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Podcast / conversationFrance Culture (sur YouTube)· 28 janvier 2020 27 minComplaisantDivertissement

Mariana Otero/Gilles Caron : échanges de regards

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bonjour à tous et bienvenue autour de cette grande table la gauche at-elle renier ses valeurs on en parle à partir de 12h55 avec notre invité la philosophe stéphane heroes hauteur de la gauche contre les lumières avec un point d'interrogation elle fait dans cet essai un état de la pensée à gauche et tente de comprendre lentilles universalisme actuelle d'une partie de la gauche mais d'abord échange de regards réalisatrice de l'histoire d'un secret et de l'assemblée mariana otero est notre invité à l'occasion de la sortie en salles mercredi de son nouveau film documentaire histoire d'un regard elle y raconte sa rencontre dans et par l'image avec un grand grand photographe disparu en 70 pendant un reportage au cambodge il s'appelait gilles caron il avait tout juste 30 ans mariano otero est notre invité à écouter tout de suite sur france culture ou plus tard si vous le souhaitez sur le fil de vos podcasts la grande table [Musique] olivia gesbert un jour un ami m'a envoyé un livre la biographie d'un photographe gilles caron [Musique] je me suis aperçu que certaines de ces photos habité ma mémoire la guerre des six jours mai 68 le conflit nord-irlandais la guerre du vietnam et puis sa disparition au cambodge en 1970 il a tout juste 30 ans ça c'est quelque chose de très incroyable en lui c'est que dans une pellicule et 30 civils y en a au moins 30 qui sont exploitables c'est incroyable comment allez-vous très bien là je vous vois vous dans ce film vous le tutoyer gilles caron pourquoi qu'est ce qui nous différencie dans notre relation au sujet alors je les tutoyer parce que j'ai passé six mois à rechercher dans ses photos l'ordre dans les caddies les avait prises parce que les et du coup j'ai vraiment fait des recherches je suis vraiment rentré dans ses pages et suivi son fonds cheminement physiques et intellectuelles et toute cette période de travail et des recherches a fait que je me sentais quand même assez près de lui d'une certaine façon et puis parce que le film le projet de ce film c'était de rendre présent j'ai caron et je pense que le tue d'emblée ça ça convoque sa présence beaucoup plus que le il est et ça entraîne justement le spectateur dans cette recherche de façon beaucoup plus efficace que si c'etait il mais c'est plus qu'un choix formels et ayant le sens c'est à dire qu'à un moment au fil de cette enquête qui a été large qui a pris du temps la rencontre s'est faite pour vous entre vos deux regards j'ai eu l'impression effectivement de comprendre vraiment comment ils travaillent et à la fois comment ils passaient d'un d'une pellicule à l'otan fin d'un objectif à l'autre comment il s'approchait des gens comment ils saisissent et une situation comment il s'intéressait aux personnages à construire des personnages et donc moi j'ai oui j'ai eu l'impression d'être d'être à même d'être de comprendre son travail il est mort à trente ans au cambodge en six années seulement de reportages il a réalisé plus de cent mille photos 2590 planches contacts c'est beaucoup c'est énorme vous les avez tout eu ces photos entre vos mains c'est même là matière à partir de laquelle vous avez travaillé mariana otero comment vous avez fait pour ne pas vous noyer j'ai cru me noyer plusieurs fois ça a été c'est peut-être ça qui a été plus difficile en fait donc ce qui s'est passé c'est que j'ai eu accès effectivement assez cent mille photos à la fondation car on m'a confié un disque dur ce qui est une chance absolument incroyable de pouvoir comme ça voyager dans tout un travail d'un photoreporter et ce qui s'est passé en fait c'est qu'elle était dans le désordre c'est très important parce que c'est ça qui a aussi motivé au départ d'une certaine façon à ma recherche enfin qui a été un peu le le déclencheur d'une enquête dont qualité dans des ordres pourquoi parce que les agences envoyé fin recevez les pellicules son numéro parce qu'il photo reporter avait pas le temps de mettre