'ai pas le sentiment, je ne me prononce pas du point de vue de la Cour, je n'ai pas le sentiment que le dialogue que j'ai eu, avec la Commission européenne, que mes services, parce que ce n'est pas moi qui l'avais directement, était un dialogue malhonnête. Après, dans toute loi de finances, vous avez des provisions, vous avez des réserves de précautions qui sont prévues.

Et donc la Cour des comptes, elle est libre de son propos, elle le constate ex poste, Moi, dans le travail que j'ai eu avec le gouvernement français, j'ai toujours alerté sur des risques, j'ai toujours pensé que le 2,8 n'était pas réaliste, je l'ai dit, la Commission européenne l'a dit, ça figure dans ses opinions dès l'automne dernier, et ça figure dans chacune de ses prévisions. Maintenant, au-delà de la polémique, il faut traiter le problème. On va le traiter au détail.

5:23
Présentateur

Est-ce qu'on peut juste changer de terme ? Parce qu'effectivement, il n'y a pas malhonnêteté, vous dites, il n'y a pas eu de mensonges. Insincérité, c'est un terme qui est assez précis,

5:31
Locuteur 7

la Cour des comptes le revendique, elle le prend pour elle, mais je pense que c'est un terme très sérieux.

5:35
Présentateur

Est-ce qu'on peut changer de vocable et dire qu'on a enjolivé les chiffres ? C'est-à-dire que quand même, à un moment, il y a une volonté de montrer qu'on est plus haut que ce qu'on raconte.

5:43
Locuteur 7

Je comprends tout à fait, vous êtes journaliste, moi je suis commissaire européen, donc je ne suis pas dans la qualification insincérité, enjolivé, malhonnête, tout ça, ça m'est égal. Mais c'est important, parce que les uns se traitent des autres. Le gouvernement grec,

5:54
Pierre Moscovici

on les reprochait d'avoir menti. Franchement, ce n'est pas un odeur.

6:02
Locuteur 7

3,2%, la voie devrait être à 3%. On n'est pas devant la situation de la Grèce où il y avait un maquillage total, une falsification concatrice. Mais je ne me prononce pas par rapport à... Comprenez-moi, moi je ne suis pas dans le débat politique français. Je suis en train de vous parler de quelque chose de sérieux, qui est la question de traiter ces déficits. Il y a des engagements de finances publiques qui ont été pris par la France. Et mon rôle à moi, et le rôle de la Commission européenne, c'est de faire en sorte que ces engagements soient respectés. La France s'est engagée à passer sous 3%. Le vrai chiffre, c'est 3%. Ce n'est pas 2,8%. Et la question, c'est 1, vont-ils le faire ?

2, faut-il le faire ? Ou plutôt, 1, faut-il le faire ? 2, vont-ils le faire ? Est-ce qu'il faut le faire ? Oui. Parce que des engagements pris doivent être tenus. Et c'est une question de crédibilité pour la France, de crédibilité politique et de crédibilité économique. Un jour, on n'y arrive pas. Non, Michel Apathy, tout de même, vous pouvez prendre le verre à moitié plein ou à moitié vide. La France est tout près de les tenir. 3,2% à 3%, on y est presque. Et donc là, il faut y aller. Et de ce point de vue-là, j'approuve ce que dit le Premier ministre, c'est-à-dire le fait que les économies seront faites pour passer à 3%, au-dessous de 3% en 2017.

Et il faudra qu'en 2018, on soit nettement sous 2,3% pour pouvoir sortir de la procédure qu'on appelle la procédure de déficit excessif dans laquelle la France se trouve aujourd'hui. Et c'est ça qui est l'enjeu véritable en termes de politique économique.

7:29
Présentateur

Voilà, et les solutions justement, on en parle dans un instant. 8h40, Victor Maté pour l'essentiel.

7:33
Locuteur 2

A Montpellier, tout le monde l'appelait Loulou. Louis-Nicolas est mort hier à 74 ans après un malaise cardiaque. Le président, fondateur du club de foot, était connu pour son physique imposant, ses dérapages verbaux. Emmanuel Macron salue un personnage attachant qui a marqué par sa réussite et son tempérament. La photo officielle du chef de l'État dévoilée hier pose calculée des corps étudiés avec un livre et des téléphones portables sur le bureau. Et sondage au Doxa ce matin pour France Info. Deux personnes interrogées sur trois approuvent de façon générale la mise en scène de la communication présidentielle.

