François Bayrou : "La rage, elle ne s'est jamais effacée"
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Dans les yeux d'Agath, François Bairou. Bonjour François Bairou et bienvenue. Merci beaucoup d'avoir accepté de participer à ce podcast. vous l'ancien premier ministre, ministre député, maire de peau pendant 12 ans, vous avez perdu la mairie de cette ville que vous aimez tant aux dernières municipales.
Vous revenez aujourd'hui après un long silence médiatique de 10 mois, vous revenez avec un livre notamment Alerte sur la la France qui vient aux éditions de l'observatoire. Un livre dans lequel vous tirez le signal d'alarme une fois de plus sur la dette dans lequelle vous revenez aussi sur votre expérience à Matignon. Peut-être qu'il y a un besoin aussi d'expliquer, de justifier ce que vous avez vécu.
Ma première question, c'est comment allez-vous aujourd'hui ? Et est-ce que vous êtes en paix avec les derniers événements ? Moi, je suis très bien et je suis personnellement absolument engagé dans la période qui va s'ouvrir.
Après, en effet, les difficultés de Matignon va y revenir après une défaite électorale. Dans une vie, il y a toujours dans une vie politique sérieuse, il y a toujours des défaites électorales. Mais c'est pas ça qui m'inquiète le plus.
Ce qui m'inquiète, c'est la terrible crise qui vient et que tout le monde fait semblant de ne pas voir. Les conséquences de cette crise qui sont pour moi le risque d'une guerre dégénération, la crise de la dette avec les plus jeunes qui diront à ceux qui ont assumé les responsabilités sans rien dire. Et pourquoi avez-vous eu cette irresponsabilité de nous laisser un monde dans lequel nous les jeunes on va avoir beaucoup de mal à trouver notre place ?
On va devoir assumer la charge de tout ça et [grognement] en effet dans lequel je raconte ce que nous avons fait pendant 9 mois à Matillon avec mon gouvernement avec des résultats comme il y en a pas eu depuis très longtemps. On en parlera. Oui, on va en reparler.
Mais sur sur la dette, votre livre est très pédagogique parce que c'est assez imagé, c'est très concret, on comprend bien les enjeux et ce que l'on perçoit aussi, je sais pas si c'est de l'amertume, mais il y a minima une grosse colère. Vous avez des mots très durs contre la classe politique, inconséquente selon vous. Vous parlez notamment, il y a une phrase qui m'a qui m'a marqué, vous parlez du complot des sachants et des puissants contre les faibles aveuglés.
Vous parlez aussi de de guerre de couloir. Euh c'est moche la politique à vous lire. C'est c'est vous savez très bien non la politique un c'est formidable parce que ça permet de se battre pour quelque chose qui vous dépasse et de dans le détail de la vie de tous les jours, spécialement dans les périodes les plus tendues.
Alors c'est pas très agréable à vivre et c'est pas très beau. et précisément ce n'est engagé comme je le suis et comme un certain nombre d'autres le sont. C'est précisément pour changer tout ça.
Vous avez dit quelque chose qui mérite d'être rappelé à l'égard de ce livre, c'est que je crois jamais aucun livre n'a expliqué pour le grand public comment tout ça était arrivé et personne n'a jamais expliqué jusqu'à maintenant, jusqu'à ce que j'ai essayé de le faire à Matillon. Quelles sont les conséquences directes aujourd'hui ? Parce que un un très grand nombre de Français commence à se dire qu'il y a un problème depuis que j'ai lancé cette campagne d'explication et de mobilisation.
Vous voyez comme un lanceur d'alerte qui a un peu ouvert les yeux des Français sur ce sujet puisque depuis que j'ai lancé cette campagne de d'information de de mobilisation sur le sujet mais les Français qui commencent à je sais très bien ce qu'ils se disent ils se disent mais oui c'est un problème oui on voit bien que ça va pas pouvoir durer mais c'est pour dans un longtemps dans un jour un jour ça viendra pas un jour on va devoir rembourser. C'est pas du tout tout ça. La dette, c'est pas dans longtemps, c'est pas un jour, c'est aujourd'hui.
L'année prochaine. [raclement de gorge] La totalité de l'impôt sur le revenu des Français, la totalité du prélèvement du trésor public sur le revenu ne suffira pas à payer les intérêts de la dette de l'année. Tout cet argent dont on aurait le plus grand besoin pour les plus jeunes, pour l'éducation, pour la santé, cet argent, il sera pas là.
On le verse à nos créanciers et nos créanciers, ils sont pour 60 % d'entre eux étrangers. Au fond, la part de richesse supplémentaire qu'il crée chaque année, elle est détournée vers nos créanciers étrangers. Qu'est-ce que c'est la dette ?
C'est l'accumulation de nos déficits. Ça fait plus de 50 ans [raclement de gorge] qu'on n' pas voté un budget en équilibre en France. Et depuis cette ces 50 ans là, on n'a jamais remboursé 1 € de la dette.
On rembourse les intérêts de la dette. On est obligé maintenant d'assumer, de payer à nos créanciers chaque année les intérêts de la dette. Mais le capital de la dette, le montant de la dette, il rétrécit pas.
Il continue à augmenter chaque année. Et c'est pourquoi, vous voyez bien à quel point ça ressemble au surendettement dans une famille. C'est pourquoi je suis monté inlassablement à la tribune de l'Assemblée pour dire ça nous ne pouvons pas l'ignorer.
Nous ne pouvons pas laisser euh les générations au travail et les générations qui viennent devant cette immense défi que nous avons laissé se constituer. Et François Bairou, on comprend que vous considérez aujourd'hui que la classe politique est assez médiocre au mieux peut-être en tout cas clairement pas consciente de ces enjeux. On va y revenir.
Mais d'abord pour ce podcast, je me suis posé des questions, je vous le cache pas parce que c'est pas évident de discuter de d'une vie et d'un parcours riche en peu de temps parce qu'on a malheureusement pas une semaine devant nous. Mais je voudrais qu'on aille à l'essentiel. Et l'essentiel, là où tout commence, c'est l'enfance. [grognement] Et vous dites euh dans ce livre, je suis née dans l'univers de ceux qui n'ont rien, qui travaillent tous les jours de leur vie euh sans argent, sans gagner d'argent.
Vous avez depuis connu le pouvoir, une vie où l'argent n'est pas un problème. Est-ce qu'il y a toujours une part de vous qui appartiendra à cet univers de ceux qui n'ont rien ? Oui.
Oui, je suis fait comme ça. Et qu'est-ce que ça concrètement ? Qu'est-ce que qu'est-ce que ça fait encore aujourd'hui ? fois vous pouvez avoir l'impression de manquer.
Oui, en tout cas j'ai je vis comme beaucoup avec l'idée d'une menace l'attente qui serait oui d'être devant ces rendez-vous là où on ne peut pas faire face. J'ai raconté dans le livre, j'avais été agacé parce que j'avais lu sur euh sur des réseaux sociaux de où on lit les pires euh injures euh euh mise en cause euh euh saloperie pour euh vous savez bien ou euh protégé par l'anonymat. Euh j'avais lu euh une jeune femme, ça m'avait d'autant plus frappé que c'était une jeune femme qui disait "Oui, c'est tellement facile quand on est né avec une cuillère d'argent dans la bouche ou quand on est né chez les riches." Et ça m'avait agacé parce que notre enfance enfance de ma sœur la mienne euh c'était un univers dans lequel il y avait pas un sous.
Nous étions paysans sur 10 hectares. Je sais pas si vous voyez ce que c'est une propriété de 10 hectares. Toute la famille vivait là-dessus hein.
Et la propriété et la maison était dans l'indivision familiale depuis deux générations. Et je vois très bien pour ma mère le fait de n'être pas chez elle, le fait que la maison ne leur appartenait pas quoi. C'était un sentiment d'insécurité et le fait que les champs ne leur appartenaient pas.
Pour elle, c'était j'ai compris après coup et c'était sans doute une explication des disputes qu'il y avait avec mon père comme ça arrive souvent. Mais là, c'était récurrent parce que je pense que pour elle, c'était impossible à supporter. Euh si je peux vous faire une confidence, [toux] [raclement de gorge] j'ai la gorge un peu serrée, pardon pour en parlant de ça.
Ma mère, elle a eu une vie incroyable. D'abord, elle s'est mariée tard et mon père encore plus tard. Ma mère quand elle s'est mariée, elle avait 32 ans.
À l'époque, c'est [grognement] on était vieille fille à 25 ans, vous savez ça ? Et euh et tout le monde lui dit "Il faut te marier." Et à mon père, tout le monde lui dit "Il a presque 40 ans." Puis il a 40 ans, puis 41 ans, 42 ans.