des numéros et comme elle n'était pas étirer et développer c'était des numéros aléatoire donc moi pour comprendre le cheminement de gilles caron je devais remettre en ordre et c'est c'est ce travail là absolument essentiel qui m'a qui m'a vraiment rapproché lui la remise en ordre aussi le fil de ses six ans dans sa vie de tout ce qu'il a pu voir comprendre et l'évolution de son regard parce qu'il ya la maturité qui va aussi qui va arriver gilles caron c'était le robert capa français a dit de lui cartier bresson ce jeu passe il faut entrer dans ce type de comparaison mais vous comment vous vous qualifiez aujourd'hui ce regard que vous avez tantôt observé moi ce qui m'a frappé c'est la manière dont il s'intéresse aux gens c'est à dire que c'est pas seulement la situation qui veut raconter il est pas là juste pour couvrir l'actualité ce qui l'intéresse c'est vraiment de saisir quelqu'un il ya toujours quelqu'un même quand il photographie par exemple les enfants au biafra il essaie de saisir cet enfant là et pas seulement un enfant qui serait affamé il ya vraiment cette cette attention aux gens alors c'est à travers le travail sur le corps il ya beaucoup de présence des corps il fait des plans jeudi des plantes est ce qu'il ya quelque chose de très cinématographique dans travail de gilles caron à la fois cette attention au corps et cette attention aux regards c'est à dire que les il ya toujours une rencontre entre lui et les gens qui photographient et ça pour moi ça caractérise vraiment son travail certes vous pensez que ce qui l'intéressait le plus au fond c'était vraiment les hommes au coeur de l'histoire plus que les événements et pourtant il en a couvert un certain nombre d'événements oui c'est à dire que c'est pas seulement l'événement c'est à dire ces scellés les gens à l'intérieur de cet événement est là il essaie de saisir les gens dansent qui dans leur singularité et de pas les réduire en fait à la victime se sont jamais que des victimes ce sont d'abord des gens qui dont ont saisi quelque chose qui fait qu'ils sont pas voilà qui sont pas banaliser il ya une singularité qui fait qu'ils donnent justement de façon assez paradoxale d'une universalité à ces photos une photo lisible clair net et serré qui provoque un effet de surprise et c'est gagné 10 de ces photos raymond de parents qui l'a vraiment repérer et ils ont continué à travailler aussi ensemble tous les deux avec une amitié professionnels qui est vraiment née entre les deux hommes il n'y a pas tellement de différence entre couvrir la guerre en israël et couvrir la première d'une soirée à l'olympia écouter la voix de gilles caron dans votre documentaire mariana otero histoire d'un regard il n'y a pas tellement de différence entre kuala égal en israël et sur la première exact pour moi c'est pareil ils ont trouvé à chaque fois la petite histoire gauche avec trucs plus convaincant le lendemain frais dimanche celui-ci paris nice mais on ne peut pas ne pas faire aussi la donne sur scène en fait un succès fou père la personne sur scène applaudi par les gendarmes ce stade il faut avoir le temps de faire et de saluer et se retrouver derrière les doigts avec elle pour être avant les gens qui vivent pour lui serrer la main pour pouvoir être le premier dans les coulisses a bien souvent n'est pas contre les manuscrits l'arrêt de cette adresse qu'une loge d'artiste moi qui prends comme ça de portland comme ça il ya 300 personnes qui essayent de rentrer en même temps et bien le gars qui fait ça bien et régulièrement bien c'est un type qui sera bombe sur autre chose c'est pas possible autrement parce que ce type qui aura à chaque fois il leur a lol il en tira un moment auquel il choisit pas voilà parce qu'il faut aussi raconté mariana otero que dans cette masse de photos il y a des photos prises dans des situations de guerre sur des conflits de guerre des terrains que des théâtres de conflits d'opération mais il ya aussi des photos qui nous semble beaucoup plus légères futile aujourd'hui pour un homme qui a vu autant de souffrances traverser aussi tous ces moments là deux stars aux starlettes de l'époque oui c'était le quotidien des journalistes à l'époque à