Niveau des élèves : "des politiques éducatives désastreuses depuis 10 ans" estime la co-secrétaire FSU dans le Haut-Rhin
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 30 %Défensif 70 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:14OuverteRéponse directe
Marianne Bross, bonjour. Vous êtes la co-secrétaire du syndicat enseignant FSU dans le primaire, dans le Haut-Rhin.
- 0:23OuverteRéponse directe
Selon notre enquête, 62% des habitants de notre région estiment que le niveau est mauvais dans l'enseignement public.
- 1:46OuverteRéponse directe
Comment vous l'expliquez, puisqu'il y a quand même des moyens qui ont été mis dans l'éducation prioritaire, mais ça n'a pas suffi ?
- 3:16OuverteRéponse directe
Est-ce que quelque chose a changé dans la façon dont on apprend ces fondamentaux dès l'école primaire ?
- 4:28OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y a aussi un manque de concret dans l'enseignement ?
- 5:22OuverteRéponse directe
Dernière question, peut-être un manque de moyens aujourd'hui, des classes surchargées ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:34InvitéFait
« ce que pensent les habitants corroborent tout à fait ce que disent les résultats de PISA. »
- 0:56PrésentateurChiffre
« La France recule au 27e rang des pays de l'OCDE, un recul qualifié d'historique. »
- 1:03InvitéFait
« un tiers des élèves n'atteignent pas un niveau en maths et en compréhension de l'écrit qui leur permettrait par exemple de comprendre une facture ou de comparer des prix dans un supermarché. »
- 1:22InvitéFait
« le système scolaire français demeure un des plus inégalitaires au monde. »
- 2:15InvitéFait
« des politiques éducatives assez désastreuses depuis 10 ans et la mandature d'Emmanuel Macron, avec notamment un sous-investissement chronique dans l'éducation. »
- 2:26InvitéChiffre
« en France, par rapport à la moyenne de l'OCDE, on investit 11% de moins dans l'éducation que les autres pays. »
- 2:43InvitéFait
« On investit de moins en moins dans l'éducation. »
- 3:11PrésentateurChiffre
« Les résultats en maths ont baissé de 16 points. »
- 3:23InvitéFait
« la volonté ministérielle depuis plusieurs années, c'est en lecture particulièrement, c'est de centrer les choses sur l'influence. »
- 3:40InvitéFait
« l'oralisation rapide et avec un chronomètre d'un texte. »
- 4:42InvitéFait
« en maths, de plus en plus, on donne à penser que pour apprendre les maths, il suffirait par exemple de faire du calcul mental. »
- 5:26InvitéFait
« sous-investissement chronique, ça entraîne des classes trop chargées. »
- 5:33InvitéChiffre
« la moyenne des effectifs par classe est de 21,7 dans notre département, dans notre académie, alors qu'en Europe, c'est 19,2. »
Temps de parole
- Invité72 %
- Présentateur26 %
≈ 1,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
8h45, ici Alsace, journée spéciale ce mercredi, Sophie, au tour de notre première consultation, dites-le ici, consacrée à nos enfants. Une consultation qui révèle le pessimisme pour l'avenir de nos enfants et les inquiétudes concernant le système scolaire. Marianne Bross, bonjour.
Bonjour.
Vous êtes la co-secrétaire du syndicat enseignant FSU dans le primaire, dans le Haut-Rhin. Merci d'être en direct avec nous ce matin. Selon notre enquête, 62% des habitants de notre région estiment que le niveau est mauvais, je cite, dans l'enseignement public. J'imagine que ce résultat vous désole
? Oui,
tout à fait. Et ce que pensent les habitants corroborent tout à fait ce que disent les résultats de PISA. Puisque l'enquête PISA, donc le programme international de suivi des acquis scolaires dont les résultats viennent de tomber, indique qu'il y a une baisse importante des compétences en maths et une véritable dégringolade en compréhension de l'écrit. Donc effectivement, ça
nous intéresse. La France recule
au 27e rang des pays de l'OCDE, un recul qualifié d'historique. Mais est
-ce
que c'est grave
? Oui,
c'est grave parce qu'en fait, cette enquête montre qu'en fait, un tiers des élèves n'atteignent pas un niveau en maths et en compréhension de l'écrit qui leur permettrait par exemple de comprendre une facture ou de comparer des prix dans un supermarché ou de retrouver une information dans un texte relativement simple. Donc oui, oui, c'est inquiétant. Et ce qui est encore plus inquiétant peut-être, c'est que le système scolaire, et c'est démontré par l'enquête PISA, le système scolaire français demeure un des plus inégalitaires au monde. Ça veut dire en fait que les plus défavorisés restent défavorisés, que les écarts se creusent avec les milieux plus favorisés.
