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interviewRMC· 9 juin 2022 5 min

EXCLU RMC SPORT - Le président de la République Emmanuel Macron en entretien

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Et c'est un document exclusif RMC. Emmanuel Macron était en déplacement hier à Clichy-sous-Bois sur le thème du sport. Quatrième déplacement depuis le début de son second mandat, déplacement en Seine-Saint-Denis donc, pour inaugurer un dojo solidaire, pousser les jeunes à faire du sport. Et à cette occasion, il a répondu au micro de Pierre Icten et Nicolas Pelletier, foot, violence et Zinedine Zidane. Voici l'interview exclusive d'Emmanuel Macron pour RMC Sport.

0:25
Emmanuel Macron

C'était important d'être ici à Clichy-sous-Bois, présenter ce passeport, notamment l'ouvrir avec des nouveautés, notamment pour les boursiers.

0:33
Invité

Oui, c'était important avec madame la ministre des Sports d'être ici, parce qu'on considère que le sport, c'est bon pour préparer des champions de demain, des médaillés olympiques, les futurs d'Iriné et autres. Mais on considère que c'est aussi bon pour apprendre. C'est pourquoi on veut mettre dès la rentrée prochaine la demi-heure de sport obligatoire aux primaires. Ce qui va être une révolution, parce qu'on apprend mieux ce faisant. On va mettre 2 heures de plus au collège. Et on considère aussi que le sport, c'est la meilleure politique de prévention. On parle beaucoup, à juste titre, de notre système de santé, mais on regarde toujours au moment où on est malade.

On l'a vu pendant la période de Covid, dans les fameuses comorbidités dont on a beaucoup parlé, l'obésité est un facteur terrible. Et je peux vous dire, on l'a mesuré avant, après Covid, pour nos jeunes et nos ados, c'est terrible. Et donc il faut absolument que les familles, l'éducation nationale, nous tous, on ait ce message sur les pratiques sportives pour les plus jeunes, pour dire que c'est très important de faire du sport, parce que c'est ce qui vous maintient aussi en bonne santé, aujourd'hui et demain.

1:33
Emmanuel Macron

Monsieur le Président, un mot aux supporters de foot. Vous avez parlé à Kylian Mbappé, il l'a dit. Aujourd'hui, on parle d'une autre icône de retour, pourquoi pas en France, on parle de Zinedine Zidane. Avez-vous parlé à Zinedine Zidane ? Est-ce que ce serait important pour le rayonnement de la France dans le monde et à l'étranger de voir Zinedine Zidane au Paris Saint-Germain ?

1:48
Invité

D'abord, je tiens à dire, j'ai pu parler avec Kylian Mbappé, mais il fait son choix en conscience. C'est quelqu'un qui l'a montré d'ailleurs, est très mûr, construit sa carrière, son engagement avec beaucoup de sens et de responsabilités. Je n'ai pas parlé à Zinedine Zidane, mais j'ai une immense admiration pour lui, le joueur, l'entraîneur. Et on a très envie d'avoir dans le championnat français un sportif et un coach de ce talent qui a su ramener trois grandes coupes que nous convoitons beaucoup pour nos clubs. Donc moi, je souhaite pour le rayonnement du championnat français pour la France qu'ils reviennent et qu'ils viennent entraîner un grand club français. Ce serait formidable.

Et donc je pense que c'est mon rôle simplement de dire que la France est une grande nation de sport, mais aussi de foot, qui a des publics formidables, qui aiment ce sport. Et c'est important pour nous que les meilleurs qu'on a formés, qui ont parfois été rayonnés à l'international, puissent revenir.

2:40
Emmanuel Macron

Dernière petite question concernant la déclaration de Vincent Labrun. Je vais vous la lire. On doit être les dirigeants d'un football moderne et innovant et en aucun cas ceux du chaos et de la guerre dans les stades. À l'instant même, ils ont décidé de mener une enquête indépendante. Beaucoup de violences dans les stades. Dimitri Payet, que vous connaissez, a été victime de nombreux jets de bouteilles à Saint-Etienne, dans beaucoup de stades, autour des stades, jusqu'à encore récemment, il y a une dizaine de jours. Que faut-il faire pour endiguer toute cette violence ?

3:05
Invité

Vous avez parfaitement raison. Et je salue l'engagement du président Labrun. Je salue l'engagement aussi du président Legrette. Et l'esprit de responsabilité de beaucoup de sportifs. Dimitri, vous l'avez évoqué d'ailleurs, lui-même a eu des propos très forts, très responsables. Lorsqu'il avait subi, je le rappelle, sur la pelouse, une agression. Je pense que d'abord, la transparence est très importante. Et on doit, on peut tous s'améliorer. C'est ce que la ministre des Sports, le ministre de l'Intérieur et la Première ministre vont faire. Des rapports seront faits. On va travailler aussi avec la Fédération, l'UFA, pour tirer toutes les conséquences de ce que nous venons de vivre.

Mais plus généralement, et c'est la leçon que je veux tirer de tout ce qu'on a vécu là récemment, mais ces dernières années. Le sport, c'est une discipline formidable qui est bonne pour le corps, pour l'esprit, qui fait des citoyens aussi. Et donc il faut chasser l'incivisme du sport et la violence. Et donc c'est évidemment se préparer pour que dans les grands événements, il n'y ait pas place pour la violence hors du stade et dans le stade. C'est être intraitable dans le sport pro amateur pour dire les propos haineux, le racisme, l'homophobie n'ont aucune place dans les stades. Aucune.

Et ça, c'est un travail avec les Fédés très important pour être intraitable, rigoureux, prévenir et avec les clubs et les supporters. Et justement pour former les supporters, changer la mentalité. Et trois, c'est un travail d'éducation. Parce que c'est dès le plus jeune âge qu'il faut, avec l'école, avec les clubs de sport, avec les Fédés, dire quand on aime un sport, on aime la discipline qui va avec. Je veux dire, quand on crie, qu'on est violent, qu'on insulte, qu'on a des propos racistes, antisémites, homophobes, on n'aime pas le sport. Parce que ce n'est pas la valeur du sport.

La valeur du sport, c'est de respecter un arbitre, c'est de respecter son adversaire, c'est de savoir jouer avec ses coéquipiers quand on est dans un sport collectif. C'est de savoir avoir des disciplines de groupe, même dans un sport individuel comme le judo. C'est ça le sport. Rien d'autre. Et parfois, on l'a perdu en considérant qu'il y avait des rites ou des habitudes qui pouvaient être prises et qu'on l'avait tolérée. Non. Et donc, il faut que tous les acteurs du sport nous aident à ne plus le tolérer. On est intraitables, on est tous responsables et on va éduquer aussi différemment.