il fallait photographier les people les les premiers à l'olympia les hommes politiques beaucoup les conseils des ministres dont j'ai vu une quantité absolument incroyable de ce type de photos dans lesquelles ils arrivaient à faire à chaque fois des photos assez extraordinaire à 2 go par exemple il ya toute une série fac et pas dans le film mais mais qui est très très belle et est donc entre des photos fin des reportages de guerre il y avait ce quotidien donc il en chine est en fait reportage à paris et puis tout d'un coup ils partaient à l'autre bout du monde trois jours parfois plus longtemps trois mois au vietnam mais parfois de façon très très courte c'est d'ailleurs ça qui est un petit à petit la l'a épuisée et c'est ça qui l'a remis en question cette méthode de travail il était attaché à un journal paris match ou non il était attaché donc à l' agence gamma et c'est effectivement raymond depardon qui l'a fait rentrer mais publié beaucoup dans paris match c'était quand même un des journaux où il y avait le plus de photos de photo reporter magazine depuis sa naissance qui pratiquent ce mélange d'ailleurs entrer des sujets d'actualité très chaude et deux quotidiens des célébrités des événements culturels d'actualité culturelle aussi en france ce qu'il dit dans cet extrait intéressant et dc cam dans ces moments là qui nous semble un peu anodin qu'un photographe se taille un regard et notamment sur sa manière d'observer les visages de de capter des expressions des gens de s'approcher de plus en plus aussi de ses sujets oui il est on pourrait presque dire que des fois il photographie les soldats ou même des femmes se redécouvrir parce que c'est un photographe qui a beaucoup photographié les femmes on pourrait presque dire qu il les photographie aussi enfin avec une attention comme si c'était des stars ou des modèles enfin il ya ya ya pas tellement de différence effectivement dans sa manière de mettre en valeur des gens sur un conflit et de les mettre en valeur à l'olympia il ya sept 7 même attention oui vous pensez notamment cette très belle série des prostituées au vietnam oui voilà un qu'il a pu réaliser sur leur encontre si avec les soldats ces moments de huy de rencontres qu'il peut y avoir entre les deux oui ça c'est au nom parce qu'au vietnam dont il va à la fois photographié la bataille de d'actos dont on ne se souvient plus mais qui à l'époque était à une colline voilà où il y avait des combats absolument dingue et lui il va aller il va sortir de ça il va sortir des photos d'actualité pour aller photographier d'autres choses et ça arrive très souvent fait dans ses reportages et là il s'attache aux prostituées il ya plusieurs reportages et y en a un où il est c'est mes photographies de très loin après il rentre dans un café et là on était plus près et puis après vraiment ici mais rj dans un espèce de deux lieux un peu de boulot comme ça où les ou des femmes reçoivent voilà d'aidé des soldats nos cpistes de cabanes et et on sent enfin moi j'ai une impression c'était comme un documentariste comme moi quand je me dis merde dans un endroit j'ai reconnu ce type de travail où il est dans un endroit il prend le temps il prend le temps avec ces femmes de parler avec elle on sent qu'il ya une complicité et il fait un un reportage qui ressemble presque à une séquence de film du début à la fin de jusqu au moment même où elle compte l'argent et la grande complicité qu'il avait que ces femmes ça ça ils révèlent quelque chose qu'en général on photographie peut c'est-à-dire les effets de la guerre pour les femmes c'est à dire qu'il ya plus de travail et économiquement elles sont obligées elles mêmes de subvenir à leurs besoins et donc à la prostitution la bataille de d'actos que vous décidez mariana otero en 67 sur le moment dit il tu ne sais pas vraiment quoi faire comme les autres tu plonges dans les trous tu mitraille tu suis un gars c'est intéressant parce quand il raconte sa pratique du métier il théorise en fait assez peu un gilles caron rappelons donc il est quand même mort jeune aussi à 30 ans on voit qui les a animés par la situation elle même vous vous parlez avec ce film cette histoire d'un regard de