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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 19 juillet 2022 42 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalDéfenseImmigration & asile

Mais qu'est-ce que Macron va encore fabriquer en Afrique ?

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 4 %Attaque 79 %Défensif 17 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:12OuverteRéponse partielle

    Pourquoi cette polémique autour de la rafle du Vel' d'Hiv ?

  • 2:54OuverteRéponse directe

    Quels sont les propos polémiques sur Pétain ?

  • 5:10OuverteRéponse directe

    Comment éviter ces récupérations politiciennes ?

  • 9:23OuverteRéponse directe

    Quels sont les enjeux de la tournée de Macron en Afrique ?

  • 14:40FerméeRéponse directe

    Macron va-t-il vraiment changer la politique africaine de la France ?

  • 21:58OuverteRéponse directe

    Pourquoi Macron se rend-il au Cameroun et au Bénin ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:52IntervenantChiffre
    « 12 500 juifs, français et étrangers, ont été raflés, notamment des enfants par la police française. »
  • 9:52IntervenantChiffre
    « Sur ces 12 500, 13 000 personnes qui seront raflées, il y aura quelques centaines d'adultes qui reviendront à la libération dans l'état qu'on sait. »
  • 15:42IntervenantFait
    « Depuis 5 ans, il y a une sorte d'esbrouf permanente où on dit par exemple on va mettre fin au franc CFA. »
  • 17:17IntervenantChiffre
    « On y a perdu plus de 50 soldats. »
  • 23:07IntervenantFait
    « Patrice Talon, qui petit à petit a complètement étranglé la vie démocratique, mettant des opposants en prison. »
  • 23:30IntervenantChiffre
    « On a un président qui est en place depuis 40 ans qui s'appelle Paul Biya, qui a au moins 89 ans. »
  • 24:25IntervenantFait
    « En 2019, comme par hasard, ce port a été, le contrat est arrivé à expiration. »
  • 29:59IntervenantFait
    « Joe Biden quand il y avait eu l'assassinat de Jamel Khashoggi avait promis de faire de l'Arabie Saoudite un paria. »
  • 30:07IntervenantFait
    « Il y a une augmentation des cours du pétrole. »
  • 30:55IntervenantFait
    « Depuis 2020, les accords d'Abraham, un certain nombre de pays du Golfe et Israël normalisent leurs relations. »
  • 34:40IntervenantChiffre
    « on a vendu presque 1,5 milliard d'euros d'armement notamment de véhicules blindés et de missiles »
  • 34:54IntervenantChiffre
    « cette affreuse guerre qui depuis 2014 a fait au moins 230 000 morts selon les Nations Unies »
  • 39:15IntervenantFait
    « depuis trois ans rien n'a été fait pour l'hôpital moins de lits moins de personnel qu'en janvier 2020 »
  • 39:23IntervenantFait
    « est-ce que c'est un scandale que l'état des ministères puissent avoir recours à des cabinets de conseil »

Temps de parole

  • Intervenant41 %
  • Intervenant 240 %
  • Présentateur11 %
  • Invité2 %

0,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour à toutes et à tous, merci de regarder cette nouvelle édition du Fonds de l'Info. Le Fonds de l'Info, c'est notre outil de veille qui nous permet de suivre l'actualité estivale, car bien entendu l'actualité ne s'arrête jamais, et le média ne s'arrête pas non plus. Si vous le pouvez, bien entendu, n'hésitez pas à nous soutenir via des abonnements et des dons. Aujourd'hui, je suis sur le plateau avec mes collègues Thomas Dietrich et Théophile Guamuo, tout juste revenus de congé.

Au sommaire de cette édition, la polémique dont on aurait pu se passer autour de la rafle du Veldiv de 1942, ou comment l'histoire est convoquée pour régler des comptes bien actuels entre le tweet de la députée insoumise Mathilde Panot et les déclarations polémiques de députés macronistes. Emmanuel Macron, qui selon les informations de Jeanne-Afrique, profite de l'été pour faire la tournée des anciennes colonies, comme le Bénin, le Cameroun, mais que va-t-il donc fabriquer là-bas ? On décortiquera tout ça. D'un président à l'autre, on évoquera également la tournée de Joe Biden au Moyen-Orient, notamment en Israël et en Arabie Saoudite.

Un choix qui a suscité la polémique après les morts de Shireen Abu Akleh en Palestine et de Djamal Khashoggi au sein de l'ambassade saoudienne en Turquie. Un choix indissociable de la guerre en Ukraine et de ses terribles conséquences économiques. On y va. La semaine a été marquée par une triste polémique autour de la rafle du Veldiv de 1942, une tragédie qui a donné lieu à de multiples récupérations politiciennes, entre le tweet de la députée insoumise Mathilde Panot et les déclarations polémiques des députés macronistes.

1:36
Intervenant

Je pense que ce drame du Veldiv de 1942, qui 80 ans plus tard continue à hanter nos mémoires, il n'y a plus beaucoup de survivants, mais c'est quelque chose qui a marqué profondément la mémoire collective. Il faut se souvenir que 12 500 juifs, français et étrangers, ont été raflés, notamment des enfants par la police française, notamment René Bousquet et le gouvernement collaborationniste de Vichy. Et c'est vrai que 80 ans après, ce qu'on voit, c'est qu'on a des récupérations un peu politiciennes.

C'est vrai qu'il y a eu un tweet de la députée insoumise Mathilde Panot, qui a beaucoup été critiqué, qu'on a traité à tort d'antisémite, mais qui peut-être, ce tweet-là, était en tout cas pas à la hauteur de l'événement, du drame qui s'est passé en 1942. Et après, en face, on a eu des réactions, notamment d'un obscur député macroniste, qui a dit que Pétain, finalement, il y avait deux Pétains, celui de la Première Guerre mondiale et celui de la Seconde Guerre mondiale, ce qui est totalement scandaleux et ce qui rejoint les propos d'Emmanuel Macron, qui avait dit que Pétain était un grand soldat. Le président Emmanuel Macron n'a jamais mis à l'honneur le maréchal Pétain.

