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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 19 décembre 2024 21 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsSolidarités & familleRetraites

« Il a mangé à tous les râteliers ! » : Bayrou à Matignon, Thomas Porcher réagit

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 5 %Attaque 70 %Défensif 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 0 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:52OuverteÉludée

    François Bayrou a été nommé Premier ministre. Qu'en pensez-vous ?

  • 3:00OuverteÉludée

    Rappelons qui est François Bayrou. Quels éléments marquants de son parcours ?

  • 4:50RelanceÉludée

    En quoi Bayrou serait-il une ouverture à gauche ?

  • 11:24FerméeÉludée

    Demander un engagement à Bayrou sur le 49-3, est-ce réaliste ?

  • 12:59OuverteÉludée

    Ce sondage sur un Premier ministre apolitique est-il crédible ?

  • 17:00OuverteÉludée

    Comment vont se passer les discussions sur le budget ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:20PrésentateurChiffre
    « 120 000 postes de fonctionnaires de supprimés. »
  • 3:24PrésentateurChiffre
    « 15 milliards sur l'assurance maladie, 10 milliards sur l'assurance maladie. »
  • 2:37InvitéChiffre
    « Le modem a été condamné à 400 000 euros d'amende dans l'affaire des assistants. »
  • 12:32InvitéChiffre
    « Les Français voulaient à 41% un ou une première ministre issue de la société civile. »
  • 17:33PrésentateurFait
    « Tout ça a été dit notamment par Mme Borne avant le vote du budget 2025 pour faire peur. »

Temps de parole

  • Présentateur66 %
  • Invité34 %

0,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Pour ne rater aucune de nos vidéos, n'oubliez pas de vous abonner et d'activer la cloche. Il sait que ça va occuper les chaînes d'infos. Alors il nous dit, ça sera demain, au début c'était lundi, on l'a eu vendredi, il y a du suspense comme ça, il y a des consultations, il y a de la mise en scène. Il a plus de 40 ans de politique, il a quasiment mangé à tous les râteliers. Mais regardez, il a même fini commissariat au plan. Qu'est-ce qu'il a fait comme rapport intéressant ? Il a fait que des rapports de prospective, enfin, on le connaît, monsieur Beyrou, on le connaît.

0:25
Invité

Bonjour tout le monde, je suis ravi de vous retrouver pour un nouvel épisode de l'Instant Porché. Avec tous les discours qu'on entend autour de nous, notre meilleure arme, c'est de les connaître et de les comprendre. Le Média est en pleine campagne de dons de fin d'année, vous le savez, le journalisme indépendant a un prix. Nous ne sommes détenus ni par l'État, ni par un riche actionnaire, nous ne vivons que par votre soutien. Chaque don, chaque soutien compte soutenir la première chaîne d'infos indépendantes de France, objectif 200 000 euros. Bonjour Thomas.

0:52
Présentateur

Salut Lisa.

0:53
Invité

Avec toi aujourd'hui au programme, Emmanuel Macron a désigné son Premier ministre et s'est tombé sur François Bayrou. C'est parti. François Bayrou, le président du modem et allié historique d'Emmanuel Macron, a été nommé Premier ministre par le chef de l'État vendredi dernier. Le président de la République voulait d'abord un gouvernement mené par Roland Lescure avec Bayrou en numéro 2. Mais devant ses menaces de quitter la coalition, Emmanuel Macron a finalement désigné le patron démocrate. Après que les Français et l'Assemblée nationale aient rejeté la politique d'Emmanuel Macron, c'est un allié macroniste de la première heure qui tient le nouveau gouvernement.

Changement de méthode, nous disait le président. Le modem est le parti qui fait le plus d'appels de phare aux socialistes depuis la dissolution de juin. Sur les 577 députés, le groupe démocrate à l'Assemblée nationale représente 51 députés, auxquels on peut ajouter leur compère, ensemble pour la République, au nombre de 93 et les 34 horizons. Le RN a déjà annoncé qu'il ne censurera pas a priori, en attendant de voir, un peu comme pour Barnier. LFI a déjà annoncé la censure et les autres partis du NFP demandent la non-utilisation du 49-3, ce qui ferait fonctionner le parlementarisme texte par texte. L'EPS a annoncé s'inscrire dans l'opposition.

