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interviewFrance Culture — Le Temps du débat· 16 mars 2026 38 min

Municipales : quelles stratégies et alliances pour le second tour ?

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

France Culture, question du soir. Quentin l'a fait. Ils ont jusqu'à 18h demain pour déposer leur liste en vue du second tour des élections municipales. Un temps court, réduit et plus que quelques jours donc de campagne. Alors regardons justement en direction de dimanche prochain quand les Français, pas tous, car 93% des communes de France connaissent déjà leur prochain maire, seront rappelés aux urnes. Quelle stratégie des appareils, des figures locales pour ce second tour ? Quelles alliances aussi ? Quels choix et quels renoncements ? C'est Shakespearean comme présentation, mais donc trois invités Shakespearean pour nous éclairer. Marcel Foucault, bonsoir. Bonsoir.

Vous êtes politologue, professeur des universités à Sciences Po Paris. À vos côtés, Mathieu Gallard, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes directeur d'études chez Ipsos BVA, spécialiste de l'analyse des tendances d'opinion et des tendances électorales. À vos côtés également, Rachel Gara, Valcarcel, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes journaliste, autrice de la newsletter intitulée Blocks et Partis. Merci à vous trois d'être présents ce soir dans Questions du Soir. Et Clémence Guettet pour commencer donc cette intervention et cette analyse des élections municipales.

Pour nous, la France insoumise, comme on est un mouvement relativement jeune, c'est de toute façon une énorme victoire et une énorme percée électorale parce qu'on va multiplier par je ne sais combien le nombre de conseillers municipaux et surtout des conseillers municipaux qui auront des pratiques nouvelles, qui représentent la gauche du rupture, qui sont des jeunes gens, qui sont des personnes issues des quartiers populaires. Pour nous, il y a une chose qui ne doit pas sauter, c'est la digue contre l'extrême droite. Donc nous appelons très clairement à un front antifasciste au second tour. Pourquoi ? Parce qu'on sait ce qu'ils font une fois qu'ils arrivent au pouvoir.

Ils font des privatisations, ils coupent des subventions pour les syndicats, les associations de ce pays. Bref, c'est tout ce dont on ne veut pas. Et donc c'est ce que vont défendre nos candidats au second tour. Et moi, je suis très heureuse parce qu'en effet, c'est des centaines de second tours où les électeurs des insoumis seront représentés et pourront entrer dans les conseils municipaux. La députée insoumise du Val-de-Marne, Clémence Guettet et Martial Foucault, ces résultats au premier tour des élections municipales de la France insoumise. Justement, est-ce la véritable surprise de ce premier tour ?

Pourquoi n'avait-on pas deviné, n'avait-on pas vu ces scores qui ont été annoncés hier soir ?

2:35
Olivier Faure

Alors deux questions. Première question, est-ce que c'est la surprise du scrutin du premier tour ? Oui, parce que finalement, avec près de 250 listes, la France insoumise n'avait pas mis, je dirais, le scrutin municipal comme étant la priorité de cette, je veux dire, entre deux présidentielles, 2022-2027.

Or, je trouve qu'à quelques mois de la présidentielle, ces résultats, et qui ne sont pas des moindres, parce qu'on n'a pas encore la possibilité de faire le détail ville par ville, mais on voit bien que la France insoumise, très présente dans les métropoles ou les villes de plus de 30 000 habitants, presque systématiquement, la France insoumise et ses candidats, ses listes, sont en mesure de se maintenir au second tour. Donc ça, c'est un vrai succès.

Et d'ailleurs, je m'interroge même sur le caractère un peu prophétie autoréalisatrice de ce score, puisque la campagne, l'angle, le narratif de la campagne choisi par la France insoumise s'éloignait, se distinguait des autres formations politiques, en essayant de nationaliser cette campagne, qui était un vrai pari, et qui a quand même réussi. Et puis, deuxième question...

3:46
Présentateur

Pourquoi c'est une surprise ? Pourquoi n'avait-on pas vu ce qui allait se passer ?

3:50
Olivier Faure

Je ne sais pas si on peut répondre avec beaucoup d'intelligence à cette question, parce que, nécessairement, quand on regarde... Vous voyez, je vais prendre deux villes qui, pour moi, sont assez symptomatiques de ce qui s'est passé pour la France insoumise. La ville de Toulouse, où, effectivement, on s'attendait à un clivage... Il faut bien rappeler que l'élection municipale, ça reste quand même l'élection ou le clivage gauche-droite et la grille de lecture habituelle. Alors là, maintenant, il faudra parler peut-être d'un clivage des gauches et des droites. Ce sera peut-être plus précis.

Et donc, je prends Toulouse et je prends également ce que je trouve très intéressant, ce qui s'est passé dans une ville comme Clermont-Ferrand. Finalement, ce sont souvent des candidats qui avaient, Clermont-Ferrand, députés, jeunes députés, et qui avaient indiqué pendant la campagne que le Parti Socialiste reposait peut-être un peu sur ses lauriers et qu'il fallait transformer le projet de la ville en y installant un cadrage national. Et donc, ça, ça produit des effets dans un électorat. Ce n'est pas pour rien que la participation a augmenté dans les grandes métropoles.

Et ça, je pense que la France insoumise a une part de responsabilité dans la remobilisation d'un électorat dans ces très grandes villes.

5:04
Présentateur

Rachel Gara-Valcarcel, justement, sur cette dissociation peut-être entre le parti d'abord et ce qui se passe en local ensuite.