Et on ne voit pas le rapport avec les 89 députés RN, parce que pour beaucoup, RN et insoumis, c'est à peu près la même chose. Et je rappelle qu'il y a un antisémitisme d'extrême-gauche très prégnant, très présent, et elle ne le dénonce jamais. Peut-être qu'elle est sur cette ligne-là. Elle fait référence probablement aux propos d'Emmanuel Macron, en 2018, qui avait qualifié Pétain, je cite, « de grands soldats ». Alors, bien sûr, il parlait de la Première Guerre mondiale, même s'il avait ensuite, dans la même phrase, quasiment condamné ses choix funestes. Il y a deux Pétains. Il y a celui de la Première Guerre mondiale et celui de la Deuxième Guerre mondiale.

Il ne faut pas oublier ce qui a été fait pendant la Première Guerre mondiale. Alors, cette idée qu'on a et que partage notamment Éric Zemmour d'excuser le maréchal Pétain, comme si finalement, il y avait eu deux personnages. C'est comme si on disait demain, il y a eu l'Éclair de 1918 qui a été gazé dans les tranchées, puis il y a eu l'Éclair de la Seconde Guerre mondiale. Ça n'a absolument aucun sens.

Et d'ailleurs, en plus, c'est faux, historiquement, puisqu'il faut se souvenir que le maréchal Pétain, en 1917, avait fait mater les terribles mutineries qui s'étaient déclenchées dans les rendez-poilus, des soldats français qui s'étaient révoltés contre les conditions indignes dans les tranchées, contre le fait qu'on les envoie à la mort, qu'on les utilise comme la chair à conne. Et Pétain avait fait fusiller des mutins, parfois sans procès. Il avait, on se souvient, en 1926, donc bien avant la Seconde Guerre mondiale, mater la rébellion du Rif au Maroc avec son camarade et ami Franco, qui, plus tard, deviendra le dictateur espagnol. Donc non, il n'y a pas eu de Pétain.

Il y a toujours eu un Pétain qui était antisémite, qui était dur, qui était violent et qui préfigurait finalement celui qu'il allait devenir… Qui était anti-dérifusard aussi. Anti-dérifusard et qui préfigurait celui qu'il allait devenir en 1940 où il allait serrer la main d'Éclair à Montoir et où il allait livrer la France aux nazis. Et je trouve que ces propos polémiques qui tendent à réhabiliter, que ce soit Pétain ou Maurras, sont complètement indignes et devraient normalement être cantonnées à l'extrême droite. Et on ne devrait même pas…

C'est-à-dire que ça devrait être un temps de recueillement, un temps pour se souvenir, se souvenir que tout ça ne doit plus jamais arriver et en arriver à des basses manœuvres politiciennes où on essaie de disqualifier l'autre. Je trouve que c'est complètement indigne. On a souffert dans le chair. Moi, je suis alsacien. Un de mes grands oncles a été, malgré nous, ça veut dire des alsaciens qu'on embrôlait de force dans la Wehrmacht et puis on l'a envoyé sur le front russe et il est mort quelque part entre la Russie et l'Ukraine. Donc je pense que ça marque les mémoires collectives et c'est quelque chose qui mériterait plus de hauteur et de grandeur. Tu as raison, tout à fait raison.

Je pense que c'était un moment de trépas immense pour la République. Et disons, le déni ou alors la stratégie de réconciliation gaulliste qui pouvait s'expliquer par la nécessité de continuer à vivre ensemble entre victimes et complices des bourreaux a peut-être justifié cette stratégie d'évitement. Mais effectivement, la France n'a pas pris assez vite la mesure de ce qu'elle avait commis en tant que nation parce qu'on n'a pas changé de peuple entre 1944, 1945 et 1946. Donc c'est quand même une bonne partie de ce peuple qui a laissé faire ces rafles notamment.

On peut imaginer l'état d'esprit, l'amertume des personnes qui sont en train de se déplacer dans ces trains-là qui se disent « mais pourquoi m'as-tu abandonné mon pays ? » Je veux dire, c'est quelque chose qui marque forcément les histoires. C'est aussi quelque chose qui témoigne de l'histoire de la police en France parce que la police n'a pas été modifiée du tout au tout après 1945.

Et effectivement, ce qu'on peut considérer comme un aveuglement, ça ne nous a pas beaucoup aidés parce que les générations qui avaient vraiment connu ce moment étaient déjà en train de s'éteindre quand quelque part, il a commencé à avoir sous François Mitterrand des polémiques auxquelles Mitterrand a répondu de manière assez dure, assez violente et qu'on pourrait me considérer comme un digne pour un homme qui avait justement connu ces moments. Et ces réponses apparentaient une sorte de refus de regarder l'histoire en face. Et puis, il y a eu Jacques Chirac qui a enfin admis que quelque part, c'était l'État qui s'était fourvoyé.

Mais je pense que c'est aussi la nation quelque part qui s'est fourvoyée. Ce n'est pas toute la nation, mais c'est une grande partie de la nation. Et le fait qu'on en parle aujourd'hui comme ça, alors que les survivants sont morts, ça devient un enjeu quasiment intellectuel ou bien un enjeu cérébral. Or, c'est quelque chose qui est toujours présent dans ce qu'on peut appeler la phylogénétique ou bien l'expérience non-dite des descendants de ces déportés qui ont été lâchement abandonnés par la mère patrie. Et quand on voit aujourd'hui des macronistes qui disent « Ah oui, mais c'est faux de dire que c'était des Français, c'était des étrangers, sauf les enfants.

» Enfin, c'est atroce de dire ça. Parce que quand tu vis en France, tu es un fils de la nation. Et en plus, les enfants, justement, c'est ce qui est le plus important. On a abandonné les enfants français à l'occupant. Et en fait, aujourd'hui, des personnes qui sont normalement constituées essayent de rectifier ce qu'ils disent des Français en disant que non, les adultes étaient des étrangers. Donc, on a vraiment l'impression que c'est une histoire qui ne passe pas et qu'on aurait dû plutôt évoquer ce moment avec effectivement du recueillement et se demander comment on fait pour que ça ne revienne plus jamais.