Du statut de témoin à celui de suspect, Muriel Bolle mis en examen pour enlèvement suivi de mort et placé en détention provisoire dans l'enquête sur la disparition du petit Grégory Villemin en octobre 84. Muriel Bolle, 15 ans à l'époque des faits, avait accusé son beau-frère avant de se rétracter à un récent témoignage qu'aient douté les enquêteurs de sa version des faits. Le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, s'associe à l'émotion de la communauté musulmane et la soeur de son soutien après l'interpellation d'un homme hier soir à Créteil près de Paris. Il a tenté de foncer sur la foule près d'une mosquée. Il n'y a pas eu de blessés.

8:42
Présentateur

France Info. C'est Pierre Moscovici qui est avec nous ce matin sur France Info dans l'émission politique question Gilles Bernstein.

8:46
Locuteur 8

Alors vous l'avez dit désormais il faudra faire des économies et vous approuvez le fait qu'il faille faire des économies parmi les solutions pour en faire celles présentées hier pendant le 20h de France 2 par Gérald Darmanin et ça concerne les fonctionnaires. On écoute le ministre des comptes publics.

9:02
Locuteur 4

Je peux vous dire qu'il n'y aura pas d'augmentation du point d'indice pour les agents de la fonction publique. Il reste gelé. Voilà et je pense qu'il faut prendre des mesures d'économie fortes pour expliquer aux français que ces mesures d'économie chacun peut le comprendre ça évitera des augmentations d'impôts.

9:14
Locuteur 7

Bonne idée. Alors quels que soient les objectifs que vous pouvez accoler au budget insincère malhonnête tout ce que vous voulez il y a un fait c'est qu'il y a 0,2 points au dessus de 3% et que ceci doit être trouvé à travers des économies puisque le gouvernement a choisi de ne pas faire de projet de loi de finances avec des impôts supplémentaires ce qui me paraît tout à fait pertinent. Comment le faire ? Ce n'est pas à moi de dire au gouvernement français sur quoi il doit faire des économies. Ce qu'il faut c'est que ces économies soient en effet suffisamment fortes et suffisamment claires pour qu'on puisse trouver au moins 4 milliards. C'est ça le vrai chiffre.

Parce qu'entre 2,8 et 3,2 vous avez 8 milliards

9:57
Locuteur 8

ce qui veut dire

9:58
Locuteur 7

que vous avez pour passer en dessous de 3% 4 milliards et si possible un peu plus parce que sous 3% c'est sous 3%. 2,9 quelque chose. Bon. Comment le faire ? Ça vous ne voulez pas commenter ce que dit M. Le Manin ? C'est la politique intérieure. La Commission européenne n'est pas là pour dicter au gouvernement leur choix. Elle est là pour fixer des cadres et pour faire respecter des règles. Dès lors que la règle est respectée c'est au gouvernement de choisir librement ses moyens. Mais il y a une réflexion qu'on peut avoir à partir de ça.

Quand vous avez des économies à faire en cours d'année de manière assez logique vous vous attaquez à des mesures qui sont décidées mais dont l'impact n'a pas encore été comptabilisé. Et donc c'est ce qu'ils font là.

Mais pour la suite pour 2018 et pour les années qui viennent il faut revoir assez profondément et la Cour le dit de manière précise la gouvernance des finances publiques et avoir non plus la méthode qu'on appelle la méthode du rabot c'est-à-dire la coupe des dépenses mais essayer de procéder de manière plus intelligente c'est-à-dire de manière stratégique et jouer notamment sur une dimension qui est fondamentale qui n'est pas seulement la quantité de la dépense publique mais qui est la qualité de la dépense publique. Toute dépense publique ne vaut pas une autre dépense publique.