Le classement PISA évalue les élèves de 15 ans tous les 3 ans et les inégalités se creusent. Comment vous l'expliquez, puisqu'il y a quand même des moyens qui ont été mis dans l'éducation prioritaire, comme on appelle ça en France ces dernières années, mais ça n'a pas suffi, notamment les classes dédoublées en CP, CE1
? Oui,
alors on l'explique pas du tout par le biais des élèves qui, selon nous, sont toujours vraiment avides d'apprendre. Pas non plus par des problématiques d'enseignants qui sont toujours extrêmement volontaires et soucieux de faire réussir les élèves. Mais on l'explique vraiment par des politiques éducatives assez désastreuses depuis 10 ans et la mandature d'Emmanuel Macron, avec notamment un sous-investissement chronique dans l'éducation. Il faut savoir qu'en France, par rapport à la moyenne de l'OCDE, on investit 11% de moins dans l'éducation que les autres pays. Du coup, ça se chiffre en milliards, le manque pour l'éducation.
Et en pourcentage du PIB, là aussi, ça baisse depuis des années en France. On investit de moins en moins dans l'éducation. C'est la première explication. Une seconde explication, c'est la multiplication des réformes ces 10 dernières années, toujours sous Emmanuel Macron. L'école a dû faire face à une multiplication de réformes qui ne sont jamais évaluées et qui, pour un certain nombre d'entre elles, vont même à l'encontre de tout ce que peuvent dire les chercheurs en pédagogie.
On a parlé des résultats sur la compréhension de l'écrit et sur les maths. Les résultats en maths ont baissé de 16 points. Français, maths, ce sont les fondamentaux. Est-ce que quelque chose a changé dans la façon dont on apprend ces fondamentaux dès l'école primaire
?
Oui, alors la volonté ministérielle depuis plusieurs années, c'est en lecture particulièrement, c'est de centrer les choses sur l'influence. Alors l'influence, en fait, c'est l'oralisation rapide et avec un chronomètre d'un texte. Le ministère estime visiblement désormais que lire, ce n'est plus qu'oraliser. Alors que tous les chercheurs et tous les enseignants le savent, lire, ce n'est pas ça. Lire, c'est avant tout comprendre. Et cette oralisation, en fait, se base sur des postulats qui sont faux. Elle se base sur le fait que la langue française ne serait que syllabique. C'est-à-dire que pour lire, il faudrait faire B plus A égale bas et B à bas.
Et que comme ça, on pourrait lire et comprendre tous les mots et tous les textes. Or, ça n'est pas vrai parce que notre langue française n'est pas uniquement syllabique. On le voit bien qu'il y a tout un tas d'exceptions. Par exemple, pour savoir si le mot « fil » se lit « fil » ou se lit « fils », et bien c'est bien le sens, le contexte qui va nous donner l'explication.
Marianne Brosse, est-ce qu'il y a aussi un manque de concret dans l'enseignement ? Alors, je pense aux sciences, aux maths par exemple. Est-ce qu'on apprend mal à nos enfants à compter et à comprendre le monde qui nous entoure ?
Alors
là aussi, en maths, de plus en plus, on donne à penser que pour apprendre les maths, il suffirait par exemple de faire du calcul mental. Alors, c'est vrai que pour les parents, ça leur parle parce que ce sont des méthodes anciennes. Mais en fait, calculer, faire du calcul mental, ça ne suffit pas. Ce qui est important, c'est d'arriver à résoudre des problèmes, de comprendre le monde dans lequel on se situe. Et donc, le calcul mental est largement insuffisant. Et puis, ça laisse à penser qu'en fait, on ne ferait plus de calcul mental ou qu'on ne ferait plus d'ailleurs de dictée dans les classes, ce qui a toujours été
fait.
Mais ça n'est pas suffisant. En fait, ça n'est pas l'alpha et
l
'oméga.
Dernière question, peut-être un manque de moyens aussi aujourd'hui, des classes surchargées
?
Oui, très clairement. Je vous le disais, sous-investissement chronique, sous-investissement chronique, ça entraîne des classes trop chargées. Il faut savoir que la moyenne des effectifs par classe est de 21,7 dans notre département, dans notre académie, alors qu'en Europe, c'est 19,2. Ça veut dire aussi que lorsqu'on a des enfants en difficulté, on n'a pas d'enseignants spécialisés à qui les adresser ou pour nous conseiller. Ça veut dire également qu'on doit accueillir les élèves des classes des collègues absents, faute de remplaçants. Voilà, tout ceci joue sur les compétences des élèves.
Merci Marianne Brosse d'avoir été en direct avec nous ce matin. Je rappelle que vous êtes la co-secrétaire du syndicat enseignant FSU dans le Haut-Rhin. Merci beaucoup. Merci à vous. Excellente journée. Chaque matin, un invité pour comprendre l'actualité.
C
'est ici, Elsa, 7h52.