Et quand on regarde dans ces polémiques indignes qui ne devraient pas exister, des personnes qui utilisent des personnes qui ne sont pas d'extrême droite, qui, pour disqualifier leurs adversaires dans cette polémique qui déconsidère les deux camps et même un peu nous, puisque dès qu'on en parle sous l'angle politique et politicien, on se salit, on voit des personnes qui sont propres sur elles, qui ont été ministres dans ce pays, évoquer le mot islamo-gauchiste en pleine polémique là-dessus, alors qu'effectivement, ce mot n'est que la conséquence du mot, la suite d'une histoire qui commence par le judéo-bolchévisme.

Et donc, des personnes qui, dans le même souffle, qualifient leurs adversaires d'antisémites et évoquent ce mot islamo-gauchisme, en fait, ce sont des gens qui, manifestement, auraient dû réfléchir avant de parler. Et c'est ça, je pense que c'est trop tard. C'est trop tard. On ne saura jamais quelle était la profondeur de la blessure de ceux qui sont désormais morts, à qui on n'a pas demandé de parler, à qui on a même refusé la parole, puisque François Mitterrand, dans les années 80-90, ils refusaient la parole aux gens qui avaient eu cette expérience et disaient que c'est parce qu'ils n'aimaient pas assez la France qu'ils n'étaient pas capables de faire taire leur singularité.

C'est quelque chose qui est atroce et qui devrait vraiment nous amener à un peu de mesure. On n'a pas abandonné des enfants à l'occupant. C'est-à-dire que nous-mêmes, les avons livrés à l'occupant. Il faut se souvenir qu'un écrivain collaborationniste qui sera fusillé à la libération, qui s'appelait Brasiak, de tristes mémoires, qui se promenaient en uniforme SS pendant l'occupation, avait dit que n'oubliez pas les enfants, il faut les livrer. Et que sur ces 12 500, 13 000 personnes qui seront raflées, il y aura quelques centaines d'adultes qui reviendront à la libération dans l'état qu'on sait, avec le traumatisme des camps de la mort.

Et donc c'est quelque chose qui effectivement appelle à la retenue et au recueillement et pas à la politique politicienne.

10:08
Présentateur

Il suffisait juste de dire pardon et de cesser de polémiquer. L'histoire a été souvent malmenée ces derniers mois, récupérée et réécrite au profit d'idéologies parfois nauséabondes. On se souvient notamment des falsifications historiques d'Éric Zemmour sur la chaîne de Vincent Bolloré, CNews, ou plus récemment, de la réhabilitation de l'OAS au perchoir de l'Assemblée nationale.

10:28
Intervenant

Absolument, c'est dans le même ordre qu'aider. On a vraiment l'impression que ce passé ne passe pas parce que finalement, on n'en a pas assez parlé. Éric Zemmour, effectivement, il intervient, il devient une sorte de personnage de la vie politique française au moment même où les personnes qui pourraient lui rabattre le clapet, en fait, elles ne sont plus là. Les personnes qui pourraient remettre en cause par leur expérience les bêtises qu'il raconte, elles sont décédées. C'est peut-être cela qu'on paye, le fait de ne pas avoir voulu en parler assez tôt. Et aujourd'hui, effectivement, ces falsifications historiques, quels sont leurs objets ? Pourquoi sont-elles mises en œuvre ?

Quels sont les intérêts politiques que celles et ceux qui agitent toutes ces fantaisies entre guillemets recherchent ? Eh bien, il faut se poser la question et à mon avis, la désunion nationale, c'est une sorte aussi de déification de l'idée nationale. La France ne peut pas se tromper et c'est très dangereux au-delà même du fascisme ou de ce qui peut en suivre. C'est-à-dire, quand on considère l'État, plus que la nation, comme une sorte de divinité infaillible, dotée de ce qu'on appelait jadis l'infaillibilité papale, on justifie tout. Tous les crimes qui ont pu être commis au nom de la nation et on n'avance pas.

Quand on tombe, on n'arrive pas à se relever puisqu'il faut d'abord établir que la nation est un principe au-dessus de toute autre considération. Je pense que c'est une faute. Philosophiquement, ça ne peut pas exister. La nation se trompe. L'État se trompe. La nation faillit et l'État faillit. Et présenter au nom de la nation ses excuses et ses regrets, comme a pu le faire Jacques Chirac, c'est une bonne chose. Et on devrait apprendre de toutes ces périodes où la France n'était plus à la France à le dire sans pour autant avoir l'impression d'être dépuyé de quelque chose.

Et il n'y a rien d'humiliant dans le fait de reconnaître que ceux qui nous ont précédés se sont trompés et que nous aussi, nous nous trompons et des fois lourdement.

12:41
Présentateur

Surtout si on veut aller dans le sens de la réconciliation nationale. Thomas ?

12:45
Intervenant

C'est vrai que ce qui s'est passé les quelques mois précédant la présidentielle, notamment sur la chaîne CNews avec Éric Zemmour, c'est l'écriture d'une sorte de contre-roman national. On réécrit l'histoire dans le sens d'une glorification permanente de la France qui aurait lutté contre des barbares, contre des étangers. Ça commence avec le baptême de Clovis en 496. Ça continue avec la révolution. On dit que finalement la révolution, c'était qu'un innommable bannessant et que ça n'a pas été toutes les libertés et les avancées qui ont pu être apportées.

Ça continue avec la réhabilitation de la colonisation, la réhabilitation de la guerre d'Algérie et ce récit national qui est déroulé de façon complètement morsongère à des heures de grande écoute, ça favorise la petite tambouille politicienne, la petite bouillabaisse qui est encore une fois de pointer les barbares étrangers et les barbares qui sont aujourd'hui les musulmans et tout ça, ce n'est pas glorieux. Alors ça fait longtemps qu'on utilise l'histoire pour servir la petite médiocrité politicienne, mais là, c'était particulièrement fralagrand.