5:11
Invité

Oui, parce qu'en fait, ce qui nous a beaucoup marqués hier soir, c'est qu'il y a des vrais coups d'éclat que peut-être ça, on n'avait pas vu venir de la part de la France insoumise. Gagner Saint-Denis, ça paraissait possible. Gagner Saint-Denis au premier tour avec 18 points d'avance sur le sortant socialiste, ça, c'est une surprise. 47% pour David Guiraud, c'était un peu attendu, mais c'est quand même un gros score. On parle de Roubaix, là. De Roubaix, pardon. Être devant les socialistes à Toulouse, c'est un coup d'éclat. Il y a d'autres, Limoges aussi, c'est un coup d'éclat. Il y en a quelques autres comme ça.

Mais paradoxalement, je trouve que ces cas-là, François Picmal à Toulouse, Damien Modé à Limoges, David Guiraud à Roubaix, Marianne Maximi à Clermont-Ferrand, ce sont des cas de figures insoumises qui ont fait le choix de campagnes très locales. En vérité. Et pas tant une campagne nationale très présidentialisée. Sur le reste, si on enlève ces coups d'éclat qui sont majeurs. Derrière, honnêtement, on est plutôt sur des scores assez attendus dans les sondages des dernières semaines. Et honnêtement, plutôt, je dirais, moyennasse. Honnêtement, on est... Moyennasse. Moyennasse, je dirais. Bien sûr, ça leur permet...

Je prends un exemple, par exemple, Évry, qui pouvait être dans les sondes potentiellement une conquête pour la France insoumise, même s'ils en parlaient un peu moins ces derniers temps, avec une députée plutôt très installée, très implantée dans le coin. Elle fait 30%. C'est plutôt un mauvais résultat. La France insoumise aux européennes, c'était plus de 40% dans cette ville, à la présidentielle 50%, mais je ne pense pas que ce soit ça le bon référentiel. Vous avez des accidents industriels. Moins de 5% à Nîmes, au Havre. Moins de 10% à Bordeaux. Moins de 10% à Perpignan, que Jean-Luc Mélenchon avait beaucoup investi dans les dernières semaines de campagne.

Donc, néanmoins, c'est suffisant pour, dans beaucoup de villes, être important, parce que le total gauche est plutôt en retrait, donc ça les rend indispensables dans plein de villes pour conserver une mairie à gauche ou pour éventuellement espérer faire basculer une mairie à gauche. Mais globalement, on est sur un progrès net, mais comparé à ce que la France insoumise fait aux élections nationales dans ces grandes villes, franchement, c'est moyen.

7:26
Présentateur

Vous êtes d'accord, Mathieu Gallard, il faut tempérer peut-être ce succès de la France insoumise malgré quelques coups d'éclat.

7:34
Invité

Oui, tout à fait. Quand on analyse des résultats électoraux, de toute façon, vous avez deux grilles de lecture possibles. Vous avez une lecture qui va être purement électorale. Quels sont les résultats ? Est-ce qu'ils sont en forte hausse par rapport au précédent scrutin ? Que ce soit d'ailleurs le même scrutin, les municipales de 2020 ou peut-être la présidentielle de 2022, les européennes de 2024. Et là, c'est vrai qu'on voit que c'est extrêmement contrasté d'une ville à l'autre. Ça a été très bien dit, il y a des villes dans lesquelles les résultats sont inattendus et excellents. Il y a des villes dans lesquelles les résultats, au contraire, sont vraiment décevants.

Donc, c'est difficile d'avoir une lecture très précise. Et en plus, des villes qui, souvent, par leurs caractéristiques sociologiques, se ressemblent beaucoup. Donc, c'est vrai qu'on est un peu dans l'expectative. Qu'est-ce qui explique parfois ces succès et parfois ces échecs ? C'est à ce stade, en tout cas, un peu compliqué à expliquer. Et puis, vous avez en revanche une lecture qui va être moins directement électorale, mais plus politique.

Et là, c'est vrai qu'avec ces scores de la France Insoumise dans un certain nombre de grandes villes, soit détenues par les socialistes ou les écologistes, soit qui étaient des possibilités de conquête pour les socialistes et les écologistes, la France Insoumise devient plus encore que lors des précédents scrutins, totalement incontournable au sein de la gauche. Et ça, en revanche, ça veut peut-être dire quelque chose en vue de l'élection de 2027.

8:42
Présentateur

Dans cette situation, Martial Foucault, il y a cependant les plans du Parti Socialiste qui doivent être largement revus dans bon nombre de villes. Le Parti Socialiste, lui, semble avoir été surpris tout de même par ces scores de la France Insoumise. Alors, quelle articulation ? Là aussi, au niveau national, et c'est compliqué parce que cela dépend majoritairement des situations locales, que penser de la stratégie des socialistes vis-à-vis de la France Insoumise ?

9:08
Olivier Faure

La stratégie va être nécessairement et avant tout locale. Parce que quand on écoute attentivement les propos d'Olivier Faure hier soir...

9:22
Présentateur

Qui ne dit pas d'alliance, en gros.

9:23
Olivier Faure

Voilà, il dit pas d'alliance, mais n'indique pas que la ligne ferme, c'est de ne pas autoriser d'alliance. Donc, vous voyez, c'est une lecture qui laisse planer à la fois du doute, mais aussi de l'ambiguïté. Or, la politique et l'ambiguïté ne font pas très très bon ménage.