Marine Tondelier dénonce un cinéma mené par Emmanuel Macron. Un mois après les élections législatives qui ont morcelé l'Assemblée nationale en 11 groupes, François Bayrou avait estimé à la mi-août, dans le Figaro, la seule voie possible et qui s'imposera. Ce n'est pas un gouvernement d'un côté s'opposant à l'autre côté, mais une équipe de rassemblement pour affronter les problèmes si graves de notre pays, du monde et de la planète, lit-on dans le monde. On le rappelle, le modem a été condamné à 400 000 euros d'amende dans l'affaire des assistants, des députés européens et des tournements de fonds.

François Bayrou a lui été relaxé, le parquet a fait appel, mais les 5 eurodéputés poursuivis ont tous été condamnés pour l'emploi d'assistants à Bruxelles, payés sur fonds européens et en réalité employés pour travailler pour le parti. C'est la même affaire d'ailleurs qui touche le RN en ce moment. Thomas, il faut que tout change pour que rien ne change.

2:57
Présentateur

Ah oui, là, rien n'a changé du tout. En fait, rappelons quand même quelques éléments pour comprendre qui est François Bayrou. La première chose, c'est quelqu'un qui a fait campagne avec Emmanuel Macron en 2017. Donc c'est quelqu'un qui sait lire. Donc il a lu le programme de Macron. Donc on sait très bien qu'il est très aligné sur un programme de type libéral, avec forte réforme des retraites, diminution de la dépense publique, 120 000 postes de fonctionnaires de supprimés. C'était ce qui était écrit dans le programme de Macron. 15 milliards sur l'assurance maladie, 10 milliards sur l'assurance maladie. C'était le programme de 2017 d'Emmanuel Macron. Et M. Bayrou l'a soutenu.

Donc ça, ça veut dire que là, Macron se ressemble vraiment sur la Macronie. Alors, c'est pas quelqu'un, c'est un satellite, on va dire, de Macron, d'En Marche. Mais c'est quand même quelqu'un de la première heure de la Macronie. Et puis, c'est quelqu'un qui est en politique depuis 1982. Vous vous rendez compte, depuis 1982. C'est-à-dire que moi, j'avais 5 ans. La plupart des gens, là, des jeunes, ont grandi avec Bayrou. Probablement quand il était à la maternelle, il était déjà ministre. Il a été mis dans les années 90. C'est quelqu'un qui est toujours revenu. Il a fait une présidentielle en 2007. Et puis, il est revenu avec Macron. Donc, c'est un professionnel de la politique.

Et je ne vois pas comment les choses pourraient changer avec lui. En fait, moi, quand Macron a commencé à faire sa campagne en 2016, on a été à un certain nombre à dire, en fait, Macron, c'est des habits neufs, puisque c'est un nouveau personnage. Mais autour de lui, il y a des vieux de la politique. Et ce qu'il défend, ce sont des vieilles idées. Eh bien, je crois que nous avons eu raison. Nous le savons depuis le début. Mais là, on en a encore la preuve, puisqu'il nous a sorti Barnier, qui était quand même très vieux. Et puis là, il nous sort Bayrou. Quel même âge. Quel même âge. Donc, il n'y aura pas d'infléchissement sur la politique. Ce sera la même chose.

4:35
Invité

Oui, parce qu'après avoir tenté un trait d'union à l'extrême droite pour éviter de se mettre des centaines de députés contre soi, Emmanuel Macron feint l'ouverture à gauche. Mais économiquement, ce n'est pas du tout une ouverture à gauche. On est sur un problème très libéral, très dur, comme Emmanuel Macron.

4:50
Présentateur

Je n'arrive pas à comprendre en quoi M. Bayrou est une ouverture à gauche. Alors, peut-être qu'Emmanuel Macron se souvient qu'en 2007, effectivement, Ségolène Royal avait discuté avec Bayrou pour récupérer ses voix contre Nicolas Sarkozy. Peut-être qu'il considère que ça, c'est une possibilité. Sauf que nous ne sommes plus en 2007. Nous sommes en 2024. Et beaucoup de choses se sont passées. Et plus personne ne veut de cette gauche qui tend la main au centre. Même si les socialistes ont l'air, finalement, en partie, de l'oublier. Et d'ailleurs, il faudrait se demander à quoi ça a servi les consultations.