Tout le monde lui dit, "Il faut te marier." Et euh il ne trouve pas, enfin les gens qu'on leur présente leur leur plaisent pas. et on finira par les faire se rencontrer.
Et là ça marche mais tellement tard dans leur vie. Et donc vous voyez cette jeune femme qui se retrouve dans une maison qui n'est pas à elle et où on gagne rien. J'ai retrouvé, je pourrais vous montrer, le carnet de compte de mon père quand j'ai 10 ans et dans toute l'année, il a en tout et pourtant eu comme chiffre d'affaires, pas comme pas comme bénéfice, comme chiffre d'affaires, quelque chose comme 9000 francs de l'époque, ça veut dire 1500 € pour toute l'année.
Et comment ça se concrétisait quand vous étiez enfant ? Est-ce que vous vous ressentiez le manque ? Vous pouviez pas avoir tout ce que vous vouliez ou vous Non, je m'en fichais de ça.
On voulait pas on on imagine pas. C'est c'est pour ça c'est dans le village d'où je viens où j'habite toujours, les routes n'étaient pas goudronnées. Il y avait que la route nationale départementale en tout cas qui était goudronnée.
Les autres route du village c'était terre battu et cailloux. Euh alors non, j'avais aucun désir de bien matériel. C'est pas né quand vous étiez enfant.
Il il y a quelque chose. Mais je ressentais, c'est ça, c'est sur ça que vous m'interrogiez, je ressentais très bien le risque du manque. Euh vous vous parliez de votre mère qui a une vie un destin particulier.
Votre père aussi est mort dans un accident du travail. Du travail. Il est tombé d'une d'une charrette.
C'est ça. Quand vous aviez 22 ans et vous dites que vous avez eu la rage la rage que cet homme qui gagnait à être connu qui lisait partent de cette façon. En tout cas, vous avez eu la rage.
Est-ce que vous avez toujours la rage ? Oui. Oui.
Je m'arrête une seconde sur le destin de mon père puisque vous l'évoquez. il était paysan. Son frère était polytechnicien, sa sœur était médecin et donc il y avait euh et il avait un autre frère qui lui était dans la mécanique et mon père c'était quelqu'un qui lisait à la maison.
On lisait tout le temps. Vous lisiez même à table. Ben je ne sais pas d'où vous avez appris ça mais c'est la vérité.
Normalement à table, on se tient bien, c'est la vérité et encore vrai. On était à la table de famille et chacun, mon père, ma mère, ma sœur et moi, on avait un livre. Euh, on lisait en mangeant.
Et ça me dure encore. En vérité, je ne suis jamais aussi heureux que quand je rentre le soir tard et que je dois dîner tout seul. souvent euh ma femme est couchée ou bien je suis à Paris et je suis et je suis tout seul et je lis enant. [rires] Vous voyez les traces de l'enfance, le la marque que l'enfance laisse sur ces êtres en formation et et qui tout d'un coup sont quelque chose est marqué qui ne sera plus jamais effacé.
Je suis je suis toujours fascinée par ça. Quand vous avez 7 ans, euh vous devenez beg d'un bégément. Est-ce que vous est-ce que il y a un événement qui déclenche cela ou est-ce que vous sans doute mais il faudrait une psychanalyse et je ne la ferai pas avec vous.
Donc vous vous ne savez pas quel est l'origine de J'ai j'ai quelques idées mais mais je n'en parle pas. C'est pour moi. Ça reste pour vous.
Est-ce que ça a été difficile ? J'ai oui, j'ai j'ai entendu où j'ai lu que vous avez donné un surnom. Euh je sais pas si vous vous en rappeler.
Ça vous ennuie que j'en parle ou pas ? On vous surnommé comme Shakespeare. Euh est-ce que vous avez été harcelé ou est-ce que vous avez beaucoup souffert de ça ?
La question du harcèlement, vous savez, je suis pas très indulgent avec les émissions de dérision parce que je les connais très bien. C'est les harceleurs de cours de récréation. Et naturellement, comment vous voulez être un petit garçon en avance scolairement, donc plus petit que les autres ? beg habillé pas comme les gens du chef lieu sont habillés.
Comment voulez-vous ne pas être harcelé ? Et vous disiez, est-ce que vous avez la rage ? Oui.
Euh aussi pour ça et ça ne s'est jamais effacé. Euh et donc j'ai dans ma vie, j'ai été professeur et j'ai adorer l'être et j'ai adoré les élèves et j'ai adoré le d'en prendre par la main et de les porter à des destins qui ne sauraient pas les leur et ils savent bien, il y en a plein. Vous étiez bête quand vous étiez enfant et vous avez ensuite donné des cours.
C'est quand même un destin. Vous avez surmonté ce ce handicap surmonté. On surmonte jamais.
Vous resterez toujours un bag. J'ai écrit la préface au livre d'un garçon qui était responsable de l'audiovisuel d'ailleurs responsable de France 3, je crois. Il a écrit un livre sur le bé.
J'ai écrit la préface de ce livre. J'ai essayé de dire en quelques pages ce que ce que c'est comme histoire. J'avais tous les mots dans la tête, j'avais tous les discours.
Shakes, c'était en effet un des un de ses surnoms qui disait ça, mais il y en avait d'autres. Quand j'étais à l'école primaire, il m'avait trouvé où elle m'avait trouvé. C'était une école primaire mixte publique et les filles m'appelaient l'orateur.
Alors, j'imagine qu'elles ont pas trouvé ça toute seule. Ça devait être un instituteur qui avait dû dire ça parce que j'étais [raclement de gorge] assez stupide pour faire des discours et puis un jour ça se casse. C'est-à-dire que tous ces mots que vous portez en vous, toutes ces littéraires disent des périodes, c'est-à-dire avec le rythme comme une chanson, j'ai jamais su chanter.
Donc pour moi ça m'a la poésie m'a servi à ça. Oui, on va en parler de la poésie aussi. À compenser l'incapacité à la musique et c'est cassé.
Et les mots, vous les avez dans la tête mais vous n'arrivez plus à les dire et vous ne pouvez plus les dire. Ça ça bloque là. [souffle coupé] En effet, c'est pas l'expérience la plus agréable qu'on puisse traver.
Et ça dure, ça a duré combien de temps ? Ça dure encore. Je vous raconte juste une cruelle et petite histoire.
Euh [raclement de gorge] j'aimais tellement la poésie que j'ai voulu apprendre à la dire. Euh parce qu'un jour quelqu'un m'a dit "Mais pourquoi tu corriges pas ton accent ? une fille à qui je récitais des poèmes, très beaux poèmes et avec beaucoup de cœur et je savais pas que j'avais de l'accent.
Oui, les petits enfants de chez nous, il savent pas qu'ils ont de l'accent. Ils parlent leur langue avec leur tonalité. Alors, j'ai fait le conservatoire.
J'ai un pris du conservatoire. Je suis allé frapper à la porte du conservatoire et c'est André Limog s'il écoute encore qui était un de vos confrères qui était le chef de de des émissions à Bordeaux Aquitaen qui était professeur au conservatoire et il m'a dit "Vous savez vous arrivez trop tard les recrutements sont faits mais enfin montez sur la scène et dites-moi un poème." Alors, j'ai j'ai dit la file, je m'en souviens encore, la fileuse de Paul Valérie, il m'a dit "Bon, je vous prends quand même." Et j'ai fait le cycle du conservatoire avec quelqu'un que vous connaissez qui s'appelle Catherine Laborde.
Oui. Et sa sœur Françoise Laborde. On a fait ça ensemble. [raclement de gorge] Euh Catherine et moi, on était en hippocaille ensemble et au conservatoire.
Et bon euh et un jour, monsieur Limoge [raclement de gorge] qu'on appelait maître parce qu'à l'époque les professeurs du conservatoire ont les appelé maître, il m'a dit "Écoute, on va traiter cette question de du bégaement." et il a téléphoné à un grand psychanalyste célèbre comme lui faisait des émissions à la radio qu'il avait interviewé et il m'a donné l'écouteur et j'ai entendu le psychanalyste lui dire il lui raconte mon bégaement qui était assez lourd et le psychanalyste lui dit quel âge a-t-il ? Et il dit, je par il a 20 ans ou 21 ans.
Il dit, "Ben, c'est foutu. Il y a trois choses qu'il ne pourra pas faire. Pourra pas faire de l'enseignement, il pourra pas faire de la radio et il pourra pas faire de la politique." Il a raccroché et j'ai dit "Ben, c'est très bien, je vais faire les trois." C'est exactement ça que vous avez fait.