rendre sensible sa trajectoire la trajectoire du photographe qu'elle feu l'animé au fond vous dire moi je pense que c'est l'hypothèse que je fais dans le film que là bon il a été donc soldats pendant la guerre d'algérie il a été appelé il a d'ailleurs à un moment donné il a refusé d'aller au combat à la fin c'était quelque chose qui l'a énormément marquée je pense qu'il a vu des choses d'ailleurs c'est écrit dans ses lettres à sa mère qui sont présentes dans le film il dit à un moment donné qu'il a vu des choses tellement horrible qui peut pas les dire et mon hypothèse c'est que il devient photographe pour montrer ce qu'il n'a pas pu montrer ce qui n'a pas pu dire de ce qu'il a vu dans la guerre d'algérie donc en fait quand il sort de la guerre d'algérie il et il veut à la fois être journaliste ou bien peut-être travailler dans une galerie d'art et en étant photo reporter il allie les deux et est-ce qu'il anime au départ je pensais ça c'est raconter ce qu'il a vu et puis au fur et à mesure comme il devient célèbre très rapidement dès son premier grand reportage en israël est bien au fur et à mesure il va se poser toutes les questions que se posent un photo reporter mais effectivement pas en théorisant mais ça se voit dans ces photos et donc quand je parcourais les différents reportages au fur et à mesure on voit comment il se pose des questions comment il se remet en question comment il se dit est-ce que vraiment ça sert à quelque chose que je suis en train de faire est-ce que c'est suffisant d'être témoin est ce que je devrais pas agir et ça c'est évidemment des questions fondamentales et ils se les pose déjà de trois ans après son premier grand reportage est là encore vous avez retrouvé des lettres qu'il a envoyées à sa mère au moment où il est en algérie qui fait son service militaire et qu'il va refuser de combattre ans qui va lui falloir donc c'est ce temps en prison 1960 qu'il écrit à sa mère dès que j'ai cinq minutes je lis où j'écris quand nous combattons j'ai l'air de me promener au bois de boulogne plutôt que de pourchasser le flouze raconte-t-il il est déjà entre acteurs et témoins entre les deux il va dire aussi ou écrire on s'endurcit à force d'être plongé dans un monde grossier et sans tendresse et là il a à peine une vingtaine d'années gilles caron on va écouter les mots du professeur à paris un commissaire de l'exposition gilles caron le conflit intérieur c'était au jeu de paume il ya cinq ans michel poivert gilles caron conflits intérieurs ce titre lui va très bien la figure de celui qui regarde de l'observateur est effectivement extrêmement récurrentes on peut avoir des observateurs à la jumelle comme par exemple durant le conflit des six jours ou au tchad on peut avoir des lecteurs on peut avoir des scrutateurs et ça c'est absolument déterminant chez lui celui qui regarde c'est celui qui comprend et c'est ça qui est très intéressant chez gilles car on sait qu'à un moment donné faire son métier c'est à dire montrer l'horreur n'est plus un métier c'est une mise en cause de la position de l'observateur et la position de l'homme par rapport à un autre et toute son intelligence sa a été de montrer la douleur des autres avec compassion mais un certain niveau de se montrer lui même en train de faire cet acte d'observation et c'est la raison pour laquelle la photographie de raymond depardon en train de filmer un enfant mourant c'est à dire c'est une mise en abyme de son métier c'est aussi une sorte d'autoportrait c'est une question ouverte à toute l'histoire du photojournalisme et du journalisme en général c'est quelle est ma place jusqu'où je dois aller quel est le sens de ces images je fais voilà le témoignage de michel poivert autour de gilles caron michel poivert dans le livre 50 ans de photographie française paraît chez textuel cette question de la place du photographe à la fois observateurs est engagée quand même dans une situation c'est aussi ce que vous montrez racontez là michel poivert évoque un exemple que vous avez aussi traité dans le film celui de cette photo qu'il va prendre de raymond depardon pendant le biafra de sept enfants rachitiques qui est à terre oui cette photo est extrêmement