Erasmus étendu au Maghreb : François-Xavier Bellamy dénonce une folie et une trahison
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:00OuverteRéponse directe
Comment avez-vous réagi à l'annonce de l'extension d'Erasmus au Maghreb ?
- 10:02OuverteRéponse partielle
Vous vous isolez au sein du PPE sur ce sujet ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:42François-Xavier BellamyFait
« c'est évidemment une folie »
- 2:11François-Xavier BellamyFait
« Erasmus, c'est le programme qui permet à des jeunes issus d'un pays européen de découvrir un autre pays européen »
- 3:39François-Xavier BellamyFait
« la Commission européenne a choisi de suspendre des universités hongroises du programme Erasmus parce qu'elle considère que le gouvernement hongrois ne respecte pas assez l'état de droit »
- 5:03François-Xavier BellamyChiffre
« l'immigration étudiante est devenue l'une des premières motivations de délivrance d'un premier titre de séjour en France »
Temps de parole
- ?100 %
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Ben déjà, merci beaucoup euh François Xavier Babit de nous recevoir ici dans votre bureau à Bruxelles. Il y a un dossier sur lequel vous vous êtes positionné euh très euh récemment et en fait qu'on voyait pas du tout venir nous depuis euh le plan national, c'est euh ce pacte pour la Méditerranée donc qui a mené euh à une proposition qui serait d'étendre le programme Erasmus à en fait des pays qui sont dans tout le Maghreb et dans tout le proche Orient. Déjà, vous comment vous avez appris ça et quel a été votre premier sentiment en apprendant cette proposition ? Et bien, on l'a appris comme tout le monde au moment où la commission a rendu publique ce pacte pour la Méditerranée et notre première réaction est de penser que c'est évidemment une folie, qu'il
faille trouver des moyens de coopérer de façon loyale, respectueuse, exigeante avec les pays qui entourent la Méditerranée. C'est évidemment une nécessité. Euh notre but n'est pas de rompre les relations diplomatiques avec tous les pays que nous avons évoqué dans dans cette pétition. Mais une chose est la diplomatie, une autre est la politique universitaire. On peut pas mélanger les deux et surtout on ne peut évidemment pas faire comme si il était neutre ou anodin d'inclure dans Erasmus des pays qui sont totalement instables comme la Libye, qui sont menacés par l'islamisme comme la Syrie euh ou bien évidemment les territoires palestiniens, voir des pays qui sont ouvertement
hostiles aux intérêts d'État européens importants. Je pense bien sûr à l'Algérie. Quand l'Algérie refuse aujourd'hui de reprendre ses ressortissants qui sont en situation irrégulière sur le seul français, comment comprendre comment comprendre que la commission impose de délivrer plus de visas à un pays comme celui-là ? Ce qui est assez surprenant, je pense pour tout le monde, c'est que Erasmus, c'était le symbole de tout ce qui marchait bien en dans l'Union européenne, justement le symbole d'une réussite réelle parce que pour le coup, ça a permis à des millions d'étudiants de bénéficier de tel programme. Qu'est-ce que ça signifie que même ça ça tombe à la dérive ? Bah d'abord, ça n'est pas fait et on va s'opposer à ce projet. Je crois qu'on a le devoir de
protéger cette réussite. Erasmus, c'est le programme qui permet à des jeunes issus d'un pays européen de découvrir un autre pays européen pendant le cours de leurs études. est un programme européen et le but est de créer une plus grande conscience commune de ce qui fait nos liens de civilisation, de culture, nos liens qui passent précisément par le monde universitaire, par le monde académique, mais justement ce sont ces principes universitaires, ce sont ces ces valeurs de civilisation qui sont aujourd'hui en danger. Parce que si nous intégrons des acteurs universitaires de ces pays dont nous parlons à nos propres programme, alors comment ne pas voir que nous commettons une forme de trahison contre les valeurs fondamentales ? Il
suffit de se souvenir que la Commission européenne a choisi de suspendre des universités hongroises du programme Erasmus parce qu'elle considère que le gouvernement hongrois ne respecte pas assez l'état de droit. Et alors maintenant, on voudrait nous faire intégrer les territoires palestiniens. Oui, c'est j'is vous poser. C'est vrai que à ce niveau-là, on voit que quand même, on parle des territoires palestins, de la Libye, de la Syrie. Enfin, comment est-ce qu'on peut pas avoir un de poids de mesure gigantesque face à, on va dire, une forme de de valeur très conservatrice portée par la Hongrie, mais quand on les compare en fait aux valeurs portées par exemple Mohamed Al Shara, ça paraît presque dérisoire. Mais c'est stupéfiant que la commission envoie aujourd'hui ce message