9:43
Présentateur

Je me permets de vous couper une, mais pourquoi dit-il ça stratégiquement ? Pourquoi ne pas dire, après tout, chacun fait comme il le souhaite au niveau local ? Et je n'ai pas, moi, en tant que chef de parti, à énoncer une ligne nationale.

9:55
Olivier Faure

Il y a deux raisons. La première, c'est l'histoire de ce parti qui fonctionne quand même avec encore des institutions, un cadre. Et donc, il y a quand même une forme de hiérarchie qui s'impose. Et puis, deuxièmement, c'est aussi Olivier Faure comme chef de parti qui a peut-être une certaine ambition pour le scrutin présidentiel de l'an prochain et qui ne peut pas laisser l'ensemble des troupes du Parti Socialiste faire ce qu'ils entendent. Rappelons-nous quand même qu'Olivier Faure a été élu aussi dans un congrès où il y avait différentes factions au sein du Parti Socialiste et il ne peut pas, à l'occasion du scrutin municipal, laisser les troupes en déshérence.

Une fois dit cela, le positionnement vis-à-vis de la France Insoumise, ce qui, à mon avis, introduit une grande difficulté pour Olivier Faure, c'est que, contrairement aux législatives de 2024, où la France Insoumise était un peu la locomotive de l'Alliance du Nouveau Front Populaire, cette fois-ci, c'est le Parti Socialiste, au regard du nombre de villes détenues, qui devaient jouer ce rôle de locomotive. Or, on voit que le Parti Socialiste n'est pas en capacité de définir, je dirais, le mouvement de ce second tour et va devoir composer avec la France Insoumise.

Alors, je ne sais pas si c'est le mariage, j'aurais peut-être plutôt dire le supplice de la carpe et du lapin, parce que Olivier Faure ne sera pas en situation, par exemple, d'interdire des fusions ou de demander à ses propres candidats, candidates, de se retirer au nom d'un cordon sanitaire dans les quelques villes. Elles ne sont pas si nombreuses que cela, contrairement à juillet 2024, où le Rassemblement National pouvait l'emporter.

11:39
Présentateur

Au nom d'un cordon sanitaire, donc désormais, c'est une expression employée pour, justement, pour tracer une limite même fantasmatique entre le PS et la France Insoumise, Rachel Gara-Valcarcel ?

11:51
Invité

À gauche, je ne pense pas que cette expression, elle soit employée ou alors vraiment... Non, mais dans l'analyse. Je ne crois pas. Moi, je n'ai pas cette impression-là. Je n'ai pas entendu Olivier Faure ou Pierre Jouvet, des membres de la direction du PS, parler de cordon sanitaire avec la France Insoumise. Mais pour revenir à votre question précédente, je ne suis pas certaine que le Parti Socialiste a été surpris par LFI, à part peut-être à Toulouse, peut-être à Lille. Je pense qu'il a été surpris par sa faiblesse, le Parti Socialiste.

Parce que dans des tas de villes, je pense qu'ils étaient convaincus que c'était tout à fait possible de gagner sans la France Insoumise à Nantes, à Rennes, à Brest, à Clermont. Et ce n'est pas possible. Dans toutes ces villes-là, presque toutes ces villes-là, ne pas faire l'alliance, c'est très probablement faire basculer la ville à droite. Donc, ce n'est pas tant des scores incroyables de la France Insoumise. Ils sont rendus indispensables par la faiblesse du total gauche, qui n'est pas menée par une locomotive socialiste en très bonne forme cette fois-ci. Une réaction, Marcel Foucault ?

12:54
Olivier Faure

Oui, mais peut-être une nuance. Parce que, comme le disait tout à l'heure Mathieu Gallard, c'est-à-dire que quand on compare le scrutin municipal de 2026, on doit avant tout le comparer au scrutin de 2020. En 2020, il n'y avait quasiment pas de liste la France Insoumise. Donc, faire le calcul du rapport de force politique de la gauche, qui est parvenu à conquérir des villes en 2020, c'est peut-être se tromper dans l'analyse de ce que représente réellement l'électorat de gauche quand il y a la présence d'une liste la France Insoumise.

Et donc, le score moyen, je pense qu'on le saura très vite, mais le score moyen, je pense que là où la France Insoumise était présente, on va arriver autour de 10-12% pour la France Insoumise. 10-12%, c'est globalement un tiers du vote de gauche dans ces villes. Donc, le parti socialiste ne pouvait pas, ou alors sauf commettre une erreur d'analyse profonde, ne pas considérer que son électorat allait être tiraillé avec l'offre de gauche dès le premier tour. Mais je pense qu'il y a une erreur profonde d'analyse.

13:51
Présentateur

Si l'on se focalise, Mathieu Gallard, sur les deux villes qui symbolisent peut-être cette volonté de ne pas faire d'alliance entre les socialistes et la France Insoumise, je veux parler évidemment de Paris et de Marseille. Quelle est la stratégie des socialistes dans ce qu'elle a un peu estimé qu'elle est risquée, ou en tout cas que c'est un véritable pari ?

14:11
Invité

Alors déjà, je retournerai un peu les choses. Ce qui est intéressant, c'est qu'on n'a pas... Enfin, Olivier Faure a annoncé qu'il n'y avait pas d'accord national, mais c'est vrai que dès que vous sortez de ces deux villes, vous avez l'impression que l'accord a lieu partout ailleurs. C'est quand même un petit peu paradoxal.