frappante alors moi dans pour comprendre cette photo ce que j'essaie de faire donc je remonte dans la pellicule pour voir qu'est ce qui l'amène à cette photographie est en fait en remontant comme ça on se rend compte que gilles caron quelques photos avant il était en train de faire cette photo il ay là il est exactement à la place ou et de pardon quand il photographie de pardon en train de filmer donc l'hypothèse c'est qu'effectivement il fait des photos de cette femme et de sept enfants puis après ils se détournent va photographier une autre femme et puis il se retourne et là il voit depardon exactement la place wilité et je pense que ça lui il est choqué et d'une certaine façon c'est c'est vraiment là qu'est ce que j'étais en train de faire qu'est ce que je suis en train de faire alors évidemment son ce reportage qui fait au biafra va servir à l'aide humanitaire c'est ça ce partir de là qu'il va devoir médecins sans frontières donc c'est extrêmement important il est utile bien sûr mais en même temps au moment où il fait la photo cet enfant il empêche pas de mourir et 7 ce qu'est ce que c'est que ce métier où on photographie déjà en train de mourir au lieu d'intervenir et je pense que ça c'est une question qui c'est vraiment un moment de bascule dans son travail que vous voyez par la suite que je sois la suite des sols et pellicules qui ont pu suivre ça me va c'est à dire que après quand ils rentrent du biafra je pense qu'il a il a envie de faire autre chose et le reportage qui est fait en irlande je pense est une réponse à sa soeur qui va en irlande sans kit commandes et là il passe trois jours à photographier des jeunes gens et surtout des jeunes gens et des enfants même des rebelles comme ça une cause à laquelle il adhère c'est très clair ils passent ils passent très clairement du côté des policiers acp au côté catholique face dit catholique c'est mandy aurait côté républicain et et on sent que là il épouse cette cause et je pense que c'est une manière de commencer à vouloir faire autre chose c'est-à-dire ne pas ne pas juste photographier des choses de misérables mais s'efface trop trop dur quoi pour essayer de dd à à construire le récit d'une révolte vous êtes notre invité jusqu'à 12h30 mariana otero à l'occasion de la sortie de votre film documentaire en salles ce mercredi histoire d'un regard consacrée au photographe gilles caron décédé en 70 l'histoire d'un regard donc c'est à voir en salles mercredi france culture la grande table olivia gesbert l'histoire d'un regard le sien mais aussi le vôtre mariana otero parce que c'est un échange qui se joue aussi dans cette heure et demie de film dans cette rencontre que vous avez pu faire par photos interposées premiers grands reportages de gilles caron c'est la guerre des six jours on s'est trouvés dans la guerre comme ça il n'y a personne tout à coup le silence raconte-t-il vous avez là encore essayé de retracer le fil de ses photos et de ce regard premier regard sur une situation de guerre on écoute un extrait qu'est ce qu'il veut il veut des soldats pourquoi il prend c'est pourquoi il photographie par là le mur il est là encore c'est mieux au bout il photographie comme ça c'est curieux en fait qu'ils fassent ça dort quand gilles caron va arriver sur le mur des lamentations il sait absolument pas que ces murs des lamentations ah ben c'est à dire alors la photo là ça correspond complètement way et après s'il doit créer ces rencontres que les soldats qui sont embrassés lyon qui se dit là je pense qu'il est là c'est qu'il faut qu'il fasse des photos quoi pour cela la tac tac tac tac tac tac il déclenche là quand même c'est comme emi au bon endroit passé doit bousculer par tous il veut il ça y est il a compris que c'est ça le truc enfin qu'il faut avoir le mur quoi voilà vous êtes avec l'historien vincent lemire qui passe à un moment fantastique a observé le cheminement du photographe à retracer le fil de ce reportage avec vous sur un véritable chemin de fer pourquoi cette forme est là cette occasion là à la réalisatrice cette forme de la reconstitution alors en fait ce que je me suis dit dès le début de l'écriture de projet c'est que je voulais pour