C'est incroyable parce que je moi je suis de ceux qui croient que la vie est pleine de signes, hein. Vous savez de l'air qui dit "La nature est un temple où de vivants piliers laissent parfois sortir de confuses paroles. L'homme y passe au travers de forêts de symboles qui l'observent avec des regards familiers. [souffle coupé] C'est et je trouve que tout au long de la vie, en tout cas pour moi, il y a toujours eu des signes comme ça.
Alors, ce que j'explique dans cette préface qui est pour moi un texte assez significatif et même je crois assez joli, très souvent des garçons bent car c'est s 90 % des garçons sont des garçons. Oui. Les filles, elles font de l'anorexie.
Et les garçons, ils sont bug. Il y a un parallèle qui est fait entre l'anorexie et moi je crois que oui mais bon, je vous expliquerai ça une autre fois [souffle coupé] parce que j'ai eu à rencontrer l'anorexie et vous avez une fille qui chez mes enfants et c'est pas très pas très facile non plus. Mais quand on en sort, c'est formidable.
Et donc [raclement de gorge] les garçons, ils me disent "Comment on fait ? Qui dois-je voir ? Et ils sont paralysés par ce handicap là qui est si totalement injuste parce qu'en vérité c'est pas une difficulté physique.
Si ça bloque, c'est pas que les articulations bloquent ou que les muscles bloquent ou pas du tout. C'est dans la tête. C'est l'inconscient qui bloque.
Donc il y a pas d'exercice à faire. Et donc je ne je crois que j'aurais aimé m'occuper de tout ça, mais on a qu'une vie comme on dit. Et [raclement de gorge] et je dis dans cette préface, l'enjeu c'est de se réconcilier avec l'enfant qui est en vous et qui bloque.
Et la clé est là selon vous. Et pour moi, la clé est là. Et donc et l'enfant il ne s'en va jamais bien sûr il est toujours là. simplement faut être réconcilié avec lui et gentil avec lui.
Et alors, il laisse passer les mots. Mais et les mots vous les laissez filer, notamment quand vous récitez des poèmes. Je me rappelle, je crois que c'était il y a 15 ans on s'était rencontré une fois à BFM et vous étiez mis à déclamer un poème dans la loge à maquillage.
Je sais plus quel poème c'était et j'aurais bien aimé m'en rappeler mais je sais qu'il y en a un que que vous aimez particulièrement et que je trouve très beau aussi, c'est beau endormi de Victor Hugo. Vous voulez nous réciter la première strophe ou deux strophes ? Bose était couché de fatigue accablé.
Il avait tout le jour travaillé dans son air puis avait fait son lit à sa place ordinaire. Bose dormait auprès des boissaux pleins de blé. La première se trouve de beau endormis mais je sais en entier.
Oui, il y a aussi la la la lueur ou dans les yeux du vieillard ou la flamme dans les yeux des jeunes. Les femmes regardaient B plus qu'un jeune homme car le jeune homme est beau mais le vieillard est grand. Le vieillard qui retourne à la source première entre jours éternels et sort des jours changeants.
Et l'on voit de la flamme aux yeux des jeunes gens. Mais à l'œil du vieillard, on voit de la lumière. C'est pas beau ça ?
Il paraît que vous parlez en latin aussi parfois avec Alain Jupé. On m'a dit ça. Je sais pas si c'est vrai.
Vous échangez pas des messages en latin ? Vous parlez en latin ? Oui, ça nous arrive.
Ben, on a fait les mêmes études pour lui très brillantes par l'école normale supérieure. Moi par le chemin de la fac et j'ai un fils normalien, cela dit. Donc je euh et on est deux à avoir manqué le concours Macron et moi donc mais lui de peu et moi de beaucoup donc ça donne quoi un échange en latin entre François Vaou et Alain Jupé ?
Non, je vais pas vous faire ça. Parlez politique en latin. Je vais pas vous faire ça. [rires] Mais il y a deux ou trois autres personnes avec qui il m'arrive d'échanger en latin.
Ah oui bah le président. Non non président parle pas latin Emmanuel Macron peut-être mais on n jamais fait ça. Juste pour lire ce chapitre.
Est-ce qu'il y a pas le Bairou des villes et le bairrou des champs ? Bairou des villes à l'aise dans les cercles du pouvoir intriguant et le bairou des champs, le paysan attaché à son village qu'il n'a jamais quitté. Je n'ai jamais été dans les cercles de pouvoir dans les villes.
C'est peut-être même la raison pour laquelle j'ai duré. J'ai j'ai dépassé cette limite là aussi. Alors, soyons clair, je me sens beaucoup plus jeune aujourd'hui que je ne l'étais il y a quelques années parce que j'ai traversé des frontières, des limites.
J'ai duré plus que les autres. Et vous avez rencontré des présidents, vous avez été à Matignon, vous avez été au commissariat au plan. Vous êtes assez proche d'Emmanuel Macron.
Ah très oui donc de de au moins depuis 2017 d'une certaine façon enfin les services pouvoir ne vous sont pas étrangé ministre il y a très long vous avez été ministre de l'éducation nationale vous avez été je crois assez en tout cas en échange de proximité avec François Mitteran euh pas très proche de Jacques Chirag mais je l'ai fréquenté quand même. C'était un peu plus conflictuel mais par exemple j'ai jamais dîné en ville de ma vie. Vous avez jamais dit Norville de votre vie ?
Jamais. Donc vous réfutez cette analyse du bairro des villes et du baou des ch et et je vais vous dire, vous savez, il y a il y a un très grand lieu de pouvoir qui s'appelle le siècle. Peut-être vous en êtes membre, non pas du tout.
Mais en tout cas des gens que vous connaissez en sont membres. Et le et le siècle c'est le dîner du siècle, c'est tous les mois. Et la cooptation au dîner du siècle, c'est l'entrée dans un monde dans de c'est le Graal, c'est Et il se trouve que le cercle était animé par quelqu'un qui est qui est comme mon frère qui s'appelle Jean-Claude Casanovac, un très grand professeur de sciences politiques, le successeur de Raymond Haron.
Et donc il y a 30 ans ou 40 ans, il m'a fait élire au siècle. J'y suis allé une fois. Je suis sorti en disant Jean-Claude, je viendrai plus jamais.
Il m'a dit "Mais pourquoi pour lui ? Vous vous rendez compte le d'une certaine manière je n'y ai sa vie ?" J'ai dit il y a une raison extrêmement simple que je peux vous dire encore aujourd'hui.
Le siècle, c'est ceux qui sont in et moi je suis out. C'est ceux qui regardent le pouvoir, la puissance, les relations comme légitime. Et moi, il y a toujours eu en moi, vous l'avez souligné très bien au départ, il y a toujours eu en moi ce regard de contestation de la légitimité.
J'ai été collé et ça c'est depuis ma plus grande enfance, ma plus petite enfance. Vous êtes un rebelle au fond. Euh j'ai été collé des dizaines de fois au lycée.
Vous étiez pas un super bon élève parce qu'on pourrait le penser. Vous avez un su mauvais mais je ne faisais rien. Je lisais, je passais ma vie à lire.
J'ai été collé des dizaines de fois. Pourquoi ? Parce que disaient les profs, j'avais le regard insolent et c'était totalement injuste parce que j'avais [raclement de gorge] le regard insolent.
Certaines fois c'était vrai, mais d'autres fois non. simplement mon regard traduisait quelque chose qui est absolument vrai et qui dure encore aujourd'hui. Et ceux qui me connaissent ou ont vécu avec moi le savent très bien.
Je ne vois pas les galons, je vois le mec qui a sous les galons. Tout ça, c'est pourquoi c'est c'était habile de votre part de commencer par ça. Tout ça, c'est la même chose.
C'est-à-dire l'idée que euh au fond ce que philosophe qui s'appelle Blaise Pascal appelle les grandeurs d'établissement, c'est-à-dire tout ce qui vous signale comme un grand homme. Les grandeurs d'établissement, c'est pas mon truc. Je moi ce que je regarde et c'est normal si vous y réfléchissez, mon père était génial et pauvre et regardé de haut par tout le monde.
Il avait aucun galon. Il avait aucun galon. Et c'est vrai que pour moi ça ne s'est pas effacé que tout ça c'est vivant comme si c'était produit à l'instant.
C'est c'est le cas de de chacun de nos de nos plis de personnalité. Dans votre livre, il y a une place assez importante faite à l'affaire Betaram. Euh les sées sexuels, les viols commis pendant des décennies dans cette école catholique.
C'est une affaire qui vous a touché vous directement et votre famille. Des épreuves, vous en avez vu d'autres, mais cette épreuve, l'affaire Betaram, c'est la plus dure épreuve de votre vie politique. Oui, mais c'est pourquoi ? parce qu'elle est injuste parce qu'elle est parce que cette il y a deux affaires Betaram une affaire vraie avec des des sévices de brutalité pour des garçons.