Puisqu'au final, à part avoir un caractère un petit peu humiliant, au final, c'est Macron qui décide. Et on le voit bien. Et il a mis au pouvoir, il a mis en tant que Premier ministre M. Bayrou. Maintenant, j'attends de voir le gouvernement qu'il va faire. Et on va voir qui, des gens de l'aile gauche, de son aile gauche à lui, donc de l'aile droite du Parti Socialiste, rejoindra ce gouvernement, s'il y en a.

5:48
Invité

Pour l'instant, à l'heure où on parle, les socialistes ont dit qu'ils n'entreraient pas au gouvernement, qu'ils s'inscrivaient dans l'opposition. C'est la position officielle du Parti. Après avoir, on a bien vu que certains socialistes, déjà, voulaient Bernard Cazeneuve, etc., qui n'étaient pas du tout inscrits dans le NFP et dans le programme du NFP. Donc, c'est sûr qu'il peut y avoir quelques, entre guillemets, brebis galeuses qui ne sont pas si minoritaires que ça au PS.

6:09
Présentateur

Oui, je voudrais rajouter une chose. C'est intéressant que tu dises ça. Parce que le PS brouille constamment les pistes. C'est ça qui est un petit peu embêtant. C'est-à-dire que nous, ici, on parle d'économie. Si on regarde le programme purement économique, vraiment comme on l'a dit souvent ici, le programme économique depuis 2013 sous Hollande est un programme qui a plu à la droite et qui a plu à tous les libéraux. Donc, une partie des gens qui ont fait partie des gouvernements qui ont appliqué ces réformes-là, Valls, Cazeneuve et d'autres, ont un logiciel finalement très Macron-compatible.

Donc, c'est pour ça que le PS, certains disent, mais attends, vous ne voulez pas d'un ministre de Gaulle, je ne voulais pas M. Cazeneuve. Mais d'accord, Cazeneuve, il n'a de gauche que le nom et peut-être que le Parti Socialiste. Mais la plupart des réformes qu'il a mises en place quand il était aux manettes étaient des réformes de droite. Vous voyez ? Donc, c'est important de rappeler ça. Donc, la partie du PS qui reste encore, qui n'a pas rallié la Macronie et qui veut encore discuter pour faire élire des gens comme Cazeneuve ou d'autres, c'est vraiment pour moi les derniers du Parti Socialiste qui aurait dû normalement quitter le Parti Socialiste pour aller avec Macron.

Donc, il y en a encore, c'est assez étonnant.

7:15
Invité

La position de François Bayrou, c'est encore la même position macroniste. C'est vouloir rassembler tout le monde, il faut arrêter les divisions dans un temps compliqué, etc. Le fameux socle commun, on l'a déjà un peu dit, mais je pense que c'est important de le rappeler. Est-ce que ça veut dire quelque chose en termes programmatiques, en termes de vision économique du pays, de parler d'un socle commun ?

7:35
Présentateur

Non, non, ça ne veut rien dire. En fait, vous savez, dans le débat qu'il y a eu sur le budget, on nous a fait très peur. La volonté était de nous faire peur pour que les Français acceptent le budget avec 60 milliards d'économies. Nous l'avons dit plusieurs fois, mais rappelons-le, un plan d'austérité à la hauteur de celui que la Grèce a subi, son premier plan d'austérité, c'est-à-dire 2% du PIB. Même aujourd'hui, le Conseil d'analyse économique ou des économistes plutôt du centre vous disent qu'il faudrait faire ça plus progressivement et que 60 milliards, c'est quand même un choc important.

Donc même des gens plutôt proches de Macron au départ, dans la pensée, vous disent que c'est un choc qui était beaucoup trop important. Donc le fait de refuser ce budget et de revenir au budget 2024 est quelque chose qui nous a sauvés. Il y a des défauts dans le budget 2024, clairement, parce que ce n'était pas un budget parfait, mais il est moins pire que celui de 2025. Nous l'avons critiqué ici, le budget 2024, plusieurs fois, mais il est moins pire que celui de 2025. Il va être moins douloureux pour l'éducation, pour l'assurance maladie. Il reste d'adapter les barèmes des impôts à l'inflation qui va se faire facilement.