chaque reportage utilisé un dispositif narratif différents et pour que ce soit pas répétitif et puis pour aussi donné à avoir le plaisir que moi même j'avais eu dans cette découverte de 40 ans et j'avais utilisé des moyens différents pour jérusalem je pensais que c'était très important d'avoir un historien spécialiste de jérusalem qui connaissent très bien l'histoire parce que c'est quand même un sujet extrêmement brûlant et que moi moi même j'avais eu du mal à enfin je comprenais pas les trajets qu'ils avaient fait dans cette ville donc j'ai j'ai eu l'idée comme ça de faire venir cet historien dont vincent lumière est un grand grand spécialiste connaît très très bien donc pour le choisir je l'avais montré une photo je suis hélas il m'avait tout de suite tu avais trouvé où ça avait été fait et c'est donc je me suis dit voilà c'est le bon choix et quand ils découvrent dans cet atelier où j'ai installé toutes les photos que j'ai car on a fait ce jour là en fait que ça dure le tournage dure cinq heures il est effectivement absolument fasciné par ce qu'il voit pas ce qu'il ya des choses qui connaît très bien mais il ya des choses qu'il n'avait jamais vu quoi entre autres la dernière photo du quartier maghrébin que j'ai car on a fait donc c'était c'était un moment absolument passionnant au mois jeu kid apporte beaucoup de réponses à des questions je me posais qui apporte des éléments fondamentaux par exemple fait que les soldats d'armes israéliennes porté les uniformes que les soldats français portés pendant la guerre d'algérie donc là encore j'ai caron quelque part il se voit il se voit dans ces photos et tous ont enfin tout son travail est habité par sa il ya quelque chose d'autobiographique on pourrait dire d'une certaine façon dans son travail est donc cette scène a été pour moi c'est un grand grand un grand défi et dade parce qu'elle était extrêmement préparer et en même temps elle est totalement documentaire donc en termes de cinéma c'est c'est vraiment ce que j'aime c'est à dire à la fois cadrer les choses les préparait comme dans une fiction et en même temps laisser la place à l'improvisation c'est un peu ce que lui fait d'ailleurs comme photographe 1 le point de départ de ce documentaire on parlait des cent mille photos auxquelles vous avez été confronté vous repartez de la fameuse photographie de cohn-bendit pendant mai 68 prise par gilles caron quand il regarde souriant insolent le policier il a été à ce moment-là convoqué il doit venir rendre des comptes et vous retracer le cheminement du regard de gilles caron des images à la fois assez spontané on sent aussi mais travailler quand même par par la recherche de la bonne composition pour lui il ya cet échange de regards entre cohn-bendit et gilles caron comme une complicité où chacun va essayer de se positionner au bon endroit vous pour vos films mariana otero vous mettez longtemps à trouver le bon point de vue on ne se lasse et c'est oui c'est en fait et c'est un peu ça que j'essaie de raconter aussi dans le film c'est que c'est toujours le fruit à la fois du hasard mais c'est aussi le fruit évidemment avant d'un grand travail en fin d'un long travail d'un travail de repérage qui permet au moment où les choses arrivent qui est forcément imprévus qui est forcément ce qu'on n'a pas imaginé d'être prêts à le saisir et le film raconte ça à la fois à la fois je raconte comment de façon un peu hasardeuse suis tombé sur ce livre est comment le travail va faire qu'à un moment donné je vais pouvoir mettre en évidence et révéler quelque chose du travail de jk rang mais aussi dans ce reportage effectivement que fait j caron sûr comme le dit on voit bien comment ils cherchent ils repèrent quelque chose qui pourrait être intéressant et comment il va tout faire sur deux pellicules pour arriver à être à la bonne place donc c'est la bonne place elle n'arrive pas comme ça c'est pas le que le hasard c'est le fruit d'un long travail voilà et puis vous l'avait raconté aussi il y a c'est ce que vous dites et dont vous témoignez dès l'ouverture du film il ya pour voir un écho entre ce qu'a vécu gilles caron est ce que vous vous avez connu votre mère est décédée aussi très