Et le pire, c'est que ce n'est plus seulement l'apanage de l'extrême droite, c'est-à-dire qu'il y a une reprise aussi de la Macronie, du centre, quand par exemple Jean Castex vient au journal de TF1 en disant « mais on ne doit quand même pas se flageller pour la colonisation », il faudrait quand même se souvenir que la colonisation, c'était des centaines de milliers de morts, c'était du quasi-esclavage, rien qu'au Congo. Alors c'était une colonie belge, c'était peut-être plusieurs millions de morts et des dizaines de millions de mains coupées, donc c'était ça la colonisation. Et donc on a une réhabilitation qui n'est plus seulement l'apanage de l'extrême droite.

Et puis effectivement, il ne s'agit pas de flagellation, il s'agit de regarder le passé pour en tirer les leçons pour l'avenir et pour que plus jamais ça ne se reproduise.

14:23
Présentateur

Oui, on a surtout avec la Macronie des ministres, même des députés qui soufflent le chaud et le froid. Enfin, on peut commencer par Emmanuel Macron qui dans le même temps disait que la France avait commis des crimes contre l'humanité en Algérie et que la France avait eu un rôle positif dans ses anciennes colonies. Pour parler encore d'Emmanuel Macron qui tente d'oublier ses malheurs sur la scène nationale et de se refaire une virginité internationale, il souhaite repenser d'ici l'automne l'ensemble des dispositifs militaires français en Afrique. Est-ce une vraie volonté de changement ou de l'esbrouf ?

14:56
Intervenant

Quand moi, j'étais petit, il y avait le marchand de sable qui passait quand on allait dormir et distribuer du sable et Emmanuel Macron c'est un marchand de poudre de perlimpin. C'est-à-dire, il se balade avec son gros sac et il en distribue partout et il n'en distribue pas seulement que dans l'Hexagone. C'est-à-dire que ça fait des années qu'il annonce repenser la politique africaine de la France. Il était venu, il avait commencé en 2017 à Ouagadougou par un discours célèbre où il disait « Ah oui, mais moi je suis d'une génération qui ne dit pas à l'Afrique ce qu'elle doit faire » et finalement, il a dit à Roque Kavoré qui était le président Burkinabé une blague très paternaliste.

15:27
Invité

Du coup, il s'en va à Resta-Là. Du coup, il est parti réparer la climatisation.

15:42
Intervenant

Et depuis 5 ans, il y a une sorte d'esbrouf permanente où on dit par exemple on va mettre fin au franc CFA qui est la monnaie qu'utilisent 14 pays africains et qui restent sous titel de Paris. Donc, on fait une sorte de semi-réforme, on instaure l'écho et en fait, il n'y a pas grand-chose qui se passe. On organise un sommet à Montpellier fin de l'année dernière où on réunit plein d'Africains sous le mode la « start of nation » de l'échange alors qu'en fait, on continue à maintenir ce lien de dépendance qu'on entretient avec l'Afrique.

on raconte qu'on va mettre fin à l'opération Barkhane qui est l'opération militaire qui est déployée au Sahel pour lutter contre le terrorisme et qui est unanimement oubliée par les populations. En fait, c'est simplement un redéploiement puisque la France aujourd'hui se retrouve chassée du Mali puisque le gouvernement au pouvoir a appelé les mercenaires russes en renfort et la France est bien obligée de se redéployer dans d'autres autres pays. Alors, elle le fait au Niger où elle est très amie avec le président Bazoum qui a été élu dans des circonstances un peu troubles.

Elle le fait aussi au Tchad où elle est présente depuis longtemps et soutient la dynastie débi qui est une dynastie d'autocrates sanguinaires et qui s'éternise au pouvoir depuis 1990. Mais au fond, il n'y a rien qui change et il n'y a rien qui changera puisque l'échec patent de la France dans la lutte contre le terrorisme est vraiment réel en Afrique puisqu'on est là à se battre contre le terrorisme depuis 2013. Depuis neuf ans, on y a dépensé entre, alors les chiffres ne sont pas tout à fait clairs, mais entre 4 et 8 milliards d'euros. On y a perdu plus de 50 soldats. Et puis, le terrorisme qui au départ était circoncis au sud de l'Algérie ou de Normalie, s'est étendu.

S'est étendu de manière exponentielle. S'est étendu vers l'Est, vers le Niger. S'est étendu vers le Burkina Faso. Et puis aujourd'hui, s'étend plus près des côtes au nord du Bénin et au nord du Togo. Moi, quand j'étais petit, mon papa avait construit au nord du Togo et je vois que maintenant, ce sont des zones où les djihadistes sont tout proches et c'est quelque chose de très inquiétant et quelque chose qu'on n'aurait jamais imaginé il y a quelques années en arrière. Et bien évidemment, ce n'est pas l'armée française qui arrivera à régler cette solution par la politique de la Grosse Bertha.

Ça ne serait pas de régler le problème du djihadisme, le problème du terrorisme sera résolu par la question du développement, de la lutte contre la corruption, de la lutte contre la mauvaise gouvernance. On voit que ces régions où les djihadistes pullulent, ce sont les régions les plus pauvres. Par exemple, là, il y a eu des attentats, le nord du Togo, c'est une région abandonnée du pouvoir central, la région du Lat Tchad, la région des trois frontières entre le Mali, le Niger, le Burkina Faso, c'est des régions où il n'y a pas d'hôpitaux, où il n'y a pas de routes, où les pouvoirs centraux ne se sont jamais intéressés.

Et aujourd'hui, où finalement, les djihadistes ont pris la place d'états faillis, d'états faillis qui ont souvent été soutenus par la France. Donc, on peut encore redéployer pour la énième fois, repenser les dispositifs militaires français en Afrique. Il ne reste pas moins qu'aujourd'hui, la France fait plus partie du problème que de la solution et ne pourra pas endiguer le terrorisme au Sahel. Surtout qu'il y a un vrai, et ça, Théophile le confirma, une vraie hostilité des peuples vis-à-vis de cet état français qui, 60 ans après les indépendances, continue à maintenir une sorte de tutelle sur les états africains.