qu'elle considère que la démocratie est plus respectée à Damas qu'à Budabest. C'est évidemment absolument intenable. Donc on on encore une fois on va s'opposer à ce à ce ce projet d'abord parce que cette dimension presque symbolique mais les symboles comptes est importante, mais aussi parce que très concrètement ce serait une catastrophe absolue dans la mise en œuvre. Une catastrophe pour nos universités. et je pense que tous les Français le savent. Aujourd'hui, le monde universitaire dont je viens est en très grand danger parce qu'il est en très grande difficulté. C'est pas en faisant venir des milliers des dizaines de milliers d'étudiants supplémentaires de ces pays du monde qui par ailleurs, reconnaissons-le, les étudiants étrangers qui viennent de de
euh des pays dont nous parlons sont déjà ceux qui sont le plus sujets à l'échec en première année de de de licence dans nos universités françaises. que on voit bien que ça ne peut pas être pour leur réussite, ça ne peut être que pour rendre plus difficile encore et plus précaire l'expérience des étudiants français dans les universités françaises. Et le le le deuxième point, c'est bien sûr la dimension migratoire de ce de ce de ce sujet qui est fondamental. C'est encore un tabou un petit peu la question d'immigration étudiante parce qu'on sait pas exactement comment traiter ce sujet. à côté, c'est évidemment heureux pour le rayonnement de la France et de l'Europe que puisse y avoir des militants enfin des des étudiants pardon du monde entier qui puissent venir. D'un autre côté, euh
est-ce que aujourd'hui un tel programme en tel Erasmus ou alors déjà les partenariats qui existent pourraient créer une nouvelle filière d'immigration ? En fait, bien sûr, l'immigration étudiante est devenue l'une des premières motivations de délivrance d'un premier titre de séjour en France au cours des dernières années avec une augmentation spectaculaire. Euh et nous savons bien que cette immigration étudiante est pour une part non négligeable en fait une filière d'immigration illégale. Il y a deux manières d'être un un migrant illégal en Europe. La première façon, c'est d'arriver illégalement, de rentrer. C'est c'est évidemment ce que proposent les passeurs qui qui qui prospèrent sur les routes de l'immigration irrégulière vers l'espace
européen. Mais la deuxième manière d'être un immigrant illégal en Europe, c'est d'être arrivé légalement avec un titre de séjour et de rester au-delà de l'expiration du titre concerné. Je je suis actuellement en train de négocier, j'arrive tout juste d'une réunion pour travailler sur le le futur règlement retour euh qui concerne les expulsion et aujourd'hui c'est un sujet de préoccupation majeure celui de ce qu'on appelle dans l'anglais de Poell le cas des overstayers des gens qui restent au-delà de leur de leur séjour légal légalement autorisé. Euh donc si vous mettez tout à plat, l'une des raisons qui fait que on ne parvient pas à expulser des personnes qui sont restées au-delà de l'expiration de leur type de
séjour, c'est par exemple le refus de coopération des pays de départ. Si vous êtes aujourd'hui un ressortissant algérien, que vous arrivez en France avec un titre de séjour étudiant et que d'ailleurs la diplomatie française se targue d'augmenter de manière massive et qu'ensuite à l'expiration de votre titre de séjour, vous ne rentrez pas chez vous, personne ne pourra vous y reconduire dans la configuration actuelle où l'Algérie ne coopère pas sur le plan migratoire. Donc on est en train en fait de de d'assister à l'organisation d'une nouvelle filière d'immigration irrégulière massive par la Commission européenne. Et justement, est-ce que ce qu'on se dit c'est que dans un tel contexte notamment pour l'Algérie et la France, c'est un très bon exemple dans le fond, mais comment
on peut être suffisamment déconnecté pour proposer une telle une telle idée de façon c'est qu'on a l'impression que en fait ça semble tellement évident pour beaucoup de Français mais même beaucoup de d'étudiants de membres d'université que ça ne peut pas fonctionner. On se demande en fait à partir de quel moment on peut avoir cette idéelà et la proposer sérieusement quelque part. Vous avez raison de me le dire. Je pense que un tel projet n'est pas seulement un problème, c'est aussi un symptôme et le symptôme d'un problème bien plus profond qui tient, me semble-t-il à deux à deux raisons principales. La première raison, c'est une espèce de naïveté qui est malheureusement toujours au cœur de bien des politiques européennes. Les Européens ont construit l'Union
européenne avec des programmes comme Erasmus pour créer des échanges, pour créer des relations, pour créer de l'interdépendance et ils ont le sentiment qu'il suffirait maintenant d'exporter ce modèle au fond avec une forme de dénialité sur la nature même des enjeux sécuritaires, politiques, géopolitiques auquels nous sommes confrontés. cette naïveté est le problème fondamental et il faut réussir à enfin y mettre un terme. Et la deuxième raison, me semble-t-il, c'est une forme de pour le coup de de calcul assez assez matérialiste qui consiste à croire que nous allons résoudre les problèmes de notre marché du travail en important des personnes qui viendront travailler d'ailleurs.
