Jean-Michel Guenassia L'Heure des Livres (Émission du 23/09/2026)
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Bienvenue à l'heure des livres, Jean-Michel Genassia.
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Alors on vous connaît, vous êtes déjà venu nous voir, puis les lecteurs vous connaissent, parce que surtout depuis le grand succès que vous aviez eu avec le Club des incorrigibles optimistes.
- 1:38OuverteRéponse directe
Comment vous est venue l'idée de ce personnage à partir de qui toute l'histoire se déploie ?
- 2:52OuverteRéponse directe
Vous parlez d'histoire d'amour, mais aussi d'histoire d'amour déçu. C'est notamment le cas de Dany, parce qu'il se fait tout bonnement abandonné par sa mère.
- 5:16OuverteRéponse directe
Est-ce que dans votre propre vie, la musique est à ce point importante, presque à la même place que la littérature ?
- 6:46OuverteRéponse directe
Les repères musicaux, et on y revient, vous en parliez au début, l'amour, et quand même plus spécialement l'amour maternel, et surtout quand il n'a pas été au rendez-vous.
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Bienvenue
à l'heure des livres, Jean-Michel Genassia. Alors on vous connaît, vous êtes déjà venu nous voir, puis les lecteurs vous connaissent, parce que surtout depuis le grand succès que vous aviez eu avec le Club des incorrigibles optimistes, un livre qui avait été couronné par le concours des lycéens en 2009. Après, depuis, il y en a eu d'autres. Il y
a
eu La Suite, il y
a
eu Adieu, va. Et depuis, vous êtes creusé comme ça un sillon dans le roman populaire. Alors on ne
va
pas dire le page-turner, mais enfin, quand même, c'est des fraises qu'on rentre, on s'attache au personnage, on ne lâche pas. Alors vous continuez dans cette même veine avec ce dernier roman qui s'appelle La vie, un père et pas. C
'est
un livre qui est paru chez Albin Michel. Un roman musical est-il écrit en introduction. Un roman d'amour, d'apprentissage et qui nous fait vivre au plus près la vie de trois principaux héros, Dani, Lucie et Hector. Alors Dani, Lucie et Hector, on y vient. Commençons par Dani, qui est quand même un personnage assez central, qui est fils et petit-fils de Forin. Il a vécu toute sa vie dans ce milieu très singulier, très particulier. Et en fait, il n'y a jamais été vraiment accepté, notamment et en premier lieu par ses parents, qui dès sa naissance le regardent comme une espèce d'ovni. Il faut dire que c'est un petit blondinet aux yeux bleus qui braille tout le temps, sauf
quand
on lui passe des airs d'opéra. Alors ça, Carmen, Verdi, ça le calme. Alors comment vous est venue l'idée de ce personnage à partir de qui toute l'histoire se déploie
? Ça
faisait très longtemps que j'avais envie de raconter une histoire qui se déroule dans le milieu des Forins. Ça m'attirait, donc je me suis un peu penché sur la question. J'en ai rencontré pas mal, j'ai discuté avec eux. Et l'histoire que je raconte commence au début des années 80. Et c'est important parce qu'elle ne pourrait pas se passer à notre époque, démarrer à notre époque, parce qu'avec les téléphones portables, l'histoire serait aujourd'hui impossible. Et j'avais envie de raconter surtout des histoires d'amour ou extraordinaires, en tout cas peu ordinaires.
Et c
'est ce qui arrive aux trois principaux personnages du roman.
Et
ce qui m'intéressait, c'était non seulement de raconter des histoires d'amour peu ordinaires, mais de montrer comment ces histoires d'amour influencent la vie des autres membres de la famille. Comment, en réalité, on est tenu par
les
gens qui nous sont proches, qu'on aime,
et
qu'en réalité, on n
'est
pas si libre que ça.
Et
on est même très influencés. C
'est
une
sorte
de déterminisme même, Fabien,
d
'une certaine façon. Dans notre vie, par les membres de notre famille. C'était le thème principal du roman.
Alors, vous parlez d'histoire d'amour, mais aussi d'histoire d'amour déçu. C'est notamment le cas de Dany, parce qu'il se fait tout bonnement abandonné par sa mère. Son père est mort quelques temps avant. Un jour, la caravane, enfin, ils partent tous et il l'abandonne, Dany. Il se retrouve laissé à lui
-même.
Il se retrouve
tout seul dans un village perdu. Il n'a aucun moyen de les retrouver. Il a fait un mauvais coup.
Il
est recherché par la gendarmerie. Il est sauvé in extremis par Lucie, qui est la compagne d'un des héros de Hector, un des personnages principaux du roman,
qui
le ramène à Sète
pour
le protéger, pour éviter qu'il se fasse rattraper. Et ça va lui plaire. Il va s'installer à Sète et travailler avec eux. Oui,
et en fait, il se crée une nouvelle famille. Il reconstitue
une famille. Il reconstitue une
famille, un peu baroque, un peu loufoque.