On l'a vu avec les protestations qu'il y a pu avoir en novembre et décembre dernier quand il y avait des convois français qui remontaient depuis Abidjan pour aller jusqu'au Mali et où il y avait des populations, que ce soit au Niger, au Burkina Faso, qui manifestaient contre cette présence finalement française qui est accusée à la fois de maintenir ce lien de domination, cette tutelle, et qui est à la fois accusée d'être complètement inefficace face aux terroristes.

Moi, je pense que quand on racontera les années Macron, en tout cas sur le terrain de la relation entre la France et l'Afrique, je pense que le mot de déni reviendra souvent parce qu'il me semble qu'il y a un très grand déni et aujourd'hui, la concurrence russe en Afrique francophone est de ceux qui promeut ce déni puisque finalement, toute critique et toute hostilité vis-à-vis de la politique française en Afrique est désormais interprétée comme une sorte d'allégeance à Wagner, aux russes, et Cocorico en sort le drapeau et finalement, on demande aux gens de marcher au pas s'ils ne veulent pas montrer qu'ils sont de mauvais Français et pourtant, ce qui se déroule aujourd'hui, ce désamour, il était inscrit dans l'histoire puisqu'il y a eu un certain nombre de moments, de moments de lâchage, de moments où, disons, cette relation qui était déjà naturellement déséquilibrée, c'est encore plus déséquilibrée au détriment des Africains.

Je pense notamment à la dévaluation du France CF en 1994. En fait, je ne sais pas si les gens peuvent se rendre compte en France que du jour au lendemain, les gens ont perdu la moitié de leurs revenus parce qu'un document a été signé par le gouvernement Balazur et imposé au chef d'État et au ministre des Finances africain. C'était un moment clé. Par la suite, il y a eu d'autres moments clés. Il y a eu la guerre en Côte d'Ivoire et le retour du refoulé avec les militaires français qui faisaient la circulation dans la rue, une sorte d'occupation à l'iraquienne qui a été très mal vécue en Afrique subsaharienne et qui a été complètement ignorée en France.

Il y a eu même la guerre en Libye parce qu'effectivement, Mouammar Kadhafi était un dictateur mais ce déni de souveraineté qui a été opposé aux Libyens et qui a précédé finalement parce que juste après, Kadhafi a eu des violences racistes contre les Libyens noirs et d'autres subsahariens et des subsahariens, en fait, ça a été aussi un moment clé. Il y a un certain nombre de moments clés comme ça qui ont alimenté ce désamour.

Effectivement, c'était trop fusionnel, trop confusionnel et il n'y avait pas eu la rupture post-coloniale et quelque part, les deux parties s'y plaisaient un peu mais il y a aussi la question des visas parce que les visas n'ont pas toujours existé, la question des sans-papiers, toutes ces questions ont dégradé la relation. Effectivement, de toute façon, tout bouge, tout change mais pour pouvoir prendre acte des changements et aller vers une nouvelle donne, il faut au moins avoir le courage de regarder en face ce qui n'a pas fonctionné.

21:57
Présentateur

On continue parler de l'Afrique. D'après l'hebdomadaire, un jeune Afrique, Emmanuel Macron, pourrait se rendre en Afrique à la fin du mois, plus précisément au Cameroun et au Bénin. Pourquoi avoir choisi ces deux destinations et quels sont les enjeux ?

22:10
Intervenant

En fait, je pense qu'il y a deux raisons totalement différentes sur le Cameroun et le Bénin. C'est les pays où il n'a jamais été pendant son premier quinquennat. Pour le Bénin, c'est très clair puisqu'il y a des incursions djihadistes qui sont assez fréquentes depuis 2019 au nord du Bénin. Il y avait même deux touristes français qui avaient été enlevés en 2019 et qui avaient été libérés par un commando de l'armée française. Depuis, il y a des attaques très régulières au nord du Bénin qui ont déstabilisé complètement cette partie du pays.

Donc évidemment, le Bénin pourrait devenir un théâtre d'opérations secondaires pour l'armée française dans le cadre du déplacement de la menace terroriste qui descend vers les côtes. Macron, pour ça, est prêt à faire complètement fi du durcissement autoritaire du régime béninois. Le Bénin, depuis quelques années, avait été une grande réussite démocratique. Depuis des décennies. Depuis les années 90. Depuis les années 90.

Et il y a eu un président qui est un affairiste, qui est l'homme le plus riche du pays, qui a été élu en 2016, Patrice Talon, qui petit à petit a complètement étranglé la vie démocratique, mettant des opposants en prison, les condamnant à plusieurs dizaines d'années d'emprisonnement. Et c'est vrai qu'Emmanuel Macron est prêt à s'asseoir dessus au nom de la lutte contre le terrorisme, comme il coopère avec le pays voisin, le Togo, où il y a la même famille qui est au pouvoir depuis 1967. Pour le Cameroun, c'est plus compliqué. On a un président qui est en place depuis 40 ans qui s'appelle Paul Biya, qui a au moins 89 ans, qui règne sur ce pays d'une main de fer depuis toutes ces années.

Et ce pays, on a l'impression qu'il est complètement dans l'attente, qui vit dans l'attente de la mort de Biya. Et ça sera sûrement signe de la déstabilisation de ce pays, puisqu'on sait qu'il y a des problèmes au nord avec les incursions terroristes de Boko Haram. On sait qu'on a des problèmes nord-est et au nord-ouest dans les régions anglophones où il y avait des insurrections qui ont émergé. Là, ce n'est pas tant la problématique du terrorisme qui amène Emmanuel Macron.

C'est peut-être une autre question, puisqu'on sait que le port de Douala, qui est un des plus grands ports à conteneurs de la sous-région, a été l'enjeu d'une bataille entre les réseaux Bolloré et les réseaux Macron ces dernières années. Ce port qui alimente non seulement le Cameroun, mais alimente aussi des pays comme le Tchad et la Centrafrique était longtemps détenu par Bolloré. En 2019, comme par hasard, ce port a été, le contrat est arrivé à expiration. On l'a donné à MSC. MSC, qui est une compagnie italienne au Suisse, mais dont la famille est liée à Alexis Colleur, le tout-puissant secrétaire général à l'Élysée, qui est considéré par certains comme le vice-président.