Dans ces deux villes, tout simplement, ce qu'on voit, c'est en tout cas pour Paris, qu'il y a déjà un résultat qui est tout à fait satisfaisant pour Emmanuel Grégoire, et que même en cas, a priori, de fusion entre la liste de Rachid Haddati et la liste de Pierre-Yves Bournazel, il aurait quand même, même si cette fusion se faisait parfaitement, si les deux électorats s'additionnaient parfaitement, ce qui ne sera probablement pas le cas, il serait quand même encore un petit peu devant. Et ce qu'il faut bien voir, c'est qu'il y a eu un certain nombre de sondages de deuxième tour avant le premier tour.

Pas, d'ailleurs, d'Ipsos BVA, parce qu'on sait bien que le premier tour, par nature, en fait, il change la perception des électeurs. Vous êtes plus sérieux que les autres, alors ? En tout cas, on essaye, on essaye. Et ce qu'on sait, c'est que les électeurs des listes qui arrivent en troisième, quatrième, cinquième position, qui peuvent se maintenir dans le cas de Paris, mais qui, en tout cas, n'ont aucune chance d'accéder à la mairie centrale, de la conquérir, on sait qu'une partie de leur électorat va aller, parfois, sur Emmanuel Grégoire, parfois, sur Rachid Adati. Donc, tout ça, de toute façon, va changer le rapport de force.

Mais c'est vrai que, pour Emmanuel Grégoire, il est en position très favorable, sauf à imaginer à la fois une fusion entre Pierre-Yves Bournazel et Rachid Adati, et un retrait de Sarah Knafo, qui serait vraiment le scénario idéal pour Rachid Adati. Pour Emmanuel Grégoire, il est en très bonne position.

15:39
Présentateur

Est-ce qu'il y a aussi, côté socialiste, et dans ces deux villes, Rachel, Gara, Valcarcel, le pari, si je puis dire, du vote utile au second tour ? Certains qui ont voté LFI au premier se dirigeront plus vers les socialistes ?

15:52
Invité

Oui, après, ça c'est un phénomène... C'est risqué, ça aussi ? C'est risqué, mais il y a un phénomène assez traditionnel entre les deux tours, qui ne se produit pas à chaque fois, mais les listes ou les candidats qui se maintiennent alors qu'ils sont lointains troisième ou quatrième, souvent, ils perdent quand même une partie de leur voix, pas forcément beaucoup, mais il y a effectivement un phénomène de vote utile, qu'on voit déjà au premier tour.

C'est très frappant à Paris de voir que les listes de la France insoumise font presque systématiquement un meilleur score au scrutin d'arrondissement qu'au scrutin pour la mairie centrale, parce que ces électeurs-là avaient bien conscience qu'il y avait un risque à ne pas donner un écart assez fort entre la liste Grégoire et la liste Dati.

16:35
Olivier Faure

Martial Foucault ? Oui, et puis il y a peut-être aussi un élément important pour comprendre pourquoi dans certaines villes, on a déjà des décisions de fusion, et pourquoi dans d'autres, ça ne fonctionnera pas. Il y a une dimension quand même très personnelle qui s'est jouée pendant cette campagne. Et donc, il y a des rancœurs qui sont tenaces. Et le cas de Marseille et le cas de Paris sont assez révélatrices de situations où même si on devait mettre de la rationalité dans la projection d'un second tour, les candidats ne parviendraient pas à se mettre... Oui, d'accord.

Et puis, il y a un pari, je pense, qui est fait par notamment les maires sortants socialistes qui est de dire, même si une liste LFI devait se maintenir, on fait le pari que cet électorat voterait utile, c'est-à-dire le candidat le plus crédible pour l'emporter. Et donc, c'est une prise de risque assez modérée quand il n'y aura pas fusion.

17:26
Présentateur

Et puis, dans certaines villes, j'en ai deux pour l'instant à l'esprit. Mathieu Gallard, Toulouse, Limoges, c'est le parti socialiste qui se met dans la roue de la France insoumise. Qu'est-ce que cela peut produire sur l'électorat ?

17:38
Invité

Alors, ça, je ne sais pas et on va bien voir. Nous, dans les sondages qu'on a faits, mais une fois de plus, qui étaient réalisés avant le premier tour, et ça peut donc changer en fonction des résultats. C'est vrai qu'on voyait notamment que dans une partie importante de l'électorat socialiste, il y avait de fortes réticences vis-à-vis de ce type d'alliance. Mais on l'a bien vu, notamment lors des législatives de 2024, que ce qu'on mesure avant le premier tour, le soir du premier tour, tout change. Donc, il faut être extrêmement prudent. Mais ça va être vraiment un indicateur extrêmement intéressant à suivre de ce second tour.

Est-ce que, effectivement, ces fusions entre des listes insoumises et des listes socialistes, qui, dans les deux cas, sont des listes puissantes, qui obtiennent des scores importants ? Est-ce que cette fusion, elle va vraiment bien se faire ? Est-ce que ces deux listes vont quasiment s'additionner et retrouver leur score du premier tour, voire même faire un peu mieux dans une sorte de dynamique ? Ou est-ce qu'il va y avoir des déperditions, soit évidemment des électeurs socialistes modérés qui refuseraient cette alliance ? Mais on peut aussi imaginer, d'ailleurs, que des électeurs insoumis particulièrement radicaux soient échaudés par des alliances avec les socialistes.