C'était un établissement pour des garçons qu'on voulait remettre sur les rails et un certain nombre d'attitudes qui étaient il y a quelques décennies habituelles et puis qui sont devenus dans cette affaire systémique insupportable. Et moi, j'ai parlé à ces à ces hommes-là, à ces à ces hommes dans lequels je voyais les petits garçons et le et le leur désarrois était celui des petits garçons qu'ils avaient été. Et puis pire encore, il y a eu des atteintes sexuelles avec des plaintes qui seront instruite, j'espère.
Bon, ça c'est la première affaire. Ça c'est Betaram. Puis il y a une deuxième affaire parce que j'étais à Bâtillon, parce que mes enfants avaient été élèves à Betaram sans rien voir de tout cela, il c'était pas à l'internat euh parce que c'est juste à côté de chez nous.
Euh mes enfants avaient été la il y a plusieurs décennies. Quand l'affaire Betaram sort, mon dernier fils a quitté Betaram depuis 23 ans et ma fille est née depuis 35 ans. Et donc je ça me tombe sur la tête, je n'ai aucun [grognement] souvenir et aucune information autre que celle qui était dans les journaux.
C'est la phrase que j'aurais dû dire. J'ai dit je n'ai aucune information et en réalité j'aurais dû dire autre que dans autre que ce qui est écrit dans les journaux et encore aujourd'hui je n'ai aucune autre information et on va pas refaire l'affaire ici François Baïou mais d'un côté il y a la commission d'enquête qui pointe un défaut d'action de votre part à l'époque des actions selon ce rapport que vous aviez les moyens d'engager alors que vous étiez notamment ministre de l'éducation nationale. Certains vous accusent d'avoir menti.
De l'autre il y a vous. Vous savez que ça n'est pas vrai ce que vous racontez. En tout cas, le rapport de la commission d'enquête euh non le rapport de la commission d'enquête, je les ai affronté pendant 5 heures de temps.
C'est vrai. Et elle était composée d'opposants pour euh pour la majorité d'entre eux puisque j'étais minoritaire, ultra minoritaire au sein du gouvernement et le rapport qui voulait me convaincre de faux témoignag ou d'avoir menti, les députés ont refusé de le suivre parce que j'ai apporté toutes les preuves. dites des fautes, en tout cas, c'est écrit dans la d'action, mais moi je vous dis euh non seulement il y a pas eu de défaut d'action, mais j'ai réussi à retrouver après plus d'un mois et demi de recherche l'inspection que j'avais demandé de l'établissement et l'inspection, elle dit il y a pas de problème dans cet établissement, au contraire, mais c'était une inspection qui a été remise en cause aussi.
Non, mais ça vous le savez. Non, c'est pas vrai. L'inspecteur qui l'a faite dit il y a 30 ans, "En fait, j'ai pas bien fait mon boulot." Ah donc oui, c'est lui qui le dit.
Ben oui, ben c'est lui qui le dit, c'est lui qui l'avait fait. euh et donc les dizaines d'entretiens qu'il a eu dont il rend compte. Euh mais vous voyez à quel point cette deuxième affaire a été incroyablement blessante matin, midi et soir, vous le les journalistes de la presse écrite, de la pièce audiovisuelle, de de la radio, de la télé, on fait ont créé une situation dans laquelle Betaram sa porter mon nom. comme si j'aurais pu laisser mes enfants élèves dans un établissement dont j'aurais su qu'il y avait des choses qui n'allaient pas.
Mais tout ceci est terrifiant. Et j'ai apporté faut il faut il faut jamais euh laisser passer. Euh j'ai apporté les preuves écrite que tout ça était faux et dans une confrontation qu'on peut regarder encore sur les réseaux qui a duré 5h et demi avec pas la commission mais le rapporteur LFI de la commission.
J'ai pu en 5h et demi leur faire baisser les yeux. Ils ont fini. cette commission en regardant leurs chaussures.
Vous dites que le moment venu, vous réglerez vos comptes. Non, ça veut dire quoi ? Non.
Oui, j'ai j'ai pu dire ça. Je je sais très bien qu'il y a eu des gens qui s'en sont servis politiquement pour vous pour vous affaiblir, pour vous nu. Oui. pour abattre celui qui était au pouvoir et pour le toucher dans le point le plus sensible, c'est-à-dire en réalité sa famille.
Oui, parce que il y a une l'une de vos filles, Hélène Perlant, qui a révélé qu'elle avait été victime elle aussi quand elle avait 14 ans. Non, mais elle était pas à Betaram, elle était pas c'était dans l'ors d'un camp. J'ai beaucoup d'admiration pour mes enfants.
J'ai six enfants et les six méritent beaucoup d'admiration. Et Hélène, elle est extrêmement forte, capable. Elle a elle a fait ce livre que très puissant dont beaucoup de gens me parlent avec des larmes dans les yeux.
Vous l'avez lu le déni et donc elle explique le mécanisme de ça. Mais vous connaissez bien ce mécanisme. L'inceste est partout.
L'inceste a été dans tous les étages de la société [souffle coupé] et on connaît tous des gens qui ont rencontré la ceste qui raconte et ce qu'élène montre qui est qui est pour moi très juste, c'est pas seulement qu'on n'ose pas raconter, c'est qu'on n'ose pas voir. Mais elle vous l'a jamais dit ça. Elle vousit jamais dit jamais alors que c'est votre fille que vous étiez.
Elle l'avait dit à sa mère qui ne l'a plus jamais mis dans ce genre de camp mais à moi, elle ne me l'avait pas raconté. Elle me l'a raconté quand l'affaire est sortie et je me souviens très bien de ce moment-là [souffle coupé] et pour moi c'est une brûlure mais c'est pas la seule et c'est pas le seul endroit et c'est pas le seul sujet dans lequel le dénif ou les grands-mères qui savent que dans leur famille, une petite fille ou un petit garçon est victime de ce genre de d'ignominie. Elle parle pas et elle parle pas parfois parce qu'elle n'ose pas parler et parfois parce qu'elle n'ose pas voir.
Et puis permettez-moi de dire ça, il y a à Paris le périscolaire, pire que le périscolaire, les ignominies qui se produisent dans les crèches. Dans les crèches, ça vous donne pas envie de boxer ? Oui, qui en parle ?
Personne. On a parlé de Betaram parce que j'étais là mais les crèches à Paris et on va aller un tout petit peu plus loin. Vous vous souvenez qu'il m'est arrivé d'avoir des sur ce sujet-là des accrochages et des conflits à la télévision.
Il y a eu des courants entiers dans la société française et notamment dans la gauche française qui ont justifié et apporté leur soutien à la ce qu'ils appelaient la révélation de la sexualité aux enfants, que les enfants avaient droit à ces expériences sexuelles et qui montait contre C'était moi. Vous comprenez pourquoi c'était un peu difficile à vivre ? Vous parliez de vos enfants qui sont brillants, enfin, ils sont brillants en tout cas, ils ont des parcours brillants.
Un polytechnicien, un chercheur, un docteur, deux agrégés, une normalienne ou un normalien. Vous leur avez mis une pression de malade à vos enfants ? Jamais.
Parce que c'est quand même Jamais. Euh et leur mère non plus. Chez nous, il y a jamais eu de pression. [grognement] Et je suis très en colère contre le système éducatif.
J'ai été ministre. Il y a des choses, je je vais dire des trucs qui vont me valoir, des euh des polémiques. [raclement de gorge] J'ai été ministre de l'éducation.
Je suis très fier de ces 4 ans et un peu plus ministère de l'éducation. J'avais rétabli l'enseignement du latin, l'enseignement du grec, le bac SL ES, c'était le bac que j'avais créé. le niveau des élèves quand j'ai quitté le ministère de l'éducation était près de 2 ans supérieurs au niveau des élèves aujourd'hui.
Et c'est le moment quand je sors du ministère de l'éducation où euh les sondages récurrents fait sur la satisfaction des Français sur l'éducation sont le plus haut. Donc j'étais très j'étais j'aurais jamais laissé faire parcours sup. Je vais vous expliquer pourquoi j'ai dit à la tribune de l'Assemblée, les enfants c'est pas comme les poireaux, ça pousse pas tous à la même vitesse. vous parliez de mes enfants.
Je suis très fier de [raclement de gorge] tous, mais un de ceux qui qui ont réussi à à s'imposer dans leur milieu professionnel et la recherche et la médecine vétérinaire. quand il avait 10 ans, 11 ans, 14 ans, il était en rupture complète avec l'école, comprenait pas ce qu'on lui demandait de faire. Les maîtresses disaient, "Ben, il faudra qu'il fasse un métier manuel.