Et aujourd'hui, on ne sait pas trop ce que le contrat de ce port va venir. Est-ce qu'Emmanuel Macron se rend sur place pour pousser à ce que MSC reprenne les activités de bord ? Parce que je sais que le gouvernement camerounais hésitait à le nationaliser. En tout cas, je pense qu'il y a des enjeux vraiment économiques et cachés qui sont à l'origine de cette visite. Et puis aussi, la volonté de garder le précaré français vivant. On sait que très récemment, le Cameroun et la Russie ont signé un accord militaire de défense.

Donc, la France, qui ne conçoit plus sa politique africaine que par une sorte d'affrontement avec la Russie, se précipite pour essayer de donner des gages à un vieux dictateur agonisant et chancelant pour éviter que le Cameroun tombe dans l'escarcelle russe comme ça a été le cas de la Centrafrique ou le Mali. Et tout ça au détriment des peuples puisqu'il faut quand même savoir qu'au Cameroun, il y a encore des dizaines d'opposants qui sont emprisonnés. Il y avait eu des élections présidentielles qui avaient été volées, le principal opposant Maurice Camteau qui avait été embastillé et tout ça est complètement passé sous silence par l'Elysée qui ne cesse de soutenir les penteurs locaux.

25:46
Locuteur

Alors,

25:47
Intervenant

on va peut-être ironiser en disant qu'au Cameroun, il y a une forme de diplomatie portuaire puisqu'on se souvient que la dernière visite d'un président de la République française au Cameroun, c'était François Hollande et que juste après, le port de Kribi, donc le deuxième port du pays, avait été octroyé à Bolloré alors que le gouvernement de ce pays disait qu'il voulait diversifier et donner un autre opérateur. Là, il s'agit du plus gros port de l'Afrique centrale, de l'ancienne AEF pour dire, qui va être peut-être l'enjeu de cette visite mais je pense qu'une fois de plus, c'est un signe de cet aveuglement. Le Cameroun va très mal.

On ne sait pas où est-ce qu'il va aller et c'est une sorte de pays chancelant qui risque de s'effondrer à tout moment et au lieu de poser les véritables problèmes de manière sérieuse et rationnelle, on le voit parce qu'on veut préserver je ne sais pas quoi parce que si demain ce pays s'effondre sous ses contradictions, eh bien en fait, il n'y aura plus d'économie possible dans ce pays, il n'y aura plus d'intérêt portuaire à défendre, il y aura juste encore un chaos, il y aura encore l'armée française qui va arriver avec ses gros sabots et qui va essayer, finalement elle va être obligée d'être partout présente sur un territoire qui est bien plus grand que la France et peut-être même si on voit l'Afrique centrale et l'Afrique de l'Ouest peut-être même plus grand que l'Union Européenne.

Forcément, le Cameroun c'est aussi un pays, c'est mon pays d'origine, c'est un pays où il y a un très fort sentiment anti-politique française et qui peut même déboucher sur franchement un sentiment anti-français réel parce que aussi les comptes du passé n'ont pas été soldés, c'est un pays où il y a eu une guerre d'indépendance contrairement à l'Algérie, ça s'est mal terminé pour les combattants de l'indépendance, il y a eu des massacres épouvantables, il y a eu l'utilisation du Napalm, il y a eu des centaines de milliers de morts avant l'indépendance et après l'indépendance et quand tu regardes la presse, les archives d'Express ou du Figaro, tu vois qu'en fait en réalité ceux qui se débattaient pour leur indépendance sont jusqu'à présent qualifiés de terroristes dans les articles qui sont toujours en ligne et bien en fait il y a eu une sorte d'immense amertume et donc Emmanuel Macron il y va, il prendra forcément des coups en termes d'images de marques pour lui et pour la France mais effectivement peut-être qu'il réussira à avoir des marchés pour MSC et pour d'autres compagnies parce que le Cameroun est un pays assez riche avec des richesses minières et agricoles évidentes mais c'est un pays qui va très mal et qui pourrait entraîner dans sa descente aux enfers d'autres pays c'est quand même c'est un pays où vous avez des rebelles à l'ouest à la frontière avec le Nigeria où il y a une situation à l'est compliquée avec la Centrafrique et des rebelles disponibles à la frontière à l'est dans le nord on a l'affaire Boko Haram et on avait à un moment donné des coupeurs de route dont on se demandait s'ils n'étaient pas les hommes de main de l'ancien président chadien soutenu par la France Idriss Déby c'est un ensemble de contradictions qui mériterait si on était sérieux que l'Union africaine que des pays partenaires comme la France les Etats-Unis et la Chine aussi fassent des pressions pour que les choses aillent mieux pour l'intérêt public mais l'intérêt public n'est jamais la priorité quand il s'agit de la relation des grandes puissances à l'Afrique et voilà demain quand il y aura des vrais problèmes le JT de TF1 le JT de France 2 tout le monde va débarquer et on va en conclure à l'incapacité naturelle et fégonde des Africains de prendre soin d'eux-mêmes c'est comme ça aussi que les conceptions racistes se développent parce que finalement on n'a pas expliqué l'enchaînement des choses qui font que tout va mal

29:39
Présentateur

Parlons maintenant des aventures peu glorieuses à l'étranger d'un autre président l'américain Joe Biden celui-ci s'est rendu en Arabie Saoudite où il a reçu un accueil glacial de la part du prince héritier Mohamed Ben Salmane

29:53
Intervenant

C'est-à-dire qu'il faut se souvenir que Joe Biden quand il y avait eu l'assassinat de Jamel Khashoggi avait promis de faire de l'Arabie Saoudite un paria de le mettre au banc de la communauté internationale et puis là tout d'un coup on revient à la réelle politique parce qu'il y a une augmentation des cours du pétrole Joe Biden sait que dans quelques mois il y aura des élections de mi-mandat et qu'un prix de l'essence trop élevé ferait mauvais genre aux Etats-Unis risquait de lui coûter quelques voix et donc évidemment il a été obligé d'aller à Canossa d'aller voir ce prince héritier de faire amende honorable d'enterrer le dossier de Jamal Khashoggi et puis d'ailleurs le dossier de toutes les violations des droits de l'homme qui sont monnaie courante en Arabie Saoudite