Donc ça, ça va être un point intéressant. Martial Foucault, en quelques mots.

18:36
Olivier Faure

Oui, et ce que la modestie de Mathieu l'empêche de dire, c'est que dans une excellente enquête, de Ipsos BVA, sur les souhaits d'alliance de la part des électorats, on observe une grande différence. C'est-à-dire qu'il y a une demande beaucoup plus forte de la part de l'électorat de la France insoumise d'alliance avec les autres composants de la gauche, PS et les écologistes, alors que du côté du PS, la demande est beaucoup moins forte sur une alliance avec la France insoumise. Donc ce sont aussi des éléments que les chefs de file dans toutes ces villes ont à l'esprit sur les effets que produirait peut-être une alliance tacite plutôt qu'une négociation.

19:12
Présentateur

Il faudra rendre l'appareil et évoquer une analyse du Cevipof avant la fin de cette émission, Mathieu Gallat. Rachel Gara, Valcarcel, il y a un acteur qu'on n'a pas évoqué encore, je veux parler d'Europe Écologie Les Verts, dont on mentionnait la vague, la très grande vague, lors des élections municipales de 2020. Que s'est-il passé ? Est-ce que c'est un moment de reflux, de normalisation, ou bien simplement un autre phénomène est à l'œuvre ?

19:37
Invité

Je pense qu'on peut dire qu'il y a quand même eu une nuit difficile pour les écologistes la nuit dernière, pas catastrophique. C'est vrai qu'a priori, ça va déjà être très difficile à Besançon, probablement aussi, très probablement aussi à Strasbourg. Néanmoins, garder Lyon est tout à fait possible. Malgré un très mauvais score de Pierre-Hurmik à Bordeaux, garder Bordeaux paraît possible, puisque Philippe de Sertine a priori se maintiendrait avec Thomas Cazenave, donc créer une triangulaire, sachant qu'Elephine ne peut pas se maintenir.

20:12
Présentateur

Thomas Cazenave, le candidat Renaissance.

20:13
Invité

Renaissance, pardon. Vous avez un très mauvais score du maire sortant écologiste à Colombe, aussi par exemple. Un très bon score à Tours, en revanche. Un très bon score à Tours, et plutôt bon à Poitiers aussi. Grenoble, c'est beaucoup plus compliqué, même si a priori, elle reste quand même favorite. Laurence Ruffin qui prend la succession d'Éric Piolle. Donc, une nuit plutôt franchement contrastée. On va quand même plutôt vers un reflux, même s'il y a une possibilité de conquête assez sérieuse à Lorient, où la fusion se fait avec les socialistes. Des possibilités beaucoup plus compliquées à Mulhouse et Nevers. Mais voilà, probablement un reflux, mais sans doute pas une catastrophe non plus.

20:58
Présentateur

Et puis, je signale que Europe Écologie-Les Verts a pris la décision de s'allier à la France insoumise à Strasbourg. Mathieu Gallard, si l'on continue de remonter ou de descendre, c'est selon le spectre politique, le bloc central et Renaissance en particulier, on peut se poser légitimement une question. Est-ce que ces élections municipales comptaient pour le parti, pour Renaissance, pour Gabriel Attal, ou ils ont tous, après tout, décidé de sauter le pas en vue des présidentielles ?

21:24
Invité

Vous savez, il y a un peu ce terme consacré qu'on utilise désormais à toutes les élections intermédiaires pour le bloc central, le camp présidentiel, c'est qu'il cherche à enjamber ses élections parce que ses élections, elles ne se passent généralement pas très bien pour lui. Donc, effectivement, là, la stratégie avait été extrêmement claire. Finalement, on présentait des listes autonomes qui avaient une chance raisonnable de conquête dans très peu de villes, des villes très ciblées. Et c'est vrai que, du coup, hier soir, on voyait très peu de villes où le camp présidentiel pouvait espérer l'emporter, enfin, conquérir des villes. On pense à Annecy, c'est à peu près tout.

Je me tourne autour de mes collègues autour de la sable.

22:01
Présentateur

Annecy avec l'ancien ministre Antoine Armand.

22:03
Invité

Antoine Armand qui conquérirait cette ville écologiste. Mais sinon, on voit que la stratégie, c'était de se mettre dans la roue soit des maires sortants LR, des maires sortants divers droites, ou dans des listes avec LR et les divers droites. Et c'est vrai que de prendre une position extrêmement en retrait vis-à-vis de ces élections qui, de toute façon, s'annonça difficile. Martial Foucault ? Oui, je suis d'accord.

22:22
Olivier Faure

C'est vrai qu'à force d'enjamber tous les scrutins européens, départementales, régionales, municipales, on finit par affaiblir... Et que les présidentielles qui rythment la vie de ce parti. Et un petit peu les législatives ont fini par affaiblir effectivement un parti. Mais est-ce que ce parti a été imaginé, constitué, vit-il pour des élections locales ? Je pense qu'on a une réponse depuis hier soir avec un scrutin où, effectivement, les seules villes que vous avez évoquées, je rajouterais peut-être Nevers, où le maire sortant est en position ballotage favorable. Mais est-ce que c'est dû à une difficulté de sélectionner des candidats portant l'étiquette Renaissance ?