Et Dieu sait que j'aime les métiers manuels et que j'ai même créé, vous savez, un concours général des de ces métiers là quand j'étais ministre de l'éducation. jamais il n'aurait réussi dans le système français parce que dans le système français, la sélection est tellement précoce que en vérité en raison des cycles de vie qui sont pas les mêmes dans des métiers comme ça, les filles par exemple réussissent brillamment euh et après c'est moins facile dans le troupeau. Mais en tout cas, c'est trop précoce pour porter des jugements définitifs.
Et c'est et aujourd'hui parcours sub, c'est à 15 ans ou à 14 ans qu'on leur met une pression fantastique et avant même les résultats du bac. à partir de la seconde, c'est parcours sub qui guident tout ça, c'est n'importe quoi. Parce que il se trouve qu'il y a des enfants qui grandissent tôt, il y a des tempéraments qui grandissent tôt et puis il y a des tempéraments, euh y compris physiologiques dans lesquels le l'intérêt, la passion, le c'est autre chose.
Il y en a qui regardent le sport, il y en a qui regardent les filles ou récipro symétriquement. Il y en a qui qui se sentent mal dans leur peau. Il y en a qui il y a des signes qui se sentent des canards et des canards qui se croient des signes.
Fermer les portes. C'est pour ça que je déteste ce système. Mais à qui la faute alors François Baou ?
Parce que qui a créé ce parcours supé hein ? C'est les gouvernements et j'estime les gens qui les ont créé, je les connais personnellement. Euh je leur ai dit, ils savent très bien ce que j'en pense, hein.
Et si j'étais resté à la tête du gouvernement, j'aurais essayé de changer tout ça. On est resté que 9 mois. Donc, mais vous vous rendez compte de l'injustice parce que en plus derrière tout ça, il y a le mécanisme de maîtrise sociale.
Pourquoi ? Parce que il y a des familles dans lesquelles l'enfant qui a 14 ou 15 ans, on sait très bien quel parcours il va falloir suivre pour réussir plus tard les grands concours les on sait très bien. Chez moi, on savait rien de tout ça.
Je ne savais pas que Hippocagne et Cagne ça existait. Je ne savais pas que Science Po ça existait. Et à forceorie, je savais pas que les nains existaient.
Je savais qu'il y avait un truc qui s'appelait l'agrégation quand même. Et ça pour moi, le jour après la mort de mon père, quelques semaines après la mort de mon père où j'ai été reçu à l'agrégation. Vous m'entraînez dans des confidences, c'est pas bien.
Oui, parce que vous avez eu effectivement l'agrégation juste après la mort de de votre père. Ouais. Le jour donc je venais d'avoir 23 ans dans ces jours-là.
Euh je suis rentré de la proclamation des résultats. À cette époque, il y avait une proclamation des résultats et je sais encore qui était major du concours. J'étais reçu.
Et en marchant sur les boulevards après la proclamation des résultats, je sais encore quelle chaussures j'avais et comment j'étais habillé. J'avais j'avais devant les yeux ma notice nécrologique. François Bot, c'est comme ça qu'on annonce les morts.
François Bot, il y avait écrit au-dessous agrégé de l'université. Et pourquoi c'était formidable ? Pourquoi c'était libérateur avec toutes ces difficultés que nous évoquons ensemble ?
Pourquoi ? Parce que j'avais le sentiment que quoi que ce soit, il n'y aurait personne dans cet univers de l'enseignement pour prétendre être plus légitime que moi. Vous comprenez ça ?
Oui. Et et vous comprenez ce parcours ? que ce que ça veut dire et c'est pourquoi je déteste mais vraiment je suis en colère contre ceux qui verrouillent le destin des enfants.
Parce que si vous faites pas la bonne formation, si vous ne correspondez pas aux moules qu'ils ont définis à l'avance, si vous venez d'ailleurs d'autres quartiers, d'autres cultures, aucune chance de vous en sortir. Et si vous regardez, vous parliez tout à l'heure des milieux de pouvoir. Si vous regardez les milieux de pouvoir et que vous voyez le caractère, la reproduction sociale et je n'en veux pas du tout à ceux qui protègent leurs enfants et j'en veux pas du tout aux enfants qui réussissent dans cette voix-là parce qu'ils ont lu souvent plus de livres plus tôt, mais j'en veux qu'on empêche ceux qui viennent de loin et ceux qui viennent d'ailleurs d'accéder au réussir au même parcours Euh François Baou, vous vous avez évoqué l'anorexie juste vous avez une fille euh donc qui a fait de l'anorexie qui a qui a été euh hospitalisée.
Vous avez raconté qu'un jour vous aviez essayé de rentrer en contact avec elle euh alors que vous étiez euh où est-ce que vous sur un plateau de télévision. C'est incroyable parce que c'est vrai mais oui. Vous étiez sur un plateau de télévision et vous avez qu'est-ce que vous avez fait ?
Enfin, est-ce que vous pouvez me raconter parce que je Oh bah c'était c'est elle elle était à l'hôpital. Vous savez que euh poursuoyer l'anorexie qui est une maladie, vous savez bien que Jacques Chirac a perdu une fille comme ça, sa fille Laurence et beaucoup de gens parce que c'est une maladie méchante mentale et méchante dans lequel on refuse de manger, on se donne la mort en tout cas symboliquement. Euh et pour soigner cette maladie, les psychiatres interdisent tout lien, tout contact avec la famille.
Il faut isoler l'enfant. Oui. En tout cas, le couper de la famille parce que on soupçonne, j'imagine que d'être à l'origine y a quelque chose dans le lien.
Bon, et elle s'en est sortie formidablement. Donc merci encore au psychiatre, je lui parle quelquefois 25 ans après qui a qui a fait ça qui a qui a trouvé la clé. Il trouvent pas tous la clé et ceux qui trouvent la clé pour certains la trouvent pas pour tous.
Mais vous avez essayé de rentrer en contact avec elle à ce momentlà. Donc j'avais soudoyé une infirmière pour qu'elle dise à ma fille de regarder cette émission. qui était une émission, je crois du dimanche à la mi-journée, quelque chose comme ça, c'était chez Paul Amar, je s'en souviens sûrement pas et moi je m'en souviens.
Et donc on a fait l'émission et j'ai commencé l'émission par une phrase qui pour Paul, il était pas au courant qui pour Paul Amar devait être totalement sibiline. J'ai dit écoute [grognement] quelque chose comme c'est difficile mais on va s'en sortir. J'ai commencé l'émission.
Euh c'était parce que j'avais un besoin, je sais pas comment on peut dire, euh physiologique de lui parler euh tripale de lui parler. Et donc j'ai fait alors personne m'en a jamais parlé mais j'imagine que les spectateurs ont dû se dire qu'est-ce qui se passe dans la tête de ce mec ? Voilà on va s'en sortir.
Et c'était vrai elle s'en est sortie et vous en ça vous a un peu rapproché de Jacques Chirac aussi cet épisode parce que vous avez partagé vos expériences de père sur ce sujet. Oui, je sais pas vous avez je sais pas où vous avez trouvé tout ça mais vous l'avez raconté une fois euh vous avez un rendez-vous avec Jacques Cher. Je sais encore quel jour c'était.
C'était le 25 mai 2000. Euh donc il y a 26 ans. J'ai jamais [raclement de gorge] j'avais pas souvent eu des relations faciles avec Jacques Chirek comme vous savez.
Et ce jour-là, j'avais rendez-vous avec lui. En plus, je venais le matin même d'apprendre simplement parce qu'il y avait plus personne qui répondait au téléphone, d'apprendre son hospitalisation forcé forcé parce que le pronostic vital est en jeu. C'était un peu lourd.
Puis il y a eu plein d'incidents dans cette matinée que je vous raconte pas, mais j'avais rendez-vous avec Jacques Chirac en début d'après-midi et vous savez comme il était, il était d'autant plus jovial que vous étiez moins son ami. Par exemple, il exigeait, je fais un peu la même chose, donc j'en parle avec prudence, il exigeait que le tuto ceux qui n'étaient pas ses amis, mais ses amis le vous voyaient. Et je m'aperçois avec le temps que c'est comme ça pour moi aussi.
Les jeunes qui travaillent avec moi, mais enfin loin de moi me tuto ceux qui sont avec moi, ils me voient et c'est normal si on y réfléchit. jamais tutoy Raymond Bar, vous voyez et Giscar évidemment et et les gens qui étaient les grands de cette époque. Et donc vous tutoyez là et j'arrive bien sûr il exigeait que je le tutoie et donc j'arrive à l'Élysée.
Lui ouvre la porte, il me dit la jovialité de Chiraak et comment ça va ? Je lui dis ça va très mal. Pourquoi je me souviens, c'était le jour de mon anniversaire après la campagne européenne que j'avais faite en dissidence avec Chirac sur lequel on a eu un très beau score et c'était le lancement de toute cette aventure là.