La France est un pays qui a le plus grand pourcentage de la dépense publique dans le PIB dans l'Union Européenne il va falloir quelque chose comme 56 à 57%. Donc nous ne sommes pas un pays qui est paupérisé du point de vue de ses services publics et heureusement

11:22
Pierre Moscovici

du moins du moins la dépense publique est importante après l'état des services publics c'est autre chose

11:27
Locuteur 7

d'accord Quand vous avez une dépense publique importante c'est que c'est quand même un état des collectivités locales qui donne beaucoup de crédit à ces services publics après vous avez raison il faut privilégier la qualité et on peut faire de la qualité de l'efficacité de certains services publics sans faire plus de dépenses et par ailleurs il faut prioriser les dépenses publiques qui contribuent notamment à l'investissement parce que l'investissement c'est l'avenir du pays et parce que l'investissement c'est ce qui contribue le plus à la croissance La question est celle

11:56
Pierre Moscovici

de la confiance parce que des gouvernements qui se sont engagés à être au 3% il y en a eu plein depuis 2002 l'euro est entré en vigueur en 2002 dans la poche des français donc il y en a eu plein aucun engagement n'a été respecté on note que pendant la campagne présidentielle Emmanuel Macron a promis de faire des dépenses pas des économies mais des dépenses des recrutements de policiers l'augmentation du budget de la défense le service militaire d'un mois le service militaire d'un mois il y a des programmes de dépenses prévues pour faire des économies d'énergie dans l'habitat donc tout ça on a vu la colonne dépense la colonne donc du coup comment vous pouvez avoir confiance la diplomatie vous permet de contourner tous les problèmes mais il y a quand même un problème d'engagement on vous a menti on a menti à la commission européenne la France a menti à la commission européenne pendant des années comment vous pouvez croire cette fois que les engagements seront tenus

12:45
Locuteur 7

à un moment on est dans le nouveau monde de Pierre-Moscou il faut se dire les choses la thématique du mensonge n'est pas une thématique qui me plaît mais alors attendez je vais quand même vous lire ce que dit mais pardonnez-moi est-ce que je peux dire deux phrases là-dessus

12:57
Locuteur 8

comment appelez-vous des sous-budgétisations récurrentes et connues au moment où ils sont décidés est-ce que je peux

13:03
Locuteur 7

finir ma phrase je n'aime pas la thématique du mensonge parce que la commission européenne a eu avec ce gouvernement comme elle avait avec le précédent gouvernement dans lequel j'étais ministre des finances des confrontations nous donnions nos analyses nous évaluions nos risques on nous répondait et après le gouvernement français prenait ses responsabilités qu'il y ait eu ensuite des dépassements c'est incontestable donc ne soyons pas dans l'ex du mensonge parce que je pense qu'il ne faut pas jeter le discrédit sur tous ceux qui sont les acteurs publics ensuite une fois qu'on a dit ça vous me demandez quel est mon état d'esprit quand je travaille avec Emmanuel Macron que j'ai déjà rencontré que je vais rencontrer à nouveau avec ses ministres Bruno Le Maire Gérald Darlin avec d'autres ministres encore c'est un état d'esprit de confiance c'est un état d'esprit d'exigence exigence parce que la France est tout près tout de même c'est une autre façon de dire les choses des 3% parce qu'elle peut le faire comme disait l'autre parce qu'elle doit le faire et je suis convaincu qu'elle va le faire et nous allons poursuivre avec le gouvernement français avec le président de la république un dialogue qui sera confiant parce que c'est de l'intérêt du pays de passer en dessous de 3% parce que c'est de l'intérêt de la France de sortir de la procédure de déficit excessif parce que c'est une question de crédibilité économique et politique parce que la France son rôle c'est d'être leader en Europe et de ne pas être dans le wagon de queue vous savez qu'il ne reste que deux pays en Europe qui sont l'Espagne et la France et l'Espagne où j'étais la semaine dernière va en sortir en 2018 la France doit le faire je suis convaincu qu'elle le fera et en même temps exigence pourquoi exigence parce que ça n'est pas simple et qu'il faudra en effet qu'à côté des dépenses et c'est logique qu'il y ait des dépenses qu'il y ait une ambition qu'il y ait une politique qu'il y ait un programme qu'il y ait un projet il y ait une nouvelle façon on parle du Nouveau Monde de gouverner les finances publiques qui permettent d'avoir des économies structurelles et intelligentes

14:50
Locuteur 10

moi je n'ai pas compris je ne comprends pas je ne vois pas quelles sont les recommandations et sur quoi on économise c'est ça que je n'arrive pas à comprendre nous encore une fois