Ça, c'est une première question. Ou bien, est-ce qu'au fond, le parti n'est pas en capacité de décliner ce que serait le macronisme politique à l'échelle locale ? Parce qu'au fond, on voit bien que les deux grands partis, le Parti Socialiste et les Républicains, au niveau local, sont en capacité de décliner des éléments programmatiques. Et je crois que le parti Renaissance n'y parvient pas et n'a pas envie d'y parvenir. Et donc, on a finalement la confirmation d'un échec annoncé et qui est réel dans les urnes depuis hier soir.

23:38
Présentateur

Votre analyse, Rachel Gara-Valcarcel, après tout, on peut se dire qu'il y avait une forme de stratégie pour Renaissance dans ces municipales, l'idée simplement de diluer le parti avec des alliances, avec les Républicains, par exemple.

23:53
Invité

Oui, déjà, ça c'est un fait. Parce que déjà, en 2020, il y avait une stratégie qui était plutôt de s'acoquiner avec des maires sortants. Mais on trouvait des maires sortants de droite et des maires sortants de gauche. Là, pour trouver des alliances de Renaissance avec des maires sortants de gauche, je n'en ai pas en tête. Il y a quelques rares cas de listes de conquêtes entre des socialistes et des Renaissance. Mais c'est rare ici, mais c'est dans des petites villes. Donc, au moins, il y a quelque chose d'un peu plus clair sur le fait que... Après, c'est logique. Ils siègent quand même un peu dans le même gouvernement, malgré tout, même si officiellement, LR n'y est pas.

Donc, c'est très difficile d'analyser Renaissance parce qu'en fait, le bloc central, donc le camp présidentiel, est extrêmement entremêlé avec LR à ses élections. Je remarque quand même que dans un certain nombre de villes, ça coagule bien quand même. Je pense à Nantes, par exemple, où le score de Foulx-Chombardelot LR allié avec l'ancienne ministre Modem, Sarah El Haïry, ça a fonctionné très très bien au premier tour. Je pense aussi à Jean-Luc Moudinck, par exemple, à Toulouse, qui fait plutôt un bon score au premier tour. Donc, on voit que l'électorat de droite du centre, il coagule quand même assez souvent bien.

25:11
Olivier Faure

Marcel Foucault. Oui, et sans oublier Horizon, parce que peut-être que c'est la composante du camp présidentiel. Bon, le parti s'est constitué souvent en se présentant comme un parti des maires. Et il y avait un peu une épreuve de réalité hier soir. Et finalement, les grandes figures de ce parti sont parvenues... Alors, aucun élu dès le premier tour, mais on pense au Havre, Édouard Philippe, Angers, Christophe Béchut, qui vont porter finalement cette composante du parti local du camp présidentiel.

25:41
Présentateur

Et puis François Bayrou, par ailleurs, François Bayrou à Pau, évidemment. Donc, la question, c'est aussi de se demander si des figures anciennes qui n'étaient pas rattachées auparavant à Renaissance ou à ce bloc central continuent en fait leur carrière indépendamment de leur étiquette politique, Rachel Garaval-Carsel.

25:56
Invité

Oui, après, François Bayrou, il est devenu père de Pau en 2014 grâce à une coalition à l'époque entre le Modem et LR qui aujourd'hui... C'est une figure locale

26:05
Présentateur

établie depuis longtemps, on le sait.

26:06
Invité

Oui, alors ça ne lui a pas toujours suffi à gagner les élections dans son coin, néanmoins. Et c'est quand il a vraiment recelé une alliance avec LR pendant le mandat de l'UMP à l'époque, le mandat de François Hollande, qu'il a réussi à gagner Pau à l'époque très largement. Il est plutôt en ballottage favorable là, même si son score personnel n'est quand même pas extraordinaire. Un peu plus d'un tiers des voix, il était concurrencé par d'anciens adjoints qui ne peuvent pas se maintenir, mais on peut se demander ce qu'ils vont faire au second tour. Mais juste un petit commentaire sur Horizon. Horizon, c'est quand même le plus souvent d'anciens maires LR installés qui sont devenus Horizon.

Je n'ai pas en tête de vraies conquêtes Horizon sur des maires de gauche, par exemple.

26:51
Présentateur

Mathieu Gallard, le Rassemblement National maintenant qui avait fixé des objectifs élevés, concrets au sujet de ces élections municipales, je voudrais vous faire entendre la voix de Jordan Bardella qui s'exprimait parmi les tout tout premiers hier après les résultats de ces élections de premier tour.

27:09
Invité

Lorsque nous sommes qualifiés pour le second tour, nous nous maintiendrons pour permettre à tous les Français de se choisir les meilleurs avocats qui soient. C'est un vote, je le rappelle, à la proportionnelle. Plus vous voterez RN, plus vous aurez d'élus patriotes pour vous défendre. Enfin, dans d'autres villes, le second tour verra s'opposer des listes attachées à l'ordre et aux valeurs républicaines à des listes dominées par l'extrême-gauche. Dans ces situations, je le dis, chacun doit prendre ses responsabilités.

Partout où le contexte local le permet, le Rassemblement national tend la main aux listes de droits sincères, aux listes indépendances et à tous ceux qui refusent à la fois le désordre de l'extrême-gauche et la dilution dans le macronisme.

27:55
Présentateur

Beaucoup de choses à analyser dans ce discours, mais je reviens vers vous, Mathieu Gallard. Sur 42 villes de plus de 100 000 habitants dont une seule est dirigée par le Rassemblement national, je veux parler de Perpignan, l'ERN sera représentée dans 20 seconds tours. Est-ce que ces objectifs sont atteints ?

