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Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 15 décembre 2021 7 minComplaisantFond programmatiqueÉconomie & entreprisesNumérique

"La France est le leader des cosmétiques dans le monde", se réjouit Marc-Antoine Jamet, président de la Cosmetic Valley

Source d'origine 2 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 100 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:32OuverteRéponse directe

    Comment sortez-vous de la pandémie ? Est-ce qu'il y a de nouveaux produits phares et d'autres que vous ne vendez plus du tout ?

  • 1:17OuverteRéponse directe

    Est-ce que les modes de vie et de consommation se sont profondément transformés depuis un an et demi ?

  • 1:29FerméeRéponse partielle

    En gros, est-ce que vous ne vendez plus du tout de bâton de rouge à lèvres ?

  • 2:22OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on se parfume à nouveau ?

  • 3:26OuverteRéponse directe

    La Chine est un de vos principaux marchés aujourd'hui. Ça va devenir, je crois, d'ici deux ans, le premier marché des cosmétiques françaises à l'étranger.

  • 3:56OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il y a justement des spécificités du marché chinois ? Est-ce que vous adaptez vos produits au marché chinois ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:37InvitéChiffre
    « La France, c'est 246 000 personnes qui travaillent dans le secteur. »
  • 3:39InvitéChiffre
    « Et c'est vrai qu'elles exportent 15 milliards de parfums et de cosmétiques chaque année. »
  • 3:45InvitéFait
    « On est leader. On est les premiers exportateurs devant les États-Unis, l'Allemagne. »
  • 5:03InvitéFait
    « Par chance, nous, on maîtrise la tonalité de la chaîne de valeur. »
  • 5:11InvitéChiffre
    « elle est avec autour de 3 500 entreprises, 246 000 personnes, entièrement en France, ce qui fait qu'on maîtrise les coûts. »
  • 6:23InvitéFait
    « c'est le parfum, c'est un peu oublié, c'est le deuxième excédent de la France à l'étranger. »

Temps de parole

  • Invité71 %
  • Présentateur29 %

7,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Bonsoir à tous, l'invité éco ce soir est le porte-parole d'un secteur qui fait la fierté, l'image de marque de la France, un des seuls secteurs positifs de notre balance commerciale. Marc-Antoine Jamais, bonsoir.

0:16
Invité

Bonsoir.

0:17
Présentateur

Vous êtes secrétaire général de LVMH, patron de la Cosmétique Vallée. Cette organisation regroupe le maquillage, les parfums, les soins du corps et des cheveux, toute la chaîne de production, de la R&D à la logistique, en passant par la fabrication. Comment sortez-vous de la pandémie ? Est-ce qu'il y a de nouveaux produits phares et d'autres que vous ne vendez plus du tout ?

0:39
Invité

C'est clair qu'on a vendu pendant la pandémie et encore maintenant plus de soins que de parfums, plus de maquillage du haut du visage, comme on dit, phare à paupières, eyeliner, mascara, ombre à paupières, qu'on a vendu de rouge à lèvres. Et puis on voit que les produits qu'on appelait produits longue durée, produits permanents, qui étaient des choses qu'on mettait quand on était vraiment à la plage, etc., sont devenus des produits avec des masques qu'on met plus volontiers. Donc on voit très clairement qu'un certain nombre de produits sont là.

Puis il est clair que la naturalité, tout ce qui fait appel au zéro déchet, tout ce qui est la durabilité, et dans notre secteur c'est important, on y travaille, on cherche à faire en sorte d'être neutre d'un point de vue carbone. C'est normal pour des produits de beauté et d'estime de soi. Eh bien on voit que ces produits ont évidemment le vent en poupe.

1:17
Présentateur

Est-ce que les modes de vie et de consommation se sont profondément transformés depuis un an et demi ? Avec le port du masque et le renforcement du travail, est-ce qu'on est passé, vous l'avez effleuré, d'un maquillage du bas du visage à un maquillage du haut du visage ? En gros, est-ce que vous ne vendez plus du tout de bâton de rouge à lèvres ?