14:58
Locuteur 7

nous ne sommes pas là je sais bien

14:59
Locuteur 10

mais vous avez bien une idée il y a rien de la France

15:00
Locuteur 7

je pourrais avoir plein d'idées j'ai été ministre des finances de ce pays ça ne m'a pas échappé je suis un homme politique mais ça n'est pas la question si la commission européenne venait soulever le capot du budget français et dire au gouvernement vous devez faire ci vous devez faire ça à ce moment là ceux qui nous écoutent diraient mais comment vous prenez pour le gouvernement vous êtes une espèce de super bureaucratie de super technocratie non je suis là pour faire respecter des règles pour le faire respecter avec intelligence dans le dialogue avec le gouvernement avec des convictions des incitations sans sanctions je ne suis pas du tout dans cette logique là mais je ne suis pas là pour décider à la place du gouvernement sinon je ne serais pas dans mon rôle

15:37
Pierre Moscovici

bien sûr donc vous êtes commissaire européen mais quand même parlons des situations nationales l'Allemagne débat actuellement de l'utilisation de ces excédents budgétaires alors que la France est empêtrée dans des déficits qui même si on est en dessous de 3% demeurent importants est-ce que ces problèmes là ces divergences là peuvent nuire à la relation entre les deux pays et donc à la solidité de l'euro ça c'est votre responsabilité

15:57
Locuteur 7

oui absolument je pense que chaque pays doit s'attaquer à ses propres déséquilibres la France ces déséquilibres sont connus déficit budgétaire il faut passer sous 3% en 2018 et sortir de la France

16:09
Locuteur 8

l'Allemagne doit dépenser plus

16:10
Locuteur 7

et la France elle et l'Allemagne elle a des problèmes d'excédents excédents budgétaires mais surtout excédents il y a des surplus extérieurs il y a des surplus extérieurs nous nous sommes à la France 50 milliards de déficit la France et à 250 milliards d'euros d'excédents et j'estime ils réussissent trop bien les Allemagne j'estime que l'Allemagne a de la marge de manœuvre pour investir davantage pour le compte d'abord de ses propres services publics de ses propres infrastructures qui connaissent des manques et aussi pour le compte de l'Union Européenne pour le compte de la zone euro et c'est la raison précise pour laquelle au moment je vois la photo d'Angela Merkel et d'Emmanuel Macron au moment où le couple franco-allemand part de l'avant pour relancer la zone euro il est important que chacun fasse ses efforts je crois que si la France est exemplaire et crédible d'un côté et si l'Allemagne accepte de jouer son rôle pour une redynamisation de la croissance en Europe alors l'Europe peut avoir des couleurs beaucoup plus belles c'est ce que je souhaite et c'est la raison précise c'est ça le vrai sens quand on nous dit pourquoi 3% est-ce que c'est arbitraire non c'est pas arbitraire parce que 1- il s'agit de désendetter le pays et 2- il s'agit de lui donner un crédit qui permet à l'Europe entière d'aller de l'avant mais franchement

17:22
Locuteur 8

vous dites ce que vous voulez là aux Allemands Angela Merkel et à Wolfgang Schaublé ils font exactement ce qu'ils veulent et ça les perturbe pas trop vos recommandations

17:30
Locuteur 7

je pense qu'ils sont très sensibles à ce qui se passe en France et je pense qu'ils ne sont pas sourds au fait que non seulement nous la commission européenne mais aussi le fonds monétaire international l'OCDE la banque mondiale et même la banque centrale européenne disent tous qu'il faut réduire les déséquilibres macroéconomiques en Europe et qu'il y a des déséquilibres dans des pays qui sont en déficit ceux-ci doivent s'y attaquer mais aussi les déséquilibres dans les pays qui sont en excédent c'est le cas de l'Allemagne et des Pays-Bas en particulier et je passe ce message ici mais simplement pour pouvoir obtenir cette contrepartie de plus d'investissement en Allemagne il est indispensable que la France fasse son travail à domicile

18:07
Présentateur

et la suite de cette discussion dans une minute s'il est 8h50 et une Vix-tour-Matte c'était pour l'essentiel