Il me dit pourquoi ça va mal ? Je lui raconte et comme il avait vécu la même chose, on a eu une demi-heure de de d'échange d'homme à homme et de père à père. J'ai jamais oublié cet échange.
Et après, il avait bien vu qu'il m'avait touché et il me dit "Tu veux qu'on parle politique 5 minutes ?" Oui. Il me dit cette phrase que j'ai jamais oublié et il y avait dans sa pensée quelque chose de vrai.
Il m'a dit "Qu'est-ce que tu nous fais chier avec les idées ? La politique c'est pas des idées. Je vais te dire ce que c'est la politique.
J'ai souvent pensé à ça quand j'étais à Matillon. Il faut voir 25 mai 2000, c'est la cohabitation Chirac Jospin et les deux au sommet des sondages. Et il me dit je je vais te dire ce que c'est la politique.
Le premier ministre s'est fait et il fait ce geste avec la main que je connais bien parce que j'ai souvent dit c'était le même geste que ma mère quand elle enseignait aux filles à faire des gâteaux. Tu mets un peu de farine, de sucre. Et Chira qui fait ce geste là de de la main qui tournoie et il dit le premier ministre s'est fait pour que ça se passe pas trop mal en France.
Ce sont ces mots exacts. J'y ai pensé 100 fois Mathillon. Et le président de la République, dit-il, c'est fait pour représenter la France à l'étranger.
Et je lui ai dit, je suis pas d'accord avec toi. Sur un point, pour moi, le président de la République s'est fait pour donner aux gens des raisons de vivre. Et je partage encore aujourd'hui à la fois ce qui était pas du tout mon cas à cette époque.
Je vois très bien ce qu'il veut dire parce que je candidat à élection présidentielle trois fois. J'avais jamais imaginé ou mesuré la place que la politique étrangère, la politique de défense, les échanges avec les autres pays représente dans la vie d'un président de la République. C'est incroyable.
Incroyable. et le premier ministre, je sais ce que c'est ce que c'est et la difficulté pour que ça se passe pas trop mal en France. Et je pense cependant que la responsabilité politique suprême et même moyenne, c'est de donner aux gens des raisons de vivre.
Mais vous ne serez pas candidat en 2027. François Baot, j'ai fait ce choix. J'ai fait ce choix.
Et vous avez compris pourquoi je ne peux pas sortir ce livre qui dit alerte sur la France qui vient et être candidat en même temps parce que les gens vont dire ben il écrit pour lui. Lui aussi il est adhérent de ce parti que j'ai appelé le TPMG. Tout pour ma gueule.
Tout pour ma gueule parce que quand vous êtes candidat à une élection c'est terrible. Vous ne vivez qu'avec les sondages. Votre entourage vous rapporte chaque jour.
Mais vous savez ce que c'est ? les connaissais très bien en disant là tu as perdu trois points et puis demain matin la safresse ou l'ipop ou je sais pas quoi l'hop maintenant fait à un terrain un terrain ça veut dire une enquête euh qu'est-ce que tu pourrais dire aujourd'hui qui demain fasse bouger de deux points le le ça se passe comme ça et vous n'êtes plus vous-même vous ne parlez plus authentiquement vous parlez utilitairement Voilà. Alors, vous avez été le faiseur de roi en 2017.
Vous pourriez l'être aussi en peut-être en 2012 aussi. Peut-être en 2012 aussi. Tout à fait.
Vous avez soutenu François Hollande à l'époque. Ouais. Face à Nicolas Sarkozy.
Donc, faiseur de roi en 2012 et en 2017. Peut-être en 2027. Est-ce que vous voyez un candidat aujourd'hui que vous pourriez soutenir ?
Euh, si j'envoyais qu' soit déclaré ou non, d'ailleurs. Oui, voilà. J'ai quelques idées donc dans mais pas déclaré mais je sais une chose précise ou deux ou trois choses précise.
Un c'est trop tôt pour savoir ce qui va se passer à l'élection présidentielle. Je vous rappelle Emmanuel Macron a été candidat en novembre et on peut faire le tour de tout ça, tout ce qui a changé entre ce qui est arrivé avec Dominique Stroskan et puis le paysage après l'élection de François Hollande et de toutes ces choses-là et le et le surgissement de ma candidature en 2007. passer de de [grognement] gagnant 10 points pendant la campagne et même à un moment très près du 2e tour.
Euh donc je sais que c'est trop un trop tôt. Deux j'ai deux questions. La première, c'est est-ce que les candidats osent poser les vrais problèmes et dire la vérité aux gens sur les retraites, sur la dette on en a parlé tout à l'heure.
Donc ça c'est la première condition. Premier critère. Deuxème critère, est-ce qu'il me garantissent que jamais en aucune manière ils ne feront quelque chose en direction de l'extrême droite ou en direction de l'extrême gauche ?
Parce qu'on a deux immenses pour moi risques et plus qu'immense risque promesse de malheur. Est-ce que vous connaissez un pays dans lequel l'extrême droite ou l'extrême gauche ont gagné et qui s'en soit sorti en bonne santé ou avec des gens heureux entre eux ou des relations de bonne qualité ? Je sais ce qu'il y a derrière et ce qui vient derrière.
Et vous les mettez sur le même plan. Vous les renvoyez ad Je les mets pas sur le même plan, je les identifie tous les deux comme des dangers de mort pour le pays. Et le trè la trisème condition c'est quoi alors ?
Et la troisème condition [souffle coupé] c'est qu'il faut une expérience suffisante pour pour faire pour accomplir cette fonction. C'est quoi une expérience suffisante ? C'est avoir été premier ministre, avoir été président, avoir été ministre parce qu'il y en a pas beaucoup. une expérience de la vie et de la vie en responsabilité.
C'est c'est pas un une improvisation la présidence de la République dans un moment de crise comme celui que nous vivons. Et donc ça c'est pour moi un critère. Il y a un dernier critère entre ceux qui disent jamais et jamais.
Faut qu'ils comprennent qu'ils sont pas des ennemis entre eux. Voyez ce que je veux dire ? Peuvent être des concurrents, ils peuvent présenter des solutions différentes ou différencié bien entendu.
Ils sont pas connivants mais ils appartiennent au même ensemble. Vous parlez d'où à où vous parlez de la la sociale démocratie du côté de la gauche à de la sociale démocratie à la droite de qui ? ALR si à la droite de Bruno Rota si si il refuse les solutions simpliste ou extrémiste et parfois j'ai j'ai des interrogations mais sinon votre idéal ce serait cette espèce de confédération c'est ce c'est ce je dis c'est un fleuve il y a deux rives, il y a un fleuve et dans le fleuve il faut qu'il comprennent qu'ils vont devoir vivre et travailler ensemble que si vraiment il refuse les deux risques mortels mortels, jamais l'extrême droite n'a rendu service à un pays et jamais l'extrême gauche n'a rendu service à un pays.
Ils conduisent les pays à leur mort. Donc vous appelez de Raphaël Luxman à éventuellement podcast. On fait pas une émission politique.
J'appelle pas, je vous dis mon mon comment vous dites les yeux dans les yeux. Je vous dis mon regard à moi. C'est ça.
L'aspiration qui est la mienne, c'est de d'imposer des sujets que pour l'instant on ne traite pas ou de proposer un comportement que pour l'instant on n'accepte pas. Ça, on l'a entendu notamment sur la dette. Est-ce que François Hollande qui a l'expérience d'un ancien président un regard sur l'international ? parce que c'est important pour vous l'international quand on est chef d'état, vous le dites.
Pourrait être ce candidat au milieu de de ce fleuve ? Alors un, je lui ai dit hein, la première chose c'est qu'il faut qu'il clarifie sa position à lui parce que pour l'instant il n'est pas candidat. D'abord, il n'est pas candidat mais ceci est secondaire.
Mais c'est quoi clarifier quoi alors ? sa position à l'égard de LFI et des associés de LFI parce que pour l'instant le Parti socialiste dont Hollande est encore membre que je sache, est-ce qu'ils ont clarifié leur position ? Pas du tout.
Et ça vous l'avez dit à François Hollande ? Oui, bien sûr. Et qu'est-ce que vous avez répondu ?
Ça vous regarde pas. Et c'est la même chose à droite. Deuxièmement, euh combien de candidats y a-t-il qui ne sont pas déclarés à l'heure qu'il est ?
À mon avis, peut-être beaucoup. Pas mal. Il y en a beaucoup de déclarés, trop sans doute et beaucoup qui ne le sont pas parmi lesquels il y a des des visages, des expériences et on va juger de tout ça et de la pertinence de ce qu'ils disent.