1:34
Invité

Si, alors une marque comme Dior continue de vendre un rouge à lèvres toutes les deux secondes. On voit qu'à partir du moment où on est revenu au bureau, on est revenu au magasin, à partir du moment où on a fait également. Et c'est les hommes qui ont été d'ailleurs concernés. C'est ça qui est drôle, comme évolution. Plus de Zoom, plus de Teams. Et on a voulu être, pas toujours en pyjama, pas toujours avec des cernes sous les yeux, pas toujours pas rasé, mais au contraire, quand ça durait, commencer à donner une bonne impression de soi. Et on a vu des hommes qui ne se maquillaient pas, ou qui ne prenaient pas de crème de soin, et qui ne prenaient pas de crème de jour.

Donc on voit des évolutions. Le haut du visage plus que le bas du visage. Les hommes qui commencent à utiliser des produits qu'ils ont raison d'utiliser. Et puis, en effet, en termes de naturalité, il y a un impact de la pandémie. Le désir de protection de l'environnement, l'association de l'environnement maltraité et du virus apparu, s'est répercuté évidemment également dans nos produits.

2:22
Présentateur

Alors, vous représentez également le secteur du parfum. Pendant le confinement, on sortait moins de chez soi. On n'avait peut-être pas perdu l'habitude de se parfumer. Est-ce qu'on se parfume à nouveau, Marc Antoine-Janet ?

2:33
Invité

Dans notre secteur, on voit que les marques repères, les grandes marques connues, je ne vais pas parler d'un numéro 5 ici, ou d'un j'adore ailleurs, mais il est clair qu'il y a un retour vers les marques repères. Oui, se parfumer pour se rassurer. Oui, se parfumer pour retrouver une vie normale. Oui, se parfumer pour montrer qu'on est à nouveau tourné vers l'extérieur. Ce sont des choses qui apparaissent aujourd'hui. On a parlé de revenge shopping. Je ne sais pas s'il y a un revenge perfume, mais c'est quelque chose qui a pu exister.

2:57
Présentateur

Les achats de la revanche.

2:59
Invité

Les achats de la revanche, évidemment, avec une volonté de retrouver les grands repères, les grands repères qui font le fabriqué en France, avec l'assurance que le fabriqué en France en matière de cosmétiques apporte. Quand on dit le fabriqué en France et performance de l'innovation, ça rassure. Quand on dit protection de la planète et de la biodiversité, ça rassure. Quand on dit sécurité du consommateur, ça rassure. Et quand on dit authenticité des ingrédients, ça rassure. Et c'est l'espèce de carré magique du Made in France de cosmétiques, qui est d'ailleurs le secret de l'exportation, si nos amis chinois achètent.

3:26
Présentateur

Oui, la Chine est un de vos principaux marchés aujourd'hui. Ça va devenir, je crois, d'ici deux ans, le premier marché des cosmétiques françaises à l'étranger.

3:37
Invité

La France, c'est 246 000 personnes qui travaillent dans le secteur. Et c'est vrai qu'elles exportent 15 milliards de parfums et de cosmétiques chaque année. Et qu'elles les exportent vers des marchés importants, les USA, la Chine. On est leader. On est les premiers exportateurs devant les États-Unis, l'Allemagne. Et puis, talonnés quand même par ces gens qui ne sont pas totalement pas forts du tout, qui sont au contraire très habiles, qui sont la Corée, qui sont Taïwan, qui sont un certain nombre de pays...

3:56
Présentateur

Et est-ce qu'il y a justement des spécificités du marché chinois ? Est-ce que vous adaptez vos produits au marché chinois ?

4:01
Invité

Ce qui m'inquièterait le plus, c'est la... Ah non, le but, c'est d'arriver avec les produits... Vous savez qu'il y avait des produits qui étaient autrefois, ce qu'on appelait des produits blanchissants. Tout ça a disparu et fort heureux...

4:10
Présentateur

Non, mais les crèmes, est-ce qu'ils ont des...