18:11
Locuteur 2

Avec cette question quel avenir pour les 277 salariés de GM&S le tribunal de commerce de Poitiers doit se prononcer dans la matinée la piste d'une liquidation judiciaire avec poursuite de l'activité semble désormais privilégiée puisque l'offre de reprise partielle du concurrent GMD sera examinée par la justice plus tard c'est ce qu'annonce l'avocat du comité d'entreprise de GM&S ses sorties ses dérapages son physique et son accent auront marqué l'histoire du foot français le président du club de Montpellier Louis-Nicolin est mort hier à l'âge de 74 ans un malaise dans un restaurant nîmois le jour même de son anniversaire elle avait 15 ans en 1984 au moment de ses premières déclarations version des faits désormais contestée par les enquêteurs Muriel Bolle est mise en examen pour enlèvement suivi de mort et placé en détention provisoire dans l'enquête sur la disparition du petit Grégory et puis cet appel urgent au don du sang il manque 20 000 poches pour faire face aux besoins des malades cet été c'est ce que dit l'établissement français du sang

19:07
Présentateur

France Info on est avec Pierre Moscovici jusqu'à 9h ce matin sur France Info Jean-Michel Apathy

19:14
Pierre Moscovici

alors l'INSEE annonce des chiffres à l'instant qui vont nourrir votre réflexion Pierre Moscovici la dette publique a augmenté de 2,6 points elle se situe à 98,9% du PIB au premier trimestre donc elle continue d'augmenter et elle a franchi la barre des 2200 milliards donc il est temps de faire quelque chose c'est ça ?

19:30
Locuteur 7

c'est QFD c'est la raison précise pour laquelle on ne peut pas continuer à accumuler les déficits les déficits qui s'accumulent c'est de la dette en plus la dette en plus c'est du service de la dette c'est-à-dire du remboursement de la dette en plus chaque euro qu'on consacre à rembourser de la dette c'est un euro en moins pour de l'éducation de la culture de la justice de la sécurité ou de l'économie et voilà la raison pour laquelle la France ne peut pas rester le seul pays d'Europe en procédant de déficit excessif est-ce que vous savez que le niveau moyen des déficits dans la zone euro est à 1,3% et nous nous sommes à 3,2 et ça n'est pas raisonnable d'y rester ça n'est pas intelligent d'y rester il y a des gens qui disent il faut faire une relance budgétaire non si la relance budgétaire était équivalente à de la croissance ça se saurait la France est le pays qui a les déficits un des pays qui a les déficits les plus élevés dans la zone euro ce n'est pas le pays qui a la croissance la plus élevée l'Allemagne a une croissance plus élevée avec des excédents budgétaires l'Allemagne a un taux de chômage qui est deux fois inférieur au taux de chômage français et donc faire l'équivalence entre plus de déficit et plus de croissance et plus d'emploi ça n'est pas intelligent il faut réduire la dette mais il faut le faire de manière intelligente et encore une fois mon message c'est celui-là privilégions une réduction par la qualité de la dépense publique faisons des politiques d'économie intelligente en France

20:47
Pierre Moscovici

politique intérieure on va en parler un petit peu la photo officielle d'Emmanuel Macron a été publiée hier on le voit appuyé de dos sur son bureau drapeau français drapeau européen je ne posais pas de commentaires particuliers j'imagine à faire là-dessus mais je voudrais vous faire écouter Emmanuel Macron on a retrouvé en son une déclaration d'Emmanuel Macron c'était le 28 mars dernier il est en campagne électorale et il théorise la fonction présidentielle et il la théorise en des termes qui ne ressemblent pas tout à fait à la pratique qui est la sienne depuis le 14 mai on l'écoute

21:13
Locuteur 1

il faut en finir avec en quelque sorte un président qui serait responsable de tout aujourd'hui nous sommes dans un régime où une forme d'irresponsabilité politique ministérielle s'est installée s'y est substituée une forme d'hyper responsabilité du président de la république ce n'est ni le sens de nos institutions ni ce qui permet dans la durée de redresser notre pays

21:38
Pierre Moscovici

ça c'est cocasse non ? pour quelqu'un qui va aller au congrès à Versailles lundi c'est un peu cocasse d'entendre Emmanuel Macron dire non à l'hyper président

21:46
Locuteur 7

vous avez eu une séquence qui s'est déroulée avec l'élection présidentielle d'abord l'élection législative ensuite l'élection d'un gouvernement la deuxième gouvernement maintenant on entre dans le dur c'est à dire dans l'action et avant de juger de la manière dont les pouvoirs se déploient regardons-les fonctionner et par exemple ça vous fait un peu sourire quand même vous ne voulez pas dire