30:34
Présentateur

c'est aussi pour normaliser les relations entre Israël et l'Arabie Saoudite cette visite

30:38
Intervenant

il y a ça aussi mais il y a surtout la volonté d'essayer de faire augmenter l'offre de pétrole la production de pétrole pour faire baisser les prix ce qui n'a pas réussi à voir et après effectivement il y avait la question de normaliser puisque depuis 2020 les accords d'Abraham un certain nombre de pays du Golfe et Israël normalisent leurs relations ça a déjà été le cas des Émirats arabinis ça a déjà été le cas du Bahreïn alors Joe Biden a essayé d'inaugurer une ligne entre Israël et l'Arabie Saoudite ce qui a été tout de suite tempéré par la monarchie saoudienne qui semble quand même pas tout à fait prête ça viendra peut-être à normaliser ses relations avec l'État hébreu mais ça montre aussi à quel point on peut être dépendant ça marche au Moyen-Orient mais ça marche aussi en Afrique les grandes puissances occidentales peuvent être devenues dépendantes de ces dictatures de ces monarchies qui contrôlent des ressources minières à un moment je ne sais plus c'était Antoine Glazer qui avait parlé on n'était plus dans la France-Afrique mais l'Africa-France finalement c'était les dictateurs africains qui pouvaient imposer en quelque sorte leurs conditions leurs conditions leurs conditions à l'ancienne puissance coloniale et là finalement c'est un peu la même chose c'est-à-dire que les États-Unis qui ont aidé la monarchie des Saoud à prospérer finalement se retrouvent tributaires de cette même monarchie et sont obligés de s'asseoir sur leurs principes sur les valeurs qu'ils défendent pour justement des questions pétrolières ou des questions de rétablissement de relations entre Israël et les monarchies du Golfe Alors je pense que Bertrand Badi qui est un politiste que j'apprécie beaucoup il doit être aux anges parce qu'il a théorisé depuis un certain nombre d'années l'impuissance de la puissance Les États-Unis vont défendre les Saoud se taire sur l'assassinat de Shirin Abouaklé et défendre la dérive du gouvernement israélien qui devient un gouvernement d'extrême droite structurellement pour finalement se sortir de la NAS on va à Canossa on va demander quasiment pardon aux Saoudiens à qui on avait dit qu'ils étaient allés trop loin Le monde que nous observons naître devant nos yeux est assez déconcertant je trouve et finalement on se demande quelles sont même les marges de manœuvre des puissants de ce monde c'est-à-dire des grandes puissances comme les États-Unis voire la Chine Je pense que d'un point de vue théorique c'est assez troublant Je ne sais pas c'est très difficile au lieu de donner des leçons d'ailleurs à Joe Biden parce que de fait ce monde d'interdépendance marqué par la capacité de nuisance des puissances moyennes et même des petits pays appelle à réformer complètement nos conceptions de la diplomatie c'est vraiment la thèse de Bertrand Baddy et on est au cœur de cela c'est-à-dire il n'y a plus de pays qui n'est pas important et du coup il n'y a plus de grandes puissances en tant que telles et il faut donc revenir de ces vieilles conceptions et inventer quelque chose de nouveau mais comment ?

33:37
Présentateur

On continue de parler du Moyen-Orient la France semble aussi avoir choisi son camp en affichant une amitié sans ombre avec les pétromonarchies est-ce la fin de la France comme patrie des droits humains ?

33:48
Intervenant

Ça fait bien longtemps que c'est terminé la France comme défenseur des droits de l'homme figure secourable pour tous les hommes comme disait André Malraux notamment sous le Moyen-Orient ça fait bien longtemps que plus aucun président ne menace d'aller prendre son avion

34:01
Invité

Je souviens de l'époque

34:18
Intervenant

où on accueillait Aser Arafat c'est-à-dire on a complètement délaissé la cause palestinienne et puis la question des droits de l'homme on est devenu un pion sur l'échiquier mondial une puissance moyenne voire une puissance médiocre qui essayait de faire ce qu'elle peut et ce qu'elle sait faire de mieux aujourd'hui à savoir non plus défendre des principes mais vendre des armes et on l'a fait très très bien en Arabie Saoudite et aux Émirats où en Arabie Saoudite on a vendu presque 1,5 milliard d'euros d'armement notamment de véhicules blindés et de missiles qui ont permis d'aller notamment bombarder des civils yéminis de cette affreuse guerre qui depuis 2014 a fait au moins 230 000 morts selon les Nations Unies donc on voit bien que ça fait bien longtemps qu'on a abandonné les principes pour défendre une sorte de réelle politique à la petite semaine et ça montre bien le déclassement de la puissance française un déclassement qui est un peu à l'oeuvre partout dans le monde et dont on parlait avant en Afrique où finalement on est en train de perdre ce qu'on a toujours considéré comme notre précaré et ça fait bien longtemps qu'au Moyen-Orient on est complètement à la remorque des autres puissances je vois bien moi j'étais au Bahreïn au mois de mai Bahreïn qui est une monarchie sunnite mais dans un pays à majorité chiite où il y a eu une tentative de révolution en 2011 qui a été écrasée dans le sang et notamment avec l'aide du voisin saoudien on voit bien que la France n'a plus qu'une diplomatie économique et ne dénonce nullement les violations des droits de l'homme qui sont à l'oeuvre dans cette petite monarchie où on enferme des gamins mineurs dans des prisons de haute sécurité on tue des opposants on les fait disparaître sans qu'aucune des grandes puissances et surtout pas la France qui est complètement déclassée ne proteste Il y a aussi quelque chose qui s'est joué dans ce déclassement et cette diplomatie qui se regarde quasiment uniquement sur le point de vue des ventes d'armes qui peuvent être faites c'est la guerre en Irak parce que Jacques Chirac s'était opposé à la guerre en Irak et puis pour donner des gages finalement et aussi sous la pression des milieux plus atlantistes de son propre camp ici en France en fait finalement juste après la guerre en Irak il a tout abandonné il a abandonné toute velléité de politique indépendante au Moyen-Orient et dès lors que faire puisque effectivement le lobby militaro-industriel français il est structurant il contrôle une partie des médias et donc qu'est-ce qu'il faut faire il faut vendre vendre pour oublier que finalement on a perdu toute ambition diplomatique au sens propre du terme et je pense que cette géopolitique caractérisée par une sorte d'emprise de grandes entreprises sur la diplomatie d'un certain nombre de pays en fait elle coûte vraiment au camp de la paix Thomas parlait de la guerre au Yémen mais qui se souvient quel est le but de guerre des différentes parties au Yémen qui parle d'une possible paix au Yémen d'accord de paix personne on dirait que la paix est devenue une sorte de valeur dépassée surannée et qui n'intéresse plus personne et je pense qu'en réalité c'est peut-être parce que personne n'y comprend rien à ces conflits ne veut rien y comprendre et que certains estiment de manière assez cynique que les conflits sont le carburant d'un réarmement des pays qui ont assez d'argent pour payer toute cette quinquairie