jeune à peine 30 ans laissant derrière elle deux filles dont vous comme gilles caron d'eau petite fille aussi l'huile les avait photographiées votre mère vous avez dessiné donc en sang cette histoire que vous aviez raconté dans histoire d'un secret ce parallèle cette résonance aujourd'hui avec l'histoire d'un regard est ce que vous direz que cette écriture que vous avez pratiqué pour ce film là reste assez expérimental et subjective est et ce qu'elle ne pouvait trouver sa place qu'au cinéma aujourd'hui on ne pourrait pas diffuser un film comme celui-ci à la télé ou en tout cas le produire que pour la télé bon il ya quand même là il ya quand même une chose qui pour moi est très importante et qui passerait pas la télé c'est les photos grand écran c'est quand même extrêmement fort de voir ses photos en grand écran après la télé malheureusement elle elle accueille pas d écriture originale en est quand même assez formaté aujourd'hui est justement par exemple elle est très peu la place à l'improvisation c'est à dire que la dernière fois que j'ai essayé d'être avec la télévision c'était un échec parce qu'il voulait absolument savoir ce que le film allait raconter ce que des scènes à les raconter et là par exemple vincent lemire je sais pas ce qui va ce qui va raconter je sais pas ce qui va se passer quand je vais rencontrer les gens qui l'a photographié en irlande et que je les découpe 50 ans après je sais pas du tout ce que ça va donner et c'est ça qui est beau c'est ça qui fait la force et c'est ce mélange mais il faut il faut pouvoir improviser et la télé elle accepte pas du tout ça et il ya comme un boom du documentaire en ce moment il ya des choses absolument magnifique qui s'y font le droit de plus en plus autour de cette grande table on parle de avec des réalisateurs des cinéastes deux documentaires parce qu'on sent que c'est aussi un champ d'expression tout à fait important est ce que les festivals vont pour vous pour peut-être ouvrir aussi une nouvelle voie je pense à ça parce que le fait pipi de la doc jaric vient de rendre son palmarès en un mot un grand prix du documentaire international qui était décerné au réalisateur israélien dror mort et pour des human factor qui interroge la place du facteur humain dans la résolution des conflits puis un grand prix du documentaire nationale c'est à dire pour les français décerné à danser sa peine de valérie muller ce qu'en dit le juridique est un sujet qui avait été déjà beaucoup traité l'intervention d'un artiste en prison mais qui si elle l'a traitée de manière qui surprend qui fait émerger des personnages assez magnifique la star du documentaire c'est le chorégraphe angelin prejlocaj mais qu'ils passent au second plan à côté des témoignages voilà pourquoi le jury a consacré ce film oui ben moi je pense effectivement des festivals sont importants bon après c'est pas se passer longtemps dans un festival au cinéma ce qui est bien c'est que il ya un certain temps pour que le public puisse découvrir les films et moi je bon moi c'est d'ailleurs pour ça que je vais aller vers le documentaire c'est je trouve que c'est un lieu effectivement de liberté d'écriture et d'invention la fiction c'est beaucoup plus compliqué il ya beaucoup plus d'argent beaucoup plus de voilà donc là il fait tout d'un coup ça se formatent plus il ya d il ya des demandes d'un certain type de film qui est plus compliqué d'être libre en fiction je pense qu'on augmente elle même si je vis damman je pense qu'il a des très bonne fiction et c'est pour ça qu'il ya une appétence je pense des réalisateurs vers le documentaire la télévision malheureusement n'accueille pas assez et donc on se retrouve beaucoup de films en cinéma ce qui est formidable sauf que comme les écrans sont quand même envahi par le même type de film on a un petit peu de mal à trouver d'autres plats dont il va falloir voir aussi qu'elle sera la seconde vie de ce film merci beaucoup à vous mariana otero d'avoir été avec nous ce soir avant première c'est à paris au cinéma le balzac et demain on est dans les baies mardi oui demain sortira en salles partout en france de votre film histoire d'un regard autour de gilles caron merci à vous