Mais à part ça, on est majoritairement sauvés en revenant au budget 2024. Maintenant, qu'est-ce qu'il peut faire, Bérou ? Qu'est-ce qu'il peut faire de plus que Café Barnier ? Il pense qu'avec son expérience, avec le fait qu'il soit de positionnement plus centriste, parce que Macron, il pense encore comme ça, les gens vont se rallier à lui, mais il a soutenu la réforme des retraites. Encore une fois, il soutient des coupes dans la dépense publique. Je pense qu'il n'aura pas trop de mal à adhérer finalement à un programme à la Barnier. Je crois même qu'il va retirer de la partie hausse d'impôts.

Il y a des chances qu'il fasse ça, ce qui va faire porter une plus grosse partie encore sur la dépense. Mais ça va normalement être refusé.

9:13
Invité

Toutes ces consultations, ces réunions, j'annoncerai le Premier ministre en 48 heures, je veux discuter avec tout le monde. Comment Emmanuel Macron a essayé de diviser la gauche en invitant certains. L'EFIC a refusé d'aller voir Emmanuel Macron, mais les écolos, les communistes et le PS y est allé. Tout ça, en fait, c'était du vent. On l'avait un peu dit, mais c'était pour jouer.

9:33
Présentateur

Oui, Macron, c'est quand même quelqu'un maintenant, quand on l'a suivi et on le connaît depuis longtemps puisque maintenant, on l'a au pouvoir depuis 2017. C'est quelqu'un qui adore jouer avec ce jeu du suspense. Il sait que ça va occuper les chaînes d'infos. Alors, il nous dit, ça sera demain. Au début, c'était lundi. Finalement, vous voyez, on l'a eu vendredi. Donc, il y a du suspense comme ça. Il y a des consultations, il y a de la mise en scène. Mais derrière, il est un peu bloqué.

Il ne veut pas aller à la gauche parce que ces soutiens de départ, je pense, c'est mon interprétation, ces soutiens de départ qui lui ont demandé de faire la politique de l'offre dès le début, notamment la baisse de l'ISF. Donc, c'est quand même assez significatif. Si quelqu'un vous demande de baisser l'ISF, c'est que vos soutiens, ce ne sont pas des gens qui viennent des classes populaires. Je pense qu'ils sont très inquiets qu'il y ait un ministre de gauche. Et pour eux, la gauche, je pense que ça commence à 15h9. Il n'a qu'une marge de manœuvre faible. Il ne veut pas non plus aller à l'extrême droite parce que là, ce serait vraiment un aveu qu'il a perdu alors qu'il y va déjà beaucoup.

Donc, il est coincé entre le macronisme et la droite. Il a testé la droite, ça ne marche pas. Il a Macron. Si ça ne remarche pas, qu'est-ce qu'il va faire après ? À un moment, il va être quand même quelque part poussé un petit peu à la démission où le pays va être bloqué comme ça a été le cas de la Belgique qui a été bloquée pendant plus d'un an.

10:42
Invité

C'est comme si... Enfin, on se demande s'il y a eu des élections législatives et que les Français ont choisi quelle politique ils voulaient voir à l'œuvre dans le pays. Mais avant de parler de ça, le PS, les écolos et les communistes demandent un engagement à François Véroux de non-utilisation du 49-3. C'est-à-dire que si les macronistes veulent faire passer un texte qui soit très libéral, dur, etc., vu qu'ils ne sont pas majoritaires dans l'hémicycle, ils auront besoin des votes soit à droite, à l'extrême droite ou à gauche qui représentent un énorme groupe à l'Assemblée nationale. Là, c'est le plus gros. Si la gauche propose un texte, cela peut aussi clarifier les propositions du RN.

Enfin, ça pourrait vraiment faire marcher le Parlement texte par texte. Est-ce que ça peut changer quelque chose sur la politique économique, le fait qu'il n'y ait pas de 49-3 ?