Derrière le programme Erasmus et la commission le dit de manière totalement explicite, derrière l'inclusion de ces pays dans le programme Erasmus, il y a espèt-elle un vivier de talents qui viendront travailler dans nos entreprises pour remplacer la main d'œuvre qui leur manque, qui leur manque pour des raisons démographiques. D'abord parce que le vieillissement de la population européenne est un immense sujet pour l'économie de nos pays mais qui leur manque aussi à cause des problèmes structurels de nos marchés du travail. Et la France de ce point de vue là est un cas d'école. Quand vous avez une situation, vous avez plus de 3 millions de chômeurs au sens de pôle emploi en France et le premier problème de l'économie française, c'est les besoins en recrutement non pourvu la Banque de
France. Ça veut dire qu'il faut déjà commencer par reconduire vers l'emploi tout ce qu'il devrait s'y trouver, tous les actifs qui sont aujourd'hui au chômage et qui restent durablement alors même qu'il a tant de postes disponibles qui attendent de trouver preneur. Même si on voulait élargir, on pourrait rappeler qu'il y a pratiquement 300000 étudiants en sciences humaines et sociologies en France qui est une des plus importantes prières et qui correspond pas nécessairement, on va dire, au besoins français. Euh je voudrais peut-être en fait ce programme enfin cette idée est proposée par la Commission européenne, vous l'avez rappelé. Euh le PPE, donc le parti dans lequel vous êtes, au Parlement européen historiquement est quand même, on va dire dans ce qu'on pourrait qualifier
d'une droite d'une coalition banque de la coalition principale. Euh on a l'impression que vous personnellement avec Célinear et avec une bonne partie de votre groupe, vous avez quand même de plus en plus de divergence avec la Commission européenne et même que vous démarquez de plus en plus de votre parti, le PPE presque. ou par exemple, je vais prendre l'exemple de la censure contre la matériel que vous avez voté contrairement à la grande majorité de votre groupe. Est-ce que vous sentez pas un peu isolé au sein de votre propre groupe ? Euh non, le le cœur du travail européen, c'est le combat quotidien pour faire entendre les priorités que nos électeurs attendent pour l'avenir du continent et de nos
pays. Euh je je crois pas un seul instant euh que l'Europe soit autre chose que cela et je crois pas d'ailleurs de ce point de vue-là qu'aucun député français dans aucun groupe politique ne soit 100 % d'accord avec tout ce que pensent ces alliés. dans chacun des des groupes auxquels nos collègues appartiennent. Euh on va prendre aujourd'hui les grands débats qui traversent le Parlement européen. La semaine prochaine, on aura l'occasion d'une discussion sur le Mercosour. Euh sur le Mercosour, nos collègues socialistes sont hostiles au Mercosour, mais leur groupe sera majoritairement favorable. Euh il y a des écologistes en Allemagne dans les pays nordiques qui votent pour le Mercosour. Il y a des alliés du rassemblement national qui votent pour
le Mercosour pour une raison assez simple, c'est que chaque pays ici vient défendre ses intérêts et c'est parfaitement normal. Le miracle de l'Europe, c'est pas que nos pays n'aient plus d'intérêt divergent, mais c'est que quand nous avons des intérêts divergents, nous réglons nos problèmes avec des négociations parfois très rudes, avec des combats menés pied à pied sur les sur les les votes que nous devons faire plutôt que par des des des bayonnettes et des tranchées. Tant mieux, il vaut mieux ça. Mais mais je crois qu'il faudrait surtout pas céder à une forme d'irénisme totalement abstrait et croire que l'Europe est autre chose qu'un lieu où les pays viennent tenter de faire entendre leur voix. Et moi, je suis au Parlement européen pour faire entendre la voix des Français. Alors, ça