28:13
Invité

Un peu comme la France insoumise à l'autre extrémité de l'échiquier politique, je trouve que c'est assez contrasté pour le Rassemblement national. Certes, il progresse, il va progresser, il va entrer dans des conseils municipaux nouveaux et de nombreux. Il va du coup progresser et avoir beaucoup plus de conseils municipaux, ce qui peut avoir un impact pour les sénatoriales de septembre. Il est en position potentiellement, en bonne position semblerait-il pour remporter Nice, même si c'est un cas très particulier puisque c'est par le biais de son allié Éric Ciotti. À Toulon, c'est plus compliqué, beaucoup plus incertain. À Marseille, c'est là aussi très incertain.

Et puis, quand on redescend d'un cran, quand on va dans toutes ces villes moyennes qui étaient un peu l'objectif final principal quand même de conquête du Rassemblement national, vous avez évidemment quelques conquêtes. Je peux penser par exemple à Cagnes-sur-Mer, on en a parlé hier, il y en a quelques autres. Ce ne sont pas des villes de 40 000, 50 000 habitants, c'est quand même relativement important. Mais c'est vrai qu'il y a aussi beaucoup de villes qui sont extrêmement décevantes. Par exemple, on a dans les Bouches-du-Rhône, on a Martigues où le candidat RN obtient 28% des voix. Il faut bien voir qu'aux législatives, le candidat RN, au premier tour, obtenait 48% des voix.

On a des scores qui souvent sont assez décevants de ce point de vue-là dans beaucoup de ces villes du littoral méditerranéen, aussi dans certaines villes du nord, où là, le problème était aussi plus souvent que le RN restait en incapacité de former des listes, même dans des villes où, sur le papier, il était quand même très bien positionné pour les remporter. Donc, il y a une implantation qui se poursuit, mais quand même qui est sans doute en deçà de ce que pouvait espérer le parti vu ses scores aux élections récentes, notamment de 2024.

29:53
Olivier Faure

Faites-vous le même constat, Marcel Foucault ? Oui, je dirais que ça illustre aussi la grande difficulté du Rassemblement National à faire campagne municipale. Parce que, quand on observe un petit peu les programmes, les professions de foi des candidats dans plusieurs de ces villes de plus de 10 000 habitants, le modus operandi a plutôt été le silence. Et vraiment, je dirais que la colonne vertébrale de cette campagne, ça a été une forme de dégagisme des villes de droite et des villes de gauche. Mais beaucoup moins la démonstration que la quinzaine de villes qu'il gouvernait pouvait inspirer un modèle très singulier, appartenant au Rassemblement National.

Et on l'a vu au fil de cette campagne, la grande difficulté bien souvent des candidats chefs de file à discuter de fiscalité locale. Le mot d'ordre, c'était on ne va pas augmenter la fiscalité locale. Oui, sauf qu'elle n'augmente quasiment nulle part. Sur les sujets notamment de la vie culturelle, associative, la question du logement, le RN n'était pas en mesure de véritablement faire la démonstration d'une alternative. Donc, ce que disait Mathieu Gallard est juste. C'est vrai que c'est peut-être, oui, est-ce qu'il faut parler d'un échec en demi-teinte ou d'un succès en demi-teinte ?

En tout cas, le RN qui avait fait de cette France des sous-préfectures, ces villes intermédiaires, la cible, peu d'entre elles vont tomber dans l'escarcelle du RN.

31:21
Présentateur

La cible symbolique, c'était aussi les grandes villes, ces 42 villes de plus de 100 000 habitants, Rachel Garaval-Carselle.

31:27
Invité

Oui, bon, après, on sait que le RN et l'extrême droite en général sont nettement plus faibles dans les grandes villes et les très grandes villes, à l'exception des villes de l'arc méditerranéen où ils détiennent déjà depuis 2020 Perpignan. Il y a toujours deux cibles, trois cibles qui sont quatre allées puisqu'il y a peut-être Nîmes aussi, il y a Marseille, il y a Nice, il y a Toulon. Toulon, ça paraît très compliqué puisque la deuxième liste de droite a décidé de se retirer et il n'y aura pas de liste de gauche au second tour donc a priori ça va être difficile pour Laure Lavalette.

32:07
Présentateur

Qui a obtenu

32:08
Invité

malgré tout

32:08
Présentateur

près de 40%

32:09
Invité

des voix. Oui, mais relativement à Toulon, bon oui, bien sûr dans l'absolu 42% des voix c'est beaucoup mais relativement à Toulon c'est pas hyper impressionnant. C'est comme ça qu'il faut juger le résultat à une élection. Nice, en revanche, ça paraît beaucoup mieux parti pour Éric Ciotti puisqu'en plus la gauche se maintient malgré les appels et l'activisme du gouvernement à faire un front républicain pour sauver Christian Estrosi et à Nîmes ce sera très serré entre la gauche, la droite et le Rassemblement National.

Mais juste sur les grandes villes, moi je suis frappé ailleurs du secteur méditerranéen par la faiblesse des listes du Rassemblement National quand certes il n'est pas compétitif pour gagner mais on pouvait imaginer qu'atteindre les 10% soit tout à fait possible dans des villes comme Bordeaux, dans des villes comme des villes de l'Ouest ou Strasbourg par exemple, etc. En fait, c'est plutôt rarement le cas et là aussi peut-être qu'il y a une forme de vote utile de l'électorat d'extrême droite vers des listes de droite et du centre pour faire une sorte de barrage à la gauche dans ces villes où elle est plutôt très forte.