11:24
Présentateur

Vous savez, moi, je pense demander un engagement à M. Béroux, c'est comme demander un engagement à M. Valls à la primaire de gauche. C'est-à-dire que c'est des gens... Il a plus de 40 ans de politique. Il a quasiment mangé à tous les râteliers. Mais regardez, il a même fini au commissariat au plan. Qu'est-ce qu'il a fait comme rapport intéressant ? Il n'a fait que des rapports de prospective. Donc, demandez-lui de s'engager, mais il va s'engager. Vous savez, Emmanuel Valls, il a pratiqué beaucoup de 49-3. Puis quand il a fait sa primaire, il a dit je suis contre le 49-3. Donc, ces gens n'ont honte de rien. Ils ont un passif, vous voyez.

Donc, on ne peut pas faire comme si on ne savait pas d'où il venait, c'est nouveau, qu'est-ce qu'il va rénover. On le connaît, M. Béroux, on le connaît. Et je pense que lui, il se dit là, je vais être de retour, peut-être je ferai la présidentielle. Enfin, tu vois, c'est quelque part une machine de guerre politique puisqu'il a eu tout. Il a tout eu. Et il tient le coup. Mais attendre un changement de quelqu'un qui est dans les arcanes du pouvoir depuis des années, je n'y crois pas. Et attendre qu'il honore une promesse, je n'y crois pas non plus.

12:23
Invité

On se demande, je le disais, quelle est la place des élections tout court, des élections législatives dans tout ça ? D'ailleurs, un dernier sondage Elab pour BFMTV montre que les Français voulaient à 41% un ou une première ministre issue de la société civile et puis à 23% de gauche et à 17% d'extrême droite. Donc on voit que le parti présidentiel ou les partis libéraux, même si l'extrême droite est libérale, se retrouvent assez loin dans le sondage. Et BFM a titré, a parlé de premier ministre apolitique. Alors on va quand même rappeler que apolitique, ça ne veut rien dire, en particulier en politique. Est-ce qu'on ne tombe pas un peu là dans un cirque, Thomas ?

12:59
Présentateur

Si, bien sûr, c'est un cirque. Mais si on écoute déjà ce que voulaient si ce sondage, on le prend à la lettre, Lucie Castet, elle vient de la société civile. Vous voyez ? Donc elle n'a pas de mandat. Donc c'est intéressant. Elle a été choisie par un ensemble de partis, mais elle vient de la société civile. Il est vrai que ce serait intéressant peut-être de mettre quelqu'un de la société civile. Pourquoi pas ? Parce que ce serait quelqu'un qui n'a pas passé toute sa vie à faire des stratégies pour garder et obtenir un poste. ce qui est le cas d'un certain nombre de politiques de gauche comme de droite comme d'extrême droite qui à un moment regardent leurs intérêts et Bérou en est l'exemple.

Bérou était à droite, puis à un moment il était prêt à se mettre avec ses goignes royales pour pouvoir gagner contre Sarkozy pour avoir un poste, puis il s'est rallié à Macron pour avoir un poste. Donc c'est des gens qui naviguent parce qu'ils sont à la recherche aussi d'un poste. On ne peut pas faire comme s'ils étaient à la recherche que de l'intérêt général. Non mais c'est vrai. On a beaucoup vu d'hommes politiques qui ont fait exactement l'inverse de ce qu'ils ont dit. La politique, on l'a souvent dit, ce n'est pas qu'un engagement avec des idées. Les militants ont souvent beaucoup d'idées. C'est aussi un engagement avec une carrière professionnelle.

Et cette carrière professionnelle, elle veut, comme beaucoup de gens ont une capacité à oublier rapidement, que vous soyez sur les bons thèmes au bon moment. C'est ce que va essayer, je pense, de faire Bérou, mais personne ne va être dupe. Donc il y a de fortes chances, moi je pense, que ce soit bloqué. Là, vraiment, s'il y avait eu un ministre de gauche comme Cazeneuve, la situation aurait été peut-être plus intéressante d'un point de vue politique, parce qu'on aurait vu le positionnement des socialistes, le positionnement de la droite, etc. Et là, ça aurait été assez marrant. Il y aurait eu une forme de clarification. Mais là, je ne vois pas comment les choses vont pouvoir avancer.

Alors on va attendre de voir le gouvernement, parce que peut-être qu'il va réussir à récupérer certaines personnes de gauche qui espèrent obtenir un poste de ministre et qui ne l'auront peut-être que sur cette occasion-là, pour cocher la case, comme François de Rugy l'avait fait, Emmanuel Kos, et j'en passais des meilleurs. C'est un choix risqué

14:55
Invité

parce que ça peut durer trois semaines.