37:35
Présentateur

peut-être que c'est parce que c'est une guerre qui oppose des Arabes et donc on s'y intéresse pas tellement enfin je veux dire l'Occident enfin les pays occidentaux n'ont pas pris part à cette guerre de manière décisive et franche

37:48
Intervenant

Paul Valéry disait quelque chose la guerre c'est un massacre de gens qui ne se connaissent pas au profit de gens qui se connaissent mais qui ne se massacrent pas et c'est peut-être le résumé de toutes les guerres dans le monde et ça montre bien l'indifférence au-delà du fait que c'est loin que ce sont des pays lointains que ce sont des populations qui vu du point de vue très gaulois nous sont étrangères je pense que c'est une vraie réalité

38:08
Présentateur

Théophile Thomas je vous propose de rendre l'antenne je vous remercie de nous avoir suivis aussi nombreuses et nombreux on vous rappelle que la campagne d'abonnement se poursuit on compte sur 15 000 nouvelles souscriptions pour pouvoir soutenir cette nouvelle saison qui s'annonce très riche au mois de septembre on vous dit à très bientôt

38:29
Invité

au mois de mars le média était au bord du gouffre et il s'en est fallu de peu pour qu'il disparaisse mais grâce à votre mobilisation nous avons tenu bon merci à vous

38:38
Présentateur

grâce à vous nous avons pu produire 150 matinales avec 200 invités qui ont réuni près de 30 millions de vues nous avons respecté l'engagement du manifeste du média malgré nos modestes moyens nous avons combattu la haine de l'extrême droite la violence de la macronie mais aussi les mensonges des grands médias

38:56
Invité

que la manifestation soit déclarée ou non on a le droit de dire stop de dire non dans la rue c'est un droit c'est légal et voici la réponse

39:03
Intervenant

quand j'entends le mot violence policière moi personnellement

39:06
Invité

je m'étouffe je n'ai pas besoin de vérifier que la France soit prête la France est prête et elle est prête parce que nous avons un système de santé extrêmement solide

39:14
Intervenant

depuis trois ans rien n'a été fait pour l'hôpital moins de lits moins de personnel qu'en janvier 2020 est-ce que c'est un scandale que l'état des ministères puissent avoir recours à des cabinets de conseil je ne vois pas comment on ne peut pas parler de détournement d'argent public puisque notre argent public de contribuable n'a servi à rien comme vous le voyez le média a toujours remis l'église au centre du village il a donné de la voix aux engagés aux révoltés à tous les combats oubliés d'une presse mainstream qui ne donne la parole qu'aux puissants et aux prêcheurs de haine au moment où Emmanuel Macron commence son second quinquennat et même si les législatives peuvent le freiner nous avons plus que jamais besoin de médias de résistance libres et gratuits

39:54
Invité

à la rentrée nous allons revenir encore plus fort encore plus impertinent après avoir fait irruption dans le monde merveilleux des matinales mainstream nous vous proposons un tout nouveau projet plus décapant encore nous incrusté dans la case de 18-20 heures c'est le fameux soir où elle vous accuse de viol il ne s'est rien passé

40:11
Intervenant

il ne s'est rien passé cher Yann on a l'impression que vous avez quand même un mental d'acier c'est sûr que c'est un parcours pas commun est-ce une bonne chose non à 80% voilà les gars et je le vois sur les réseaux c'est un peu député

40:24
Présentateur

vous avez envie de voir autre chose le soir en rentrant à la maison et bien nous aussi c'est pourquoi nous vous proposerons dès la rentrée une émission à 18h qui s'appellera Toujours debout alors non ce n'est pas une reprise de la chanson de Renaud ce n'est pas non plus un hommage à Valérie Pécresse

40:44
Invité

Toujours debout sera un tout nouveau terrain de débat de critique de l'actualité politique sans détour avec un regard neuf un ton décalé à contre-courant de ce que l'espace médiatique nous sert jusqu'ici avec des reportages de terrain et des chroniques sans concession Cette émission nous allons la construire avec vous car le média ce n'est pas seulement une équipe de journalistes professionnels ce sont 4 500 sociétaires appartenant à la plus grande coopérative médiatique de France une coopérative engagée qui ne sera jamais sous le joug d'un milliardaire qui dicterait notre ligne éditoriale mais vous le savez si nos contenus vidéo sont proposés gratuitement leur production coûte cher très cher on met un bonnet au table et un format de l'ambition de Toujours debout mobilisera des moyens inédits

41:24
Présentateur

ainsi pour que cette ambitieuse saison 6 du média puisse voir le jour notre objectif est d'atteindre le prochain palier des 15 000 abonnés

41:31
Intervenant

pour être une véritable alternative médiatique

41:34
Invité

abonnez-vous aidez-nous à atteindre le prochain palier de 15 000 abonnés pour que le média votre média reste toujours de vous abonnez-vous

41:41
Locuteur

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