Mais donc François Holland en tout cas, vous m'avez pas dit non. Vous m'avez dit je à condition qu'ils disent c'est dans ce fleuve que je suis. Il y en il y en a d'autres et pas sur la rive.
Il y en a d'autres il y en a d'autres que François Hollande qui pourrai incarner. Mais donnez-moi des noms par exemple parce que vous parlez de quelqu'un qui a l'expérience don je vais pas faire je vais pas faire un en tout cas on a compris que c'était pas Édouard Philippe Gabriel mais non ceux-là sont candidats aujourd'hui mais je crois que le la réponse est ailleurs. Ça va s'élargir et ça va nous permettre de juger.
Par exemple il y en a plein d'après ce que je sens en rêvent ou qui préparent le chemin vers tout ça. Vous vous pensez que le futur président euh si je mets l'idée du bloc central, il est pas parmi les candidats déclarés ? Euh on verra.
Je sais qu'une élection décantation, mais euh vous avez des je crois pas trahir de secret en disant que il y a plein de gens qui y pensent. Bruno Le euh Thierry Breton pourrait euh être dans cette liste. Le nombre de tous ceux qui sont là euh je sais pas euh est-ce que est-ce que Voquier a renoncé tout à fait à son un é Xavier Bertrand a renoncé à cette élection ?
Je ne crois pas. Est-ce que François Barouin a renoncé à tout ça ? Bruno Lè, il fera un bon candidat selon vous.
Non mais non mais c'est juste pour avoir votre regard. Je suis venu chez vous parce que ça n'était pas une émission d'interview politique habituelle. Mais tout ces politiques là vous les connaissez intimement.
C'est comme Jean-Luc Mélenchon, vous l'avez connu. Il y a une période où vous discutiez ensemble. C'est intéressant aussi.
Il y a des relations humaines derrière le pour moi, je vous ai dit les critères. Est-ce que tu acceptes de regarder les problèmes et de les énoncer, pas de les fuir ? Deuxièmement, est-ce que tu as l'expérience qu'il faut ?
Parce que diplomatie, armée, tout ça, est-ce que tu as le caractère nécessaire pour résister à toutes les tempêtes et vagues qui viennent ? Est-ce que tu es prêt à considérer que dans le fleuve là, il y a pas d'ennemi ? Ben ça crème, ça prépare une décantation.
Est-ce que en ce moment vous vous sentez pas quand même plus proche de d'un François Hollande ou d'un Raphaël Gluxman ou d'un Bernard Casneu que d'un Gabriel ? C'est un nom c'est un nom que qui qui coche les cases de l'expérience et de la vision qui peut apparaître. Oui, on verra.
Euh on essaiera de clarifier les critères. En tout cas, vous vous sentez plus proche d'eux que de des des héritiers officiel d'Emmanuel Macron. Enfin, en tout cas, ça c'est vous qui le dites, mais c'est pas ça la question.
Je me sens plus proche de l'avenir et des problèmes qu'il pose. Je viens d'écrire un livre qui me semble utile. Maintenant, c'est écrit, personne pourra dire que que qu'on l'a pas vu.
Les problèmes qui se posent aujourd'hui, jamais depuis 3/4 de siècle, ils ne se sont posés à la France. Mais oui, je j'entends ce que vous dit François Bou, mais il y a quand même deux candidats aujourd'hui qui sont deux anciens premier ministres d'Emmanuel Macron, Gabriel Atal et Édouard Philippe et qui se sont mis d'accord entre eux. Enfin, ils ont noué une sorte de pacte de non agression.
Le moins bien placé des deux céderait sa place à l'autre. Quel regard vous portez làdessus ? Alors, ça c'est votre manière de raconter l'histoire.
Ah, alors racontez-la selon à votre manière. Encore ce matin, j'en ai vu quelques-uns de cela. Euh, c'est pas leur manière de raconter l'histoire.
Alors, qu'est-ce qu'ils disent ? Non, je vous les interrogerez mais je vous y croyez pas à ce à ce pacte présenté officiellement. Je pense pas qu'il y ait de pactes, mais s'ils ont des pactes, ils le disent.
Vous comprenez la clarté, c'est pas mal. J'ai montré cet exemple-là. Moi, je me suis retiré pour faire une alliance avec [raclement de gorge] Emmanuel Macron parce que à cet instant-là, il était mieux placé.
Et c'est pourquoi j'insiste sur cette idée. Je peut-être je vous l'ai laisser entendre. Dans cette dans ce grand courant là, il faut quelque chose qui est peu fréquent en politique.
Il faut de l'abnégation. Et vous ne la voyez pas pour l'instant. Faut être capable de dire et tous les gens qui sont là dont on a cité le nom et je peux en citer encore d'autres, tous les gens qui sont là, il faut qu'il soient capable de dire si c'est pas moi, j'aiderai.
Alexis Colère, ancien secrétaire général de l'Élysée, dit parfois à ces interlocuteurs pour être président, il faut avoir un +1, c'est-à-dire l'intelligence et un mo-1, c'est-à-dire un petit grain de folie, la certitude d'avoir un destin. Euh est-ce que vous le voyez chez quelqu'un cela aujourd'hui ? Et est-ce que pour vous personne n'est au niveau d'Emmanuel Macron dont vous dressez un portrait élogieux d'ailleurs dans le livre ?
D'abord, il suffit de d'ouvrir les yeux pour savoir que quand je dis il est à la hauteur, on voit qu'il l' hauteur du monde et pour moi, c'est un critère être à la hauteur de Trump et de Sishing Ping et de Poutine. Il y en a pas un qui lui arrive à la cheville aujourd'hui dans Ah, j'ai jamais dit ça. Mais c'est une question que je vous pose.
Non non, je je pense au contraire que euh on a plein de capacités peu révélé ou dont les Français et peut-être que je suis là pour aider à ça. Je pense qu'il y a dans les noms que nous avons cités des gens qui oui ont cette capacité-là. Et on va regarder dans la décantation des temps qui commencent euh on va regarder ensemble qui parmi les candidats a cette capacité et qui alors et c'est pas seulement ça compte beaucoup et moi je dirais moment venu je dirai ce que je ce que je vois sur ces critères là et vous vous engagerez vous prendrez pr Oui bien sûr vous savez pas souvent arrivé que je ne m'engage pas que vous ne le fassiez pas voilà certains ont attendu mais et donc oui Oui, enfin justement en 2007.
Oui, mais oui, mais justement parce qu'il n'y correspondait pas au critères. C'est Golen Royal. Et donc, vous avez dit il donc Oui.
Euh, mais il y a encore autre chose. Qui dans cela va être capable de s'imposer par rapport aux autres ? Parce que c'est pas seulement un caractère, c'est un tempérament aussi qu'il faut.
Il y a quelque chose d'assez darwinien dans la politique ? Un tout petit peu. Je suis pas très darwinien mais je connais quelqu'un qui est le président de la République.
Je vois dans les yeux. Il faut avoir une envie qui est qui est sans limite en fait parce que c'est aussi là-dessus que ça se joue. Alors moi qui suis passé trois fois euh ça compte énormément mais aujourd'hui pour moi, c'est secondaire par rapport au sens du devoir qu'on devrait avoir parce que la crise qui vient, personne en parle.
On fait comme si c'était comme si tout allait bien. On fait comme hein, disent les anglais business as usual hein. On fait comme d'habitude.
On va faire on va promettre des dépenses considérables. On va tout ça mais la vérité et que tout ça c'est cette peinture rose sur le paysage c'est un mensonge. C'est le bal des menteurs et que le temps, moi je dis pas du sang et des larmes mais je dis que oui, c'est un temps cherchilien.
Cette gravité là, ce sentiment de responsabilité que que tout ce que nous avons devant nous est lourd, hein. Alors ça va décanter. François Hollande, il pense que ça va se décanter 2 mois avant l'élection.
Pensez que ce sera si tard que ça ? Oui, c'est c'est très simple. le l'alliance que j'ai réalisé avec le président de la République qui allait être élu, Emmanuel Macron, cette alliance là, elle est du 23 février.
Ouais. Donc c'est à peu près ça. Et euh ça commence entre fin novembre et le mois de février.
Il y a 3 mois cruciaux. Il faut que le paysage soit en place. Il faut que les candidats soient identifiés et il faut à la fin assez d'abnégation pour que tous ceux qui sont dans le grand courant que j'évoque disent écoute c'est lui qui est le mieux placé ou elle ce fleuve de la social-démocratie à la droite de LR François Baou cette fois parce que dans les noms il y a pour l'instant on cite que des hommes mais il y aura aussi des femmes piv brun pivé il y a des gens de il y a des gens genre de qualité.