14:57
Présentateur

Oui, ça peut durer trois semaines, mais bon, moi, je ne serais pas étonné. On a vu tellement de gens qui sont passés de droite, de gauche à droite comme Kouchner, ou qui sont passés de Europe Écologie Les Verts à Valls comme Emmanuel Kos, ou de Canfin, des Verts à Macron. Enfin, j'en passais des meilleurs, de Rugy, Barbara Pompili. On peut vraiment en citer, en citer, en citer, en citer, trahisant leurs militants et leurs partis en faisant ça. Bon, moi, je pense que tout est possible aujourd'hui.

15:23
Invité

Et justement, sur le terme apolitique, c'est important, je pense, de refaire des rappels dessus parce que tu le dis souvent, l'économie, c'est le nerf de la guerre et puis il n'y a rien de plus politique que l'économie. Quand on dit apolitique, c'est juste vouloir garder le système actuel, politique, économique, social en place. Pas les gens qui ont répondu à un sondage au téléphone en disant, oui, je veux un ministre apolitique, mais BFM TV qui est une grande chaîne avec normalement des économistes qui savent de quoi ils parlent ou alors des journalistes économiques, de dire apolitique en termes de vision du programme économique de la France, ça ne veut rien dire.

C'est juste libéral, en fait.

15:56
Présentateur

En fait, ceux qui veulent vous vendre quelque chose d'apolitique ou de technique, un gouvernement technique, on a beaucoup entendu, en fait, font de la politique. C'est pour préserver

16:03
Invité

le système en place. Oui,

16:04
Présentateur

tout à fait. En fait, quand on dit un gouvernement technique, c'est un gouvernement qui appliquerait des objectifs techniques qui sont souvent des objectifs issus de règles européennes qui, elles-mêmes, ont été fixées pour faire de la politique. Réduire les déficits, réduire les dépenses publiques, réduire la sphère du public pour laisser la sphère du privé, donner un cadre favorable à la sphère privée en baissant les impôts. Tout ça, c'est de la politique en réalité. Mais on les transforme en règles de manière technique. Donc oui, le fait d'être apolitique n'existe pas.

Par contre, je pense qu'il y avait une vraie volonté des citoyens d'avoir quelqu'un qui n'est pas dans les partis politiques. C'est-à-dire qui n'est pas dans la tambouille. Les gens ont compris en partie que les politiques étaient dans la tambouille. Alors que quand on prend quelqu'un de la société civile, un directeur d'ONG, un directeur d'entreprise, je ne sais pas moi, un médecin, on se dit que celui-là, bon, mais effectivement, il va venir quand même avec ses idées. Et ses idées font qu'il ne sera pas apolitique. Ça n'existe pas d'être apolitique.

16:56
Invité

Vu que tout change pour que rien ne change, comment ça va se passer pour les discussions sur le budget ? Parce que les macronistes n'ont toujours pas de majorité. Ou alors, il va falloir trouver avec le RN des choses un peu libérales parce qu'ils sont dans leur communication d'être un peu pour le peuple mais de protéger quand même les chefs d'entreprise et les grands chefs d'entreprise parce qu'on n'a aucun espoir que ça se tourne vers le NFP et des mesures de protection de justice fiscale ou des choses comme ça. D'ailleurs, Barnier s'est tapé le doigt sur les macronistes en essayant de proposer un tout petit peu d'impôts sur les plus riches. Ça va ressembler à quoi le budget 2025 ?

Et surtout, est-ce qu'il faut croire aux gens qui agitent la peur en disant tout va être bloqué, il y aura un shutdown à l'américaine ?

17:32
Présentateur

Là, on le sait tous. Tout ça a été dit notamment par Mme Borne avant le vote du budget 2025 pour faire peur. Là, on sait très bien que rien ne va changer. Et même quand ceux qui vous disent que comme vous savez il y a de l'inflation et que ça va changer et que le barème de l'impôt sur le revenu ne va pas changer, il risque d'avoir un certain nombre de gens qui vont payer un impôt qui normalement ne doivent pas payer l'impôt. Même quand on vous dit ça, en réalité, ça n'arrive pas avant septembre. Là, vous allez arriver comme un prélèvement à la source, vous arrivez en janvier, février. Le prélèvement à la source, il est basé sur l'impôt de 2023 comme c'était le cas dans le budget de 2024.