4:12
Invité

Non, fort heureusement, je pense que le marché chinois demande à avoir les mêmes crèmes, les mêmes produits, les mêmes parfums. Enfin, la force du luxe français, c'est d'offrir au marché chinois les mêmes produits sensiblement dans des prix assez équivalents. L'époque où certains produits n'étaient pas achetables, où on envoyait des choses qui étaient de moins bonnes choses, qui a rarement été le cas du luxe français, mais peut-être que d'autres pays qui étaient les pays du luxe, également dans le cas de la mode, envoyaient parfois des produits un peu caricaturaux. Eh bien, ça n'a jamais été le cas. Et je pense que c'était la bonne option.

Montrer aujourd'hui à des Chinois qui ont beaucoup voyagé, qui ne voyagent plus du tout, que quand ils venaient à Paris, ils voyaient les mêmes produits que ceux qu'ils avaient eus chez eux, et ce qui les rassurait plutôt qu'autre chose.

4:44
Présentateur

Alors, parlons du prix, si vous le voulez bien. On a vu que les coûts de fabrication ont considérablement augmenté. Hausse du prix du plastique, du carton, donc de l'emballage, celui du transport également. Est-ce que ça veut dire que le flacon de parfum, par exemple, au pied du sapin, il sera plus cher cette année ?

4:58
Invité

Il y a trois éléments. Il y a en effet l'empaquetage, il y a le flacon, il y a le jus. Par chance, nous, on maîtrise la tonalité de la chaîne de valeur. C'est-à-dire que la personne qui fait la formulation, l'olfaction, la personne qui mettra dans un carton et qui l'enverra dans un bateau, elle est avec autour de 3 500 entreprises, 246 000 personnes, entièrement en France, ce qui fait qu'on maîtrise les coûts. Mais il est clair qu'il y a des choses qui ont coûté plus. Des matériaux biosourcés, ça coûte plus. On s'aperçoit que le verre, ce sont les flacons, même si on a diminué le poids des flacons de manière très importante, on voit que ça coûte plus cher.

Ce que je vois, c'est que les prix vont se maintenir, qu'il ne va pas avoir une augmentation folle.

5:32
Présentateur

Est-ce qu'il y aura quand même une augmentation du prix ?

5:34
Invité

Il y a une augmentation qui est celle de l'inflation, il y a une augmentation qui est celle de l'énergie, il y a celle qui est une augmentation des matériaux, qu'hier, le fret aérien n'existe plus ou pratiquement plus.

5:44
Présentateur

Mais par exemple, un flacon de parfum, il va coûter combien de plus ?

5:47
Invité

Un flacon de parfum ne va pas coûter plus, non. C'est ça que j'essaie de dire, c'est qu'au contraire, en France, on a la chance d'avoir la totalité de la chaîne de valeur. On a passé par exemple un accord avec la Glace-Vallée. La Glace-Vallée, c'est quoi ? C'est à la limite de la Picardie et de la Normandie. Les gens qui fabriquent les flacons, qui ont toujours fait la renommée des parfums français, on a passé un accord avec eux, on leur a dit l'année dernière quand ça allait très mal, on va vous passer des commandes en avance, on va vous faire des avances de trésorerie, on va vous aider à vous moderniser. Ce qui fait qu'aujourd'hui, on en bénéficie.

Ils n'augmentent pas leur prix, mais parce qu'on les a durablement aidés lors de la pandémie. Il y a eu une solidarité très forte de la filière. Avoir une filière en France, si on était en Allemagne, si on faisait des voitures, on dirait merveilleux, c'est Mercedes, c'est BMW, c'est Audi. C'est le parfum, c'est un peu oublié, c'est le deuxième excédent de la France à l'étranger. Et le fait qu'on ait toute la chaîne de valeur, fait qu'il peut y avoir des solidarités, des esprits de filière. Le type qui fabrique le parfum, le nez, il est en France. Celui qui ensuite fera le jus, il est en France. Qu'il le mettra dans un flacon, il est en France.

Qu'il le mettra dans un carton, il est en France.

6:39
Présentateur

Et donc le prix du parfum ne sera pas plus cher cette année. Merci Marc-Antoine Jamais, je rappelle que vous êtes secrétaire général de LVMH et patron de la Cosmétique Vallée. Merci d'avoir été l'invité éco de France Info ce soir.