22:05
Pierre Moscovici

c'est cocasse d'entendre dire non à l'hyper président on voit bien que vous souriez quand même

22:09
Locuteur 7

on le voit à l'image j'en parlais de finances publiques depuis 20 minutes ça ne fait pas sourire non mais ce qui est important c'est de voir comment vont s'articuler le discours du président de la république et le discours du premier ministre est-ce que le discours du président de la république sera un discours de sens avec de la hauteur qui donne un cap et est-ce que le discours du premier ministre sera à ce moment-là un discours beaucoup plus précis il y a des chances qui donne un problème si c'est ça ça n'est pas totalement contradictoire avec ce qui vient d'être dit

22:35
Pierre Moscovici

pas totalement vous avez un sens de la diplomatie qui vous honore Pierre Moscovici il est mort le parti socialiste mais pas en bonne santé

22:41
Locuteur 7

mais je pense qu'il reste moi je ne crois pas à la fin du clivage gauche-droite je pense qu'il reste une place en France pour une gauche qui soit à la fois vraiment à gauche qui soit réformiste qui soit européenne parce que ça c'est tout à fait important je pense que le parti socialiste il faudra faire l'analyse de ce qui s'est passé pendant ce quinquennat j'y contribuerai à ma place parce que ça continue de m'intéresser ce sera quoi votre place ?

ma place ce sera d'écrire un livre là-dessus et puis d'une réflexion j'ai plus l'âge de participer à des appareils politiques je n'ai plus l'envie je l'ai fait pendant très longtemps mais je reste un social-démocrate et je pense qu'il y a une place pour la social-démocratie en France comme partout en Europe mais pour ça on sait ce qu'il faut éviter il faut éviter les règlements de comptes il faut éviter les messes c'est mal parti je ne dis pas que ce soit bien parti il faut éviter les dérives la dérive gauchiste il faut éviter de perdre le sens de ce qu'on est c'est-à-dire il faut rester un parti de gauche il faut faire la place à de nouvelles générations mais aussi savoir écouter des plus sages il faut se remettre au travail il faut d'abord repartir par les idées et par la pensée si les socialistes font tout ça ils ont des talents ils ont un patrimoine ils ont une histoire ils ont une culture ils représentent une philosophie et ils ont leur place dans l'avenir du pays donc est-ce que le parti socialiste est mort ?

non s'il l'est vous en restez membre

23:58
Locuteur 8

vous restez au parti socialiste je suis membre du parti socialiste

24:02
Locuteur 7

je paye encore ma cotisation ça fait longtemps je dois dire que je n'ai pas été dans une section du parti socialiste simplement parce que je suis à Bruxelles je suis membre du parti socialiste je suis membre aussi du parti socialiste européen et je pense qu'il y a une dimension fondamentale pour les socialistes ils ne doivent pas oublier que le socialisme contribue à l'Europe et qu'on a besoin d'une Europe qui soit capable de réduire fondamentalement les inégalités le grand problème c'est comment penser les inégalités dans le monde de demain et là-dessus on a besoin de socialistes

24:29
Pierre Moscovici

sur l'Europe juste un petit passage Jean-Luc Mélenchon découvrait le drapeau européen dans l'hémicycle français en entrant mardi dernier à l'Assemblée Nationale écoutez-le et franchement on est obligé de supporter ça

24:41
Locuteur 5

non mais attends c'est la République Française ici c'est pas la Vierge Marie je ne comprends pas ce truc il n'y a pas qu'on se bouge alors ça c'est le drapeau européen

24:58
Locuteur 7

vous savez quand vous avez votre passeport vous êtes citoyen français vous êtes citoyen européen la France sans l'Europe elle est faible et l'Europe sans la France elle n'avance pas et donc opposer la France et l'Europe c'est une attitude que je considère comme scandaleuse et je l'ajoute assez stupide et totalement démagogique et de ce point de vue là le fait que sur la photo du président de la République il y a le drapeau français et le drapeau européen je dis oui je dis oui je ne recommande pas la photo mais ça ça me paraît bien et de ce point de vue là ce que fait Emmanuel Macron l'optimisme qu'il tente d'influsser l'Europe j'approuve merci Pierre Moscovici d'avoir accepté l'invitation de France Info

25:32
Présentateur

et bon week-end à tous on se retrouve lundi merci

25:35
Locuteur

merci merci