Donc, il n'y a pas de souci. Donc, il n'y a pas de changement. Ça continue. Et à partir de septembre, là, il y a un réajustement des prélèvements, du taux de prélèvement sur votre impôt sur le revenu. Donc, s'il y a un budget qui est voté entre janvier et juillet-août, il n'y a pas de souci. Là, il n'y a pas de souci. S'il est voté après, il y aura une loi rectificative qui permettra de tout modifier. Donc, le vrai problème, c'est que si à un moment, il y a une autre motion de censure que c'est rejeté, effectivement, instabilité sur instabilité politique, il peut y avoir là des inquiétudes réelles.

Alors, des inquiétudes pas catastrophiques parce que, vous savez, ceux qui achètent notre dette, ils ont des milliards. Ils ont des portes faits avec plein d'argent. Ils doivent les ventiler en les plaçant dans du privé, du public et ailleurs. L'histoire de notre politique, alors, ils peuvent le lire sur une conjoncture, mais vous savez qu'en Allemagne, il y a eu un budget bloqué il n'y a pas longtemps aussi. Vous savez aussi que la Belgique, qui est un pays européen, n'a pas eu de gouvernement pendant quasiment 500 jours. Donc, vous voyez, ils regardent ça de loin. Ils se disent, bon, ça reste quand même la France. Ce n'est pas la crise politique de dingue, vous voyez.

Mais il y a des primes de risque qui peuvent faire augmenter un petit peu, effectivement, les taux. Et ça, il ne faut pas avoir peur de le dire. Mais à un moment, s'il y a deux motions de censure, si le budget est rejeté deux fois de suite, il y a un responsable, quand même.

19:16
Invité

Mais c'est marrant parce que c'est les macronistes qui disent au NFP, oui, vous êtes irresponsable de voter la censure. Mais en fait, la responsabilité a bien sûr les maîtris de Macron.

19:22
Présentateur

Heureusement qu'ils ont voté la censure parce que s'ils n'avaient pas voté, comme j'ai dit, les premières coupes étaient dans l'éducation. On avait des coupes sévères dans l'éducation. On avait des coupes sévères dans l'assurance maladie. On avait des coupes sévères. On avait un plan austérité de 2%. Heureusement qu'on a le budget 2024 qui n'est pas parfait, qui est déjà austéritaire, qui ressemble beaucoup, qui a un budget de la Macronie. Mais heureusement que nous n'avons pas ça parce que là, on allait avoir un budget beaucoup plus violent. Donc, il faut voir après si les gens assument le fait que ce soit rejeté. Donc, l'envoie responsabilité, c'est sur Emmanuel Macron en fin.

C'est lui qui nomme le Premier ministre. Donc, c'est lui qui fait comme citer les autres. Mais non, il nomme que des premiers ministres qui étaient derrière, enfin, qui sont sortis perdants. Comme l'a dit M. De Villepin, comme c'est écrit dans la Bible, les derniers sont devenus les premiers. Donc, il a nommé d'abord la droite qui était la plus minoritaire. Maintenant, il y a un de la Macronie. Donc, non, non, c'est le responsable, c'est lui puisque c'est lui qui est... Donc, il ne veut pas assumer la responsabilité. Mais à un moment, ça va trop se voir. C'est tout.

20:16
Invité

Et merci à vous, chez vous, d'avoir suivi cet épisode de l'Instant Porsche. J'attrape une dernière fois votre attention avant de se quitter. La situation politique est inédite, historique, de direct par jour du terrain du reportage mais aussi de l'enquête. Le Média, c'est 25 travailleuses et travailleurs qui produisent de l'information au quotidien. Et vous le savez, le journalisme indépendant a un prix. Nous ne sommes détenus ni par l'État ni par un riche actionnaire. Le Média est en pleine campagne de dons de fin d'année. Nous ne vivons que par votre soutien. Chaque don, chaque soutien compte. Soutenez la première chaîne d'infos indépendantes de France. Objectif, 200 000 euros.

Spectateurs, abonnés, donatrices et sociaux. Je vous dis à la semaine prochaine.