Oui, il reconstitue une famille qui est caractérisée, surtout, entre autres, par le fait que chacun a un domaine musical privilégié. Donc, Dany est fou d'opéra. Il rêve d'être chanteur d'opéra.
Il
ne mesure pas à quel point c'est compliqué et difficile
d
'y arriver. Hector, c'est un ancien joueur de basket, un peu voyou sur les bords, anarchiste, qui aurait rêvé d'être concertiste, guitariste-concertiste, mais qui a démarré trop tard, qui ne sera jamais guitariste-concertiste.
Et
Lucie, elle, c'est le rock, la pop-musique. C'est Chris Seind, Debbie Harry. Et
ils vivent les uns
à côté des autres avec leur domaine musical. Hector va essayer de donner des cours
de
chant
à
Dany parce qu'il chante très bien, il a une belle jolie voix et qu'il
pourrait
en faire quelque chose, sauf qu'il a un problème majeur.
Il
ne peut pas lire le solfège. C'est un blocage rédhibitoire. Et qu'on ne peut pas lire le solfège, qu'on ne peut pas apprendre le solfège, on ne peut pas devenir chanteur d'opéra.
Et
une partie du roman, ça va être l'apprentissage impossible de Dany.
Alors bon, la musique, vous venez de le dire, elle rythme comme ça ce roman. Mais ce n
'est
pas la première fois, il y avait un petit mot présent dans le livre où il était question pas mal de David Bowie. Est-ce que dans votre propre vie, la musique est à ce point importante, presque à la même place que
la
littérature
? Oui, oui, matin et soir,
en travaillant.
J
'écoute énormément de musique. Un peu moins de musique classique aujourd'hui. Un peu moins d'opéra. Beaucoup de pop-musique.
Je
suis
un
fou de pop-musique depuis toujours. Mais la musique, en réalité, elle m'intéressait aussi pour permettre de dater le roman. Lorsqu'on parle de Placido Domingo, ça correspond à une époque particulière. Aujourd'hui, on a oublié un peu Placido Domingo. Il y
en
a d'autres. Il y en
a d
'autres. Lorsqu'on parle de Crissine ou de Débiary ou de Nirvana, la musique sert en réalité à dater... Oui, c
'est
des marqueurs d'une époque. C
'est
des marqueurs d'une époque, comme des chansons d'été qui caractérisent un mois doux particulier. Là, il n'y
a
pas de date dans le roman. Il n'y
a
aucune date, sauf en juillet 1990, le concert des trois ténors à Rome,
qui
est la veille de la finale de la Coupe du Monde, qui va être une date clé dans le roman. Sinon, tout le roman est daté par les repères musicaux. Par les repères musicaux.
Alors,
les repères musicaux, et on y revient, vous en parliez au début, l'amour, et quand même plus spécialement l'amour maternel, et surtout quand il n'a pas été au rendez-vous. Alors, ça concerne, on a dit, ça concerne Dany, mais ça concerne aussi les filles de
Lucie,
qui elles aussi, finalement, elles ont leur mère, mais leur mère ne sait pas
leur
témoigner
de
l'amour
qu'elle souhaiterait avoir.
Les principaux personnages du roman sont marqués par l
'abandon de leur mère.
Leur mère
avance
avec des coups sur coups de tête
et
elle va être soumise à un choix, choisir l'homme de sa vie qui s'enfuit
ou
rester avec ses filles. Elle choisit l'homme de sa vie, elle abandonne ses filles
et
elles ne s'en remettront jamais. Et Dany, qui a perdu sa mère et qui va passer toute sa vie à la recherche de sa mère
jusqu
'au moment où il va la retrouver dans des conditions un peu particulières, jusqu'à ses filles qui ont perdu leur mère, qui les a abandonnées pour suivre Hector, qui est l'amour de sa vie. Donc, ça fait une sorte de maelstrom romanesque qui est le moteur du roman.
Oui, un moteur romanesque avec à côté cette quête d'amour toujours éternelle, le destin, le fameux destin, parce que le livre s'appelle La vie impaire et passe, comme les dés que l'on jette et qui roulent. Il ne faut pas se tromper. Bien ou pas.
Oui,
mais
on
n
'a pas
le choix. Et
donc, en
fait, on n'est pas maître de son destin.
Non, parce que si on rate le choix, c'est fini. Si on fait le mauvais choix,
c
'est fini. Et donc,
quels
que soient les personnages, mais même nous, à des moments donnés de nos vies, on fait des choix. Certains personnages vont faire de mauvais choix et ça va les marquer toute leur vie.
En
tout cas, c'est à lire, je vous conseille. La vie impaire et passe, c'est paru chez Alvin Michel. Merci Jean-Michel Guénassi. Comme d'habitude, il y a de l'amour romanesque, des personnages auxquels on s'attache.
C
'est à lire, merci.
Merci à vous.
Merci.