33:19
Présentateur

Quelle stratégie Mathieu Gallard pour le Rassemblement National ? Il y a un élément de langage qui est revenu dans la bouche de Jordan Bardella de Sébastien Chenu s'adresser aux droites sincères à la droite sincère alors qu'est-ce que c'est la droite sincère et par conséquent en miroir qu'est-ce que c'est que la droite insincère dites-nous ?

33:35
Invité

Alors je ne suis pas forcément dans la tête de Jordan Bardella mais on voit bien que derrière tout ça il y a cette stratégie évidemment d'union des droites qu'il cherche à promouvoir qui n'est d'ailleurs pas exactement celle de Marine Le Pen et donc l'idée c'est à la fois de pouvoir continuer à grappiller l'électorat républicain mais peut-être même une partie pourquoi pas de l'électorat horizon dans un certain nombre de villes notamment du littoral méditerranéen et puis surtout voilà du coup d'apparaître comme étant le parti leader de ce bloc conservateur de ce bloc de droite face à une gauche qui serait radicalisée parce qu'elle passerait de plus en plus clairement sous la coupe de LFI ça c'est le récit qu'il cherche à mettre en place qui est d'ailleurs du point de vue des résultats électoraux pas totalement faux sur certains points et en tout cas dans certaines configurations locales

34:24
Présentateur

La droite sincère Marcel Foucault c'est l'autre mot l'autre expression du bloc des droites on voit d'ailleurs une forme de dissociation en train de naître entre l'offre politique qui promeut cette idée d'union des droites et un électorat qui ne suit pas nécessairement ces indications cette volonté disons

34:42
Olivier Faure

Oui alors je pense qu'il faudra vérifier qui se retrouve dans une droite assincère et là il va falloir que les L'adjectif n'est pas engageant que les responsables politiques fassent leur coming out mais non je crois qu'on a eu un début d'explication de texte ce matin j'entendais le député Jean-Philippe Tanguy expliquer qu'une droite sincère c'est une droite qui ne s'est pas confondue avec le macronisme et une droite qui garde comme principal opposant la France insoumise alors si on définit les frontières autour de ces deux dimensions on se dit alors le Rassemblement national va être en capacité de fusionner avec un très très grand nombre de listes LR qui pourraient se retrouver à l'image ou à l'instar de ce que Bruno Rotaillot a pu indiquer pas simplement hier soir mais on a pu l'observer sur des législatives partielles où Bruno Rotaillot avait donné cette indication pour autant on se retrouve quand même dans des situations où le RN est rarement en situation de définir les termes d'une possible fusion et donc il me semble que ça n'adviendra pas le RN va se maintenir et les LR garderont un peu quand même cet avantage il n'est pas petit il est assez substantiel dans la majorité des villes je rappelle que la majorité des villes de plus de 30 000 habitants sont gouvernées par les républicains UDI et donc le moment ça reste l'élection

36:11
Présentateur

des partis traditionnels

36:12
Olivier Faure

oui et donc ce moment municipal on se disait ce sera peut-être la première démonstration de l'union des droites erreur parce que le score comme ça a été rappelé le score du RN est en deçà de leurs propres ambitions

36:25
Invité

Mathieu Gallard oui et puis il y a un problème de toute façon pour cette stratégie du rassemblement national et on en a parlé tout à l'heure c'est tout simplement le fait que au sein de ce socle commun entre les macronistes et la droite et bien très souvent dans beaucoup de villes de grandes villes de villes moyennes il y a eu dès le premier tour des listes communes à partir de là c'est quand même compliqué au second tour de faire des sortes de fusions qui iraient de renaissance jusqu'au rassemblement national on voit bien que ça devient assez peu praticable sur le terrain donc là c'est un peu à la limite en tout cas à ce stade de la stratégie du rassemblement national chez LR on dit beaucoup qu'on est plutôt pour une stratégie d'union des droites mais malgré tout quand on regarde comment elle s'applique sur le terrain pour les élus LR pour la direction du parti c'est plutôt encore avec les macronistes

37:08
Présentateur

en quelques mots Rachel Garaval-Carselle est-ce que vous êtes d'accord avec Martial Foucault lorsqu'il écrit dans une tribune dans La Croix que le scrutin celui-ci ne dit pas encore qui l'emportera en 2027

37:19
Invité

ah oui non pas du tout oui franchement vu les résultats de ce premier tour qui vont quand même un peu dans tous les sens même si moi je trouve il y a quand même une ligne directrice c'est à dire un bloc de droite et du centre franchement solide et un bloc de gauche plutôt en deçà franchement ça ne nous dit pas qui va gagner l'élection présidentielle l'année prochaine non pas du tout

37:39
Présentateur

merci beaucoup à vous trois Martial Foucault Mathieu Gallard Rachel Garaval-Carselle de ces analyses et puis évidemment analyses que l'on tirera toute la semaine et puis lundi prochain après le second tour tout de suite et puis je voudrais aussi remercier celles et ceux qui ont préparé pardonnez-moi cette émission Diane Devancet Stéphanie Villeneuve Mathias Mégi Antoine Héral à suivre après le journal on va s'intéresser à Jürgen Habermas qui a disparu ce week-end à l'oeuvre du philosophe comment elle éclaire le présent le contemporain