Euh cette fois donc vous ne serez pas candidat mais vous dites "Je peux aider et contribuer à faire émerger cette personne fédératrice là. Est-ce que vous avez le sentiment d'avoir une mission ou est-ce que vous vous sentez en mission ? Il y a quelque chose chez vous de l'ordre de la mission, j'ai l'impression.
Oui, j'ai jamais quitté ce sentiment. Alors, je je vais essayer de répondre [soupir][souffle coupé] aussi exactement que je pense sur ce sujet. J'ai toujours eu le sentiment d'avoir une mission, une mission divine et des conneries.
Pardon, excusez-moi le le je vous êtes croyant aussi. Oui, mais euh souvent oui, j'ai eu le sentiment que nous avons tous un destin. Je dis ça parce que il m'est arrivé d'être moqué sur cette idée de que nous avons un destin, c'est-à-dire une responsabilité.
Mais je dis le la jeune femme qui élève deux enfants toute seule dans la cité et qui peut pas sortir parce qu'elle a pas les sous pour le pour le faire et et elle repasse en en surveillant ses ans. Elle a un destin. Vous qui êtes journaliste et brillant, vous avez un destin.
Et les politiques, ils ont un destin. Et moi, je me suis toujours senti en effet en mission. Mais est-ce que Dieu a quelque chose à voir avec cela portant portant une responsabilité ?
Est-ce que ça à voir avec qu'est-ce que vous dites ? Avec Dieu non mais parce que vous [rires] êtes croyant. Je sais pas.
Essayons de laisser Dieu où il est, c'est-à-dire vraiment très très haut. Je pense que que nous ne sommes pas seuls à décider. pardon de dire des choses comme ça.
Je pense que il y a au-dessus il y a des influence avec un mes meilleurs amis qui s'appelle Philippe Lapusterle qui a été un grand journaliste interviewur. Quand on se sépare, on se dit l'un à l'autre que les puissants te gardent. C'est un mot oriental, hein, c'est une formule orientale.
Mais je crois qu'en effet, on a une responsabilité qui dépasse la contingence de nos événements, de nos intérêts, des accidents. Je pense que on est tous là pour faire quelque chose. Il y a des gens qui croient qu'on est là par hasard.
Moi, j'ai jamais cru ça. Pense pas que le monde soit par hasard. Et je pense pas que vous soyez là par hasard.
Et je ne pense pas être là par hasard. Je pense que aucun d'entre nous ne peut considérer que que le monde se débrouille sans lui. Pense que nous avons une responsabilité.
Alors c'est vous appelez ça mission, destin, je veux bien tous les mots que vous utilisez à condition qu'on prenne la dimension de tout ça. François Bairou. C'est le moment de la série de questions.
Comme à tous mes invités, questions courtes, réponse courtes. Si vous deviez changer quelque chose dans votre vie, ce serait quoi ? Rien.
Votre mot préféré ? Mon mot préféré ? Quand j'étais à l'école primaire dans le petit village chez nous, l'instituteur qui était formidable et qui allait mourir à 44 ans d'une tumeur au cerveau en laissant cinq enfants, sa jeune femme et cinq enfants qui s'appelait monsieur Laakou.
Et juste avant de partir se faire opérer et mourir. Dans sa dernière leçon, il nous a appris quelque chose que j'ai jamais oublié. Il a dit "N'oubliez jamais le mot le plus long de la langue française.
C'est anticonstitutionnellement." [souffle coupé] Alors, je dis pas que c'est mon mot préféré, mais quand je pense au mot, je vois son visage. Et vous pensez à anticonstitutionnellement.
Est-ce que vous êtes heureux aujourd'hui, François B ? Oui. Est-ce que vous avez peur de la mort ?
Non. Et vous pensez d'ailleurs que les morts ne sont pas morts ? Oui.
Oui. Je pense que alors c'est très relié à ce que je vous disais. Je pense qu'on n'est pas là par hasard et je pense que les destins quand ils se rencontrent, votre père et votre mère, il vous transmettent pas que de l'ADN.
Et c'est déjà beaucoup l'ADN le euh ils vous transmettent quelque chose d'autre qui a trait au sens de la vie. Et vous savez autrefois dans les cours de philo, on distinguait l'iné et l'acquis. Et j'ai très souvent pensé, on parle souvent de ça avec ma femme, le mystère de tout ça, c'est que c'est 100 % iné et 100 % acquis et peut-être plus.
Alors, c'est pas des additions qui tombent justes. Et c'est précisément parce que ces additions ne tombent pas justes que ça s'appelle la vie. J'ai une grande admiration pour Louis Pasteur, pasteur le grand pasteur.
Et Pasteur, il était pas médecin, il était physicien, il s'occupait de physique et il s'occupait de cristallographie. le les cristaux et il a fait une découverte que je trouve inouie. C'est pourquoi tout est relié pour moi.
Tout le tout le sens des choses explose les frontières. Il a découvert ceci qui est que les cristaux de la matière inerte, de la matière morte inerte sont symétriques et les cristaux de la matière vivante sont dissymétriques. Et si vous réfléchissez à ça, vous vous dites qu'est-ce que ça dit ?
Quand je vois un enfant qui marche, qu'est-ce que je vois ? C'est comme une chute contrariée par un pain en avant. Et dans la vie, tous les accidents qui vous arrivent, heureux ou malheureux, tout ce qui et ben c'est un déséquilibre qui sera plus tard compensé par un autre geste qui amènera l'équilibre.
Et pour moi, tout ça est très étroitement lié. Alors peut-être vous allez dire que que j'ai quelque chose. Il faudrait que je me soigne que je vois un petit peut-être un moins un vous aussi parlant de volontiers.
J'accepte vous prenez le 20. J'accepte d'avoir une case en plus et une case en moins parce que ça c'est vrai. Donc vous avez le profil pour être président selon lui.
Alors qu'auriez-vous aimé que votre mère vous dise et qu'elle ne vous a jamais dit ? Les messages passent pas que par la parole. Tout ce qu'elle avait à me dire.
Alors, c'est des temps où on ne parlait pas. C'est récent de parler, de parler en famille, de se dire qu'on s'aime. Vous n'auriez pas aimé qu'elle qu'elle vous le dise ?
Si si, j'aurais tout à fait. Mais aucun des messages d'amour, même pas en parole, n'a manqué. Je vais parler d'elle un peu parce qu'on parle souvent de mon père en deux phrases.
J'ai raconté ça le jour de ses obsèques. Elle était morte après de années très difficiles de de malheur, de difficulté, de souffrance, d'Alzheimer, tout t tous ces trucs-là. Et puis il y avait ces obsèques, j'ai raconté la petite fille qu'elle était et [grognement] sa mère à elle lui disait tout le temps, il faut faire son devoir enn queoubé et et le premier jour où où elle est partie à l'école avec son petit cartable.
On lui a dit "Qu'est-ce que tu vas faire Emma ?" Va s'appeler Emma. Et elle a dit je m'en vais faire son devoir pas eu sou desb elle avait mis à la première personne du singulier l'expression du devoir que nous devons tous accomplir.
Je m'en vais faire son devoir. Je trouve que c'est assez joli et je trouve que ça dit quelque chose d'assez profond. C'est-à-dire que vous parliez de mission, de responsabilité, on doit tous faire le devoir, prendre sa part du devoir commun.
Votre père, qu'auriez-vous aimé qu'il vous dise ? [grognement] J'aurais aimé qu'il reste un peu plus longtemps pour et [raclement de gorge] donc c'est c'est ce moment-là c'est va passer tuer le jour du deuil national de Pompidou et ma bête est venue ma femme est venue me chercher. pour me dire qui s'était tué.
C'était c'était assez chaud pour moi, pour elle, pour tout le monde. On avait deux petites filles, on avait 22 ans de et euh et je suis arrivé devant son corps. Il avait il avait fallu rentrer de Bordeaux, déposer les enfants.
Donc je suis arrivé, la nuit était était là et donc je suis arrivé devant lui et ce qui m'est apparu si difficile à supporter. Et l'image que j'ai eu, c'était exactement celle-là, c'est-à-dire le trait était tracé en bas de l'opération. [grognement] Je pense qu'il pouvait pas me dire plus de manière non verbale comme ma mère, mais moi j'aurais pu lui dire plus.
J'aurais pu lui dire moi que je l'aimais. par exemple, à cette époque, on disait pas ce genre de choses. J'ai pas pu lui dire, j'ai dit à ma mère parce qu'elle est restée beaucoup plus longtemps évidemment jusqu'à la difficulté finale.
Mais vous voyez, on dit toujours qu'auriez-vous aimé que votre père vous dise et moi je vous dis ce que vous vous auriez aimé lui dire que moi j'aurais aimé lui dire. Merci beaucoup François Vaou. Merci beaucoup.
Merci à vous. Oh.
François Bayrou