fait qu'effectivement sur bien des sujets, je me retrouve en contradiction avec euh des des des collègues parfois de mon propre groupe et et c'est normal et ce que comprends presque c'est que ça veut dire ça veut dire que la France est de plus en plus isolée au sein de l'Union européenne, de plus en plus en opposition avec les autres pays, même si on compte dans les parties de même dans les parties de de droite ou ou du du centre, en fait, on voit à ce moment-là que peut-être avec le mercur avec la censure de madame Darli est-ce que ça veut dire que c'est lui en qui va être de plus en plus dans des intérêts qui sont éloignés de ce de la France ? Je pense qu'aujourd'hui la France a de plus en plus de mal à se faire entendre
parce que la crise politique qu'elle traverse, la crise économique, la crise budgétaire, les fragilités intérieures de notre pays que nous connaissons bien font que la France aujourd'hui et c'est un problème pour toute l'Europe, n'a plus une voix forte, crédible, respectée sur la scène européenne. Vous le ressentez directement au Parlement européen ça ? Bien sûr, évidemment tous les jours et même dans la parole de collègues qui parfois me disent venus d'autres pays, on aurait besoin que la France soit plus forte pour recréer un équilibre européen. C'est pas sain pour l'Europe que la France soit affaiblie, mais c'est la vérité. Alors, il y a beaucoup de sujets sur lesquels les choses vont dans la bonne direction et c'est précisément parce que nous sommes au cœur du travail
européen et c'est parce que nous sommes au cœur du PPE que nous pouvons porter des évolutions qui sont absolument indispensables. On a voté il y a quelques semaines un texte que j'ai porté parce qu'au PPE, j'ai pu hériter de ce sujet un texte sur l'industrie de défense en Europe qui est la première fois que l'Union européenne va subventionner concrètement des achats de matériel de défense si ils ont été produits en Europe. Ça c'est ce que la France porte depuis toujours. J'allais dire depuis plusieurs siècles, ça date même pas de l'Union européenne, ce sentiment que nous avons le devoir de ne pas être dépendant comme le repla aujourd'hui de force extérieure pour garantir notre propre sécurité, pour défendre la souveraineté de nos États. C'était un combat très rude et on a
gagné cette bataille. Maintenant, je suis engagé sur la bataille d'après qui est celle de ce règlement retour pour garantir la protection de nos pays contre l'immigration irrégulière. Je pense que là aussi on va gagner cette bataille et que de l'impuissance actuelle, on va pouvoir enfin rendre à nos états les moyens d'agir concrètement pour expulser ceux qui n'ont rien à faire sur notre sol. Tout ça, c'est le combat quotidien que je mène ici. Mais mais ceux qui vous feront croire que l'Europe est autre chose que ce combat quotidien sont soit dans dans le démi, soit confortablement installé dans une forme de paresse. Ça n'est pas mon cas. On travaille matin, midi et soir mais mais précisément pour mener ce combat difficile et et c'est ce combat, j'en suis sûr qu'on gagnera et c'est le sens
de la pétition qu'on a lancé avec Sini Mar sur le sujet d'Erasmus. Moi je suis convaincu qu'on peut faire reculer la commission. On le peut d'autant plus précisément qu'en étant au sein du PPE, on a une vraie force de de de levier sur sur cette Commission européenne parce que nous sommes le premier groupe au Parlement européen et que quand nous porterons cette pétition avec les dizaines de milliers de signataires qui nous ont aujourd'hui rejoint auprès de la Commission européenne et de la vice-présidente qui porte ce projet qui est allié d'Emmanuel Macron qui fait partie du groupe RNU quand nous lui porterons cette pétition je ne doute pas que que nous aurons les moyens de de faire obstacle à ce projet pour sur ce message d'poir. Merci beaucoup François, merci à
François-Xavier Bellamy